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    Écologie: pour le nouveau gouvernement, tout reste encore à prouver

    news.movim.eu / Mediapart · Yesterday - 17:35

Le remaniement ministériel voit l’arrivée du novice en écologie Christophe Béchu au ministère de la transition écologique et le retour de ministres délégués aux transports et au logement. Après un premier raté sur la politique agricole la semaine dernière, le gouvernement de la «planification écologique» est mis au défi de tenir ses promesses.
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    Dans l’Eure: «Il va falloir combien de cancers pour que ça bouge?»

    news.movim.eu / Mediapart · Saturday, 18 June - 10:47

Dans la périphérie de Rouen, un nombre anormalement élevé d’enfants sont atteints de cancers. Alors que les autorités sanitaires ne trouvent pas d’explication, des parents soupçonnent les sites industriels. Une usine polluante a émis bien au-dessus de ses limites autorisées, selon les informations de Mediapart.
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    Amaena Guéniot : « Penser l’autonomie du peuple pour répondre à la question environnementale »

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Friday, 10 June - 07:57 · 16 minutes

Amaena Guéniot est normalienne, agrégée de philosophie et chargée de cours à l’Université Paris Nanterre depuis 2018 pour y enseigner la philosophie de l’environnement. Elle vient de publier son premier essai intitulé Terre Brisée, Pour une philosophie de l’environnement aux éditions Double Ponctuation. Avec elle, nous sommes revenu non seulement sur l’apport de la philosophie pour penser la crise environnementale que nous traversons, mais également sur les limites de certaines approches conceptuelles issues de la tradition libérale ou de disciplines qui peuvent enfermer une tentative de compréhension globale de ses causes économiques et politiques. Répondre à la question environnementale, comme le propose Amaéna Guéniot, impose de penser une véritable autonomie sociale, politique et économique. Entretien réalisé par Victor Woillet.

LVSL — Pourquoi est-il nécessaire d’après vous que la philosophie s’empare aujourd’hui de la question environnementale ?

Amaena Guéniot — Caractérisons, de prime abord, la question environnementale. Les paramètres environnementaux (comme l’accès à l’eau, à l’énergie, aux matériaux, aux services de dépollution fournis par les écosystèmes…) déterminent la manière dont on produit et agit. La santé, l’industrie, l’agriculture, ou les services ne sont pas indépendants de l’environnement dans lequel ils s’inscrivent . Dès lors, la question environnementale se déploie en une myriade de questions qui touchent tous les domaines du politique. Penser la question environnementale, c’est donc penser l’harmonisation des champs du politique entre eux et avec une finalité commune : préserver les conditions d’une vie bonne sur Terre.

En quoi la philosophie est-elle pertinente pour comprendre la question environnementale ? A priori, on pourrait penser qu’elle ne l’est pas : la philosophie est trop abstraite, donc elle ne permet pas de comprendre les problèmes concrets et singuliers que soulève la question environnementale. En même temps, et pour le dire de manière un peu rapide, le travail conceptuel permet d’aller à l’essentiel et d’identifier ce qu’ont en commun les cas singuliers. Dès lors, la philosophie contribue au dépassement d’une pensée en silo, non seulement grâce à l’invention de nouveaux concepts mais aussi grâce à la transmission de concepts issus de la tradition philosophique. C’est fondamental si nous voulons que la question environnementale ne soit pas éclatée en de multiples sujets techniques qui ne sont jamais pensés politiquement, c’est-à-dire ensemble.

LVSL — Contrairement à d’autres travaux philosophiques récents, vous ne vous limitez pas à une approche purement politique de la question environnementale. Pourquoi un tel choix et en quoi nous permet-il notamment de décentrer notre regard sur la crise environnementale que nous traversons ?

A.G. — Vous avez raison : la seule approche purement politique, que nous définirons comme une étude des institutions et des pratiques politiques, est développée dans le deuxième chapitre de la troisième partie, qui pose la question de l’autonomie politique à l’ère de la catastrophe environnementale. L’idée sous-jacente de ce chapitre, héritée de la philosophie politique – tant par Platon que par Rousseau –, c’est qu’une politique imposée par la force, la contrainte et la terreur, ne saurait être pérenne, malgré les apparences. Ce qui vaut pour la politique en général vaut pour la politique environnementale en particulier : la tyrannie verte est condamnée à l’échec. Il faut donc penser la manière dont le peuple, du dêmos, peut être autonome, c’est-à-dire en mesure de se donner des lois et des fins, dans le cadre de la catastrophe environnementale.

