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    La cantine sans viande à Lyon ou comment la majorité s'est fracturée sur un menu

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 23 February - 15:26 · 7 minutes

Et la majorité se fractura sur un menu à la cantine (photo d

POLITIQUE - Effiloché de cacophonie à la sauce marcheuse. Depuis que la mairie de Lyon a fait le choix de distribuer un menu unique sans viande dans les cantines des écoles pour des raisons sanitaires, deux camps se dessinent dans la majorité: ceux qui s’insurgent contre une “posture aberrante” d’un côté. Et ceux qui regrettent, de l’autre, un débat “préhistorique”... lancé par leurs propres collègues.

Des questions éruptives au point de provoquer l’un des plus gros couacs de la mandature pour un sujet aussi mineur? Le niveau de tension dans la majorité est en tout cas monté au point de voir l’un des porte-paroles du parti présidentiel s’en prendre publiquement à Barbara Pompili, la numéro 3 du gouvernement pour avoir critiqué les “clichés éculés” véhiculés par ses collègues Darmanin ou Denormandie , eux, vent debout contre les écolos lyonnais.

“Le pragmatisme comme l’amour de la science et la loyauté sont des concepts qui vous sont étrangers”, écrivait ainsi Jean-Baptiste Moreau lundi soir sur son compte Twitter à l’adresse de la ministre de la Transition écologique dans une attaque aussi virulente que peu courante en macronie.

Inacceptable pour Hugues Renson, le vice-président LREM de l’Assemblée -et co-fondateur avec Barbara Pompili du parti En Commun- qui estime, ce mardi dans Libération , que le député “ne peut plus rester” porte-parole du parti majoritaire. Et voilà comment le menu des cantines scolaires à Lyon fait apparaître les profondes divisions d’un groupe déjà éprouvé par les débats interminables sur la loi sur les “ séparatismes ” et l’expression “ islamo-gauchisme ”, pour ne parler que de 2021.

Le point de départ Darmanin

Pour comprendre cette ambiance soupe à la grimace, il faut remonter au samedi 20 février et se tourner, comme souvent , vers la place Beauvau. Gérald Darmanin est le premier membre du gouvernement à prendre la parole sur le sujet, donnant de la visibilité à une polémique alors locale menée par la droite lyonnaise. Dans un message publié sur son compte Twitter, le ministre de l’Intérieur fustige une “idéologie scandaleuse” en arguant que “de nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande.”

La ministre a regretté des arguments qui sont des contre-vérités au moment même où elle défend une loi qui va porter l’expérimentation des menus végétariens, au choix, dans les cantines Entourage de Barbara Pompili

Et même si le prédécesseur de Grégory Doucet à l’Hôtel de Ville lyonnais, Gérard Collomb, le premier des marcheurs, avait mis en place le même menu unique à la sortie du premier confinement, Gérald Darmanin voit dans la décision des écolos une “insulte aux agriculteurs” doublée d’une “politique moraliste.”

De quoi faire sortir Barbara Pompili, ancienne cadre d’Europe Écologie Les Verts de sa réserve habituelle, sur le fond du dossier . “La ministre a regretté des arguments qui sont des contre-vérités au moment même où elle défend une loi qui va porter l’expérimentation des menus végétariens, au choix, dans les cantines scolaires”, expliquait-on dans son entourage ce mardi matin.

“Une loi vaut plus qu’un tweet”, poursuivait-on au ministère de la Transition écologique où l’on fait comprendre que c’est bien la numéro 3 du gouvernement qui serait dans la ligne gouvernementale et non pas le duo Darmanin-Denormandie. Publiquement, aucune réaction ni de Christophe Castaner, patron des députés LREM qui se déchirent sous ses yeux, ni du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, proche d’Emmanuel Macron.

Le chef de l’État a bien, en marge d’un déplacement mardi en Côte d’Or sur le thème de l’agriculture, appelé, selon BFMTV “au bon sens pour éviter des divisions idiotes”, mais cela suffira-t-il?

