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    Alain Ferrandi, condamné dans l'affaire Érignac en appelle à Emmanuel Macron

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 23 October - 14:13 · 4 minutes

La place Claude Érignac a été inaugurée en 2018, à Ajaccio.

JUSTICE - Après plusieurs vaines tentatives pour interpeller sur son sort, Alain Ferrandi s’adresse cette fois directement à Emmanuel Macron. Le prisonnier corse, condamné perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Érignac en 1998, a écrit vendredi 22 octobre au chef de l’État pour contester les refus essuyés après des demandes de rapprochement dans une prison corse . Il indique au passage qu’il va déposer une nouvelle demande.

“Incarcéré le 25 mai 1999, je subis, y compris depuis la fin de ma période de sûreté, le 25 mai 2017, un traitement inhumain et dégradant, digne de prisonniers politiques dans des régimes condamnés par la France (...)”, écrit Alain Ferrandi dans cette lettre ouverte au président de la République publiée en intégralité par Corse Matin .

“Monsieur le Président de la République, le sang a coulé, le chemin du pardon est long quand la mémoire vit, mais la France a su aussi au travers de l’histoire récente, dépasser la vengeance et incarner ce qu’elle proclame inlassablement… les droits de l’Homme”, poursuit le détenu qui annonce le dépôt d’une nouvelle demande de radiation du répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS). Pour lui “l’inscription ne se justifie plus à l’aune de (so)n parcours de détention” et doit lui permettre de se “rapprocher des (s)iens”. La levée de ce statut est nécessaire pour tout rapprochement dans l’île qui ne compte aucune prison apte à accueillir ce type de détenus.

Les politiques corses dénoncent une “discrimination”

La question du transfert de détenus corse vers l’île de Beauté est un sujet sensible depuis plusieurs années. Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, lui aussi condamné à la perpétuité dans ce dossier, contestent inlassablement le rejet de leurs demandes de rapprochement dans une prison corse, qu’ils jugent “discriminatoire” et synonymes de “vengeance d’État”.

Le dossier a de nouveau suscité nombre de réactions notamment en Corse après le refus le 7 octobre de la cour d’appel de Paris d’accorder un aménagement de peine à Pierre Alessandri. En juillet le tribunal d’application des peines antiterroriste (Tapat) avait pourtant décidé de le placer en semi-liberté à la prison de Borgo (Haute-Corse) à compter d’août 2021, avant une éventuelle libération conditionnelle en 2023.

Femu a Corsica, le parti autonomiste du président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni, a dénoncé la décision, affirmant qu’elle “démontre que l’État français, dans toutes ses composantes, continue de mettre en oeuvre une logique de vengeance et de conflit, au détriment de la logique de justice et de réconciliation”. Il souhaite l’organisation d’“une large mobilisation populaire”.

Le parti indépendantiste radical Core in Fronte dénonce également cette décision comme une “vengeance d’Etat”, de même que l’association de défense des prisonniers corses Sulidarita, qui appelle à “lutter quotidiennement” pour Pierre Alessandri et l’ensemble des prisonniers corses.

Pas de “vengeance de l’Etat”, selon Castex

Interrogé à l’Assemblée nationale mardi 19 octobre, le Premier ministre Jean Castex a balayé l’idée d’une “vengeance de l’Etat”, faisant remarquer que le centre pénitentiaire de Borgo ou la maison d’arrêt d’Ajaccio n’ont pas les moyens d’accueillir des DPS.

Vendredi, l’Assemblée de Corse a elle voté à l’unanimité une résolution solennelle demandant le “rapprochement immédiat” dans une prison insulaire d’Alain Ferrandi, Pierre Alessandri et Yvan Colonna.

Et samedi, les avocats d’Alain Ferrandi, Me Françoise Davideau et Me Corine de Bernardi ont écrit aux quatre députés corses pour leur demander d’oeuvrer en faveur de “la création d’une commission d’enquête parlementaire” sur les DPS en France.

De son côté, Emmanuel Macron, lors d’une visite en Corse en 2018 pour l’inauguration de la place Érignac à Ajaccio, a écarté définitivement toute loi d’amnistie concernant les terroristes corses, une des revendications des nationalistes.

