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    Israël: les six évadés Palestiniens en cavale arrêtés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 19 September - 07:57 · 4 minutes

Fin de cavale pour les 6 Palestiniens évadés par un tunnel creusé dans une prison en Israël (Photo prise le 12 septembre, près de Jenine où des doladats sont à la recherche des fugitifs évadés de la prison israélienne. Par AP Photo/Ariel Schalit, File)

ISRAËL - Retour à la case prison: près de deux semaines après l’évasion spectaculaire de six prisonniers palestiniens d’un pénitencier israélien de haute sécurité, les deux derniers fugitifs en cavale ont été arrêtés en Cisjordanie occupée lors d’une opération des forces israéliennes, ont-elles annoncé ce dimanche 19 septembre.

Le 6 septembre, à la veille de Rosh Hashana, le nouvel an juif, six détenus palestiniens écroués pour des violences anti-israéliennes s’étaient enfuis de la prison à haute sécurité de Gilboa, dans le nord d’Israël, via un tunnel creusé sous un évier et débouchant sur un trou dans le sol à l’extérieur du pénitencier.

Les six évadés, qualifiés aussitôt de “héros” côté palestinien et au-delà dans le monde arabe, étaient devenus les hommes les plus recherchés d’Israël qui avait déployé des renforts militaires et des drones pour tenter de les retrouver.

La “Grande évasion”

Le week-end après cette évasion, qui rappelle dans son mode opératoire le film américain Shawshank Redemption ( Les évadés ou À l’ombre de Shawshank en français) et est qualifiée de “Grande évasion” par la presse palestinienne, les forces israéliennes avaient arrêté quatre des fugitifs dans le secteur de Nazareth, ville arabe du nord israélien.

Les autorités avaient notamment interpellé, puis commencé à interroger, Mahmoud Ardah, un membre du Jihad islamique écroué depuis 1996 et considéré comme le cerveau de l’opération, et Zakaria al-Zoubeidi, un ancien chef de la branche armée du parti Fatah pour le camp palestinien de Jénine, bastion de la rébellion armée.

Tôt dimanche, l’armée a annoncé l’arrestation à Jénine, en Cisjordanie, des deux derniers fugitifs, Ayham Kamamji et Munadel Infeiat, membres du Jihad islamique, un mouvement islamiste armé palestinien, lors d’une opération conjointe avec des unités spéciales antiterroristes.

Une opération de police “impressionnante, intelligente et rapide”

Originaire de Kafr Dan, près de Jénine, Ayman Kamamji, avait été arrêté en 2006 et condamné à perpétuité pour le kidnapping et l’assassinat d’Eliahou Ashéri, un jeune colon israélien. Munadel Infeiat attendait sa condamnation après avoir été emprisonné par le passé pour ses activités au sein du Jihad islamique.

Les deux hommes “sont actuellement interrogés”, a souligné l’armée israélienne dans un message à la presse.

“Les forces de sécurité ont encerclé le bâtiment qui abritait les terroristes qui se sont rendus sans opposition et sans armes”, a ajouté l’armée dans un communiqué. “Deux hommes qui les avaient aidé ont également été interpellés”, a précisé l’armée.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a félicité les forces de sécurité sur Tweeter, pour “cette opération impressionnante, intelligente et rapide”.

Un tunnel en préparation depuis décembre 2020

Les prisonniers palestiniens avaient commencé en décembre 2020 à creuser leur tunnel dans la prison de Gilboa, avaient indiqué à l’AFP les avocats de deux des évadés arrêtés.

“Mahmoud (Ardah) m’a dit avoir commencé à creuser (le tunnel) en décembre. C’est ce qu’il a d’ailleurs aussi dit aux enquêteurs israéliens”, a déclaré à l’AFP son avocat, Raslan Mahajana, après lui avoir rendu visite en détention mercredi dernier.

Les prisonniers avaient utilisé des cuillères, des assiettes et même le manche d’une bouilloire pour creuser leur tunnel, avait ajouté Me Mahajana en présentant Mahmoud Ardah, au coeur de la campagne de communication du Jihad islamique en soutien aux “héros” qui se sont évadés, comme l’architecte de cette opération.

La “cuillère de la liberté”

Sur les réseaux sociaux, la cuillère s’est imposée comme le nouveau symbole de la “libération” pour les Palestiniens, qui se prennent en photo avec l’ustensile en main devant des drapeaux palestiniens.

Ce phénomène s’est répandu à l’extérieur des territoires palestiniens, où l’objet est brandi dans les manifestations en soutien aux nombreux prisonniers incarcérés en Israël. Au Koweït, l’artiste Maitham Abdal a sculpté un poing qui se referme sur l’ustensile, une oeuvre qu’il a intitulée “Cuillère de la liberté”.

