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    Hoshi interpelle Élisabeth Borne, deux ans après sa plainte pour harcèlement lesbophobe

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 10:29 · 2 minutes

Hoshi, ici aux Victoires de la musique, en février 2022. Hoshi, ici aux Victoires de la musique, en février 2022.

HARCÈLEMENT - Ça ne peut plus durer. Ce jeudi 26 mai, Hoshi a une nouvelle fois pris la parole sur Twitter pour dénoncer le harcèlement lesbophobe et les menaces de mort qu’elle reçoit sur les réseaux sociaux, interpellant par là même le gouvernement et sa responsable, Élisabeth Borne.

“Je fais bonne figure. J’ignore. J’essaye d’être forte, mais voilà ce que je reçois encore fréquemment. La justice est lente, très lente”, écrit la chanteuse en légende d’une série de captures d’écrans des messages de haine qu’elle a reçus d’un utilisateur sur Instagram.

Ce dernier est violent dans les mots et emploie à plusieurs reprises des émojis symbolisant des armes. “Je vis avec la peur quotidienne que l’un d’entre eux passe à l’acte. Comptez-vous agir?”, demande l’interprète de Ta marinière à Emmanuel Macron et sa Première ministre qu’elle a identifiés dans son message.

Comme le signale Hoshi, le harcèlement dont elle est victime ne date pas d’hier. Il a en grande partie commencé après sa prestation lors des 35e Victoires de la musique en 2020, prestation au cours de laquelle elle a embrassé sur scène une danseuse après avoir interprété son morceau Amour censure qui dénonce l’homophobie et la Manif pour tous en France.

“Cela fait 27 mois exactement”

D’après le texte de sa plainte consulté par l’AFP et déposée auprès du parquet de Paris, cette prestation a “provoqué de violentes attaques sur les réseaux sociaux”, dénoncées par l’ex-secrétaire d’État au Numérique, Cédric O , comme par les associations Stop Homophobie ou Urgence Homophobie.

“Ils ont retrouvé son adresse, menacé de la tuer, de faire du mal à sa famille et à ses fans. Il y a également eu des tentatives de piratage de ses comptes”, dénonçait l’agente de l’artiste.

Ce jeudi, l’avocat d’Hoshi a lui aussi insisté sur l’urgence de la situation. “Cela fait très exactement 27 mois que nous avons déposé plainte”, précise Éric Morain. Les moyens d’investigation alloués à ce genre de demande sont, selon lui, “insuffisants” car ces infractions seraient considérées comme “secondaires”.

Pour l’heure, Élisabeth Borne, ni aucun membre de son gouvernement, n’a encore pris la parole ou répondu publiquement aux messages d’Hoshi.

À voir également sur Le HuffPost : Aux Victoires 2022, cette chanson d’Hoshi a bouleversé le public

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    Élisabeth Borne liste les trois "urgences" que veut résoudre le gouvernement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 09:53 · 2 minutes

Elisabeth Borne photographié le 23 mai à l'Élysée Elisabeth Borne photographié le 23 mai à l'Élysée

POLITIQUE - Montrer que le gouvernement était à la tâche. Tel était le sens de la réunion convoquée ce vendredi 27 mai par Élisabeth Borne, en plein pont de l’Ascension . L’occasion pour la Première ministre “de fixer la feuille de route des ministres et de lancer les premiers chantiers prévus dans le programme du président”, faisait savoir en amont son entourage au HuffPost .

Résultat: une réunion de deux heures qui s’est terminée en milieu de matinée, et au terme de laquelle Élisabeth Borne a pris la parole pour marteler les trois priorités auxquelles elle a chargé le gouvernement de s’attaquer.

“Les premières semaines de notre action doivent être consacrées à répondre aux urgences des Français”, a déclaré la locataire de Matignon, confirmant que “le pouvoir d’achat” figurait tout en haut de la pile, devant la santé et la panification écologique.

