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    Élisabeth Borne dédie sa nomination aux "petite filles", un hommage incontournable

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 16:19 · 4 minutes

EGALITE - Lors de la passation de pouvoir avec Jean Castex, ce lundi 16 mai, la Première ministre Élisabeth Borne a dédié sa nomination à toutes les petites filles”, les encourageant à “aller au bout de (leurs) rêves” . “Rien ne doit freiner le combat pour la place des femmes dans notre société”, a ajouté celle qui est seulement la deuxième femme à occuper ce poste après Edith Cresson entre mai 1991 et avril 1992.

Un hommage fort et émouvant aux générations qui suivront qui est également devenu depuis plusieurs années presque un incontournable des discours de femmes nommées à des postes de pouvoir.

L’idée de vouloir inspirer ou encourager celles qui suivront et in fine d’incarner une forme de “rôle-modèle” pour les “petites filles” a souvent été une formule utilisée dans les domaines du sport ou de la culture. En plus évidemment d’être aussi au coeur des mouvements féministe. Mais elle ne s’y cantonne plus.

Si Elisabeth Borne est certainement la première femme politique française à l’exprimer aussi clairement, elle suit les traces de femmes de pouvoir des pays anglo-saxons. Sans surprise puisque la notion de “role model” ou “rôle modèle” a été définie par le sociologue américian Robert K. Merton.

Ainsi, en 2016, quand Theresa May succède à David Cameron au 10 Downing Street à Londres, elle reçoit la visite de la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon. L’occasion pour les deux femmes de poser en photo. Un cliché qui sera ensuite partagé par l’Ecossaise sur sur Twitter avec cette légense: “Politique mise à part - J’espère que les filles du monde entier regardent cette photo et pensent que rien ne devrait leur être interdit”.

Passage de témoin entre Clinton et Harris

Autre message peut-être plus connu et allant en ce sens, celui d’Hillary Clinton, au lendemain de sa défaite face à Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2016. Elle rappelait alors: “A toutes les petites filles qui regardent... Ne doutez jamais que vous êtes précieuses et puissantes et que vous méritez toutes les chances et opportunités du monde”.

Quatre ans plus tard, quand Kamala Harris devient la première femme noire vice-présidente, elle emprunte à son tour quelques-uns des mots d’Hillary Clinton en promettant: “Je suis peut-être la première femme dans ce bureau, je ne serai pas la dernière, car chaque petite fille qui regarde ce soir voit que c’est un pays de possibilités”.

Autant de formules similaires également utilisées par Lori Lighfoot, première maire noire et lesbienne élue à la tête de Chicago en 2019, ou Nan Whaley première femme démocrate à candidater au poste de gouverneure dans l’Ohio en 2022.

Incarnation incantatoire

Si la formule a pris du poids c’est parce qu’elle permet à la fois d’incarner en soi une forme de changement et de prendre à témoin les générations futures pour les exhorter d’en faire autant. “Les modèles d’identification sont importants pour tout le monde, enfant ou adulte, car notre personnalité se construit en partie par rapport à nos interactions avec notre environnement social (famille, amis), professionnel, mais aussi, culturel”, expliquait par ailleurs récemment, Véronique Barfety, psychologue clinicienne au CHU Lille, sur Le HuffPost.

Un concept d’incarnation qui a pris du poids au fur et à mesure des années. En 2011 , quand Christine Lagarde devient la première femme à diriger le FMI, le concept du ”rôle-modèle” prend doucement. “Je sais que certaines personnes me regardent comme un rôle modèle, que certaines jeunes femmes me regardent et s’inspirent. Personnellement, je n’ai pas envie de me gargariser avec cette idée. Mais c’est cette vieille idée de Sartre, que nous ne sommes nous qu’aux yeux des autres. C’est une responsabilité”, disait-elle à l’époque tout en poussant pour toujours plus d’égalité. Plus de dix ans plus tard, celle qui est désormais à la tête de la BCE n’a plus aucun mal à assumer ce “rôle modèle”.

