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    Agriculture européenne : Farm to Fork to N’importe Quoi

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 5 March - 04:30 · 7 minutes

L’attaque russe sur l’ Ukraine est venue nous rappeler que nos approvisionnements dépendaient étroitement de la liberté des échanges , laquelle, après les restrictions de l’ épisode covid , est à nouveau fortement entravée par les circonstances de la guerre.

Mais il y a plus grave, et cela n’a rien à voir avec le facteur externe d’un conflit ou d’un virus mais tout avec le facteur interne d’une transformation écologique programmée des économies européennes connue sous le nom de green deal européen couplée à l’aberrante détestation des écologistes pour le nucléaire civil.

Le green deal vise à faire de l’Union européenne (UE) la première région du monde à atteindre la neutralité carbone en 2050 , avec une première étape de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre de 55 % en 2030 par rapport aux niveaux de 1990 et une seconde étape visant la neutralité totale des voitures neuves vendues dans l’UE en 2035.

Sur ce dernier point, j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer combien le choix du « tout électrique » était purement politique et soulevait une forte défiance chez l’ensemble des constructeurs automobiles européens qui dénoncent l’irrationalité d’une solution imposée par les pouvoirs publics et l’entrave qu’elle représente pour la créativité industrielle.

Quant au nucléaire, l’irruption de la guerre a étalé au grand jour les hypocrisies qu’on soupçonnait chez les écologistes. On n’a jamais aussi bien compris que la violente opposition idéologique des Verts allemands vis-à-vis de cette production d’électricité parfaitement décarbonée, opposition diffusée à divers degrés dans toute l’Europe, avait surtout pour conséquence absurde de revigorer les centrales à charbon.

Il se trouve en effet que lors des discussions sur les sanctions à prendre contre la Russie, l’Allemagne a commencé par s’opposer à l’exclusion des banques russes du système de virement international SWIFT… car elle risquait de ne plus pouvoir acheter à la Russie le charbon indispensable à sa production d’électricité. Dixit Annalena Baerbock, ex-coprésidente des Verts et ministre allemande des Affaires étrangères depuis deux mois !

Il est vrai que le gaz (pour faire plaisir à l’Allemagne) et le nucléaire (pour faire plaisir à la France) ont été introduits tout récemment (et sous certaines conditions) dans la taxonomie verte de l’UE, non sans provoquer d’abondants remous du côté des écologistes. Mais l’objectif ultime reste de faire descendre la part du nucléaire dans la production d’électricité dans l’UE de 26 % aujourd’hui à 15 % en 2050.

Autrement dit, au motif de sa course idéologique à la neutralité climatique qu’elle veut absolument gagner, la Commission européenne semble avoir un talent tout particulier pour handicaper au maximum les secteurs économiques dans lesquels les pays de l’Union sont forts, sans garantir pour autant que le climat et l’environnement s’en trouveront mieux.

L’agriculture européenne écologique Farm to Fork : une catastrophe annoncée

Nouvel exemple navrant avec le volet agriculture et alimentation du green deal connu sous le nom de stratégie Farm to Fork ou F2F, c’est-à-dire « de la ferme à la fourchette ».

L’objectif général consiste à avancer vers un système d’alimentation européen plus sain et plus durable. Jusque-là, tout va bien. Qui serait contre ? Le problème apparaît lors de la déclinaison quantitative de l’objectif : à l’horizon 2030, il s’agit en effet de consacrer 25 % des terres agricoles à l’agriculture biologique (contre 8,5 % en 2019), de diviser par deux le recours aux pesticides et les ventes d’antibiotiques pour l’élevage et enfin de réduire de 20 % l’utilisation d’engrais chimiques :

À tout cela, s’ajoute la volonté de laisser 10 % des terres agricoles en paysages non productifs afin de protéger la biodiversité, comme prévu dans le volet « biodiversité » du green deal .

Autant dire que le monde européen de l’agriculture s’est immédiatement senti pris à la gorge pour continuer à exister dans un monde où ses concurrents ne connaissent pas (encore) de contraintes aussi drastiques. Plusieurs études d’impact ont donc été immédiatement lancées par différents organismes publics ou privés et leurs conclusions sont sans appel : la mise en œuvre d’un tel projet reviendrait ni plus ni moins à se tirer une balle dans le pied.

Par exemple, pour l’Université néerlandaise de Wageningue dont le rapport a été publié en décembre dernier, les volumes de production chuteraient en moyenne dans toute l’Europe de 10 à 20 % selon les scénarios étudiés (calés sur les objectifs chiffrés cités ci-dessus). Certaines cultures comme les pommes subiraient même une chute de production de 30 %, tandis que les betteraves sucrières s’en tireraient sans trop de mal. Dans l’ensemble, les prix augmenteraient, entrainant une altération du commerce mondial par augmentation des importations européennes et diminution des exportations. L’étude suggère en outre que le bénéfice environnemental de passer à 25 % de terres cultivées en bio n’est pas vrai pour toutes les cultures.

En novembre 2020, le ministère de l’Agriculture des États-Unis (USDA) s’est également penché sur la question. Il considère en effet que l’agriculture européenne est trop importante pour qu’une évolution aussi radicale de ses structures n’affecte pas l’ensemble du monde. De plus, rien n’interdit de penser que le précédent européen, une fois lancé, pourrait inspirer d’autre région du monde. Il en résulte une étude de l’impact de Farm to Fork pour l’UE, pour les États-Unis et pour l’ensemble du monde selon trois scénarios ( Farm to Fork limité à l’UE, adopté par une partie du monde, généralisé au monde entier) :

Si la stratégie Farm to Fork reste limitée à l’UE, celle-ci verrait sa production chuter de 12 %, ses prix augmenter de 17 %, le chiffre d’affaires de ses agriculteurs baisser de 16 % et ses exportations s’effondrer de 20 %. Dans ce scénario, les États-Unis seraient peu impactés, mais l’insécurité alimentaire concernerait 22 millions de personnes de plus dans le monde.

