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    Pourquoi la liberté scolaire est plus actuelle que jamais

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 1 September - 03:30 · 4 minutes

Par Pierre-Guy Veer, depuis les États-Unis.

Milton Friedman fut l’un des plus grands penseurs libéraux du XXe siècle. L’un de ses chevaux de bataille principal fut la liberté scolaire , c’est-à-dire le libre choix laissé aux parents de scolariser leurs enfants où bon leur semble en utilisant directement l’argent que l’État aurait autrement injecté dans les écoles publiques.

En d’autres termes, créer une certaine concurrence en éducation pour améliorer toutes les écoles.

Bien que je sois allé à l’école publique, j’ai pu profiter des choix scolaires. Durant mes cinq années d’enseignement secondaire, j’ai fait partie d’un programme de concentration linguistique qui m’a permis de compléter le programme régulier d’anglais en seulement trois ans. Fort heureusement, l’anglais est tellement omniprésent que je l’ai appris presque par moi-même. Sans ce programme enrichi, j’aurais sans doute décroché tellement je me serais ennuyé en classe.

Mon frère et ma sœur ont eu une chance similaire en intégrant un programme de sport-étude qui leur a permis de focaliser leur intérêt en classe puisqu’il faut maintenir une certaine moyenne pour continuer dans le programme. Malgré les moyens limités de mes parents à l’époque, nous avons ainsi pu profiter d’une éducation enrichie ; j’ai également eu des cours d’espagnol, ce qui a facilité la communication avec ma belle-famille dominicaine.

La pandémie ravive la flamme friedmanienne

Aux États-Unis, le concept de choix scolaire ne date pas d’hier. Mais avec la pandémie et une forte restriction de l’accès à l’éducation l’idée de financer les élèves et non le système est revenue avec la force d’un ouragan.

Depuis 2020, près d’une vingtaine d’États ont passé de telles lois, permettant ainsi aux parents d’inscrire leurs enfants dans une autre école, voire les éduquer eux-mêmes à la maison. Cela leur permet ainsi de contourner la toute-puissance des syndicats de l’enseignement.

En effet, plusieurs études ont démontré qu’un syndicat de l’enseignement fort pouvait faire obstacle à l’ouverture d’écoles. Étant en situation de monopole, il tient ainsi le gros bout du bâton et peut faire chanter les gouvernements pour obtenir tout ce qu’il veut et même davantage – souvent en secret . Fait intéressant : l’un de ces syndicats a rédigé les recommandations du CDC sur l’enseignement en présentiel et les masques, et pas pour y corriger les fautes d’orthographe…

Cela a des effets désastreux sur l’apprentissage et la santé des enfants, mais aussi sur certains de leurs parents ne pouvant pas travailler à la maison.

Une opposition de pacotille

Mais malgré tous ses avantages, le choix scolaire apporte évidemment son lot d’oppositions qui a généralement la solidité de tigres de papier.

« Tu veux que les enfants se fassent endoctriner et entendent que la théorie de l’évolution est fausse ! » argumenteront certains , qui refusent que l’argent « public » permettent de scolariser des enfants dans des écoles confessionnelles. Je ne nie pas cette possibilité, mais en quoi est-ce différent de l’endoctrinement de l’école publique qui affirme que Franklin Roosevelt a « sauvé » l’économie durant la grande dépression ? Ou que la couleur de la peau détermine si l’on est du côté de l’oppresseur ou de l’opprimé ?

« Tu es raciste ! » Non, ce n’est pas une mauvaise blague du Gorafi. Afin de dénigrer les personnes osant s’éloigner du droit chemin de l’éducation publique, on a dépeint les artisans du choix scolaire comme étant des racistes .

Pourtant, les minorités ethniques – particulièrement les Noirs – sont celles qui profitent le plus du choix scolaire. Elles peuvent ainsi éviter les écoles publiques pour s’orienter par exemple vers des écoles dites à charte – financées par les taxes et impôts mais administrées par des intérêts privés. Comme elles ont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête – elles mettent la clé sous la porte si trop d’élèves échouent – elles ont tout intérêt à ce que la réussite soit une priorité… contrairement aux écoles publiques.

Mais comme ces écoles, souvent libérées du joug syndical, sont une menace, elles rencontrent énormément d’obstacles. En fait, quand leur ouverture est refusée, on ne tait même pas qu’elles nuisent aux pachas syndicaux.

Bref, plus que jamais, les humains doivent être libres de choisir ce qu’ils considèrent comme étant le mieux pour eux et leurs enfants. Sur le long terme, cela pourrait même améliorer l’école publique, surtout si elle perd trop d’élèves.

C’est une leçon à apprendre pour la France. Depuis la séparation de l’État et l’Église, il semble que le premier soit devenu une religion républicaine. Ainsi, il faut implorer à genoux pour surseoir à cette « éducation » qui commence presque au berceau.

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    Pass sanitaire : arrêtons les frais !

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 1 September - 03:15 · 7 minutes

risques

Par Nathalie MP Meyer.

Alleluia, Emmanuel Macron a réussi son pari vaccinal ! L’objectif de 50 millions de primo-vaccinés à fin août débordera nettement sur le mois de septembre, mais après un démarrage laborieux, et grâce à des menaces, pardon, des méthodes de persuasion redoutablement, pardon, démocratiquement efficaces du style « pas de vaccin → pas de cinéma, pas de restau, pas de job », la France est parvenue à se hisser au cinquième rang mondial pour la couverture vaccinale, devançant l’Allemagne, les États-Unis et même les champions des débuts comme Israël et le Royaume-Uni !


Dans ce graphe du site Our World in Data, les chiffres France sont arrêtés au 26 août 2021.

D’après les données du gouvernement au 29 août 2021 reprises par le site covidtracker , 72 % des Français ont reçu au moins une dose de vaccin et 65,1 % ont reçu toutes les doses requises. Si, plus logiquement, on ne considère que la population éligible, c’est-à-dire les personnes âgées de 12 ans et plus, ces taux montent à 83,7 % et 75,6 % respectivement :

Et finalement, si l’on ne considère que la population majeure, on arrive même à un taux de 78,6% de personnes complètement vaccinées :

On se rappelle tous qu’Emmanuel Macron s’était engagé à ne pas rendre le vaccin obligatoire, pays de Pasteur et des Lumières, raison, science, blablabla :

On se rappelle tous ensuite qu’il avait promis que le pass sanitaire ne serait jamais un outil de discrimination entre les Français et qu’il ne concernerait pas les actes de la vie quotidienne :

Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. – La Provence , 29 avril 2021

Mais bref. Au vu de la couverture vaccinale obtenue et si, comme se plaisent à le répéter partout les macronistes, ces reniements successifs de la parole présidentielle n’avaient d’autre objectif que de pousser les Français récalcitrants vers la vaccination sans trop le dire explicitement, ne serait-il pas temps de mettre fin à la sinistre blague du pass sanitaire ?

Notons d’abord qu’à la veille de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron instaurant l’obligation de présenter ce pass dans les lieux réunissant plus de 50 personnes (et non plus 1000 comme décidé seulement un mois auparavant), le point vaccinal atteint par la France était déjà excellent.

Dans la mesure où la vaccination fut d’abord ouverte aux populations à risque, c’est-à-dire aux personnes de plus de 65 ans ainsi qu’à toutes celles présentant un risque covid spécifique tel qu’obésité, diabète ou traitement anti-cancer, il était parfaitement normal de constater que la vaccination était la plus avancée dans ces catégories : au 11 juillet, plus de 75 % des personnes de plus de 55 ans et plus de 85 % des personnes de plus de 65 ans avaient reçu leur première dose de vaccin et allaient recevoir la seconde sous peu.

De plus, l’analyse INSEE de la mortalité en 2020 a clairement mis en évidence que si les plus de 65 ans avaient été touchés par une surmortalité significative due à la pandémie, celle des moins de 65 ans avait été « négligeable » .

Le Covid-19 ne se résume évidemment pas à une question de mortalité ; il signifie aussi maladie pénible et parfois longue, hospitalisations et passages en réanimation – donc possible embouteillage dans les services de soin et déprogrammation délétère de certains traitements. Mais comment justifier moralement que les Français eux-mêmes, via de multiples restrictions et maintenant via le pass sanitaire, deviennent la variable d’ajustement d’un système de santé dont la France se flatte souvent qu’il fait l’envie du monde entier et qui s’est pourtant montré incapable de s’adapter aux nécessités sanitaires de l’heure ?