Au moment de la nomination de Christine Lagarde, Angela Merkel est à la tête du gouvernement allemand depuis déjà cinq ans. La chancelière considérée comme la femme la plus puissante du monde a pourtant régulièrement minimisé la portée de sa carrière en tant que femme . Une forme de cécité symbolique qui lui sera d’ailleurs également reprochée.

En reconnaissant la portée de sa nomination ce lundi Elisabeth Borne a, elle, marqué le coup, mais de quoi s’épargner les prochains. “C’est un événement parce que la France est ce qu’elle est, que la classe politique est ce qu’elle est, a rappelé Edith Cresson avant d’ajouter: C’est une fonction difficile où l’on est sans cesse critiqué, pas seulement par les adversaires politiques, mais aussi par la presse, je suis sûre qu’elle saura faire face aux difficultés qu’elle risque de rencontrer”.

A voir également sur Le HuffPost: Les 3 questions que soulève la nomination d’Élisabeth Borne à Matignon

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    Après Boutcha, Angela Merkel "assume" sa décision de 2008 sur l'Ukraine

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 4 April - 16:35 · 2 minutes

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lors du sommet de l Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lors du sommet de l'Otan en 2008 lors duquel l'adhésion de l'Ukraine avait été rejetée.

INTERNATIONAL - Presque silencieuse depuis le début de la guerre en Ukraine, Angela Merkel s’est exprimée pour la première fois ce lundi 4 avril. L’ex-chancelière a répondu -par la voix de sa porte-parole- aux critiques de l’actuel président ukrainien Volodymyr Zelensky . Celle qui a quitté la politique fin 2021, affirme, dans une courte déclaration publiée par sa porte-parole, qu’elle “assume ses décisions du sommet de l’Otan de 2008 à Bucarest”.

Dans un message vidéo dimanche soir, Volodymyr Zelensky avait dénoncé le “refus caché”, en 2008, de l’Otan d’accueillir l’Ukraine en son sein à cause de la “peur absurde de certains responsables politiques à l’égard” de Moscou. Ces derniers “pensaient qu’en rejetant l’Ukraine, ils pouvaient apaiser la Russie”, a critiqué le chef de l’État.

Volodymyr Zelensky a suggéré à Angela Merkel ainsi qu’à Nicolas Sarkozy de se rendre à Boutcha , ville au nord-ouest de Kiev récemment reprise par les Ukrainiens, où de nombreux civils ont été tués. “J’invite Madame Merkel et Monsieur Sarkozy à visiter Boutcha et à voir à quoi la politique de concessions envers la Russie a abouti”, a lancé  le président ukrainien.

Merkel martèle son “plein soutien” à l’Ukraine

“Compte tenu des atrocités découvertes à Boutcha et dans d’autres endroits en Ukraine, tous les efforts du gouvernement et de la communauté internationale pour se tenir au côté de l’Ukraine et mettre fin à la barbarie et à la guerre de la Russie contre l’Ukraine bénéficient du plein soutien de l’ancienne chancelière”, répond la porte-parole d’Angela Merkel dans son message.

La chancelière, restée à la tête de l’Allemagne durant 16 ans, se voit aujourd’hui reprocher d’avoir manqué de fermeté face au président Vladimir Poutine et dans sa politique à l’égard de la Russie, y compris par son propre camp. La dirigeante conservatrice est aussi critiquée pour avoir rendu l’Allemagne dépendante du gaz russe qui représentait avant la guerre plus de la moitié des importations du pays.

Au sommet de l’Otan à Bucarest, en avril 2008, l’Allemagne s’était prononcée contre le lancement du processus d’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie , position partagée par le président Sarkozy, estimant qu’il ne s’agissait pas de démocraties assez stables.

“Nous ne blâmons pas l’Occident. Nous ne blâmons personne d’autre que les militaires russes (...) et ceux qui leur ont donné des ordres”, a cependant ajouté Volodymyr Zelensky dans son message dimanche soir. Les Occidentaux ont appelé lundi à enquêter sur les “crimes de guerre” imputés aux soldats russes dans la région de Kiev, démentis en bloc par Moscou mais qualifiés de “génocide” par l’Ukraine.