Des conséquences sur le reste du monde

À l’autre bout de l’étude, la généralisation des contraintes écologiques de Farm to Fork conduirait à une baisse de la production agricole mondiale de 11 %, à des hausses de prix colossales et à la mise en insécurité alimentaire de 185 millions de personnes de plus par rapport aux projections 2030 sans Farm to Fork . On ne saurait trop souligner combien la transformation écologique de l’agriculture à marche forcée pourrait se révéler désastreuse pour le développement humain…

Mais le plus rageant de l’affaire, c’est qu’il existe une étude interne à la Commission européenne qui ne soutient nullement le projet Farm to Fork . Réalisée par le Centre commun de recherche et publiée fin juillet 2021, elle ne s’intéresse qu’à l’impact sur l’UE à l’exclusion du reste du monde. Résultat, en supposant la politique agricole commune (ou PAC) inchangée, le volume de production des céréales baisserait de 15 %, celui des fruits et légumes de 12 % et celui des produits laitiers de 10 % (entre autres) :

Comme les autres études, celle du Centre commun de recherche met également en évidence une hausse des prix des produits agricoles ainsi qu’une dégradation de la balance importations/exportations. Mais réjouissons-nous, malgré ces perspectives peu joyeuses, les émissions de gaz à effet de serre baisseraient de 20,1 %… Si ce n’est que les auteurs admettent dès leur propos introductif que du fait de la hausse des importations, une part importante des gains en matière d’émissions de gaz à effet de serre dans l’UE serait transmise à d’autres régions du monde ! On nage clairement en plein délire.

La stratégie Farm to Fork a été adoptée par le Parlement européen en octobre dernier, mais il lui reste à être déclinée en textes législatifs contraignants, parcours qui ne devrait pas aboutir avant 2023. Il est donc encore temps d’arrêter le massacre.

Interrogé cet automne par des sénateurs ayant lu l’étude interne de la Commission européenne et inquiets de voir l’agriculture européenne sacrifiée sur l’autel d’un mieux-disant environnemental tout relatif, le ministre français de l’Agriculture Julien Denormandie s’est montré très compréhensif :

L’étude à laquelle vous faites référence, menée par le bureau d’études de la Commission européenne, doit provoquer un réveil des consciences chez toutes celles et tous ceux qui considèrent que l’on ne fait jamais assez pour la transition agro-écologique.

Reste à savoir ce que ces bonnes dispositions deviendront dans les rapports de force en présence au Parlement européen. Dans l’immédiat, le ministre s’est limité à promettre une nouvelle étude d’impact. Un grand classique peu rassurant…

Sur le web

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    Ne poussons pas les Russes dans les bras de Poutine !

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 5 March - 04:15 · 1 minute

Face à l’invasion de l’Ukraine, les pays occidentaux ont choisi les sanctions économiques. Le but est de pousser les dirigeants à faire marche arrière et mettre fin aux combats en Ukraine . Néanmoins, très rapidement, on a assisté à une surenchère qui touche désormais davantage la population russe que ses dirigeants, une posture qui semble faire de tout Russe un responsable des actes de son gouvernement. Cette situation est dangereuse car elle risque de pousser les Russes à se ranger derrière Poutine .

Des sanctions touchant plus la population que le gouvernement russe

L’Union européenne et les États-Unis ont commencé par prendre des sanctions plutôt ciblées contre les dirigeants russes et des secteurs stratégiques de la Russie. Le président Poutine et le ministre des Affaires étrangères Lavrov ont vu leurs avoirs gelés par l’Union européenne (UE). Des mesures ont aussi été prises à l’encontre des entreprises liées au complexe militaro-industriel russe , notamment en matière d’exportation.

Si ces mesures sont ciblées, d’autres sont plus problématiques. Ainsi l ’interdiction des vols russes en direction de l’UE, du Canada et des États-Unis va toucher les citoyens ordinaires, les dirigeants ayant leurs propres avions privés.

De même, Visa, Mastercard et Amex qui écartent des banques russes de leur réseau de cartes est encore une sanction qui va toucher en priorité les citoyens russes. Et plus précisément, ce sont les urbains, soit la population la moins favorable au pouvoir de Poutine, qui seront pénalisés.

L’ exclusion des Russes aux compétitions sportives comme le jeu d’échecs est aussi un autre exemple.

Enfin, la déclaration de Bruno Le Maire, sur laquelle il est revenu depuis : « Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe » montre la mentalité actuelle. Pour s’attaquer à Poutine, punissons 140 millions de Russes.

Le risque de faire le jeu de Poutine

Faire de Poutine un paria international est une chose. Faire de tous les Russes des parias en est une autre. Le risque étant de créer un effet de ralliement au drapeau des Russes, rejetés par l’Occident, en faveur de Poutine. Une situation qui serait à l’opposé de celle recherchée.

