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    Au Sénégal, un vent de fraîcheur sur la campagne des municipales

    news.movim.eu / Mediapart · Yesterday - 11:59

Fadel Barro, pilier du collectif «Y’en a marre», précurseur des mouvements dit «citoyens» sur le continent africain, brigue la mairie de la sixième ville du Sénégal. Sa coalition présente trente candidats aux élections locales qui auront lieu ce dimanche 23 janvier. Leur programme est révolutionnaire de simplicité.
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    CAN: l'Algérie éliminée dès le 1er tour, un fiasco total

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 20:39 · 3 minutes

Le 11 algérien posant avant son match contre la Côte d

FOOTBALL - “One, two, three, la CAN est finie!” pour l’Algérie, tenant du titre éliminé ce jeudi 20 janvier dès le premier tour par la Côte d’Ivoire (3-1) sans avoir jamais retrouvé ses vertus collectives et offensives, et peut-être aveuglée par son record d’invincibilité.

Un fiasco lors de cette Coupe d’Afrique des Nations qui s’explique en plusieurs points, comme on peut le lire ci-dessous .

Obnubilés par le record

“Il me semble que l’Algérie s’est trompé de combat en poursuivant de manière un peu obsessionnelle ce record d’invincibilité”, estime pour l’AFP Claude Le Roy, champion d’Afrique 1988 à la tête du Cameroun.

“Ils oubliaient peut-être un peu la Coupe d’Afrique et pensaient trop à ce record, on n’entendait que ça dans les interviews: quel jour ils battraient le record de l’Italie ( 37 matches sans défaite, NDLR )”, poursuit le technicien aux dix CAN.

Le sélectionneur Djamel Belmadi avait admis rêver de “planter le drapeau de l’Algérie au sommet du football mondial”.

Son équipe en était à 35 matches d’invincibilité avant de chuter contre la Guinée équatoriale (1-0). “Avant de battre le record, il fallait gagner des matches en Coupe d’Afrique”, insiste le “Sorcier Blond”.

“Une fois qu’ils ont perdu, c’est comme si le ressort c’était cassé. Le match le plus important est toujours le suivant. Le foot est une éternelle école d’humilité”, ajoute Le Roy.

Plus de ressort collectif

L’armada de Djamel Belmadi, qui avait marché sur l’Afrique en 2019 jusqu’à sa victoire contre le Sénégal en finale (1-0), était méconnaissable au Cameroun.

Elle n’a rien montré sur la pelouse abimée du stade de Japoma, “qui n’a pas empêché la Côte d’Ivoire de jouer un très beau football”, note le technicien qui a commencé à entraîner en Afrique en 1984.

“Ils ont été dépassés, individuellement, collectivement, tactiquement. Les Ivoiriens créaient des solutions dans les intervalles, multipliaient le jeu à trois, Pépé, Gradel comme Haller étaient incroyablement concernés par la récupération collective du ballon, près à fournir tous les efforts”, ajoute-t-il comme pour souligner en creux tous les manques de l’Algérie.

“Djamel a fait un travail remarquable, mais une équipe échappe vite à son créateur”, note Le Roy.

Une attaque éteinte

Le richissime compartiment offensif de l’Algérie a évolué très loin de son niveau et de sa réputation. Son leader offensif et capitaine, Riyad Mahrez, a même tiré sur le poteau un penalty (60e), qui de toutes façons n’aurait ramené son équipe qu’à 3-1.

Seul Sofiane Bendebka a marqué un but pour les champions d’Afrique à la CAN, au bout certes d’une belle action acrobatique, mais bien trop isolée.

Contre la Sierra Leone (0-0), l’Algérie avait franchement mal joué, et s’il y a eu du mieux contre la Guinée équatoriale, les “Fennecs” ont “vendangé” et se sont fait surprendre (1-0).

Contre la Côte d’Ivoire, ses attaquants ont semblé passer plus de temps à simuler des fautes, à l’image de Mohamed Belaïli, qu’à jouer. Islam Slimani a traversé la compétition comme un fantôme.

Rebondir pour le Mondial

Champions d’Afrique en 1990, les “Fennecs” avaient aussi été éliminés au premier tour à la CAN suivante, en 1992 au Sénégal, avec déjà une défaite contre la Côte d’Ivoire (3-0).

“On n’a pas su se mettre à la hauteur”, a admis le sélectionneur Djamel Belmadi au micro de Canal Plus Afrique, parlant d’”échec, tout simplement”.