À voir également sur le HuffPost : Depuis Boutcha, Volodymyr Zelensky dénonce “un génocide”

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    À la retraite, Angela Merkel va écrire ses mémoires pour expliquer ses choix

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 10 December - 14:50 · 2 minutes

Le 8 décembre, Angela Merkel a été remplacée par Olaf Scholz à la tête de l

ALLEMAGNE - Un nouveau chapitre qui s’ouvre. Angela Merkel, qui a quitté le pouvoir mercredi 8 décembre après 16 années aux commandes de l’Allemagne , va désormais écrire ses mémoires politiques. Une tâche destinée à “expliquer ses principales décisions”, a révélé ce vendredi 10 sa proche conseillère Beate Baumann qui mène ce projet avec l’ex-chancelière.

“La chancelière ne veut pas raconter toute sa vie. Elle veut expliquer ses principales décisions politiques avec ses propres mots et en se référant à son parcours”, explique dans l’hebdomadaire Der Spiegel Beate Baumann , cheffe de bureau d’Angela Merkel entre 2005 et son départ définitif .

Les deux femmes, qui travaillent ensemble depuis près de 30 ans, co-écrivent ce livre qui n’a pas encore d’éditeur. Le projet d’écriture est censé durer deux ou trois ans, selon la conseillère.

Vers un retour à la politique?

Ces mémoires politiques seront bel et bien l’oeuvre d’Angela Merkel et de Beate Baumann. “La chancelière et moi en sommes tout à fait certaines: si nous devions faire ce livre, nous le ferions seules, c’est-à-dire sans ‘ ghostwriter ’ (comprendre prête-plume en français, ndlr ), sans historien, sans journaliste”.

Angela Merkel, 67 ans, a passé le relais mercredi au nouveau chancelier Olaf Scholz . Écartant à ce stade toute nouvelle responsabilité politique, y compris à l’échelle européenne, l’ex-chancelière, dont la popularité reste au zénith, est demeurée mystérieuse sur ses futures activités.

Sa priorité, elle l’a répété à plusieurs reprises: faire une pause après 30 ans de carrière politique. Néanmoins, rares sont les prédécesseurs d’Angela Merkel restés longtemps désoeuvrés. Helmut Schmidt, après avoir quitté la chancellerie en 1982, est devenu coéditeur de l’hebdomadaire de référence Die Zeit . Helmut Kohl et Gerhard Schröder ont su faire fructifier leur expérience, le premier en créant une société de conseil, le second à travers des missions de lobbyiste dont une fonction controversée de président du conseil d’administration du géant pétrolier russe Rosneft.

Ailleurs dans le monde, d’anciens dirigeants d’envergure, comme Barack Obama ou Jacques Chirac, ont eux aussi publié leurs mémoires, souvent devenus des best-sellers de l’édition.

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    Olaf Scholz remplace Angela Merkel: que va-t-elle devenir?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 8 December - 14:43 · 2 minutes

Angela Merkel, ici en 2015, quitte le pouvoir après 16 ans comme chancelière allemande.

ALLEMAGNE - Après 16 années à la chancellerie, il est l’heure de quitter le pouvoir pour Angela Merkel . Mais alors que son successeur Olaf Scholz vient d’être élu chancelier par le Parlement allemand ce mercredi 8 décembre, le futur de celle qui a souvent été qualifiée de “femme la plus puissante du monde” reste encore bien flou.

Pendant des années, Angela Merkel n’a jamais voulu évoquer son retrait du pouvoir, et ce alors même qu’elle a annoncé qu’elle ne se représenterait pas dès 2018. Va-t-elle comme Gerhard Schröder , chancelier de 1998 à 2005, rejoindre le milieu des lobbies? Va-t-elle écrire ses mémoires comme Helmut Kohl , son mentor et chancelier de 1982 à 1998?

Depuis cet été, Angela Merkel lève (partiellement) le voile sur ce qu’elle compte faire une fois arrivée à la retraite: se reposer et laisser la responsabilité des affaires publiques à son successeur. “Et je pense que je vais beaucoup aimé cette situation”, a-t-elle souligné lors d’une visite à Washington en juillet.

