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Le collectif #MeTooPolitique a lancé le 21 février un observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Son but : recenser les violences commises dans le monde politique, soutenir et faciliter les actions visant à promouvoir la place des femmes dans la vie publique. Un vaste programme face à une tâche titanesque. Rien qu'à l'élection présidentielle 2022, trois candidats sont accusés d'avoir commis des violences sexuelles : Éric Zemmour, Jean Lassalle et François Asselineau. Ce collectif, (...)

Lire la suite- En bref/ Luttes, Violences sexistes, Féminisme
Le collectif féministe, qui demande aux partis d’écarter «les auteurs de violences sexuelles et sexistes», lance un observatoire qui pèsera tant sur la présidentielle que sur les législatives.
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    #Metoopolitique: trois élues locales sur quatre disent subir du sexisme

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 3 December, 2021 - 18:19 · 2 minutes

#Metoopolitique: trois élues locales sur quatre disent subir du sexisme selon une enquête

#METOO - Une semaine après la diffusion d’accusations d’agressions sexuelles et de viol visant l’ancien ministre Nicolas Hulot , les récits d’agressions sexuelles et sexistes en politique vont-ils se multiplier? “On en est encore à un tout petit stade de dévoilement”, affirme le collectif #MeTooPolitique , alors qu’une enquête du réseau Élues Locales dévoile ce vendredi 3 décembre que les trois quarts des élues des collectivités territoriales ont déjà subi des remarques ou comportements sexistes.

“Le monde politique est gangrené par cette question-là”, a expliqué l’élue EELV Alice Coffin lors d’une conférence de presse ce même jour. La majorité de ces comportements interviennent en effet dans les locaux où ces élues exercent leurs fonctions, lors des conseils municipaux, pendant les permanences, au sein de leurs équipes ou sur le terrain. La plupart du temps, il s’agit d’interruption de parole, de remarques paternalistes ou de “blagues” sexistes. Et la quasi-totalité de ces comportements sont le fait d’autres collègues élus, révèle l’enquête.

Près de mille témoignages dans 99 départements

Pour obtenir ces résultats éloquents, 966 représentantes politiques ont été interrogées dans 99 départements et 81% d’entre elles sont élues à l’échelle communale. L’ampleur des chiffres recueillis dépeint un environnement hostile pour ces femmes engagées en politique. La fondatrice du réseau n’en est pas surprise. Au Parisien , Julia Mouzon explique que “cela fait dix ans qu’elles nous livrent ces témoignages. Il s’agissait aujourd’hui de quantifier le phénomène”. “Désormais”, ajoute-t-elle, “cette étude doit être un électrochoc pour les collectivités locales”.

Les témoignages de ces femmes élues qui dénoncent des propos sexistes et patriarcaux se succèdent ces derniers mois sur les réseaux sociaux. Preuve que peu à peu, ces élues locales, le plus souvent invisibilisées et isolées, osent prendre la parole sur le sujet.

La publication de la tribune de 300 femmes appelant dans Le Monde à ”écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes” de la vie politique et à mettre fin à “l’omerta” a permis de démuseler la parole.

Exemple parlant cette année, la maire de Paimpol avait rendu public en février le comportement sexiste d’un membre de l’opposition à son égard. ”“Maîtresse”, “ma cocotte”, tutoiement... “On en est encore là en 2021”, avait-elle dénoncé exaspérée, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo ci-dessous .

À voir également sur Le HuffPost #MeTooPolitique: pourquoi la parole peine à se libérer

VIOLENCES SEXUELLES - Une nouvelle vague #Metoo qui toucherait le milieu politique? Pas si simple. Alors que 300 femmes politiques appellent les partis à ”écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes” de la vie politique et à mettre fin à “l’omerta”, le chemin est encore long.

En parallèle de cet appel, une pétition et d’une plateforme de recueil de témoignages ont été lancées. Sur les réseaux sociaux, des témoignages de femmes évoluant en politique émergent , avec le hashtag #MeTooPolitique. Ce dont Fiona Texeire, collaboratrice d’élus qui est l’une des initiatrices du mouvement, se félicite.

“On a vu énormément de femmes raconter des histoires qui leur étaient arrivées, lorsqu’elles ont croisé la route de tel ou tel homme politique , raconte-t-elle au HuffPost . Cette tribune a permis de prouver par l’exemple à quel point le sujet était massif, transcendait les partis politiques. Il y a vraiment un côté caisse de résonance. Enfin une attention médiatique est portée sur ces sujets-là.”

