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    Les avocats d'Amber Heard demandent l'annulation du verdict

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 08:56 · 2 minutes

Amber Heard, ici au mois de mai 2022, au tribunal de Fairfax. Amber Heard, ici au mois de mai 2022, au tribunal de Fairfax.

JUSTICE - Les suites du procès de Johnny Depp et Amber Heard continuent. Ce vendredi 1er juillet, les avocats de l’actrice ont publié un document de 43 pages dans lequel ils demandent à ce que le verdict soit annulé car il ne serait pas, selon eux, étayé par suffisamment de preuves.

À l’issue de six semaines de débats, les sept jurés du tribunal de Fairfax, aux États-Unis, ont conclu le 1er juin que les ex-époux s’étaient mutuellement diffamés par voie de presse. Ils ont condamné l’actrice d’ Aquaman à verser plus de 10 millions de dollars de dommages et intérêts à la vedette de Pirates des Caraïbes , quand Johnny Depp n’a écopé que de 2 millions de dollars à verser à son ex-épouse.

Ce dernier poursuivait Amber Heard en diffamation, laquelle s’était décrite dans une tribune publiée par le Washington Post en 2018 comme “une personnalité publique représentant les violences conjugales”, sans nommer son ex-mari.

Il estimait notamment avoir perdu son rôle dans Pirates des Caraïbes à cause de ces allégations. Pour Elaine Bredehoft, l’avocate d’Amber Heard, c’est faux, précisant qu’il ne s’agit que d’une théorie.

Elle estime, de plus, qu’un des jurés n’a pas été conformément choisi. Sur un document du tribunal, il est indiqué que celui-ci est né en 1945. Or, un autre document publique permet d’affirmer qu’il est né en 1970. “Cette divergence soulève la question de savoir si le juré 15 a effectivement reçu une convocation pour être juré et s’il a été correctement contrôlé par la cour pour faire partie du jury”, souligne la motion.

Amber Heard “dévastée”

Dans un mail envoyé au site spécialisé Courthouse News , Ben Chew, l’avocat de Johnny Depp, a rejeté ce document, déclarant que “c’est exactement ce à quoi nous nous attendions”. “C’est juste plus long que prévu et ça n’apporte pas grand chose”, relève-t-il.

Peu après l’énoncé du verdict, le 1er juin dernier, Amber Heard s’était dite “dévastée par le fait que la montagne de preuves n’ait pas été suffisante pour faire face au pouvoir, à l’influence et à l’ascendant bien plus importants de [son] ex-mari”.

Le procès, ultra-médiatisé et diffusé en direct à la télévision, a révélé la vie privée peu reluisante des deux célébrités d’Hollywood, provoquant un déchaînement de messages insultants envers l’actrice de 36 ans sur les réseaux sociaux.

Amber Heard, qui a répété qu’elle ne blâmait pas le jury qui a donné raison à son ex-mari, a fait savoir qu’elle souhaitait faire appel à la fin du mois de juin. La juge Penney S. Azcarate l’a, elle, informée qu’elle devra d’abord verser une caution de 8,35 millions de dollars, assortie d’un intérêt annuel de 6 %, avant de pouvoir faire appel.

À voir également sur Le HuffPost : Procès Depp-Heard: la fin des plaidoiries avant le verdict

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    Après sa condamnation, Amber Heard n'en veut pas au jury du procès qui l'a opposée à Johnny Depp

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 14 June - 05:42 · 3 minutes

Amber Heard, le 1er juin 2022 Amber Heard, le 1er juin 2022

ÉTATS-UNIS - Près de deux semaines après l’issue du procès qui l’opposait à Johnny Depp , Amber Heard est revenue lors d’une interview accordée à la chaîne américaine NBC, ce lundi 13 juin, sur “la haine et le vitriol” dont elle a été la cible sur les réseaux sociaux. L’actrice assure toutefois qu’elle ne blâme pas le jury qui a donné raison à son ex-mari.

À l’issue de six semaines de débats, les sept jurés du tribunal de Fairfax, aux État-Unis, ont conclu le 1er juin que les ex-époux s’étaient mutuellement diffamés par voie de presse. Mais ils ont octroyé plus de 10 millions de dollars à la vedette de Pirates des Caraïbes , contre 2 millions seulement pour celle d’ Aquaman .

Déchaînement de messages insultants sur les réseaux sociaux

Le procès, ultra-médiatisé et diffusé en direct à la télévision, a révélé la vie privée peu reluisante des deux célébrités d’Hollywood, provoquant un déchaînement de messages insultants envers l’actrice de 36 ans sur les réseaux sociaux.

“Je suppose que les gens normaux ne connaissent pas” cette campagne d’insultes “et je ne le prends pas personnellement”, a-t-elle dit lors de sa première interview depuis le procès. “Mais même quelqu’un qui est certain que je mérite cette haine et ce vitriol, même s’il pense que je mens, il ne peut pas me regarder dans les yeux et me dire qu’il pense que le traitement était équitable sur les réseaux sociaux”, a-t-elle ajouté.

Johnny Depp poursuivait en diffamation son ex-femme, qui s’était décrite dans une tribune publiée par le Washington Post en 2018 comme “une personnalité publique représentant les violences conjugales”, sans nommer son ex-mari.