S’il reste en place, après un tel fiasco, le sélectionneur doit vite rebondir pour préparer un autre immense rendez-vous: les barrages en mars du Mondial-2022 , dont le tirage au sort a lieu dimanche à Douala.

“Désormais leurs futurs adversaires pour les éliminatoires de la Coupe du monde savent que le ressort a été un petit peu cassé, cela va augmenter leur capital confiance”, prévient Le Roy. Le champion est à terre.

À voir également sur Le HuffPost : CAN 2022: Le coach de l’Algérie recadre un journaliste après une question (inappropriée) sur la météo

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    Maroc: Une enquête ouverte après la mort d'une Française, tuée sur un marché

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 15 January - 23:44 · 1 minute

Une vue aérienne d

MAROC - La police marocaine a ouvert ce samedi 15 janvier une enquête sur la mort d’une Française, tuée sur un marché dans le sud-ouest du royaume , a rapporté l’agence de presse nationale MAP qui a fait état de l’arrestation d’un suspect.

Selon la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), la victime a été identifiée comme “une ressortissante française âgée de 79 ans, résidant dans un camping proche de la ville de Tiznit”, au sud d’Agadir.

La police a arrêté ce samedi soir à Agadir un homme âgé de 31 ans et des investigations sont en cours pour déterminer les motifs de son acte, ajoute la DGSN, qui ne précise pas quand la femme a été tuée.

La police avait indiqué plus tôt qu’une enquête judiciaire avait été ouverte pour interpeller un “suspect présumé dans une affaire de coups et blessures à l’aide de l’arme blanche, ayant entraîné la mort d’une ressortissante étrangère”.

Le suspect avait été admis dans un hôpital psychiatrique

Selon les données préliminaires de l’enquête, le suspect a causé la mort ”à l’aide d’un objet tranchant alors qu’elle se trouvait au marché municipal de Tiznit”, indique la DGSN, ajoutant ne pas exclure “l’hypothèse d’une agression pour vol”.

Le suspect est soupçonné d’avoir commis “un meurtre prémédité et une tentative d’assassinat”, selon la même source.

Il “a été arrêté après avoir tenté d’agresser physiquement les clients d’un café sur la côte d’Agadir, dont une victime belge qui a été transportée à l’hôpital pour recevoir les soins nécessaires”.

Il est par ailleurs précisé que le suspect avait auparavant été admis dans un hôpital psychiatrique “du 25 septembre au 25 octobre 2021”.

À voir également sur Le HuffPost : Né sans jambes ni bras, ce coach de football marocain est surnommé “l’entraîneur miracle”

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    Soudan: la guerre du Darfour n’est pas finie

    news.movim.eu / Mediapart · Monday, 10 January - 11:40

Le coup d’État militaire du 25 octobre 2021, qui a mis fin à la transition démocratique, a renforcé l’instabilité et l’insécurité dans un pays de nouveau en proie à la violence. L’échec de l’accord de paix signé un an avant le putsch est patent.
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    L’aide au Burundi ou le jeu trouble de Paris dans la région des Grands Lacs

    news.movim.eu / Mediapart · Sunday, 9 January - 17:00

Alors que l’Élysée fait mine de poser un regard nouveau sur cette région d’Afrique, la France a discrètement repris depuis 2018 sa coopération militaire avec la dictature en place au Burundi. Un pays où la situation des droits humains demeure catastrophique.
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    Covid-19: en Afrique, l’objectif de 70% de vaccinés pose question

    news.movim.eu / Mediapart · Saturday, 8 January - 10:23

L’objectif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de vacciner 70% de la population mondiale contre le Covid-19 d’ici 2022 ne serait pas adapté à certaines réalités locales, plaident certains professionnels de santé africains.
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    2001-2021 : le bilan pour les relations entre la France et l’Afrique francophone

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 5 January - 03:40 · 12 minutes

Un article de Conflits.

La France conserve des liens importants avec les anciens espaces colonisés d’Afrique, liens économiques et militaires mais aussi linguistiques . Cela contribue à créer une relation spéciale, qui a beaucoup évolué au cours des vingt dernières années. Entretien avec Yves Montenay.

L’arrivée de la Chine et la présence de plus en plus forte de la Russie donnent l’impression que la France est rejetée de son pré carré africain. Les soldats de Wagner sont présents en Centrafrique et l’hostilité à l’égard de la France se manifeste de façon fournie. Ces 20 dernières années n’ont-elles pas marqué la fin de la présence française sur le continent africain ?