Ensuite, et comme on pouvait le prévoir au vu de l’absurde bureaucratie qui a caractérisé la gestion des confinements et des couvre-feux, la mise en place du pass sanitaire s’est illustrée par de multiples incohérences : exigible dans les restaurants et les cafés, y compris en terrasse, il ne l’est pas dans la restauration collective ; imposé dans les TGV, il ne l’est pas dans les TER, etc.

Il respecte tellement bien les libertés individuelles et les besoins élémentaires des citoyens que plusieurs tribunaux administratifs (Versailles, Strasbourg) ont suspendu les arrêtés pris par les préfets pour rendre le pass sanitaire obligatoire dans les centres commerciaux de plus de 20 000 m 2 . Motif : entrave à l’accès des personnes sans pass sanitaire aux biens de première nécessité.

Enfin, comment expliquer que l’argument qui consiste à dire contre le gouvernement qu’il n’y avait pas lieu d’imposer le pass sanitaire et qu’il y a encore moins lieu de continuer à l’imposer aujourd’hui en raison d’un excellent taux de vaccination puisse sembler valable à nos ministres pour certaines catégories de population et pas pour la population générale ?

C’est pourtant l’argument retenu par Jean-Michel Blanquer (tweet ci-dessous) pour éviter d’avoir à en passer par une obligation vaccinale pour les enseignants et c’est également celui de Gérald Darmanin vis-à-vis des forces de police qu’il estime vaccinées à plus de 70 % .

En cette période de rentrée scolaire, Blanquer a peut-être surtout le souci d’éviter tout mouvement social parmi ses troupes (ainsi que l’a suggéré Le Canard Enchaîné ) et il mesure peut-être le ridicule qu’il y aurait à imposer la vaccination à des enseignants auxquels il a refusé la priorité vaccinale quand ils la réclamaient à cors et à cris en début de campagne. Quant aux forces de l’ordre, quoi de plus grotesque qu’une grève contre l’obligation vaccinale alors que ce sont elles qui ont la charge de contrôler l’application du pass sanitaire ?

De plus, personne ne semble en mesure de confirmer les chiffres de vaccination annoncés par les ministres. Polémique assurée, mais là n’est pas le plus important. Ce qui compte pour nous autres, citoyens ordinaires, c’est de voir que lorsqu’ils ont besoin d’un argument présentable à l’opinion publique, Blanquer et Darmanin n’hésitent pas à mettre en avant la bonne avancée de la vaccination associée au sens des responsabilités des enseignants et des policiers.

Eh bien, il se trouve que la couverture vaccinale complète des Français majeurs frôle effectivement les 80 %. Difficile d’admettre qu’ils seraient moins responsables face au Covid que les enseignants et les policiers.

Cher M. Macron, vous qui êtes si attaché aux Libertés et aux Lumières, vous qui ne reculerez pas sur les caricatures, vous qui n’hésitez jamais à pourfendre de votre mépris les « démocraties illibérales », qu’attendez-vous pour lever la contrainte du pass sanitaire qui ravale la France à un vulgaire régime de contrôle social ?

D’entrée de jeu, c’était une grave erreur de principe de l’instaurer. À partir d’aujourd’hui, perseverare diabolicum .

Et pourtant, depuis hier, les salariés des établissements recevant du public sont tenus de le présenter. À défaut, leur contrat de travail pourra être suspendu jusqu’à régularisation de la situation.

Et pourtant, Olivier Véran envisage déjà de le prolonger au-delà du 15 novembre 2021, date de fin initialement prévue, « si le Covid ne disparaissait pas de nos vies ». Le fanatisme sanitaire du gouvernement semble inextinguible. Ça promet.

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    L’hostilité à l’entreprise, une plaie française

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 1 September - 03:00 · 9 minutes

Par Philippe Silberzahn.

Parmi les nombreuses plaies dont souffre notre pays, le mépris du monde de l’entreprise par la clérisie (le corps informel constitué des intellectuels, enseignants, artistes et journalistes qui définissent la pensée dominante) figure en bonne place. Ce mépris prend des formes différentes et a évolué au cours du temps, mais il est l’une des sources de la faiblesse de notre économie.

Deux articles du journal Libération à propos de l’ entreprise Doctolib parus récemment l’illustrent parfaitement.

Doctolib est une startup française créée en 2013 qui permet aux médecins de gérer leur rendez-vous. Elle a connu un succès grandissant et a surgi sur le devant de la scène début 2021 lorsque l’État lui a confié la prise de rendez-vous dans le cadre de la campagne vaccinale contre le Covid-19.

Un défi de taille : avec deux doses par personne dans un délai précis, soit environ 80 millions de rendez-vous en moins d’un an. Un défi logistique et technique colossal, que l’entreprise relèvera haut la main, et qui contribuera au succès de l’opération de vaccination française, qui avait pourtant connu des débuts difficiles. Il y a vraiment de quoi être fier que ce succès soit dû à une entreprise française.

Et pourtant la chose ne plaît pas à Libération . Dans deux articles au vitriol publiés fin juillet, l’organe officiel de la clérisie française refuse ce qu’elle appelle la version « angélique » du monde, l’histoire d’une startup française devenue succès national, et estime au contraire que :

Doctolib bénéficie d’un monopole inquiétant, qui s’est construit avec l’argent de nos impôts et grâce à une générosité déconcertante de la régulation, couplée à un silence assourdissant de l’Autorité de la concurrence.

Bigre !

La réussite de Doctolib est balayée d’un revers de manche. Elle n’intéresse tout simplement pas le journal. La souligner serait faire preuve de naïveté. C’est regrettable parce que s’il y a bien une chose qui a marqué la pandémie, c’est la réussite des entreprises françaises.

Rôle essentiel de l’entreprise pendant la crise

Non seulement la plupart ont réussi à fonctionner dans des conditions extrêmement difficiles, continuant à produire de la richesse et à préserver l’emploi, mais certaines d’entre elles ont joué un rôle tout à fait essentiel . On se rappelle comment la pénurie de masques a été résolue en deux semaines par la grande distribution, dès lors qu’elle a été autorisée par l’État de se saisir du problème, et comment cette même grande distribution a nourri la France alors que tout le monde craignait des pénuries.

Pour reprendre une expression souvent entendue à cette occasion, qui elle-même traduit une certaine condescendance, « les entreprises n’ont pas démérité » . Ben tiens ! C’est regrettable également car ce que le progrès a apporté au monde de la santé est réel. Doctolib gagne sa vie en simplifiant la vie des praticiens et en améliorant leur productivité, ce qui est crucial quand on sait combien ceux-ci sont surchargés. Tout le monde est gagnant.

Cachez ces startups que je ne saurais voir

Et pourtant, la seule chose que l’article retient, c’est que Doctolib est désormais dans une position dominante, voire de monopole, du fait de son succès. Considérant que la santé doit être un bien commun, le monopole d’une entreprise privée semble inacceptable pour le journal.

Deux choses à ce sujet :

Les monopoles sont problématiques dans l’économie

Mais leur émergence dans une industrie jeune est un trait historique établi. Au début de l’industrie, une multitude de startups naissent, puis certaines réussissent et éliminent les autres. Pour finir, il ne reste que quelques acteurs (oligopole), voire un seul (monopole). Mais la société a depuis longtemps trouvé la parade. Si un monopole est constitué, la loi permet de le défaire. Le cas d’école est évidemment Standard Oil à la fin du XIXe siècle aux États-Unis, démantelé de façon retentissante en 1911.

Et donc le supposé monopole de Doctolib n’est pas un vrai problème. On pourra y remédier si besoin, tandis que la réussite de l’entreprise sert à l’ensemble de la société. C’est ce que l’économiste Deirdre McCloskey nomme le « deal bourgeois » : vers la fin du XVIIIe siècle la société a dit en substance aux bourgeois : « on vous laisse vous enrichir, parce que nous en profiterons amplement » .