Il réclamait 50 millions de dollars en dommages et intérêts, estimant que la tribune avait détruit sa carrière et sa réputation. Amber Heard avait contre-attaqué et demandait le double. Selon son avocate, Elaine Bredehoft, l’actrice va faire appel du jugement.

Dans des extraits de l’interview, qui sera diffusée en entier vendredi, Amber Heard assure n’avoir pas pris la décision des jurés “personnellement”. “Comment auraient-ils pu prendre une décision, comment auraient-ils pu ne pas arriver à cette conclusion?”, s’est-elle demandé.

Johnny Depp “est un personnage adoré”

“Ils sont restés assis et ont entendu pendant trois semaines des témoignages incessants de personnes employées [par Johnny Depp], et vers la fin, de gens au hasard”, a-t-elle estimé. Assurant qu’elle ne les blâmait pas, elle dit “comprendre que c’est un personnage adoré, que les gens pensent connaître, c’est un acteur fantastique”.

Quand la journaliste qui lui faisait face a suggéré que les jurés ne devaient pas prendre ces éléments en compte, elle a répondu: “Comment pouvaient-ils, après avoir entendu pendant trois semaines que je n’étais pas crédible, croire un mot qui sortait de ma bouche?”

Peu après l’énoncé du verdict, le 1er juin dernier, Amber Heard s’était dite “dévastée par le fait que la montagne de preuves n’ait pas été suffisante pour faire face au pouvoir, à l’influence et à l’ascendant bien plus importants de [son] ex-mari”. Pour l’actrice, il s’agissait d’“un revers” pour les femmes victimes de violences conjugales.

À voir également sur Le HuffPost: Au procès Amber Heard contre Johnny Depp, la fin des plaidoiries avant le verdict

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    "TV", la nouvelle chanson de Billie Eilish, colle beaucoup à l'actu

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 9 June - 10:16 · 2 minutes

Billie Eilish, ici lors d'un concert en Allemagne, le 1er juin 2022. Billie Eilish, ici lors d'un concert en Allemagne, le 1er juin 2022.

MUSIQUE - Chaque nouvelle musique de Billie Eilish est un événement et ce n’est pas la dernière, qu’elle a dévoilée lors d’un concert organisé ce mardi 7 juin à Manchester, au Royaume-Uni, qui va déroger à la règle.

La chanteuse, qui n’avait pas interprété de nouveau morceau en live “depuis 2017 ou 2018”, explique qu’elle vient tout juste de l’écrire. Ça tombe sous le sens à l’écoute des paroles qui résonnent énormément avec plusieurs actualités aux États-Unis, pays dont elle est originaire et où elle vit.

Le titre qui s’intitule TV fait en effet référence à deux choses: le procès ultra-médiatisé qu’a été celui de Johnny Depp et Amber Heard, ainsi que la remise en question du droit à l’avortement . “The internet’s gone wild watching movie stars on trial, while they’re overturning Roe v. Wade” (en français, “Internet est devenu dingue en regardant des stars de cinéma en procès, pendant que des gens annulent l’arrêt Roe v. Wade”) , chante-t-elle, accompagnée d’une guitare acoustique.

Alors même que plusieurs centaines de personnes ont accueilli chaque matin Johnny Depp devant le tribunal, les passions se sont déchaînées sur les réseaux sociaux et notamment sur TikTok, où le hashtag #JusticeForJohnnyDepp a généré plus de 15,3 milliards de “vues”. Celui en faveur d’Amber Heard, quelque 8 millions.

L’hostilité à l’égard de l’ambassadrice de l’organisation des droits civiques ACLU a été très forte, les internautes accusant souvent l’actrice, moins connue que son ex-partenaire, de vouloir faire parler d’elle.

Le précédent à Austin

Comme le souffle Billie Eilish, au même moment, l’État de l’Oklahoma a interdit tout avortement “dès la fécondation”, devenant ainsi l’État le plus restrictif en la matière. Cela est intervenu un peu moins d’un mois après les révélations de Politico. Le site d’informations a dévoilé un brouillon inédit de 98 pages d’une décision de la Cour suprême menaçant de revenir sur l’arrêt historique de Roe V. Wade qui reconnaît le droit à l’avortement aux États-Unis.

Ce n’est pas la première fois que l’artiste de 20 ans prend la parole à ce sujet. Au mois d’octobre 2021, l’interprète de bad guy avait exprimé sur la scène du festival Austin City Limits ses réticences à l’idée de s’y produire. Austin se situe au Texas, un État qui interdit depuis l’année dernière aux femmes d’avorter dès que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles, c’est-à-dire à partir de six semaines de grossesse. Et ce, même en cas de viol ou d’inceste.

“Mais voilà, je me suis souvenue que c’est vous qui en êtes les victimes, et que vous méritez aussi de belles choses, concédait Billie Eilish. Et nous devons leur dire de fermer leur gueule.”