Elle a ensuite évoqué, non sans humour, qu’elle allait “essayer de lire quelque chose”. “Puis mes yeux se fermeront parce que je serai fatiguée, ensuite je dormirai un peu, et nous verrons ce qu’il adviendra”, a-t-elle déclaré.

“J’ai décidé que je ne ferai rien pour commencer”

En septembre dernier, elle s’est un peu plus épanchée sur sa future vie: “Je n’ai jamais eu un jour travaillé normal et... je me suis naturellement arrêtée de me demander ce qui m’intéressait le plus en dehors de la politique.” “J’ai atteint l’âge de 67 ans, je n’ai pas un temps indéfini devant moi, a-t-elle poursuivi. Cela signifie que je veux réfléchir attentivement à ce que je veux faire dans la prochaine phase de ma vie.”

“Est-ce que je veux écrire, parler, faire de la randonnée, rester à la maison, voir le monde? J’ai décidé que je ne ferai rien pour commencer, puis je verrai ce je ferrai ensuite”, a-t-elle répété.

Le jardinage pourrait être l’un de ses passe-temps. En 2013, elle avait avoué au magazine Bunte qu’elle aimait beaucoup jardiner le dimanche, notamment planter des pommes de terre. Mais serait-ce suffisant pour cette femme qui a vécu 16 années à la tête d’un État comme l’Allemagne? En septembre, lorsque l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie l’a invitée dans son pays, elle a répondu qu’il serait possible qu’elle voyage dans des pays africains. Ou ira-t-elle dans les Rocheuses aux États-Unis, son rêve, comme elle l’avait déclaré au Spiegel ?

En tout cas, avec une retraite de 15.000 euros par mois -ce qui n’a pas manqué d’attirer les critiques- et un staff de neuf personnes à temps-plein, peu de chance qu’Angela Merkel reste oisive.

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    Qui est Olaf Scholz, successeur d'Angela Merkel en Allemagne

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 8 December - 10:29 · 3 minutes

ALLEMAGNE - L’ère Merkel , qui aura duré 16 ans, est terminée. Deux mois et demi après les élections en Allemagne, le social-démocrate Olaf Scholz est devenu chancelier ce mercredi 8 décembre, faisant revenir le centre-gauche au pouvoir.

Son élection comme neuvième chancelier de l’Allemagne d’après-guerre était attendue car le Parti social-démocrate (SPD), arrivé en tête aux législatives du 26 septembre , dispose d’une confortable majorité (206 sièges), avec ses deux nouveaux partenaires de coalition, les Verts (118 sièges) et les libéraux du FDP (92). Il lui faut 369 voix pour être élu.

Son nouveau gouvernement allemand comptera par ailleurs pour la première fois autant de femmes que d’hommes et celles-ci occuperont des postes-clés comme l’Intérieur ou la Défense, a déjà annoncé, lundi, le futur chancelier.

Le HuffPost vous donne - dans la vidéo en tête d’article - ci-dessous cinq infos à connaître sur Olaf Scholz.

Olaf Scholz, briscard de la politique

Le ministre des Finances et vice-chancelier sortant est un homme d’expérience. Encarté depuis ses 17 ans au Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), il s’investit très tôt dans l’activité politique dans son fief de Hambourg. Dans le civil, il devient avocat spécialisé dans le droit du Travail et est élu député pour la première fois au niveau fédéral en 1998, à 40 ans.

Olaf Scholz est marié à une femme politique, Britta Ernst, également membre du SPD et native de Hambourg. Elle est ministre de l’Éducation et de la Jeunesse à Brandebourg. Ils n’ont pas d’enfant, un point commun avec Angela Merkel .

Olaf Schultz, “l’automate”

Régulièrement moqué pour son allure austère et ses discours débités d’un ton automatique , les Allemands lui donnent le surnom de “Scholzomat”. Un jeu de mots entre son nom de famille et le mot “automate”.

L’homme de 63 ans s’en est défendu lors d’une interview télévisée: “Tout d’abord, j’ai des émotions. Et la plupart des citoyens ont une idée claire de ce qu’elles sont. Je suis candidat pour être chancelier, pas pour diriger un cirque.”