À voir également sur Le HuffPost: Le discours d’Emmanuel Macron pour le 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort

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    Après la décapitation d'une femme à Agde, ce que l'on sait du suspect

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 15 October - 12:54 · 1 minute

Une femme de 77 ans a été retrouvée décapitée chez elle le 13 octobre 2021, à Agde (image d

FAITS DIVERS - Un meurtre sordide. Une septuagénaire a été retrouvée décapitée dans sa maison de la station balnéaire d’Agde, dans l’Hérault , mercredi. Ce jeudi 14 octobre, un suspect qui la “connaissait” a été placé en garde à vue pour “ assassinat ”, compte tenu des éléments qui tendent à soutenir la thèse de la préméditation.

Au fil des heures, le profil de ce suspect, un homme de 51 ans, se précise. Selon les informations d’ Europe 1 et de BFMTV , il serait un ancien boxeur professionnel et ex-candidat du Front national (FN, devenu Rassemblement national ) à des élections locales en 2015. D’après Europe 1, il avait été candidat du FN à l’occasion des municipales à Hautmont, dans les Hauts-de-France.

Cet homme aurait été condamné à trois mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour avoir inscrit sur sa liste une personne qui ne souhaitait pas y figurer. Il serait aussi connu pour avoir des troubles neurologiques, ajoute BFMTV.

Le suspect travaillait chez la victime

Selon des voisins interrogés par la chaîne d’informations en continu, l’homme réalisait de petits travaux tels que le taillage des haies chez la septuagénaire, une ancienne institutrice veuve depuis deux ans. Cette dernière n’était pas connue de l’autorité judiciaire et le commissariat d’Agde n’avait recueilli ces dernières années aucune plainte émanant d’elle, a précisé le procureur de Béziers Raphaël Balland.

Le cadavre de cette femme de 77 ans a été découvert chez elle, la tête à proximité du corps. C’est son fils qui avait donné l’alerte, s’inquiétant de l’absence de réponse de la victime à ses appels téléphoniques. Le suspect aurait agi seul et lui aurait dérobé sa carte bleue avant de retirer 1000 euros.

Par ailleurs, le procureur a indiqué avoir ouvert une autre enquête pour “violation du secret professionnel et recel de ce délit compte tenu de la nature des informations diffusées par certains médias ”.

À voir également sur Le HuffPost: Cévennes: Valentin Marcone a avoué le double meurtre mais n’exprime pas de regrets

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    A Paris, un square portera le nom de Samuel Paty face à La Sorbonne

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 29 September - 16:19 · 2 minutes

Le square Paul-Painlevé, à Paris, en avril 2011.

HOMMAGE - C’était une décision attendue. La maire du Ve arrondissement de Paris, Florence Berthout, a annoncé ce mercredi 29 septembre sur Twitter que le square situé face à La Sorbonne porterait le nom de Samuel Paty , l’enseignant qui avait été décapité en octobre 2020 après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Un lieu très symbolique.

Selon nos confrères du Monde , qui révèlent l’information, ce projet doit encore recevoir l’aval du conseil municipal de Paris, qui se tiendra du 12 au 15 octobre prochain. Le choix a en tout cas déjà été entériné par le conseil du Ve arrondissement et validé par les parents du professeur d’histoire-géographie.

“Ce jardin évoque l’éducation, la culture, la tolérance et l’école de la République dont Samuel Paty était l’honneur”, peut-on lire dans le projet de délibération.

Toujours selon Le Monde, ce square de 750 m² se trouve rue des Ecoles, dans le Ve arrondissement de Paris, et porte actuellement le nom du mathématicien et homme politique Paul Painlevé.

Mais si le square va bien être renommé du nom de Samuel Paty, la place, elle gardera le nom de Paul Painlevé. “Il ne s’agit pas de déboulonner la moindre statue”, ajoute encore Florence Berthout à nos confrères.

Le projet de nommer une rue ou un lieu parisien au nom de Samuel Paty avait donné lieux à des légers remous en novembre 2020 en Conseil de Paris . Comme le rappelle Le Monde , le groupe écologiste avait voté pour ce projet, soulignant toutefois que le règlement prévoyait normalement que ça ne pouvait intervenir que cinq ans après la mort de la personne concernée.

“L’assassinat de Samuel Paty a été un choc pour tout le pays, on devrait tous être unanimes là-dessus et on ne l’a pas été”, avait alors regretté Anne Hidalgo auprès de nos confrères de BFMTV .