En privé, certains sont plus sévères à l’Assemblée nationale. ″À quel moment Darmanin rentre dans le jeu? À quel moment va-t-il sur les plates-bandes de Pompili? Est-ce que Pompili, elle, s’exprime sur la sécurité?”, s’agace une source LREM bien placée du Palais-Bourbon, sans décolérer à l’égard de l’attitude cavalière du ministre de l’Intérieur: “À croire que son portefeuille ne lui suffit pas...”

Castex intervient

Dans ce contexte, le Premier ministre tente tant bien que mal de siffler la fin de la récréation. L’entourage de Jean Castex nous expliquait ce 23 février que le chef du gouvernement a fait parvenir à ses ministres, lundi soir, un message leur demandant “de rester à la tâche” et de “ne pas alimenter les polémiques autoportées”, prenant bien soin de ne citer personne en particulier.

Moins nous alimentons les polémiques auto-portées, mieux nous nous portons.” Matignon

“Moins nous alimentons les polémiques autoportées, mieux nous nous portons”, ajoute Matignon, prônant une “cohérence de discours” pour “ne pas alimenter les chroniques qui font croire que tout le gouvernement est préoccupé par les cantines lyonnaises.” Comprendre: chacun chez soi, le ministre de l’Intérieur sur ses dossiers, celle de la Transition écologique sur les siens, et les moutons seront bien gardés. Un peu tard.

Surtout que derrière ce recadrage qui n’en porte pas le nom, le débat perdure sur le fond. Le ministre de l’Agriculture a même remis une pièce dans la machine ce mardi matin en relançant, sur RTL , ce que Barbara Pompili avait présenté comme un “débat préhistorique”.

Fractures profondes

“Il n’y a pas de cacophonie au sein du gouvernement. Il y a une position qui est une posture d’une municipalité Europe Ecologie les Verts qui consiste à arrêter de servir de la viande à nos enfants, et c’est aberrant d’un point de vue nutritionnel et c’est une honte d’un point de vue social”, martelait Julien Denormandie, deux jours après avoir saisi le préfet du Rhône sur la question.

Une position qui apparaît en totale contradiction avec celle de Barbara Pompili, ou de son collègue chargé de la Santé Olivier Véran qui s’attachait, lundi, à faire retomber la pression entre le gouvernement et la mairie lyonnaise. “Je ne suis pas choqué qu’on puisse proposer des menus sans viande ni poisson à l’école”, expliquait-il depuis Lyon, en ajoutant: “Il n’y a pas lieu de polémiquer.”

Raté. Ces déchirements au sein de la majorité donnent en tout cas l’occasion aux écologistes d’ironiser ou de distribuer les bons points. “Je ne vais pas revenir sur les polémiques du gouvernement, de toute façon ils sont en train de se chamailler entre eux”, s’amusait par exemple Grégory Doucet ce mardi sur BFMTV.

Ils sont aussi le nouveau signe des limites du “en même temps” présidentiel et le révélateur de fractures plus profondes dans la majorité après une semaine à s’interroger sur l’“islamo-gauchisme” . Dans une tribune publiée dans Le Monde ce mardi, six ministres, dont Adrien Taquet ou Élisabeth Moreno, et plusieurs poids lourds historiques de LREM, dont le patron du parti Stanislas Guérini, regrettent à ce sujet “la dérive du débat politique” autour de ce concept... pourtant relancé par leurs propres collègues Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal.

À voir également sur Le HuffPost : Viande à la cantine: Collomb et Doucet disaient exactement la même chose

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    Viande: les arguments de Julien Denormandie contre le maire de Lyon sont-ils valables?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 23 February - 14:39 · 5 minutes

Julien Denormanie photographié en sortie du Conseil des ministres (illustration)

POLITIQUE - Il persiste et signe. Alors que Matignon goûte peu ces “polémiques stériles” , le ministre de l’Agriculture Julien Denormanie n’en finit pas de remettre des pièces dans la machine, que ce soit sur RTL ou dans les colonnes du Parisien . L’objet de son courroux, partagé par Gérald Darmanin ? La mesure prise par le maire EELV de Lyon Grégory Doucet: un menu sans viande dans les cantines pour se conformer au protocole sanitaire venant du ministère de l’Éducation nationale concernant les conditions de service des repas à l’école.