“Faire des propositions très rapidement”

“Des lois d’urgence pour le pouvoir d’achat seront les premiers textes de ce quinquennat. Elles seront examinées par l’Assemblée dès la reprise de ses travaux”, après le second tour des élections législatives le 19 juin, a précisé Élisabeth Borne, qui assure vouloir éviter “les angles morts” sur ce sujet crucial. “Outre les retraités, les salariés, les indépendants, les agents publics, j’ai demandé à mes ministres d’avoir une attention particulière pour les étudiants”, a-t-elle souligné.

Autre chantier, celui de la santé. “Nous devons répondre à très court terme au manque de personnel hospitalier”, a déclaré la cheffe du gouvernement. À ce sujet, la Première ministre a indiqué avoir demandé aux “ministres concernés” de “faire des propositions très rapidement pour prendre des mesures efficaces pour l’été”.

Quant au “chantier” de la Planification écologique, Élisabeth Borne a annoncé une politique menée ”à marche rapide”, qui nécessitera la mobilisation de l’ensemble des ministères. “Mais ces chantiers d’urgence n’épuisent évidemment pas l’action du gouvernement”, a-t-elle toutefois nuancé, martelant les trois mots d’ordre qu’elle entend imposer: “rapidité, efficacité et résultats”.

Afin de concrétiser ces promesses en actes, la Première ministre a annoncé la tenue d’un séminaire gouvernemental “avant la fin du mois de juin”. Comme nous l’expliquions ce jeudi, Élisabeth Borne réunira le gouvernement sous ce même format à Matignon une fois par mois afin d’assurer “un suivi continu” de l’action gouvernementale.

À voir également sur Le HuffPost: Législatives: ces candidats qui pourraient battre Elisabeth Borne

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    Aux législatives, les ministres qui risquent leurs places

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 04:30 · 3 minutes

Elisabeth Borne photographiée à l'Elysée lundi 23 mai. (AP Photo/Michel Spingler) Elisabeth Borne photographiée à l'Elysée lundi 23 mai. (AP Photo/Michel Spingler)

POLITIQUE - La règle, fixée par Emmanuel Macron, a été rappelée par la porte-parole du gouvernement, elle même candidate aux élections législatives, Olivia Grégoire . Les ministres qui perdront les 12 et 19 juin prochain ne seront pas reconduits dans leurs fonctions, et devront dire au revoir à leurs ambitions ministérielles. Au total, 16 ministres se portent candidats, dont la cheffe du gouvernement, Élisabeth Borne .

La Première ministre se présente en effet dans les 6e circonscription du Calvados, où un jeune candidat de la Nupes et un élu local du RN espèrent la faire trébucher . En théorie, au regard des scores du premier tour de l’élection présidentielle dans cette zone, Élisabeth Borne ne court pas un grand danger. Même chose pour Gabriel Attal qui, dans sa circonscription des Hauts-de-Seine, se présente auprès d’électeurs qui l’avaient déjà élu en 2017 et ont placé Emmanuel Macron à la première place le 10 avril, avec 38,8% des voix.

Des circonscriptions plus difficiles

Pour d’autres en revanche, la tâche s’annonce plus difficile. C’est notamment le cas de la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Amélie de Montchalin. Dans la 6e circonscription de l’Essonne (où elle est sortante), c’est Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle, avec 30,7%.

Un score d’un petit point supérieur à celui d’Emmanuel Macron qui montre que la gauche est bien implantée. D’autant que la ministre affronte un adversaire NUPES expérimenté: Jérôme Guedj, ancien président du conseil général de l’Essonne et ex-député PS de cette circonscription. Une figure locale, en somme mais qu’elle avait balayée en 2017. Mission compliquée aussi pour Brigitte Bourguignon, dans le Pas-de-Calais. Et pour cause, la circonscription qu’elle brigue (et où elle a été élue en 2017) a placé Marine Le Pen largement en tête du premier tour de la présidentielle. La ministre de la Santé fera face à Christine Engrand, conseillère régionale RN.

