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#METOO - “Il m’a violée, vous l’applaudissez”. Une semaine après la libération de la parole contre les violences sexuelles et sexistes dans l’univers du théâtre , quelques centaines de manifestants se sont rassemblés place du Palais Royal devant le ministère de Culture ce samedi 16 octobre.

Brandissant des pancartes “Il m’a violée, vous l’applaudissez”, “De la culture, mais pas du viol” ou encore “Mort à l’omerta”, les manifestants ont tenté d’interpeller la ministre Roselyne Bachelot, en présence de certaines personnalités politiques comme le candidat EELV à l’élection présidentielle Yannick Jadot, rapportent nos confrères de L’Obs .

“Présomption de vérité pour les victimes”, pouvait-on aussi lire, une demande qui résonne tout particulièrement avec le témoignage de Marie Coquille-Chambel, youtubeuse critique de théâtre et l’une des premières à prendre la parole sur Twitter. Dans sa publication du 8 octobre, elle avait souligné le fait que son agresseur présumé soit toujours en poste à la Comédie Française, et ce, alors même que la direction avait été informée d’un dépôt de plainte à son encontre.

Une enquête nationale pour “que la peur et la honte changent de camp”

Dans une tribune publiée en début de semaine sur Libération , “un collectif” de personnalités et de professionnels du théâtre, appuyé par plus de 1400 signataires dont Adèle Haenel, Julie Gayet et Sandrine Rousseau, réclamait le lancement d’une enquête à l’échelle nationale pour “que la peur et la honte changent de camp.”

“Si libérer la parole est une chose, en prendre soin et la faire suivre d’actes en est une autre. Et les affaires et plaintes qui ont éclaté dans notre métier au cours des quatre dernières années impliquant des directeurs de lieux, des techniciens, des enseignants ou des metteurs en scène n’ont que trop rarement été suivies de mesures fortes et coercitives”, déplorent les auteurs du texte.

Ils réclament également une meilleure parité au sein des postes à responsabilité “afin de changer les rapports de force” et d’assurer une meilleure écoute des victimes présumées.

Depuis le déclenchement du mouvement #MeToo en 2017, plusieurs scandales ont secoué le milieu du théâtre français.

Éclaboussé par une affaire de viol présumé, le metteur en scène Jean-Pierre Baro avait quitté la direction du Théâtre des Quartiers d’Ivry (Val-de-Marne), sous la pression publique et d’une grève du personnel de l’établissement appelant à sa démission. Au printemps, des dizaines de personnes avaient manifesté devant les locaux du Cours Florent à Paris pour dénoncer le “silence” de la prestigieuse école privée de théâtre face à des abus présumés de certains de ses professeurs, affirmations contestées par l’institution.

Interrogée le 14 octobre sur BFMTV , Roselyne Bachelot a dénoncé des violences “intolérables.” “Tout ce qui peut aller dans le sens de la lutte déterminée contre les violences sexistes et sexuelles dans le milieu de la culture et l’art, je suis pour”, a-t-elle assuré, à propos de l’enquête nationale réclamée. Reste à savoir si ces promesses seront concrétisées.

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#MeTootheâtre a été lancé le 7 octobre 2021 par Marie-Coquille-Chambel, elle même victime d

VIOLENCES SEXUELLES - “Nous n’avons plus peur. Mort à l’omerta.” C’est le message lancé par Marie Coquille-Chambel sur Twitter ce jeudi 7 octobre, accompagné du hashtag #Metootheatre, en référence au mouvement de libération de la parole des victimes de violences et agressions sexuelles .

Quelques minutes auparavant, la youtubeuse critique de théâtre racontait en quelques mots son histoire: “J’ai été violée par un comédien de la Comédie-Française pendant le premier confinement, pendant que je faisais un malaise. Il est toujours membre de la Comédie-Française, même si la direction est au courant d’une plainte déposée.”

Depuis, soutiens et témoignages similaires au sien affluent sur le réseau social. Près de 6000 messages ont été postés en moins de 24h. “C’était mon prof de théâtre, il me connaissait depuis mes 14 ans, lui il en avait 42. Son comportement change le jour de mes 18 ans. J’en suis sûre, parce qu’il voulait être protégé par la loi”, partage par exemple Juliette Pierron. “Pendant le Festival d’Avignon, un (directeur) de théâtre qui m’embrasse de force pendant de longues secondes alors que j’essaie de le repousser. Il s’est excusé quelques minutes plus tard: ‘désolé, je croyais que tu étais comédienne’”, raconte de son côté la journaliste Rauma Nolhent.

Interrogée par Libération , Marie Coquille-Chambel explique que c’est l’enquête du quotidien sur le metteur en scène Michel Didym, accusé de harcèlement et de violences sexuelles, qui a déclenché le mouvement #Metootheatre. Après les révélations du journal, elle a rejoint la trentaine d’artistes qui se sont regroupés dans le but de briser le tabou dans le milieu, mais aussi pour “lancer une réflexion pour trouver des solutions ensemble et changer définitivement le théâtre tel qu’on le connaît actuellement”.

Le groupe, qui n’a pas encore de nom, a reçu le soutien “Nous Toutes”, un collectif créé dans le sillage de #Metoo et qui dénonce les violences sexistes et sexuelles, mais aussi d’ Alice Coffin , élue de Paris très engagée dans les luttes féministes.

Ce collectif a aussi créé une page Instagram ”#MeTootheatre”, pour inviter encore plus de victimes à raconter leur histoire. “On vous croit. Vous êtes légitimes. La peur change de camp”, prône-t-il.

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