À voir également sur Le HuffPost: Comme Samuel Paty, ces profs n’hésiteraient pas à montrer les caricatures de Charlie Hebdo

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    Prêtre tué en Vendée: ouverture d'une information judiciaire pour "assassinat"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 19 August - 15:07 · 1 minute

Des gendarmes à Saint-Laurent-sur-Sevre, après le meurtre du prêtre Olivier Maire, le 9 août 2021

ENQUËTE - Une information judiciaire pour “assassinat” a été ouverte ce jeudi 19 août suite au décès du prêtre Olivier Maire dans la nuit du 8 au 9 août, à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), a annoncé dans un communiqué le parquet de La Roche-sur-Yon.

“Le parquet de La Roche-sur-Yon a ouvert ce jour une information judiciaire contre X du chef d’assassinat”, a indiqué le parquet dans ce communiqué.

À la suite de la mort du prêtre, une enquête avait été ouverte pour “homicide volontaire” et l’autopsie avait révélé que la victime était décédée des suites de “coups violents” portés à la tête , mais l’examen n’avait pas permis de déterminer l’arme du crime.

L’auteur présumé des faits, Emmanuel Abayisenga, qui est aussi le présumé incendiaire de la cathédrale de Nantes en juillet 2020, s’était rendu lui-même à la gendarmerie le 9 août et s’était accusé de ce meurtre.

Emmanuel Abayisenga “placé en garde à vue dans le cadre de cette enquête avant de faire l’objet d’une mesure d’hospitalisation en milieu psychiatrique à la demande du représentant de l’État, est actuellement toujours hospitalisé sous ce régime”, précise le parquet.

Emmanuel Abayisenga était sorti le 29 juillet d’une hospitalisation en psychiatrie de plus d’un mois. Il avait été auparavant incarcéré du 20 juillet 2020 au 31 mai 2021, dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de la cathédrale de Nantes, le 18 juillet 2020.

À sa sortie de prison, il avait été placé sous contrôle judiciaire, avec une obligation de résidence au sein de la communauté religieuse des Montfortains, dont le prêtre Olivier Maire, 60 ans, était le supérieur provincial.

À voir également sur Le HuffPost: Prêtre tué en Vendée: pourquoi l’auteur présumé n’a jamais été expulsé

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    Haïti: l'enquête sur la mort du président Moïse n'a pas débuté faute de juges volontaires

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 7 August - 16:01 · 2 minutes

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HAÏTI - La justice haïtienne n’avait toujours pas débuté ce samedi 7 août son enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse par un commando armé: un mois jour pour jour après le drame qui a enfoncé le pays un peu plus dans le chaos, le doyen du tribunal peine à trouver un juge prêt à se saisir de cette affaire explosive .

“C’est un dossier sensible et politique. Le juge avant d’accepter d’instruire le dossier pense à sa sécurité et à celle de sa famille. C’est pourquoi les juges d’instruction ne sont pas trop enthousiastes à l’idée d’accepter le dossier”, a confié à l’AFP l’un d’entre eux.

“Plusieurs juges d’instruction ont déjà fait savoir au doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince qu’ils ne sont pas intéressés à travailler sur le dossier”, a ajouté cette source judiciaire.

Un juge protégé par le gouvernement

Pour rassurer ses magistrats, le doyen du tribunal, Me Bernard Saint-Vil, affirme avoir exigé du gouvernement qu’il garantisse leur protection.

“Nous avons demandé aussi des agents de sécurité pour le juge. Avant même de dire à quel juge on va confier le dossier, ces moyens devaient être mis à la disposition de ce dernier”, a déclaré le juge Bernard Saint-Vil à la presse.

Ce dernier avait annoncé mercredi que le nom du magistrat instructeur du dossier de l’assassinat du président serait connu jeudi. Mais face à la réticence des juges d’instruction, ce délai n’a pas pu être respecté.

Des dizaines de personnes arrêtées dans le cadre de l’enquête

Dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président le 7 juillet à son domicile, la police affirme avoir déjà arrêté 44 individus dont 12 policiers haïtiens, 18 Colombiens et deux Américains d’origine haïtienne .

La police nationale a émis des avis de recherche contre plusieurs autres individus dont un juge à la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire du pays, un ancien sénateur et un homme d’affaires.

Avant de transmettre le dossier au cabinet d’instruction, le parquet de Port-au-Prince a émis plusieurs mandats d’amener, visant notamment un responsable d’un parti politique de l’opposition, le président du parti de Jovenel Moïse et deux pasteurs haïtiens qui avaient publiquement exprimé leur opposition au président défunt.