À voir également sur Le HuffPost : Aux États-Unis, des milliers de manifestants défilent pour le droit à l’avortement

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    Johnny Depp débarque sur TikTok pour remercier ses "soutiens précieux et inébranlables"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 7 June - 18:54 · 2 minutes

Johnny Depp débarque sur TikTok pour remercier ses Johnny Depp débarque sur TikTok pour remercier ses "soutiens précieux et inébranlables" (Johnny Depp lors du procès l'opposant à Amber Heard le 27 mai 2022 à Fairfax en Virginie. Par Steve Helber/Pool via REUTERS)

PEOPLE - Johnny Depp veut remercier ses fans pour le soutien qu’ils lui ont apporté tout au long du procès qui l’a opposé à son ex-compagne Amber Heard. Procès qu’il a remporté après six semaines de bataille acharnée le 1er juin. Lundi 6 juin, il a ainsi créé un compte Tik Tok pour pouvoir s’adresser à eux, ses “employeurs” comme ils les appellent dans son premier post sur le réseau social.

″À tous mes supporters chéris, loyaux et déterminés. Nous avons été partout ensemble, nous avons tout vu ensemble. Nous avons marché sur la même route ensemble”, a-t-il écrit en légende d’une vidéo montrant notamment la mobilisation de ses fans. Cette dernière était également disponible sur ses autres réseaux sociaux.

@johnnydepp

To all of my most treasured, loyal and unwavering supporters. We’ve been everywhere together, we have seen everything together. We have walked the same road together. We did the right thing together, all because you cared. And now, we will all move forward together. You are, as always, my employers and once again I am whittled down to no way to say thank you, other than just by saying thank you. So, thank you. My love & respect, JD

♬ Stranger - Love Joys

“Nous avons fait ce qui était juste ensemble (...) Et maintenant nous allons avancer ensemble. Vous êtes, depuis toujours, mes employeurs, et encore une fois ma seule façon de vous remercier, c’est de vous dire merci. Alors merci. Mon amour et mon respect. JD”, poursuit-il.

Johnny Depp en Haute-Savoie le 14 juillet

En moins de 24 heures, le compte de la star de Pirates de Caraïbes a été suivi par plus de 4,6 millions de personnes. Il faut dire que sur Tik Tok en particulier, le hashtag #JusticeForJohnnyDepp a généré plus de 20 milliards de vues pendant le procès, contre 86 millions pour le hashtag en soutien à Amber Heard.

Un nouveau pas sur les réseaux sociaux qui pourrait annoncer une volonté de revenir sur le devant de la scène et de relancer sa carrière au point mort . En attendant, Johnny Depp est attendu au casting de Jeanne du Barry de la réalisatrice française Maiwenn, dont une partie sera tournée au château de Versailles. Il y incarnera le roi Louis XV.

Avant cela, vous pourrez aussi le voir en chair et en os en Haute-Savoie le 14 juillet lors du festival de Guitare en Scène où il accompagnera le musicien Jeff Beck.

À voir également sur Le HuffPost: Johnny Depp fait le show au Royaume-Uni en attendant le verdict de son procès

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    Le procès Depp - Heard n'est qu'un détail dans le mouvement #metoo qui va revenir en force - LIFE

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 7 June - 15:00 · 6 minutes

La justice, la vraie, a tranché. Dans le même sens que les réseaux pour Depp, au terme d’un déballage gênant de détails de la vie privée dans un procès très filmé, commenté, épluché. Au détriment d’une Amber Heard moquée, scrutée, parodiée. C’est la première fois qu’on assiste sur une aussi longue durée, un mois, à un tel déferlement de haine. Avec des hashtags en armes de combat entre les Pro Depp et pro Heard. La justice, la vraie, a tranché. Dans le même sens que les réseaux pour Depp, au terme d’un déballage gênant de détails de la vie privée dans un procès très filmé, commenté, épluché. Au détriment d’une Amber Heard moquée, scrutée, parodiée. C’est la première fois qu’on assiste sur une aussi longue durée, un mois, à un tel déferlement de haine. Avec des hashtags en armes de combat entre les Pro Depp et pro Heard.

METOO - D’un côté la blonde. Perçue comme un peu fake. Apprêtée sobrement pour la circonstance, tirée à quatre épingles, les cheveux savamment lâchés avec classe, ou au contraire retenus en tresse autour de son visage de poupée un peu marqué. La maladroite et mal-aimée Amber Heard . De l’autre: la Star. Chewing-gum en bouche, attitude désinvolte, moqueuse, nonchalante, à de rares occasions émouvante, pas loin de son image dans “Le pirate des Caraïbes”. Celui que tout le monde a vu sur grand écran affublé de son épée, the bad boy roi de l’arnaque, a une image bien sympathique. C’est le flibustier Johnny Depp .

Pourtant, lors d’un précédent procès en 2020 en Angleterre contre le journal The Sun , il perdait en justice. Il l’attaquait le journal en diffamation pour l’avoir qualifié l’acteur de “batteur de femme” suite à de présumées violences conjugales. Dans une quasi-indifférence des réseaux sociaux.

Ce mois-ci, il poursuivait en justice Amber Heard aux États-Unis également pour diffamation en lui demandant 50 millions de dollars. Elle devra en verser théoriquement 10,35 dans les faits, avec un schéma compliqué où elle pourra récupérer 2 millions de dédommagement. Même si les deux sont considérées coupables d’avoir ruiné leur réputation réciproque, Depp remporte l’Award de la meilleure image.

