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    Éric Dupond-Moretti a-t-il joué trop "perso" pour sa grande réforme judiciaire?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 23:09 · 5 minutes

EDM a-t-il joué trop

POLITIQUE - C’est sa réforme, celle d’un ancien ténor du barreau et de sa “connaissance charnelle” des tribunaux. Le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti présente ce mercredi 14 avril en Conseil des ministres son projet de loi pour “restaurer la confiance” dans la justice .

Au programme de ce texte aux larges contours: la captation des audiences, l’encadrement de l’enquête préliminaire, le renforcement du secret professionnel de la défense, la généralisation de cours criminelles départementales ou la suppression -surprise- des crédits de réduction de peines automatiques.

Autant de sujets qui suscitent la crispation, pour ne pas dire plus, d’une partie du monde judiciaire, les magistrats en tête . Car sur la forme comme sur le fond, beaucoup accusent Éric Dupond-Moretti de jouer sa partition en soliste, poussant justement ses “marottes” d’ancien avocat, sans mener les concertations préalables à une telle réforme.

Les syndicats se plaignent d’avoir été écartés

Reprochant au ministre de leur avoir présenté un texte déjà ficelé et soumis au Conseil d’État avant de les avoir consultées, les organisations syndicales (magistrats et agents du ministère) ont boycotté à la quasi-unanimité fin mars des réunions avec la Chancellerie en dénonçant la méthode employée par le garde des Sceaux.

″Depuis le début du quinquennat, nos organisations ont l’habitude du mépris total pour le dialogue social (...) Pour autant, un nouveau cap est aujourd’hui franchi, votre direction et plus largement le ministère ne s’embarrasse cette fois même plus d’organiser en temps utile, au stade de la préparation du texte, des consultations bilatérales de façade sur un projet de loi qui aura pourtant une incidence sur de nombreux contentieux tant au civil qu’au pénal”, écrivaient la CFDT, la CGT, UNSA Services judiciaires, et trois autres syndicats, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le 23 mars dernier. Toutes refusant de participer au “comité technique” portant sur la réforme.

Mais les critiques portent aussi sur le fond d’un texte qualifié de “fourre-tout”. “C’est une espèce de rencontre entre quelques marottes du ministre et la poursuite de la logique gestionnaire de la Chancellerie pour juger plus avec moins”, tacle notamment Katia Dubreuil, la présidente du Syndicat de la magistrature, dans des propos rapportés par l’AFP lundi 12 avril.

Plus globalement, après des mois de tensions avec le garde des Sceaux, contre lequel ils ont porté plainte devant la Cour de justice de la République (CJR), les trois syndicats de magistrats voient même dans certaines mesures phares une “défiance” à leur égard.

L’incompréhension continue avec les magistrats

Et leurs griefs sont multiples. En premier lieu, l’encadrement des enquêtes préliminaires, fixé comme une priorité dès sa nomination par Éric Dupond-Moretti, qui avait demandé une mission sur le sujet. À l’avenir, ces enquêtes préliminaires ne pourront excéder deux ans, une durée prolongeable d’un an sur autorisation du procureur.  “Une loi pour un épiphénomène”, alors que les enquêtes de plus de trois ans représentent “environ 3%” du total, regrette Ludovic Friat, secrétaire général de l’Union syndicale des magistrats.

Si certaines sont “aussi longues, c’est par manque de moyens de police judiciaire et parce que les enquêtes politico-financières notamment demandent du temps”, souligne-t-il.

Même réprobation pour la réforme annoncée de la cour d’assises, objet d’une autre mission. Le garde des Sceaux souhaite rétablir la “minorité de faveur” supprimée en 2011, avec sept jurés au lieu de six siégeant aux côtés des trois magistrats professionnels, pour renforcer leur poids. Le projet prévoit également que des avocats honoraires de moins de 75 ans siègent dans les cours d’assises et les cours criminelles départementales, qui seront elles généralisées.

D’autres “marques de défiance” pour Ludovic Friat, mais aussi “l’aveu de la faillite matérielle de la justice”. “On n’a pas assez de juges!”, tempête-t-il à l’AFP.