“Sans viande”, ne signifie pas ici végétarien, puisque des œufs et du poisson pourront être proposés. Une mesure absolument identique à celle prise au mois de mai par le précédent maire (LREM) de Lyon, Gérard Collomb, et pour exactement les mêmes raisons. Or, cette fois, elle se trouve contestée par plusieurs ministres et donne lieu à une division au sein du parti présidentiel. Pour alimenter sa critique, le ministre de l’Agriculture, qui a saisi le préfet du Rhône, s’appuie sur plusieurs arguments, d’ordre social, nutritionnel ou encore sanitaire. Le HuffPost fait le point sur leur pertinence à la lumière de ce que l’on sait sur le sujet.

“Cette décision est aberrante d’un point de vue nutritionnel”

Premier argument servi par le ministre, cette décision ferait courir un risque nutritionnel aux petits Lyonnais. Or, comme expliqué plus haut, il n’est pas question de priver les élèves de protéines animales, puisque des œufs et du poisson seront servis. Par ailleurs, cela fait plusieurs années que les ONG alertent sur une consommation excessive de protéines animales par les enfants. En 2018, Greenpeace avait par exemple comparé les recommandations de l’Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale (Anses) en la matière à celles du Groupe d’étude des marchés restauration collective et nutrition (GEM-RCN), un organisme rattaché à Bercy et donnant les orientations pour l’approvisionnement des cantines. Résultat : les enfants consomment (beaucoup) trop de protéines animales.

“D’après l’étude INCA 3 [de l’Anses], les enfants jusqu’à 10 ans consomment en moyenne entre 200 et 400 % des Apports Nutritionnels Conseillés (ANC qui sont déjà, par sécurité, supérieurs aux besoins). Un constat partagé par l’étude ELANCE , qui a suivi plusieurs dizaines d’individus depuis leur naissance jusqu’à leurs 20 ans. Un fort apport en protéines animales, et en particulier celles issues des produits laitiers, est associé à des risques de surpoids et d’obésité plus tard”, notait Greenpeace France. Difficile, dans ces conditions, de hurler au scandale nutritionnel, d’autant que cette mesure, comme celle prise précédemment par Gérard Collomb, n’est que temporaire.

“D’un point de vue social, c’est une honte”

Autre point soulevé par le ministre de l’Agriculture, cette mesure temporaire serait une “honte sociale”, puisqu’elle priverait les enfants les plus pauvres d’accès à la viande, ce que la cantine permet. Or, c’est un point que conteste catégoriquement sa collègue à la Transition écologique, Barbara Pompili. “On entend aussi que des enfants de milieux un peu défavorisés mangeraient moins de viande que les autres, des études montrent l’inverse”, affirme la ministre.

Alors, qui dit vrai entre les deux? Encore une fois, les conclusions de l’Anses semblent contredire Julien Denormandie, et cela ne date pas d’hier. Voici par exemple ce qu’on pouvait lire dans un rapport d’étude publié dès 2012: “chez les enfants, c’est essentiellement la consommation de viande qui est plus élevée quand le niveau socioéconomique est plus bas: ceux vivant dans un foyer de niveau socioéconomique bas en consomment en moyenne entre 74 et 82 grammes par jour (selon la variable de niveau socioéconomique considérée) tandis que ceux vivant dans un foyer de niveau socioéconomique élevé en consomment environ 69 grammes par jour”. Notons que dans tous les cas, ces portions sont plus élevées ce qui est recommandé par le programme national nutrition santé .

C’est notamment en partant de ce constat que beaucoup militent pour favoriser les légumes à la cantine, dans la mesure où il est également admis que les milieux les plus défavorisés sont les plus exposés à l’obésité, une pathologie qui n’est pas vraiment causée par un excès de légumes. “Dès l’âge de six ans, les enfants d’ouvriers sont 4 fois plus touchés par l’obésité que les enfants de cadres: 16 % sont en surcharge pondérale et 6 % sont obèses contre respectivement 7 % et 1% chez les enfants de cadres”, notait en septembre 2019 le ministère de la Santé.