Un mot d’abord sur la Centrafrique où l’activité concrète de Wagner devrait être mieux diffusée. D’abord, ils se sont distingués par des brutalités envers la population, ce qui est en train d’être documenté, et ensuite leur service n’est pas gratuit. Ils sont rémunérés par un prélèvement de 25 % sur les activités minières.

Les Maliens, qui sont habitués au « service gratuit » de la force Barkhane, et qui rêvent de voir arriver « nos amis russes » devront leur donner une partie de leur production, d’or notamment, ce qui signifie qu’il faudra employer la force dans les mines informelles.

Mais attention, ce n’est pas du colonialisme, c’est de l’amitié ! Et puis, ils ne seront que quelques milliers, comme les Français. Il ne faudra donc pas compter sur eux pour occuper le terrain au nord. Alors à quoi serviront-ils ? Probablement de garde prétorienne aux dirigeants actuels, qui, rappelons-le, ont été formés à Moscou.

On s’en apercevra dès que la population demandera un peu de démocratie ou, plus simplement, sera déçue par l’absence de miracles sécuritaires ou économiques.

Faut-il pour autant parler de la fin de la présence française sur le continent africain ?

La situation est extrêmement variable d’un pays à l’autre, et dans certains les difficultés de la France augmentent à toute vitesse.

Je suis plutôt pessimiste, car il s’agit d’une coupure générationnelle nourrie par des puissances, la Chine, la Russie et la Turquie pour se borner aux principales, qui sont parfaitement rodées aux opérations d’influence et y consacrent des moyens importants.

Cela dit la France a très peu d’intérêts économiques dans la région, notamment au Mali, et cela va être accentué par la vente des avoirs de Bolloré à un groupe suisse.

De plus, l’Afrique subsaharienne n’est pas du tout un bloc. Chaque pays est très différent du voisin, et je vais les classer en trois groupes :

Les pays côtiers , auxquels on peut ajouter le Congo Brazza et Madagascar sont à majorité ou à encadrement chrétien (sauf le Sénégal). Ils n’ont pas de problèmes graves avec la France, même si certains comportements peuvent agacer Paris, comme la tentation du Gabon pour le Commonwealth. Cela n’empêche pas ces pays d’avoir des problèmes internes aigus, particulièrement à Madagascar et au Cameroun, où le pouvoir réprime la partie anglophone (dont ils devraient à mon avis donner une autonomie au plus vite !). Et la partie musulmane de leur population n’est pas à l’abri de ce qui se passe au Sahel (Boko Aram compris pour les Cameroun) et de la propagande wahhabite,

La République Démocratique du Congo, qui est un monde à elle seule, avec ses 92 millions d’habitants. La francophonie semble y être bien implantée, notamment grâce à un important secteur scolaire chrétien, mais la politique y est imparfaite et on n’y est pas à l’abri d’une surprise.

Par exemple Kabila père avait décrété l’anglais langue officielle, ce qui n’a eu aucune conséquence pratique, avant que cette décision ne soit effacée (ce fut également le cas à Madagascar). Je ne connais pas de problème particulier entre la RD Congo et la France qui n’était pas la puissance colonisatrice.

Restent les pays du Sahel , et le cas particulièrement difficile du Mali, qui sont incapables de faire face à l’offensive djihadiste et dont la partie la plus bruyante de la population accuse la France de tous les maux. Néanmoins, j’ai des échos différents d’une autre partie de la population qui a des liens intellectuels ou de coopérations ou familiaux avec la France.

Dans les années 1990, l’ONU avait dressé des objectifs du millénaire pour l’Afrique. La France est très investie dans le développement du continent, via l’AFD et ses nombreuses ONG. Pourtant, ces aides semblent être un puits sans fond et aucun grand résultat ne semble être visible. Avons-nous fait 20 ans d’aides pour rien ?

Je vais remonter plus en amont. On est passé insensiblement de la période coloniale à une période que l’on appelle néocoloniale.

Le terme est techniquement justifié, par contre sa connotation négative ne l’est pas du tout, puisqu’en général cette période néocoloniale a été la meilleure pour la majorité de ces pays, comme l’illustrent par exemple Madagascar et la Côte d’Ivoire.

J’ai été témoin de cette époque néocoloniale au cours de laquelle beaucoup d’administrateurs français sont passés de la position de cadre à celle de conseil.

