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    Glyphosate: Montchalin justifie son vote contre l'interdiction en 2018, la gauche s'étouffe

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 10:11 · 4 minutes

Montchalin justifie son vote contre l'interdiction du glyphosate en 2018, la gauche s'étouffe (Amélie de Montchalin le 23 mai 2022 par REUTERS/Christian Hartmann) Montchalin justifie son vote contre l'interdiction du glyphosate en 2018, la gauche s'étouffe (Amélie de Montchalin le 23 mai 2022 par REUTERS/Christian Hartmann)

ENVIRONNEMENT - Elle “assume” et ne regrette pas son choix. Amélie de Montchalin , ancienne ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, et désormais ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires , était au micro de France Inter ce mardi 24 mai au matin.

À cette occasion elle était interrogée sur son choix, en 2018, de voter contre un amendement qui visait à interdire le glyphosate , classé comme “cancérogène probable” par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2021. Une décision qu’elle dit “assumer” aujourd’hui, car elle l’a fait pour “ne laisser personne sans solution”.

“Sur le glyphosate, j’assume. C’est précisément la méthode que nous voulons pousser: on agit en Européen, on agit pour ne laisser personne sans solution. Oui, on fait de la recherche, on cherche des alternatives, on fait des investissements. Le plan France 2030, il y a des investissements en milliards pour qu’on ait des nouvelles techniques, pratiques, solutions, pour que nous puissions sortir des pesticides et autres”, a justifié la ministre de la Transition écologique.

Elle poursuit ainsi:

“Je ne regrette pas une chose: d’avoir considéré que ce sujet était européen. À l’époque, souvenez-vous, la France s’était battue pour que le glyphosate soit au maximum autorisé pour cinq ans - ça va arriver en 2023 - plutôt que pour dix ans. Oui, en tant que député, j’avais fait un choix tout à fait assumé: nous ne pouvons pas faire cavalier seul pour n’importe quel domaine que ce soit, sinon c’est notre économie, ce sont nos agriculteurs, que nous laissons dans la panade.

Amélie de Montchalin précise par ailleurs que “pendant des années, on a imposé à nos agriculteurs des normes qui n’étaient pas imposées ailleurs. Le résultat: on a importé des produits qui n’appliquaient pas les normes, les Français consommaient des choses qui contenaient des produits qui n’étaient potentiellement pas autorisés en France”.

La gauche s’étrangle

Des explications qui sont loin de convaincre la gauche qui estime que les arguments de la ministre ne sont pas fondés et que les progrès en la matière ne sont pas visibles.

“Montchalin ment. L’interdiction du glyphosate, ça devait être tout de suite. Macron a cédé pour dans 3 ans, puis pour dans 5 ans. Et dans 5 ans, juste un réexamen de la situation. Macron ne pèse rien en Europe”, dénonce Jean-Luc Mélenchon, candidat Premier ministre Nupes.

“La ministre de l’Écologie qui assume son vote contre l’interdiction du Glyphosate. On est bien là”, tweete la candidate Nupes aux législatives à Paris Sandrine Rousseau.

“Mon amendement sur le glyphosate, contre lequel vous avez voté en 2018, comportait toutes les dérogations nécessaires pour ne laisser aucun agriculteur sans solution”, contre le député écolo Matthieu Orphelin.

“Pardon Amélie de Montchalin, mais le bilan de votre méthode: c’est l’inaction sur le climat comme sur le glyphosate. On consomme autant de glyphosate qu’au début du quinquennat précédent”, répond l’écologiste Samuel Leré, graphique sur l’évolution des quantités de glyphosate vendues à l’appui.

En 2018, 11 députés LREM avaient voté pour et 34 contre sur un total de 35 voix pour et 42 contre. La présence d’Amélie de Montchalin au ministère de la Transition écologique n’est pas la seule à faire grincer des dents. Marc Fesneau , nouveau ministre de l’Agriculture, a, lui aussi, voté en 2018 contre l’interdiction du glyphosate. C’est également lui qui, dans un article de Challenges en 2020, avait traité les écolos et les vegan de “fous dangereux”.