Faut-il sortir d’un couvent et être irréprochable pour être crédible?

La justice des réseaux sociaux: hashtags en armes de combat

La justice, la vraie, a tranché. Dans le même sens que les réseaux pour Depp, au terme d’un déballage gênant de détails de la vie privée dans un procès très filmé, commenté, épluché. Au détriment d’une Amber Heard moquée, scrutée, parodiée. C’est la première fois qu’on assiste sur une aussi longue durée, un mois, à un tel déferlement de haine. Avec des hashtags en armes de combat entre les Pros Depp et pro Heard.

Lors des derniers jours du bras de fer entre les deux figures d’Hollywood, le #justiceforJonnhy aurait totalisé 12 milliards de vues. Celui de Amber Heard beaucoup moins. Sur TikTok, the hashtag #justiceforjohnnydepp a cumulé 7.5 milliards de vues, et #amberheardisaliar 1,2 milliard. Le hashtag consacré à l’actrice #justiceforamberheard , incluant les vidéos, a atteint 26 millions de vues selon le titre américain Insider du 5 mai.

Alors oui. Un homme peut être battu. Une femme se comporter en manipulatrice patentée. Elle peut aussi donner une gifle à son junkie de mari et se prendre une rouste en retour sans pouvoir le prouver devant les tribunaux. Faut-il sortir d’un couvent et être irréprochable pour être crédible? Mais il ne s’agit pas de rejuger l’affaire sur le fond, mais dans sa forme.

Rappelons à l’occasion que les procès seront également filmés bientôt en France. Les audiences de la justice civile, pénale, économique ou administrative pourront être enregistrées ou filmées “pour un motif d’intérêt public d’ordre pédagogique, informatif, culturel ou scientifique”, indiquait le ministère de la Justice fin septembre. Un projet dans les tuyaux. Ce qui arrive aux États-Unis depuis des années va débarquer dans l’Hexagone avec une différence de taille: ils seront retransmis ici après le jugement et pas en live. Pour éviter tout débordement.

Quel impact le verdict d’une telle affaire peut avoir sur la libération de la parole?

Le risque: les femmes victimes pourront être décrédibilisées, à l’image de Heard, cible de nombreuses attaques. Leur parole sera davantage mise en doute.

Avec ce revers qui voient les pros Johnny Depp exploser de joie et ceux de Amber Heard douter de la justice, les féministes s’interrogent et craignent un recul des droits des femmes. Amber Heard est l’objet de “remarques misogynes et de dénigrement qui ont un effet incontestablement désastreux sur l’objectif d’encourager les femmes à porter plainte contre des conjoints, ou tout simplement des personnalités publiques violentes “s’interroge Fatima Benomar sur son Facebook.

Si ce backlash ( contrecoup, répercussion, NDRL ) peut effrayer et faire craindre une mise en veille de la libération de la parole, et surtout de l’écoute, l’expérience #BalanceTonPorc en France montre que le contraire risque de se produire. Dans le procès balancetonporc, quand la première instance a conclu à une diffamation -avant que la cour d’Appel et de cassation ne déboute monsieur Brion qui m’avait attaquée pour avoir donné son nom dans un twitt, alors que je l’accusais de paroles déplacées- les femmes et victimes en général ont cessé de parler. Pour revenir de plus belle quelques semaines après le verdict, après le choc. Sous d’autres formes. Souvent de façon anonyme. Et bien plus violente qu’à découvert.

Les effets des précédentes prises de parole

C’est ainsi qu’est est né par exemple le -#balancetonagency pour dénoncer les abus dans le milieu de la publicité. Celui-ci a débouché sur des mises à pied chez Havas récemment et d’autres sanctions dans des agences moins connues. Mais cela a pris du temps deux ans de déferlement de témoignages. Puis, la fondatrice Anne Boistard, routarde de la pub, a désiré sortir de l’anonymat, après une très longue période d’hésitation. Le site #BalanceTonPorcOfficiel a été débordé de messages de femmes en colère qui cherchaient à défaut de pouvoir porter plainte un autre moyen de dénoncer.

Les affaires PPDA ont culminé aussi alors que #balancetonporc se prenait un revers judiciaire et que Florence Porcel, plaignante contre le célèbre journaliste, voyait sa première plainte classée sans suite. Les autres femmes qui ont eu à subir les avances et plus de PPDA se sont organisées à plusieurs pour peser davantage. Plus de vingt d’entre elles ont décidé de parler.

L’effet déception et colère ont, au lieu d’annihiler la parole, l’a décuplé. Avec ce procès Heard-Depp emblématique outre-Atlantique, les dénonciations risquent de se multiplier. Exactement l’inverse de l’effet escompté. Les femmes que l’on voudrait réduire au silence vont s’exprimer de plus belle.

Après avoir perdu cette manche, Amber Heard vient de l’annoncer: elle va faire appel. Revanche d’une blonde.