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    La démocratie libérale, victime collatérale de la guerre en Ukraine

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 5 March - 04:01 · 4 minutes

Je vois de plus en plus d’appels et d’initiatives visant à appliquer les outils de la cancel culture aux Russes, c’est-à-dire visant à les ostraciser socialement, numériquement et à les atteindre au portefeuille. La présidente de la commission européenne sort de son rôle pour interdire deux chaînes russes qui ne se sont pas rendues coupables de crimes ou délits sur le sol national, l’ensemble des réseaux sociaux coupe leur accès, des voix se font entendre par tribunes interposées pour organiser la saisie des biens des dirigeants russes sans autre forme de procès.

Le règne du droit écorné

La France n’est pas en guerre, rien d’illégal n’a été perpétré. Sur le papier, chacun est jusqu’à présent encore libre de professer des opinions et des croyances proPoutine, aussi idiotes et aberrantes soient-elles, en France et en Europe. On appelle ça la liberté d’expression, la liberté de conscience, et le respect du pluralisme politique, qui suppose que même les gens avec qui nous ne sommes pas d’accord ont des droits. Il fut un temps où c’est ce genre de choses, garanti par le formalisme juridique, qui distinguait clairement l’Occident de ses concurrents non démocratiques.

Une nouvelle fois, la situation d’exception, cette séquence désormais ininterrompue depuis le 11 septembre, tend à normaliser la violation du droit commun au nom de la morale des élites politiques et technocratiques. Hier pour punir les tièdes de la guerre contre le terrorisme , de la guerre sanitaire ou de l’alarmisme climatique, aujourd’hui pour condamner sans appel les poutinistes réels ou supposés, ces nouveaux ennemis de l’intérieur, tous les moyens sont bons, mêmes extra-légaux.

On pénalise et on excommunie les comportements déviants au nom d’une nouvelle orthodoxie portée par des clercs sans esprit et sans nuances, qu’ils s’appellent Trudeau, Macron, Biden ou van der Leyen. La technique est toujours la même : on exagère les menaces qui pèsent sur le pays pour faire avaler la pilule de la dislocation progressive d’un État de droit de plus en plus réduit au rang d’accessoire de théâtre.

La prise de pouvoir de l’oligarchie progressiste

Il ne s’agit pas ici de nier l’agression russe ou la nécessité d’y répondre fermement, mais de constater les effets politiques de la guerre sur notre propre démocratie, qui marchait déjà sur trois pattes. Il est en train de se dessiner en Occident une forme de schizophrénie politique accrue, où les formes politiques (vides) demeurent celles de la démocratie libérale, mais dont le fonctionnement réel revient à une oligarchie progressiste qui se veut désormais intégralement souveraine, car à la fois certaine de sa qualité morale, détentrice de leviers politiques et économiques sans précédent et au-dessus des lois ordinaires. Tout le monde aura reconnu les ressorts essentiels du « capitalisme woke », cette forme de cartellisation identitaire qui pourrit les esprits et les cœurs.

Cette nouvelle classe de clercs peut désormais gouverner sans devoir partager son pouvoir avec le reste de la société. Le fractionnement social et culturel des classes moyennes et populaires jure face à la forte conscience de classe d’un bloc élitaire à la mentalité d’assiégé. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’esprit libéral des institutions, parce que les libertés individuelles qui sont au cœur de son fonctionnement nécessitent la friction et surtout le dialogue entre toutes les « humeurs » du corps social, pour parler comme Machiavel. S’il n’existe plus de consensus social pour soutenir les formes du droit, qui sont elles-mêmes la condition nécessaire de l’existence des libertés individuelles, alors ces dernières meurent discrètement mais sûrement.

Qu’on me comprenne bien, et pour résumer : une blague circule en ce moment sur les réseaux sociaux à propos de l’interdiction de RT et de Sputnik. C’est une excellente nouvelle, parce que ce sont deux instruments de propagande, mais maintenant, il faut aller plus loin en interdisant CNews, c’est-à-dire le seul grand média qui ne soit pas plus ou moins progressiste. La guerre perpétuelle a un effet direct sur le débat public, elle crée et entretient une mentalité de guerre civile ennemie de la paix, de la sérénité des positions et de la discussion rationnelle. Elle fait disparaître petit à petit l’esprit de modération du gouvernement constitutionnel et hystérise les positions politiques des uns et des autres.

J’ai bien conscience de n’avoir pas de solution clef en main pour résoudre la crise ukrainienne, mais je constate une nouvelle fois avec Cobden et Jouvenel que la guerre est le pire ennemi de la liberté.

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    « Le Seigneur des anneaux » d’Amazon souille le chef-d’œuvre de Tolkien

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 5 March - 03:50 · 4 minutes

La plus grande menace de la Terre du Milieu n’est plus Sauron ou Morgoth, mais Jeff Bezos .

Amazon a publié une bande-annonce pour sa nouvelle série Le Seigneur des anneaux : les anneaux de pouvoir pendant le Super Bowl , et le produit annoncé n’inspire pas trop de confiance.

La série se déroule bien avant que Frodon et la Communauté de l’Anneau traversent la Terre du Milieu et se concentre sur une toute nouvelle distribution de personnages que nous n’avons jamais vu à l’écran. Certains d’entre eux sont des créations de J.R.R. Tolkien, et viennent des confins de son écriture abondante. D’autres sont inventés de toutes pièces, fabriqués spécialement pour ce spectacle.

Une représentation politique dans la série « Le Seigneur des anneaux » d’Amazon

C’est avec ces personnages inventés que certains des plus gros problèmes se posent. Prenez par exemple la princesse des nains Disa, interprétée par l’actrice Sophia Nomvete.