Les médias israéliens suivaient aussi les rebondissements du feuilleton des évadés palestiniens, craignant que l’un d’eux commette une attaque anti-israélienne en cavale, et questionnant la sécurité à la prison de Gilboa qui fait l’objet d’une enquête interne.

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    Évasion de prison par un tunnel de six Palestiniens en Israël

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 6 September - 20:09 · 4 minutes

ISRAËL - Dans un scénario digne d’un film hollywoodien ”, six Palestiniens, dont un ex-leader d’un groupe armé, se sont évadés ce lundi 6 septembre d’une prison en Israël via un tunnel sous un évier, déclenchant une vaste chasse à l’homme.

Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article, les services carcéraux israéliens ont indiqué qu’une première alarme avait été déclenchée vers 03H00 (minuit GMT) lorsque des résidents ont affirmé avoir vu des “personnes suspectes” aux alentours de la prison de Gilboa (nord), où sont incarcérés des centaines de Palestiniens.

Un tunnel sous une large céramique de salle de bain, au pied d’un évier, par lequel les détenus se sont évadés de cette prison de haute sécurité. A l’extérieur de la prison, les policiers ont localisé un trou creusé dans le sol.

Les services pénitenciers ont indiqué être en train de relocaliser les quelque 400 prisonniers de Gilboa détenus pour des “crimes liés à la sécurité” afin d’éviter qu’ils s’évadent par d’autres tunnels qui auraient pu être creusés.

Cette rare évasion n’est pas sans rappeler le film américain réalisé par Frank Darabont, Shawshank Redemption , dans lequel un homme s’évade de prison via un tunnel qu’il a mis des années à creuser en secret.

Cette évasion, qui a pris Israël de surprise, intervient au moment où le pays entame la saison des fêtes juives, à commencer par le Nouvel an, Rosh Hashana. Le Premier ministre Naftali Bennett, qualifiant l’évasion “de très grave”, a assuré suivre en temps réel la traque des fugitifs.

Une chasse à l’homme

La police israélienne a lancé une vaste chasse à l’homme et indiqué en fin de journée toujours tenter de localiser les fugitifs, tandis que les rumeurs fusent sur les réseaux sociaux et les messageries WhatsApp quant à l’évolution des recherches.

Des chiens renifleurs sont aussi à l’oeuvre et des points de contrôle ont été mis en place dans les environs de la prison . Selon des médias israéliens, les évadés pourraient déjà avoir regagné la Cisjordanie occupée où, dans certains secteurs, la sécurité est contrôlée en théorie par des unités palestiniennes.

L’armée israélienne a mis à la disposition de la police des moyens d’observation aériens et dit avoir préparé ses troupes à intervenir au besoin en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.

Elle s’est d’ailleurs déployée aux alentours de Jénine (nord de la Cisjordanie), d’où sont originaires de nombreux évadés, a constaté un journaliste de l’AFP faisant état de coups de feu dans les airs en soutien aux fugitifs.

“Pour l’instant la situation est calme, mais la surveillance est sans précédent”, a indiqué à l’AFP Akram Rajoub, le gouverneur de la région de Jénine où certains anticipent une offensive de l’armée israélienne.

Le camp de réfugiés de Jénine, qui jouxte la ville éponyme, est “habitué aux incursions” de l’armée israélienne, même s’il est situé dans une zone sous contrôle palestinien, a indiqué à l’AFP Hassan al-Amouri, chef du comité populaire local. “Tout est possible”, a-t-il ajouté à propos d’une possible offensive israélienne dans ce camp lourdement armé.

Les évadés ont été écroués pour avoir, selon Israël, préparé ou mené des attaques contre des Israéliens, à l’instar de Mahmoud Abdullah Ardah, écroué depuis 1996 et condamné à perpétuité.

Ce vétéran des prisons israéliennes est un membre connu du Jihad islamique ― un des principaux mouvements armés palestiniens ― qui avait été placé en isolement il y a quelques années après la découverte de tunnels creusés dans un pénitencier israélien, selon le Jihad islamique.

Des factions jubilent

L’un des fugitifs, Zakaria al-Zoubeidi, était chef des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, la branche armée du parti Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas. Il s’était engagé en 2007 à déposer les armes en échange d’un accord avec Israël visant à le retirer de sa liste des Palestiniens recherchés .

Mais les autorités israéliennes ont ensuite renoncé à cet accord, le service de sécurité intérieure israélien affirmant qu’il avait été impliqué dans “différentes attaques”. L’homme avait été arrêté et écroué en 2019.

Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza palestinienne, et le Jihad islamique ont salué cette évasion.

“C’est un acte héroïque et courageux, une victoire pour la volonté et la détermination de nos prisonniers héroïques, un réel revers pour le système de sécurité sioniste, que l’occupation présente comme le meilleur au monde”, a déclaré Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas cité dans un communiqué.