Un statut précaire

Mais si les récits de ces femmes, qui vont du sexisme au viol, en passant par le harcèlement et les agressions sexuelles, sont parfois glaçants, pour l’instant peu de noms d’hommes politiques ont été publiquement dévoilés. Une semaine après les témoignages à visage découvert de huit femmes affirmant avoir été agressées ou violées par PPDA dans Libération , il est encore difficile de dénoncer des hommes politiques ou de se tourner vers la justice.

“Ce qui est compliqué, quand on est une collaboratrice parlementaire ou une collaboratrice d’élu, c’est qu’on a un statut particulièrement précaire, explique tout d’abord Fiona Texeire. On peut être licencié quand on rompt la confiance ou la loyauté à l’égard de son élu employeur. C’est extrêmement dissuasif de parler puisque ça veut dire perdre son emploi. C’est aussi freiner son propre parcours politique.”

Une autre raison invoquée est la peur de nuire au parti, à l’institution ou à la cause en laquelle on croit. “Souvent, on est membre du même parti, on défend les mêmes idées, les mêmes valeurs, souligne-t-elle. On ne tient pas à entacher l’image de l’institution, ni à entacher le travail de celles et ceux qui font un boulot difficile et efficace au quotidien. Parce qu’être élu, ce n’est pas un sacerdoce.”

La balle est dans le camp des partis

Et d’ajouter: “Pour autant, ça ne doit pas être un prétexte pour les institutions, pour les partis, pour les élus, pour les cadres, pour ne pas agir.” Si les initiatrices du mouvement ne souhaitent pas “jeter en pâture” les noms de ces hommes, elles appellent partis, mouvements, maires et élus, “circonscription par circonscription” à agir “en amont”, pour que des affaires comme celles de DSK, Denis Baupin ou Georges Tron “n’adviennent plus”.

Et à s’engager sur ces trois points : ne pas investir de personne mis en cause pour violences sexistes ou sexuelles, ne pas donner de parrainage à une personne mis en cause pour violences sexistes ou sexuelles et ne pas embaucher (équipe de campagne, équipe de collaborateurs et collaboratrices) une personne mise en cause pour violences sexistes ou sexuelles.

“Ces affaires sont dévastatrices et elles minent aussi la confiance des Français envers leurs représentants, rappelle Fiona Texeire. Nous, ce qu’on demande, c’est un travail de prévention en amont pour que de tels scandales n’adviennent plus.”

Entre 1944 et 2000, les femmes, même si elles étaient éligibles, n’étaient pas élues. Les hommes faisaient en sorte de se garder les meilleures places systématiquement. Fiona Texeire, initiatrice de #Metoopolitique

Dernier rappel mais non des moindres: si les lieux de pouvoir sont si propices aux violences sexistes et sexuelles, c’est aussi pour des raisons historiques. “Jusqu’en 1944, les institutions ont été construites exclusivement par des hommes, en excluant les femmes”, rappelle Fiona Texeire, qui est en charge d’un cours sur le sujet à Sciences Po Rennes.

“Entre 1944 et 2000, les femmes, même si elles étaient éligibles, n’étaient pas élues. Les hommes faisaient en sorte de se garder les meilleures places systématiquement, poursuit-elle. Il y a eu un tournant au moment des années 2000, avec les lois de parité. Et pour autant, 20 ans après, on constate que 80% des maires par exemple sont encore des hommes.”

Dans son podcast “Y a par mort d’homme” (Binge Audio) -nommé ainsi en référence à des propos de Jack Lang au sujet de DSK et l’affaire du Sofitel- créé avec la journaliste Hélène Goutany et réalisé par Elisa Grenet, Fiona Texeire décrypte pourquoi les violences sexistes et sexuelles restent encore la norme en politique. Il sera diffusé tout au long de la campagne présidentielle et jusqu’aux élections législatives. Le premier épisode a donné la parole à Édith Cresson, seule femme à avoir accédé à la fonction de Premier ministre.

Le deuxième épisode sera diffusé vendredi 19 novembre. Il traitera des mécanismes des agressions sexuelles, avec le témoignage d’une chargée de mission en cabinet ministériel, victime d’un Préfet, et l’analyse de ces comportements par Mathilde Viot, cofondatrice du collectif Chair Collaboratrice à l’Assemblée nationale.