Auparavant, et contrairement à ce qui se dit aujourd’hui, la fin de la période coloniale était celle d’un développement peut-être paternaliste, mais non d’un pillage, terme qui d’ailleurs n’a de réalité concrète que dans le domaine militaire et n’a pas de sens économique.

NB : l’étude économique de la colonisation et la critique de la notion de « pillage » sont développés dans mon livre Le mythe du fossé Nord-Sud, et comment on cultive le sous-développement .

Et les pays qui ont coupé violemment avec la métropole comme la Guinée se sont écroulés.

Cette période néocoloniale s’est souvent terminée par des révolutions, des coups d’État ou des guerres civiles, laissant une situation très dégradée.

Cela a été particulièrement net à Madagascar, qui ne s’en est jamais relevée, et en Côte d’Ivoire où la prospérité qui était due en partie à la présence des PME françaises brutalement expulsées n’est pas complètement revenue.

Il est exact que cette période néocoloniale s’est également traduite par une influence politique de la France, qui s’est notamment traduite par des votes en sa faveur à l’ONU et par des interférences dans le choix des dirigeants des pays africains. Mais c’est une époque terminée depuis longtemps et les héritiers de l’influence politique française, par exemple au Gabon au Cameroun ou au Tchad sont libres, et d’ailleurs leur comportement autocratique est mal vu à Paris… qui toutefois n’intervient pas.

Mais la propagande antifrançaise utilise cette période néocoloniale pour proclamer : « certes, nous sommes mal gouvernés, mais c’est parce que la France nous a imposé de mauvais gouvernants ».

On oublie que les indépendances ont maintenant environ 65 ans et que tous les intéressés ont disparu. On oublie également les succès économiques de cette période néocoloniale, surtout comparée à la situation d’aujourd’hui.

Donc l’usage de cet argument dans la propagande antifrançaise aujourd’hui s’appuie sur l’ignorance des jeunes générations.

Cette coupure générationnelle est aggravée par la scolarisation dans l’enseignement supérieur sur place, et non plus en France.

Il y a donc méconnaissance de cette dernière, sans parler du rôle de certains enseignants qui ont cherché à « se poser en s’opposant » ou à des cadres formés dans les pays hostiles évoqués plus haut, auxquels on peut ajouter les universités islamistes, dont celle de Riyad.

Le sentiment antifrançais des étudiants en provenant se colore d’une hostilité à la langue française (la « vraie » langue étant l’arabe) et à l’Occident « décadent » en général.

En Afrique noire, la France regarde surtout vers l’ouest : Côte d’Ivoire, Sahel, Sénégal. L’Afrique de l’Est et celle des Grands Lacs est-elle définitivement perdue pour la France ?

La France n’y a jamais été très présente, malgré la période « mondialiste et anglophone » du MEDEF.

D’ailleurs cette région, contrairement à sa réputation se développe plutôt moins bien que l’Afrique francophone , à l’exception du Ghana et du Kenya. Le poids lourd, l’Afrique du Sud, est certes le pays le plus développé d’Afrique, mais stagne depuis maintenant longtemps.

Le poids lourd démographique est le Nigéria , qui dispose théoriquement d’une manne pétrolière. Mais on sait que cette soi-disant manne est en fait un handicap qui exacerbe les rivalités tribales, nourrit la corruption et pèse sur le développement.

Tandis que la grosse moitié musulmane du pays, au nord, reste particulièrement sous-développée et en partie désorganisée par Boko Aram et ses rivaux.

La francophonie a-t-elle encore aujourd’hui le rôle qui était le sien en 2001 ?

Contrairement au Commonwealth, l’Organisation internationale de la francophonie n’a jamais eu d’objectifs économiques et se borne à une action culturelle.

Ce qui me paraît important, ce n’est pas cette organisation, mais la diffusion de la langue française. Cette dernière s’est beaucoup élargie depuis 2001, pour trois raisons.

La première est le progrès de la scolarisation en français et notamment des écoles privées de la maternelle à l’université. Certes, il n’y a pas d’écoles partout, et certaines ne sont composées que d’une classe unique encadrée par un instituteur mal payé, voire pas du tout et donc nourri par les parents. Mais il ne faut pas oublier le grand nombre d’écoles fonctionnant normalement.

La seconde est que la bourgeoisie locale en est de plus en plus souvent à la troisième génération scolarisée, ce qui fait du français sa langue maternelle . Le français n’est donc plus une langue étrangère pour cette bourgeoisie, mais la langue véritablement nationale.