Autre cas incertain, celui de Damien Abad, ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Si l’ex-LR est sortant dans le secteur, il doit composer avec plusieurs difficultés. La première, les accusations de viol dont il fait l’objet. La deuxième, le candidat que Les Républicains ont investi en face de lui. La troisième, le score réalisé par Marine Le Pen, arrivée en tête au premier tour de la 5e circonscription de l’Ain avec 27,4% des voix. Autant d’obstacles qu’il devra surmonter pour rester en poste.

Ci-dessous, la carte des ministres candidats . En vert, les circonscriptions où Emmanuel Macron est arrivé en tête au second tour. En rouge, celle où le chef de l’État a été devancé par Marine Le Pen, ou Jean-Luc Mélenchon (passez votre curseur sur chaque point pour découvrir qui se porte candidat).

Des précédents?

Si plusieurs ministres sont -théoriquement- en difficulté dans certains secteurs, ils sont, en réalité, considérés comme favoris. Comme le rappelle Libération , les cas de ministres démissionnaires pour cause de défaites aux élections législatives sont rarissimes. On ne connaît qu’un seul cas: celui d’Alain Juppé en 2007.

Ministre de l’Ecologie et du Développement et de l’Aménagement durables du premier gouvernement Fillon, il avait quitté le navire après sa défaite (d’une courte tête) contre la socialiste Michèle Delaunay. Une bévue qui ne l’a pas empêché de revenir au gouvernement trois ans plus tard, au poste de ministre des Affaires étrangères.

À voir également sur Le HuffPost: Législatives: ces candidats qui pourraient battre Elisabeth Borne

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    Macron à Brégançon, Borne "au travail"... Le second quinquennat débute à pas feutrés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 15:48 · 4 minutes

Image d'illustration - Emmanuel Macron et Elisabeth Borne Image d'illustration - Emmanuel Macron et Elisabeth Borne

POLITIQUE - Où est passé Emmanuel Macron ? Bien silencieux depuis plusieurs semaines, le chef de l’État passe le week-end de l’Ascension au fort de Brégançon , comme chaque année. Un “repos studieux”, selon ses proches au Parisien qui a révélé cet élément de son agenda le 24 mai .

Le président s’accorde une pause après sa campagne présidentielle et se consacre aux affaires étrangères. Ce jeudi 26 mai, pendant une heure, le chef de l’État s’est entretenu avec Recep Tayyip Erdogan, son homologue turc sur les questions de la guerre en Ukraine et de l’adhésion à l’Otan de la Finlande et la Suède.

Le président de la République, qui n’a pas fait de déplacement intérieur depuis le 29 avril dans les Hautes-Pyrénées et le 10 mai, lors de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage, se tient à distance de la scène nationale - et laisse sa nouvelle Première ministre, Élisabeth Borne , en première ligne.

En coulisses, le président a bien sûr procédé à la nomination de sa Première ministre et de la constitution du gouvernement, annoncé il y a une semaine, vendredi 20 mai. Mais, depuis, l’affaire Damien Abad , ministre des Solidarités accusé de viol, est venue polluer les premiers pas de la nouvelle équipe.

“Vous allez le revoir sur le terrain très bientôt”

Contrairement aux précédentes affaires et accusations touchant un des ministres en poste, comme celles ayant visé Nicolas Hulot et Gérald Darmanin, Emmanuel Macron n’a laissé fuiter aucun commentaire sur un sujet.

“Il n’est pas anormal que ce ne soit pas lui qui s’exprime sur Damien Abad”, relativise un conseiller de l’Elysée. “C’est vrai qu’il a pris le temps de la concertation avant de nommer le gouvernement et ce week-end, c’est l’Ascension. Mais vous allez le revoir sur le terrain très bientôt!”, prédit le même.

Dès lundi 30 mai, le chef de l’État sera au conseil européen à Bruxelles pour deux jours. Des déplacements nationaux sont aussi à prévoir, mais rien n’est encore annoncé à ce stade. Son entourage n’exclut pas de choisir des départements qui pourraient s’apparenter à des soutiens à des candidats aux législatives, même le président se tient par définition à distance de ces élections, menées par la Première ministre, cheffe de la majorité.