Un peu plus tard, la société a ajouté : « nous ne vous laisserons pas établir de monopole. » Le génie ici réside dans l’ordre : on laisse d’abord émerger, puis on régule si nécessaire a posteriori . Empêcher a priori l’émergence d’un monopole, comme semble le vouloir Libération , empêcherait le progrès et nous rendrait pauvre. C’est d’ailleurs ce qui caractérisait le monde avant la révolution industrielle. Le deal bourgeois est un bon deal, il nous a rendu prospères, et la société y gagne dans son ensemble.

La santé considérée comme un « bien commun »

Cette expression ne veut rien dire, si ce n’est dans l’esprit de l’article qui semble supposer que seul le service public pourrait le servir. Deux cents ans de révolution industrielle et une pandémie ont démontré l’inverse.

L’entreprise privée a servi et continue de servir le bien commun de multiples façons, et pas seulement en payant des impôts. Nous l’avons vu avec les masques et la grande distribution, et aussi avec les vaccins qui nous sauvent, purs produits de ce système capitaliste que la clérisie déteste.

L’hostilité de la clérisie envers l’entreprise

Ainsi, au lieu de célébrer l’excellence française dans le domaine des hautes technologies où elle n’est pas si fréquente, l’article dénonce donc le profit et le monopole financé par « nos impôts ».

La clérisie se moque des projets spatiaux d’Elon Musk qu’elle considère comme des caprices de milliardaires, plutôt que comme l’incarnation de l’esprit de conquête de l’être humain, oubliant que toutes les révolutions, y compris celles qu’elle célèbre aujourd’hui, ont été vues comme des caprices ou des aberrations à leurs débuts.

Elle accuse la grande distribution de profiter de la crise au lieu de célébrer l’incroyable efficacité d’un système qui a permis de nourrir la France et de lui trouver des masques au plus fort de la crise de la Covid au printemps 2020. En balayant tout élan et toute réussite pour y trouver une faute morale, la clérisie développe une rhétorique anti-progrès réactionnaire.

Cette rhétorique anti-progrès a des conséquences très concrètes car elle façonne tout un système de valeurs. Façonner les valeurs au travers de la parole, de l’écrit et de l’enseignement, c’est après tout le rôle de la clérisie, et ce sont les valeurs qui guident le monde.

Dans son étude sur les causes de la révolution industrielle, Deirdre McCloskey met ainsi en avant un changement dans les valeurs qui apparaît à la fin du XVIe siècle. Progressivement, l’ascension sociale par la réussite industrielle et commerciale a été vue positivement.

Un monde qui estime les entrepreneurs est un monde dans lequel ceux-ci peuvent fleurir, parce qu’ils peuvent acquérir une dignité impossible auparavant. La dignité qu’accorde une société est évidemment fondamentale dans ses conséquences en ce qu’elle ouvre ou ferme des possibilités.

En l’occurrence, la dignité bourgeoise a été au début largement célébrée par les intellectuels. Montesquieu parlait ainsi du « doux commerce » ; en 1734 Voltaire rédige sa lettre philosophique X où il stigmatise le dégoût des aristocrates français pour le commerce.

Je ne sais pourtant lequel est le plus utile à un État, ou un seigneur bien poudré qui sait précisément à quelle heure le roi se lève, à quelle heure il se couche, et qui se donne des airs de grandeur en jouant le rôle d’esclave dans l’antichambre d’un ministre, ou un négociant qui enrichit son pays, donne de son cabinet des ordres à Surate et au Caire, et contribue au bonheur du monde .

Mais à partir de 1848, la clérisie redevient hostile aux bourgeois. L’art, la littérature, et aujourd’hui les films et les chansons, parlent des bourgeois, quand ils en parlent, ce qui est très rare, de façon péjorative et caricaturale. Jacques Brel, pourtant fils d’industriels, étant un exemple parmi tant d’autres, avec sa chanson qui exsude la méchanceté.

Je fais aussi l’expérience des effets de cette rhétorique anti-progrès dans mes enseignements : que je parle d’entrepreneuriat, on me répond « égoïsme », sauf s’il s’agit d’entrepreneuriat « social », le seul acceptable pour la clérisie. Que je parle robotisation, on me répond « chômage » ; bio-technologies, on me répond « Frankenstein » ; intelligence artificielle, on me répond « Skynet » ; croissance économique, on me répond « pollution », etc.

Le coût de l’hostilité à l’entreprise

La rhétorique d’hostilité à l’entreprise et au progrès est désormais bien ancrée et elle nous enferme dans une vision pessimiste du monde selon laquelle nous ne serions capables de résoudre les problèmes auxquels nous faisons face que par un retour à une frugalité médiévale. Elle nous fait regarder vers le passé, plutôt que désirer  construire l’avenir.

Nous la payons très cher, et la payerons encore plus cher à l’avenir. Les industries sur lesquelles notre pays a construit sa prospérité et son fameux modèle social sont largement matures, et nous sommes absents de toutes celles qui sont en train d’émerger.

La clérisie s’en fiche, car ses revenus sont largement indépendants du monde du marché (elle est très largement subventionnée directement ou indirectement ; rappelons ainsi que Libération reçoit plus de 4 millions d’euros de « nos impôts » par an ).

Ce sont les classes moyennes, les ouvriers, indépendants et plus généralement les ménages modestes qui, eux, vivent dans le marché, et paient la note en coût de la vie supérieur, en emplois et opportunités manquants. Le scandale de l’affichage de vertu par la clérisie est là. Mais qui s’en soucie ?

Recréer une rhétorique positive sur l’entreprise et l’innovation, et sur le progrès en général, n’est pas seulement un impératif économique. C’est devenu un impératif social et, osons le mot, moral.

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    Loi Halimi : la réforme de l’irresponsabilité pénale affaiblit l’État de droit

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 1 September - 02:46 · 8 minutes

Par Raphael Roger 1 .

Une fois n’est pas coutume, une nouvelle loi pénale circonstancielle voit le jour. Après l’émoi suscité par l’affaire Sarah Halimi , des propositions de lois sont intervenues pour répondre à ce que certains considèrent comme étant une injustice.

C’est finalement par un projet de loi (projet de loi n°4387) relatif à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure, que le gouvernement tente de répondre à ce « vide ».

Ainsi, le projet de loi a pour objet d’insérer l’article L.122-1-1 disposant que l’article L.121-1 sur l’irresponsabilité pénale en cas de trouble mental ne s’appliquera pas en cas d’intoxication volontaire dans le dessein de commettre une infraction ayant causé l’abolition ou l’atténuation du discernement.

Des lois circonstancielles au service du populisme judiciaire

Cas typique du « populisme judiciaire », il s’agit de créer des lois réactives et non plus proactives, diminuant sans cesse la légitimité de la loi.

Évidemment, dans le cas de l’affaire Sarah Halimi , le meurtrier ne s’est pas intoxiqué volontairement afin de la tuer mais a eu une bouffée délirante. Ce trouble psychiatrique se caractérise par la présence encore non-expliquée d’un trouble de l’humeur ou schizophrénique. Cette bouffée délirante intervient subitement chez un individu sans antécédent de même nature et sa survenance peut avoir diverses origines comme la consommation de substance illicite évidemment, mais aussi la consommation de tabac, d’alcool, voire parfois c’est l’environnement social de l’individu qui vient la déclencher.

La loi vise donc des cas extrêmement rares qui ne sont pas ceux de l’espèce.

De plus, l’article L.3421-1 de santé publique incrimine déjà la consommation de produits stupéfiants.

En modifiant l’article L.122-1 du Code pénal , qui rappelons-le, proclame une cause d’irresponsabilité pénale subjective mais n’abolit pas la responsabilité civile de l’aliéné, le législateur crée une situation ingérable pour les juges du fond et les experts.

Plusieurs questions se poseront forcément.

  • Comment déterminer si la prise de produit visant à abolir le discernement a été faite de manière intentionnelle ou non ?
  • Comment déterminer si au moment de l’abolition du discernement, le présumé innocent avait l’intention de commettre l’infraction ?
  • Comment donc déterminer la volonté infractionnelle de l’auteur alors même que son discernement est aboli ?

Plus globalement, ces lois circonstancielles montrent bien l’impuissance du législateur devant les évènements et illustre la diminution voire la disparition relative de l’autorité de l’État. Plus encore, c’est bien l’État de droit qui se trouve fragilisé par ses lois incessantes, par cette inflation législative qui n’en finit plus, et qui en créant des lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires pour reprendre la citation de Montesquieu .

