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    Avec les femmes afghanes contre l'obscurantisme - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 11 May - 08:46 · 3 minutes

David Martinon, Ambassadeur de France a publié quelques mots résumant avec justesse cette nouvelle situation: David Martinon, Ambassadeur de France a publié quelques mots résumant avec justesse cette nouvelle situation: "Pensée pour les Afghanes . Celles que j’ai connues sous la République, qui étaient ambitieuses et volontaires. Les mêmes dont les rêves et donc la vie sont désormais niés. La talibanisation du pays est presque achevée".

FEMMES - De manière tout à fait explicite, nous y sommes! Le 7 mai dernier, le chef suprême de l’ Afghanistan a ordonné aux femmes de son pays qu’en public, elles portent la Burqa. La violence sociale vient ainsi sceller un chemin dont nous devinions le terme, sans pour autant vraiment le dénoncer avec autant de force que cela aurait été nécessaire de le faire.

David Martinon, Ambassadeur de France a publié quelques mots résumant avec justesse cette nouvelle situation: “Pensée pour les Afghanes . Celles que j’ai connues sous la République, qui étaient ambitieuses et volontaires. Les mêmes dont les rêves et donc la vie sont désormais niés. La talibanisation du pays est presque achevée”. La seule once de “liberté” laissée aux femmes est la forme, la nature du voile intégral. Mais c’est bien ce voile intégral avec cette partie grillagée au niveau des yeux qui a la préférence des talibans. Cette partie grillagée qui renvoie à la très engagée chanson de Pierre Perret, “La femme grillagée3: 3Quand la femme est grillagée, Toutes les femmes sont outragées; Les hommes les ont rejetées dans l’obscurité”.

Une vie sociale emprisonnée

La vie sociale de ces femmes dont on connaît l’importance dans la capacité à “renverser” la table pour construire la modernité est véritablement emprisonnée. Ne pas sortir, ou uniquement lorsque cela est motivé par une raison impérieuse, voilà la règle! Les femmes sont de manière formelle maintenant privées de leurs libertés en tant qu’être humain. Et ce d’autant plus lorsqu’elles seraient en compagnie d’un homme n’appartenant pas à leur famille, afin d’éviter “toute provocation”.

Cette interprétation de la charia est une hérésie, l’islam n’exigeant pas le port d’un voile intégral. Ainsi, la violence des talibans s’est peu à peu installée en commençant par exclure les femmes des emplois publics, de l’école, mais aussi de la liberté de se déplacer. Cette violence à tous les étages et sous toutes ses formes a été installée de manière quelque peu perverse, faisant reposer l’application de ces nouvelles règles sur la famille et plus précisément le chef de famille. Le déshonneur et les punitions concerneraient donc les hommes qui sont mis en demeure de faire appliquer eux-mêmes ces violences sociales et de restrictions –pour ne pas dire de suppression, des libertés.

Quand la femme est grillagée, Toutes les femmes sont outragées; Les hommes les ont rejetées dans l’obscurité. Pierre Perret - La femme grillagée

Quel retour en arrière!

Les Afghanes avaient acquis de longue lutte des libertés liées au travail, à l’éducation, à une vie sociale plus conforme à ce que le sens de l’Histoire nous appelle. Pourront-elles, sauront-elles, se lever afin de faire respecter leurs droits et trouveront-elles des relais dans nos démocraties pour les aider en ce sens? Pouvons-nous regarder ailleurs lorsque l’essentiel est en jeu au niveau des droits humains?

Regarder ailleurs serait une manière lâche de hiérarchiser des combats qui ne souffrent d’aucune discussion possible. La défense des droits humains ne souffre d’aucune exception, n’a pas de frontière ni géographique ni culturelle. Elle est un combat pour ce que l’universalisme a de meilleur.

Aucun obscurantisme ou relativisme ne peut, ne doit prendre le pas sur ce que nous avons de plus précieux: les droits humains!

À voir également sur Le HuffPost: Afghanistan: des femmes aspergées de gaz pour avoir manifesté

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    En Afghanistan, la burqa devient obligatoire pour les femmes en public

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 7 May - 09:10 · 2 minutes

La burqa (ou tchadri) devient obligatoire dans l'espace public pour La burqa (ou tchadri) devient obligatoire dans l'espace public pour "les femmes qui ne sont ni trop jeunes ni trop vieilles".