Borne prend la lumière

C’est donc Élisabeth Borne qui prend la lumière sur le plan intérieur depuis sa nomination, comme dans un retour classique aux prérogatives constitutionnelles qui prévoient que le gouvernement “détermine et conduit la politique de la nation”. Ce vendredi 27 mai, elle convoque l’ensemble de son gouvernement dès 8h30 à Matignon pour une réunion de travail.

“L’objectif est de fixer la feuille de route des ministres et de lancer les premiers chantiers prévus dans le programme du président: la santé, l’éducation, l’écologie et le pouvoir d’achat”, décrypte Matignon pour Le HuffPost . Selon nos informations, ces réunions ont vocation à devenir mensuelles.

Les ministres, tenus par la période de réserve qui s’impose à quelques semaines des législatives, sont aussi bien discrets. Leurs biographies et missions ne sont toujours pas mises à jour sur le site du gouvernement , comme si ce dernier prenait son temps. Sur le fond, le premier projet de loi du second quinquennat consacré au pouvoir d’achat et le montant du chèque alimentation, très attendu, ne seront pas révélés avant la fin des élections législatives. La nouvelle porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire , avait d’abord annoncé le contraire, lors du premier compte-rendu du premier conseil des ministres de la nouvelle équipe, avant de rétropédaler.

Vers un recul sur les retraites?

Aucune grande mesure - notamment écologique - n’est encore annoncée et la réforme des retraites, promesse phare du président Macron pendant sa campagne ne sera pas enclenchée avant le mois de septembre, pour une période de concertation.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, qui en aura la charge, a déjà rencontré les syndicats cette semaine et poursuivra ces rendez-vous la semaine prochaine. À pas feutrés et pour ne pas brusquer, l’âge légal de départ à 65 ans, voulu par le président ne semble plus être un totem, selon une enquête de l’ Opinion , le 25 mai. Elisabeth Borne a elle aussi reçu les partenaires sociaux cette semaine et revendique une méthode qui consiste ”à la fois à aller vite et concerter”, ce qui peut sembler paradoxal.

Rien n’a non plus encore été rendu public concernant la fameuse consultation en vue de la réforme des institutions, promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne et présentée comme une “urgence”.

Un flottement qui laisse beaucoup de place à l’affaire Abad et qui grignote du temps précieux de début de mandat. Une forme de prudence, aussi, pour éviter la moindre erreur à l’approche des élections législatives et obtenir la majorité la plus large possible le 19 juin. Mais sur les fameux “cent jours” connus pour être déterminants dans l’action présidentielle au démarrage d’un quinquennat... il n’en reste que 75.

À voir également sur Le HuffPost : Total en Russie? On a interrogé les actionnaires sur l’invasion de l’Ukraine

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    La chronologie de l'affaire Abad peut-elle affaiblir le gouvernement?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 4 days ago - 15:46 · 7 minutes

Elisabeth Borne, photographiée ici le 23 mai au Muséum d'histoire naturel de Paris, savait-elle qu'une plainte avait été déposée contre Damien Abad?  Elisabeth Borne, photographiée ici le 23 mai au Muséum d'histoire naturel de Paris, savait-elle qu'une plainte avait été déposée contre Damien Abad?

POLITIQUE - C’est un timing qui tombe mal. Pour sa première grande interview au Journal du Dimanche , le 22 mai, en tant que Première ministre, Élisabeth Borne fait la Une et promet: “Je ne mentirai pas aux Français”.

Le même jour, elle affirme devant les caméras lors d’un déplacement dans le Calvados qu’elle n’était ’bien évidemment pas au courant” de l’ affaire Abad . “J’ai découvert l’article de Mediapart hier”, (samedi 21 mai, jour de sa publication) dit-elle devant la presse. Le site a dévoilé deux témoignages de femmes qui accusent le ministre des Solidarités, Damien Abad, de viol - il conteste les faits - et révèle que Les Républicains et La République En Marche ont été alertés par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique.