Comme le rappelait l’illustre Guy Carcassonne, tout sujet du 20 heures peut faire l’objet d’une loi. Voilà donc où nous mène le populisme judiciaire, alimenté par les médias et l’opinion publique. L’affaiblissement de l’État de droit est en partie dû à l’inflation législative.

La sécurité juridique mise à mal par le législateur

L’ État de droit est une notion politique et juridique du XIXe siècle et qui trouve sa forme moderne à la fois dans la pensée juridique allemande (Rechstaat), anglaise ( rule of law ) et française (État de droit).

Pour schématiser, l’État de droit est la condition de la démocratie. Il repose sur quatre piliers :

  • la hiérarchie des normes (aspect formel),
  • le principe de légalité (aspect matériel),
  • les droits et libertés fondamentaux (aspect substantiel),
  • le principe de sécurité juridique.

Ces quatre piliers reposent sur deux marches :

  1. La première marche est celle de la séparation des pouvoirs avec l’indépendance du pouvoir judiciaire.
  2. La seconde marche fait du juge le garant de l’État de droit, figure emblématique de la raison juridique.

Tous les piliers évoqués sont importants, mais celui qui nous intéresse ici est celui de la sécurité juridique, qui est une exigence fondamentale de l’État de droit.

La sécurité juridique conduit à plusieurs conséquences.

Tout d’abord, cela signifie que la loi doit être stable, elle ne doit pas varier de manière trop arbitraire. La sécurité juridique implique aussi la présence des caractères d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi (objectif à valeur constitutionnelle depuis 1999 et 2003), ce qui signifie de simplifier la loi pour qu’elle soit compréhensible au grand public, dans un langage qui ne soit pas étranger au peuple pour reprendre Beccaria , qui en 1765 mettait déjà en garde contre les excès législatifs et rédactionnels.

À ce sujet, les lois doivent être de qualité, écrites simplement et clairement, en se reposant sur la légistique. Enfin, la loi doit être prévisible, permettant d’évoluer dans un cadre juridique stable, de connaître les limites de nos actions, les peines encourues, etc.

Ce pilier de l’État de droit a évidemment été mis à mal par le législateur.

Pour reprendre Bruno Leoni , la loi est devenue le pire ennemi du droit. Dès lors qu’elle est artificielle et arbitraire, elle ne remplit plus sa fonction régulatrice de la société. L’ inflation législative a conduit à une instrumentalisation de la loi par le politique, l’imposant comme une sorte de diktat à chaque nouvelle majorité parlementaire, amenant à une dépréciation de sa valeur dans la société.

La mise en place au niveau rédactionnel de neutrons législatifs sans aucune charge législative certaine, a obstrué et complexifié les textes normatifs, empêchant une bonne assimilation de ces derniers. La multiplication des textes et leurs plus grandes complexités ont donc diminué leur assimilation et a donc conduit à un déficit d’exécution de ces mêmes textes. Enfin, les lois sont le plus souvent frappées par leurs obsolescences du fait de leur inapplicabilité.

L’inflation législative et ses conséquences dans le domaine pénal

Mais les effets de l’inflation législative ne s’arrêtent pas là et ont des effets plus concrets sur la vie de la population, notamment en matière pénale.

Accusés souvent de laxisme, les juges ne font qu’agir dans un cadre pénal qui leur est donné par le Code pénal de 1992 et par le Code de procédure pénale de 1959. Or, les Codes ont sans cesse été révisés et modifiés : à cause de la surpopulation carcérale, ils ont tendu vers des aménagements de peines et des crédits de réductions de peines de plus en plus prononcées, allant même jusqu’à la suppression de fait des petites peines.

Au lieu d’accuser les juges, c’est plutôt au législateur qu’il faut s’en prendre. En matière de droit pénal, les juges de fond doivent appliquer strictement la loi pénale ( article 111-4 du Code pénal ), ils ne peuvent faire d’interprétation contra legem ou créer un régime propre. Ils doivent s’en tenir à la loi en appliquant le syllogisme, majeur (texte de lois), mineur (fait de l’espèce) et conclusion (acquittement, relaxe ou condamnation).

Mais plus encore, l’inflation législative a pour conséquence une augmentation de la criminalité car en augmentant de facto le nombre d’infractions elle est aussi un facteur criminogène. En effet, l’augmentation de lois en matière pénale a pour conséquences une confusion et une perte de sens moral vis-à-vis de la gravité du comportement , accentuant le désordre et l’anomie, c’est-à-dire la perte de repères dans la société, conduisant alors à une délinquance en hausse .

Enfin, comme le rappellent les théories de l’école de la Procedural Justice de John Rawls (1921-2002) et Tom R. Tyler, la défiance envers les lois et dans les institutions est aussi un puissant facteur criminogène. Si les citoyens n’ont plus confiance dans la loi, l’anomie et la délinquance ne sont pas loin.

Le laissez-passer sanitaire en est la criante démonstration : il est difficilement applicable et les sanctions visant son inapplication tombent rarement. Les raisons à cela ? La perte de confiance dans les institutions et dans la loi et la complexité du projet de loi prévoyant d’habiliter le préfet à régir certaines situations, un arrêté préfectoral pouvant très bien être annulé par un tribunal administratif , amenant à une incompréhension générale.

Il est plus facile de faire que de défaire

En conclusion de cela, l’activité incessante du législateur, au Parlement ou au gouvernement, conduit à une baisse de la valeur accordée à la loi. Plusieurs commissions comme les commissions B.A.L.A.I pour l’abrogation des lois inutiles et anciennes ont été mises en place mais sans véritable succès.

Comme en matière budgétaire, il est toujours plus facile de faire une loi plutôt que de la retirer. Limiter la fièvre législative paraît compliqué mais améliorer la qualité rédactionnelle devrait être l’objectif d’un gouvernement disposant d’un ministère des Lois, chargé de rédiger les projets.

Finissons sur ces mots de Cesare Beccaria :

Plus il y aura de gens qui comprendront le code sacré des lois et qui l’auront entre les mains, moins il se commettra de crimes, car il n’est pas douteux que l’ignorance et l’incertitude des châtiments viennent en aide à l’éloquence des passions.

  1. Raphael Roger est étudiant en droit et membre du Cercle Droit et Liberté.
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    Covid-19 : la société contaminée par le virus autoritaire

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 1 September - 02:40 · 11 minutes

confinement

Par Paul Touboul.

Phénomène inédit en matière d’épidémiologie, la diffusion du Sars-Cov 2 dans notre pays a généré à la longue une véritable fracture sociétale. J’entends par là, et ce au gré des mesures gouvernementales successives visant à gérer la pandémie, l’ émergence de camps opposés fondée sur des désaccords face aux décisions prises, opposition rapidement transférée sur un plan politique plus général.

Le premier événement qui a inauguré cette dérive a été l’affaire Raoult , du nom de ce microbiologiste, directeur de l’IHU Marseille-Méditerranée, et scientifique de renom international. Si la focale a été centrée sur sa proposition de traitement de la virose par l’association médicamenteuse hydroxychloroquine-azithromycine, en fait la controverse de départ a été la mise en cause par l’IHU de la politique sanitaire officielle faisant fi du triptyque classique : dépister, isoler, traiter. À l’époques, l’absence de capacités de dépistage a constitué une première entorse à cette règle.

Cette carence a été soigneusement remisée à l’arrière-plan, toute la lumière étant projetée sur la controverse à propos du traitement. La stratégie officielle invitait les sujets contaminés à rester chez eux et si des troubles respiratoires apparaissaient par la suite, à appeler le SAMU pour une hospitalisation.

Politique et medias au mépris de la science

Pour la première fois dans l’histoire des épidémies, l’ impasse était faite sur les médecins généralistes , lesquels avaient toujours été jusqu’alors les premières lignes de défense. Beaucoup a déjà été dit sur l’affaire de l’hydroxychloroquine. La guerre livrée à propos de son usage dans la Covid-19 a d’emblée excédé les limites de la controverse scientifique pour aboutir à la mise en cause d’un homme et de sa crédibilité. Cet évènement demeure à mon avis l’acte fondateur d’une dérive autoritaire qui s’est de plus en plus affirmée avec le temps.