AFGHANISTAN - Nouvelle mesure restrictive pour les femmes afghanes. Le chef suprême de l’ Afghanistan a ordonné ce samedi 7 mai que les Afghanes portent désormais en public la burqa , un voile intégral, imposant la plus sévère restriction à la liberté des femmes depuis le retour au pouvoir des talibans en août .

“Elles devraient porter un tchadri (autre nom de la burqa), car c’est traditionnel et respectueux”, indique ce décret signé par Hibatullah Akhundzada et rendu public samedi par le gouvernement taliban devant la presse à Kaboul.

“Les femmes qui ne sont ni trop jeunes ni trop vieilles devraient voiler leur visage quand elles font face à un homme qui n’est pas membre de leur famille”, pour éviter la provocation, ajoute ce décret. Si elles n’ont pas d’importante tâche à effectuer à l’extérieur, il est “mieux pour elles de rester à la maison”.

Les talibans avaient également imposé le port de la burqa lors de leur premier passage au pouvoir entre 1996 et 2001, marqué par une forte répression des droits des femmes, conformément à leur interprétation ultra-rigoriste de la charia, la loi islamique.

Des promesses non tenues

Après avoir pris le pouvoir à la mi-août, en mettant fin à vingt années d’occupation par les États-Unis et leurs alliés, qui les en avaient chassés en 2001, les talibans avaient promis de se montrer cette fois-ci plus souples.

Mais ils ont rapidement renié leurs promesses , érodant à nouveau progressivement les droits et balayant 20 années de liberté conquise par les femmes. Celles-ci sont désormais largement exclues des emplois publics et sont interdites de voyager seules .

En mars, les talibans ont fait refermer aux filles les lycées et collèges , quelques heures à peine après leur réouverture, annoncée de longue date. Cette volte-face inattendue, qui n’a pas été justifiée sinon pour dire que l’éducation des filles devait se faire en conformité avec la charia, a scandalisé la communauté internationale.

Avant cela, c’est le milieu du divertissement qui avait subi les nouvelles “directives religieuses” imposées par les talibans. “Les télévisions doivent éviter de montrer des feuilletons et séries à l’eau de rose dans lesquels des femmes ont joué”, indiquait en novembre 2021 un document du ministère à l’attention des médias.

À voir également sur Le HuffPost: En Afghanistan, des femmes aspergées de gaz poivré pour avoir manifesté

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    En Afghanistan, les femmes ne peuvent plus voyager seules en avion

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 28 March - 15:05 · 4 minutes

En Afghanistan, les femmes ne peuvent plus voyager seules en avion (Photo d

AFGHANISTAN - Encore moins de libertés pour les femmes Afghanes . Les talibans ont ordonné aux compagnies aériennes en Afghanistan de refuser d’embarquer des femmes si elles ne sont pas accompagnées d’un homme de leur famille, une nouvelle restriction aux libertés des Afghanes mises à mal en sept mois de gouvernance.

Depuis leur retour au pouvoir le 15 août dernier, les talibans ont progressivement balayé 20 ans de liberté conquise par les femmes, en dépit des promesses de se montrer plus souples que lors de leur premier régime (1996- 2001), quand les femmes étaient privées de presque tous leurs droits.

Ils ont rapidement exclu les Afghanes de nombreux emplois publics et ont contrôlé leur façon de s’habiller. Ils ont aussi arrêté et détenu des militantes - certaines pendant plusieurs semaines - qui avaient manifesté pour les droits des femmes .

Aucune femme autorisée à voyager seule

Dimanche 27 mars au soir, deux responsables des compagnies Ariana Afghan Airlines et Kam Air ont indiqué à l’AFP avoir reçu l’interdiction par les talibans de délivrer des billets aux femmes afghanes si elles ne sont pas accompagnées d’un homme de leur famille pour leur voyage.

“Aucune femme n’est autorisée à voler sur des vols intérieurs ou internationaux sans un parent masculin”, indique une lettre envoyée par un haut responsable d’Ariana Afghan Airlines au personnel de la compagnie, et dont l’AFP a obtenu copie.

Deux agents de voyage ont également confirmé à l’AFP avoir cessé de délivrer des billets aux femmes voulant voyager seules. Certaines “qui voyageaient sans un parent de sexe masculin n’ont pas été autorisées à embarquer sur un vol Kam Air de Kaboul à Islamabad vendredi”, a déclaré à l’AFP une passagère de ce vol.

