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    Cop26: Les pays exportateurs de gaz dénoncent la "cancel culture"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 17 November - 17:46 · 3 minutes

Un employé de Gazprom devant un gazoduc près de la ville de Svobodny dans l

ÉNERGIE - La formule est pour le moins surprenante. Après les engagements pris à la Cop26 par quelque 200 pays pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre , le Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) a souligné son mécontentement dans un communiqué partagé ce mercredi 17 novembre. L’organisation internationale va jusqu’à y parler de... “cancel culture des hydrocarbures”.

La “ cancel culture ” est un concept qui fait parler de lui ces dernières années, et plus particulièrement ces derniers mois en France. Derrière cette expression venue des États-Unis, on retrouve l’idée de mettre au ban une personne, un groupe ou bien une oeuvre en raisons de propos ou d’actes jugés choquants et inacceptables, généralement sous l’impulsion de militants antiracistes et défenseurs de la justice sociale. Elle est dénoncée notamment par des responsables politiques, au même titre que le “wokisme” honni par Jean-Michel Blanquer , à l’image récemment de l’ancien premier ministre Édouard Philippe .

Cette fois-ci, la “cancel culture” est donc invoquée dans un cadre nettement plus improbable, celui de la Cop26, par des pays visiblement inquiets qu’on s’attaque à une manne aussi importante de leur économie. Et tant pis pour l’environnement.

“Le gaz naturel, la source d’hydrocarbures la plus propre”

Les pays concernés se réunissent régulièrement au sein du Forum des pays exportateurs de gaz. Parmi les membres du FPEG, on retrouve les principaux producteurs mondiaux que sont la Russie, l’Iran, le Qatar, le Venezuela et l’Algérie.

Le FPEG représente plus de 70 % des réserves de gaz prouvées dans le monde, 44 % de la production commercialisée, 52 % des gazoducs et 51% des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Les pays à la fois signataires de la Cop26 et membres de la FPEG sont donc particulièrement concernés par les engagements qui ont été pris au cours de la conférence.

La sortie des énergies fossiles était l’une des questions centrales de cette 26e conférence annuelle de l’Onu sur le climat. Si cela peut sembler étrange, les COP précédentes engageaient uniquement les États à diminuer leurs émissions de CO2, mais sans les enjoindre à limiter l’origine de ces émissions: la consommation de charbon, de pétrole et de gaz.

La version finalement adoptée du texte de cette année a pour la première fois mentionné les énergies fossiles . De manière plus subtile en revanche, que dans le texte initialement proposé. Le texte ne parle plus de “sortir”, mais de “réduire” l’utilisation du charbon par exemple.

En ce qui concerne la réduction des subventions aux énergies fossiles, l’encadrement reste flou. En effet, les pays sont uniquement invités à en finir avec celles jugées “inefficaces” . Parmi les énergies fossiles visées: les hydrocarbures (soit le pétrole et le gaz).

“Au FPEG, nous pensons que le gaz naturel, la source d’hydrocarbures la plus propre, a un rôle à jouer dans l’accompagnement d’une transition énergétique équilibrée”, peut-on lire dans la déclaration .

Dans cette dernière, même si l’organisation assure reconnaître “les enjeux posés par le changement climatique“, le gaz naturel est bien évidemment défendu, et décrit comme “l’un des catalyseurs mondiaux pour réduire les émissions rapidement, de manière rentable et résolument en remplaçant les carburants à forte intensité de carbone”.

À voir également sur Le HuffPost : Pourquoi à la COP26 les négociations ont tout d’un poker menteur

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    Sur la Cop26, Macron a des "regrets" mais salue aussi des "avancées"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 16 November - 20:44 · 1 minute

Sur la Cop26, Macron a des

ENVIRONNEMENT - Emmanuel Macron a jugé ce mardi 16 novembre “utile” la COP 26 sur le climat, achevée le weekend dernier, avec “des regrets, mais aussi des avancées” dans le compromis final pour tenter de limiter le réchauffement climatique.