À partir de ce moment-clé, la moindre évolution dans la gestion de l’épidémie a pris une tournure politique , les décisions prises par le pouvoir ne souffrant aucune discussion, alors qu’en matière sanitaire il n’est guère d’option, pourtant médicalement fondée, qui ne soit pas soumise à examen, à l’instar d’ailleurs de toute vérité avancée dans le domaine des sciences.

On m’objectera que notre Président s’était entouré d’ un conseil d’experts et que les choix faits en portaient la marque. Il reste qu’un consensus sur de telles bases ne fait pas vérité et, on l’a vu, bien des mesures par la suite ont été critiquées par des infectiologues reconnus mais dont la parole a été vite marginalisée.

Or il s’agissait pourtant de débattre sur de vrais sujets comme la science ne cesse d’en véhiculer. Toute controverse a été soigneusement biffée pour faire place sur les plateaux de télévision à des discours consensuels égratignant au passage les opposants. S’est installée une vraie chape de plomb sur l’information sanitaire, le pouvoir inondant les médias de données chiffrées sur le bilan d’une épidémie qui n’en finissait pas de faire des dégâts.

Cette phase de l’histoire, qui d’ailleurs se poursuit encore aujourd’hui, a permis au pouvoir en place d’ asseoir peu à peu une autorité sans partage , avec la complicité d’un certain monde médico-scientifique parisien qui pouvait ainsi goûter aux délices d’une exposition médiatique.

C’est la dramatisation d’une épidémie soi-disant pas comme les autres, imposant vigilance permanente et, si nécessaire, mesures d’exception, qui a conféré au pouvoir politique une dimension prométhéenne face à un mal présenté comme doté d’une capacité de nuisance infinie.

Un tel message n’a cessé d’être véhiculé depuis, faisant oublier au passage les errements de départ en matière de gestion de crise : absence de tests et hôpitaux débordés. La peur injectée dans la population a fait peu à peu son œuvre, amoindrissant tout esprit de résistance, enjoignant à une docilité citoyenne, et donnant à nos gouvernants carte blanche pour se saisir du problème et imposer sa politique. L’on peut mesurer à cette occasion le poids de la propagande.

Et les victimes du coronavirus ont été quasi-exclusivement les sujets très âgés (plus de 80 ans) ou souffrant de comorbidités sévères. Les autres tranches de la population ont été grandement et même, s’agissant des jeunes, totalement épargnées. Ces données ont été retrouvées voire atténuées à l’occasion de l’émergence des variants 4, britannique puis delta.

La pression ne s’est pourtant pas relâchée. Un récit dramatisant s’est poursuivi maintenant la population en haleine face au risque d’une nouvelle flambée. La prise de contrôle de la société s’est ainsi parachevée. Heureusement l’État était là pour veiller à notre bien-être et parer à toute éventualité néfaste.

L’acmé de cette prise en main a été l’ imposition d’une vaccination de masse comme rempart ultime face à l’épidémie.

La vaccination à l’épreuve des faits

Qu’en est-il en réalité ?

On sait maintenant que la protection vaccinale est au mieux de 4 à 6 mois , obligeant donc, en cas de circulation virale persistante, à des injections de rappel deux fois par an.

Quid de la contamination et de la transmission virale ? L’expérience acquise en Israël notamment, où a été pratiquée une vaccination de masse, doit faire conclure, depuis l’invasion du variant delta, à un risque élevé de contamination chez les vaccinés de même ordre que chez les non-vaccinés.

Ces données corroborent les dires du docteur Fauci , éminent microbiologiste américain, qui vient de déclarer qu’avec le variant delta la charge virale chez les vaccinés était du même ordre que chez les non-vaccinés. Ce qui veut dire que la contagiosité est, dans les deux cas, identique. Justifier en pareil cas une vaccination collective, c’est faire fi d’une réalité virale qui, en fait, s’adapte aux obstacles mis sur son chemin.

Les vaccins actuels sont à l’évidence imparfaits. Il est plus logique de les intégrer dans une offre thérapeutique diversifiée incluant, dès le départ, la prise en charge médicale des contaminés et la délivrance de traitements s’attaquant à la charge virale mais aussi à la prévention de complications respiratoires ou hématologiques.

Quant aux cibles des vaccins, elles devraient en toute logique se restreindre aux sujets à haut risque létal en cas d’infection, donc à ceux touchés par le grand âge ou des maladies chroniques graves. De leur côté, les jeunes n’ont rien à gagner de vaccins sensés les protéger d’une maladie bénigne voire inapparente et qui en outre n’empêchent pas la contagion.

Toutes ces raisons rendent proprement incompréhensibles l’attitude jusqu’au-boutiste des autorités qui en sont venues à imposer un pass sanitaire destiné à ouvrir l’accès aux restaurants, aux centres commerciaux, aux lieux de loisir et même aux hôpitaux aux seuls vaccinés, les autres en étant exclus.

Face à l’énormité de la démarche, force est de constater un peu partout, et notamment dans le monde politique et médiatique, une approbation, certes souvent molle et interrogative, mais qui ne s’est pas démentie. La contestation, elle, s’est déplacée dans la rue, générant chaque semaine en France des défilés de milliers de personnes . À l’évidence la crise sanitaire semble révéler une cassure entre un certain peuple et les élites, ce qui laisserait augurer d’une lame de fond citoyenne susceptible d’enfler à la rentrée.

Et l’on revient à la même interrogation : pourquoi le coronavirus continue-t-il de générer une peur panique, laquelle n’a fait que croître et embellir depuis mars 2020 ? Quelle est la part d’instrumentalisation dans ce phénomène ? et dans quel but ? On continue de nous prédire une flambée prochaine du variant delta avec, sous-entendues, des retombées graves à venir. D’où la précipitation à engager la politique vaccinale que l’on connait.

Or tout laisse à penser que le variant delta, certes plus contagieux, est peu létal comparé au coronavirus de départ . Alors pourquoi déployer des mesures sanitaires aussi disproportionnées, d’autant, répétons-le, que la protection vaccinale face à ce variant semble de plus en plus problématique ?

Dramatisation quasi mondiale et dérives autoritaires

Un premier point s’impose d’emblée : la politique de dramatisation de l’épidémie a largement excédé les limites de l’Hexagone et a été quasiment mondiale. On peut y voir l’expression de politiques d’État sans réelle indépendance car insérées dans un réseau d’interconnections transnationales où peuvent se déployer des systèmes d’influence mondialisés.

En outre, qu’il s’agisse de la commission de Bruxelles ou des instances onusiennes, les interférences ne manquent pas, lesquelles, que l’on s’en défende ou non, ont leur part dans les orientations où qu’elles soient. En l’occurrence, lors de la pandémie, l’ OMS s’est clairement impliquée dans les politiques des États . Cependant, si la globalisation observée peut avoir partie liée avec pareilles influences, l’option du pire en elle-même reste à expliquer.

En la matière, on sait qu’à propos des guerres du futur, les pandémies virales ont fait l’objet d’attention toute particulière et des stratégies sophistiquées élaborées lors de cénacles d’experts. Et la vaccination de masse fait partie des options privilégiées. De là à penser que l’épidémie de Sars-Cov2 a été l’occasion de passer de la théorie à la pratique, la proposition fait sens. L’éventualité que les États se soient pliés à des protocoles préétablis en réponse à une invasion virale qualifiée de guerre est plausible.

Et l’on en vient à la dérive autoritaire du pouvoir au prétexte de protéger toujours plus la santé des citoyens.

Jamais dans le passé ne se sont exercées sur la population autant de contraintes, pouvant certes se justifier par la situation sanitaire, mais qui aboutissent aujourd’hui à une surveillance des individus dans leur vie quotidienn e, les rétifs qui s’y soustraient ne pouvant pleinement jouir de leurs droits. Les outils numériques se sont déployés à l’envi aidant au dépistage et au signalement des contaminés dans l’optique honorable de protéger les autres.

Le doigt a été mis dans un engrenage qui ne peut qu’aboutir à la vassalisation d’un public-otage. À l’usage, le pass sanitaire peut voir étendre son champ d’information à d’autres variables comme des comorbidités voire des données liées au statut social. Le renforcement de l’emprise numérique sur les gens est au programme de têtes pensantes évoluant dans les forums élitaires, à Davos et ailleurs.