“Nous ne sommes plus dans une situation d’urgence”

Enfin, lorsque Julien Denormandie est renvoyé à ce que Gérard Collomb avait décidé au mois de mai, voici ce que son entourage a répliqué à Libération : “La situation n’est pas la même entre mai 2020 et février 2021. Il y a une vraie différence. Nous ne sommes plus dans une situation d’urgence, face à une situation exceptionnelle comme en mai”. Même son de cloche au Parisien : “On ne peut pas comparer! On était juste à la sortie du confinement, dans la gestion de court terme. Aujourd’hui, on est dans une situation où l’on doit malheureusement vivre avec le virus”. En résumé, ce qui était valable au mois de mai ne le serait plus aujourd’hui, en raison d’une situation sanitaire qui serait moins urgente. En dehors du fait qu’à la fin du printemps le taux d’incidence du Covid-19 était à moins de 10 alors qu’aujourd’hui la moyenne nationale s’établit à 201,7, il convient de regarder ce qui était préconisé par le protocole sanitaire de l’Éducation nationale qui est, rappelons-le, la raison invoquée par Grégory Doucet.

En février, le protocole sanitaire a en réalité été renforcé dans les écoles , à cause de la menace des variants. Et il comprend toujours la distanciation de deux mètres “entre groupes à la cantine” ainsi qu’une vigilance accrue sur le “brassage” des élèves, notamment à la pause du déjeuner. “Dans le premier degré, le non brassage entre élèves de classes différentes doit impérativement être respecté”, peut-on lire dans le protocole. Or, c’est justement pour fluidifier le brassage des élèves que ce menu unique a été décidé par Grégory Doucet, comme Gérard Collomb avant lui. Quant au caractère urgent (ou non) de la situation sanitaire, les mesures de reconfinement décidées ou à venir devraient a minima inciter Julien Denormandie à la prudence.

À voir également sur Le HuffPost: Plus de viande à la cantine: quand Collomb et Doucet disaient exactement la même chose

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    Menus sans viande: Denormandie balaie l'idée d'une "cacophonie" au gouvernement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 23 February - 08:29 · 3 minutes

Julien Denormandie, ici photographié le 1er décembre dernier au ministère de l

POLITIQUE - “Idéologie scandaleuse” et “insulte inacceptable” pour Gérald Darmanin, “débat préhistorique” pour Barbara Pompili , mais “pas lieu de polémiquer”, pour Olivier Véran. Mais il n’y aurait aucune “cacophonie” gouvernementale au sujet des menus sans viande dans les cantines lyonnaises , à en croire le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

Depuis le début de semaine, l’initiative du maire écologiste de Lyon Grégory Doucet de proposer des menus avec des œufs et du poisson , mais pas de viande dans les cantines, fait débat. Les agriculteurs locaux la contestent avec ferveur, et au sein du gouvernement, il y a autant de points de vue que de personnes.

Ne serait-ce que sur le bien-fondé scientifique de la mesure, on retrouve Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, qui déplore “des clichés éculés, du type ‘l’alimentation végétarienne serait une alimentation déséquilibrée’”, mais aussi Julien Denormandie qui fustige une “décision aberrante d’un point de vue nutritionnel” et Olivier Véran (Santé) qui appelle simplement à la vigilance ”à porter au régime alimentaire des enfants”.

Débat acharné sur le bien-fondé nutritionnel de la mesure

Difficile de s’y retrouver donc, tant l’équipe gouvernementale de Jean Castex -qui refuse de s’exprimer sur la question - semble divisée. Ce qui n’a pas empêché Julien Denormandie, ce mardi 23 février au micro de RTL, d’assurer: “Il n’y a pas de cacophonie au sein du gouvernement.”