Les autres chapitres constituent un décentrement à l’égard de l’approche purement politique. Ce décentrement vise à rappeler que la vie politique, ses débats et ses institutions sont de part en part tributaires d’une Terre que nous détruisons. Par exemple, dans la première partie, je traite philosophiquement de l’histoire longue de l’environnement, de l’événement inédit que constituent ensemble le dérèglement climatique, l’extinction de la biodiversité et la raréfaction des ressources, et du risque d’acosmie, c’est-à-dire de perte du monde qui a permis aux civilisations humaines de se déployer dans différents champs (politiques, culturels, sociaux, techniques, scientifiques…). Cette partie nous rappelle les conditions de la politique : toutes les civilisations humaines s’ancrent dans des conditions environnementales déterminées, celles la Terre, qui subit aujourd’hui des bouleversements sans précédent. En retour, il s’agit de montrer que se soucier de la question environnementale, ce n’est pas se soucier de données matérielles aux dépens de ce qui fait aussi l’étoffe de nos vies, les rapports sociaux et politiques entre les hommes. La question environnementale est toujours une question sociale.

LVSL — Dans la deuxième partie de votre ouvrage, vous revenez de manière critique sur la notion d’anthropocène. Pouvez-vous nous expliquer les limites que poserait d’après-vous un usage abusif de ce terme ?

A.G. — La deuxième partie de Terre brisée s’inscrit dans une perspective « judicative » : comme dans un procès, il s’agit de comprendre qui est responsable de la catastrophe environnementale, dans une logique qui est moins celle du châtiment que celle de la réparation. En effet, pour pouvoir réparer les torts, que subissent non seulement les écosystèmes mais aussi ceux qui les habitent et ceux qui en dépendent, il faut être en mesure d’identifier les causes, mais aussi les personnes, physiques et morales, qui sont en cause. À cet égard, le concept d’anthropocène est pertinent. En effet, il permet de souligner que la raréfaction des ressources, le dérèglement climatique, l’extinction de la biodiversité ont des origines humaines. C’est l’extraction des ressources, l’artificialisation des sols, la pollution…, produites par les hommes, qui ont pour effet les catastrophes qui se multiplient dès aujourd’hui. Le comprendre, c’est pouvoir réfuter tous les discours du type : « il y a toujours eu des sécheresses, des ouragans, des incendies… on n’y peut rien ». Le concept d’anthropocène est donc utile parce qu’il nous détache de l’idée qu’il y aurait une destinée, un fatum, face auquel on serait impuissant.

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que la notion d’anthropocène contient un présupposé implicite. Elle suppose en effet qu’il existe un homme ( anthropos ) invariant qui serait responsable de la destruction environnementale. Un tel présupposé est paralysant sur le plan théorique comme sur le plan politique. Sur le plan théorique, il nous empêche d’identifier plus finement à quelle part historique et sociale de l’humanité échoit la responsabilité de ce qui nous arrive. Sur le plan politique, le concept d’anthropocène nous laisse supposer qu’il faudrait attendre une métamorphose de l’humanité en général et de chacun de ses membres en particulier pour changer les choses. C’est pourquoi il est impératif, à la fois théoriquement et politiquement, de ne pas en rester au concept d’anthropocène, si nous voulons identifier plus finement les origines de la catastrophe environnementale. Cela implique d’identifier les représentations de la nature qui sont à l’origine de la catastrophe environnementale. Parce que les représentations seules n’ont aucun effet sur l’environnement, cela suppose aussi d’expliciter quelles sont les formes de production qui, paradoxalement, détruisent la Terre et donc les conditions de la production humaine. Enfin, parce que la production n’est pas en soi nocive, il faut montrer comment elle le devient dans un système politico-économique, le capitalisme, qui implique intrinsèquement la recherche de l’excédent et de la croissance et donc la démesure, l’ hubris .

LVSL — En quoi la définition proposée par Hannah Arendt de la vita activa vous semble-t-elle pertinente pour penser les limites d’une solution purement technique à la crise environnementale ?

A.G. — Le travail d’Hannah Arendt a inspiré l’écriture d’un des chapitres centraux de Terre brisée . Je précise tout d’abord que ce chapitre ne cherche pas à restituer les arguments de la philosophe sur la vita activa , mais à s’en nourrir pour proposer la thématisation suivante de l’activité humaine. Toute activité humaine a trois dimensions : celle de l’action, celle de l’œuvre, et celle du labeur. Le labeur désigne l’activité qui consiste à prendre soin de l’environnement, du vivant en général et des hommes en particulier ; cette activité est ininterrompue, toujours recommencée : on ne cesse pas plus de nourrir un enfant, sous peine de le voir mourir, qu’on n’interrompt l’entretien d’une ville, sous peine de la voir tomber en ruine. L’œuvre désigne l’activité de production de biens qui sont par essence durables, parce qu’ils sont destinés à être partagés et à être transmis aux générations futures : ces biens ne sont pas seulement les œuvres d’art, mais tous les artefacts qui nous entourent. Enfin, l’action désigne l’activité qui consiste à créer et perpétuer des institutions communes, ce qui suppose des débats et des pratiques politiques qui prennent des formes variées.