Selon l’armée, la police avait aussi déployé lundi des checkpoints autour de la bande de Gaza pour éviter que les fugitifs tentent de pénétrer dans ce territoire sous blocus israélien mais sous contrôle du Hamas.

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    Achraf Hakimi copieusement sifflé à Tel-Aviv durant le Trophée des champions

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 2 August - 08:03 · 5 minutes

Le Parisien Achraf Hakimi, ici en train de déborder l

FOOTBALL - Une bronca de tous les instants. Dimanche 1er août au soir, le Paris Saint-Germain affrontait le LOSC Lille dans le cadre du Trophée des champions, ce match de gala opposant traditionnellement en début de saison le champion de France sortant de Ligue 1 au dernier vainqueur de la Coupe de France. Une rencontre remportée par les Nordistes (1-0) et qui se disputait cette année en Israël, dans le Bloomfield Stadium de Tel-Aviv.

Mais au-delà du sportif, un détail d’importance a sauté aux yeux (et surtout aux oreilles) de tous ceux qui assistaient ou regardaient le match: le déluge de sifflets qui accompagnait chaque touche de balle d’ Achraf Hakimi, le défenseur latéral marocain recruté à prix d’or durant l’été par le PSG.

À chaque fois que le jeune homme de 22 ans recevait un ballon, il se faisait effectivement huer et siffler copieusement par les 29.000 spectateurs.

Des sifflets politiques

Et très rapidement, sur les réseaux sociaux, une explication a été avancée: le public israélien en aurait voulu au défenseur parisien pour ses prises de position en direction du peuple palestinien. Au printemps dernier , alors que des affrontements faisaient des centaines de morts du côté de la population arabe , Achraf Hakimi avait effectivement publié plusieurs messages comprenant le mot-clé “Free Palestine”.

Une explication rapidement confirmée par le journaliste d’Amazon Prime Thibault Le Rol, présent sur place à Tel-Aviv pour couvrir le match et qui a affirmé durant la diffusion à l’antenne avoir reçu cette justification en tribune.

D’ailleurs, sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes israéliens ont écrit des messages allant dans ce sens. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, l’un d’entre eux a par exemple publié une vidéo tournée à l’intérieur du stade pendant le match et dans laquelle on voit des dizaines de spectateurs vilipender le joueur, agiter des drapeaux israéliens et entonnant des chants insultants contre Achraf Hakimi. Avec en prime un tweet de soutien du footballeur à la cause palestinienne et le message “C’est pour ça”.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs footballeurs ont apporté leur soutien à Achraf Hakimi. Le joueur marocain formé à Nantes Amine Harit a par exemple publié sur Instagram une photo incitant son partenaire en sélection à ne pas prêter attention aux sifflets, pendant que le milieu algérien du Milan AC Ismaël Bennacer lui suggérait à l’aide d’emojis de faire taire le stade par sa performance.

Des soutiens nombreux

Comme eux, d’autres utilisateurs des réseaux sociaux à l’image du journaliste de L’Équipe Hugo Guillemet ou du spécialiste de l’extrême droite et porte-parole du mouvement Génération.s Thomas Portes ont également déploré une telle situation, en décalage complet avec l’esprit sportif qui aurait dû entourer un simple match de football.

L’entraîneur du Paris Saint-Germain Mauricio Pochettino a quant à lui tenu à saluer la performance de son joueur “malgré les circonstances”. “Bien sûr que l’on a parlé de ce qu’il se passait. Je lui ai dit de rester concentré sur son match et il a réussi une bonne rencontre”, a relaté le coach argentin en conférence de presse. “Il a été très bon, je suis content de lui.”

Depuis quelques années, la Ligue de football professionnel a pris l’habitude de délocaliser le Trophée des champions. Ces dernières années, il s’est par exemple disputé à Montréal en 2015, Tanger en 2017, Shenzhen en 2018 et 2019... Un départ pour l’étranger qui se révèle lucratif puisqu’à en croire Le Parisien , la LFP a encaissé cette année 1,7 million d’euros pour faire jouer le match en Israël, pendant que chaque club touchait lui 600.000 euros. Et cela sans prendre en compte l’exposition visée dans chacun des pays visités par le football français et ses acteurs.

Cette année, au sein du PSG, le choix d’Israël avait été questionné. Le club de la capitale est effectivement la propriété de l’État du Qatar, un pays qui a offert un demi-milliard de dollars pour aider à la reconstruction de la Palestine après les événements sanglants du printemps. Mais officiellement, le Paris Saint-Germain n’a jamais demandé à ce que la rencontre soit déplacée.

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    Ben & Jerry's va cesser de vendre des glaces dans les territoires palestiniens occupés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 19 July - 18:31 · 2 minutes

Des glaces Ben and Jerry

GLACES - Le fabricant américain de glaces Ben & Jerry’s a annoncé ce lundi 19 juillet son intention d’arrêter de commercialiser ses produits dans les territoires palestiniens occupés , invoquant “les valeurs” de l’entreprise, ce qui suscitait la colère des dirigeants israéliens .