Pour le ministre de l’Agriculture, c’est même une “honte d’un point de vue social” qu’une telle mesure ait pu être prise, certains enfants de familles modestes comptant selon lui sur “les cantines de la République” pour manger de la viande, plus onéreuse que d’autres produits. “C’est toujours une écologie de l’entre-soi où à chaque fois ce sont les plus fragiles qui n’ont pas forcément accès à une alimentation équilibrée qui sont pénalisés”, a-t-il ajouté, s’opposant donc frontalement à sa collègue de la Transition écologique. Ce qui ne l’a pas empêché de balayer toute “cacophonie”.

“Nous ne sommes pas dans une opération de promotion du ‘végétarianisme’ ou du véganisme puisque nous allons offrir des protéines animales aux enfants chaque jour”, comme du poisson et des œufs, avait de son côté répondu, dès lundi, le maire EELV de Lyon Grégory Doucet.

D’autant que la mesure, déjà mise en place par le précédent maire et figure de LREM Gérard Collomb sans que cela ne fasse polémique, est justifiée par les circonstances sanitaires, précise l’entourage de l’édile écolo. Grâce à ces menus uniques, la ville de Lyon cherche en effet à fluidifier et à accélérer le passage à la cantine, permettant aux enfants de déjeuner en respectant la distanciation imposée par le gouvernement.

“Il n’y a aucune idéologie, seulement un bon sens pratique. Le reste n’est que polémique politicienne”, a affirmé Grégory Doucet au cours du conseil municipal qui s’est tenu lundi. Une réponse anticipée à Julien Denormandie, qui a répété ce matin qu’il fallait proposer, dans la semaine, des alternatives à ce menu unique.

La mairie a pris “une décision de gestion de crise sanitaire” et “on attend du gouvernement qu’il cesse les polémiques et qu’il nous soutienne”, a renchéri Bruno Bernard, président EELV de la Métropole de Lyon, interrogé par BFMTV. “C’est un manque de respect pour les élus locaux et ça montre aussi que ce gouvernement a un problème avec l’écologie.” Pas sûr que la (“non”) cacophonie gouvernementale sur le sujet vienne le faire changer d’avis.

À voir également sur le HuffPost : Plus de viande à la cantine: quand Collomb et Doucet disaient exactement la même chose

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    Viande à la cantine: Pompili prend le contre-pied des "clichés éculés" de ses collègues du gouvernement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 22 February - 16:16 · 3 minutes

Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, le 7 octobre 2015. (JOEL SAGET / AFP)

POLITIQUE - La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a regretté lundi “un débat préhistorique” autour de menus sans viande à Lyon , prenant le contre-pied d’autres membres du gouvernement , tout en prônant la “concertation”.

“Je regrette beaucoup que sur ce sujet, on retombe dans un débat préhistorique”, a déclaré la ministre en marge d’un déplacement en Charente-Maritime dans une cantine scolaire. Elle a regretté “des clichés éculés, du type ‘l’alimentation végétarienne serait une alimentation déséquilibrée’, alors qu’on sait que la viande peut être remplacée par du poisson, des oeufs, des légumineuses qui apportent toutes les protéines nécessaires”.

“On entend aussi que des enfants de milieux un peu défavorisés mangeraient moins de viande que les autres, des études montrent l’inverse”, a poursuivi Barbara Pompili, prenant ainsi le contre-pied du ministre de l’Intérieur Gérarld Darmanin, pour qui le choix de la mairie écologiste de Lyon d’imposer un menu sans viande dans les cantines scolaires pour répondre à des contraintes sanitaires “exclut les classes populaires”.

“On sait que par rapport aux recommandations nutritionnelles, les enfants de moins de 10 ans en moyenne mangent plus de viande que prévu”, a insisté la ministre. Ces “clichés” “empêchent d’avoir un vrai débat sur pourquoi on veut mettre en oeuvre des menus végétariens”, a déploré la ministre de la Transition écologique, rappelant que l’élevage est responsable de 15% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et qu’il contribue fortement à la déforestation.