Pour l’État, l’aubaine est à saisir et davantage de contrôle sur la population ouvre la voie à un pouvoir plus discrétionnaire sous couvert de protection des individus. Je ne dis pas que l’on en est là. Mais qu’un tel projet transnational s’inscrive en filigrane dans ce qui se passe chez nous, il est permis d’y penser.

L’épidémie de coronavirus a finalement été la source de bouleversements qui, au-delà du problème infectieux, concernent les fondements des modes de gouvernance. L’avènement d’outils de pouvoir transnationaux évoluant sans contrainte par-delà les frontières est à soulever tout comme l’existence de projets à échelle planétaire à l’encontre de catastrophes, naturelles ou non.

Il reste bien sûr au pouvoir des marges de manœuvre à l’intérieur d’un système de plus en plus contraint. Cette latitude n’est pas négligeable et l’exemple de la Suède qui a géré la crise sanitaire en dehors des standards admis en est l’illustration.

Nos gouvernants semblent avoir adhéré bel et bien à une idéologie, partagée par ailleurs en Occident, qui a accordé les décisions prises avec un récit de l’épidémie se prêtant à l’image forgée d’une guerre d’un nouveau type. Encore une fois se vérifierait l’adage que ce sont les idées, et non pas le principe de réalité, qui mènent le monde. L’inquiétude, dans l’univers d’aujourd’hui, est plus que jamais de mise.

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    De l’inflation sur la planète Vulcain

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 1 September - 02:30 · 6 minutes

Par Karl Eychenne et Jean-Yves Ravel.

C’est un fait : l’inflation accélère un peu partout dans le monde, plutôt aux États-Unis qu’en Europe. Mais ce que l’on attend de l’économiste, ce n’est pas de savoir ce qu’il y a, mais de savoir ce qui est dit qu’il y a , pour paraphraser le philosophe Quine qui s’interrogeait alors sur le statut des licornes et des centaures… Il y a de l’inflation, on le sait. Mais qu’est ce qui est dit de cette inflation ?

Deux écoles s’affrontent. Ceux qui croient que l’inflation va s’essouffler, et ceux qui croient qu’elle va s’emballer. Les partisans de l’essoufflement avancent l’inflation transitoire , celle qui ne va donc pas durer parce que le déconfinement ne dure qu’un temps. Les autres sont plutôt les réchauffistes , ils pensent que les politiques de soutien exubérantes vont donc provoquer la surchauffe économique et faire basculer l’inflation dans une forme d’hyper inflation incontrôlable.

Si le discours officiel reste celui d’une inflation transitoire, en coulisses on est moins serein. Parmi les économistes traditionnellement peu inquiets sur la question inflationniste, on préfère éviter le sujet. Il faut dire qu’on a perdu l’habitude d’avoir peur de l’inflation. Elle n’avait pas disparu, mais elle ne réagissait plus.

Quelle preuve avons-nous de cette désensibilisation du cycle économique au risque inflationniste ? En fait, nous avons deux preuves.

D’une part, il y a la baisse tendancielle des anticipations d’inflation des ménages depuis près de 40 ans. D’autre part, il y a la passivité des salaires à toute embellie sur le marché de l’emploi, le cas des États-Unis fut éclairant avant que la crise Covid ne sévisse.

Bref, nous n’avons, ou plutôt nous n’avions plus peur de l’inflation. On ne sait plus trop comment appréhender ce danger qui fut celui de nos ancêtres économicus .

La divine coïncidence ne se produit plus

Alors, on fait avec ce que l’on a.

Soit avec des heuristiques pleines de bon sens : « quand la demande est supérieure à l’offre, alors le prix monte ; quand la demande est très supérieure à l’offre, alors le prix monte beaucoup ». Nous serions dans ce dernier cas.

Soit avec des théories dites plus fines, mais qui échouent au tribunal de l’expérience de la stagnation séculaire puis près de 10 ans.

Nul besoin d’ouvrir le capot et de parler technique, on retiendra une seule expression bien connue des spécialistes sur la question : « la divine coïncidence ». Cette expression nous dit en substance que si les Banques centrales se fixent un certain objectif d’inflation, alors l’intendance suivra… c’est dire que l’on devrait par ailleurs observer une activité économique raisonnable, un PIB proche de son niveau potentiel, un taux de chômage proche de son niveau naturel, etc. C’est cela l’idée de la divine coïncidence, il suffit de se concentrer sur l’inflation et le reste devrait rester sage.

Sauf que depuis la crise des subprimes en 2007 (ou 2008, cela change chaque année…), on sait que cela ne fonctionne pas. La stabilité de l’inflation autour de la cible de la Banque centrale n’a en effet pas empêché l’émergence de conditions favorables à l’émergence d’une crise majeure.

Bref, il n’y a pas eu de divine coïncidence. Très bien, cela n’a pas fonctionné. Mais cela aurait pu ! On y croit plus vraiment, mais on continue d’y croire un peu quand même. Et puisqu’on y croit encore, alors on prévoit encore.

Problème : prévoir à l’aide de théories bancales peut vous amener à anticiper des chimères.

L’exemple le plus éclairant est celui de Urbain Le Verrier, dont la postérité repose malheureusement sur sa prévision de la planète Vulcain, une planète qui n’existe nulle part ailleurs que dans Star Trek. Mais cela, il ne pouvait pas le savoir, à moins d’avoir connu Einstein et sa théorie de la relativité générale avant l’heure.

Soucoupes volantes interdites

Obtus mais pas vaincu, l’économiste adoptera alors une stratégie difficile à contrer : celle de ce maire qui interdit aux soucoupes volantes de survoler ou stationner à Châteauneuf-du-Pape . Peut être que l’on n’a pas trouvé la planète Vulcain, mais cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas.

De la même façon, peut-être que l’on n’a pas trouvé d’inflation durable et galopante, mais cela ne signifie pas qu’elle n’arrivera pas. D’ailleurs, regardez par le passé, cette stratégie a plutôt bien fonctionné.

Un exemple : lorsque la BCE de Jean-Claude Trichet pratiqua (selon la doxa française) une politique monétaire restrictive, alors que nous sortions à peine de la crise des subprimes , et à l’aube de la crise de la dette souveraine. Avons-nous vu l’inflation débarquer ? Non. Et pour cause, il sera reconnu plus tard que le problème n’était pas que l’inflation menace d’accélérer, mais menace de disparaître : le risque de déflation.

Alors l’économiste obtus utilisera son arme suprême : le paradoxe de Hempel

Comment prouver que tous les corbeaux sont noirs ? Il suffit de prouver que tout ce qui n’est pas noir n’est pas corbeau ; les deux propositions sont équivalentes d’un point de vue logique (loi dite de contraposition).

Dans notre cas cela donne : comment prouver que la surchauffe économique s’accompagnera bien d’inflation galopante ? Il suffit de prouver que la non -inflation galopante s’est toujours accompagnée de la non- surchauffe économique. Et il est vrai que par le passé l’absence de surchauffe économique ne s’est pas, ou rarement, accompagnée d’inflation galopante.

En utilisant la fameuse loi logique de contraposition, notre économiste obtus en déduira alors que l’inflation galopante accompagnera bien la surchauffe économique qui va survenir… Mais c’est aller trop vite en besogne. De la même façon que l’on ne déduit pas de la seule présence de souris blanche que tous les corbeaux sont noirs, on ne déduit pas de l’absence d’inflation galopante en période de stagnation séculaire que l’inflation sera galopante en période de surchauffe économique.

On a donc pas prouvé l’existence d’inflation galopante à venir, mais on n’a pas prouvé non plus son absence : en effet, l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence. Autrement dit, on n’a pas prouvé grand-chose… Inflation galopante ou inflation transitoire ? Même si on a une petite idée, on bottera en touche en postulant prudemment que l’inflation se trouve dans la peau du chat de Schrödinger : galopante ET transitoire.

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    Le flop du pass sanitaire

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 31 August - 09:13 · 11 minutes

Par Olivier Maurice.

Beaucoup d’événements se sont produits depuis le 12 juillet et le lancement du passeport sanitaire , de nombreux événements et de nombreuses informations.