Dans la série, Nomvete est une femme noire imberbe. Dans d’autres contextes, cela pourrait être un choix de casting parfait. Mais c’est Le Seigneur des anneaux , et la vision de Tolkien est très limpide. Ça ne ressemble pas à un nain.

Les créateurs de Les anneaux de pouvoir ont expliqué clairement pourquoi ils avaient pris cette décision. Dans une interview avec Vanity Fair , la productrice exécutive de la série, Lindsey Weber , a déclaré : « Il nous semblait naturel qu’une adaptation de l’œuvre de Tolkien reflète réellement le monde.

Quel monde ? Notre monde moderne, bien sûr.

Aux yeux de gauchistes comme Weber, la Terre du Milieu – un monde fortement imprégné de l’ancienne mythologie des îles britanniques natales de Tolkien – devrait ressembler à New York ou à San Francisco de l’an 2022. La diversité doit être imposée là où elle ne convient pas, que le matériel original soit damné.

Le traitement des personnages établis n’est pas beaucoup mieux. La personnalité de Galadriel, une elfe interprétée par Cate Blanchett dans la trilogie cinématographique Le Seigneur des anneaux du réalisateur Peter Jackson, a été radicalement modifiée.

Finie la Galadriel éthérée et gracieuse de l’œuvre de Tolkien. Elle est remplacée par une guerrière fantastique générique, une copie conforme d’un million d’autres personnages féminins « autonomisés » dans le paysage fantastique d’aujourd’hui. Weber et son équipe semblent croire qu’une femme forte dans un œuvre de fiction doit être une guerrière physiquement imposante. Du coup, elle doit être un homme.

Pourtant, Galadriel rayonne de puissance dans ses représentations de films et de livres sans singer un homme.

Pire encore, lorsque des fans dévoués d’une série comme Le Seigneur des anneaux signalent des problèmes avec ces adaptations, ils sont accusés de fanatisme pour ne pas avoir acquiescé au massacre par la gauche radicale de leurs franchises bien-aimées.

La gauche radicale se comporte comme les forces de Sauron

Les anneaux de pouvoir est loin d’être la première série à aliéner intentionnellement les fans de son produit originel. Mais cela constitue une nouvelle frontière dans l’invasion sauronienne de la gauche dans la culture populaire.

Tolkien et Le Seigneur des anneaux représentent le fondement sur lequel une grande partie de la fantaisie moderne peut s’appuyer. George R.R. Martin, auteur de la série immensément populaire Le Trône de fer qui a ensuite donné Game of Thrones , a déclaré qu’il s’était inspiré de Tolkien pour écrire de la fantasie épique.

En s’appropriant le travail de Tolkien pour la gauche, les radicaux envoient un message inquiétant aux amoureux de sa création : « Cela nous appartient maintenant. Et nous le refaçonnerons à notre image. »

Les anneaux de pouvoir est comme une autre enveloppe sans âme, dépourvue de l’amour et du soin originaux que Tolkien a insufflé à son travail et avec lesquels Jackson a conçu ses films originaux.

Ironiquement, le propre travail de Tolkien dépeint la corruption par la gauche radicale des artefacts culturels populaires. Dans Le Retour du roi , Frodon, le héros Hobbit, pontifie sur la nature des Orcs, une race de créatures purement maléfiques envoyées par le seigneur des ténèbres Sauron pour récupérer l’Anneau Unique : « L’Ombre qui les a élevé ne peut que se moquer, il ne peut pas faire : pas de vraies choses nouvelles par lui-même. Je ne pense pas que cela ait donné la vie aux Orcs, cela les a seulement ruinés et les a tordus. »

La gauche radicale répand son idéologie non pas par de véritables actes de création, mais en déformant et en souillant ce que les gens aiment. Le travail de Tolkien ne sera pas le dernier à être corrompu, mais ce devrait être un signal d’alarme pour protéger la série que les fans adorent.

Heureusement, c’est un combat que nous gagnons. La réponse à la bande-annonce d’Amazon a été extrêmement négative, et les fans repoussent la diversité forcée et les inexactitudes des traditions.

Comme nous le dit le sage sorcier Gandalf : « Le désespoir n’appartient qu’à ceux qui voient la fin sans aucun doute. Nous ne le faisons pas. »

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    James Madison, Père de la Constitution – Les Héros du progrès (44)

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 5 March - 03:40 · 10 minutes

Par Alexander Hammond.
Un article de HumanProgress

Voici le quarante-quatrième épisode d’une série d’articles intitulée « Les Héros du progrès ». Cette rubrique est une courte présentation des héros qui ont apporté une contribution extraordinaire au bien-être de l’humanité.

Notre héros de la semaine est James Madison . Il est l’un des Pères Fondateurs et le quatrième président des États-Unis. Il a composé les premières ébauches, et donc le cadre de base, de la Constitution des États-Unis et de la Déclaration des Droits (le Bill of Rights ).

On le surnomme souvent le « Père de la Constitution ». Il a passé la plus grande partie de sa vie à s’assurer qu’elle soit ratifiée et que les libertés de religion, d’expression et de la presse soient protégées par la loi.

James Madison est né le 16 mars 1751 à Port Conway, en Virginie. Il grandit sur la plantation familiale. Son père est l’un des plus gros propriétaires terriens de la région du Piedmont. Il est l’aîné d’une fratrie de douze enfants, mais seuls six d’entre eux atteindront l’âge adulte, ce qui est assez courant à l’époque, même chez les riches. Au début des années 1760, la famille part s’installer sur le domaine de Montpelier en Virginie.