Le chef de l’État s’est notamment réjoui de l’engagement de quelque 200 pays à “accélérer la diminution du recours au charbon”. “Nous restons mobilisés pour réussir la prochaine étape: une annonce de sortie du charbon signée par les grands émetteurs”, a-t-il poursuivi dans une série de tweets.

Emmanuel Macron s’est également félicité qu’une centaine de pays, représentant “la moitié des émissions de méthane”, se soient accordés pour “réduire leurs émissions de 30 % d’ici 2030″ . “Il faut maintenant que l’autre moitié s’engage”, a-t-il exhorté.

Un appel à “rattraper le retard pris en 2020 et 2021”

Les 200 pays de la COP26 ont adopté samedi à Glasgow un accord pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète, sans assurer de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

La COP 26 a “réaffirmé l’importance que nous soyons tous au rendez-vous des 100 milliards de dollars de mobilisation pour accompagner la transition des pays qui ont moins”.

“J’ai appelé à ce que l’on rattrape le retard pris en 2020 et 2021”, a encore affirmé le chef de l’Etat. “Nous le devons à notre jeunesse. On ne lâchera rien!”, a-t-il conclu.

À voir également sur Le HuffPost: Alok Sharma, le président de la Cop26 en larmes après le Pacte de Glasgow

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    À la Cop26, ces deux petits mots du Pacte de Glasgow qui veulent dire beaucoup

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 14 November - 08:54 · 4 minutes

La COP26 a fini, samedi 12 novembre, par accoucher d

SCIENCE - C’est peut-être un détail pour vous, mais... Après des négociations prolongées, les 200 pays de la Cop26 ont réussi à se mettre d’accord sur un texte baptisé “ Pacte de Glasgow pour le climat ”, une feuille de route complexe, pleine de nuances , servant de guide d’application pour l’Accord de Paris et la limitation du réchauffement climatique.

Jusqu’aux dernières minutes, des ajustements ont été effectués et des ambitions amoindries. Évidemment, ce texte est loin d’être parfait et loin d’être suffisant, aux yeux (en larme) même de son président Alok Sharma . Les ONG ont critiqué des manquements sur plusieurs points, notamment le financement pour les pays en développement de l’adaptation aux dégâts du réchauffement. À l’inverse, le fait que le calendrier pour améliorer les ambitions de chaque pays ait été accéléré (dès 2022) est une bonne chose, même si chaque pays garde la possibilité d’invoquer des “circonstances nationales” comme joker.

Pour Greta Thunberg , ces discussions techniques n’ont été que du “bla-bla-bla”, loin d’être à la hauteur des enjeux climatiques. Reste que dans ces phrases techniques, deux mots extrêmement symboliques sont à noter tout particulièrement: “fossile” et “biodiversité”. Même si tout n’est pas parfait, leur simple présence dans le Pacte de Glasgow est importante, car ils étaient jusque-là tabou dans ce genre de texte.

Réchauffement et énergies fossiles, le lien impossible

Depuis des décennies, le consensus scientifique est clair: le réchauffement climatique que nous vivons depuis le début de l’ère industrielle s’accélère et est en grande partie lié aux rejets de gaz à effet de serre des activités humaines. De la même manière, on sait avec clarté que l’accumulation de ces gaz est due en grande majorité aux énergies fossiles que nous utilisons.

Pourtant, comme nous le rappelions dans l’épisode ci-dessous de notre podcast environnement, L’enver(t) du décor , le terme ”énergies fossiles” n’est pas présent dans l’Accord de Paris signé en 2015. Pas plus que dans aucun autre document officiel de ce type... jusqu’au Pacte de Glasgow établi à la Cop26.

Cela peut sembler étrange, mais les COP, jusque-là, engageaient les États à diminuer leurs émissions de CO2, mais sans enjoindre à limiter l’origine de ces émissions: la consommation de charbon, de pétrole et de gaz. Alors quand dans une première version du texte, les observateurs ont découvert la phrase “appeler les parties [les États, NDLR] a accélérer la sortie du charbon et des subventions aux énergies fossiles”, tous ont sauté de joie.