À voir également sur Le HuffPost: Les dessins de Johnny Depp à son procès ne sont pas passés inaperçus

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    Voici le vrai coût d'une plainte pour viol pour les femmes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 5 June - 05:15 · 8 minutes

“La réparation, qui n’est pas jamais certaine lorsqu’on porte plainte, loin s’en faut, n’est que l’aboutissement d’une longue procédure, rappelle Me Wehbe, coûteuse financièrement, psychiquement et parfois physiquement.” “La réparation, qui n’est pas jamais certaine lorsqu’on porte plainte, loin s’en faut, n’est que l’aboutissement d’une longue procédure, rappelle Me Wehbe, coûteuse financièrement, psychiquement et parfois physiquement.”

JUSTICE - L’une a porté plainte, l’autre non. Mediapart a dévoilé le 31 mai les témoignages vidéo de deux femmes qui accusent Damien Abad, l’actuel ministre des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées, de viol.

Leur parole montre que l’action de porter plainte pour violences sexuelles et sexistes est loin d’aller de soi. Dans ces affaires-là, les victimes présumées sont souvent soupçonnées par la personne mise en cause de porter plainte pour l’argent ou pour attirer l’attention. Le procès Depp-Heard l’a encore démontré .

“Pour se défendre d’une accusation, il est plus facile pour l’accusé de trouver un mobile à la victime supposée, comme des intentions crapuleuses et purement vénales”, souligne l’avocate à la Cour Agathe Wehbe, du cabinet Mulon Associés. Ce qui, pour l’avocate revient à “méconnaître le système judiciaire français et le déroulement d’une procédure pénale.” “La réparation, qui n’est pas jamais certaine lorsqu’on porte plainte, loin s’en faut, n’est que l’aboutissement d’une longue procédure, rappelle-t-elle au HuffPost , coûteuse financièrement, psychiquement et parfois physiquement.”

“Un parcours humiliant”

Pour Margaux, qui témoigne dans Mediapart , parvenir à porter plainte pour le viol qu’elle aurait subi a pris plusieurs années.

“Très souvent, je me suis retrouvée à ne pas réussir à franchir la porte du commissariat, raconte-t-elle. Parce que je voyais ce que ça entraînait ensuite: la lourdeur de déposer son récit, le fait de le redire, de devoir peut-être recroiser Damien, d’être en confrontation, de devoir le dire à mes proches.”

Pour elle, le fait de se considérer comme une “victime de viol” a été compliqué. “Je me suis beaucoup battue contre cette conception d’être une victime de viol, témoigne-t-elle auprès de la journaliste Marine Turchi. Parce que c’est dur d’être une adulte, féministe, forte, et de se dire: j’ai été violée. Je ne voulais pas.”

S’ajoute au préjudice initial que la victime aurait subi le coût psychique d’un procès, qui n’est “pas anodin”, selon l’avocate. “La durée de la procédure, la place périphérique et secondaire de la victime dans le procès pénal, l’accueil des policiers et magistrats parfois dénués d’empathie sont aussi autant d’épreuves qu’il faut être en capacité d’affronter”, affirme Me Agathe Wehbe.

Tout cela sans garantie de réparation du préjudice et alors que la personne mise en cause est toujours présumée innocente. Pour ces raisons, Chloé, seconde femme à accuser le ministre de viol, n’a pas porté plainte. “Le parcours judiciaire est un parcours de la combattante, extrêmement onéreux, humiliant. Raconter ces détails glauques, personne n’a envie de le faire”, explique-t-elle, visage caché, dans Mediapart .

“Le doute profite toujours à l’accusé”

Ce n’est que plusieurs années après les faits, en 2017, que Margaux parviendra à porter plainte, lorsqu’il était devenu “plus douloureux de vivre avec que de porter plainte”. “En déposant plainte, je pensais que le plus dur était de déposer plainte, souligne-t-elle. Ce n’est pas vrai: c’est après.”

Son dépôt de plainte aurait duré 6 heures, au “commissariat de quartier”. “Les gens se passaient l’information que c’était quelqu’un de connu, c’était horrible, raconte-t-elle. Et le lendemain matin j’ai reçu l’appel d’un journaliste. Donc ma plainte, extrêmement intime, a été en quelques heures divulguée.”

La plainte sera classée sans suite. Selon la plaignante, l’enquête aurait été “bâclée” et réalisée sur elle plutôt que sur Damien Abad. “Lorsque le mis en cause nie les faits, il faut que les déclarations de la victime soient corroborées d’éléments objectifs pour emporter l’intime conviction des juges, étaye Me Wehbe. Or, dans des cas de viols, souvent vieux de plusieurs années, il peut être très difficile de corroborer ses propos.”

Un argument qui pour Chloé, la seconde femme qui accuse le ministre de viol, a également pesé dans sa décision de ne pas déposer plainte. “J’ai un faisceau d’indices très important mais pas de preuves sur ce qui a pu se passer, alors pourquoi porter plainte?, interroge-t-elle. Pour voir la plainte être classée sans suite et qu’on puisse dire qu’il ne s’est rien passé?”

Car avant d’envisager toute réparation, encore faut-il que le mis en cause soit reconnu coupable. “L’institution judiciaire n’est pas du tout armée pour pouvoir juger ces affaires, s’insurge Chloé. Aujourd’hui, un classement sans suite dédouane complètement potentiellement un auteur de violences sexuelles, un violeur (...) Je suis sûre qu’il y a des juges de bonne volonté, mais ils n’ont pas les moyens de qualifier les viols et de condamner les violeurs.”