Dans les pas d’Angela Merkel?

Autre surnom trouvé par les médias, “Vati”, qui veut dire “papa” en allemand, en référence au célèbre sobriquet d’Angela Merkel , “Mutti”, “maman”. Le candidat a joué de ses similitudes avec la chancelière, l’une de ses affiches de campagne avait même pour slogan: “Il peut devenir chancelière”.

Le centriste du SPD était allé jusqu’à imiter la gestuelle d’Angela Merkel, en s’affichant à la une d’un magazine en positionnant ses mains en losange ( voir la photo ci-dessus ).

Les propositions de Scholz

Olaf Scholz a été ministre du Travail et des Affaires sociales entre 2007 et 2009 dans le premier gouvernement de Merkel, où il avait développé le chômage partiel et instauré un salaire minimum par branche salariale.

Durant cette campagne, il a promis une augmentation du salaire minium allemand. Actuellement à 9,60 euros bruts, il propose de l’augmenter à 12 euros. Il envisage également un impôt sur la fortune.

Les casseroles d’Olaf

Celui qui assure “rire plus souvent que les gens ne pensent”, a aussi été rattrapé en fin de campagne par une affaire de blanchiment d’argent . Olaf Scholz a dû s’expliquer devant la commission des finances concernant les négligences de l’unité de lutte contre le blanchiment d’argent, dépendante de son ministère, sans grave conséquence dans les sondages.

Son administration a également été critiquée pour son absence de vigilance l’an dernier lors de la faillite de la société Wirecard, le plus gros scandale financier de l’après-guerre dans le pays. Olaf Scholz avait là aussi dû répondre aux questions des parlementaires.

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    Angela Merkel quitte le pouvoir en Allemagne avec un bilan qu'elle n'aurait pas imaginé

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 8 December - 08:05 · 7 minutes

Le 10 septembre 2015, Angela Merkel est photographiée avec le réfugié syrien Anas Modamani. Dans une Allemagne en ébullition qui accueille alors des cohortes de Syriens, d

ALLEMAGNE - Clap de fin. Ce mercredi 8 décembre, deux mois après la victoire du SPD aux élections fédérales, Olaf Scholz va devenir le nouveau chancelier allemand en succédant à Angela Merkel . En seize ans au pouvoir, l’emblématique chancelière allemande a été là où l’on ne l’attendait pas forcément, et laisse à terme un bilan surprenant.

En annonçant fin novembre sa première mesure , le gouvernement intronisé ce mercredi a surpris. Les objectifs affichés étaient bien différents de ceux d’Angela Merkel devant le Bundestag à Berlin, lors de son intronisation le 30 novembre 2015: “Nous voulons créer les conditions pour que l’Allemagne soit dans le top 3 en Europe dans 10 ans”, avait déclaré la nouvelle chancelière .

Elle n’aura pas eu dix ans, mais presque seize pour mener à bien ses missions. C’est chose faite, au moins en partie. “Si l’objectif était de faire de l’Allemagne une puissance plus forte, avec un chômage plus bas, oui elle l’a atteint, même si elle a surtout bénéficié des réformes de son prédécesseur”, analyse pour Le HuffPost Paul Maurice, chercheur au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l’Institut français des relations internationales.

En revanche, l’Allemagne l’a attendue en vain sur une grande réforme économique et sociale, jamais arrivée. Mais Angela Merkel a été là où on ne l’attendait pas: parfois par stratégie politique, parfois par pragmatisme, parfois peut-être aussi simplement par humanité.

Merkel la stratège: le nucléaire et le mariage pour tous

Angela Merkel est entrée dans l’arène politique en 1990, en même temps que les premières élections de l’Allemagne réunifiée. Aussi, lorsqu’en 2011 elle doit gérer la panique ambiante après la catastrophe nucléaire de Fukushima , elle a déjà vingt et un ans d’expérience politique derrière elle. Il lui faudra bien ça pour réussir à tirer profit d’une décision à rebours de ses positions antérieures: faire sortir l’Allemagne du nucléaire au 31 décembre 2022.