À voir également sur Le HuffPost: Le combat de Tran To Nga, victime de l’agent orange, face à l’industrie agrochimique

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    Comment va fonctionner la Transition écologique au gouvernement?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 04:30 · 4 minutes

Pas de star mais un trio techno: Comment va fonctionner la Transition écologique sous Borne Pas de star mais un trio techno: Comment va fonctionner la Transition écologique sous Borne

POLITIQUE - Comme une rentrée. Le Conseil des ministres se réunit pour la première fois sous l’ère Elisabeth Borne ce lundi 23 mai à l’Elysée. Tous, des poids lourds reconduits aux petits nouveaux fraîchement nommés, seront autour de la table à l’Élysée pour évoquer les premiers enjeux du deuxième quinquennat d’ Emmanuel Macron.

Au programme: école, santé, pouvoir d’achat et, bien sûr, transition écologique. “Les priorités tracées par le président de la République”, rappelle la cheffe du gouvernement, dimanche dans le JDD . Parmi les nouveautés , c’est elle, la Première ministre qui est directement chargée, comme l’indique son intitulé, de chapeauter la “Planification écologique et énergétique”.

C’était une des promesses du chef de l’Etat, alors candidat, annoncée à Marseille dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, au détour d’ un discours entièrement consacré à la lutte contre le dérèglement climatique . Mais concrètement, comment les choses vont-elles s’articuler? Qui va s’occuper de quoi?

Borne distribue les rôles

Elisabeth Borne peut compter sur deux ministres ”à ses côtés”, ainsi qu’un secrétaire général pour engager une politique à même de rendre la France neutre en carbone en 2050. C’est l’objectif.

D’un côté, Amélie de Montchalin, déjà ministre de la Fonction Publique dans le gouvernement Castex, est chargée de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. De l’autre, Agnès Pannier-Runacher s’occupe de la Transition énergétique, après un passage à Bercy au chevet des industries. Et pour compléter le casting, Antoine Pellion s’installe à Matignon au poste de secrétaire général à la Planification écologique.

En attendant la définition concrète de leurs attributions, Elisabeth Borne a déjà distribué les rôles dans son entretien au Journal du Dimanche . Amélie de Montchalin sera en lien avec les collectivités territoriales pour “soutenir des projets d’aménagement en évitant les consommations excessives de ressources naturelles” ou “accompagner les mobilités propres” ou “la rénovation des bâtiments”.

Agnès Pannier-Runacher sera, comme son titre l’indique, tournée vers la production énergétique. Elle “aura pour mission de sortir la France des énergies fossiles”, détaille la Première ministre, de “mener une politique fondée sur le renouvelable et le nucléaire” et de travailler sur les économies d’énergie. Enfin, Antoine Peillon va devoir s’assurer “que chaque ministre porte dans son champ d’action l’ambition en matière de transition écologique.” Une sorte de lien entre les différents responsables gouvernementaux et leurs administrations.

Les écologistes ne sont pas conquis

Car c’est la volonté d’Emmanuel Macron et d’Elisabeth Borne: les enjeux écologiques doivent “irriguer” l’ensemble des politiques menées par le gouvernement. “L’écologie doit être au cœur de toutes les politiques”, expliquait déjà le chef de l’État à Marseille en prônant ce “changement de paradigme.”

C’est chose faite, dans la structure en tout cas. Exit la nomination d’une personnalité, ou le débauchage d’un élu écologiste pour incarner la lutte contre le dérèglement climatique. Le président de la République compte désormais sur ce trio – ou ce quatuor – de responsables au profil “techno”, très peu connu du grand public, à l’exception d’Elisabeth Borne. La bonne formule pour accélérer le mouvement à l’heure où tous les indicateurs passent au rouge?