À voir également sur Le HuffPost : À Boulogne, l’élue Pauline Rapilly-Ferniot coupée en plein conseil municipal témoigne

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    Sur le #Metoopolitique, des témoignages de femmes émergent après la tribune

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 16 November, 2021 - 16:57 · 6 minutes

Des témoignages de femmes victimes de violences sexuelles en politique apparaissent

FEMMES - Il n’aura pas fallu 24 heures après la publication de la tribune de 300 femmes appelant dans Le Monde à ”écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes” de la vie politique et à mettre fin à “l’omerta”, pour que des témoignages apparaissent.

Sur les réseaux sociaux, un certain nombre de femmes ont publié leurs expériences glaçantes, accompagnées du hashtag #metoopolitique: viols, agressions sexuelles, propos sexistes et harcèlement... La plupart des victimes ne donnent pas le nom des hommes politiques ayant perpétré ces violences.

“Une vague de témoignages a déferlé sur les réseaux sociaux, où des femmes courageuses ont dénoncé la violence de certains élus et membres de partis politiques”, ont indiqué dans un communiqué les initiatrices de la tribune dont Fiona Texeire, l’une des collaboratrices d’élus à l’origine du mouvement et de la pétition qui l’accompagne , quelques heures après leur publication.

Je suis malheureusement loin d'être la seule à avoir commencé ma vie politique par un tel évènement." Emma Salley, animatrice des Jeunes Insoumis.

C’est le cas par exemple d’Emma Salley, animatrice des Jeunes Insoumis et cheffe de File FI Normandie pour les régionales 2021, qui relate un viol alors qu’elle était mineure, “durant un évènement syndical”.

L’avocate Elodie Tuaillon-Hibon, affirme elle avoir été victime il y a un peu plus de 20 ans “d’une tentative d’agression sexuelle par un homme politique de gauche puissant qui avait prétexté vouloir me faire travailler sur un futur livre et entretenait une relation amicale avec moi”.

Elle explique ne pas avoir porté plainte à l’époque “par sentiment de culpabilité” tout d’abord, puis “sciemment”. Aujourd’hui, il y a prescription. Alors qu’elle s’est spécialisée dans les violences sexuelles et les féminicides et que son nom apparaît dans de nombreux dossiers ayant défrayé la chronique ces dernières années -Tron, Darmanin, Depardieu-, elle assume.

Autre témoignage, anonyme celui-ci, d’une étudiante en droit, qui s’adresse à ses agresseurs. ”À l’homme politique qui m’a proposé de coucher pour une place sur une liste municipale et l’autre pour un stage à l’Assemblée nationale. Et à celui qui a essayé de m’humilier publiquement après une rupture. Il est temps que ça cesse.”

“Un grand escogriffe qui s’est jeté sur moi”

Une autre femme, Mie Kohiyama, 49 ans et aujourd’hui présidente de l’association MoiAussiAmnesie, accuse nommément le député Jean Lassalle. “Je réitère l’anecdote pathétique d’un grand escogriffe qui s’est jeté sur moi dans un ascenseur au Japon pour m’embrasser de force quand j’étais journaliste. Il est député et s’appelle Jean Lassalle”, écrit-elle.

La secrétaire générale du groupe LFI au Conseil régional d’Ile-de-France, Mathilde Viot, relate également un épisode de harcèlement sexuel, sans citer l’homme en question. ”Une fois, un actuel candidat aux présidentielles, m’a dit avec son accent du terroir qu’il avait bien regardé mes fesses, et qu’à n’en pas douté elles rentreraient dans une seule de ses mains”, dit la co-fondatrice de “Chair Collaboratrice”, un collectif créé à la suite de “l’affaire Baupin” et composé de femmes politiques qui luttent contre ces violences.

Et ce n’est pas fini. Moins d’une semaine après les témoignages à visage découvert de huit femmes affirmant avoir été agressées ou violées par PPDA dans Libération , Caroline Duchêne, ancienne conseillère presse et communication de Marlène Schiappa, se dit elle aussi prête à raconter son histoire “un jour”: “Un jour, je raconterai l’histoire du viol que j’ai subi en étant conseillère ministérielle. Un jour.”

En 2018, le Conseil de l’Europe rappelait dans un rapport sur “la violence envers les femmes dans l’Union européenne” les difficultés des femmes ayant un rôle public, incluant les journalistes et les femmes politiques, à dénoncer ces faits et les rendre publics.

Le site www.metoopolitique.fr a été temporairement inaccessible quelques heures après sa mise en ligne. Les initiatrices du mouvement évoquent un “hackage” et dénoncent une volonté de “museler la parole des victimes et empêchant l’engagement des élu·e·s en faveur de la prévention des violences sexistes et sexuelles en politique”.

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