La nouvelle directive ne devrait pas concerner les étrangères, même si des médias locaux ont rapporté le cas d’une Afghane disposant d’un passeport américain et qui a été empêchée de voler la semaine dernière.

Fin décembre, les fondamentalistes talibans avaient déjà interdit aux Afghanes d’ effectuer des voyages de plus de 72 kilomètres dans le pays si elles n’étaient pas accompagnées par un membre masculin de la famille.

Un “ordre de Dieu”

Cette nouvelle restriction intervient quelques jours après la décision des talibans de fermer les écoles secondaires pour les filles, juste après leur réouverture qui avait pourtant été annoncée de longue date. Des associations afghanes de défense des droits des femmes ont prévu de manifester si les talibans ne rouvraient pas ces écoles cette semaine.

La répression des femmes et des filles afghanes “n’est pas un substitut à la gouvernance” a réagi sur Twitter Rina Amiri, l’envoyée spéciale des États-Unis en Afghanistan. “Créez une culture d’espoir plutôt qu’une culture de peur”, a-t-elle lancé à l’adresse de talibans.

Une autre restriction a été annoncée dimanche par le redouté ministère de la Promotion de la vertu et de la prévention du vice: la séparation des femmes et des hommes dans les parcs publics de Kaboul, avec jours de visites imposés pour chaque sexe. Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis sont désormais réservés aux hommes et les dimanches, lundis et mardis aux femmes.

“Ce n’est pas un ordre de l’Emirat islamique mais l’ordre de notre Dieu que les hommes et les femmes sans lien de parenté ne se réunissent pas au même endroit”, a expliqué à l’AFP Mohammad Yahya Aref, un responsable du ministère.

Heather Barr, directrice adjointe de Human Rights Watch pour les droits des femmes, a qualifié ces restrictions d’“effrayantes”. “Chaque jour nous voyons l’étau se resserrer sur les femmes et les filles”, a-t-elle commenté à l’AFP. “Ils ont abandonné - du moins pour l’instant - tout effort pour parvenir à un accord avec la communauté internationale”, dont aucun pays n’a jusque-là reconnu le nouveau régime, a-t-elle ajouté.

Les médias pris pour cible

Les talibans semblent également avoir jeté leur dévolu sur les médias locaux, qui ont prospéré sous les régimes précédents, soutenus par les États-Unis.

Lundi, dans la province de Kandahar (Sud), les services de renseignement talibans ont perquisitionné quatre radios qui diffusaient de la musique, et interpellé six journalistes. Dimanche, les islamistes ont ordonné aux partenaires télévisuels afghans de la BBC de cesser de diffuser ses programmes.

“Étant donné que les chaînes de télévision étrangères sont diffusées depuis l’étranger, l’Émirat islamique n’a aucun accès pour contrôler leur contenu, notamment en ce qui concerne les tenues vestimentaires des journalistes”, a expliqué à l’AFP Inamullah Samangani, porte-parole des talibans. “Parfois, ils diffusaient également des contenus qui avaient des problèmes avec nos valeurs religieuses, la culture afghane et les intérêts de sécurité nationale”, a-t-il ajouté.

“Une autre mesure répressive contre le peuple afghan”, a dénoncé sur Twitter la mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan, au sujet de l’arrêt de ces programmes.

À voir également sur Le HuffPost: En Afghanistan, des femmes aspergées de gaz poivré pour avoir manifesté

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    En Afghanistan, le garçon tombé dans un puits est mort

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 18 February - 07:33 · 1 minute

En Afghanistan, le petit garçon tombé dans un puits n

AFGHANISTAN - Le garçon de cinq ans coincé depuis mardi dans un profond puits asséché dans le sud-est de l’Afghanistan est décédé, ont annoncé vendredi 18 février plusieurs responsables talibans .

L’enfant, prénommé Haidar, “nous a quittés à jamais”, a twitté Anas Haqqani, haut conseiller auprès du ministère de l’Intérieur. “C’est un nouveau jour de deuil et de chagrin pour notre pays”, a-t-il ajouté.

Ce drame survient quelques semaines après celui au Maroc . Le décès de Rayan, 5 ans, avait ému toute la planète.