Par exemple, le travail paysan relève davantage du labeur, puisqu’il implique un travail toujours recommencé. En même temps, il participe de l’œuvre – le paysan contribue au façonnement d’un paysage qui sera transmis – et de l’action, puisque le paysan s’inscrit dans des institutions proprement politiques qu’il peut contribuer à façonner. Il y a un problème lorsque le travail paysan est rabattu sur une seule de ses dimensions. Lorsque le paysan, soumis à des impératifs de rendement, est contraint de détruire la terre qu’il cultive par abus d’intrants chimiques et par généralisation de la monoculture, il ne participe plus bien à la production et à l’entretien d’une œuvre commune, le paysage. Cela a des effets environnementaux parfois désastreux, mais aussi des conséquences sociales et psychiques douloureuses et parfois mortifères.

Prenons un autre exemple ; le travail de production d’un ordinateur relève davantage de l’œuvre, puisqu’il implique de produire un bien durable et transmissible. En même temps, il participe du labeur : il faut penser les conditions d’entretien et de renouvellement de l’artefact. Il y a de nouveau un problème lorsque le travail industriel est rabattu sur l’une de ces dimensions. Le producteur qui obéit à une logique de profitabilité est conduit à confectionner des ordinateurs doublement marqués par la prolifération des gadgets et par l’obsolescence programmée. Pourtant, il est très problématique que les œuvres deviennent aussi périssables que les fruits du labeur : c’est être en-deçà de l’exigence de durabilité de l’œuvre que de devoir recommencer sans cesse, à un rythme qui s’accélère, la production d’ordinateurs, tout comme on recommence sans cesse, par exemple, le travail qui consiste à guérir des personnes malades. Par ailleurs, il est problématique, du point de vue de l’environnement, que l’industrie informatique, en l’occurrence, ne prenne pas ou mal en charge la part de labeur qui lui revient, celle de faciliter la réparation, par exemple, des ordinateurs.

Pour revenir à votre question, ces deux exemples nous enseignent qu’il est impératif, à la fois dans une perspective environnementale et dans une perspective sociale, d’assurer que toutes les activités humaines puissent accomplir leurs trois dimensions que sont l’œuvre, le labeur et l’action. Pourtant, cette question n’est pas une question technique, mais une question proprement politique. Il s’agit en effet, pour reprendre nos deux exemples, de garantir politiquement les conditions institutionnelles et matérielles dans lesquelles un industriel ou un paysan pourront accomplir au mieux leur travail d’œuvre, de labeur et d’action. Par ailleurs, la politique a pour rôle de brider et d’orienter les efforts techniques, qui, rappelons-le, sont essentiels : la technique est un trait anthropologique de l’humain.

À partir du travail d’Hannah Arendt, il est en effet possible d’identifier une démesure, une hubris, dans certaines solutions technicistes. D’une part, on pourrait être tentés de remplacer l’environnement terrestre par un environnement artificiel qui accomplirait les mêmes fonctions, en substituant aux abeilles des drones, ou aux forêts, qui permettent de tempérer le climat, des émissions de soufre dans l’atmosphère pour réduire la chaleur. D’autre part, on pourrait être tenté d’abandonner l’environnement terrestre pour un autre environnement (Mars par exemple), grâce à de multiples auxiliaires techniques. Dans les deux cas, on oublie, selon Arendt, que la Terre n’est pas notre œuvre, mais la condition de toutes nos œuvres, et plus largement de toutes nos activités : sans la Terre, les ressources qu’elle nous prodigue et les services qu’elle nous rend, nous ne pourrions produire ni drones ni fusées, et nous ne pourrions pas enrichir et transmettre le patrimoine de l’humanité. C’est donc au politique non pas d’interdire la recherche et le développement de techniques – ce serait nous amputer d’une dimension constitutive de notre humanité – mais de donner une mesure humaine, en fonction des limites planétaires, à un élan d’ hubris qui pourrait conduire à notre perte.

LVSL — Même si vous ne vous limitez pas à une approche issue de la philosophie politique pour penser la crise environnementale, une partie importante de votre ouvrage est consacrée aux perspectives normatives qui découlent de votre réflexion. Pouvez-vous nous en dresser brièvement les contours ?

A.G. — En effet, toute la troisième partie adopte une perspective normative, structurée autour du concept d’autonomie. L’autonomie désigne la capacité humaine à se donner par et pour soi-même (ce qu’indique le préfixe grec auto -) des règles et des lois (en grec, nômoi ) qui limitent et dirigent nos activités. Il me semble fondamental de s’inscrire dans la tradition philosophique héritée des Lumières, de Rousseau et de Kant pour penser l’autonomie à l’ère de la catastrophe environnementale. En effet, outre la « tyrannie verte », que je mentionnais, on retrouve dans certains discours des idées comme celles de l’« écologie punitive », des « ayatollahs de l’écologie », ou encore de « modèle Amish ». Passons outre les présupposés culturels que comportent certaines de ces formules pour prendre au sérieux les inquiétudes dont elles font part.