C’est ce que pense Pascal Canfin. “Si on veut accélérer de manière concrète, pragmatique, on a besoin de gens qui ne sont pas des écolos rêveurs mais qui savent soulever le capot, parler aux industriels”, a estimé l’eurodéputé LREM, ancien cadre d’Europe-Ecologie les Verts ce dimanche sur France inter. Difficile également de ne pas se souvenir des difficultés auxquelles Nicolas Hulot, un poids lourds médiatique mais sans relais politiques, a fait face pour gagner des arbitrages et imposer sa vision.

Il n’empêche, les associations de défense du Climat ne sont pas franchement conquises par la tournure des choses. Questions de profils, justement. “On cherche encore les écologistes au gouvernement”, a par exemple réagi le directeur de Greenpeace, Jean-François Julliard, vendredi sur franceinfo, en ajoutant, à propos du tandem Montchalin-Pannier-Runacher: “Elles sont plutôt dans le moule de ce qu’on a vu des gouvernements précédents, qui n’a pas été bon.”

À voir également sur le HuffPost : L’annonce du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne

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    Australie: Anthony Albanese, futur Premier ministre et miraculé

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 15:15 · 4 minutes

Après pratiquement une décennie sans gouvernement travailliste en Australie, Anthony Albanese, Italo-Australien ayant survécu à un terrible accident de voiture, a mené le Après pratiquement une décennie sans gouvernement travailliste en Australie, Anthony Albanese, Italo-Australien ayant survécu à un terrible accident de voiture, a mené le "Labour" à la victoire face au sortant Scott Morrison.

AUSTRALIE - Cela faisait pratiquement dix ans que les libéraux étaient au pouvoir en Australie, notamment avec Scott Morrison , l’homme de l’affaire des sous-marins décommandés à la France . Mais ce samedi 21 mai, c’est bel et bien le camp travailliste qui l’a emporté lors des élections législatives, portant au pouvoir un miraculé: Anthony Albanese.

Le prochain Premier ministre de l’Australie est en effet un homme du peuple et un dirigeant politique qui a survécu à un accident de la route en plus d’avoir su redresser le Parti travailliste jusqu’à le mener à une victoire sur le fil. “J’ai pensé que c’était la fin”, a récemment raconté Anthony Albanese en décrivant son hospitalisation dans un état critique l’an dernier, après une collision entre sa voiture et un véhicule tout-terrain conduit par un adolescent.

À l’époque, les travaillistes étaient à la traîne dans les sondages, loin derrière les conservateurs du Premier ministre Scott Morrison. Mais celui qui est surnommé “Albo” par ses partisans a expliqué qu’avoir frôlé la mort lui a donné l’énergie nécessaire pour tout changer.

Des origines modestes et éduqué par une mère seule

À 59 ans, il peut aujourd’hui se vanter d’un rétablissement sur tous les fronts. Il a retrouvé la santé, consolidé son autorité à la tête de son parti, et perdu 18 kilos. Ses costumes sont devenus plus chics, et il a troqué ses lunettes métalliques de bouquiniste pour des montures noires à la “Mad Men”.

Surtout, il ramène au pouvoir les travaillistes après une course en tête depuis plus d’un an dans les sondages, grâce à des attaques ciblées contre la gestion gouvernementale de la pandémie de Covid et des incendies catastrophiques pendant l’été austral 2020.

L’apogée d’un long parcours politique. Car avant cela, Anthony Albanese avait été élu au parlement pour la première fois en 1996. À l’époque, il avait dédié son premier discours à sa mère, Maryanne Ellery, qui l’avait élevé seule dans un logement social de Sydney “dans des circonstances économiques très difficiles”.

Militant travailliste depuis le lycée, premier membre de sa famille à étudier à l’université, il affirme que ses origines ouvrières ont façonné sa vision du monde. “Cela en dit long sur ce pays”, a-t-il déclaré en votant samedi, la voix fendue par l’émotion, “que quelqu’un avec mes origines puisse se tenir devant vous aujourd’hui, en espérant être élu Premier ministre de ce pays”.