Les secouristes ont atteint vendredi matin l’enfant, qui avait glissé au fond de ce puits en terre dans le village de Shokak, situé dans la province de Zabul, à environ 400 km au sud-ouest de la capitale Kaboul. Il était encore vivant à leur arrivée à ses côtés, mais sa situation n’était “pas bonne” et il devait ”être soigné sur place”, avait auparavant indiqué Ahmadullah Wasiq, un porte-parole adjoint du gouvernement taliban.

Haidar voulait aider les adultes

Le grand-père d’Haidar, Haji Abdul Hadi, 50 ans, a expliqué à l’AFP que ce dernier était tombé dans la cavité en voulant “aider” les adultes à forer un nouveau puits, dans ce village ravagé par la sècheresse.

Selon des sources officielles, l’enfant a glissé dans ce trou profond de 25 m, avant d’être tiré à l’aide d’une corde jusqu’à une profondeur d’une dizaine de mètres, où il s’est retrouvé coincé.

Les secouristes ont ouvert une grande tranchée oblique dans la terre avec des pelleteuses pour accéder à l’endroit où il était bloqué. Mais, contraints de procéder avec prudence à l’approche du puits, ils ont ensuite été ralentis dans leurs efforts par le terrain rocailleux.

À voir également sur Le HuffPost: Après le choc, le Maroc enterre le petit Rayan

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    Les talibans aident Charlotte Bellis, une femme enceinte empêchée de rentrer chez elle

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 30 January - 10:44 · 3 minutes

Charlotte Bellis est une Néozélandaise empêchée de rentrer dans son pays à cause du Covid alors qu

AFGHANISTAN - “Nous sommes heureux pour vous, vous pouvez venir et vous n’aurez pas de problème.” Enceinte et empêchée de rentrer chez elle en raison des restrictions draconiennes anti- Covid de son pays, la journaliste néo-zélandaise Charlotte Bellis a été accueillie par les talibans, a-t-elle raconté ce samedi 29 janvier.

“Je me suis sentie trahie” par la Nouvelle-Zélande, a affirmé Charlotte Bellis, lors d’un entretien à Radio New Zealand depuis Kaboul. Dans une lettre ouverte publiée par le New Zealand Herald , la journaliste, enceinte d’une fille et qui devrait accoucher en mai, a expliqué qu’elle travaillait pour la chaîne Al-Jazeera en Afghanistan, où elle suivait à l’époque le retrait des troupes américaines .

En rentrant à Doha en septembre, où se trouve le siège de ce média, elle a réalisé qu’elle attendait un enfant. “Un miracle”, pour celle à qui les médecins ont dit qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfant.

Comme il est interdit au Qatar d’être enceinte hors mariage, elle a gardé sa grossesse secrète tout en préparant son retour en Nouvelle-Zélande. Cependant, ce pays, qui a fermé ses frontières en mars 2020 en raison de la pandémie, ne laisse revenir ses propres ressortissants qu’au compte-gouttes.

Quand la journaliste a appris qu’elle ne pouvait bénéficier d’aucune dérogation pour rentrer, elle a appelé de hauts responsables talibans. Ces derniers lui ont alors proposé de venir accoucher dans leur pays, où est basé son conjoint, Jim Huylebroek, un photographe belge, qui travaille notamment pour le New York Times .

“Nous sommes heureux pour vous, vous pouvez venir et vous n’aurez pas de problème”, lui ont assuré les talibans, a-t-elle raconté dans une interview. Ils ont ajouté “ne vous inquiétez pas. Tout ira bien”, a-t-elle affirmé au New Zealand Herald .

La journaliste déplore que lorsqu’elle était “dans le besoin, le gouvernement néo-zélandais m’a dit que je n’étais pas la bienvenue”. “Quand les talibans offrent - à une femme enceinte et célibataire - l’asile, vous savez que vous êtes dans une situation difficile.”

La Nouvelle-Zélande rééxamine sa demande

Charlotte Bellis, qui avait déjà demandé aux talibans ce qu’ils feraient pour garantir les droits des femmes et des filles, a déclaré qu’il était “ironique” qu’elle pose désormais la même question à son propre gouvernement.

Après avoir fait état publiquement des problèmes qu’elle rencontrait et fait appel à des avocats, la journaliste a été contactée par les autorités néo-zélandaises qui lui ont dit que sa demande rejetée serait réexaminée.