Après des “débats vifs”, selon son président Jérôme Gavaudan, le Conseil national des barreaux (CNB), qui représente les 70.000 avocats français, s’est également opposé à cette présence d’avocats honoraires. La profession attendait plutôt le ministre sur le renforcement du secret professionnel. Si le texte inscrit le “secret de la défense” dans le code de procédure pénale, c’est-à-dire pendant une enquête, les avocats auraient souhaité que leur secret professionnel dans son ensemble soit protégé. “Ce n’est pas le grand soir du secret professionnel mais cela rétablit un certain nombre de principes juridiques”, nuance Jérôme Gavaudan.

Disposition surprise

Des avocats et des magistrats se sont aussi vivement émus de la volonté -surprise- du garde des Sceaux de toucher à l’exécution des peines, en supprimant les crédits “automatiques” de réductions de peines pour selon le ministre “inciter à l’effort” les détenus.

Une mesure “populiste”, qui va alourdir la charge de travail des juges d’application des peines, un an après l’entrée en vigueur de la réforme des peines de l’ex-ministre Nicole Belloubet, ont dénoncé les professionnels. “On est dans la réforme permanente. On craint qu’il y ait un bug et que la machine s’arrête”, alerte Jacques Boulard, qui préside la Conférence nationale des premiers présidents de cours d’appel, selon des propos rapportés par l’AFP.

“On est à bout. On n’a pas fini d’ingurgiter toutes les réformes qui nous sont tombées sur le coin du museau depuis le début du quinquennat”, renchérit Hervé Bonglet, secrétaire général de l’Unsa-Services judiciaires.

Contacté par Le HuffPost, l’entourage d’Éric Dupond-Moretti n’a pas donné suite. Le garde des Sceaux, lui, loin d’évoquer une loi fourre-tout, estime que son texte est “le fruit d’une longue réflexion” pour restaurer la confiance -étiolée- des Français envers leur justice. “On parle de pacte social ici!”, expliquait-il au début du mois de mars sur France Inter, en louant ses convictions forgées au gré de ses expériences. Mais de la connaissance charnelle à l’interprétation personnelle, il n’y a qu’un pas. Que beaucoup estiment franchi.

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi Dupond-Moretti a été visé par cette rarissime interpellation au Sénat

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    Pollution de l'air: au moins 40.000 morts par an entre 2016 et 2019

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 22:43 · 4 minutes

Une vue aérienne de Paris, en septembre 2020. (photo d

POLLUTION - Malgré l’amélioration de la qualité de l’air, 40.000 décès par an sont encore attribuables à l’exposition aux particules fines, selon Santé Publique France qui appelle à ne pas se satisfaire d’un léger mieux dans le bilan des victimes de cette pollution .

Il faut au contraire “poursuivre, voire renforcer les efforts visant à réduire ce fardeau”, plaide Sébastien Denys, un responsable de l’agence, qui souligne l’impact significatif sur la santé d’une baisse de la pollution, même à court terme.

Preuve en est l’impact du premier confinement du printemps 2020 qui a permis d’éviter plus de 2000 décès liés à la pollution de l’air, selon les chiffres publiés ce mercredi 14 avril.

En 2016, Santé Publique France, se basant sur la période 2007-2008, avait estimé à 48.000 le nombre de décès prématurés par an liés aux concentrations de particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 microns), matières microscopiques en suspension dans l’air qui pénètrent dans les ramifications des voies respiratoires et dans le sang.

La nouvelle estimation suggère “une tendance à la baisse”: près de 40.000 décès par an attribuables aux PM2,5 entre 2016 et 2019, soit 7% de la mortalité totale sur cette période, contre 9% en 2007-2008.

L’exposition à ces particules, qui peuvent provoquer cancer, asthme, allergies ou maladies cardio-vasculaires, réduit aussi de huit mois l’espérance de vie d’un adulte à partir de 30 ans.

“On peut se satisfaire de la légère diminution. Mais d’un point de vue de santé publique, ce qui nous inquiète, c’est une estimation de 40.000 décès évitables. Et j’insiste sur ce terme évitable: des actions sont possibles pour réduire cet impact”, souligne Sébastien Denys.

Le nombre de décès annuels attribués au dioxyde d’azote (NO2), calculé pour la première fois, est de 7000. Mais on ne peut pas additionner intégralement ces morts à celles liées aux PM2,5, insiste l’agence de santé publique, une partie non déterminée des décès étant liée à l’action conjointe des deux polluants.