Trois jours après, des doutes apparaissent quant à la véracité des propos tenus par la Première ministre.

Première contestation, du journal en ligne. Mediapart révèle avoir voulu interroger la Première ministre avant de publier cet article, et avoir contacté Matignon la veille, vendredi 20 mai. “J’ai appelé le service com’ de Matignon vendredi en fin de journée, j’ai envoyé mes questions avec la plainte de 2017 et le signalement de l’Observatoire”, affirme Marine Turchi, autrice de l’enquête, ce 25 mai sur Europe1 .

Contacté sur le sujet, l’entourage d’Elisabeth Borne assure au HuffPost que la Première ministre “a pris connaissance des faits quand l’article est paru samedi soir”. Il confirme qu’un mail a “a été envoyé au secrétariat du Service de presse de Matignon à 19h43”. En revanche, il ne nous dit pas si les questions de Mediapart ont été transmises à la Première ministre entre vendredi et samedi.

“Une Première ministre ne devrait pas faire ça”

Sur ce point, l’opposition s’engouffre dans la brèche et attaque bille en tête la Première ministre. “Je n’ai aucune tendresse pour Damien Abad (...) mais il y a une présomption d’innocence qu’il faut respecter. En revanche, Élisabeth Borne inaugure son quinquennat en baratinant les Français, elle était tout à fait au courant. Ça montre que ce gouvernement est cynique, Élisabeth Borne commence mal”, dénonce par exemple Sébastien Chenu, député du Rassemblement national, sur Sud Radio ce 25 mai.

“Une Première ministre ne devrait pas faire ça”, embraye Manuel Bompard, candidat insoumis aux législatives et ancien directeur de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

Deuxième question: Élisabeth Borne savait-elle qu’une plainte avait été déposée contre Damien Abad, puis classée sans suite, en 2017, avant de le choisir pour être son ministre des Solidarités? “La Première ministre n’avait pas connaissance de ces faits avant la nomination de Monsieur Abad. Elle en a pris connaissance dans l’article de Mediapart samedi soir”, répond son service de presse au HuffPost ce mercredi 25 mai.

L’Elysée au courant de la plainte classée sans suite

En revanche, selon nos informations, confirmant celles de BFMTV, l’Élysée était  au courant de la plainte classée sans suite de 2017 visant Damien Abad, mais a estimé que la justice avait tranché. Le fait que la justice ait classé sans suite cette plainte a justifié sa nomination, selon plusieurs de nos interlocuteurs qui ne se sont pas intéressés à ce moment-là de près à son contenu.

Ce 25 mai, on apprenait que le Parquet de Paris n’ouvrait pas d’enquête contre Damien Abad, ”à ce stade”, après le signalement envoyé par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles “faute d’élément permettant d’identifier la victime des faits dénoncés et, dès lors, faute de possibilité de procéder à son audition circonstanciée”.

Comment le gouvernement va-t-il gérer la crise?

Une décision dont peut aussi bien se servir l’exécutif - sur le mode ‘circulez il n’y a rien à voir’ - mais qui peut aussi le desservir. Quelques jours avant cette décision du Parquet de Paris, un conseiller de l’exécutif confiait à demi-mots que l’ouverture d’une enquête aurait pu servir de porte de sortie pour le gouvernement qui s’en serait saisi pour limoger Damien Abad, conformément aux sous-entendus de la Première ministre dimanche dans le Calvados.

“Je peux vous assurer que s’il y a de nouveaux éléments, si la justice est à nouveau saisie, on tirera toutes les conséquences de cette décision”, déclarait fermement la locataire de Matignon le 23 mai devant la presse.