L’inquiétude dont témoignent ces formules est triple : c’est d’abord une inquiétude sociale, celle de voir ses capacités de vie et d’existence, à l’échelle individuelle et à l’échelle collective, diminuées drastiquement ; c’est ensuite une inquiétude politique, celle de voir la démocratie remplacée par une technocratie ou une dictature au nom des impératifs écologiques ; c’est enfin une inquiétude économique, celle de devoir renoncer à la fois aux fruits du travail humain, dont nous jouissons, et à une part du travail humain lui-même, qui est susceptible d’apporter des satisfactions dans certaines conditions, par-delà la seule question de la nécessité de travailler pour satisfaire ses besoins. À l’inquiétude d’une « écologie punitive », nous répondons par l’autonomie sociale. À l’inquiétude d’une « tyrannie verte » ou d’un pouvoir des « ayatollahs de l’écologie », nous répondons par l’autonomie politique. Enfin, à l’inquiétude de la généralisation du « modèle Amish », nous répondons par l’autonomie productive.

Esquissons brièvement ces trois points. Premièrement, il est certain que les limites planétaires impliquent une réduction à l’échelle globale des biens et des services dont nous jouissons ; cependant, cela peut être fait dans une perspective égalitariste, qui s’inscrit dans le sillage de la philosophie rousseauiste. L’idée est bien de garantir universellement l’usage de certaines capacités humaines, définies démocratiquement, en réduisant tous les excès dont jouit une minorité, au détriment du reste de la population et de la Terre. Deuxièmement, il est certain que la catastrophe environnementale implique de prendre des décisions politiques d’une ampleur inédite. Cependant, les débats philosophiques sur la figure du « monarque éclairé » nous l’enseignent : pour prendre ces décisions, mieux vaut se fier au travail collectif et démocratique, nourri par un niveau exigeant d’éducation et d’information, plutôt que de s’en remettre à une personne isolée – le « tyran vert » – ou à une oligarchie – les « ayatollahs de l’écologie ».  Troisièmement, la catastrophe environnementale nous oblige à repenser ce que nous produisons et la manière que nous avons de le produire (surproduction, externalisation de la pollution, délocalisation…). Néanmoins, cela peut être l’occasion, à condition de revoir la manière dont est partagé le pouvoir de décision concernant la production, de repenser la valeur d’usage des biens que nous produisons, par-delà leur valeur marchande.

LVSL — L’autonomie sociale, politique et productive que vous posez comme condition d’une véritable sortie de la crise environnementale est-elle également une réponse au prisme libéral traditionnel qui domine encore bon nombre de discours sur l’écologie ?

A.G. — C’est tout à fait le cas, à deux titres. Tout d’abord, l’autonomie dont il s’agit n’est pas celle qui est de plus en plus souvent exigée dans le cadre du travail, ce qui a été montré, entre autres, par Alain Ehrenberg. L’impératif libéral d’autonomie consiste à responsabiliser les individus sans jamais leur donner les moyens d’assumer cette responsabilité. Cette autonomie fictive provoque d’une part une déresponsabilisation des acteurs qui ont effectivement le pouvoir d’assumer leurs responsabilités (les administrations, les entreprises) à une échelle pertinente, et d’autre part une culpabilisation des individus. Au contraire, la triple autonomie sociale, politique et productive que je propose est une véritable autonomie, dont les conditions d’exercice sont garanties institutionnellement, donc politiquement, par différents moyens exposés dans la dernière partie de Terre brisée . Ensuite, comme je le disais, l’autonomie consiste en une volonté de se donner des règles et des objectifs communs. Autrement dit, l’autonomie se traduit politiquement par un renforcement de la législation et de la planification démocratique. À ce titre, l’autonomie s’oppose radicalement à l’idée libérale selon laquelle le marché s’autorégulerait de manière pertinente et assez rapide pour faire face aux catastrophes environnementales. L’autonomie s’oppose aussi à l’idée néolibérale suivant laquelle il suffirait de multiplier les dispositifs disciplinaires pour « inciter » les acteurs économiques à modifier leurs comportements. Fonder une politique écologique sur l’autonomie, c’est en fait contrer les effets paralysants sinon contre-productifs de solutions libérales ou néolibérales qui n’en sont pas, pour pouvoir assumer notre responsabilité, celle de répondre de la pérennité d’un monde commun, ancré sur Terre, que nous puissions partager et transmettre.