La baisse de l’impact sanitaire depuis l’étude de 2016 s’explique par des modèles d’exposition différents mais aussi par l’amélioration de la qualité de l’air.

“Enseignements” à tirer

Ainsi, selon le bilan 2019, les émissions de PM2,5 ont baissé de 61% entre 2000 et 2019 et celles des oxydes d’azote de 56%, même si l’État a été condamné en justice pour n’avoir pas réduit suffisamment certains polluants dans certaines villes.

La pollution a aussi largement diminué lors du premier confinement de 2020 imposé pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 , surtout dans les zones urbaines.

Cette amélioration a été particulièrement sensible pour le NO2, essentiellement lié au trafic routier, à l’arrêt, mais moins pour les PM2,5 issues aussi d’autres sources (épandages agricoles, chauffage...) Cela a malgré tout permis d’éviter 2300 décès en lien avec l’exposition aux particules fines, plus nocives, et 1200 décès liés au dioxyde d’azote (les chiffres ne sont pas additionnables).

“Evidemment, nous ne recommandons pas la mise en œuvre de conditions aussi drastiques”, note Sébatien Denys.

Mais cela permet de tirer certains “enseignements”, en termes d’actions publiques, comme la réduction de la circulation routière dans les zones urbaines ou des émissions industrielles, insiste Santé Publique France.

Ainsi qu’en termes de changements comportementaux, comme le télétravail .

D’autres pistes doivent également être poursuivies, en particulier “l’amélioration des pratiques du chauffage au bois”, sur lequel le gouvernement s’apprête à adopter un “plan d’action”, et le développement de bonnes pratiques agricoles, note l’agence. Des secteurs qui avaient continué à émettre même pendant le confinement.

Les nouvelles estimations de Santé Publique France sont bien en deçà d’autres recherches internationales.

Par exemple, une étude publiée en février dans Environnemental Research estimait que la pollution aux particules fines provoquée par la combustion des énergies fossiles était responsable d’un décès sur cinq dans le monde, soit plus de 8 millions de morts en 2018, dont près de 100.000 en France.

Des écarts liés à des différences méthodologiques et des données plus précises sur la France, explique Santé Publique France. Et dans tous les cas, il s’agit de “plusieurs milliers de morts”, ce qui prouve un “fardeau lié à la pollution atmosphérique “très important”, répond Sébastien Denys.

À voir également sur Le HuffPost : Clarisse Crémer, 12e du Vendée Globe, raconte la pollution vue en mer

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    Joe Biden promet de retirer toutes les troupes américaines d'Afghanistan d'ici le 11 septembre

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 21:35 · 5 minutes

Joe Biden, ici à la Maison Blanche à Washington, le 13 avril 2021.

ÉTATS-UNIS - Le gouvernement de Joe Biden a annoncé ce mardi 13 avril que toutes les troupes américaines quitteraient l’ Afghanistan “sans conditions” d’ici le 11 septembre, jour du 20e anniversaire des attentats de 2001 aux États-Unis, malgré les craintes croissantes d’une victoire des talibans .

Le président américain avait déjà prévenu qu’il serait “difficile” de respecter la date-butoir du 1er mai prévue pour le retrait dans un accord conclu par son prédécesseur Donald Trump avec les insurgés.

Sa décision de repousser de quatre mois le départ coïncide avec l’annonce de la tenue d’une conférence de paix “de haut niveau” sur l’Afghanistan co-organisée du 24 avril au 4 mai à Istanbul par la Turquie, le Qatar et l’ONU.

“Nous allons entamer un retrait ordonné des forces restantes avant le 1er mai et prévoyons d’avoir sorti toutes les troupes américaines du pays avant le 20e anniversaire du 11-Septembre”, a déclaré un responsable américain à des journalistes, assurant que ce départ serait “coordonné” et simultané avec celui des autres forces de l’Otan. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken est actuellement à Bruxelles pour des consultations avec les alliés de Washington.

“Nous avons dit aux talibans, sans la moindre ambiguïté, que nous répondrons avec force à toute attaque contre les soldats américains pendant que nous procédons à un retrait ordonné et sûr”, a ajouté ce responsable.