“Pas une opération de promotion du véganisme”

“Nous ne sommes pas dans une opération de promotion du végétarianisme ou du véganisme puisque nous allons offrir des protéines animales aux enfants chaque jour”, comme du poisson et des oeufs, a affirmé lundi 22 février le maire EELV de Lyon Grégory Doucet, interpellé en conseil municipal par son opposition qui l’accuse d’avoir une “idéologie anti-viande”.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est également exprimé sur le sujet ce lundi 22 février, estimant qu’il “n’y a pas lieu de polémiquer” après que des membres du gouvernement ont dénoncé le menu sans viande imposé par la mairie EELV de Lyon dans les cantines scolaires en raison des contraintes sanitaires.

“Je comprends que dans les familles en précarité, la viande, le poisson peuvent coûter cher, donc quand on met son enfant à l’école et à la cantine, c’est aussi l’occasion pour l’enfant d’avoir des protéines animales qui sont importantes dans un régime nutritionnel”, a déclaré le ministre à la presse en marge d’un déplacement dans une Caisse d’allocations familiales (CAF) à Lyon.

Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie avait, lui, demandé aux élus locaux à “faire le pari” de la viande de jeune bovin dans les menus scolaires, afin de soutenir des éleveurs.

Le gouvernement porte l’expérimentation de menus végétariens quotidiens dans les cantines scolaires, dans le cadre de la loi Climat et résilience tirée des travaux de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Cette dernière défend “un choix végétarien quotidien dans les self-services à partir de 2022”.

À voir également sur Le Huffpost: Quand Collomb et Doucet disaient exactement la même chose sur la viande à la cantine

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    Contre le menu unique sans viande à Lyon, des agriculteurs manifestent

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 22 February - 14:46 · 2 minutes

AGRICULTURE - “Une mesure qui ne passe pas”. Plusieurs dizaines d’agriculteurs, venus en tracteurs avec quelques vaches , ont protesté lundi 22 février à Lyon. Ils ont manifesté contre le menu sans viande imposé dans les cantines scolaires par la mairie EELV en raison des contraintes sanitaire, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus .

Véronique Laby, éleveuse à Brignais dans l’agglomération, est venue “manifester son mécontentement” avec Micha, une limousine, descendue d’une remorque garée sur un terre-plein des quais du Rhône, non loin de l’Hôtel de Ville.

La mairie explique qu’à la demande de l’Éducation nationale , elle doit respecter deux mètres de distance entre les enfants à la cantine, ce qui revient à faire manger moins d’élèves en même temps.

Le recours temporaire à un menu unique sans viande , présenté comme “le plus petit dénominateur commun” entre les goûts, les habitudes ou les interdits alimentaires des enfants, vise à simplifier le service afin que tous les 29.000 repas quotidiens puissent être servis.

“Faut pas se laisser berner: autour de Lyon, des enfants mangent aussi à la cantine et ils ont le choix”, rétorque l’agricultrice.

“L’argument du protocole sanitaire, c’est un prétexte derrière lequel ils se cachent pour mettre en œuvre leur promesse électorale d’un menu végétarien”, abonde Pascal Girin, président de la FDSEA du Rhône, qui a appelé à manifester.

Pour l’heure, le menu imposé comporte œufs et poisson, répond la mairie en rappelant que la précédente municipalité, dirigée par Gérard Collomb, avait fait le même choix à la sortie du premier confinement. Personne n’avait alors réagi.

“On ne l’avait pas su et puis on était dans un autre contexte, peu d’enfants étaient revenus à l’école”, justifie l’agricultrice .

L’opposition de droite souligne aussi que “la configuration était différente” et qu’on peut “difficilement suspecter Gérard Collomb d’avoir à l’époque adopté une quelconque posture idéologique sur ce sujet”.

“Le protocole sanitaire du printemps n’était pas plus exigeant. Au contraire, il l’était moins”, répond le maire EELV de Lyon Gregory Doucet.

Gérard Collomb, venu voir les manifestants, explique de son côté la polémique d’aujourd’hui par “un discours double”, entre justification sanitaire et volonté de réduire la consommation de viande.

La mairie compte en effet proposer “une alternative végétarienne” courant 2022, à l’échéance du contrat de restauration scolaire détenu actuellement par le groupe Elior, tout en développant des filières d’approvisionnement local, y compris pour les produits carnés.