À voir également sur Le HuffPost: Ce que l’on sait des hommes arrêtés après l’assassinat du président d’Haïti

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    Assassinat de Jovenel Moïse: Ce que l'on sait des hommes arrêtés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 9 July - 10:06 · 3 minutes

INTERNATIONAL - Quarante-huit heures après l’assassinat du président de Haïti Jovenel Moïse, dix-sept personnes ont été arrêtées après une descente de police. Qui sont-ils et qui est derrière ce meurtre? Voici ce que l’on sait de la situation en Haïti .

C’est vers 1 heure du matin, heure locale, dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 juillet, qu’un commando armé attaque la résidence de Jovenel Moïse, dans la capitale Port-au-Prince. Ils se font passer pour des agents de la DEA, l’agence américaine antidrogue, selon des sources gouvernementales haïtiennes.

Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, on entend plus d’une trentaine de coups de feu. Les assaillants semblent toutefois avoir agi avec une facilité étonnante, sans annonce de blessés parmi les policiers censés garder le président, honni par une bonne partie de la population.

Son corps est criblé de douze balles, selon le juge chargé de l’affaire, cité par la presse locale. Blessée, la Première dame Martine Moïse a d’abord été soignée dans un hôpital local avant d’être évacuée par avion vers Miami. Son état est “stable”, a affirmé mercredi soir le Premier ministre par intérim Claude Joseph.

Les tueurs seraient des anciens militaires colombiens

Selon l’ambassadeur haïtien aux Etats-Unis, Bocchit Edmond, le président a été tué dans une “attaque bien orchestrée” perpétrée par des tueurs “professionnels”. “Nous pensons qu’il s’agit de mercenaires”, a-t-il ajouté. Selon Claude Joseph, les assaillants étaient “des étrangers qui parlaient l’anglais et l’espagnol”.

La police haïtienne a annoncé mercredi soir avoir tué quatre membres présumés du commando. “Quatre mercenaires ont été tués, deux ont été interceptés sous notre contrôle”, a déclaré Léon Charles, directeur général de la police nationale d’Haïti. “Trois policiers qui avaient été pris en otage ont été récupérés”, a-t-il ajouté.

Le lendemain soir, il annonce en conférence de presse que le commando était composé de 28 assaillants (26 Colombiens et deux Américains d’origine haïtienne). Il précise que quinze Colombiens et les deux Américains ont été arrêtés, que trois Colombiens ont été tués ―revoyant le bilan à la baisse― et que huit sont en fuite.

Arrestation de 17 suspects

Plusieurs suspects sont alignés contre un mur pour les montrer aux médias, des passeports colombiens et des armes étant disposés sur une table.

“Nous avons déjà en main les auteurs physiques et nous sommes à la recherche des auteurs intellectuels”, c’est-à-dire le ou les commanditaires, a relevé Léon Charles.

Le ministre colombien de la Défense Diego Molano précise qu’au moins six des suspects colombiens seraient “d’anciens membres de l’armée” et que la police et l’armée de son pays ont reçu instruction de coopérer à l’enquête haïtienne.

Onze suspects ont été interpellés par la police haïtienne dans le périmètre de l’ambassade de Taïwan à Port-au-Prince, où ils s’étaient cachés, a indiqué de son côté la représentation diplomatique, qui avait donné son feu vert à l’opération policière haïtienne.

Le département d’Etat américain, sans confirmer l’arrestation de ressortissants américains, indique avoir accepté d’aider l’enquête haïtienne.

À voir également sur Le Huffpost: À Amsterdam, le journaliste Peter R. de Vries blessé par balle

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    Cévennes: Valentin Marcone a avoué et va être déféré pour assassinats

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 16 May, 2021 - 11:07 · 3 minutes

Photo prise le 13 mai, pendant la traque dans les Cévennes de Valentin Marcone, qui va être déféré ce dimanche 16 mai pour assassinats.

FAITS DIVERS - L’homme qui a abattu en début de semaine son patron et un de ses collègues dans un village des Cévennes va être déféré devant un juge d’instruction, en vue d’une mise en examen pour assassinats, a annoncé ce dimanche 16 mai le procureur de Nîmes qui retient la préméditation.

“À ce stade de la procédure judiciaire, la garde à vue de Monsieur Marcone sera levée en début d’après-midi, il sera déféré devant un juge d’instruction, sur la qualification d’assassinats, assassinats engagés sur les deux victimes”, a déclaré Éric Maurel lors d’une conférence de presse à Nîmes.