#OnNePortePasPlaintePourLargent

Lancé le 12 mai sur Twitter par la doctorante et militante féministe Marie Coquille-Chambel, accusée de “vivre de son viol” après la parution de son livre #MeTooThéâtre , le hashtag #OnNePortePasPlaintePourLargent avait pour but de dénoncer l’idée d’un “business des témoignages”.

“Les victimes de violences sexuelles qui portent plainte ne gagnent pas d’argent sur leur viol, écrivait-elle alors sur les réseaux sociaux. Se reconstruire coûte cher: frais de justice, frais de psy, déménagement, perte d’emploi, etc.”

Un dépôt de plainte peut engendrer des frais supplémentaires. “ll peut y avoir des frais d’avocats, mais ils sont très variables, nuance Me Wehbe. Selon les ressources de la personne, ils sont parfois pris en charge partiellement ou totalement par l’État dans le cadre de l’aide juridictionnelle.”

À ces frais peut aussi s’ajouter une éventuelle consignation, dont la somme est fixée par un juge au regard des ressources de la prétendue victime lorsqu’elle est seule à l’origine des poursuites. “Mes frais de justice s’élèvent à 7550 euros. J’ai obtenu 1500 de dommages et intérêts en 2021. Je ne suis pas devenue riche après avoir témoigné publiquement ”, décompte sur Twitter Marie Coquille-Chambel.

En effet, si au terme d’une procédure qui aura duré plusieurs mois minimum, l’accusé ou le prévenu est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, une condamnation à une réparation pécuniaire peut être prononcée.

“Son montant est fixé au regard des circonstances des faits et du préjudice subi par la victime, qui peut lui-même être quantifié par un nombre de jour d’ITT (incapacité totale de travail), détaille l’avocate Agathe Wehbe. Il est possible de solliciter en plus le paiement d’une somme distincte au titre des frais d’avocats, mais elle est généralement dérisoire et ne couvre pas l’intégralité des honoraires.”

Et ce n’est pas fini: encore faut-il que la victime recouvre ces sommes. “Si le coupable ne les règle pas spontanément, il faut recourir à un huissier, s’il est solvable, ajoute-t-elle. Or, pour cela, il faut avancer des frais d’huissiers, dont on ne sera parfois pas remboursé.” S’il n’est pas solvable, il faudra alors solliciter les fonds de garantie, au prix d’une nouvelle procédure, qui pourra engendrer là encore des frais d’avocat.

Alors, pourquoi porter plainte?

Alison Blondy, victime de viols et violences conjugales, fait partie des personnes n’ayant rien touché dans leur procédure, car son agresseur était insolvable. Vice-présidente de la Fédération nationale des victimes de féminicides (FNVF), elle constate : “Je vois beaucoup de victimes qui arrêtent les procédures faute de moyens” , témoignait-elle début mai dans L’Humanité .

“Ne portez pas plainte. Surtout pas le jour des faits. Surtout pas contre Luc Besson. Ça y est. J’ai compris”, écrivait Sand Van Roy après la confirmation en appel du non-lieu dans le cadre des accusations de viol visant le réalisateur. On peut en effet se demander quel intérêt peuvent trouver les victimes présumées à porter plainte dans ce contexte.

Ce mercredi 1er juin, lors d’un procès sur-médiatisé pour violences conjugales, l’actrice Amber Heard a été reconnue coupable de diffamation envers Johnny Depp et à lui verser 15 millions de dollars de dommages-intérêts.

“On est très inquiets, en tant que collectif, des répercussions de ce verdict pour l’écoute de la parole des victimes”, explique Maëlle Noir, membre de la coordination nationale du collectif Nous Toutes, contactée par Le HuffPost.

On pense que ce verdict apprend aux femmes victimes que dénoncer les violences, ça a un prix -dans le cas de ce procès, 15 millions de dollars- et ça donne comme signal que dénoncer les faits de violence ça ne vaut pas le coup et qu’il vaut mieux se taire”, poursuit-elle.

Or, la parole des victimes doit continuer à exister. C’est la raison pour laquelle Margaux et Chloé, qui accusent Damien Abad de viol, ont tout de même tenu à rendre leurs témoignages publics. Avec l’espoir que d’autres émergent.

“Une seule plainte, un seul témoignage, ça ne suffit presque jamais, regrette  Chloé. Malheureusement, c’est le nombre qui fait de plus en plus foi.”

À voir également sur Le HuffPost : Abad, Darmanin... La colère féministe contre le “gouvernement de la honte”

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    Après le procès Johnny Depp-Amber Heard, le message fort de l'instigatrice de #MeToo

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 3 June - 09:13 · 3 minutes

Tarana Burke, ici au mois d'octobre 2020. Tarana Burke, ici au mois d'octobre 2020.

VIOLENCES - Non, le verdict du procès de Johnny Depp et Amber Heard ne va pas mettre fin au mouvement #MeToo . C’est celle qui l’a lancé, l’Américaine Tarana Burke, qui l’assure, ce jeudi 2 juin, dans un long et fort message partagé sur son compte Twitter.