En réponse, les talibans ont déclaré qu’ils ne participeraient pas au sommet en Turquie, avant que toutes les forces étrangères n’aient quitté le pays. “Avant que toutes les forces étrangères se soient complètement retirées de notre pays natal, (nous) ne participerons à aucune conférence qui prendrait des décisions sur l’Afghanistan”, a indiqué dans un tweet Mohammad Naeem, porte-parole des talibans au Qatar.

Les rebelles afghans ont récemment mis en garde les États-Unis contre tout dépassement de la date du 1er mai, menaçant de riposter par la force.

Plus longue guerre

Malgré l’accord américano-taliban de 2020, la violence reste très élevée sur le terrain entre les insurgés et les forces afghanes. Dans une lettre au président afghan Ashraf Ghani, Antony Blinken a récemment prévenu qu’un retrait américain pourrait entraîner “des gains territoriaux rapides” de la part des talibans.

Les États-Unis sont intervenus en Afghanistan dans la foulée des attentats contre les tours jumelles de New York et le Pentagone. Ils ont chassé du pouvoir à Kaboul les talibans, accusés d’avoir accueilli le groupe jihadiste Al-Qaïda responsable des attentats, mais se sont ensuite enlisés.

Au plus fort de leur présence, quelque 100.000 soldats américains étaient déployés dans le pays en 2010-2011. L’ex-président Barack Obama avait ramené ces effectifs à 8400 hommes, puis son successeur Donald Trump avait envoyé des renforts, pour les porter à 14.000 en 2017.

Mais il a ensuite bien engagé le retrait progressif: il ne reste plus que 2500 soldats américains en Afghanistan.

Pour mettre fin à la plus longue guerre des États-Unis, qui a tué plus de 2000 soldats américains, l’administration Trump avait en effet conclu en février 2020 à Doha, au Qatar, un accord historique avec les talibans.

Il prévoyait le retrait de toutes les forces américaines et étrangères avant le 1er mai prochain, à condition que les insurgés empêchent à l’avenir à tout groupe terroriste d’opérer depuis les territoires afghans qu’ils contrôlent.

Le Pentagone a récemment émis des doutes sur le respect de cet engagement.

Les talibans devaient aussi entamer des négociations de paix directes inédites avec le gouvernement de Kaboul. Ces pourparlers piétinent depuis leur ouverture en septembre.

La conférence d’Istanbul doit permettre de les relancer, même si la participation des talibans n’a pas encore été confirmée.

“Mettre un terme aux guerres sans fin” de l’Amérique

“Nous allons concentrer tous nos efforts sur notre soutien au processus de paix en cours”, “mais nous n’allons pas utiliser la présence de nos troupes comme monnaie d’échange”, a martelé le responsable américain.

Il a ainsi prévenu que le retrait décidé par Joe Biden, qui doit s’exprimer mercredi depuis la Maison Blanche sur ce dossier emblématique, serait “sans conditions”. “Le président a estimé qu’une approche conditionnelle, comme cela a été le cas au cours des deux dernières décennies, était la recette assurée pour rester en Afghanistan à vie”, a-t-il expliqué.

Comme Donald Trump, et à l’unisson d’une opinion américaine de plus en plus lasse des interventions meurtrières et coûteuses à l’autre bout du monde, Joe Biden a promis de “mettre un terme aux guerres sans fin” de l’Amérique.

Mais il avait évoqué, pendant la campagne pour la présidentielle de novembre, la possibilité de maintenir un petit contingent contre-terroriste en Afghanistan.

Finalement, il n’en est plus question. Les forces contre-terroristes seront redéployées en dehors du pays et la seule présence militaire américaine sur place après le 11 septembre sera vouée à la protection des diplomates des États-Unis, a expliqué le responsable qui a détaillé la position du président à la presse.

Il a néanmoins promis que le gouvernement américain utiliserait “tous les moyens diplomatiques” à sa disposition pour “préserver” les avancées en matière de droits des femmes afghanes. Un retour des talibans au pouvoir a fait ressurgir le spectre de l’époque où, de 1996 à 2001, ils avaient imposé leur vision fondamentaliste de la religion en interdisant aux femmes d’étudier et de travailler.