“Cela faisait partie de nos demandes depuis longtemps, mais nous pensions que ça ne passerait jamais, on a été surpris”, explique au HuffPost Marine Pouget, en charge des questions internationales au Réseau action climat (RAC). “C’est un grand tabou qui tomberait, c’est une brèche qui s’ouvre et dont on a besoin pour organiser cette sortie des énergies fossiles”, abonde Pierre Cannet, directeur du plaidoyer du WWF, interrogé par Le HuffPost .

Les ONG ont ensuite déchanté, malheureusement. La version finalement adoptée du texte mentionne toujours les énergies fossiles, mais de manière bien plus subtile, notamment après les demandes de la Chine, de l’Inde et de l’Arabie-Saoudite, en parlant des subventions “inefficaces”. Pire, sur le charbon, seules les centrales n’utilisant pas de technologie de capture de carbone sont visées (“unabated coal power” dans le texte”). De plus, le texte ne parle plus de “sortir”, mais de “réduire” l’utilisation du charbon.

Climat et biodiversité enfin reliés

L’autre grand symbole de ce texte, c’est la mention de la biodiversité. Ce terme était déjà présent dans l’Accord de Paris, mais les États “notaient” simplement qu’il était important de préserver la biodiversité. En clair, s’il fallait défendre la nature, c’était une mission parallèle, mais différente de la lutte contre le réchauffement climatique.

Sauf que les études scientifiques s’accumulent pour montrer que ces deux crises sont intimement liées. En juin, un premier rapport conjoint du Giec et de l’IPBES (le “Giec de la biodiversité) alertait justement sur cette question, rappelant que des solutions pour le climat nocives pour la biodiversité ne permettront pas d’endiguer le réchauffement de la planète.

Dans le texte de la Cop26, un des paragraphes souligne l’importance de la protection de la nature “pour atteindre les objectifs de température de l’Accord de Paris”, évoquant la préservation des forêts et la protection de la biodiversité. “Les énergies fossiles sont responsables des deux tiers de l’accumulation des gaz à effet de serre, mais la déforestation est également à l’origine de 12%”, rappelle Pierre Cannet. Même si, ici aussi, tout n’est pas parfait. “Le langage reste un peu flou”, regrette Marine Pouget.

Surtout, si ces deux mots sont très symboliques et si leur présence dans un texte de ce niveau est nécessaire, il n’est pas suffisant. “On ne résout pas le problème principal qui peut se décliner ainsi: d’abord, comment aller plus vite et plus loin sur les objectifs. Ensuite, comment s’assurer que ce qui est mis sur la table est bien appliqué, estime Pierre Cannet.

Sur ces deux points, les nombreux non-dits, échecs et vides laissés dans le texte à l’interprétation des États sont malheureusement eux-aussi symboliques.

À voir également sur Le HuffPost : Greta Thunberg quitte une table ronde de la Cop26 la qualifiant de “greenwashing”

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    Cop26: Les 4 points clés du Pacte de Glasgow

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 14 November - 03:16 · 4 minutes

Le président de la Cop26 Alok Sharma, à Glasgow en Écosse, le 13 novembre 2021.

COP26 - Les deux semaines d’âpres négociations qui viennent de se terminer à la Cop26 à Glasgow peuvent se résumer en quatre mots: finance, fossiles, compensations et ambition.

Quatre mots qui ont focalisé l’attention et les tensions en Écosse, alors que la conférence pour le climat a accouché d’un pacte destiné à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique , mais sans assurer de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

Haro sur les fossiles

L’ accord de Paris de 2015 qui vise à limiter le réchauffement de la planète “bien en deçà” de +2°C par rapport à l’ère industrielle, si possible +1,5°C, ne contient pas les mots “charbon”, “pétrole”, “gaz”, ni même ” énergies fossiles ” pourtant principales responsables de changement climatique.

Alors la première mention de ces énergies polluantes dans une décision des quelque 200 pays signataires a été saluée comme “historique”.

Un premier projet de texte appelait les pays à “accélérer la sortie du charbon et des subventions aux énergies fossiles”.

Mais sous la pression de l’Inde, de la Chine et de l’ Arabie saoudite , la portée du texte a été progressivement affaiblie. Jusqu’à la dernière minute où sous les yeux des caméras -mais sans son- le président de la Cop26 Alok Sharma a dû faire des allers-retours entre les divers groupes pour faire accepter une ultime revendication des délégations indienne et chinoise.