“Le mouvement #MeToo n’est pas mort. C’est le système qui l’est”, écrit la militante de 48 ans en introduction. Originaire de New York, Tarana Burke, qui a commencé sa carrière en tant qu’éducatrice, a été propulsée en Une des médias en 2017 et a reçu une multitude d’honneurs, dont celui de faire partie des personnalités de l’année du Time . Les mots qu’elle emploie ce jeudi ne sont pas anodins, ils font référence aux nombreux dépités qui ont suivi l’annonce du verdict.

Ce mercredi, les sept jurés ont reconnu Amber Heard coupable de diffamation pour avoir dénoncé dans une tribune du Washington Post , en 2018, les violences conjugales dont elle disait avoir été victime. Elle a été condamnée à payer des millions de dollars à son ex-compagnon, lui-même reconnu coupable de diffamation.

“Quand vous avez le verdict que vous désirez, vous dites que ‘le mouvement fonctionne’. Quand ce n’est pas le cas, il est mort, continue Tarana Burke. Quand Weinstein est allé en prison, on a entendu des ‘#MeToo a gagné‘. Quand Cosby est rentré chez lui, c’était plutôt: ‘Quel coup dur, #MeToo a perdu’.”

“On est un mouvement”

Elle poursuit: “Entre-temps, des millions de personnes qui n’avaient jamais pu prononcer les mots ‘ça m’est arrivé’ ont libéré la honte, une honte qu’elles n’avaient pas à porter. Nous avons aussi élaboré le premier programme politique du pays créé uniquement avec des survivantes et, pour la première fois depuis qu’Anita Hill a pris la parole il y a trente ans, nous avons eu un dialogue à l’échelle national sur la question du harcèlement sexuel, mais aussi sur l’ensemble des violences sexuelles dans ce pays. À cela s’ajoutent les diverses lois et politiques adoptées.”

Tarana Burke est persuadée d’une chose. “Ce mouvement est bel et bien VIVANT, écrit-elle en lettres majuscules. Vous voulez tous jouer au ping-pong et faire n’importe quoi de ce hashtag parce qu’il ne signifie rien pour vous. Vous essayez de le tuer tous les mois. Mais ce hashtag signifie quelque chose pour des millions et des millions de personnes.”

D’après elle, #MeToo est synonyme de liberté. “Il signifie la communauté. C’est la sécurité. C’est le pouvoir. Vous ne pouvez pas nous tuer. On est au-delà du hashtag. On est un mouvement”, conclut Tarana Burke.

L’impact du verdict

Son message est porteur d’espoirs, mais n’efface pas les craintes des féministes à l’égard du verdict qui risque de décourager les victimes de violences sexuelles à les dénoncer ou porter plainte. “On est très inquiets, en tant que collectif, des répercussions de ce verdict pour l’écoute de la parole des victimes”, a expliqué Maëlle Noir, membre de la coordination nationale du collectif Nous Toutes, dans cet article du HuffPost .

Selon cette dernière, “ce verdict apprend aux femmes victimes que dénoncer les violences, ça a un prix -dans le cas de ce procès, 15 millions de dollars- et ça donne comme signal que dénoncer les faits de violence ça ne vaut pas le coup et qu’il vaut mieux se taire.”

Un point de vue partagé par la première concernée, Amber Heard. Sur Instagram, elle a déclarée être “encore plus déçue par ce que ce verdict signifie pour les autres femmes”. “C’est un revers, déplore l’actrice. C’est un retour à une époque où les femmes qui prennent la parole publiquement sont humiliées.”

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    Le verdict du procès Amber Heard-Johnny Depp aura des conséquences sur les victimes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 2 June - 13:49 · 6 minutes

“Je suis encore plus déçue par ce que ce verdict signifie pour les autres femmes. C’est un revers. C’est un retour à une époque où les femmes qui prennent la parole publiquement sont humiliées. Cela remet en cause l’idée que la violence envers les femmes doit être prise au sérieux”, a souligné Amber Heard. “Je suis encore plus déçue par ce que ce verdict signifie pour les autres femmes. C’est un revers. C’est un retour à une époque où les femmes qui prennent la parole publiquement sont humiliées. Cela remet en cause l’idée que la violence envers les femmes doit être prise au sérieux”, a souligné Amber Heard.

JUSTICE - Le verdict du procès qui opposait Amber Heard à son ex-mari Johnny Depp est tombé. Et, si les deux protagonistes du procès ont été déclarés coupables , celui-ci est clairement favorable à l’acteur de Pirates des Caraïbes . Mercredi 1er juin, les sept jurés se sont en effet accordés sur la somme de 15 millions de dommages et intérêts à payer à Johnny Depp, et 2 millions à Amber Heard.

À l’issue de l’audience, l’actrice américaine s’est dite “dévastée” . Et s’est tout de suite exprimé sur l’impact que cette décision pourrait avoir à l’avenir sur les victimes de violences sexuelles . “Je suis encore plus déçue par ce que ce verdict signifie pour les autres femmes. C’est un revers. C’est un retour à une époque où les femmes qui prennent la parole publiquement sont humiliées. Cela remet en cause l’idée que la violence envers les femmes doit être prise au sérieux”, a-t-elle souligné sur Instagram. Sans évoquer le mouvement #MeToo , l’actrice émet ici l’idée qu’il s’agit d’un coup d’arrêt dans cet élan de libération de la parole.