Ce qui est certain, c’est que les premiers pas du gouvernement Borne qui n’a pas encore une semaine sont largement pollués par cette affaire. Car contrairement à il y a quelques années, les accusations de violences sexistes et sexuelles sont désormais prises au sérieux, notamment dans les médias. Pas une interview de ministre n’est réalisée sans une question sur le sujet, les chaînes d’information sont en boucle et la défense du ministre vire au feuilleton.

Quid de la grande cause?

Si les éléments de langage du gouvernement sont accordés, “zéro impunité”, “présomption d’innocence” et “laissons faire la justice”, il apparaît forcément en soutien - dont Damien Abad se revendique , comme de celui du président de la République. Après avoir pris un mois pour faire son casting, Emmanuel Macron -qui ne s’est toujours pas exprimé sur le sujet- est désormais englué dans cette affaire qui vient aussi percuter la grande cause de son second quinquennat, identique à celle de son premier: la lutte contre les violences faites aux femmes.

Elisabeth Borne qui a notamment été choisie parce qu’elle était une femme met en danger de son côté le peu de capital politique qu’elle a. Elle qui dédiait sa nomination à Matignon ”à toutes les petites filles”, est en première ligne pour gérer une affaire de violences sexuelles. Elle est attendue au tournant.

Silences des ministres compétents

Les ministres de la Justice et de l’Intérieur, concernés au premier chef par les dysfonctionnements dans leurs ministères sur ces sujets, invités à réagir dimanche 22 mai, ont préféré répondre “pas de commentaire”. Quant à la nouvelle ministre des droits des femmes, Isabelle Rome, elle est aux abonnés absents. Le message envoyé à la société est l’ignorance du récit des victimes présumées, malgré une enquête journalistique consolidée, dans un contexte où la plupart des plaintes pour viols sont classées sans suite en France. Cela peut-il leur coûter politiquement? Ce qui est sûr, c’est qu’à quelques semaines des élections législatives, le sujet est brûlant et colle à la peau du nouveau gouvernement qui n’a même pas encore défait ses cartons ni constitué son équipe.

Alors que faire? “Il faut qu’il serre les poings”, se moque une source au sein de l’exécutif, en référence au handicap du ministre mis en cause. Comprendre: attendre que ça passe. Une forme de quitte ou double: soit le sujet n’est plus sur la table dans quelques jours pour toute raison liée à l’actualité, soit il se poursuit. Et dans ce cas, le temps perdu sera autant de perte de crédit politique.

Les urnes rendront, elles, leur verdict les 12 et 19 juin pour la majorité actuelle et le députée de l’Ain, ex-LR, Damien Abad qui se représente à la députation. Sera-t-il encore ministre d’ici là? Un député LR présidait il y a quelques jours: “Il risque de tout perdre”.

À voir également sur Le HuffPost: Abad, Darmanin... La colère féministe contre le “gouvernement de la honte”

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    Aux législatives, ces candidats veulent battre Élisabeth Borne

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 4 days ago - 04:45 · 3 minutes

LÉGISLATIVES - Vous ne les connaissez sans doute pas encore. Ils s’appellent Noé Gauchard et Jean-Philippe Roy et sont candidats aux législatives dans la 6e circonscription du Calvados, face à la Première ministre Élisabeth Borne .

Quand ils ont été investis (le premier par la NUPES et le second par le Rassemblement national), aucun d’entre eux ne s’attendait à devoir affronter la Première ministre, tout juste la ministre du Travail. Mais cette campagne prend désormais une dimension nationale. Car comme l’a rappelé Emmanuel Macron, les ministres du nouveau gouvernement Borne devront démissionner s’ils sont défaits aux législatives de cette année.

Pour Noé Gauchard, 22 ans, dont c’est la toute première candidature à une élection, la tâche est ardue: “on sait que ça va être compliqué, mais la France Insoumise nous a donné des moyens supplémentaires pour que l’on mène une campagne à la hauteur de l’enjeu” explique l’étudiant de Sciences Po Paris, fraichement diplômé d’un master Affaires Publiques.