Chris Hipkins, le ministre néo-zélandais en charge de la Lutte contre le Covid-19, a déclaré dans un communiqué qu’il avait demandé à des fonctionnaires de vérifier si toutes les procédures avaient été correctement suivies dans le cas de Charlotte Bellis, “qui semblait à première vue mériter des explications supplémentaires”.

À voir également sur Le HuffPost:Ce bébé perdu pendant le coup d’État des Talibans a retrouvé sa famille

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    Afghanistan: des femmes aspergées de gaz pour avoir manifesté

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 16 January - 15:21 · 2 minutes

AFGHANISTAN - Des talibans ont aspergé de gaz poivré un groupe de manifestantes à Kaboul ce dimanche 16 janvier, comme vous pouvez le constater dans notre vidéo en tête d’article. Elles réclamaient le droit au travail et à l’éducation.

Une vingtaine de femmes s’étaient rassemblées devant l’ Université de Kaboul, scandant ”égalité et justice” et portant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire “Droits des femmes, droits de l’homme”, a rapporté un correspondant de l’AFP. Elles réclamaient également la libération d’Alia Azizi . Cette policière responsable de la prison pour femmes de Herat, n’aurait plus donné signe de vie depuis quatre mois selon sa famille.

Les manifestantes gazées et menacées

Des combattants talibans sont arrivés sur les lieux du rassemblement à bord de plusieurs véhicules et ont dispersé le rassemblement.

“Quand nous étions près de l’Université de Kaboul, trois véhicules talibans sont arrivés, et les combattants de l’un des véhicules ont utilisé du spray au poivre sur nous”, a déclaré une manifestante, qui a demandé à ne pas être nommée pour des raisons de sécurité. “Mon œil droit a commencé à brûler. J’ai dit à l’un d’eux ‘honte à toi’, puis il a pointé son arme sur moi”.

Deux autres manifestantes ont déclaré qu’une des femmes avait dû être emmenée à l’hôpital, le gaz lui ayant causé une réaction allergique aux yeux et au visage.

Un correspondant de l’AFP a vu un taliban confisquer le téléphone portable d’un homme qui filmait la manifestation.

Depuis sa prise du pouvoir en août 2021 , le groupe islamiste intervient fréquemment pour disperser par la force les rassemblements réclamant des droits pour les femmes.

Les autorités talibanes ont aussi empêché les employées du secteur public de reprendre le travail, de nombreuses écoles secondaires n’ont toujours pas rouvert leurs portes aux filles et les universités publiques sont fermées. Les femmes ne peuvent plus non plus voyager loin si elles ne sont pas accompagnées d’un homme.

Les autorités ont également ordonné aux chaînes de télévision de ne pas diffuser de feuilletons mettant en scène des femmes.

À voir également sur Le HuffPost:Ce bébé perdu pendant le coup d’État des Talibans a retrouvé sa famille

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    En Afghanistan, ce bébé perdu pendant le coup d'État des Talibans a retrouvé sa famille

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 10 January - 16:08 · 4 minutes

AFGHANISTAN - Remis à un soldat américain, Sohail Ahmadi avait disparu le 19 août 2021 dans le chaos de l’évacuation de l’aéroport de Kaboul. Samedi 8 janvier, le bébé a retrouvé sa famille après cinq mois de séparation, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

Le nourrisson, alors âgé de deux mois, avait été tendu par son père à un soldat qui surplombait la foule paniquée par l’arrivée au pouvoir des talibans, lesquels venaient de s’emparer de la capitale afghane. L’image avait alors fait le tour du monde.

Sauvé par un chauffeur de taxi

Le père et l’enfant avaient été séparés. Malgré de longues recherches, impossible pour Mirza Ali Ahmadi de récupérer son bébé. C’est un chauffeur de taxi, Hamid Safi, qui l’a retrouvé, pleurant et abandonné sur le sol de l’aéroport.

“Je l’ai apporté à des femmes pour qu’elles l’allaitent”, sans succès. “J’ai continué à chercher sa famille”, jure le jeune homme de 29 ans qui s’était rendu à l’aéroport pour déposer son propre frère évacué. “J’ai alors appelé ma femme et elle m’a dit de ramener le bébé à la maison”.

Le couple assure avoir continué à chercher, sans succès, les parents de l’enfant. Ils l’ont alors nommé Mohammad Abed et ont commencé à l’élever. “Si nous n’avions pas trouvé sa famille, nous l’aurions protégé et élevé comme notre propre enfant”, poursuit Hamid Safi.