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    JO 2024: le stand de tir menace une zone naturelle protégée

    news.movim.eu / Mediapart · Saturday, 4 June - 09:43

Le comité d’organisation des Jeux olympiques envisage de construire un vaste hall de tir sportif sur la zone Natura 2000 du parc Georges-Valbon, en Seine-Saint-Denis, selon un document consulté par Mediapart.
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    Planification écologique: le gouvernement à trous

    news.movim.eu / Mediapart · Monday, 23 May - 17:25

Emmanuel Macron avait promis, pendant l’entre-deux-tours, un grand tournant écologique. Si une première ministre a été nommée pour mettre en œuvre une «planification écologique et énergétique», le nouvel organigramme fait apparaître de gros trous et quelques pedigrees étonnants.
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    «Les Antilles font partie des zones les plus menacées par la submersion marine»

    news.movim.eu / Mediapart · Monday, 16 May - 13:59

Virginie Duvat, coautrice des 5e et 6e rapports du Giec, détaille les impacts prévus du dérèglement climatique aux Antilles et plus largement sur les petites îles. Elle plaide pour une «révolution» dans les «politiques publiques».
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    Jardiner dans les ruines du capitalisme

    news.movim.eu / Mediapart · Saturday, 14 May - 13:13

Des centaines de jardins familiaux et partagés ouvrent leurs portes les 14 et 15 mai à l’occasion des 48 heures de l’agriculture urbaine. Dans un livre foisonnant et subtilement politique," "la géographe Flaminia Paddeu montre à quel point la culture vivrière en ville est une bataille pour plus de justice.
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    « L’échange écologique inégal » : destruction de la nature et accumulation du capital

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Friday, 6 May - 10:02 · 16 minutes

L’appropriation des ressources naturelles est le socle sur lequel reposent les sociétés contemporaines. Terres agricoles, forêts, eau, ressources énergétiques et minières constituent leur soubassement matériel. Cette appropriation est marquée du sceau de l’inégalité. Les pays les plus riches imposent au reste du monde une division du travail permettant d’assurer l’approvisionnement nécessaire à l’accumulation capitaliste dans les centres de l’économie-monde. Cette appropriation repose sur un mécanisme mondialisé d’exploitation et d’accaparement des ressources biophysiques – terres, eau, matières premières, biodiversité – des pays périphériques. L’échange écologique inégal soutire aux pays pauvres les ressources nécessaires à leur développement de long-terme. Pour penser l’interaction entre régime d’accumulation et destruction de la nature, la réflexion sur l’échange écologique inégal semble déterminante.

Le mode de vie des pays développés repose sur un large socle de ressources matérielles. Ce constat est d’autant plus vrai dans les pays les plus riches. Un Français moyen utilise par exemple annuellement environ 21,6 tonnes de matériaux, son empreinte eau est de 1 786 m 3 par an, soit l’équivalent du volume intérieur de deux Boeing 747, ou encore 1 600 litres de produits pétroliers. Toute la société et le mode de consommation contemporains reposent donc sur un apport constant en ressources naturelles venues du monde entier. Les enquêtes du journaliste Guillaume Pitron ont récemment mis en lumière l’impact massif du numérique en matière de consommation de ressources ou d’énergie.

Pour les pays les plus riches, les ressources biophysiques utilisées pour soutenir un mode de vie consumériste proviennent pour une part conséquente de l’étranger, tandis que le poids de l’impact environnemental est déplacé vers les pays les plus pauvres. Ainsi, la France, au même titre que nombre de pays développés, importe près de 1,5 fois plus de matières premières qu’elle n’en exporte (voir graphique). Ce constat est le même en matière d’émissions de CO 2 où l’ensemble des émissions sur le territoire français (émissions territoriales) ne représente que la moitié de l’empreinte carbone totale des consommations françaises (émissions territoriales + émissions importées – émissions exportées). De même, de nombreux indicateurs de déforestation importée liée à notre consommation de viande, de café ou de cacao, voient le jour.

Figure 1 : Importations et exportations de matières premières (en net et en prenant en compte les utilisations matérielles intermédiaires dites RME, nécessaires à l’exportation de la matière première finale)

Bien qu’à première vue hétérogènes, tous ces phénomènes répondent à une même logique qui est celle de l’échange écologique inégal.

L’échange écologique inégal comme appropriation des capacités biophysiques des pays pauvres par les pays riches

Pour bien comprendre la notion d’échange écologique inégal, une prise de recul temporelle et spatiale est nécessaire. Comme l’analyse B. Schmitt, la théorie de l’échange écologique inégal repose sur une analyse globale des rapports socio-écologiques entre les sociétés. Dans une approche braudélienne, notre système-monde est dominé depuis des siècles par la logique d’accumulation infinie du Capital dans les régions-centres du système-monde. Cette logique d’accumulation nécessite l’apport croissant de matières premières et de ressources écologiques venues des régions périphériques pour faire croître le stock de capital. L’échange écologique inégal stipule que l’exploitation et les dégradations de l’environnement dans les pays périphériques les plus pauvres sont le fruit de la logique d’accumulation des acteurs économiques dominants. Les pays dominants imposent une division du travail spatiale et hiérarchisée qui détermine et impose la circulation des flux de matière et d’énergie.

L’échange écologique inégal stipule que l’exploitation et les dégradations de l’environnement dans les pays périphériques les plus pauvres sont le fruit de la logique d’accumulation des acteurs économiques dominants.