Le texte adopté appelle finalement à “intensifier les efforts vers la réduction du charbon sans systèmes de capture (de CO2) et à la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles”.

Pertes et préjudices

La Convention des Nations unies sur les changements climatiques de 1992 repose sur deux piliers: la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation notamment des plus vulnérables aux impacts à venir.

Mais depuis cette date, les conséquences dévastatrices du réchauffement sont devenues une réalité dans le présent et les dégâts se comptent en milliards de dollars.

Face à cette réalité, le concept de “pertes et préjudices” a émergé, en référence aux catastrophes qui ne peuvent plus être évitées.

“Quand les émissions ne sont pas réduites suffisamment, vous entrez dans le territoire de l’adaptation, et quand l’adaptation n’est pas suffisante, vous devez faire face aux pertes et préjudices”, résume le ministre de l’Économie et du Changement climatique des Fidji, Aiyaz Sayed-Khaiyum.

Mais le mécanisme mis en place en 2013 pour prendre en compte cette question est resté flou. Alors à Glasgow, les pays en développement ont tenté de faire entendre leurs revendications.

En vain. Leur proposition de créer un nouveau système opérationnel de financement a été bloqué, notamment par les États-Unis craignant les implications juridiques d’un tel engagement.

Le compromis adopté met en place un “dialogue” annuel jusqu’à 2024 pour “discuter des modalités pour le financement des activités”.

Ambition

L’accord de Paris prévoit que les pays signataires révisent à la hausse leur ambition de réduction d’émissions de CO2 tous les cinq ans.

Le premier cycle de révision devait s’achever fin 2020, mais a été repoussé en raison de la pandémie de Covid-19 qui a reporté la Cop26 d’un an.

Mais les émissions continuent d’augmenter et les scientifiques avertissent qu’il reste moins de dix ans pour limiter le réchauffement à +1,5°C. Alors les appels se sont multipliés pour accélérer le rythme de ces mises à jour, avant le prochain cycle prévu en 2025.

Le Pacte de Glasgow adopté ce samedi “demande aux parties de revisiter et renforcer” leurs objectifs 2030 (...) autant que nécessaire pour les aligner avec les objectifs de température de l’Accord de Paris, d’ici la fin de 2022″.

Dans le jargon onusien, le texte utilise le terme “requests” pour qualifier cette demande, mot que plusieurs pays, notamment la Chine, l’Inde et l’Arabie saoudite - considéraient comme trop fort.

Marchés carbone

L’“article 6” de l’accord de Paris, qui concerne le fonctionnement des marchés carbone, empoisonnait depuis trois ans les négociations climat, empêchant de conclure le “manuel d’utilisation” de l’accord de Paris.

Après un échec à la Cop24 en 2018, puis à la Cop25 en 2019, un accord a finalement été trouvé à Glasgow sur ces règles des marchés carbone destinés à aider à la réduction des émissions de CO2.

Mais de nombreuses ONG soulignaient qu’il valait mieux pas d’accord qu’un accord qui remettrait en cause l’intégrité environnementale de l’accord de Paris.

Le texte adopté permet de “combler certaines des failles scandaleuses, comme le double comptage”, qui permettrait à une tonne de CO2 d’être comptabilisée à la fois par l’acheteur et le vendeur, a commenté Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris.

“Mais ce n’est pas suffisant pour empêcher les entreprises et les États de mauvaise foi  de contourner le système”, a-t-elle indiqué à l’AFP, réclamant un organe de surveillance de la mise en œuvre de ces marchés.

À voir également sur Le HuffPost : Les SOS de Thomas Pesquet sur le réchauffement climatique depuis l’ISS

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    Cop26: L'émotion de son président Alok Sharma, déçu par le Pacte de Glasgow

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 14 November - 00:22 · 3 minutes

Le président de la Cop26 Alok Sharma durant son discours de clôture, à Glasgow en Écosse, le 13 novembre 2021.