Tous vont dans le seul et même sens : en plus d’être un gâchis économique et social, le passeport sanitaire se révèlerait bien être une totale aberration sanitaire. Son principal crédit semble en fait d’avoir radicalisé le noyau dur des supporters de l’équipe au pouvoir.

On a bien observé une augmentation des vaccinations , mais en y regardant de plus près, ce sont surtout les populations les moins à risque qui se sont ruées dans les centres de vaccination, en grande partie pour pouvoir profiter de leurs vacances, des cinémas et des restaurants. Comme en plus, on leur a accordé le droit de pouvoir tomber le masque, de s’affranchir des gestes barrières et même celui d’éviter l’isolement en cas de contamination, la pilule a été vite avalée.

Pour d’autres, plus soucieux de leur santé et de celle des autres que de l’urgence de pouvoir boire une bière en terrasse, les indices qui s’accumulent un peu partout sur l’absurdité de la mesure ont vite fait de conforter leur intuition initiale, à savoir qu’un gouvernement qui ne fait que mentir ou se tromper depuis un an et demi ne pouvait que de nouveau mentir et se tromper une fois de plus.

Pour un bon nombre enfin, l’injustice et l’humiliation de la mesure les a finalement convaincus, soit de sortir dans la rue, soit de la nécessité de trouver un moyen à court ou à moyen terme de mettre fin à toute cette folie, soit des deux.

Il est maintenant indéniable que quasiment tout l’échafaudage d’arguments présentés par le président de la République et l’équipe gouvernementale à la mi-juillet est en train de s’effondrer.

Des vaccinés contagieux

L’argument de la contagion des personnes à risque par les non-vaccinés a été le premier à tomber, même s’il a fallu un bon mois et demi (à partir de la diffusion des premières preuves que les vaccins n’empêchaient en aucun cas la contamination, dont le précédent article a été un, sinon le tout premier en France) pour que l’information arrive enfin au cerveau des experts médiatisés et ne déclenche l’évidence de la conclusion qui s’impose immédiatement : les vaccinés infectés et exemptés de toute mesure de précaution sont autant de bombes virales lâchées dans la nature.

Le pass sanitaire est passé en quelques semaines d’une bulle de protection virale à un vecteur de transmission avéré. Même le conseil scientifique s’est finalement rendu compte de la perte d’efficacité et a appelé le gouvernement à changer de discours, façon politiquement polie pour expliquer que le pass était inutile et carrément dangereux.

Évidemment, on n’a vu depuis aucune communication institutionnelle expliquant avec condescendance qu’en étant vacciné, vous avez de fortes probabilités de devenir un heureux porteur asymptomatique massacrant joyeusement papi et mamie sous la bénédiction médiatique et gouvernementale.

On n’a pas eu droit non plus à l’inquisition traquant les vaccinés en les traitant d’assassins et d’égoïstes comme c’était le cas il y a un mois et demi, mais cette fois à l’encontre des non-vaccinés…

Urgence ou prétexte ?

On s’est également rendu compte que l’urgence de la quatrième vague qui s’annonçait comme une déferlante monstrueuse allant tout balayer sur son passage, relevait à fois de l’exagération, du pessimisme, de l’absence de sang froid et du manque total de confiance accordée à la société civile.

L’étude des données en Martinique , département présenté pendant plusieurs semaines comme étant l’antichambre de l’enfer et la preuve de l’absolue nécessité de la vaccination, montre clairement a posterio ri que la prétendue vague monstrueuse de contaminations  avait déjà atteint un plateau à partir du 20 juillet, soit 10 jours avant la mise en place du reconfinement .

Bizarrement, depuis que l’on ne peut que constater le manque total d’évidence quant à l’efficacité des mesures (pour être gentil), on n’entend plus parler d’apocalypse zombie en Martinique …

Une totale impréparation

L’étude plus approfondie des chiffres martiniquais donne d’ailleurs une claire idée de l’incroyable niveau d’exagération et d’incapacité des services de santé à gérer le problème.

Début juillet, le département avait été quasiment épargné par l’épidémie, ne déplorant que 104 décès imputés au Covid-19 depuis mars 2020 (2,7 pour 10 000 habitants, soit 6 décès par mois en moyenne). Alors oui, l’épidémie a frappé en juillet et en août, et a frappé durement, comme a frappé durement la première vague en métropole en mars-avril 2020.

En un mois, la Martinique a compté 200 décès. 725 lits d’hôpitaux sont actuellement occupés.

Lors de la première vague en métropole, on a compté 2800 décès en un mois dans la région grand Est qui a été la première touchée : 5 décès pour 100 000 personnes dans la région grand Est en un mois, tout comme 5 décès pour 100 000 personnes en Martinique entre le 15 juillet et le 15 août…

Mais comment les services sanitaires sur place n’ont-ils pas pu anticiper qu’une première vague serait forcément sévère ? Comment ont-ils pu ignorer que l’adhésion à la vaccination serait forcément faible dans une population qui avait été largement épargnée depuis 18 mois ? Pourquoi a-t-il fallu attendre la mi-août (soit un bon mois) pour que subitement le nombre de lits (hospitaliers et de réanimation) soit magiquement multiplié par deux du jour au lendemain ?

Bizarrement, on n’entend nulle part que la vague initiale martiniquaise a fait autant de morts que la vague initiale qui a frappé l’Est de la France, alors que, quand même, 20 % de la population avait reçu une première dose au 15 juillet 2020…

Une protection en question

Le dernier argument que l’on entend encore est celui de la protection contre les formes graves. Le chiffre de 85 % des cas graves non vaccinés est encore régulièrement sorti comme arme nucléaire pour faire taire avec autorité ceux qui osent poser des questions.

Passons sur les épisodes pornographiques de malades hospitalisés confessant leurs fautes en public et sortis comme illustrations… Cet argument risque lui aussi de ne pas mettre longtemps à s’effondrer tout comme les autres.

D’abord parce que le débat est toujours ouvert, les chiffres n’étant pas rendus publics pour des raisons d’ailleurs parfaitement légitimes de confidentialité, le pivot entre les deux bases de données, celle des patients hospitalisés et celle des personnes vaccinées, ne pouvant être fait qu’à partir des numéros de sécurité sociale.

Surtout parce que les données internationales, principalement israéliennes mais aussi américaines , semblent contredire totalement le chiffre français sorti comme joker par tous les commentateurs et qui ne repose que sur une seule étude, publiée le 30 juillet sur les malades hospitalisés entre le 31 mai et le 11 juillet, soit avant la « vague delta » et donc sur un nombre très faible de cas, pour bon nombre hospitalisés depuis belle lurette, et ce dans la partie descendante de la vague de printemps et donc infectés à une époque où quasiment personne n’était vacciné.

Accessoirement d’ailleurs le chiffre exact est de 78 % de patients décédés du Covid-19 non vaccinés, chiffre d’ailleurs inférieur au ratio de personnes hospitalisées non vaccinés (85 %), ce qui pourrait signifier qu’il y a davantage de décès chez les vaccinés entrant à l’hôpital que chez les non vaccinés (comme quoi une seule étude ne veut pas dire grand-chose).

Quand on ajoute à tout cela quelques cas concrets de personnalités connues, comme Jakob Devarieux , le chanteur du groupe Kassav, mort du Covid-19 et ayant reçu 3 doses, ou la candidate de télé-réalité Sabrina Perquis , elle aussi gravement atteinte alors qu’elle a elle aussi reçu 3 doses, on peut raisonnablement se dire qu’une mise au point sur l’efficacité réelle des diverses injections ne serait pas du tout superflue plutôt que d’en faire une bataille d’arguments d’autorité.

Médecine ou politique

Les solutions de déclenchement de réponse immunitaire sont une magnifique innovation technologique qui a permis de concevoir des outils très performants en un temps record.

Mais ce sont des outils thérapeutiques, ce ne sont pas des instruments politiques.

Aucun médicament, aucun geste chirurgical, aucune thérapie n’est efficace à 100 % et dans tous les cas. Ça n’existe pas.

Les médecins passent à minima 9 ans à apprendre que pour être à même de tenter de soigner un individu, il faut au préalable faire un diagnostic personnalisé, ciblé et précis et qu’il faut ensuite adapter le traitement à la réponse de l’organisme…

Neuf années, pour se tromper parfois, et cela pour un seul individu… Pour le suivant, il faut tout recommencer.