“Nous pensons qu’il n’est pas compatible avec nos valeurs que les glaces Ben & Jerry’s soient vendues dans les territoires palestiniens occupés”, a affirmé la filiale d’Unilever, dans un communiqué.

“Nous avons un partenariat de longue date avec les détenteurs de notre licence qui fabriquent nos glaces en Israel et les distribuent dans la région”, ajoute Ben & Jerry’s , qui a toutefois décidé de ne pas renouveler l’accord de licence qui expire en fin d’année prochaine.

Ben & Jerry’s précise toutefois dans son communiqué qu’il va “rester en Israel”, bien que ses produits ne soient plus vendus dans les territoires occupés.

Hostilité des dirigeants politiques israéliens

L’annonce du fabricant de glaces a rapidement suscité des réactions hostiles d’Israéliens sur les réseaux sociaux, tout comme des dirigeants politiques israéliens.

“Le boycott ne marche pas et ne marchera pas, et nous nous battrons avec toutes nos forces”, a réagi le bureau du Premier ministre israélien Naftali Bennett dans un commentaire transmis à l’ AFP , ajoutant, “des glaces il y en a beaucoup, mais nous n’avons qu’un seul pays”.

“La décision de Ben & Jerry’s est une capitulation honteuse à l’antisémitisme, au mouvement BDS (de boycott des produits israéliens, ndlr), à tout ce qui est mauvais dans le discours anti-israélien et anti-juif”, a commenté pour sa part le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid dans une vidéo.

“Nous savons désormais nous Israéliens quelle glace ne PAS acheter”, a par ailleurs réagi l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un message sur Twitter.

Ben & Jerry’s “entend et reconnaît les inquiétudes”

Pour justifier sa décision, Ben & Jerry’s affirme qu’il “entend et reconnaît les inquiétudes partagées par nos fans et nos partenaires de confiance”, sans préciser à qui cela fait référence.

Fondé en 1978, Ben & Jerry’s est une entreprise connue pour ses engagements progressistes, de la protection de l’écologie au respect des droits humains ou la question des inégalités.

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    Quand la France dénonçait les bombardements israéliens

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Monday, 14 June - 13:57 · 11 minutes

Durant ses douze années de gouvernement, Benjamin Netanyahu a pu bénéficier de bonnes relations avec la France. Ni les bombardements indiscriminés, ni l’extension de la colonisation dans les territoires palestiniens n’ont soulevé les critiques des présidents Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron. Ce dernier s’est montré d’un soutien sans failles à l’égard de son homologue israélien durant les récents affrontements entre le Hamas et Israël. Au point d’oublier que les relations entre la France et l’État hébreu se sont révélées plus d’une fois difficiles sous la 5ème République, avant le tournant atlantiste progressivement opéré sous le mandat de François Mitterrand.

Alors que les violences ayant fait plus de 250 morts entre le Hamas et Israël ont pris fin le 21 mai dernier, à la suite d’un cessez-le-feu négocié par l’intermédiaire de l’Égypte, Jean-Yves le Drian déclarait au sujet de la stratégie française au Proche-Orient vouloir poursuivre une politique des « petits pas » (L’Express 24/05/2021). Voilà qui semble résumer l’ambition hexagonale, dont la position paraît désormais loin de la doctrine définie par le fondateur de la Vème République, lors d’une conférence de presse quelques mois après la guerre des six jours en 1967 : « La France ne tient pour acquis aucun des changements réalisés sur le terrain par l’action militaire ». Tout en réaffirmant le soutient de la France à l’État d’Israël « dans ses frontières justes et reconnues », cette vision gaulliste, caractérisée par une neutralité exigeante, apparaît aujourd’hui comme de plus en plus marginale.

Symbole d’une diplomatie en perte d’influence et alignée sur les États-Unis, ou simple désintérêt pour un processus de colonisation que l’on ne désigne plus que par ses « escalades » et autre mécaniques de « spirale de la violence » (Emmanuel Macron, 13/05/2021) ? Si le dossier israélo-palestinien ne figure plus en haut de l’agenda diplomatique, au grand dam des populations de Gaza et de Cisjordanie, les manifestations en solidarité à la Palestine – ainsi que diverses enquêtes d’opinion – suggèrent pourtant une insatisfaction populaire par rapport au positionnement de l’exécutif.

Le rééquilibrage de la politique française sous l’impulsion du Général de Gaulle

Historiquement, la position française s’est dans un premier temps orientée du côté d’Israël au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sous l’influence d’une partie de la SFIO. De Gaulle, qui fonde la Vème République en 1958, choisit de rééquilibrer l’action diplomatique de la France en réaffirmant le droit du peuple palestinien à disposer d’un État, tout en condamnant la conquête de nouveaux territoires par Israël, en particulier lors de la guerre des Six jours.