Pendant trois jours, le vrai père de Sohail avait cherché son fils dans l’aéroport bondé. En désespoir de cause, cet ancien agent de sécurité de l’ambassade américaine s’était envolé pour les États-Unis avec sa femme et leurs quatre autres enfants.

L’aéroport de Kaboul avait été pris d’assaut en août par des dizaines de milliers d’Afghans désireux à tout prix de quitter la ville en même temps que les dernières troupes américaines , comme vous pouvez le revoir dans notre sujet du 16 août 2021.

De nombreux Afghans craignaient le retour des islamistes au pouvoir, se remémorant leur régime cruel des années 1990 ou par peur de représailles visant les collaborateurs de l’ex-gouvernement ou des forces étrangères.

Retrouvé grâce aux réseaux sociaux

Ce n’est que la semaine dernière que la famille de Sohail a pu retrouver sa trace à Kaboul, aidée par les réseaux sociaux et la police.

“Mirza Ali et Suraya Ahmadi ont remis leur bébé de deux mois, Sohail, à un soldat américain à l’aéroport de Kaboul pour qu’il ne se fasse pas écraser dans la foule. Maintenant, ils sont aux États-Unis et Sohail est toujours porté disparu. Veuillez partager ceci en grand nombre.”

Le garçon a été confié à son grand-père, des séparations déchirantes pour le couple Safi et leurs trois filles.

“Je me sentais responsable de lui comme sa mère”, explique Fatimah Safi, 27 ans. “Il avait l’habitude de se réveiller souvent la nuit (...) Maintenant, quand je me réveille la nuit, il n’est pas là et cela me fait pleurer”.

“Je suis une mère. Je comprends qu’il ne sera pas toujours avec nous et qu’il a besoin de ses parents”, poursuit-elle. Son mari reconnaît que rendre le bébé était “très difficile”.

Dimanche, le grand-père de Sohail, Mirza Mohammad Qasemi, a invité la famille Safi dans sa maison de Kaboul pour passer un peu de temps avec l’enfant.

“Ils se sont occupés de lui pendant cinq mois et étaient très attachés à lui”, confie-t-il à l’AFP, ajoutant que les Safi ont été dans un premier temps réticents à rendre le bébé.

Bientôt aux États-Unis?

Mirza Mohammad Qasemi, qui avait lui aussi cherché son petit-fils, se dit maintenant excité à l’idée que Sohail puisse rejoindre ses parents aux États-Unis. Ceux-ci ont pris contact avec les autorités américaines, mais le processus pourrait toutefois être long.

“C’était difficile pour ma fille. Elle pleurait et ne mangeait rien”, précise le vieil homme, essuyant ses larmes et regardant Sohail dormir sur les cuisses de Fatimah. Jusqu’à ce que Sohail rejoigne ses parents, sa tante s’occupera de lui.

Au téléphone dimanche, son père ne cachait pas sa joie: “nous étions dans un triste état ces cinq derniers mois (...) Mais quand nous avons trouvé notre bébé, nous étions heureux que Dieu nous ait rendu notre enfant”.

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    En Afghanistan, les femmes victimes de violences abandonnées à leur sort

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 2 January - 12:36 · 4 minutes

FEMMES - Mariée à sept ans à un homme de 80, puis à un autre, Fatema* a enduré les viols, la faim et les coups jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus et tente de se suicider. Après une énième fuite, elle se cache aujourd’hui dans un des rares refuges pour femmes resté ouvert en Afghanistan depuis l’arrivée au pouvoir des talibans mi-août .

Les larmes aux yeux, la jeune femme de 22 ans a raconté à l’AFP les violences conjugales comme cette fois, à 10 ans, où “ma tête s’est écrasée contre un clou dans le mur et mon crâne a craqué”. “J’en suis presque morte”, ajoute-t-elle.

En Afghanistan, où traditions patriarcales, pauvreté et manque d’éducation freinent depuis des décennies les droits des femmes , 87% d’entre elles ont déjà vécu une forme de violence physique, sexuelle ou psychologique, selon l’ONU.

Sous l’ancien gouvernement, le pays de 38 millions d’habitants ne comptait que 24 refuges, quasiment tous financés par la communauté internationale et mal vus par une partie de la société. Déjà très imparfait, ce système de protection s’est effondré.