Mais non, en dix minutes à la télé, on a fièrement établi qu’une poignée de fonctionnaires feraient mieux pour la population entière en quelques jours avec des textes de lois et des décrets.

Un affreux gâchis

Plutôt que de valoriser le bénéfice, la confiscation par les autorités de la mise en œuvre d’un acte médical ne peut que se solder logiquement par un échec retentissant qui ne fait que propulser au premier plan les faiblesses de celui-ci.

Que retenir de ces vaccins anti-Covid, une fois le concert de promesses passé à la moulinette de la réalité ?

  • Qu’ils ne marchent pas, au point qu’il faut a minima une troisième dose, sans plus d’assurance que cela sera suffisant.
  • Qu’ils peuvent même se révéler extrêmement dangereux en créant un trompeur sentiment d’impunité et de sécurité.
  • Que ce n’est pas la vaccination qui nous sortira demain de la crise sanitaire. Le ministre de la Santé Olivier Véran a d’ailleurs déjà laissé planer l’ombre d’une extension du passe sanitaire au-delà de la date prévue du 15 novembre.
  • Qu’en revanche, un des effets facilement observable a été de couper le pays en deux et de faire descendre dans la rue toute une partie de la population, faisant ainsi planer le risque sérieux d’une dérive ou d’un embrasement.

Absurdistan encore et encore

Comme c’est devenu maintenant l’habitude depuis 18 mois, on voit à nouveau se dérouler devant nos yeux le même scénario de série B.

Pour commencer, après quelques discours grandiloquents à base de patrie en danger, d’effort collectif, de promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent et de tout va bien se passer… le gouvernement foire totalement l’exécution d’une tâche présentée comme excessivement simple et dont il a fièrement revendiqué le leadership et s’est octroyé avec morgue le monopole : en l’occurrence il s’agit ici de la vaccination, mais le scénario s’est déjà produit à l’identique pour les masques, les tests, l’isolement, le traçage…

Afin de cacher sa pitoyable contre-performance et pour ne pas avoir à rendre des comptes du lamentable foirage de l’administration et du gouvernement dont il a l’ultime responsabilité, le président de la République monte au créneau et bombe du torse en annonçant des mesures radicales et musclées.

S’ensuit une usine à gaz technocratique remplie d’incohérences et de dysfonctionnements, qui finit par s’effondrer et fuir de partout une fois confrontée à la réalité.

Ce qui oblige l’exécutif (c’est en général le Premier ministre qui est chargé d’avaler son chapeau et de vendre des couleuvres) à mettre tout le monde d’accord en imposant une solution bien générale et bien liberticide : port du masque obligatoire et généralisé, tests et isolement obligatoires, confinement et autre couvre-feu.

On n’y coupera pas, la mécanique est déjà lancée pour camoufler l’épisode pass sanitaire par la prochaine vaccination obligatoire , son extension à l’ensemble de la société, ou une quelconque autre option encore plus liberticide et inefficace que les précédentes.

A moins que, après tout ça, dans une semaine, c’est la rentrée… et il arrivera peut-être un jour où quelqu’un sifflera la fin de la récré, parce que toute cette joyeuse plaisanterie et ce gigantesque monceau d’incompétence et de suffisance ne fait plus rire beaucoup de monde.

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    Où s’arrêtera la folie de l’écologie politique ?

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 31 August - 03:30 · 4 minutes

Par Philippe Charlez.

Depuis leurs élections remarquées à plusieurs grandes municipalités françaises, les nouveaux maires écologistes avaient à la fois fait rire et pleurer. Grégory Doucet , maire de Lyon, s’était attaqué au Tour de France, Pierre Humic maire de Bordeaux aux arbres de Noël et Léonore Moncond’huy maire de Poitiers… aux rêves des enfants.

La primaire EELV prévue en septembre devrait donner lieu à une surenchère de propositions délirantes sauf peut-être de la part du raisonnable Yannick Jadot dont on comprend de moins en moins comment il peut encore s’accommoder d’une telle folie collective. Son ex-collègue François de Rugy l’avait parfaitement compris avant la dernière présidentielle.

La folie décroissantiste

L’ancienne ministre de François Hollande Delphine Batho a fait du décroissantisme sa marque de fabrique. Selon elle :

La décroissance est une société du plus, pas du moins, c’est une société avec plus de bien-être, plus de culture, plus de liens humains, plus de respect des personnes.

Je l’invite à relire dans le détail les écrits des décroissantistes assumés comme le politologue Philippe Ariès, l’économiste Serge Latouche, l’écrivain Pierre Rahbi ou l’ancien diplomate Majid Rahnema. Concaténant trois filiations (l’écologisme, le marxisme et l’anarchisme), le décroissantisme promeut une nouvelle société « décolonisant l’imaginaire économique et productif » .

Reprenant l’idéologie du prêtre philosophe viennois Ivan Illich, il prône un retour à une société vernaculaire primitive rejetant en masse les principaux vecteurs de développement. Ainsi, accroître l’espérance de vie ou réduire la mortalité infantile deviennent pour les décroissantistes des contre-objectifs. La pauvreté absolue est finalement leur seul menu !

Sandrine Rousseau défend pour sa part « l’éco-féministe » , un concept révolutionnaire (selon elle !) :

Notre système économique, social, environnemental est fondé sur la prédation des ressources mais aussi… du corps des femmes ou des racisés […] il n’y a pas de capitalisme vert possible.

Le démon capitaliste

Derrière ces considérations apparemment absurdes et assimilant des causes sans aucun rapport on retrouve pourtant tous les ingrédients du climato-gauchisme : le dessein n’est en rien de résoudre de façon rationnelle la problématique climatique mais de faire la peau de la société de croissance et de son démon capitaliste.

Mais la palme revient probablement à l’édile de Grenoble Éric Piolle qui, en dehors d’un « ISF climatique » , propose ni plus ni moins qu’une collectivisation de l’agriculture française en créant sur fonds publics

25 000 fermes communales et agroécologiques qui emploieront 100 000 personnes. Ces fermes pourront appartenir à la commune, à une association ou à un propriétaire privé, mais elles devront répondre à une mission d’intérêt général.

Le candidat veut

Lutter contre l’impunité des lobbys agroalimentaires […] qui privilégient le rendement de leurs actionnaires à la santé des citoyens et à la préservation du vivant. Nous sommes dans une société où certains s’accaparent nos biens communs. Il faut inverser la tendance et remettre l’intérêt général devant les intérêts privés ».

Une démarche qui n’est pas sans rappeler la collectivisation de l’agriculture soviétique des années 1930.

Au nom de l’idéal marxiste, Staline élimina en 1932 une classe de paysans aisés et performants surnommés « koulaks » et les transforma en une classe unique d’agriculteurs au sein de grandes fermes d’état collectives : les « kolkhozes » . La dékoulakisation s’accompagna de violentes réquisitions surtout après la promulgation de la « loi des épis » légitimant l’exécution de milliers de citoyens soviétiques.

La terreur et la terrible famine qui s’ensuivirent firent 8 millions de morts . Les rescapés tentèrent d’émigrer en masse vers les villes, laissant leurs champs en jachère. L’agriculture soviétique ne s’en est jamais remis. Par suite des résultats catastrophiques de la collectivisation, l’URSS, qui « nourrissait de son pain la moitié de la planète » devint l’un des plus gros importateurs mondiaux de denrées alimentaires. La collectivisation a détruit à tout jamais le remarquable savoir-faire agricole des koulaks.

Remettre le marxisme en selle

Le dessein des différents candidats verts est finalement convergent et sans surprise : remettre le marxisme au goût du jour. Ne faisant plus recette auprès des classes populaires qui ont glissé vers le Rassemblement national il est instrumentalisé au nom de causes davantage porteuses : climat, féminisme, racisme. Les écologistes politiques ne cherchent en rien à résoudre la problématique climatique.

Comme les marxistes d’antan leur unique obsession est l’égalitarisme. Fort heureusement très divisée, la gauche purgée des sociaux-démocrates a peu de chances d’accéder au pouvoir. Mais elle représente plus que jamais un risque majeur pour la France. Contrairement aux apparences le cancer français n’est pas islamique mais gauchiste.