A. Honborg (2011) définit l’échange écologique inégal comme une appropriation indue des ressources biophysiques des pays périphériques par les pays les plus riches. Ainsi, chaque année ce sont des millions de tonnes de matières premières, de térajoules d’énergie ou des millions d’hectares qui sont exploités dans les pays pauvres au service des pays les plus aisés. L’échange écologique inégal est donc caractérisé en premier lieu par des flux asymétriques de ressources biophysiques des pays pauvres vers les pays riches. L’exportation massive par les pays périphériques de leurs ressources biophysiques crée des entraves importantes à leur développement et à l’accumulation d’infrastructures et de technologies pour générer du développement économique.

L’échange écologique inégal peut aussi s’analyser comme une asymétrie dans la capacité des pays pauvres à valoriser leurs ressources écologiques. Le prix payé pour leurs ressources aux pays pauvres, qui correspond aux prix de marché des matières premières, ne reflète ni les pollutions, ni les dégradations environnementales, ni les conséquences désastreuses pour le développement des pays sur le long-terme.

L’échange écologique inégal au cœur du système colonial

L’analyse de l’échange écologique inégal passe par une analyse historique de long terme des dynamiques d’échanges des ressources biophysiques des nations. De fait, certaines formes d’échanges écologiques inégaux ont toujours existé, notamment entre ville et campagne. La ville a toujours centralisé et accumulé les ressources des campagnes avoisinantes. L’historien Fernand Braudel note ainsi que Paris consommait en 1789 près de deux millions de tonnes de bois et de charbon de bois, et utilisait pour alimenter ses boulangers en farine l’énergie de près de 2 500 moulins répartis tout le long de la Seine. Ces déséquilibres de flux de matières, observables à mille endroits – autour de telle ville, le long d’une certaine rivière ou à la frontière de tel écosystème – ne peuvent être considérés comme un fait global, c’est-à-dire mondial, qu’à partir des XVIe et XVIIe siècles avec la construction et la mise en place des systèmes coloniaux et la mise en exploitation du monde par les nations européennes.

Figure 2 – Echanges de ressources et de biens à la moitié du XVIII ème siècle

Nombreuses sont les illustrations qui mettent en évidence l’existence d’échanges écologiques inégaux au cours de la première phase d’expansion européenne, entre XVe et XVIIIe siècles. Les travaux structurants de S. G. Bunker ont par exemple décrit avec précision les cycles d’exploitation successifs que l’Amazonie a connus pour répondre aux besoins des centres d’accumulation européens. Le bois, le caoutchouc et les ressources minières ont été tour à tour exploités. Chaque cycle est caractérisé par la mise en place d’un échange écologique inégal, imposé par les pays colonisateurs. Sur place, l’extraction des ressources se fait grâce à l’exploitation et la mise en esclavage des populations indigènes locales ou amenées d’autres régions du monde. Bunker détaille comment l’ensemble des institutions économiques, juridiques et politiques, des infrastructures de transport et des termes de l’échange commercial a été mis en place pendant quatre siècles pour répondre aux intérêts économiques étrangers.

Ainsi, les conditions d’exploitation ont été élaborées pour servir des intérêts économiques extérieurs.

Ainsi, les conditions d’exploitation ont été élaborées pour servir des intérêts économiques extérieurs. C’est un constat similaire qui peut être dressé pour l’ensemble des régions sous emprise coloniale, que ce soit dans les Amériques, en Afrique ou en Asie. Les pays dominants ont imposé une division du travail visant à exploiter au maximum les ressources biophysiques des terres colonisées. Ainsi se développent les cultures intensives destinées à l’export. La production du tabac, du café, de l’indigo, du cacao puis surtout de la canne à sucre suivent cette même logique. Les structures d’exploitation des ressources imposées ont créé des sociétés fortement inégalitaires et hiérarchisées, fortement dépendantes de leur capacité à exporter les productions agricoles et minérales demandées par les centres. Les territoires colonisés fournissent aux puissances européennes les terres dont elles manquent, le travail humain via l’esclavage et les ressources écologiques locales. Au fur et à mesure que se déroule le processus d’accumulation capitaliste au sein des centres du système-monde, les frontières d’exploitation sont repoussées et de nouvelles contrées sont intégrées à l’économie-monde capitaliste.