Cette politique, qui entre dans le cadre d’un rapprochement plus global avec les pays arabes, entrepris après le fiasco de l’expédition du canal de Suez et la signature des accords d’Évian en 1962, permet également au général de se distinguer des États-Unis, ardents défenseurs d’Israël. Pour autant, les liens avec Israël sont loin d’être rompus, et si la France déclare en 1958 avoir cessé ses programmes d’aides en faveur de l’accès d’Israël à l’énergie atomique, comme pour la construction de la centrale de Dimona, ceux-ci se poursuivent sous la Vème République, de même que les exportations d’armes telles que les fameux chasseurs bombardiers Mirage III fabriqués par Dassault. Ceux-ci sont largement utilisés par Israël pendant la guerre des Six jours. Ainsi, 72 appareils sont livrés à Israël par la France en 1961 et le dernier contrat de ce type date de 1966 – de quoi relativiser en partie la thèse largement mythifiée d’un de Gaulle érigé en héraut du peuple palestinien.

De fait, il faut attendre 1967, à la suite d’une victoire éclair d’Israël sur l’alliance entre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie – qui permet au pays de s’offrir la bande de Gaza, Jérusalem-Est ainsi que le plateau du Golan – pour que soit proclamé un embargo français sur les exportations d’armes à destination d’Israël. De Gaulle, qui le 15 juin 1967 condamne en conseil des ministres ce qu’il qualifie « d’agression Israélienne », réaffirme quelques mois plus tard, au cours de la fameuse conférence de presse du 27 Novembre 1967, qu’il ne reconnaîtra pas l’annexion des territoires conquis militairement par Israël grâce à une guerre que le pays a lui-même déclenchée. Au même moment, de Gaulle réitère son soutien aux peuples arabes en rappelant la politique « d’amitié, de coopération, qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde » – idéalisant au passage la période coloniale, la politique d’extraction des ressources et les guerres d’indépendance qui s’en sont suivies.

Cette politique initialement pro-arabe, largement influencée par de Gaulle, se poursuit chez ses successeurs, Pompidou et Giscard. Michel Jobert, ministre des affaires étrangères de Pompidou, résumera en 1973 la position française, au commencement de la guerre du Kippour, déclarant au sujet de l’offensive syro-égyptienne : « Est-ce que tenter de remettre les pieds chez soi constitue forcément une agression imprévue ? ».

L’ère Mitterrand : fin de la « politique arabe », mais soutien de la cause palestinienne

Les mandats de Pompidou et de Giscard ont pour l’essentiel préservé les grandes lignes de la politique gaullienne : soutien d’une solution à deux États, vote d’une résolution onusienne en 1976 bloqué par les États-Unis « affirmant le droit inaliénable à l’autodétermination, incluant le droit d’établir un état indépendant en Palestine » et même reconnaissance de l’Organisation de Libération Palestinienne (OLP) en tant qu’« interlocuteur qualifié ». Il faut attendre l’élection de François Mitterrand en 1981 pour voir une nouvelle évolution de la position française sur ce dossier.

C’est en particulier son discours à la Knesset de 1982, insistant sur le nécessité de créer un État « palestinien », qui permet l’envoi d’un nouveau signal fort à destination des peuples arabes… tout en aidant à la reconnaissance de l’État d’Israël sur la scène internationale, Mitterrand étant le premier président de la Vème République à se rendre sur son territoire. Le soutien de de la France mitterrandienne à l’OLP, bien que constant, est cependant marqué par un alignement relatif de la France sur la position américaine. Ce soutien, matérialisé à l’été 1982 par l’envoi de troupes chargées d’évacuer des soldats de l’OLP retranchés au Liban alors attaqué par Israël, culmine en mai 1989 avec l’invitation officielle de Yasser Arafat à Paris. François Mitterrand n’en reste pas moins convaincu que le processus de paix implique un de bonnes relations avec l’État d’Israël, et c’est sous son mandat que la position française va se rapprocher de celle des États-Unis, à rebours de la politique d’autonomie diplomatique héritée de l’époque gaullienne.

C’est en effet Mitterrand qui, dans un premier temps, reviendra sur la déclaration de Venise des États de la CEE soutenu par Giscard en juin 1980, qui prévoyait notamment « la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien » et appelait Israël « à mettre fin à l’occupation des territoires maintenue depuis le conflit de 1967 », au profit du « processus de paix » prévu par l’accord de paix signé entre l’Égypte et Israël au Camp David. Ce dernier ne fait mention d’aucun droit à l’autodétermination ni du statut de Jérusalem, tandis que l’OLP n’y est aucunement consultée. Point de départ d’un tassement de la position spécifique de la France sur ce dossier ?