Adolescent, il est instruit par plusieurs précepteurs célèbres. À l’inverse de la plupart des Virginiens aisés de son époque, il ne fréquente pas le Collège de William et Mary.

Au lieu de cela, en 1769, il s’inscrit au Collège du New Jersey, aujourd’hui Université de Princeton, principalement en raison de l’hostilité de l’établissement envers l’épiscopat. Tout en étant Anglican, il est opposé à un épiscopat américain. Pour lui, c’est une façon d’affirmer le pouvoir de la monarchie britannique ainsi qu’une menace pour les libertés civiles et religieuses des colons.

Au Collège du New Jersey, il achève son programme d’études de quatre ans en deux années seulement. Après l’obtention de son diplôme en 1771, il y reste pour étudier l’hébreu et la philosophie politique sous l’égide de son président John Witherspoon, un autre Père Fondateur à venir, qui influence fortement ses opinions en matière de philosophie et de morale.

Terence Ball, un biographe de Madison, a écrit qu’au New Jersey, il « était immergé dans le libéralisme des Lumières et converti au radicalisme politique du XVIIIe siècle ».

En 1773, il entre à Montpelier. Sans carrière en vue, il se plonge dans la lecture des livres de droit et s’intéresse rapidement aux relations entre les colonies américaines et la Grande-Bretagne.

En 1775, quand la Virginie se prépare à la Guerre d’Indépendance, il est nommé colonel dans la milice du comté d’Orange. Comme il a fréquemment des problèmes de santé, il ne prend pas part aux combats et abandonne rapidement toute carrière militaire et se lance en politique.

En 1776, il représente le comté d’Orange à la Convention constitutionnelle de Virginie, où il contribue à concevoir un nouveau gouvernement d’État, indépendant du droit britannique.

Pendant le temps passé à cette Convention, il lutte souvent pour la liberté de religion et réussit à convaincre des délégués de modifier la Déclaration des Droits de Virginie pour que l’exercice de la religion bénéficie d’une « égalité de droits » plutôt qu’une simple « tolérance ». Il y rencontre aussi son ami de toujours, Thomas Jefferson, un Père Fondateur qui devait devenir le troisième président des États-Unis.

Après la promulgation de la Constitution de Virginie en 1776, Madison entre à la Chambre des Délégués et se fait bientôt élire au Conseil d’État pour le gouverneur de Virginie, à l’époque, Thomas Jefferson.

En 1780, il se rend à Philadelphie en tant que délégué de la Virginie au Congrès Continental, un ensemble de délégués des treize colonies américaines qui allaient créer les États-Unis d’Amérique.

Les articles de la Confédération sont ratifiés par le Congrès Constitutionnel en 1781 et servent de première Constitution aux treize colonies. Ils donnent de grands pouvoirs aux États qui agissent plus comme des pays indépendants que comme une union.

Madison sent que cette structure place le Congrès en position de faiblesse et ne lui donne pas la possibilité de gérer la dette fédérale ou de maintenir une armée nationale. Déterminé à changer cet état de fait, il commence à étudier de nombreuses formes de gouvernements.

En 1784, il revient dans la législature de Virginie et s’assure rapidement que soit rejeté un projet de loi qui promettait d’accorder un soutien financier payé par les contribuables aux « enseignants de religion chrétienne ». Au cours des années suivantes, il est à la tête d’un mouvement qui incite à des changements dans les articles de la Confédération et qui a abouti à la Convention Constitutionnelle de 1787, là encore, à Philadelphie.

Madison y présente son projet pour un gouvernement efficace connu sous le nom de « Plan de Virginie ». Il observe que les États-Unis ont besoin d’un gouvernement fédéral fort, séparé en trois branches (législative, judiciaire et exécutive) et gérées avec un système de poids et contrepoids, de sorte qu’aucune branche ne puisse dominer une autre. Tout au long du Congrès, il prend des notes et modifie son plan pour le rendre plus acceptable. Au final, le Plan de Virginie est la base de grandes parties de la Constitution des États-Unis.

Une fois la Constitution rédigée, il fallait qu’elle soit ratifiée par neuf des treize États. Au départ, le document est reçu avec réticence, beaucoup d’États considérant qu’il accordait trop de pouvoir à l’État fédéral. Afin de promouvoir la ratification de la Constitution, il collabore avec les Pères Fondateurs Alexander Hamilton et John Jay . Ensemble, ils écrivent une série d’essais anonymes de soutien à la Constitution intitulés les Papiers fédéralistes.

Après la publication de 85 essais et des débats approfondis à la Convention Constitutionnelle, la Constitution des États-Unis est signée en septembre 1787. Le document est finalement ratifié en 1788, après que le New Hampshire soit devenu le neuvième État à le faire.

En 1790, le nouvel État fédéral devient effectif. Les idées innovantes et éclairées de la Constitution des États-Unis ont résisté à l’épreuve du temps et c’est aujourd’hui la plus ancienne Constitution écrite en usage dans le monde.

Madison est immédiatement élu à la nouvelle Chambre des Représentants et commence à travailler sur l’ébauche du Bill of Rights , une liste de 10 amendements à la Constitution énoncant les droits fondamentaux détenus par chaque citoyen américain. Ils incluent, entre autres, la liberté d’expression, de religion et le droit de porter des armes.

Dans le neuvième amendement, il stipule également l’existence de droits non énumérés. Après un important débat, son travail porte ses fruits et le Bill of Rights est promulgué en 1791.