Retrouvailles avec un père absent

Anthony Albanese a raconté que sa mère, catholique, avait décidé de lui donner le nom de son père, même s’ils ne s’étaient jamais mariés et n’avaient jamais vécu ensemble. “J’ai été élevé en croyant qu’il était mort”, a-t-il expliqué. “Cela en dit long sur la pression qui était exercée sur les femmes”.

Après la naissance en 2000 de son fils unique, Nathan, “Albo” s’était lancé à la recherche de son propre père, Carlo Albanese, avec une vieille photographie pour seul indice. Il l’avait finalement retrouvé dans sa ville d’origine, Barletta, en Italie, et s’était réconcilié avec lui avant sa mort en 2014. “La dernière conversation que nous avons eue, c’était pour se dire qu’on était contents de s’être retrouvés”, a-t-il confié.

Anthony Albanese sera d’ailleurs le premier chef du gouvernement australien à porter un nom de famille autre qu’anglo-saxon ou celtique.

Quant à son parcours politique, après avoir gravi les rangs du Parti travailliste, “Albo” était devenu ministre des Transports en 2007 lors de l’arrivée au pouvoir de Kevin Rudd, conservant ce portefeuille sous la Première ministre suivante, Julia Gillard. Il était finalement devenu leader de l’opposition après la déroute des travaillistes aux élections de 2019.

Quid de son programme en matière d’écologie?

Dans l’impossibilité de parcourir le pays pendant la pandémie, Anthony Albanese a néanmoins réussi à se faire connaître des électeurs. Pendant sa campagne, il a séché devant des journalistes qui l’avaient piégé en lui demandant quel était le taux de chômage en Australie et le taux directeur de la banque centrale. Mais il a relativisé ce faux pas. “Tout le monde se trompe dans la vie. La question est de savoir si l’on peut en tirer les leçons. Ce gouvernement ne cesse de répéter les mêmes erreurs”, avait-il dit.

Il a promis de mettre en place un puissant organisme anticorruption, d’augmenter le salaire minimum au gré de l’inflation et de réduire de 43% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Dans son discours de victoire, il a aussi promis de transformer l’Australie en “super-puissance” des énergies renouvelables.

Il s’est, jusqu’à présent, abstenu de dire s’il comptait renoncer au charbon ou interdire l’ouverture de nouvelles mines, un secteur dont dépend encore lourdement l’économie du pays.

À voir également sur le HuffPost : Réchauffement climatique: aux pôles, l’autre catastrophe qui passe inaperçue

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    Cette subvention de Xavier Bertrand à une asso anti-éolienne passe très mal

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 5 days ago - 15:43 · 3 minutes

Xavier Betrand indique vouloir défendre le Xavier Betrand indique vouloir défendre le "pot de terre des association locales anti-éoliennes contre "le pot de fer" des promoteurs de l'éolien. (Photo d'illustration)

POLITIQUE - La région Hauts-de-France, présidée par Xavier Bertrand (LR), a voté ce jeudi 19 mai à Amiens une subvention de 40.000 euros pour 2022 en faveur de la fédération “Stop Éoliennes Hauts-de-France ”, provoquant l’ire de l’opposition de gauche qui a dénoncé une “honte”.

Une “convention pluriannuelle d’objectifs et de moyens pour la période 2022/2024” a été conclue entre la Région et cette association prévoyant des subventions de 60.000 euros en 2023 et de 70.000 en 2024.

Dans les Hauts-de-France “qui représentent 6% du territoire national, on a 30% du nombre de mâts en France, c’est beaucoup trop. Nous sommes largement contributeurs à la production d’électricité éolienne . Il faut arrêter. Les populations n’en peuvent plus”, a expliqué à l’AFP Christophe Coulon, vice-président en charge de la ruralité.