L’échange écologique inégal comme facteur explicatif de la révolution industrielle

L’échange écologique inégal est un fait historique dûment documenté. L’accaparement des ressources écologiques et biophysiques des périphéries a joué un rôle-clé dans l’accumulation au sein des centres de gravité de l’économie-monde. Certains historiens proposent une thèse encore plus forte. Ils arguent que la capacité à mettre en place un échange écologique inégal a pu jouer une fonction déterminante dans la révolution industrielle et le boom économique des XVIIIe et XIXe siècles. Sans évoquer directement la notion d’échange écologique inégal, c’est bien un argument de ce type que propose l’historien K. Pomeranz dans son livre La grande divergence . À partir d’une comparaison entre deux régions du monde en 1750, l’Angleterre et la vallée du delta du Yangzi en Chine, il met en évidence le rôle-clé joué par l’exploitation à la fois des colonies et des ressources en charbon du sous-sol pour expliquer la divergence économique qui a eu lieu entre ces deux régions et la naissance de la révolution industrielle en Angleterre. Selon lui ce qui explique la « grande divergence » en matière de développement économique entre ces deux régions, ce ne sont ni les différences géographiques et écologiques, ni les différences institutionnelles, ni l’organisation des marchés ou des familles, ni les différences de niveau ou d’espérance de vie, ni le niveau technologique et la productivité agricole, mais bel et bien la capacité de l’Angleterre à échapper à ses contraintes naturelles en exploitant le charbon des sous-sols ainsi que les terres et les ressources de ses colonies.

[Certains historiens] arguent que la capacité à mettre en place un échange écologique inégal a pu jouer une fonction déterminante dans la révolution industrielle et le boom économique des XVIIIe et XIXe siècles.»

Alors que la Chine a été obligée, face à sa croissance démographique, d’intensifier la production agricole en augmentant la part du travail humain par hectare, l’Angleterre a déplacé les secteurs intensifs en travail humain et en terres au sein de ses colonies, et ainsi délocalisé la production intensive en travail. Cette thèse entre en résonance avec celle des « hectares-fantômes ». Ce sont l’ensemble des surfaces terrestres que l’Angleterre a économisées en utilisant le charbon de son sous-sol et les ressources biophysiques de ses colonies. Grâce à l’exploitation du charbon et la mise en place d’un échange écologique inégal avec ses périphéries, l’Angleterre a dépassé ses contraintes écologiques et consommé bien plus de ressources écologiques et énergétiques qu’initialement permises par ses capacités biophysiques propres (ressource en bois et rivière en premier lieu).

L’échange écologique inégal s’illustre parfaitement avec l’exemple de l’industrie du textile britannique. L’industrie textile repose sur l’utilisation massives de terres dans les colonies pour faire pousser le coton. Un exemple concret vient corroborer cette allégation. A. Hornborg (2011) indique qu’en « 1850, en échangeant sur le marché mondial 1 000 livres de textiles contre 1 000 livres de coton provenant de ses colonies, la Grande-Bretagne échangeait en fait 4 092 heures de travail britannique contre 32 619 heures de travail à l’étranger, soit un gain de près de 700%, et l’usage de moins d’un hectare de terres britanniques contre l’usage de 58,6 hectares de terres à l’étranger. ». Par ailleurs, au sein des colonies, la Grande-Bretagne met en place un ensemble d’institutions permettant l’émergence de l’échange écologique inégal : société esclavagiste, hiérarchisée et tournée vers la satisfaction des besoins de la métropole, sans prendre en compte le développement propre des régions exploitées. Le coton cultivé requiert plus de travail humain et appauvrit les sols, contribuant ainsi à la dégradation environnementale des périphéries.

L’échange écologique inégal, plus présent que jamais

L’asymétrie des flux biophysiques n’a cessé depuis de se renforcer et de s’accroître à travers les décennies et les siècles. De plus en plus de régions sont constamment intégrées au système-monde pour répondre aux besoins exponentiels des centres d’accumulation. Aux centres d’accumulation historiques (Europe et Etats-Unis) sont venus s’ajouter de nouveaux acteurs importateurs nets de ressources écologiques, contribuant à la mise en exploitation de l’intégralité du globe. Ces nouveaux centres s’ajoutant aux premiers sont en particulier les pays du Golfe ou l’Est asiatique. La division internationale du travail assujettit de nombreux pays à rester éternellement exportateurs nets de contenu écologique pour les pays les plus riches. Ce constat s’articule au sein de nombreux domaines de recherches et courants théoriques et idéologiques : post-colonialisme, ingérences étrangères dans les pays les plus pauvres, exploitation des ressources par les multinationales, impérialisme.

Figure 3 – Avancée du front de déforestation au Pérou sous la poussée des cultures exigeantes du café, province du Junin

Recul de la ligne de frondaison des forêts au bénéfice des cultures de café et de cacao, exploitation de gisements miniers toujours plus importants et polluants aux quatre coins du monde dont le projet de Montagne d’or en Guyane n’était que le dernier exemple, épuisement des ressources halieutiques par les flottes de pêche des pays dominants. Les illustrations de cette mise en exploitation du monde au bénéfice des centres d’accumulation ne manquent pas. Ce fait global a été récemment mis en évidence de manière empirique et systématique dans une étude mondiale concernant les flux de ressources biophysiques. Ainsi, une vaste enquête (Dorninger et al.,2021) démontre que l’échange écologique inégal est un fait empirique prouvé des 25 dernières années et que la valorisation des ressources écologiques est bien plus faible pour les exportations des pays les plus pauvres. À l’exception de l’Inde et de la Chine, l’ensemble des pays du monde sont des exportateurs nets de ressources vers les pays les plus riches du monde (peu ou prou ceux de l’OCDE). L’échange écologique inégal leur permet simultanément de s’approprier les ressources écologiques indispensables à l’accumulation de capital et de réaliser un gain monétaire net grâce à l’échange international. Ainsi, la valeur ajoutée par tonne d’une matière première extraite dans un pays riche est 11 fois plus importante que celle de la même matière première extraite dans les autres pays.