Au cours de ce long et dense procès, suivi dans le monde comme une saga judiciaire, au fil des témoignages et accusations de plus en plus glaçantes d’un côté comme de l’autre, Amber Heard a été considérée comme la grande méchante de cette histoire, et la cible d’attaques violentes sur les réseaux sociaux, ce qui ne sera certainement pas sans conséquence sur les victimes.

“Dénoncer les violences a un prix”

“On est très inquiets, en tant que collectif, des répercussions de ce verdict pour l’écoute de la parole des victimes”, explique Maëlle Noir, membre de la coordination nationale du collectif Nous Toutes, contactée par Le HuffPost . “O n pense que ce verdict apprend aux femmes victimes que dénoncer les violences, ça a un prix -dans le cas de ce procès, 15 millions de dollars- et ça donne comme signal que dénoncer les faits de violence ça ne vaut pas le coup et qu’il vaut mieux se taire”, poursuit-elle.

Au-delà du verdict très favorable à Johnny Depp, les réactions et le traitement réservés à Amber Heard tout au long du procès envoyaient déjà un très mauvais signal aux victimes. Chaque geste, regard, comportement, mot de l’actrice a été décortiqué et commenté. Sur TikTok, un deuxième procès s’est tenu, et les jurés-internautes étaient majoritairement des soutiens de Johnny Depp: 12,4 milliards de vues pour le hashtag #JusticeForJohhnyDepp et 1,9 milliard pour #AmberTurd (“AmberMerde”), notait Le Monde le 19 mai dernier. Les blagues de mauvais goût et les surnoms en tout genre -drama queen, folle, menteuse, etc.- y ont aussi côtoyé les menaces de mort.

“Débauche de haine misogyne”

Pour Maëlle Noir, tout ceci montre que “les femmes sont déclarées perdantes avant même le début d’un procès, encore plus quand il est médiatisé”. Ce qui s’est passé sur les réseaux sociaux est selon elle “dangereux pour les victimes de violences sexuelles. #MeToo a pris comme stratégie de nommer les violences sur les réseaux, et là on a vu un renversement de cet usage pour verrouiller les récits et décourager la dénonciation des faits”, indique-t-elle.

Rose Lamy, interrogée par Le Monde , y voit même “l’organisation massive de la sphère masculiniste (...) On sait que des milliers de robots et de faux comptes ont probablement été créés pour influencer l’opinion des réseaux. Ce qui semble se jouer ici c’est une sorte de vengeance ‘haineuse’ d’une catégorie d’hommes qui se sent menacée par les avancées du mouvement #metoo, qui n’osent pas en parler en public auprès de leurs amis, au travail”, estime l’autrice de Défaire le discours sexiste dans les médias .

À ce titre, Sandrine Rousseau a estimé ce jeudi 2 juin qu’il s’agissait d’une “débauche de haine misogyne sur les réseaux sociaux” et qu’elle continuerait à soutenir Amber Heard.

Autre enseignement de ce procès: le fait que l’on puisse encore considérer qu’il existe de “bonnes” et de “mauvaises” victimes. Amber Heard entrant évidemment dans la deuxième catégorie. Elle n’a en effet pas coché la case du “mythe de la victime idéale, qui doit se montrer fragile, incapable de parler en son nom”, poursuit la coordinatrice de Nous Toutes.

“Freiner les femmes à porter plainte”

Ces messages ne seront certainement jamais lus par Johnny Depp, mais ils le seront par les victimes de violences sexuelles ou celles qui pourraient le devenir, ce qui ne sera probablement pas dans conséquences sur la manière dont elles agiront pour se défendre. “O n est persuadée que ça va freiner les femmes à porter plainte en France”, affirme Maëlle Noir.

Sans même parler de porter plainte, ce verdict pourrait-il amener certaines femmes à se taire? “L’effet potentiel sur les victimes, qui vont ajouter tout cela à leurs réflexions: est-ce que je parle de mon expérience? Est-ce que je le déclare? Est-ce que j’en parle publiquement?, est glaçant”, estime pour le HuffPost UK Jennifer Becker, directrice de Legal Momentum, un fond de défense pour les femmes.

Pour Rose Lamy, ce procès aura des conséquences “dramatiques sur les victimes de violences sexistes qui assistent à l’humiliation publique d’Amber Heard”, souligne-t-elle pour BFMTV .

Quant à Maëlle Noir, elle estime qu’il s’agit d’un coup d’arrêt pour #MeToo, et même plus encore. “C’est complètement rétrograde par rapport à tous les combats que les féministes ont menés depuis des années. Et même Amber Heard doit comprendre la triple peine de ce verdict: la violence subie; la peine de se faire humilier sur les réseaux sociaux et de voir sa parole décrédibilisée; et la peine de se rendre compte que le fait d’avoir pris la parole aura des conséquences sur les femmes qui étaient peut-être sur le point de prendre leur courage à deux mains”.

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