“Un président de région ne devrait pas faire cela”

“Personne au conseil régional n’est climatosceptique. Tout le monde est convaincu de la nécessité de décarboner notre mix énergétique, mais tout est une question de proportion”, a-t-il ajouté, précisant que ce financement servira à “diffuser de l’information, mener des études pour éclairer la population, les élus, et éventuellement former des recours” en justice.

L’éolien “permet de réduire les gaz à effet de serre, créé du gain, de l’emploi... Des intérêts qu’on ne met jamais en valeur. Le débat, c’est ‘les éoliennes, c’est beau ou pas beau’, mais ce n’est pas le sujet! Le sujet, c’est le dérèglement climatique et là on veut reculer”, s’est insurgé de son côté Thomas Hutin, conseiller régional écologiste. Pour l’élu, “un président de région ne devrait pas faire cela” et regrette au passage des indicateurs de suivi de l’association “faméliques” pour de telles subventions.

La diffusion d’une vidéo sur Facebook par l’association “Stop Éoliennes Hauts-de-France” avec une figure climatosceptique connue a également été évoquée pour prouver les positions rétrogrades sur le climat de l’organisation créée en 2022.

“L’éolien, basta”, répond Xavier Betrand

“On va faire une demande de contrôle de légalité au préfet pour savoir si cette délibération est dans les clous”, a annoncé Katy Vuylsteker, conseillère régionale écologiste, pointant le choix d’un financement à une association aussi jeune et dénonçant “l’obsession anti-éolienne” de Xavier Bertrand.

Ce dernier s’est défendu des critiques en mettant en avant d’autres moyens de freiner le réchauffement climatique: “Il n’y a pas ceux qui veulent tenir compte du réchauffement et les autres. J’ai 4 enfants, je sais qu’elle est ma responsabilité. Deux degrés ce n’est pas possible et pas pensable”, a-t-il rétorqué avant d’ajouter “mais l’éolien, basta. Il y a d’autres moyens”.

“Stop Éoliennes Hauts-de-France” se présente comme une fédération régionale  “qui a pour objectif de fédérer les associations des Hauts-de-France qui luttent contre le développement éolien dans cette région”.

À voir également sur Le HuffPost: Peut-on se passer des éoliennes comme le propose Marine Le Pen ?

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    Élisabeth Borne peut-elle réussir à Matignon là où elle a échoué à la Transition écologique?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 12:47 · 4 minutes

Elisabeth Borne photographiée à l'Élysée le 16 mai, après sa nomination comme cheffe de gouvernement. Elisabeth Borne photographiée à l'Élysée le 16 mai, après sa nomination comme cheffe de gouvernement.

POLITIQUE - “La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas”. Durant l’entre-deux tours à Marseille, le candidat Emmanuel Macron annonçait la couleur: verte. Lui réélu, il mettrait la défense de l’environnement au cœur de son action politique, en donnant le mandat à Matignon de piloter la “planification écologique” . C’est donc à Élisabeth Borne , nommée Première ministre ce lundi 16 mai, que revient cette charge.

Ce qu’elle a évoqué d’emblée, affirmant lors de son premier discours en qualité de cheffe de gouvernement qu’il fallait “agir plus vite et plus fort” face au “défi climatique et écologique”. Son passage au ministère de la Transition écologique faisait d’ailleurs partie des signes qui annonçaient sa nomination, puisqu’il était admis que le chef de l’État cherchait un candidat affichant un profil ”écolo” pour le poste.

Pourtant, son bilan à l’Hôtel de Roquelaure (où elle était en poste de juillet 2019 à juillet 2020) a fait l’objet de critiques. En cause, les difficultés propres à ce ministère compliqué (qui ont poussé Nicolas Hulot à la démission en 2018) qui ont fortement limité ses marges de manœuvre.