Ces amendements uniques pour leur époque soulignent que les États n’accordent pas de droits à la population : ce sont les citoyens qui lui concèdent des pouvoirs afin de protéger les droits « pré-existants » du peuple.

Après un désaccord avec le leader fédéraliste Alexander Hamilton au sujet de sa proposition de créer une banque nationale, Jefferson et Madison fondent le parti républicain-démocrate en 1792.

C’est le premier parti d’opposition aux États-Unis. Madison quitte le Congrès en 1797. Il revient à la politique en première ligne en 1801, en rejoignant le cabinet du président Thomas Jefferson . En tant que secrétaire d’État, il supervise l’acquisition de la Louisiane à la France en 1803, ce qui a doublé la taille du nouveau pays.

De 1809 à 1817, il est le quatrième président des États-Unis. Une grande partie de sa présidence est entachée de problèmes outre-mer. En 1812, il prononce une déclaration de guerre contre la Grande-Bretagne. Les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Europe cessent, ce qui impacte sévèrement les commerçants américains.

Au même moment, la Nouvelle Angleterre menace de faire sécession de l’Union. En 1814, Madison est forcé de fuir Washington, la nouvelle capitale, après que les troupes britanniques l’ont envahie et incendié plusieurs bâtiments dont la Maison Blanche, le Capitole et la Bibliothèque du Congrès.

En 1815, la guerre se termine dans une impasse. Après deux mandats comme président, il retourne à Montpelier en 1817 et ne quitte plus la Virginie. Il demeure un écrivain actif et respecté. En 1826, il devient recteur de l’université de Virginie, fondée par Thomas Jefferson en 1819.

Comme beaucoup de ses contemporains du sud, il possédait des esclaves. Cela dit, il a œuvré pour abolir l’esclavage. Sous sa direction, l’État fédéral a racheté des esclaves à leurs propriétaires pour les réinstaller au Liberia.

Madison passe ses dernières années malade et alité. En juin 1836, âgé de 85 ans, il meurt d’un arrêt cardiaque.

Il a contribué à la rédaction de la Constitution des États-Unis et du Bill of Rights . La Constitution était la première de son genre, sous la forme d’un document unique au monde. Les principes des Lumières sur les droits et libertés individuels qu’elle défendait sont devenus les fondations de dizaines d’autres constitutions libérales créées par des États partout dans le monde. Pour sa création du cadre légal qui protège d’innombrables personnes des abus de l’État, James Madison est à juste titre notre quarante-quatrième héros du progrès.

Article publié initialement le 22 novembre 2020.

Traduction par Joel Sagnes pour Contrepoints de Heroes of Progress, Pt. 44: James Madison

Les Héros du progrès, c’est aussi :

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    Environnement, climat… quelle place pour les libéraux ?

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 5 March - 03:30 · 7 minutes

Par Benjamin Faucher.

En 2019, le Parlement européen a déclaré l’état d’urgence climatique . Il faut dire que les sujets liés à l’environnement ont pris soudainement une ampleur considérable en 2019 : réchauffement climatique, extinction des espèces, effondrement de la société humaine… plus personne ne peut les éviter.

En tant qu’acteurs du débat politique, les libéraux ont évidemment leur rôle à jouer . Pourtant, face à l’ampleur des enjeux, force est de constater que nombre d’entre eux ne sont pas à la hauteur, loin de là.

L’ensemble de notre économie et de notre mode de vie repose sur l’utilisation d’ énergies fossiles qui produisent du CO2 (charbon, pétrole, gaz), et une exploitation des matières premières considérées comme illimitées et donc gratuites.

Ce modèle pose deux problèmes :

L’augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère

Celle-ci modifie le climat, et augmente la température moyenne de la planète. Si rien n’est fait, cette température augmentera de plus de deux degrés d’ici 2050 . Les pires scénarios du GIEC évoquent alors la possibilité de seuils qui, sur la base de boucles de rétroaction positive peuvent provoquer un emballement de cette augmentation, rendant la Terre inhabitable et comparable à une étuve.

L’approvisionnement de nos pays en énergie

Sans énergie peu chère qui alimente notre économie, notre niveau de vie s’effondrera.

En fait, ce sont les premiers libéraux qui avaient compris le problème. Les physiocrates pensaient en effet que seule l’agriculture produisait de la richesse, puisque la terre donnait un surplus entre la graine semée et la plante récoltée.

En fait, c’est davantage l’énergie apportée par le Soleil qui était la valeur ajoutée. C’est toujours le cas aujourd’hui : la croissance, phénomène apparu au début du XIXe siècle provient directement de notre capacité à utiliser l’énergie du Soleil sous une forme ou une autre : charbon, pétrole, biomasse, vent, chaleur…

Le silence des libéraux

Face à ces problèmes à la fois complexes et effrayants, les libéraux sont souvent absents. Certains se contentent de ne pas considérer le problème . Que ce soit par déni idéologique ou par ignorance, cette position n’est plus tenable. Réfléchir sur l’action humaine et politique sans intégrer le problème écologique revient à penser un monde qui n’existe pas, à avoir une pensée hors sol.

Il faut dire que la position est confortable : depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des citoyens des pays de l’OCDE a échappé à l’Histoire. Ce temps est bel et bien révolu, et les libéraux qui se targuent de ne pas avoir une pensée qui fonctionne en système devraient être ceux qui adaptent leur idéologie à la réalité du monde.