Si le refuge de Fatema ferme, elle n’aura nulle part où aller: son père est décédé, ses belles-familles souhaitent la tuer. Dans son foyer, une vingtaine d’autres survivantes se cachent de leurs anciens bourreaux, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus .

“Recommencer de zéro”

Sous couvert d’anonymat, la directrice d’une ONG raconte à l’AFP avoir suivi avec inquiétude la prise de contrôle progressive de l’Afghanistan par les talibans. Dans les provinces les plus instables, elle s’est préparée des mois à l’avance, renvoyant les pensionnaires le souhaitant dans leurs familles et en transférant d’autres.

Puis il a fallu, en panique, déplacer une centaine de femmes et d’employées vers Kaboul. Quand la capitale est tombée, les dernières sont retournées dans leurs familles, parties chez des amis ou avec le personnel. “Nous devons recommencer de zéro,” déplore la directrice, qui n’a pas encore obtenu l’autorisation de rouvrir ses refuges.

Les talibans assurent pourtant avoir changé . Fin novembre, le porte-parole du mouvement Suhail Shaheen a affirmé à Amnesty International que les femmes battues pouvaient saisir les tribunaux. Leur chef suprême, Hibatullah Akhundzada, a dénoncé en décembre les mariages forcés.

Les combattants islamistes ne se sont pas prononcés officiellement sur les refuges ni n’ont ordonné leur fermeture, offrant même leur protection à certaines ONG. Insuffisant pour rassurer celles-ci: la plupart ont fermé leurs centres.

Les talibans ont rendu plusieurs visites à celui hébergeant Fatema, laissant une impression mitigée et l’“avenir incertain”, selon une employée. Ils “disent que ce n’est pas un endroit sûr pour les femmes, que leur place est à la maison.”

Une autre est moins inquiète. Ils “sont venus, ont regardé les chambres, vérifié qu’il n’y avait pas d’hommes”, raconte-t-elle. “C’était bien mieux que ce à quoi nous nous attendions”. Selon plusieurs sources, certains centres officiellement fermés continuent à abriter des femmes n’ayant aucun point de chute.

“Quand la situation économique empire, les hommes sont sans travail, les cas de violence augmentent." une fonctionnaire de l’ancien ministère des Femmes

Menaces

Avant même la prise de Kaboul par les talibans, beaucoup de victimes ne savaient ni où, ni comment recevoir de l’aide et de graves manquements ont souvent été imputés aux institutions étatiques.

Zakia, menacée de mort par le père du mari qui la battait, se souvient que les employées du ministère des Femmes, chargé théoriquement de la protéger, “ne m’ont même pas écoutée et m’ont dit que ma situation n’était pas si mauvaise”.

Le ministère, fermé par les talibans , l’a accusée “de mentir”, raconte Mina, 17 ans, qui a fui à 15 ans avec sa petite-sœur un oncle violent. Mais le système restait vital. Désormais, de nombreuses femmes, mais aussi les employées des refuges, “risquent des violences et la mort”, selon Amnesty International.

Plusieurs employées disent avoir été menacées au téléphone par des talibans cherchant des membres de leurs familles. Une fonctionnaire de l’ancien ministère des Femmes raconte que des talibans ont tenté d’obtenir d’elle les adresses des refuges.

“Personne ne va s’occuper d’elles”

L’heure est d’autant plus critique que la situation s’aggrave. “Quand la situation économique empire, les hommes sont sans travail, les cas de violence augmentent”, décrit cette fonctionnaire.

Une inquiétude partagée par Alison Davidan, représentante d’ONU Femmes en Afghanistan: “La situation a probablement empiré (...) mais les services ont de façon générale diminué”, dit-elle, précisant que l’ONU négocie la réouverture de refuges.

C’est aussi la mission que s’est fixée Mahbouba Seraj, une figure centrale de la lutte pour les droits des Afghanes. Son refuge resté ouvert a été inspecté par les talibans qui l’ont “en quelque sorte laissé tranquille”.

Mahbouba Seraj souhaite continuer de discuter avec les islamistes, ayant l’espoir “qu’il va y avoir des changements”. Mais elle s’inquiète surtout pour les victimes qui ne se manifestent plus: “Personne ne va s’occuper d’elles”.

*le prénom des témoins a été changé

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