Arbitrages défavorables face à Bruno Le Maire

Le recul de deux ans de l’interdiction du glyphosate? C’est sous Élisabeth Borne qu’il a été acté. La baisse du budget alloué à la rénovation énergétique? Sous Élisabeth Borne. Le courroux du Conseil d’État contre le gouvernement au sujet de la baisse (insuffisante) de la pollution de l’air? C’est (aussi) sous Élisabeth Borne. Entre 2018 et 2019, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 0,9%. Insuffisant pour tenir la trajectoire... fixée par le gouvernement. Des difficultés expliquées à cette époque par son incapacité à gagner des arbitrages face à Bercy, avec la bénédiction du Premier ministre d’alors.

“Elle était à la Transition écologique sous Édouard Philippe, ce n’était pas facile. L’écologie, ce n’était pas vraiment son truc”, souffle au HuffPost un conseiller ministériel, rappelant que le maire du Havre a un temps officié comme lobbyiste pour le groupe nucléaire Areva. “C’était compliqué pour elle de peser face à Bruno Le Maire. Elle s’est retrouvée dans des contradictions qui montrent bien que l’on reste dans la politique des petits pas, comme l’avait dénoncé Nicolas Hulot. Elle a fait ce qu’elle a pu”, analysait à cette époque Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, cité par Le Monde .

Un bilan contrebalancé par son passage au ministère des Transports, au cours duquel elle a lancé le “ plan vélo ” en décembre 2017. “Quand on sait que 75% des déplacements font moins de 5 km, il faut arrêter de regarder le vélo avec condescendance en considérant que c’est un sujet mineur”, avait-elle déclaré en clôture des Assises nationales de la mobilité. Trois ans plus tard, alors au ministère de la Transition écologique, Élisabeth Borne triplait le budget de ce plan, perçu par certains acteurs comme une réussite.

Le boulet de l’inflation

Désormais cheffe du (futur) gouvernement, Élisabeth Borne peut-elle désormais réellement aller “plus fort et plus vite” vers la transition écologique? “La différence maintenant, c’est qu’elle est Première ministre. C’est elle qui aura des arbitrages à donner”, veut croire une source ministérielle, précisant que l’intéressée “connaît, comme Jean Castex, la machine de l’État sur le bout des doigts, ce qui lui confère une bonne marge de manœuvre sur la conduite des politiques publiques et qui lui permettra d’agir à différentes échelles”.

En outre, elle aura à conduire une équipe gouvernementale qui devrait compter de nouveaux ministères aux périmètres justement redéfinis pour intégrer la dimension écolo dans leurs politiques, dont deux qui lui spécialement rattachés. Une position stratégique qui lui donnerait donc toutes les cartes pour aller plus loin que lors de son passage à la Transition écologique.

À la condition que le chef de l’État la soutienne pleinement, dans un contexte économique fragilisé par la crise sanitaire et la guerre en Ukraine. “Elle va mécaniquement être tiraillée entre la maîtrise de l’inflation et l’investissement dans l’écologie. Ça risque donc de bagarrer fort avec Bercy. Si Macron pousse pour la planification écologique avec la foi des convertis, ça peut le faire. Dans le cas inverse, ça s’annonce compliqué pour elle sur ce sujet”, note un conseiller.

Si Élisabeth Borne est désormais libérée des contraintes (lourdes) qui pèsent sur un ministre de la Transition écologique, elle devrait rester toutefois confrontée à des impératifs qui devraient limiter, encore, ses marges de manœuvre. Jusqu’à quel point? Tout dépendra de l’ambition du président de la République en termes de “planification écologique”. Laquelle reste particulièrement floue à ce stade.