En 2002, Angela Merkel fait partie de ceux qui critiquent la décision de Gerhard Schröder de renoncer progressivement à cette énergie. En septembre 2010, elle fait prolonger la durée de vie des centrales allemandes, ce qui satisfait son parti la CDU (Union chrétienne-démocrate d’Allemagne), plutôt favorable à l’atome.

Six mois plus tard, le 11 mars 2011, Fukushima. En Allemagne, l’inquiétude est palpable. Merkel rassure pendant trois jours. Avant de nuancer sa position, puis de changer radicalement d’avis. Les manifestations qui se sont enchaînées y sont pour quelque chose, mais pas seulement. Angela Merkel et son camp sont conscients de la montée des Verts et de l’enjeu électoral qui se profile derrière la sortie du nucléaire. La même année, l’arrivée des écologistes dans le gouvernement du Land de Bade-Wurtemberg, conservateur et acquis jusqu’alors sans partage à la CDU, est perçue comme un “camouflet” et alerte la Chancellerie, explique Paul Maurice.

″Angela Merkel se rend compte que si elle ne fait rien pour les questions écologiques et environnementales, elle laisse un espace ouvert pour les Verts qui risquent de monter en puissance.” L’affaire sera rondement menée: le 30 juin, le Bundestag vote la proposition de loi du gouvernement qui acte la fin du nucléaire en Allemagne.

Merkel la stratège est encore plus visible derrière une autre réforme marquante de son mandat: le mariage pour tous . La loi votée en 2017 a pu l’être après la porte ouverte par Angela Merkel... qui a elle-même voté contre.

“C’est une stratégie politique très claire. Elle a mis la loi à l’ordre du Bundestag lors de la dernière session du Parlement en juin 2017, juste avant les élections en septembre. Le SPD et les Verts avaient pour objectif de faire de cette thématique un thème de campagne pour se positionner et se démarquer de la CDU sur ces questions”, explique Paul Maurice. Angela Merkel leur a donc grillé la politesse, tout en ménageant son propre parti conservateur avec son vote contre.

Merkel la pragmatique: la mutualisation de la dette

La politique budgétaire d’Angela Merkel aurait pu se résumer en un mot: la rigueur, la rigueur et encore la rigueur, au point de sanctionner les mauvais élèves de la zone euro. La Grèce en a fait les frais en 2012. Mais la pandémie de coronavirus aura eu raison de cette doctrine économique. Angela Merkel est contrainte de revoir sa position et de soutenir l’idée d’une dette commune.

“C’est vraiment un revirement de la part de l’Allemagne, certes sous pression française et européenne et avec la médiation de Von der Leyen. Merkel l’accepte par pragmatisme”, selon le spécialiste de l’Allemagne Paul Maurice.

Pour la chancelière, il y a plusieurs enjeux: il faut bien sûr limiter la casse économique post-pandémie, mais il s’agit également de ne pas fracturer un peu plus l’UE, surtout pas au détriment du couple franco-allemand. La France est un ardent défenseur du projet, l’Allemagne finit par rejoindre le bateau . “C’était aussi une manière de montrer que l’Allemagne avait un peu tiré les leçons de la crise de 2012, et qu’elle ne pensait pas seulement à ses intérêts, mais à ceux de l’Europe”, ajoute Paul Maurice.

Merkel l’humaine: la crise des réfugiés

“Si on regarde d’une manière générale, je pense que ce qu’on retiendra d’elle, la chose peut-être la plus marquante, c’est l’accueil des réfugiés” en 2015, estime Paul Maurice.

En août de cette année-là, Angela Merkel se dit prête à accueillir une grande partie des milliers de personnes qui errent sur les routes de l’Europe, après avoir fui la Syrie pour une grande partie d’entre eux. “Wir schaffen das!” (“On y arrivera!”), martèle la chancelière.