“Ce retrait prématuré” signifie que “nous ne laissons pas de force résiduelle pour contrer les menaces terroristes venant d’Afghanistan, que nous abandonnons nos partenaires afghans durant ces négociations de paix cruciales et que nous accordons aux talibans une victoire totale malgré leur échec à tenir leurs engagements”, a déploré l’élu républicain du Texas Michael McCaul.

À voir également sur Le HuffPost : Biden autorise la vaccination contre le Covid à tous les Américains à partir du 19 avril

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    PSG-Bayern Munich: les Parisiens s'inclinent, mais se qualifient pour les demi-finales

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 20:53

Kylian Mbappé, ici lors de PSG-Bayern Munich en Ligue des champions, le 13 avril 2021.

LIGUE DES CHAMPIONS - Le PSG s’est incliné 1-0 face au Bayern Munich en quart de finale retour de Ligue des champions ce mardi 13 avril.

Mais son succès 3-2 en Allemagne lors du match aller la semaine dernière lui permet de valider son billet pour les demi-finales de la compétition.

Plus d’informations à venir...

À voir également sur Le HuffPost : Avant PSG-Barcelone, un feu d’artifice perturbe la nuit des joueurs

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    “Tchernobyl zéro mort”: derrière la bourde de Montebourg, un vieux et douloureux débat

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 19:54 · 4 minutes

La questions des morts liés à la radioactivité, de Tchernobyl à Fukushima fait débat, car certains effets sont diffus. 

NUCLÉAIRE - “Tchernobyl? Zéro mort”. Durant l’émission “Le nucléaire est-il écologique?”, diffusée ce lundi en direct sur les réseaux sociaux par le média Reporterre , Arnaud Montebourg a affirmé un peu vite que l’accident nucléaire de Tchernobyl n’avait fait aucune victime. Interpellé quelques minutes plus tard par le présentateur du débat qui l’opposait au maire écologiste de Grenoble Eric Piolle, l’ancien ministre de l’Économie est revenu sur ses déclarations. Trop tard. Les réseaux sociaux s’emparent de la séquence et la tournent en dérision.

Joint par Le HuffPost , Arnaud Montebourg reconnaît qu’il a confondu la plus grave catastrophe nucléaire du XXe siècle - Tchernobyl a fait plus de 5 000 morts selon l’OMS - avec d’autres incidents, comme celui survenu dans la centrale de Three Mile Island aux États-Unis en 1979, et celui de Fukushima en 2011. Ces deux accidents n’ont effectivement entraîné aucun mort radio-induit, c’est-à-dire lié directement à l’exposition à des taux anormalement élevés de radioactivité, contrairement à Tchernobyl.

“Les morts du nucléaire sont parfaitement comptés. L’accident de Tchernobyl a entraîné le décès de plusieurs milliers de personnes. Il n’y a pas débat”, affirme ainsi Arnaud Montebourg. La question est pourtant loin d’être aussi tranchée que ne l’affirme l’ancien ministre.

Car si la bourde de l’ancien ministre a en partie éclipsé le reste des échanges, c’est aussi parce qu’elle résonne avec 20 années de douloureuses controverses politiques et scientifiques sur la reconnaissance des morts de la radioactivité.

Un décompte qui évolue dans le temps

Aujourd’hui encore, des frictions subsistent à propos du bilan des victimes de Tchernobyl. Car il est parfois difficile d’identifier les effets de l’exposition à de faibles doses de radioactivité - bien que supérieures aux valeurs qui existent dans la nature - dans les territoires touchés par les catastrophes. De multiples autres éléments peuvent entraîner des cancers, ou une chute de la fertilité, deux des nombreuses maladies liées aux rayons.

Trente ans après l’accident, il est impossible de dresser un bilan sanitaire exhaustif. Les résultats disponibles sont limités par la qualité des études réalisées, la difficulté d’identifier précisément les populations exposées et les incertitudes de mesure”, expliquait ainsi l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire dans un communiqué publié en 2016.

En 2000, un premier rapport, publié par l’UNSCEAR, une branche de l’ONU portée sur l’étude des radiations, faisait état de 47 morts, des pompiers et secouristes intervenus au plus proche de l’explosion. La radioactivité tue plus ou moins rapidement selon l’intensité des rayons ionisants et la durée d’exposition à ce poison invisible.