“Viande de nos prés = enfants en bonne santé”, clamait une banderole des manifestants. De quoi s’entendre? Une délégation d’éleveurs a été reçue à la mi-journée en mairie.

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    Viande à la cantine: Collomb et Doucet disaient exactement la même chose

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 22 February - 13:13 · 2 minutes

POLÉMIQUE - De l’idéologie dans les assiettes... ou dans les reproches? Plusieurs membres du gouvernement ont attaqué ce week-end le choix de la mairie écologiste de Lyon d’imposer un menu unique sans viande dans les cantines scolaires afin de se conformer aux restrictions sanitaires.

“En plus de l’insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français, on voit bien que la politique moraliste et élitiste des ‘Verts’ exclut les classes populaires. De nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande”, a tweeté samedi le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin , en dénonçant une “idéologie scandaleuse”. “Arrêtons de mettre de l’idéologie dans l’assiette de nos enfants!”, a lancé sur Twitter le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, précisant avoir saisi le préfet du Rhône.

Aucun d’entre eux n’a relevé que la même décision avait été prise l’an dernier par un autre maire de Lyon, Gérard Collomb, qui fut longtemps l’homme fort de la Macronie avant de s’en éloigner et accessoirement un des prédécesseurs de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur.

“Il y aura un repas sans viande, avec légume et poisson”, expliquait ainsi Gérard Collomb en mai 2020 sur l’antenne de BFM Lyon, afin de ne servir qu’un repas unique par jour afin d’accélérer les horaires de passage des élèves à la cantine. Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo ci-dessus , les arguments développés alors par l’ex-maire LREM de la Capitale des Gaules étaient rigoureusement les mêmes que ceux défendus sur l’antenne de France3 Rhône-Alpes par le maire écologiste Grégory Doucet.

Le recours temporaire au menu unique vise à fluidifier le service afin que tous les repas - 29.000 par jour - puissent être servis durant le temps du déjeuner, étalé de 11h30 à 13h45, plaide-t-on du côté de la municipalité.

La mairie explique qu’à la demande de l’Éducation nationale, une distanciation de deux mètres doit être respectée entre les enfants à la cantine, ce qui revient à faire manger moins d’élèves en même temps à partir de ce lundi, jour de rentrée dans la région.

Véran: “Il n’y a pas lieu de polémiquer”

Interrogé sur l’absence totale de réaction du gouvernement l’an dernier, le cabinet du ministre de l’Agriculture a évoqué “une vraie différence de situation entre mai et maintenant”: “nous ne sommes plus dans une situation d’urgence, face à une situation exceptionnelle”.

En déplacement à Lyon ce lundi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est malgré tout bien gardé de reprendre les anathèmes de ses collègues contre la municipalité écologiste.

“Je ne suis pas choqué qu’on puisse proposer des menus sans viande ni poisson à l’école. La question, c’est quelle est la motivation sous-jacente. Il n’y a pour moi pas lieu de polémiquer, mais une attention à porter au régime alimentaire des enfants”, a-t-il prudemment déclaré.

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    Covid: Lyon pourrait accueillir des matches tests comme les concerts de Paris et Marseille

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 19 February - 09:31 · 2 minutes

Le Groupama Stadium de Lyon pourrait accueillir des matches tests pour les protocoles sanitaires liés au Covi.

CORONAVIRUS - A quelle sauce vont-être mangées les rencontres sportives? Alors que dans le domaine de la Culture, la ministre Roselyne Bachelot a fixé une jauge de 5000 spectateurs assis pour les festivals, les représentants du sport s’impatientent de ce qui les attend.

Une partie de la réponse a été donnée ce vendredi 19 février par la Roxana Maracineanu sur franceinfo . La ministre des Sorts a annoncé un déplacement imminent pour rencontrer à Lyon Jean-Michel Aulas (OL, football), Tony Parker (ASVEL, basket) et Olivier Ginon (Lou, rugby) pour discuter d’expérimentations possibles de reprises, “comme c’est le cas aujourd’hui pour la Culture”.