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C’est à Saint-Rémy-Sur-Orne qu’il nous reçoit, un village qui illustre bien le paysage de la 6e circonscription du Calvados, et qui lui est cher. “Mon arrière-grand-père vivait ici, ma grand-tante vit ici et un lointain cousin ici” dit-il en désignant tour à tour des maisons qui se font face. Bien implanté localement, celui qui est parfois enseignant à l’Université de Caen ne vit pas dans la circonscription (il vit à Ifs, dans la deuxième), mais tient à montrer au HuffPost que sa famille vit dans le secteur où il a déposé sa candidature.

Sous la pluie, Noé Gauchard parle agriculture durable et dérèglement climatique, l’occasion de rappeler que le candidat a été militant pour Youth for Climate. “Les problèmes des gens d’ici, je les connais, parce que je les ai vécus, que ma famille les a vécus.” Peu de candidats peuvent s’en vanter lance-t-il comme une adresse à Élisabeth Borne qui revendiquait il y a peu un aïeul à Livarot (dans la 3e circonscription voisine).

“Je n’ai pas peur d’aller au contact”

Son autre axe programmatique se concentre sur les services publics et de proximité. Le Calvadosien déplore une offre médicale réduite et des lignes de train qui ont disparu malgré “du matériel toujours présent sur site”. C’est aussi le programme d’un autre de ses adversaires politiques, Jean-Philippe Roy, conseiller régional du Rassemblement national depuis 2014. Accoudé au bar où nous le retrouvons, il discute avec la serveuse de la maternité de Vire (dont l’ARS a acté la fermeture en 2013) et plus tard avec nous de ces lignes de train “toujours en retard” qui “n’incitent pas les jeunes à rester à Vire”. Pour lui aussi, ce sont les services de proximité qui doivent être la priorité du prochain député.

Jean-Philippe Roy y croit; d’abord aux prévisions de nos confrères de franceinfo, qui prévoient une triangulaire au premier tour avec Noé Gauchard, Élisabeth Borne et lui-même, et ensuite au changement d’opinion que les électeurs peuvent avoir du parti de Marine Le Pen. Le candidat RN prend comme exemple les bons scores de sa candidate l’élection présidentielle de cette année dans la 6e circonscription; Marine Le Pen est même arrivée en tête au second tour dans cinq communes. “Les gens ne nous regardent plus pareil maintenant”, insiste Jean-Philippe Roy.

Le commercial de 56 ans qui n’avait pas encore reçu les tracts de sa campagne au lundi 23 mai promet: “Je n’ai pas peur d’aller au contact, j’irai sur le terrain pour défendre notre programme.” Et à propos d’Élisabeth Borne qu’il n’a pas croisée lors de sa venue dans le Calvados, Jean-Philippe Roy tranche: “c’est un parachutage”.

Les candidats aux législatives dans la 6e circonscription du Calvados où se présente Elisabeth Borne. Les candidats aux législatives dans la 6e circonscription du Calvados où se présente Elisabeth Borne.

À voir également sur Le HuffPost: Législatives: La NUPES a présenté son programme, on vous raconte

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    Damien Abad et Élisabeth Borne se sont vus dans le week-end (et voici ce qu'on en sait)

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 11:19 · 1 minute

French Minister for Solidarity and the Disabled Damien Abad leaves after the first weekly cabinet meeting of the new government at the Elysee Palace in Paris, France May 23, 2022. REUTERS/Christian Hartmann French Minister for Solidarity and the Disabled Damien Abad leaves after the first weekly cabinet meeting of the new government at the Elysee Palace in Paris, France May 23, 2022. REUTERS/Christian Hartmann

POLITIQUE - Attention, terrain miné. Ce lundi 23 mai, à l’issue du premier Conseil des ministres du gouvernement d’Élisabeth Borne , la nouvelle porte-parole Olivia Grégoire a longuement été interrogée sur l’affaire qui embarrasse l’exécutif : les accusations de viol visant Damien Abad , ministre des Solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées.