Vingt ans après l’explosion de la centrale, en 2006, l’OMS publie un rapport qui élargit finalement le bilan à plus de 4000 décès, survenus bien plus tard. Des cancers liés à la catastrophe se sont déclarés en Ukraine et dans les pays limitrophes et ont emporté un plus grand nombre de personnes.

Certains chercheurs ont tenté d’établir un nombre de morts bien plus grand, jusqu’à 985.000 selon un ouvrage publié en 2007 par l’Académie des sciences de New York . La communauté scientifique s’est écharpée à coup de publications sur ce chiffre et ce bilan, jusqu’à la publication d’ un communiqué dans le New York Times en 2013 , dans lequel l’Académie des sciences de New York reconnaissait que l’ouvrage n’avait pas été conçu comme une publication scientifique, mais comme un objet destiné à fournir un forum faisant état des discussions scientifiques autour de ces questions.

Un flou qui sert les pronucléaires?

Depuis les premiers bilans, les études publiées sur la catastrophe de Tchernobyl ont parfois été contradictoires. Pour certains, ce flou sert les arguments des défenseurs de l’énergie générée par l’atome. L’ancien premier secrétaire d’EELV David Corman a ainsi cru percevoir un lapsus révélateur dans les mots qui ont échappé à Arnaud Montebourg ce lundi. “Cette affirmation est révélatrice des ‘croyances’ qui entourent la foi dans le Nucléaire. Il est important de débunker 50 ans de faux arguments pronucléaires”, a réagi le député européen sur Twitter.

Arnaud Montebourg, ouvertement pronucléaire, se défend toutefois de toute minimisation. “Je regrette ce lapsus. Nous parlions de l’évaluation des risques liés à toutes les formes d’énergie, pas seulement sur le nucléaire. Le charbon, le diesel, l’hydraulique, lorsque les barrages s’écroulent, tuent aussi, sous d’autres formes. C’est ce que j’essayais d’expliquer sans vouloir minimiser l’accident de Tchernobyl”, lance l’ancien ministre, agacé par la couverture médiatique qui porte uniquement sur ce qu’il a immédiatement reconnu comme une erreur. Hélas, quelques mots suffisent parfois à relancer de vieux débats.

À voir également sur Le HuffPost: Insoumis et socialistes peuvent-ils s’entendre? On a demandé aux militants PS

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    Loi climat: les opposants gagnent en justice contre le préfet Lallement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 19:49 · 3 minutes

Didier Lallement et la préfecture de police de Paris ont perdu en justice face à des militants écologistes qui voulaient se rassembler aux abords de l

ENVIRONNEMENT - Des jeunes militants du climat ont obtenu, ce mardi 13 avril, en justice le droit de se rassembler à proximité de l’Assemblée nationale pour interpeller les députés sur le projet de loi “climat et résilience” actuellement en discussion.

La préfecture de police de Paris et le préfet Didier Lallement avaient pris lundi un arrêté interdisant pour toute la semaine les rassemblements statiques de ces quelques dizaines de jeunes sur une place proche du Palais Bourbon, pour réclamer “une loi climat à la hauteur de l’urgence climatique”. L’arrêté invoquait notamment des considérations sanitaires liées à l’épidémie de covid-19 et de manque de forces de l’ordre pour encadrer la manifestation.

Les organisateurs, ainsi que l’ONG “ Notre affaire à tous ”, qui promeut les actions en justice en faveur du climat, avaient contesté cette interdiction en procédure d’urgence (référé) devant le tribunal administratif de Paris.

Le juge des référés leur a donné raison dans un jugement rendu mardi. Il a notamment estimé que le nombre de militants présents, “au maximum une vingtaine de personnes (...) qui se sont engagés à respecter l’ensemble des gestes barrières” et le fait qu’ils “se réuniront de façon statique” sur une place de taille suffisante ne permettait pas d’interdire leur rassemblement “en retenant le motif de l’impératif de protection de la santé publique”. Il a également estimé que la préfecture n’avait pas démontré d’éventuels motifs de “sécurité publique”.

“Victoire pour le dialogue démocratique”

Les requérants se sont félicités d’une “victoire pour le dialogue démocratique”, alors que des députés de gauche et écolos avaient contesté lundi l’interdiction, dénonçant le “zèle” de la préfecture.