Le choix est risqué pour son électorat conservateur de la CDU et plus encore celui de la CSU bavaroise, plus à droite. Mais Angela Merkel y va. “Elle a fait le pari que l’opinion allait se mobiliser, ce qui s’est en grande partie réalisé”. Il y a également la nécessité de respecter la ligne de conduite européenne dont l’Allemagne est (veut être) le fer de lance, sans oublier un aspect très “pragmatique”: “l’Allemagne est un pays vieillissant et donc a aussi besoin d’une main-d’œuvre importante”, rappelle Paul Maurice. Mais la décision de la chancelière a aussi pu lui être dictée par humanité. Elle-même a employé le terme , alors qu’elle était interrogée quelques années plus tard pour savoir si elle regrettait son choix.

“On dit souvent que c’est sa décision la plus sincère, la plus réfléchie et la plus humaniste. Cela s’explique peut-être par sa formation, le fait qu’elle vienne de l’Est de l’Allemagne et qu’elle comprend peut-être plus que d’autres responsables politiques le fait de fuir son pays pour des raisons politiques,  sociales et/ou économiques. Peut-être aussi que cela s’explique en partie par son humanisme chrétien, son éducation protestante, dans l’accueil des autres… Tout cela a pu aussi jouer”, analyse Paul Maurice.

Après seize ans aux commandes de l’Allemagne, Angela Merkel peut donc se réjouir de laisser un pays en meilleure santé économique, et avec des progrès notables sur les questions sociétales. Son bilan n’est cependant pas sans tâche et pêche particulièrement sur les questions environnementales . Les Verts, membres du nouveau gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD et les libéraux du FDP, auront sans doute à cœur d’y remédier. L’une de leurs premières mesures concerne d’ailleurs la sortie du charbon anticipée à l’horizon 2030, huit ans avant la date butoir.

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    Merkel choisit une chanson punk de Nina Hagen pour sa cérémonie d'adieu

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 2 December - 10:14 · 2 minutes

Angela Merkel, ici le 29 octobre 2021, va quitter le pouvoir après 16 ans à la chancellerie en Allemagne.

INTERNATIONAL - Angela Merkel, une punk? La chancelière allemande s’apprête à dire définitivement adieu ce jeudi 2 décembre après 16 années au pouvoir. Comme ses prédécesseurs, elle a droit à une cérémonie militaire pour laquelle elle a choisi trois morceaux que l’ orchestre jouera. Parmi ces morceaux: la chanson Du Hast den Farbfilm vergessen (Tu as oublié la pellicule de couleur) de l’artiste punk Nina Hagen.

Ce choix intrigue tant il diffère des classiques choisis par les chanceliers avant elle, comme Gerhard Schröder qui avait opté pour My Way de Frank Sinatra ou Helmut Kohl qui avait pris l’ Ode à la joie de Beethoven.

Le titre de Nina Hagen avait été un hit en 1974 en Allemagne, notamment à l’Est d’où sont originaires la chanteuse (qui a ensuite émigré à l’Ouest) et la chancelière. En effet, l’Allemagne était alors encore divisée en deux des suites de la seconde guerre mondiale et de la guerre froide. “En choisissant une chanson que beaucoup beuglent à la table de la cuisine lors des anniversaires à chiffre rond de l’oncle de la famille, la chancelière témoigne une fois de plus de la finesse de son humour”, analyse le Taggespiegel .

Hommage à la RDA

Mais selon le quotidien, c’est surtout un moyen de mettre en avant ses origines de République démocratique allemande qu’elle a peu mises en avant pendant ses années à la chancellerie. “En choisissant cette chanson, certes connue dans tout le pays, mais considérée comme un trésor culturel par seulement une partie de la population, elle prouve aux Allemands de l’ex-RDA qu’elle est bien des leurs”, estime le Tagesspiegel .

Des commentateurs, dont le Guardian se fait l’écho, rappellent aussi que la chanson est une critique cachée du régime de RDA où tout était “noir et blanc”, terne, en opposition à la RFA où tout semblait plein de couleurs, de modernité, d’abondance.

D’autres analystes veulent eux y voir une attaque contre les hommes: Nina Hagen reproche à son petit ami tête en l’air d’avoir oublié la pellicule de couleur, Angela Merkel dénoncent-elles les hommes qui ont travaillé avec elle?