La conférence de Madrid en 1991, l’intervention militaire de la France coordonnée par les États-Unis lors de la guerre du Golfe contre Saddam Hussein – pourtant allié de Yasser Arafat -, de même que les accords d’Oslo en 1993, soulignent tour à tour la prédominance américaine et la perte d’une vision spécifiquement française sur le dossier.

L’effacement de la France par l’alignement sur les États-Unis

Certains qualifient désormais Mitterrand de « pro-israélien éclairé » (Sieffert, 2004) au regard de son basculement relatif et implicite de la France en faveur de la politique d’Israël. La mandat du président socialiste marque surtout l’acceptation d’un rôle assez secondaire de la France sur le dossier au profit des États-Unis.

La couverture médiatique de la visite de son successeur Jacques Chirac à Jérusalem en 1996 escorté par des policiers israéliens qui l’empêchaient d’entrer en contact avec des Palestiniens a bien, pour un temps, réaffirmé le soutien symbolique de la France à la cause palestinienne. Pour autant, l’événement n’en reste pas moins mineur au regard de l’impact diplomatique de la France. Peut-on parler dans ce cadre d’une nouvelle vision française sur le conflit israélo-palestinien ? Car si l’on peut retenir la « posture » gaullienne de Chirac comme l’illustrera son opposition à l’invasion de l’Irak en 2003, il n’en reste pas moins que la « voix » de la France sur le conflit ne se fait pas entendre. Côté socialiste, l’arrivée de la gauche plurielle et de Lionel Jospin au poste de premier ministre n’ébranlera pas le statu quo, D’autant que le Parti socialiste apparaît profondément divisé sur la question, comme le révèle l’affaire Boniface au début des années 2000.

L’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 ne viendra pas non plus bouleverser le positionnement français. À ce sujet, le discours prononcé par ce dernier à la Knesset en 2008 se contente de rappeler les « tendances lourdes » (Mikaïl, 2010) de la diplomatie française, soit la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux États, la négociation des frontières sur la base de la ligne de 1967 et le traitement de la question des réfugiés palestiniens. Surtout, la réintégration de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN, qu’elle avait quitté en 1966, symbolise le retour de la France au sein d’un paradigme militaire largement dominé par les États-Unis.

Au-delà du symbole, c’est la capacité de la France à développer une diplomatie, sinon indépendante, du moins autonome, qui est mise en question. Bien que le processus semble avoir été enclenché de longue date, l’alignement atlantiste de la France au sein d’un cadre encore déterminé par le « grand frère » américain semble bloquer toute initiative française d’envergure.

Ainsi, le quinquennat de François Hollande, s’il marque le soutien de la France au statut d’observateur pour l’Autorité palestinienne au sein de l’ONU en novembre 2012 ou encore de l’UNESCO à compter de 2016, ne remet pas en cause l’alignement sur la position américaine. On notera au passage l’invitation, restée lettre morte, de l’Assemblée Nationale à une large majorité qui avait « invité » le gouvernement français à reconnaitre l’État de Palestine en 2014. Alors que les territoires effectivement contrôlés par l’Autorité palestinienne sont déjà pratiquement inexistants, la décision du gouvernement Hollande de ne pas suivre l’avis de la représentation nationale semble révélatrice, si ce n’est d’un manque de vision à long terme sur le conflit, d’un manque de courage politique – ceci alors même qu’une dynamique européenne semblait s’être enclenchée avec la reconnaissance de l’État palestinien par la Suède la même année.

Dernièrement, Emmanuel Macron, en continuateur d’une diplomatie pour le moins timide, estimait en 2017 lors d’une visite du président de l’Autorité palestinienne qu’une reconnaissance unilatérale de la France ne serait pas « efficace ». Réelle stratégie à long-terme ou simple manque de volonté politique sur le sujet ? L’initiative tripartite entre la France, l’Égypte et la Jordanie a surtout brillé par son retard, huit jours après le début des hostilités, et ce sont le blocage puis le réveil américain qui semblent avoir pesé sur Netanyahou après que l’armée a estimé avoir atteint ses objectifs militaires.

Loin d’une vision gaullienne, dont il convient de mesurer la portée au vue des engagements militaires réels des débuts de la Vème République, la « voix » de la France pourtant toujours revendiquée au gré des discours, semble s’être effacée progressivement au profit des « petits pas » d’Emmanuel Macron et de Jean-Yves le Drian. 4300 roquettes, 250 morts et 50 000 réfugiés gazaouis pour une victoire revendiquée de part et d’autre : l’urgence du drame israélo-palestinien ne cesse pourtant d’interpeller.

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    Qui est Naftali Bennett, le nouveau Premier ministre israélien

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 13 June - 20:12 · 3 minutes

Naftali Bennett, ici à la Knesset à Jérusalem en Israël, le 13 juin 2021.

ISRAËL - Millionnaire de la tech, Naftali Bennett s’est frayé un chemin en politique en naviguant habilement à la droite de son ex-mentor Benjamin Netanyahu, jusqu’à prendre sa place , pour devenir ce dimanche 13 juin, à la faveur d’un jeu de coalition, le 13e Premier ministre d’Israël.

Crâne dégarni, kippa discrète et anglais d’Américain, Naftali Bennett dirige la formation Yamina, un jeune parti qui prône à la fois un ultra-libéralisme économique, une certaine ouverture sur les questions de société mais aussi l’annexion de près des deux tiers de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

Entré dans l’arène politique il y a huit ans, il est devenu immédiatement une figure incontournable du “camp nationaliste”, expression consacrée en Israël pour désigner ceux qui penchent du centre droit jusqu’à l’extrême droite. Et a su en jouer.

“Je suis dans une position confortable, toujours un peu à la droite de Bibi ( Netanyahu, NDLR ). Quand je m’exprime sur les questions diplomatiques ou sécuritaires, il va finir par monter d’un cran pour me rattraper”, disait-il lorsqu’il était encore son ministre.

Naftali Bennett, 49 ans, s’est en effet rapidement imposé comme l’incontournable “faiseur de roi” des coalitions formées par Benjamin Netanyahu. Malgré son faible score aux dernières législatives, le voilà qui a réussi à porter le coup final à son ex-mentor.

Kippa au pouvoir

Son ralliement surprise à la nouvelle alliance hétéroclite qui va de son parti de droite à la gauche, en passant par l’appui d’un parti arabe , a été négocié au prix fort: le poste de Premier ministre jusqu’en 2023.

“Je savais que je serais critiqué”, lance-t-il, calme, à la télévision, alors que l’extrême droite l’affuble sur internet, lui, l’ancien représentant des colons, du keffieh palestinien.

“J’ai choisi ce qu’il fallait faire pour le bien d’Israël”, martèle celui qui devient le premier chef de gouvernement religieux de l’Histoire du pays à porter une kippa.

Marié à Gilat Bennett, pâtissière de formation, et père de quatre enfants, il suit une pratique stricte du judaïsme, néanmoins ouverte sur la modernité.

Né le 25 mars 1972 à Haïfa, ce fils d’immigrants américains a servi dans la prestigieuse unité militaire “Sayeret Matkal”, avant de s’imposer comme un ténor de la “start-up nation” avec son entreprise de cybersécurité Cyotta vendue pour 145 millions de dollars en 2005.

“Pas d’État palestinien”

Le diplômé en droit fait l’année suivante le saut en politique pour le Likoud, le parti pour lequel a toujours voté sa famille et où il devient le bras droit de Benjamin Netanyahu.

Deux ans plus tard, Naftali Bennett quitte le parti pour diriger le Conseil de Yesha, principale organisation représentant les colons israéliens en Cisjordanie, qui deviendront son fonds de commerce politique, même si lui n’a jamais habité dans l’une de ces implantations controversées.

En 2012, il prend les rênes de Foyer Juif, le parti historique des colons qui s’est ensuite greffé à d’autres micro-partis pour former “Yamina” (À droite), laissant les discours les plus radicaux à de nouveaux partis plus extrémistes encore.

Mais celui qui veut aujourd’hui s’imposer en homme du rassemblement et prône le “consensus” a multiplié pendant des années des propos nationalistes musclés.

Exemples? Il n’y a pas d’occupation israélienne en Cisjordanie car “il n’y a jamais eu d’État Palestinien”. Ou les “terroristes doivent être tués pas libérés”, termes lancés à l’égard de prisonniers palestiniens.

Mais Naftali Bennett, qui a occupé cinq portefeuilles ministériels depuis 2013 et était ministre de la Défense encore en 2019, n’a jamais montré d’ardeur à transformer ces déclarations en véritable projet politique.

Il s’est ainsi trouvé une “image faite sur mesure pour un public qui cherche désespérément un remplaçant légitime à Netanyahu”, note Evan Gottesman de l’Israël Policy Forum.

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    Instagram va revoir son algorithme après des critiques sur la suppression de posts pro-palestiniens

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 31 May, 2021 - 20:54 · 1 minute

Instagram va revoir son algorithme après des critiques sur la suppression de posts pro-palestiniens. (photo d

INSTAGRAM - Instagram a modifié son algorithme après qu’un groupe d’employés se soit plaint que des posts pro-palestiniens n’étaient pas visibles pour les utilisateurs pendant le récent conflit à Gaza, comme le rapportent BuzzFeed News et le Financial Times .

Jusqu’à présent, l’algorithme d’Instagram mettait en avant les stories originales postées par un utilisateur et non les partages d’autres publications. Ce qui amené à penser que dans certains cas, le réseau social censurait certains points de vue et opinions, explique le site Presse-citron.net .

Le groupe d’employés avait lancé de nombreux appels au sujet de contenus censurés par la modération automatisée d’Instagram, tels que des publications sur la mosquée al-Aqsa de Jérusalem supprimées par erreur.

Les employés ne pensaient pas que la censure était délibérée, selon le Financial Times , mais l’un d’eux a déclaré que “la modération à grande échelle est biaisée contre les groupes marginalisés”.

Le changement n’est pas seulement une réponse aux inquiétudes suscitées par les contenus pro-palestiniens, a déclaré un porte-parole de Facebook (qui détient Instagram) auprès du média américain The Verge , mais l’entreprise a réalisé que le fonctionnement de l’application a dirigé les gens croire que son algorithme supprimait certains points de vue ou certains sujets.

“Nous voulons être très clairs, ce n’est pas le cas”, a déclaré le porte-parole. “Cela s’appliquait à tout message repartagé dans les stories, peu importe de quoi il s’agit.”

Instagram a fini par présenter ses excuses après que de nombreux comptes ont été incapables de publier du contenu lié à la Palestine pendant plusieurs heures le 6 mai, une décision que le responsable Adam Mosseri a expliqué sur Twitter être un “bug technique”.

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    Israël: l'ONU lance une enquête sur les atteintes aux droits des Palestiniens

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 28 May, 2021 - 06:00 · 4 minutes

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INTERNATIONAL - Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a lancé jeudi 28 mai une enquête internationale sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël depuis avril, mais aussi sur les “causes profondes” des tensions.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a immédiatement dénoncé une “décision honteuse” qui “encourage les terroristes dans le monde entier”.

En revanche, le mouvement islamiste palestinien Hamas , au pouvoir dans la bande de Gaza, a “salué” la décision du Conseil des droits de l’homme et l’Autorité palestinienne y voit “un pas en avant” dans la protection des droits humains des Palestiniens.

Crimes de guerre?

Plus tôt, la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait soutenu devant le Conseil, réuni en session extraordinaire, que les récentes frappes israéliennes sur Gaza peuvent constituer des crimes de guerre “s’il s’avère” que les civils ont été touchés “sans distinction”.

Elle avait indiqué ne pas avoir vu de preuve de la présence de groupes armés ou d’action militaire dans des bâtiments visés par Israël à Gaza , une des justification de l’État hébreu pour les détruire.

Michelle Bachelet avait également souligné que les tirs de milliers de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas “ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international”.

Vote pour une commission d’enquête

La réunion, qui portait sur les atteintes aux droits humains dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, et en Israël, était organisée à la demande du Pakistan, en tant que coordinateur de l’Organisation de la coopération islamique, et des autorités palestiniennes.

Une résolution adoptée avec 24 voix pour, 9 contre et 14 absentions, lance une “commission d’enquête internationale indépendante et permanente” chargée d’examiner les atteintes au droit international humanitaire et aux droits de l’homme ayant abouti aux récentes tensions israélo-palestiniennes.

L’Autorité palestinienne a qualifié de “minorité ammorale et du mauvais côté de l’histoire” les pays opposés à la résolution,

Du 10 au 21 mai, 254 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts dont un enfant, une adolescente et un soldat, d’après la police.

Le droit “de résister à l’occupation”

La portée de la résolution dépasse largement le récent conflit. Le texte demande que la commission étudie “toutes les causes profondes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse”.

L’enquête doit se concentrer sur l’établissement des faits et collecter les preuves et éléments qui pourraient être utilisés dans le cadre de poursuites judiciaires et, dans la mesure du possible, identifier les coupables pour qu’ils puissent être jugés.

Le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Maliki, qui s’est adressé à l’assemblée en ligne, a accusé Israël d’avoir instauré “un régime d’apartheid basé sur l’oppression du peuple palestinien” et son “déplacement forcé”. Il a revendiqué “le droit (des Palestiniens ndlr) de résister à l’occupation” et a affirmé que “les colons doivent être mis sur la liste des terroristes”.

L’ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU à Genève Meirav Eilon Shahar a accusé le Hamas d’avoir “initié ce conflit” .

Israël dénonce une “obsession anti-Israël flagrante”

C’est la première fois que le Conseil met sur pied une commission d’enquête avec un mandat sans durée fixée à l’avance. Le mandat d’autres commissions, comme celle sur la Syrie, doit être renouvelé tous les ans.

Certains pays, comme la France, ont déploré que le mandat de la commission soit “trop large” et son objectif “trop indéterminé”, mais la résolution a recueilli un large soutien auprès des pays africains et latino-américains.

Le Premier ministre israélien voit dans ce vote la confirmation “de l’obsession anti-Israël flagrante du conseil des droits de l’Homme”.

Israël est le seul pays avec un point fixe à l’ordre du jour de chaque session du Conseil. Neuf des trente sessions extraordinaires organisées par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU depuis sa création en juin 2006 ont porté sur Israël.

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