“La démocratie n’est pas morte, il est important que des citoyens puissent renouer le dialogue avec leurs représentants et peser sur les décisions comme le font les lobbies industriels”, a déclaré à l’AFP Camille Etienne , une des organisatrices requérantes.

La semaine dernière, ce rassemblement avait provoqué une altercation entre un député insoumis venu à la rencontre de ces jeunes et des policiers, et certains députés, y compris de la majorité, avaient été verbalisés.

À voir également sur le HuffPost : Extinction Rebellion souille la façade de la banque de France pour faire passer un message

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    Alerte enlèvement: une fillette de 8 ans enlevée dans les Vosges, aux Poulières

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 19:39 · 1 minute

ALERTE ENLÈVEMENT - Une alerte enlèvement a été déclenchée en France ce mardi 13 avril.

“Mia MONTEMAGGI, fillette de 8 ans, de type européen, mesurant 1m30, yeux bruns, cheveux longs et bruns avec une frange, porteuse de petites boucles d’oreilles en or avec un dessin rouge, habillée d’un pantalon noir, d’un t-shirt, d’un gilet gris zippé avec des points dorés, d’une doudoune blanche avec des pois noirs et doublure en fourrure blanche, a été enlevée à LES POULIERES (Vosges) le 13 avril 2021 vers 11h30 par trois hommes, de type européen, deux âgés entre 25 et 35 ans, dont l’un serait porteur d’un tatouage en forme de croix au niveau du cou, et un troisième âgé de 45 à 50 ans”, annonce le ministère de l’Intérieur.

“Ils sont susceptibles de circuler à bord d’un véhicule VOLKSWAGEN de type transporter gris anthracite”, est-il précisé. “La fillette pourrait être accompagnée de sa mère Lola MONTEMAGGI, qui n’a pas le droit de la voir seule, âgée de 28 ans, 1m70, très mince, cheveux châtains clairs mi-longs, deux tatouages « étoiles » à l’intérieur d’un poignet, susceptible de circuler à bord d’un véhicule PEUGEOT 207 noir, immatriculé BZ 370 GZ.”

Si vous localisez l’enfant, n’intervenez pas vous-même, précisent encore les gendarmes: appelez immédiatement le 0 800 36 32 68 ou envoyez un courriel à alerte-enlevement@gendarmerie.interieur.gouv.fr.

Plus d’informations à venir...

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    L'écrivain Bernard Noël est mort à 90 ans

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 18:19 · 2 minutes

LITTÉRATURE - Le poète et romancier Bernard Noël, auteur d’une oeuvre foisonnante sur l’art et la politique, est mort à l’âge de 90 ans, a annoncé ce mardi 13 avril son éditeur, P.O.L.

“Les éditions P.O.L ont la très grande tristesse de faire part de la mort de Bernard Noël à 90 ans”, a indiqué sur Twitter la maison d’édition, qu’il avait rejointe en 1988. ”Écrivain et poète engagé, romancier, historien, reporter, polémiste, sociologue, critique d’art, éditeur, il a publié vingt-cinq livres aux éditions P.O.L”, a-t-elle rappelé.

Né en 1930 à Sainte-Geneviève-sur-Argence, dans l’Aveyron, élevé par ses grands-parents, il s’était lancé dans des études de journalisme à Paris, qui l’ont amené vers sa vraie vocation, la littérature.

Censure et violences policières

Après des poèmes à faible diffusion, il a connu la notoriété grâce au scandale d’un roman érotique de 1969 qui lui vaut des poursuites pour outrage aux bonnes moeurs, “Le Château de Cène”. Il expliquait s’être libéré avec ce livre, sous le pseudonyme d’Urbain d’Orlhac, du traumatisme de sa génération, la guerre d’Algérie.

Condamné en première instance en 1973, il bénéficiera d’une amnistie après l’arrivée à la présidence de Valéry Giscard d’Estaing .

La dénonciation de la censure, de l’oppression et de la violence, ainsi que l’amour de la peinture, font ensuite partie des constantes de son oeuvre. En 1988 par exemple, sa première pièce de théâtre, “La Reconstitution”, évoquait une bavure policière, quand un CRS avait abattu un jeune homme à Paris en 1986.

L’Académie française a consacré l’ensemble de son oeuvre poétique en 2016 avec son Grand Prix de poésie.

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