La troisième raison, mieux connue, est la croissance démographique rapide de l’Afrique. Cette croissance démographique mènera l’ensemble des pays francophones vers 750 millions vers 2050, si les événements politiques ne viennent pas interrompre la scolarisation en français.

Enfin le milieu littéraire parisien et notamment celui des éditeurs auraient longtemps sous-estimé les écrivains francophones. Cette période semble terminée comme l’illustre l’attribution du dernier prix Goncourt à Mohamed Mbougar Sarr.

Mais bien sûr, qui dit francophonie ne dit pas forcément francophilie. Les opposants à la France les plus virulents s’expriment en français.

Un mot sur l’Afrique du Nord

Le Maghreb approche les 100 millions d’habitants, auxquels on peut ajouter les quelque 100 millions d’Égyptiens. La croissance démographique jugée très rapide vue de France y est en fait plus faible qu’au sud du Sahara, où le seul Nigéria va bientôt dépasser l’ensemble de la région.

C’est par ailleurs la partie de l’Afrique la plus développée, bien que cette comparaison n’ait pas grand sens, vu les disparités régionales au nord comme au sud du continent

Au Maghreb, les trois pays, humainement et historiquement assez semblables, ont continué à diverger, mais les principales données n’ont pas changé depuis 2001 :

Un Maroc partant de plus bas que les autres, mais en progression solide avec une bonne base industrielle et agricole aux critères européens et une liberté politique et religieuse supérieure au reste du monde arabe, Tunisie exceptée. L’enseignement public est déplorable, mais le privé, largement francophone, avec néanmoins un progrès de l’anglais, fournit les cadres moyens. Sauf incident ponctuel, les relations avec la France sont bonnes,

Une Tunisie qui partage beaucoup de caractéristiques avec le Maroc, mais part de plus haut en matière de niveau de vie et de démocratie, malgré les échecs récents,

Une Algérie qui au contraire a du mal à se sortir du socialisme et du non-développement, les recettes pétrolières étant largement confisquées. Ces recettes permettent une économie fondée sur les importations avec peu de production nationale, même si la privatisation de culture et une relative libéralisation industrielle ont permis de petits progrès. Bref, un échec économique et politique flagrant, dont la responsabilité est attribuée contre toute évidence à la France . Ce qui s’est traduit en économie par une éviction des exportations françaises au bénéfice notamment de la Chine et sur le plan culturel par une pression sur la partie francophone de la population.

Quant à l’Égypte, elle a quasiment fait un tour complet durant les 20 dernières années : la dictature militaire de Moubarak a fait place à une démocratisation qui a amené les Frères musulmans au pouvoir. Leur échec a généré une nouvelle contestation, qui s’est terminée par le retour de l’armée au pouvoir. La position de la France, prépondérante jusqu’en 1956, a été détruite par l’affaire de Suez et le socialisme nassérien a ruiné le pays, qui ne s’en est que partiellement remis et dont l’équilibre économique précaire ne tient qu’à une aide américaine, les redevances du canal de Suez, un peu de gaz et de pétrole et les envois des expatriés en Arabie Saoudite. L’image de la France reste bonne, mais nos intérêts économiques ne sont pas très importants et la francophonie s’est réduite à une partie des milieux privilégiés.

Pour conclure, il est frappant de voir resurgir la diabolisation de la colonisation , alors que cette dernière a 60 ans et parfois beaucoup plus, et n’est donc pour rien dans les problèmes africains actuels.

Mais le fait est que cet argument a beaucoup plus de succès qu’au moment des indépendances, peut-être justement parce que les témoins ont disparu. Et qu’ils ne peuvent contredire les proclamations « anti-coloniales » des concurrents de la France et de l’Occident en Afrique.

Cela alors que la Russie et la Turquie ont été longtemps des colonisateurs sanglants, et que la Chine n’a pas été tendre depuis avec les Manchous, les Mongols et les Tibétains, et plus récemment avec les Ouïghours.

Sur le web

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    Opération «Éclipse» au Mali: les soldats maliens tuent des civils, l’armée française se tait

    news.movim.eu / Mediapart · Monday, 3 January - 09:57

Il y a un an, la force Barkhane bombardait une cérémonie de mariage à Bounti et tuait 22 hommes, dont 19 civils. Si cette bavure a été abondamment couverte par les médias, les exactions commises dans la même région par l’armée malienne les semaines suivantes sont passées inaperçues. L’armée française, qui accompagnait les Maliens sur le terrain dans le cadre d’une opération d’envergure, pouvait difficilement les ignorer.
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