Il y a quelques jours à peine, Thierry Sauvage, le directeur général de l’Olympique Lyonnais se disait prêt à accueillir des spectateurs “in situ” pour un test grandeur nature.

“On va pouvoir sur des protocoles sérieux et précis qu’ils nous présenteront étudier la possibilité, dans certaines villes, dans certains clubs, de reprendre avec des protocoles validées par la préfecture et l’ARS”, a détaillé ainsi sur franceinfo Roxanna Maracineanu.

Evidemment préfectures et Agences régionales de santé seront aussi chargées de mettre la main à la pâte. Ces protocoles pourraient par exemple inclure “la possibilité de faire des vaccins, de faire des tests beaucoup plus fortement qu’on ne pouvait le faire avant, la possibilité aussi d’avoir des QR codes pour pouvoir repérer les personnes qui ont été en contact et permettre un isolement (des personnes)”, a-t-elle ajouté.

“On a besoin de renforcer les protocoles qui existent déjà. Il faut réinjecter ces nouvelles données qu’on a de gestion de crise et puis qu’on aille sur des expérimentations qui vont permettre de rouvrir petit à petit”.

Ces expérimentations vont s’inspirer évidemment de ce qui est prévu au mois de mars et avril à Marseille et Paris . Comme l’a confirmé Roselyne Bachelot en début deux semaines ces deux villes vont accueillir des concerts-test en intérieur respectivement au Dôme et à l’Accord Hôtel Arena.

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    À Lyon, un "menu unique sans viande" dans les cantines

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 18 February - 23:20 · 2 minutes

À Lyon, un

CONSOMMATION - La mairie écologiste de Lyon va imposer un “menu unique sans viande ” dans les cantines scolaires de la ville dès la rentrée des vacances de février, au nom de la lutte contre le Covid , provoquant l’indignation de l’opposition de droite.

Dans un courriel daté du 15 février adressé aux élus d’arrondissement et faisant le point sur les mesures sanitaires dans les écoles, l’adjointe chargée de l’Éducation Stéphanie Léger annonce la mise en place d’un “menu unique sans viande pour pouvoir servir plus rapidement les élèves et fluidifier les repas”.

Ce menu sera servi à compter de lundi et au moins jusqu’aux vacances de Pâques. “Le nouveau protocole sanitaire impose une distanciation de deux mètres dans la restauration scolaire. Le menu unique va nous permettre d’accélérer le service et ainsi nous permettre d’accueillir tous les enfants”, précise Léger.

Mesure temporaire

“Pour correspondre au goût du plus grand nombre, on a décidé d’enlever la viande”, ajoute l’élue, en rappelant que “ce n’est pas un menu végétarien” puisque du poisson ou des œufs continueront d’être servis dans les 206 écoles de la ville.

“Cette manière d’asséner un choix, sans aucune alternative possible, est proprement inadmissible”, s’indigne dans un communiqué Étienne Blanc, le président du groupe Droite, Centre et Indépendants, et candidat malheureux à la mairie l’an dernier.

Béatrice de Montille, élue LR dans le 3e arrondissement, estime elle que, “dans la ville de la gastronomie, la majorité écologiste profite de la crise sanitaire pour faire passer des mesures idéologiques sans aucune concertation”.

Des critiques balayées par Léger qui rappelle que l’ancienne majorité issue de la République en Marche avait pris les mêmes dispositions à la fin du premier confinement. La mesure est pour l’heure temporaire et, “si la situation sanitaire le permet, la ville reviendra aux menus tels qu’on les connaît, avec deux menus sans viande par semaine”, après les vacances de Pâques.

Depuis les élections de juin 2020, la deuxième ville de France est dirigée par une coalition réunissant EELV et plusieurs partis de gauche. Durant la campagne, le nouveau maire Grégory Doucet avait pris l’engagement de proposer un menu végétarien au choix tous les jours de la semaine dans les écoles. La mesure pourrait être mise en place “courant 2022” selon Léger.

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