COP26 - Les 200 pays de la Cop26 ont adopté ce samedi 13 novembre un accord pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète , mais sans garantir de tenir les objectifs de réchauffement le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

Avant d’entériner d’un coup de marteau l’adoption de l’accord, le président britannique de cette 26e conférence mondiale pour le climat, Alok Sharma, s’est dit d’une voix émue et les larmes aux yeux “profondément désolé” pour ce dénouement, comme on peut le voir sur les images ci-dessous . Il avait plus tôt estimé que l’accord “inaugure une décennie d’ambition croissante” en matière de climat.

“Un Alok Sharma ému se dit “profondément désolé” de la façon dont la conférence Cop26 s’est déroulée. Retenant ses larmes, le président de la Cop déclare: ‘Je comprends la profonde déception mais il est également vital que nous protégions cet accord’.

“Quelle clôture dramatique pour la Cop26 - L’Inde a fait son chemin sur le charbon, les petits États insulaires déçus, le chef de la Cop Alok Sharma s’excuse...”

Le Pacte de Glasgow été adopté à l’issue de deux semaines de négociations éprouvantes, à l’image des changements de dernière minute, moins contraignants, introduits sur la question des énergies fossiles à la demande de la Chine et de l’Inde.

Sur le point critique de la limitation des températures, alors que la planète se trouve selon l’ONU sur une trajectoire “catastrophique” de réchauffement de 2,7°C par rapport à l’ère pré-industrielle, le texte appelle les Ètats membres à relever leurs engagements de réductions plus régulièrement que prévu dans l’ accord de Paris , et ce dès 2022.

Mais avec la possibilité d’aménagements pour “circonstances nationales particulières”, point qui a suscité les critiques des ONG sur les ambitions réelles du texte.

Le compromis trouvé n’assure d’ailleurs pas le respect des objectifs de l’accord de Paris de 2016, limiter le réchauffement “bien en deçà” de 2°C et si possible à 1,5°C. Mais il offre des perspectives permettant à la présidence britannique d’afficher un succès sur son objectif de voir Glasgow “garder 1,5 en vie”.

À voir également sur Le HuffPost : Les SOS de Thomas Pesquet sur le réchauffement climatique depuis l’ISS

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    Cop26: Greta Thunberg a fait le meilleur résumé du Pacte de Glasgow

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 13 November - 22:46 · 5 minutes

Greta Thunberg, ici à Glasgow en Écosse, le 5 novembre 2021.

COP26 - Après la conclusion d’un accord ce samedi 13 novembre à la Cop26 de Glasgow, la militante suédoise Greta Thunberg a déploré que la conférence se soit résumée à du “bla, bla, bla”, reprenant des accusations qu’elle avait déjà adressées aux dirigeants du monde.

“Le vrai travail continue en dehors de ces salles. Et nous n’abandonnerons jamais, jamais”, a déclaré sur Twitter la figure emblématique du mouvement Fridays for Future, à l’issue de la conférence mondiale sur le climat .

Quelques jours auparavant, la militante avait prévenu qu’un accord qualifié “de ‘petits pas dans la bonne direction’, ‘faire quelques progrès’ ou ‘gagner progressivement’ équivaut à perdre”.

Interrogée par l’AFP mi-octobre, Greta Thunberg craignait déjà que, malgré son caractère “crucial” pour l’avenir de la planète, la Cop26 n’apporte “pas de grands changements”.

Adopté à l’issue de deux semaines de négociations laborieuses par les 200 pays de la Cop26, le “Pacte de Glasgow pour le climat” vise à accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète, sans assurer de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

“Il y a encore énormément à faire dans les années qui viennent”, a lui déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson . “Mais l’accord d’aujourd’hui est un grand pas en avant, et ce qui est important est que nous avons le premier accord international jamais conclu pour réduire l’utilisation du charbon et un plan pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré” de plus qu’à l’ère pré-industrielle, a-t-il ajouté.

“La catastrophe climatique frappe toujours à la porte”

“La catastrophe climatique frappe toujours à la porte”, a averti de son côté le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. La conférence mondiale sur le climat a débouché sur “des pas en avant bienvenus, mais ce n’est pas assez”, a estimé dans un communiqué le patron des Nations unies.

Listant les objectifs “que nous n’avons pas atteints lors de cette conférence”, il évoque notamment “la fin des subventions aux énergies fossiles, la sortie du charbon, mettre un prix sur le carbone” et l’aide financière aux pays les plus pauvres.

“Les textes adoptés sont un compromis. Ils reflètent les intérêts, la situation, les contradictions et l’état de la volonté politique actuelle dans le monde. (...) Malheureusement la volonté politique collective n’a pas été suffisante pour surmonter de profondes contradictions”, écrit-il.

“Il est temps de passer en mode ‘urgence’”, poursuit-il, en relevant que les engagement de réductions d’émissions actuels ne permettent pas de tenir l’objectif de l’accord de Paris de contenir le réchauffement “bien en deçà” de 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, et encore moins l’objectif idéal de +1,5°C.

“C’est mou, c’est faible, et l’objectif de 1,5°C est à peine en vie, mais il y a un signal sur la fin de l’ère du charbon. Et c’est important”, a par ailleurs commenté Jennifer Morgan, patronne de Greenpeace International.

“C’est une insulte aux millions de personnes dont les vies sont ravagées par la crise climatique”, a elle déclaré Teresa Anderson, de l’ONG ActionAid International.

La Commission européenne a pour sa part estimé que le Pacte de Glasgow avait “maintenu en vie les objectifs de l’accord de Paris, en nous donnant la chance de limiter le réchauffement mondial à 1,5°C”.

“Nous avons progressé dans la réalisation des trois objectifs que nous nous étions fixés au début de la Cop26”, a indiqué la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, citée dans un communiqué. “Cela nous rend confiants sur le fait que nous pouvons offrir à l’humanité un espace sûr et prospère sur cette planète. Mais il n’y aura pas de temps à perdre: un travail difficile nous attend encore”.

Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, Clément Sénéchal, porte-parole climat de Greenpeace France et Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, ont aussi réagi, comme vous pouvez le lire sur les tweets ci-dessous .

À voir également sur Le HuffPost : Les SOS de Thomas Pesquet sur le réchauffement climatique depuis l’ISS

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    La COP26 accouche du Pacte de Glasgow, aux ambitions limitées

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 13 November - 19:58

COP26 President Alok Sharma speaks at the UN Climate Change Conference (COP26) in Glasgow, Scotland, Britain November 13, 2021. REUTERS/Yves Herman

ENVIRONNEMENT - Des discussions âpres qui se sont prolongées plus que prévu, mais finalement, un accord. La COP26 a accouché ce samedi 13 novembre dans la soirée du “Pacte de Glasgow”, destiné à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique, mais sans assurer de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

L’adoption définitive du texte est intervenue à l’issue de deux semaines de négociations éprouvantes, d’un coup de marteau du président britannique de la conférence mondiale sur le climat et après des changements de dernière minute introduits par la Chine et l’Inde sur la question des énergies fossiles.

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À voir également sur Le HuffPost: Les SOS de Thomas Pesquet sur le réchauffement climatique depuis l’ISS

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    La Cop26 de Glasgow s'annonce record en émissions de CO2

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 13 November - 10:01 · 4 minutes

Censée atteindre la neutralité carbone, le Cop26 va en réalité être l

ENVIRONNEMENT - La réalité derrière les beaux messages. Alors que les autorités britanniques, qui organisent la Cop26 à Glasgow , avaient promis un sommet neutre en émissions carbone, le résultat va être tout autre. Voici l’estimation d’Arup , un cabinet missionné par Londres pour surveiller la pollution engendrée par la Conférence sur le Climat.

Dans un rapport qui devra être consolidé au terme du sommet, il apparaît que la Cop26 devrait émettre l’équivalent de 102.500 tonnes de dioxyde de carbone. Soit, d’après les calculs du Washington Post , les émissions annuelles de 8000 citoyens britanniques ou de 100.000 Sri-Lankais. Surtout, cela représente deux fois plus d’émissions que lors des Cop de Madrid en 2019 (51.000 tonnes environ) et de Paris en 2015 (43.000), et quatre fois plus qu’à Durban et Copenhague, respectivement en 2011 et 2009.

Logique quand on sait qu’environ 40.000 personnes venues du monde entier auront pris part à la Cop26, parmi lesquelles de nombreux chefs d’État et officiels ayant voyagé en jet privé. Un trafic aérien qui représente 60% des émissions totales de la Conférence, d’après le cabinet Arup.

Les jets privés montrés du doigt

Si ce chiffre s’explique par le fait que des habitants des quatre coins du monde auront participé, il aurait toutefois pu être contenu si les leaders de la planète avaient voyagé sur des vols commerciaux plutôt qu’en jet, comme ce qu’a fait l’acteur Leonardo DiCaprio , défenseur historique du climat. Selon l’expert aviation d’une ONG promouvant des transports plus respectueux de l’environnement, là encore cité par le Washington Post , un passager en jet représente dix fois plus d’émissions que celui d’un vol régulier. Et cela sans même évoquer d’autres modes de transport, tels que le chemin de fer.

Un exemple éloquent à cet égard est celui de Boris Johnson en personne qui, au terme du premier week-end de la Cop, est rentré dans la précipitation à Londres en jet privé pour un dîner entre amis, ignorant la possibilité de prendre un train lui permettant d’être 4h30 plus tard dans la capitale anglaise. Avant de revenir justement en train quelques jours plus tard à Glasgow, signe que même pour un dirigeant mondial, le périple ferroviaire demeurait accessible.

Reconnaissant auprès des Américains de CNBC que la Cop n’avait pas vocation à être une démonstration d’un mode de vie écologiquement responsable, le responsable scientifique de Greenpeace UK, Doug Parr, a ainsi noté que “l’incapacité à trouver durant le sommet un accord visant à limiter les émissions du secteur aérien” est une parfaite illustration des contradictions à l’œuvre à Glasgow.

D’autant qu’en plus du transport international, le logement des dizaines de milliers de participants, les allers-retours entre les hôtels et les différents lieux où se déroulait la Cop ou encore la gestion des déchets sont venus alourdir le bilan carbone de l’événement.

La parade du gouvernement britannique

Pourtant, de nombreux petits gestes avaient été déployés depuis le début du sommet. Les brouillons de déclaration finale jamais imprimés, le haggis (un plat à base de panse de brebis farcie, spécialité nationale écossaise) végétarien et à base de produits cultivés localement, les gobelets à café réutilisables, les toilettes à faible débit d’eau... Ces symboles multiples n’avaient pas échappé à une campagne de communication voulant faire montre d’un sommet vert.

Et alors même que le bilan carbone de la Cop26 s’annonce bien en deçà des attentes, le gouvernement britannique continue de marteler qu’il a une parade. Comme il l’avait fait pour compenser l’empreinte carbone du G7 organisé en Cornouailles au mois de juin, il prévoit d’acheter des “crédits carbone”. Soit de financer en contrepartie des projets permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Après le G7, rappelle le Washington Post , les Britanniques avaient par exemple investi dans une usine capturant le méthane au Vietnam, un projet d’hydroélectricité au Laos ou encore de l’électricité au gaz naturel en Thaïlande.

Mais il n’en reste pas moins, poursuit le quotidien américain, que le coût de ces investissements n’est qu’une bagatelle rapporté à l’ampleur du sommet: grâce à l’expertise d’une société suisse vendant ces “crédits carbone”, le journal estime que la compensation payée par le gouvernement britannique représenterait l’équivalent de 20 dollars par participant à la Cop. Un équilibrage pas franchement équitable par rapport à des milliers d’allers-retours en jet privé.

Car comme l’écrivait Le HuffPost avant même le début de la Conférence, rassembler et loger des dizaines de milliers de personnes venues du monde entier représente en soi un projet difficilement conciliable avec la neutralité carbone. Reste donc à ce que la déclaration finale fixe des objectifs suffisamment élevés pour avoir justifié la tenue d’un tel événement.

À voir également sur le HuffPost : Cet iceberg de 4 tonnes a été expédié depuis le Groenland pour fondre à la Cop26