Une réaction assez courante est le climatoscepticisme . Honnêtement, la question de la réalité du problème environnemental n’est pas un sujet d’opinion, mais de fait. Nous lui accordons notre confiance pour la médecine, la biologie moléculaire, la physique quantique… alors pourquoi pas pour le climat ? Parier notre avenir sur une erreur monumentale de cette communauté semble pour le moins risqué.

De plus, la réaction de certains climatosceptiques dans le débat ne fait pas honneur aux illustres penseurs qui ont fait la tradition libérale. Se moquer de Greta Thunberg est peut-être drôle (et il ne s’agit en aucun cas ici de vouloir le prohiber) mais ne fait pas avancer le débat d’un iota.

Alors, quelle place pour les libéraux ? D’abord, ceux-ci peuvent apporter des réponses théoriques et concrètes : taxe carbone, privatisation des terres… cependant, il ne faut pas non plus rester dans notre zone de confort.

Intérêt de la taxe carbone

La question de la taxe carbone est intéressante , mais la véritable question est de savoir pour faire quoi ?

S’il s’agit d’un moyen de financement de mesures pro-environnementales de l’État, alors il y a tromperie sur la marchandise : une taxe ayant pour but de modifier les comportements ne ramène, si elle est efficace, absolument rien à l’État. Certains suggèrent que le prix du carbone devrait refléter le prix que nous sommes prêts à payer en échange de la pollution émise.

Ce genre de solution est raisonnable pour les problèmes environnementaux softs et réversibles : pollution, diminution de la qualité de l’air et de l’alimentation… Mais dans le cas de problèmes plus graves (CO2, raréfaction des matières premières) ce raisonnement confortable rencontre deux difficultés.

  • celui qui paye les conséquences de l’acte dommageable n’est pas forcément celui qui le commet : c’est un problème à externalités négatives.
  • quel serait le prix d’une planète habitable ? La réponse est évidemment l’infini.

La taxe carbone doit donc être conçue de telle manière que le coût de l’émission de CO2 soit supérieur à ce qu’elle rapporte.

Nous l’avons vu, le problème environnemental est un problème d’externalité négative. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt : l’intervention de l’État paraît inévitable, et sûrement de manière massive. Cela n’est certes pas plaisant, mais nous n’avons pas le choix.

D’abord parce que en termes d’énergie, les infrastructures sont de facto très souvent contrôlées et subventionnées par la puissance publique. Ensuite parce que le problème environnemental est global et pose des questions géopolitiques qui nécessitent une coordination importante entre pays.

Écologie libérale contre écologie collectiviste

Le rôle des libéraux est de s’assurer que cette intervention soit minimale, et ne cache pas une idéologie collectiviste. En effet, l’intervention de l’État doit à tout prix rester utilitariste.

Contre Aurélien Barrau , je pense que nous devons rappeler qu’il est hors de question de changer le rapport des individus au monde et de réaliser une révolution poétique. C’est aux individus de choisir ce qu’est pour eux la vie bonne, dans le cadre où ça ne pose pas de problème aux autres.

De plus, il serait peut-être utile de rappeler que l’État n’est pas forcément le mieux placé pour trouver des solutions. Le rôle de l’État pourrait se limiter à déclarer « dans cinq ans, le plastique est complètement interdit » , et laisser les acteurs privés trouver des solutions pour le remplacer. L’État de droit fixe un cadre, les individus s’adaptent.

De même, il faut absolument s’opposer aux bêtises de l’extrême gauche qui tente de récupérer la question idéologique. Je suis très agacé d’entendre des accusations de la part des communistes contre les libéraux qui essaieraient de se greenwasher . Comme si le communisme n’avait jamais été une idéologie productiviste…

Et n’évoquons pas l’alliance « rouge-verte » prônée par certains qui voudraient que les ouvriers s’emparent des moyens de production pour obliger les entreprises à avoir un comportement écologiquement vertueux. En quoi les ouvriers seraient incités à ne pas polluer, si cela leur permet de conserver leur emploi ?

Enfin, il faut s’opposer à la vision manichéenne qui voudrait que ceux qui rejettent du CO2 sont les méchants capitalistes et que ceux qui en subissent les conséquences soient le peuple oppressé. Soyons sérieux, l’usage du plastique facilite la vie de tout le monde : facilitation du transport et donc du choix individuel, matériel médical et de recherche… Et la réside bien le problème.

Si la décroissance est nécessaire, ça fera mal et pour tout le monde, contrairement aux idées fausses véhiculées par beaucoup d’opposants aux libéraux.

La question environnementale est un défi immense pour l’humanité, qui transcende tous les aspects de la vie politique. Cela n’est pas facile et demande un vrai travail de remise en cause individuel, mais il est temps que les libéraux sortent la tête du sable, et s’emparent avec honnêteté du sujet et fassent entendre leur voix.

Article publié initialement le 20 décembre 2019.

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    Pendant que l’Ukraine flambe, le puçage des populations continue

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 4 March - 08:30 · 5 minutes

Rien de tel qu’une bonne crise pour occuper les esprits. Et faire oublier une bonne crise. Et faire obstinément avancer un agenda mondial.

Pas de doute : il y a une méchante guerre en Ukraine dont rien n’indique pour le moment qu’elle sera gagnée facilement par les Russes ou les Ukrainiens. La propagande des deux côtés est maintenant sans répit, propagande qui s’ajoute aux biais des médias occidentaux pourris de déformations plus ou moins professionnelles et d’une absence d’auto-critique que la pandémie (rappelez-vous, c’était la crise précédente) n’avait absolument pas remis en question.