“Le gouvernement est aux côtés de celles qui, suite à une agression ou à du harcèlement, ont l’immense courage de parler”, a d’abord déclaré la ministre, tout en considérant que “l’établissement de la vérité, c’est à la justice de le faire”. Prévenant que le gouvernement a une “tolérance zéro pour les délinquants sexuels”, la députée de Paris a aussi rappelé que la seule procédure dont l’ex-LR avait fait l’objet avait été classée sans suite.

Relancée à de nombreuses reprises sur les éventuelles suites à donner à ce dossier en cas de tournant judiciaire, Olivia Grégoire a systématiquement botté en touche, en refusant de “commenter des hypothèses”. Pour autant, la porte-parole a fait savoir que la cheffe du gouvernement a une rencontre avec le mis en cause à ce sujet.

“La Première ministre a demandé à avoir un échange direct avec Damien Abad (...) Cela a été l’occasion de lui rappeler l’engagement du gouvernement, mais aussi son engagement personnel sur ces questions”, a détaillé Olivia Grégoire, qui précise que cette rencontre a été organisée dimanche soir, après le déplacement d’Élisabeth Borne dans le Calvados . Rencontre à l’issue de laquelle la présence de Damien Abad au gouvernement a été confortée, comme le prouve sa venue ce lundi au conseil des ministres.

À voir également sur Le HuffPost: L’annonce du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne

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    La démission de Damien Abad réclamée par ces cadres de la gauche

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 09:49 · 2 minutes

Damien Abad photographié ce 23 mai à son arrivée au Conseil des ministres.   Damien Abad photographié ce 23 mai à son arrivée au Conseil des ministres.

POLITIQUE - Le temps est maussade en ce lundi 23 mai, jour du premier conseil des ministres du nouveau gouvernement . Non seulement en raison de la mauvaise météo parisienne, mais des nuages qui s’accumulent sur la nouvelle équipe dirigée par Élisabeth Borne .

En cause, les accusations visant le ministre en charge des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées: Damien Abad . Ancien chef du groupe LR à l’Assemblée nationale, cette recrue venue de la droite est visée par des accusations de viols, rapportés par Mediapart . De son côté, le député de l’Ain conteste “avec la plus grande force” ces accusations.

Quoi qu’il en soit: une première crise politique à gérer pour la Première ministre, quelques heures seulement après la nomination de son gouvernement. D’autant que ses adversaires politiques la somment de sévir, sans attendre les conclusions d’une éventuelle procédure judiciaire, qui à ce stade n’est pas ouverte. Candidate pour la Nupes aux élections législatives, l’écoféministe Sandrine Rousseau estime sur RTL que la cheffe du gouvernement n’a pas pris ces accusations “suffisamment au sérieux”.

“Prince de précautions”

Selon elle, Damien Abad n’a plus sa place au sein de l’équipe gouvernementale. “La question n’est pas sa démission à lui, mais le fait qu’il soit démis de ses fonctions sur le principe de précaution”, a-t-elle justifié. Même son de cloche du côté du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.

“Si j’étais Premier ministre, je dirais à Damien Abad que je n’ai pas de raison particulière de penser que les femmes mentent”, a expliqué le socialiste sur France inter, évoquant également un “principe de caution”. Selon lui, “on ne peut pas revivre ce qu’on a vécu sur l’affaire Hulot, où pendant des mois et des mois le gouvernement a protégé l’un de siens, au péril du musèlement de la parole des femmes”.

Pour l’heure, l’exécutif veut se donner du temps avant de statuer sur le cas du député de l’Ain, qui avait bénéficié d’un non lieu à la suite d’une plainte déposée en 2017. “Je peux vous assurer que s’il y a de nouveaux éléments, si la justice est à nouveau saisie, on tirera toutes les conséquences de cette décision”, a prévenu Élisabeth Borne en marge d’un déplacement dans le Calvados , affirmant qu’il ne pouvait y avoir “aucune impunité” concernant les violences sexuelles.

À voir également sur Le HuffPost: L’annonce du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne