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    Olivier Dubois otage au Mali depuis un an: sa sœur témoigne

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 7 April - 17:23 · 10 minutes

Canèle Bernard, sœur d Canèle Bernard, sœur d'Olivier Dubois, prend la parole à côté d'une projection sur le monument du Panthéon organisée par Reporters sans frontières pour demander sa libération, le 7 mars 2022 à Paris.

MALI - Malgré une année de captivité, l’espoir reste présent pour la famille d’ Olivier Dubois . Journaliste indépendant et reporter de 47 ans, il vivait et travaillait au Mali depuis 2015, quand il a été kidnappé.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 5 mai 2021, le seul otage français dans le monde annonçait lui-même son enlèvement survenu quelques semaines plus tôt. Il y expliquait avoir été enlevé à Gao, dans le nord du pays le 8 avril, par le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste au Sahel et liée à Al-Qaïda.

Depuis, il peut compter sur le soutien indéfectible de ses proches, notamment sa sœur Canèle Bernard. Elle a accepté de revenir pour Le HuffPost sur cette longue année d’attente et d’espoir.

Une pétition qui change la donne...

Nous sommes le 6 janvier 2022. Voilà neuf mois qu’Olivier Dubois est détenu quelque part au Mali. En France, une pétition voit alors le jour sur le site Change.org , à l’initiative de Canèle Bernard, de son compagnon et de la mère du journaliste réunis dans le collectif baptisé “Famille Olivier Dubois Journaliste”. Une manière d’alerter et de sensibiliser l’opinion publique sur sa situation, pour ne pas qu’elle devienne “celle d’un otage oublié”.

Rapidement, la pétition prend de l’ampleur. Avec plus de 82.000 signatures à ce jour et des soutiens de poids comme l’acteur Omar Sy ou la footballeuse Wendy Renard, Canèle Bernard se félicite des répercussions positives.

“C’est un geste d’engagement qui compte beaucoup pour la mère d’Olivier, confie-t-elle. Signer cette pétition, c’est être acteur de la libération d’Olivier et c’est notre moyen d’informer les gens et de faire connaître sa situation. Une signature de plus c’est un citoyen de plus aux côtés d’Olivier.”

L’impact est suffisant pour faire réagir le président de la République, cinq jours après lors de ses vœux à la presse. “Vous connaissez ma très grande réserve pour donner plus de détails, mais je veux que vous soyez certains que nous sommes pleinement mobilisés pour œuvrer à sa libération. Un travail inlassable est mené par nos équipes diplomatiques, nos militaires et les services compétents”, avait déclaré Emmanuel Macron . Quelques semaines plus tôt, la présidence avait adressé un mot à la famille. “On nous dit alors que l’État restait attentif à l’évolution de la situation, mais personnellement je ne sais toujours pas ce que ça veut dire. C’est le flou après autant de mois sans nouvelles d’Olivier”.

“J’admets que sa prise de parole à permis de faire reconnaître le statut d’Olivier à plus grande échelle, mais c’est encore trop maigre”, reconnaissait alors celle qui est par ailleurs photographe quand elle n’œuvre pas pour faire libérer son grand frère.

... après des mois de vide

Avant cette première date importante, Canèle Bernard et sa famille ont attendu. Une attente silencieuse qui a surtout nourri leur envie de faire bouger les choses et d’investir eux-mêmes le débat public.

“Olivier avait dit à son fixeur: ‘si dans 15 minutes je ne suis pas revenu, tu préviens ma famille, Barkhane et l’ambassade’. Son fixeur a été le premier à lancer l’alerte avant qu’un autre journaliste ne prévienne lui aussi l’ambassade le 11 avril. Quand nous l’avons appris le lendemain, ça a été un choc”, se souvient-elle.

“Pendant deux à trois mois, nous n’avons rien dit, sur les conseils de la cellule de crise. Nous voulions prendre la parole. Mais comment s’exprimer? Comment dire les choses alors que nous savions que ses ravisseurs étaient des gens très connectés. Un mot mal prononcé pouvait-il porter préjudice à Olivier?” Voici le genre de questions que se sont posé les proches du journaliste aux premières heures de son enlèvement. “Nous étions sans ressource et complètement perdus face à toutes ces questions”, ajoute-t-elle.

Fin mai 2021, la famille se rapproche de Reporters sans frontières, organisée plus armée pour gérer la communication autour de ces situations. Un premier rassemblement a finalement lieu le 8 juin, place de la République à Paris.

Malheureusement, ensuite et durant plusieurs mois, Canèle “ne note pas d’actions d’utilité publique notables”. Elle comprend alors qu’il faut faire quelque chose et reprendre la barre du navire: “Après cette période de doute, d’incompréhension et de démotivation”, le choix est fait d’élaborer cette pétition pour faire connaître le sort de son frère “que les Français ne connaissaient pas”.

Le silence pesant du Quai d’Orsay

Pour avoir un premier retour officiel du ministère des Affaires étrangères, Canèle Bernard aura attendu plus de 10 mois. Le 25 février 2022, elle confie que sa famille a rencontré le cabinet de Jean-Yves Le Drian pour la toute première fois depuis l’enlèvement du journaliste.

“Jusqu’alors, nous n’avions pu échanger qu’avec la cellule de crise (un service affilié au ministère des Affaires étrangères, NDLR ) que nous n’avons rencontrée qu’une seule fois, le 8 juin 2021. D’ailleurs, c’est toujours nous qui allions vers eux”, déplorait-elle avant la réunion avec le cabinet ministériel.

De Paris à Marseille, les villes de France affichent leur soutien au journaliste français. De Paris à Marseille, les villes de France affichent leur soutien au journaliste français.

De cette réunion, rien de concret ne ressort finalement. “Au cours de ce rendez-vous, que nous attendions énormément, beaucoup de mots ont été prononcés, mais au final c’était une heure de rien”, décrit alors avec une colère froide Canèle Bernard, quelques jours après la rencontre officielle.

“Voilà tout ce qu’on nous a dit: ‘l’État réaffirme son engagement et sa détermination pour Olivier Dubois’, en clair nous n’avons toujours rien appris après pratiquement un an de captivité”, lâche-t-elle.

Un silence pesant et insoutenable pour Canèle et le reste de la famille. La seule véritable information fournie par le directeur du cabinet de Jean-Yves Le Drian, Nicolas Roche réside en ces quelques mots: “Aucune nouvelle preuve de vie d’Olivier Dubois n’a été constatée jusqu’à ce jour”.

Regains d’espoir venus du Mali

Sans nouvelle encourageante, Canèle Bernard s’en remet alors aux messages qu’elle et sa famille transmettent via RFI dans l’espoir qu’Olivier Dubois entende l’un d’eux, depuis l’endroit où il est toujours retenu captif.

C’est d’ailleurs la situation géopolitique au Mali qui va finalement offrir un nouvel espoir pour les proches du reporter. L’annonce, par le gouvernement, du retrait des troupes françaises au Mali le 17 février, change la donne. Sur le moment, Canèle Bernard, qui ne veut pas “suranalyser car ce n’est pas [son] rôle” reconnaît tout de même que “tout a un impact, et que cela devrait en avoir un pour la situation de [s]on frère”, sans savoir si cela serait positif ou négatif.

“L’information est maintenant connue des ravisseurs d’Olivier, donc on espère son retour en même temps que les troupes”, indique-t-elle avant de se corriger: “Enfin, on espère que ce retrait entraînera sa libération, c’est un nouveau motif d’espoir”. Dans ce dossier, “on espère que chaque État fera ce qu’il faut. D’ailleurs, pourquoi Olivier resterait otage si la France quitte le Mali, ne serait-ce pas le moment opportun pour le libérer”, finissait-elle par conclure.

Dans une vidéo mise en ligne le 13 mars, Olivier Dubois demandait à l Dans une vidéo mise en ligne le 13 mars, Olivier Dubois demandait à l'État français de continuer à faire son possible” pour sa libération.

Moins d’un mois plus tard, une première preuve de vie survient après 339 jours sans nouvelle. Le 13 mars, une vidéo non-authentifiée d’un peu plus d’une minute montre alors Olivier Dubois, “moralement et physiquement affaibli”, mais en relative bonne santé selon sa propre sœur.

“C’était extrêmement surprenant, mais c’était surtout une grande émotion et une joie immense”, se remémore la sœur du journaliste au lendemain de la sortie de la vidéo. Olivier Dubois demande dans cet enregistrement au gouvernement français de “continuer à faire son possible” pour sa libération, mais reste lucide quant à sa condition: “Je suis conscient que mon cas est une petite chose face aux défis et aux événements auxquels il [le gouvernement français] doit faire face, mais hier comme aujourd’hui je continue à garder espoir”.

Comme Canèle Bernard le confie, cette vidéo a été découverte en même temps par la famille d’Olivier que par le Quai d’Orsay, qui a simplement “réaffirmé son engagement total pour Olivier”, une fois de plus.

La dernière “douche froide”

Mais ce regain d’espoir est vite balayé par un coup dur. Le 17 mars, les autorités maliennes annoncent la suspension de RFI et France 24 au Mali , après la diffusion de témoignages relatant les exactions de l’armée malienne dans le centre du pays.

C’était pourtant l’un des seuls moyens à disposition de la famille d’Olivier Dubois pour lui faire passer des messages. ”À ma famille, merci pour tous vos messages radio. Tous les mois, ils sont une bouffée d’air frais et d’espoir”, indiquait d’ailleurs Olivier Dubois dans la seule vidéo publiée durant sa captivité. Selon sa sœur, “les éléments de langage” utilisés “correspondent aux messages RFI”, une preuve de vie qui rassurait et qui attestait du fait qu’il a “conscience de ce qui se passe dans le monde”.

Aujourd’hui, Canèle Bernard ne peut cacher son impuissance. ”Ça a été une douche froide. Pendant plusieurs mois, RFI nous proposait tous les 8 du mois de faire un message audio à Olivier pour cette date anniversaire. Nous avions l’impression de parler dans le vide, mais avec l’espoir qu’il entende”, nous dit-elle. “Dans ces messages, nous ne faisions pas que lui dire qu’on l’aime. On lui expliquait la situation et comme Olivier est quelqu’un de très réceptif et très intelligent, on essayait de tourner les mots de manière à ce que lui les comprenne, mais pas forcément ses ravisseurs, et ça on ne peut plus le faire aujourd’hui.”

Ne plus avoir cette option ne signifie pas rester inactif, bien au contraire. La famille s’apprête ainsi à publier une vidéo marquante ce vendredi 8 avril. Vidéo réunissant journalistes et artistes de renom affichant tous leur soutien à Olivier Dubois, dans le but de demander sa libération immédiate en signant la pétition toujours en ligne. Elise Lucet, Samuel Etienne, Gilles Bouleau, Florence Aubenas ou encore le groupe IAM, Yvan Attal ou Philippe Rebbot, tous signataires de la pétition, ont choisi de s’engager auprès de la famille du journaliste pour faire résonner sa voix, rendue muette par ses ravisseurs depuis un an maintenant.

Les entretiens avec Canèle Bernard ont été réalisés en plusieurs fois, entre février et avril 2022.

À voir également sur Le HuffPost: En patrouille avec les militaires de Barkhane au Mali

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    Le Mali demande à la France de "retirer sans délai" ses soldats

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 18 February - 14:44 · 2 minutes

Des soldats français à Gao au Mali en février 2013. 

MALI - La junte au pouvoir à Bamako a demandé ce vendredi 18 février à la France de “retirer sans délai” ses soldats du Mali , au lendemain de l’annonce par Paris et ses partenaires d’un retrait échelonné sur les prochains mois .

Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le porte-parole du gouvernement installé par les militaires, le colonel Abdoulaye Maïga, qualifie l’annonce du désengagement français de “violation flagrante” des accords entre les deux pays. Il dit aussi que les résultats de neuf ans d’engagement français au Mali “n’ont pas été satisfaisants”.

“Au regard de ces manquements répétés (aux) accords de défense, le gouvernement invite les autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes”, dit le colonel Maïga.

Cette demande de retrait immédiat de la part des colonels arrivés au pouvoir par la force en août 2020 est un nouveau défi à l’ancien partenaire français, après des mois de montée des tensions.

Macron ne transigera pas sur la sécurité de ses soldats

Le président français Emmanuel Macron a tout de suite rejeté l’exigence de la junte militaire au pouvoir à Bamako de retirer les soldats français “sans délai” du Mali et a mis en garde contre toute atteinte à leur sécurité, ce vendredi lors d’une conférence de presse à l’issue du 6e sommet entre l’UE et l’Union africaine à Bruxelles .

“Nous avons annoncé la réarticulation du dispositif et il s’appliquera en bon ordre afin d’assurer la sécurité de la mission des Nations unies et de toutes les forces déployées au Mali. Je ne transigerai pas une seconde sur leur sécurité”, a averti le chef de l’Etat.

La veille, Emmanuel Macron et les alliés de la France engagés au Mali avaient annoncé un “retrait coordonné” du pays, après neuf ans d’engagement sur place. “Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies” et les pays ont décidé “le retrait coordonné” du pays, ont-ils estimé dans un communiqué commun.

En outre, la France et ses alliés regrettent particulièrement le non-respect des échéances électorales -présidentielle et législatives- qui devaient se tenir avant le 27 février. Ils ont d’ailleurs exhorté les autorités maliennes à mettre en place une “période de transition et à organiser des élections libres, équitables et crédibles”.

Mais la France et ses alliés ont assuré vouloir “rester engagés dans la région” du Sahel en proie à la contagion jihadiste , selon cette déclaration conjointe. “Afin de contenir la potentielle extension géographique des actions des groupes armés terroristes en direction du Sud et de l’Ouest de la région, les partenaires internationaux indiquent leur volonté d’envisager activement d’étendre leur soutien aux pays voisins du golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest, sur la base de leurs demandes”, est-il également précisé.

À voir également sur Le HuffPost : La France annonce quitter le Mali, mais pas le Sahel

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    Fin de l'opération Barkhane: Tout comprendre avec notre dossier spécial

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 17:05 · 6 minutes

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AFRIQUE - Ce jeudi 17 février, Emmanuel Macron a annoncé le retrait des troupes françaises du Mali et la fermeture des trois bases militaires qui restent dans le pays: Gossi, Menaka et Gao , non loin de la zone dite des “trois frontières”.

En décembre dernier, Le HuffPost s’est rendu sur la “plateforme opérationnelle Désert” de Gao, la plus grosse emprise française au Mali à ce moment-là. Après Kidal et Tessalit, Tombouctou est alors en train d’être rétrocédée aux forces armées maliennes (FAMa). Barkhane est en pleine transition.

Ce retrait, après plus de 9 ans de présence militaire française au Mali, n’est pas une surprise pour les observateurs de la région. Depuis les deux coups d’Etat successifs d’une junte militaire au Mali, en août 2020 puis juin 2021, les tensions n’ont cessé d’augmenter.

La visite annulée de Macron

C’est dans ce contexte électrique que nous nous sommes rendus dans le désert sub-saharien, en atterrissant à Gao le 14 décembre 2021. Nous arrivons à un moment charnière, puisque les clefs de la dernière base du Nord, Tombouctou, sont remises aux forces armées maliennes le jour-même.

Sur place, les militaires s’affairent à ce qu’ils n’appellent pas un retrait mais un “redéploiement” de l’opération Barkhane, qui s’avère être un défi logistique. Mais surtout, des rumeurs - qui seront confirmées - courent sur la visite prochaine du président de la République pour un dîner de Noël avec les soldats français en “Opex” (opération extérieure).

Une visite qui sera finalement annulée deux jours plus tôt ( voir la vidéo ci-dessous ), officiellement en raison du Covid, mais en réalité en raison de désaccords avec la junte malienne. Déception sur place, où l’on s’attendait à des annonces d’Emmanuel Macron sur la suite de la “transformation” de l’opération Barkhane. À Gao, la salle de presse venait d’être installée.

Noël en “opex” à Gao

Sur place, les militaires s’apprêtent à fêter Noël loin de leurs familles ( voir la vidéo ci-dessous ) et installent les décorations, dans un climat estival. Environ 2500 militaires français sont présents au Mali à ce moment-là, sur les 4600 militaires français déployés dans la bande saharo-sahélienne. La transformation prévoit également une réduction des effectifs, qui doivent tomber à entre 2500 et 3000 d’ici 2023.

La majorité des troupes est située à Gao. C’est une mini-ville que l’on découvre, avec son bureau de poste, sa pizzeria - tenue par un local -, ses bâtiments, sa supérette, son aéroport qui est aussi celui de la ville, dont la piste coupe la base en deux, ses deux hôpitaux militaires.

En termes de volumes, c’est aussi 3000m3 de carburant utilisés par mois, l’équivalent de la consommation de l’aéroport de Nantes. Autre exemple: sur 4 mois, à cause du climat et du sable abrasif, c’est l’équivalent de trois hauteurs de la tour Eiffel en pneus qui sont utilisés. En moyenne, les militaires font face à 15 crevaisons par jour.

Côté matériel, des milliers de containers KC20 sont répartis dans le camp, auxquels s’ajoutent ceux venus des bases ayant été fermées. Gao est une base militaire qui sert aussi de hub logistique.

En patrouille avec les militaires français

Il y a des véhicules militaires partout. Des centaines de blindés, dont depuis l’automne dernier le fameux véhicule de transport de troupes nouvelle génération, le Griffon, acheminé jusqu’au Mali pour remplacer le véhicule de l’avant blindé (VAB).

Et dont l’armée de Terre est fière, car ce sont des véhicules ultra-modernes, avec la clim, et qu’ils peuvent servir au combat et/ou au transport. C’est dans l’un de ces Griffons que Le HuffPost est embarqué en patrouille avec le 3e Régiment d’infanterie de Marine (RIMa) de Vannes, le 15 décembre ( voir la vidéo ci-dessous ).

Après un départ à 4h30 du matin, cette seule sortie en dehors de la plateforme militaire dure plus de 9h, durant lesquelles nous visitons plusieurs villages aux alentours de Gao, dans le désert mais aussi au bord du fleuve Niger, à quelques kilomètres de là.

“Le sacrifice ultime”

Sur place, pendant notre séjour, aucune alerte de sécurité ne sera déclenchée. Tout militaire ou civil est équipé d’une Trousse Individuelle du Combattant. Et surtout, porte un garrot “tourniquet” à sa ceinture, ajusté à la taille de sa cuisse, par précaution. Des abris sont disséminés un peu partout dans le camp.

Le 22 janvier, quelques semaines après notre reportage, une attaque au mortier atteint la base de Gao, lors de laquelle un soldat français, le brigadier Alexandre Martin, 24 ans, trouve la mort en succombant à ses blessures. Les mortiers sont tombés juste à côté des bureaux de presse, en plein cœur de la base.

À Gao, nous avions interrogé quelques-uns des soldats rencontrés sur leur rapport à la mort et sur l’éventualité de devoir accomplir le “sacrifice ultime” pour la France ( voir la vidéo ci-dessous ). Au Sahel, 59 soldats français sont morts depuis 2013, dont 53 sont “morts pour la France”, selon les chiffres de l’état-major des armées.

Du côté des djihadistes, impossible d’avoir un décompte. C’est le travail qu’a essayé d’effectuer Médiapart, qui d’après ses calculs estime qu’au moins 2800 “présumés djihadistes” ont été “neutralisés” -selon le terme employé par l’armée française- depuis 2013.

Expulsion de l’ambassadeur de France

Lundi 31 janvier, les autorités maliennes somment l’ambassadeur de France de quitter le territoire dans un délai de 72h. Un épisode de plus dans l’escalade des tensions politiques entre Bamako et Paris, qui ne font que s’accentuer depuis la prise de pouvoir de la junte militaire.

“On ne peut pas rester au Mali à n’importe quel prix. Les conditions de notre intervention sont rendues de plus en plus difficiles”, indique alors la ministre des armées Florence Parly ( voir la vidéo ci-dessous ).

En pleine présidentielle en France

Le sujet tombe en pleine campagne pour la présidentielle 2022 en France. Si Emmanuel Macron n’est pas encore candidat, tous ceux de l’opposition, à droite comme à gauche, s’emparent du sujet pour critiquer la majorité. Et pour réclamer, de manière quasi unanime, un retrait des troupes françaises du Mali ( voir la vidéo ci-dessous ).

Le 17 février, le président de la République acte ce retrait et annonce qu’il interviendrait dans un délai de 4 à 6 mois. Un retrait dont les contours ne sont pas encore définis , mais qui est appelé, une nouvelle fois, “redéploiement”. La France entend rester au Sahel, mais “différemment”.

Cette série de reportages au cœur de l’opération Barkhane sur la base militaire de Gao, au Mali, a été réalisée à l’occasion d’un voyage de presse financé en partie par le Service d’information et de relations publiques de l’armée de terre (SIRPA Terre) et la cellule communication de l’état-major des armées (EMA/COM). Aucun droit de regard n’a été exercé sur les images, aucune relecture des articles avant publication.

À voir également sur Le HuffPost : La France annonce quitter le Mali, mais pas le Sahel

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    Retrait de la France au Mali: ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas encore

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 12:34 · 5 minutes

AFRIQUE - La France va progressivement quitter le Mali. “Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés” a affirmé Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’Élysée, jeudi 17 février.

“La lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier, elle ne doit pas, sous prétexte d’être une priorité absolue, se transformer en exercice de conservation indéfinie du pouvoir”, a-t-il ajouté comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus .

C’est à l’issue d’un dîner à l’Élysée entre le président de la République et les acteurs européens et africains engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, que la décision a été prise. Présentée comme une ”évidence” par Emmanuel Macron, c’est le dernier acte de plusieurs mois de tensions entre Paris et Bamako .

À la table de ce dîner, étaient présents les dirigeants du Niger, du Tchad et de la Mauritanie, ainsi que ceux des pays d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo et Bénin, Sénégal). Le Mali et le Burkina Faso n’étaient pas conviés.

La question qui se pose pour la France, maintenant que le départ est acté, c’est de savoir comment rester présent au Sahel et continuer à combattre les groupes terroristes et djihadistes dans la région?

Fermeture de Gossi, Menaka et Gao

Emmanuel Macron a donc annoncé, “dans un exercice qui va prendre 4 à 6 mois”, la fermeture des bases de Gossi, Menaka et Gao , situées près de la zone dite des “trois frontières”. “Notre emprunte doit se réduire, comme nous l’avons fait à Kidal, Tessalit et Tombouctou”, a indiqué le chef de l’État.

2400 militaires français sont aujourd’hui présents au Mali, sur les 4600 militaires français déployés dans la bande saharo-sahélienne. Au total, 2500 à 3000 soldats français resteront déployés au Sahel au terme de leur retrait du Mali d’ici environ six mois, a indiqué l’Etat-major des armées françaises.

En revanche, quid de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), qui compte 13.000 hommes et de l’opération européenne de formation des soldats maliens (EUTM)? Si leur présence est maintenue, le soutien qui leur est apporté par Barkhane est une question. À l’Elysée, on admet que le départ de la France “peut avoir un impact” sur ces missions.

Coopération avec les forces armées maliennes

L’armée française devrait continuer à coopérer jusqu’à son retrait avec ces missions, ainsi qu’avec les forces armées maliennes (FAMa), qui ont bénéficié de formation et ont conduit des opérations aux côté des forces européennes.

“Les FAMa d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec FAMa de 2013, explique l’Elysée, qui se voulait confiant à la veille des annonces, à l’association des journalistes de défense (AJD). Depuis un an et demi, on a des forces militaires au Mali qui sont capables de répondre et qui réagissent. Et qui tiennent par rapport aux attaques de groupes terroristes.”

Emmanuel Macron a lui par ailleurs rappelé que si “le pire avait été évité” au Mali depuis 2013 grâce à la présence française, le rôle de la France n’était pas de se “substituer à ce qui est le devoir de l’Etat souverain”.  Une réflexion et des conclusions confortées côté français par la présence des mercenaires du groupe privé russe Wagner , selon l’Élysée, qui affirme que sur le terrain, le risque “d’interférence” avec est élevé.

Départ de la task force “Takuba”

La force “Takuba”, groupement de forces spéciales composée principalement d’unités de plusieurs pays de l’Union européenne, quitte aussi le pays. Fin janvier, la junte au pouvoir au Mali avait soudainement exigé le départ des soldats danois tout juste intégrés à Takuba, jugeant que leur présence n’avait pas fait l’objet du “consentement” de Bamako. Le contingent estonien avait annoncé son départ il y a quelques jours.

La France, ses alliés européens et le Canada ont annoncé un “retrait coordonné”, par un communiqué commun publié jeudi 17 février au matin. “Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies”, estiment-ils.

Certains militaires européens participant à cette task force “seront repositionnés aux côtés des forces armées nigériennes dans la région frontalière du Mali”, a affirmé le président Emmanuel Macron, qui tient malgré tout à faire perdurer “l’esprit Takuba” de coopération européenne. Reste à voir quels pays suivront.

Redéploiement dans les pays voisins

La France ne quitte donc pas le Sahel pour autant. Emmanuel Macron a affirmé vouloir “appuyer et impliquer davantage les pays voisins de la bande sahélienne, à savoir les pays du Golfe de Guinée”. La France compte 800 militaires au Niger, quelques centaines au Burkina Faso - qui seront maintenus pour l’instant malgré le coup d’Etat - et 800 au Tchad.

“Nous définirons dans les semaines et mois qui viennent, l’appui que nous apporterons à chacun des pays de la région sur la base des besoins qu’ils auront exprimé”, a indiqué le président français.

La capitale du Niger, Niamey, où se trouve une base aérienne française, deviendra le “coeur” du redéploiement. L’objectif: réarticuler un dispositif “africano-européen”, avec la France comme “nation cadre”, qui ne s’appuiera plus sur de grandes bases fixes mais sur un soutien des forces des États partenaires et des forces spéciales internationales qui pourront effectuer des attaques ciblées.

Un dispositif moins militarisé?

Emmanuel Macron a affirmé la volonté collective de “mettre davantage les populations civiles au coeur” de la stratégie. “Première cible des exactions d’Al-Qaida et de Daesh, elles ne peuvent être réduites à un rôle de victimes”, a-t-il soulevé en exprimant le souhait de renforcer l’Alliance pour le Sahel, créée en 2017.

Dans l’entourage du président, on parle pour la suite d’une “approche globale, préventive” qui s’appuierait sur “la coopération entre les services de renseignement, de la police, de la justice, une situation économique favorable”. Une logique “plus partenariale et co-construite avec les acteurs régionaux” et “pas seulement sécuritaire”, qui sera l’objet du somment UE-Afrique qui commence aujourd’hui.

À voir également sur Le HuffPost : En patrouille avec les militaires de Barkhane au Mali

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    La France annonce quitter le Mali, mais pas le Sahel

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 07:52 · 3 minutes

POLITIQUE - La fin de neuf ans d’engagement. Ce jeudi 17 février, la France a annoncé le retrait des troupes militaires au Mali, où les relations se sont compliquées avec la prise de pouvoir par la junte et le sentiment anti-français croissant.

La France, ses alliés européens dans Takuba et le Canada annoncent un “retrait coordonné”. “Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies” et les pays ont décidé “le retrait coordonné” du pays, estiment-ils dans un communiqué commun. Ils regrettent particulièrement le non-respect des échéances électorales - présidentielle et législatives - qui devaient se tenir avant le 27 février.

“Nous exhortons les autorités maliennes à achever la période de transition et à organiser des élections libres, équitables et crédibles”, soulignent les alliés. “Nous réaffirmons tous notre forte volonté de poursuivre notre partenariat avec et notre engagement pour le peuple malien dans la durée, pour faire face à tous les défis posés par l’activité des groupes armés terroristes au Sahel”, précise le communiqué de l’Élysée.

“Ce retrait se traduira par la fermeture des emprises de Gossi de Ménaka et de Gao, il sera effectuée de manière ordonnée, avec les forces armées maliennes et avec la Mission des Nations unies au Mali” et “durant cette période, nous maintiendrons nos missions de soutien au profit de la Minusma”, a précisé Emmanuel Macron.

Rester au Sahel: Niger et Golfe de Guinée

La France et ses alliés ont assuré de leur “volonté de rester engagés dans la région” du Sahel en proie à la contagion jihadiste, selon une déclaration conjointe.

C’est désormais vers le Niger et le golfe de Guinée que se tournent les regards. “Afin de contenir la potentielle extension géographique des actions des groupes armés terroristes en direction du Sud et de l’Ouest de la région, les partenaires internationaux indiquent leur volonté d’envisager activement d’étendre leur soutien aux pays voisins du golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest, sur la base de leurs demandes”, en appui d’autres initiatives déjà en place. “Des consultations politiques et militaires” ont été entamées avec les acteurs politiques “dans l’objectif d’arrêter les paramètres de cette action commune d’ici juin 2022.”

Un objectif que le chef de l’État a répété en conférence de presse ce jeudi. “Les Etats du golfe de Guinée sont de plus en plus exposés à des tentatives d’implantation des groupes terroristes sur leur territoire”, a-t-il insisté.

Macron “récuse totalement” un échec

Emmanuel Macron a aussi salué la “décision courageuse du président François Hollande d’intervenir au Mali”, en 2013, en rappelant que cette initiative avait été enclenchée ”à la demande des autorités maliennes et régionales”.

Appelant à un “sursaut civil” pour contrer l’influences des groupes jihadistes, Emmanuel Macron a annoncé vouloir ”“mettre davantage les populations civiles au cœur de notre stratégie de lutte”. Condition sine qua non d’une action militaire “efficace” sur le terrain.

Interrogé sur le sentiment d’échec qui accompagne cette issue, Emmanuel Macron “récuse totalement” ce constat. “Que ce serait-il passé en 2013 si la France n’avait pas fait le choix d’intervenir? Vous auriez eu, à coup sûr, un effondrement de l’État malien”, a répondu le chef de l’État.

“Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés. C’est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui au Mali. La lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier, elle ne doit pas, sous prétexte d’être une priorité absolue, se transformer en exercice de conservation indéfinie du pouvoir”, a-t-il poursuivi.

À voir également sur Le HuffPost: Quitter le Mali? Les oppositions sont pour, sauf Hidalgo

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    Quitter le Mali? Les oppositions sont pour, sauf Hidalgo

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 05:47 · 1 minute

AFRIQUE - Les annonces concernant un éventuel retrait de la France au Mali sont imminentes. Emmanuel Macron a dîné mercredi 16 février avec les acteurs européens et africains engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Une conférence de presse est prévue à l’Élysée ce jeudi 17 février à 9h sur “l’engagement de la France et de ses partenaires au Sahel”.

Du côté des principaux candidats à l’élection présidentielle , de droite à gauche, les oppositions sont quasi unanimes : la France doit se désengager progressivement de ce pays d’Afrique de l’Ouest où elle s’est positionnée en 2013 à l’initiative de François Hollande. Plusieurs candidats ont d’ailleurs dénoncé une “humiliation” lors du récent renvoi de l’ambassadeur de France au Mali.

Extrême tension entre Paris et Bamako

Un épisode de plus qui a eu lieu dans un contexte d’extrême tension entre Paris et Bamako, depuis un premier putsch en août 2020 puis en mai 2021, sur fond de déploiement de mercenaires russes dans ce pays du Sahel et après le renvoi du contingent danois de l’opération internationale antijihadiste Takuba.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus , tous les principaux candidats à la présidentielle, de Marine Le Pen à Yannick Jadot, sont pour un retrait du Mali. Tous, sauf Anne Hidalgo, qui prône un “maintien” de la présence française au Mali, pour “notre sécurité” et parce qu’on “ne peut pas donner cette victoire aux terroristes”, même si elle n’a pas nié “qu’il faille adapter” cette présence.

À voir également sur Le HuffPost : Pourquoi le Mali a-t-il expulsé l’ambassadeur de France?

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    La Roumanie, nouveau théâtre d'opération de l'armée française?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 31 January, 2022 - 20:00 · 4 minutes

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MILITAIRE - Les relations diplomatiques entre la France et le Mali empirent de jour en jour. Nouvel épisode ce lundi 31 janvier: la décision de la junte malienne d’expulser l’ambassadeur de France au Mali , qui pose de plus en plus la question d’un retrait total de l’armée française, engagée au Sahel depuis 2013.

Après la fermeture de trois bases au Nord du Mali, l’opération Barkhane est censée réduire ses effectifs, de plus de 5.000 hommes l’été dernier à 2.500 d’ici 2023. Sauf si les choses s’accélèrent d’ici-là. Pour l’armée de Terre, pas question de parler “d’échec” pour autant, après neuf ans sur place.

Malgré les tensions politiques, rien ne bouge pour l’instant sur le terrain, selon le chef d’état-major de l’armée de terre française (CEMAT), Pierre Schill, interrogé sur la question lundi 31 janvier lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes de défense (AJD), à laquelle a assisté Le HuffPost .

“La question du Sahel est éminemment politique, a-t-il prudemment commenté. Mais au quotidien, nos unités sur le terrain continuent d’être engagés avec les bataillons maliens, les forces de Takuba de même. Le rôle des armées sera de répondre aux impératifs politiques et de permettre les solutions qui seront décidées...”

La Roumanie, nouveau théâtre d’opération

Si, pour lui, la réduction des effectifs militaires français au Sahel est “relative”, elle donnerait éventuellement la possibilité de réengager des forces sur “d’autres théâtres”. “Nous sommes peut-être à l’orée de déployer un bataillon en Roumanie”, a-t-il rappelé.

Lors de ses voeux aux armées le 19 janvier, dans le camp d’Oberhoffen, Emmanuel Macron avait assuré que la France était prête à prendre “ses responsabilités dans le cadre d’une opération (alliée, NDLR) de type EFP si elle était décidée”.

Les missions EFP, pour enhanced forward presence , sont déployées dans les trois pays Baltes et en Pologne pour renforcer les capacités de défense de l’Otan sur le flanc est de l’Europe, face à la Russie.

La Roumanie, pays frontalier de l’ Ukraine qui a un accès à la mer Noire, se trouve ”à l’épicentre des tensions” avec la Russie et doit être “réassuré”, avait estimé samedi 29 janvier sur France Inter la ministre française des Armées Florence Parly , évoquant la possibilité d’y envoyer “plusieurs centaines” de soldats.

“Il y a environ 100.000 hommes des forces russes à la frontière ukrainienne, rappelle Pierre Schill. Si la décision était prise, ces forces sont au moins capables de prendre des gages territoriaux, c’est clair.” Une offensive éventuelle, qui dépendra de “l’intention” de la Russie.

Depuis le 1er janvier 2022, la France a pris la tête de la “Force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF)”, un dispositif d’alerte de l’Otan dont la plupart des 40.000 hommes sont français.

Davantage d’exercices ”à domicile”

La transformation engagée au Sahel va également permettre aux soldats de retrouver un rythme opérationnel plus normal, a noté le général Schill. En d’autres termes, passer moins de temps en opération et plus de temps ”à domicile”, à s’entraîner.

“Notre armée de terre est très engagée. On a environ 140 jours par an hors du domicile en moyenne, évalue le général Pierre Schill. J’estime que c’est un peu trop élevé, un niveau à 120 jours serait bon.” Une baisse qui ne devrait pas, selon lui, peser sur le moral des troupes.

“Le Sahel et le Mali, il est clair que cela a été l’opération symbolique de notre armée de terre au cours des dernières années, a reconnu le CEMAT. Une expérience opérationnelle extrêmement intéressante mais aussi extrêmement prenante.” Néanmoins, “ce n’est pas la quintessence de ce que l’armée de terre doit être capable de faire.”

“La possibilité d’un affrontement majeur qui avait disparu”

“Nous devons être capables de faire bien davantage, d’aller plus loin, et d’être éventuellement opposés à un adversaire qui serait à parité” dans un conflit majeur, dit de haute intensité.

“On observe une affirmation puissante et désinhibée de puissances, de pays, d’États, qui veulent développer leur puissance économique, sociale, normative, culturelle, mais aussi militaire, affirme le général. Et cette réalité pour nous ramène la possibilité d’un affrontement majeur qui avait disparu de notre continent depuis une trentaine d’années.”

Si cette option n’est “pas la plus probable”, elle est “la plus dangereuse” et l’armée de terre s’y prépare. “Les conflits commencent et se terminent au sol”, a rappelé le général Pierre Schill.

À voir également sur Le HuffPost : En patrouille avec les militaires de Barkhane au Mali

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    Au Mali, la junte expulse l'ambassadeur de France sur fond de tensions croissantes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 31 January, 2022 - 14:17

Sur fond de brouille entre Paris et Bamako, les autorités maliennes ont demandé à l

SAHEL - Les autorités maliennes, dominées par les militaires, ont décidé d’expulser l’ambassadeur de France, a annoncé la télévision d’Etat ce lundi 31 janvier. Une étape de plus dans la brouille qui oppose Bamako et Paris

“Le gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale que ce jour (...) l’ambassadeur de France à Bamako, son excellence Joël Meyer, a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale (et) qu’il lui a été notifié la décision du gouvernement qui l’invite à quitter le territoire national dans un délai de 72 heures”, a annoncé un communiqué lu par la télévision d’État.

Plus d’informations à suivre...

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