Les esprits sont donc tous tournés vers l’Europe de l’Est et chacun y va de sa fine analyse sur le caractère imprédictible (ou prétendu tel) de Poutine, sur les forces en présence, sur les vraies raisons du conflit et, bien sûr, sur les objectifs réels des uns des autres, dont tout le monde sait qu’ils sont accessibles en quelques clics de souris, sur l’un ou l’autre réseau social pas du tout contrôlé de bout en bout.

Et après deux années à découvrir que nos médias racontaient à peu près n’importe quoi à peu près tout le temps, tout le monde a immédiatement oublié. On recommence à donc écouter avec ferveur les mêmes médias débiter les mêmes approximations, les mêmes mensonges, à cacher les mêmes vérités inconfortables au discours officiel, participant ainsi à l’espèce de communion d’esprit débilitante dans laquelle une masse considérable d’individus barbote avec une certaine volupté.

C’est extraordinairement pratique parce que ça permet de faire passer complètement en dehors du champ de vision toute une avalanche de nouvelles qui ne sont bonnes que pour une infime proportion de l’humanité et qui sont des cauchemars en devenir pour plus des 99,9 % restants. À l’instar d’un gorille au milieu d’un jeu de balle qu’absolument aucun observateur ne semble voir tant son attention a été focalisée sur la baballe, les médias et les politiciens actuels semblent décidés à nous faire compter les passes pour oublier le gorille au milieu du jeu :

Car au moment même où Poutine tentait son aventure ukrainienne, propulsant l’Europe puis le monde dans une torpeur pré-thermonucléaire avec des petits bouts de combinaison NBC et des gros morceaux de guerre pas assez froide, la presse relayait avec une discrétion de violette plusieurs avancées majeures de différentes entités étatiques et para-étatiques dans le domaine de l’identité électronique.

C’est ainsi qu’avec vigueur et obstination, l’OMS continue de pousser l’idée d’imposer un passeport vaccinal mondial , bien évidemment électronique, présenté comme la clé de déplacements internationaux fluides et joyeux.

Eh oui : même si l’expérience passée des petits pass sanitaires puis vaccinaux aura permis de bien prendre conscience de la société à deux vitesses que les institutions promotrices tentaient de mettre en place, l’agenda se poursuit sans sembler vouloir dérailler. Et le fait que ces pass et autres numérotations citoyennes puissent être, très concrètement, employés pour installer ségrégations, divisions et punitions sur chaque individu ne semble plus effaroucher qu’une petite bande d’irréductibles (d’ailleurs commodément baptisés complotistes ou tout autre qualificatif discréditant du moment, depuis vaccino-sceptiques ou antivax jusqu’à fascistes).

Mieux encore : en parallèle de l’OMS et de ses funestes projets d’étiquetage de la population, les États-Unis, bien qu’abandonnant État par État les différentes obligations plus ou moins ridicules qu’ils avaient mises en place, ne s’empêchent pourtant pas de réfléchir très fort à la l’instauration d’un passeport vaccinal local : le projet de « SMART Health card » permettra enfin de numériser les actuels petits cartons vaccinaux du CDC et de bien marquer le cheptel contribuable (électroniquement d’abord, le fer rouge sera pour plus tard).

Le projet n’est pas simplement une idée en l’air qu’il conviendrait encore de fixer. En pratique, le fonctionnement précis de ce passeport est déjà suffisamment connu et détaillé pour permettre à pas mal d’autres pays de rejoindre les États-Unis (et l’OMS donc) dans leur envie folle de surveiller tout le monde, tout le temps : ainsi, toutes les provinces canadiennes ont déjà adopté la vérification de la SMART Health Card, tout comme Aruba, les îles Caïmans, Singapour et le Japon. En Afrique, la SMART Health Card est déployée au Kenya et au Rwanda, les premiers des 32 pays africains de l’alliance « Smart Africa » à adopter une approche numérique des dossiers médicaux.

Quant à l’Union européenne… eh bien sans surprise, tout est déjà dans ses cartons dont une bonne partie est maintenant déjà ouverte et les emballages déjà défaits : de la même façon qu’il convient de façon impérative de traquer l’individu partout aux Amériques et en Afrique, il ne serait pas convenable ni propret d’oublier l’Europe qui a donc bondi sur l’occasion de construire son système d’identité électronique, eID , qui permettra – cela va sans dire mais disons-le quand même – d’apporter la sécurité, la prospérité, la paix partout dans le monde (comme, du reste, l’Union européenne était censée apporter sécurité, prospérité et paix dans le monde avec le succès qu’on peut mesurer).

Grâce aux efforts déployés (sous couvert de « sécurité »), tous les États occidentaux puis, bientôt, tous les États mondiaux auront un moyen de pister chacun d’entre nous et, de façon bien plus pratique, de lui interdire toute transaction commerciale, toute interaction sociale, toute vie, sans avoir même à tirer le moindre coup de feu, sans avoir à faire usage de la force, sans avoir à mobiliser une police ou une armée coûteuses.

On ne sait pas comment s’achèvera le triste cirque ukrainien, mais rien ne semble vouloir arrêter l’asservissement des peuples. On détourne notre attention avec l’incohérence crasse maintenant habituelle (on veut la liberté des Ukrainiens mais on est farouchement contre celle des Français, non vaccinés, pas assez pucés-passés-QRCodisé, par exemple), mais c’est malheureusement pour mieux laisser toutes les autorités occidentales fabriquer nos propres chaînes, placer nos propres barreaux à la prison que nous nous construisons avec application.