À voir également sur Le HuffPost: Les 3 questions que soulève la nomination d’Élisabeth Borne à Matignon

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    Qu’a fait Élisabeth Borne pour l’environnement ?

    news.movim.eu / Numerama · 7 days ago - 10:14

Élisabeth Borne a été nommée Première ministre, le 16 mai 2022. Elle est la deuxième femme à ce poste. Ses compétences concernent notamment les sujets écologiques. Mais avait-elle été efficace au poste de ministre de la Transition écologique ? [Lire la suite]

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    Élisabeth Borne face au défi d'une "planification écologique" encore floue

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 04:15 · 3 minutes

ENVIRONNEMENT - C’est officiel, Élisabeth Borne a été nommée Première ministre par Emmanuel Macron ce lundi 16 mai. Sa première tâche sera donc de former un nouveau gouvernement dans lequel deux nouveaux ministres délégués devraient faire leur apparition: l’un chargé de la planification énergétique, l’autre de la planification écologique territoriale.

Deux ministres pour l’environnement, c’est une première. Mais plus globalement, Élisabeth Borne sera chargée de la “ planification écologique ”. Expression empruntée à Jean-Luc Mélenchon , c’était l’une des promesses d’Emmanuel Macron lors de l’entre-deux-tours. Une mission qui comprend de nombreux défis, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en haut de l’article.

Un premier quinquennat mitigé

En ligne de mire: la neutralité carbone à atteindre d’ici à 2050 et inscrite dans la “ Stratégie nationale bas carbone ” (SNBC). Elle comprend plusieurs objectifs :

  • Décarboner complètement l’énergie à l’horizon 2050 notamment grâce au renouvelable
  • Réduire de moitié les consommations d’énergie avec
    • des équipements plus efficaces
    • des modes de vie plus sobres (ex : prendre votre vélo si vous habitez en ville)
  • Réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre
    • du secteur agricole (-46% par rapport à 2015)
    • du secteur industriel (-81% par rapport à 2015)
  • Permettre l’absorption des gaz à effet de serre
    • en limitant l’artificialisation des sols
    • en développant nos forêts
    • en ayant recours à des technologies de capture et stockage du carbone

Le problème c’est que lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, les politiques publiques mises en place n’ont pas été à la hauteur. Dans son rapport de juin 2021 , le Haut Conseil pour le Climat “constate une amélioration mitigée du rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre et du suivi des politiques publiques. Ces dernières sont encore insuffisamment alignées sur la trajectoire de réduction des émissions prévue par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), alors que les objectifs européens vont demander un rehaussement des efforts au niveau national.”

Pour Benoît Leguet, directeur général de l’Institut économique pour le climat (I4CE), “il va falloir répondre à cette question très concrète: comment les Français vivent-ils dans une France neutre en carbone et adaptée au changement climatique ? Ce n’est pas le seul ministère de la Transition écologique qui doit être en charge de la planification écologique, c‘est l’ensemble de ministères: Finances, Agriculture, Logement, etc.”

La planification écologique au cœur du nouveau gouvernement

Afin de respecter les objectifs de la SNBC, Emmanuel Macron veut changer de stratégie pour ce nouveau quinquennat . C’est pour cette raison que la nouvelle Première ministre sera en charge de la planification écologique. Le problème, c’est que l’on ne connaît pas encore les enjeux précis qui seront définis par le nouveau gouvernement. Par ailleurs, durant la campagne présidentielle, le Shift Project avait analysé le programme du candidat Macron et si celui-ci va dans le bon sens, les promesses faites restent floues, notamment concernant leur financement permettant d’atteindre les objectifs fixés.

“Il faut agir plus vite et plus fort” face au “défi climatique et écologique”, a d’ailleurs reconnu Elisabeth Borne dans son allocution de Première ministre à l’issue de la passation de pouvoir avec Emmanuel Macron. C’est désormais sa mission.

À voir également sur Le HuffPost: “Un certain malaise démocratique”: les mots de Fabius à Emmanuel Macron

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    Un pas de plus vers l’interdiction des voitures thermiques en 2035

    news.movim.eu / Numerama · Thursday, 12 May - 15:29

Avec 46 voix pour, 40 contre et 2 abstentions, la commission environnement du Parlement européen vient d’approuver la fin des véhicules thermiques pour 2035. [Lire la suite]

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