Les deux autres musiques choisies par Angela Merkel sont Für mich soll’s rote Rosen regnen ( Il devrait pleuvoir des roses pour moi ) de Hildegard Knef le cantique œcuménique Grosser Gott, wir loben Dich ( Dieu saint, nous louons ton nom) , peut-être en référence à son père pasteur.

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    Légaliser le cannabis en Allemagne, première mesure du gouvernement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 24 November - 15:39 · 3 minutes

Le 1 août 2009, une manifestation pour la légalisation du cannabis à Berlin

ALLEMAGNE - Une entrée en matière stupéfiante. Ce mercredi 24 novembre, l’Allemagne s’est dotée d’un gouvernement près de deux mois après les élections législatives. Au pouvoir, une coalition “feu tricolore” avec les Verts, les libéraux (jaune) et les sociaux-démocrates (rouge) sous la houlette d’Olaf Scholz. Leur première annonce? La légalisation du cannabis.

Après des élections législatives marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur d’ Angela Merkel , le social-démocrate Olaf Scholz va devenir le prochain chancelier de la première économie européenne, dans une alliance inédite avec les Verts et le parti libéral du FDP.

Trois ministères clés ont été accordés à ces deux formations. Pour les Verts, les Affaires étrangères et un vaste ministère de la Protection du Climat et de l’Économie, tandis que le FDP sera aux manettes des Finances. Les noms des titulaires n’ont pas encore été annoncés, mais certains sont déjà pressentis: Annalena Baerbock, candidate malheureuse des Verts à la chancellerie, à la diplomatie; Christian Lindner, dirigeant du FBP, sur la bourse et le co-président écologiste Robert Habeck, diplômé en philosophie et écrivain à succès, pour l’environnement.

Les trois formations ont conclu un “contrat” de coalition intitulé “Oser plus de progrès. Alliance pour la liberté, la justice et la durabilité” et qui fait la part belle à la protection de l’environnement, avec notamment une sortie du charbon anticipée à 2030, contre 2038 auparavant. Autre mesure annoncée dans la foulée: leur volonté de légaliser le cannabis.

Un pas de plus après le cannabis thérapeutique

L’Allemagne avait déjà donné son feu vert en 2017 au cannabis à usage thérapeutique. La légalisation s’inscrit donc comme un pas supplémentaire.

“Nous introduisons la distribution contrôlée de cannabis aux adultes à des fins de consommation dans des magasins agréés”, annonce le contrat de gouvernement présenté par les trois partis de la coalition.

Cette mini-révolution dans le pays “permettra de contrôler la qualité, d’empêcher la transmission de substances contaminées et de garantir la protection de la jeunesse”, précise le document, ajoutant que “l’impact social de la loi” serait évalué après quatre ans.

La nouvelle coalition entre sociaux-démocrates, Verts et libéraux veut aussi développer les opérations de “drug-checking”, destinées à vérifier que les drogues ne sont pas coupées avec d’autres substances.

Parmi les autres mesures phares, que le nouvel attelage inédit au pouvoir en Allemagne, veut mettre en oeuvre figurent notamment le retour à la rigueur budgétaire dès 2023.

La fin de 16 ans de Merkel

Olaf Scholz, 63 ans, qui doit être investi chancelier début décembre par les députés du Bundestag, doit maintenant présenter cet accord devant la presse. L’Allemagne tournera alors la page des années Merkel, celle-ci n’assurant plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois.

Fruit d’un compromis, le “contrat de coalition” entre les trois partis définit toutes les réformes économiques, environnementales, sociétales que le prochain gouvernement, à la composition bientôt connue, mettra en oeuvre.

Il a été mis au point en un temps record: après des discussions exploratoires, sociaux-démocrates, Verts et libéraux étaient entrés dans le vif du sujet le 21 octobre avec la constitution de plus d’une vingtaine de groupes de travail.

Le soir même des élections, tous avaient manifesté leur volonté d’aller vite pour ne pas répéter le scénario de 2017 quand Angela Merkel avait mis plus de cinq mois à constituer son gouvernement, paralysant l’Europe.

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