Le graphique ci-dessous, tiré de l’étude susmentionnée, illustre ces transferts de ressources biophysiques entre pays riches (HI : high-income), moyennement riches (UMI), moyennement pauvres (LMI), et pauvres (LI) auxquels on ajoute la Chine (CHN) et l’Inde (IND). Le graphique (a) représente les transferts en termes d’empreintes matières, le (b) en matière d’énergie incorporée dans les exportations, le (c) en matière d’utilisation incorporée de terre et le (d) en matière de travail incorporé. Pour chaque indicateur on observe des flux nets allant des pays pauvres vers les pays les plus riches, illustrant parfaitement le concept d’échange écologique inégal. Enfin le dernier graphique met en évidence le gain à l’échange des pays les plus riches en terme de valeur ajoutée nette de l’échange de ressources biophysiques, alors même qu’en valeur absolue, ils en importent bien plus qu’ils n’en exportent.

Figure 4 – Flux de matériaux, d’énergie, d’hectares et de travail incorporés entre groupes de pays par niveau de vie, Dorninger et al.

Quelles implications de l’échange écologique inégal ?

L’échange écologique inégal est donc un fait empirique majeur de l’histoire des sociétés depuis plusieurs siècles. Sa conceptualisation recoupe et synthétise un grand nombre de concepts et de courants théoriques et idéologiques. Par ailleurs, il offre des éclairages nouveaux ou complémentaires sur différentes hypothèses-clés de la réflexion sur les interactions entre les sociétés capitalistes modernes et l’environnement. En particulier, il entre en résonance avec la théorie marxiste de la rupture métabolique, issue des travaux de Marx sur les liens entre agriculture et capitalisme. L’hypothèse de la rupture métabolique énonce l’idée que la production capitaliste « épuise en même temps les deux sources d’où proviennent toute richesse : la terre et le travailleur » et qu’il existe une rupture métabolique entre les lieux de production des conditions matérielles d’existence (les campagnes) et de consommation de celle-ci (les villes). Par ailleurs, le support de la croissance capitaliste est un support biophysique fixe qui occasionne un échange à somme nulle de ressources écologiques entre les pays. La notion d’échange écologique inégal vient alors parfaitement s’articuler autour de la question de la possibilité d’un capitalisme sans croissance ou stationnaire.

Ainsi, et ce depuis des siècles, les pays les plus riches imposent au reste du monde une division du travail permettant d’assurer l’approvisionnement en ressources nécessaires à l’accumulation capitaliste dans les centres de l’économie-monde. Cette appropriation ne se fait pas au travers d’un échange d’égal à égal mais repose sur un mécanisme mondialisé d’exploitation et d’accaparation des ressources biophysiques, terres, eau, matières premières, biodiversité, des pays périphériques. L’échange écologique inégal soutire aux pays en développement les ressources pourtant nécessaires à leur développement de long-terme et accroit les inégalités entre pays. Pour penser la crise de la biodiversité et des baisses des contributions de la nature aux sociétés, la réflexion sur l’échange écologique inégal semble pour l’instant indépassable.

Bibliographie :

Bunker, Stephen. 2003. « Matter, Space, Energy, and Political Economy: The Amazon in the World-System ». Journal of World-Systems Research , août, 219‑58. https://doi.org/10.5195/jwsr.2003.241 .

Dorninger, Christian, Alf Hornborg, David J. Abson, Henrik von Wehrden, Anke Schaffartzik, Stefan Giljum, John-Oliver Engler, Robert L. Feller, Klaus Hubacek, et Hanspeter Wieland. 2021. « Global Patterns of Ecologically Unequal Exchange: Implications for Sustainability in the 21st Century ». Ecological Economics 179 (janvier): 106824. https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2020.106824 .

Hornborg, Alf. 1998. « Towards an Ecological Theory of Unequal Exchange: Articulating World System Theory and Ecological Economics ». Ecological Economics 25 (1): 127‑36. https://doi.org/10.1016/S0921-8009(97)00100-6 .

Schmitt, Boris. 2016. « Exploitation des ressources naturelles et échange écologique inégal : une approche globale de la dette écologique ». VertigO , n o Hors-série 26 (septembre). https://doi.org/10.4000/vertigo.17522 .

Pomeranz, Kenneth. The Great Divergence: China, Europe, and the Making of the Modern World Economy . NED-New edition. Vol. 117. Princeton University Press, 2021. https://doi.org/10.2307/j.ctv161f3dr.