L’homme de 29 ans avait refusé l’assistance d’un avocat pendant sa garde à vue, durant laquelle il a réitéré ses aveux. Il n’exprime “pas de regrets” en tant que tels, a expliqué le commandant de gendarmerie Michel, patron de la section de recherches, mais a présenté ses excuses. “Il se positionne comme une victime qui a réagi face à quelque chose qu’il perçoit comme une agression”.

Des experts doivent encore se pencher sur son état psychologique pour établir son profil. Toutefois, à ce stade de l’enquête, “rien ne permet de dire qu’il soit paranoïaque”, a déclaré le procureur de Nîmes. “Pour autant, c’est quelqu’un qui ressentait de la peur vis-à-vis de certaines personnes du village”, a-t-il précisé, ce qui, selon le mis en cause, l’a poussé à se rendre à son travail “avec un gilet pare-balle depuis près de trois ans” et “avec une arme de poing sous ses vêtements depuis plusieurs mois.”

La préméditation retenue

Le procureur a retenu la préméditation, grâce à des ”éléments multiples”. En premier lieu, il a évoqué la venue du mis en cause sur son lieu de travail avec “une arme approvisionnée”. “On se demande si elle n’était pas déjà “chambrée”(...), c’est-à-dire prête au tir”, a-t-il ajouté.

Le déroulé des faits et notamment la manipulation de l’arme sont également de possibles indices: “Le matin du drame, l’intéressé nous dit (...) qu’il a eu une altercation avec son employeur et un collègue de travail au sujet de ses conditions de travail et notamment du paiement d’heures supplémentaires”, a expliqué Éric Maurel.

Après “un échange de mots” avec son patron, Valentin Marcone a “ouvert une première combinaison puis un deuxième vêtement sous cette combinaison et s’est alors emparé de son arme”, a détaillé le procureur, en précisant que l’ensemble de ses actions réfléchies et “le temps” pris avant la mise à feu laissent penser à un acte prémédité.

“Il semblerait en outre qu’entre les premiers tirs sur son employeur et ceux effectués sur son collègue, il ait pu abaisser le bras puis le relever pour ouvrir à nouveau le feu”, a ajouté le procureur de Nîmes tout en précisant que cet élément devait être vérifié.

Valentin Marcone, 29 ans, avait pris la fuite mardi dans la forêt cévenole après avoir abattu son patron et un de ses collègues dans la scierie où il travaillait, dans le village des Plantiers (Gard). Traqué par plus de 350 gendarmes aidés de drones, d’hélicoptères et de chiens, il s’était rendu sans résistance vendredi soir . Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

À voir également sur Le HuffPost: Un incendie s’est déclenché sur un site classé Seveso de banlieue parisienne

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    Qui est Arnaud Mimran, mis en examen pour assassinat et meurtre?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 16 April, 2021 - 13:04 · 5 minutes

Sur cette photo prise en juillet 2016, Arnaud Mimran arrive au tribunal de Paris pour la délibération dans son procès pour une escroquerie géante à la TVA sur le marché du carbone.

JUSTICE - Une avancée majeure dix ans après: le sulfureux homme d’affaires Arnaud Mimran, figure de l’escroquerie géante à la TVA sur le marché du carbone, a été mis en examen jeudi 15 avril pour le meurtre en 2011 du milliardaire Claude Dray et en 2010 d’une autre figure de l’affaire de la taxe carbone, Samy Souied.

Les juges d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris l’ont mis en examen pour assassinat dans le dossier de Claude Dray et pour meurtre en bande organisée dans le dossier de Samy Souied, a appris l’AFP ce vendredi de source judiciaire, confirmant une information du Monde .

Arnaud Mimran a été placé en détention provisoire, a indiqué cette source, alors qu’il était déjà incarcéré pour l’affaire de la “taxe carbone”, selon une source proche du dossier. Son avocat, Me Jean-Marc Fedida, n’a pas souhaité faire de commentaires.

Arnaud Mimran ainsi qu’un proche, Farid Khider, ancien champion de boxe thaï qui avait participé au télé-crochet “La Ferme célébrités”, étaient en garde à vue depuis mardi à la Brigade criminelle. Une source proche du dossier a assuré à l’AFP vendredi en fin de matinée que Farid Khider était de son côté toujours en garde à vue, tout comme l’un de ses frères, Djoudi-Mourad Khider, ainsi que l’a annoncé Le Point .

“Golden boy” aux goûts de luxe

Le nom d’Arnaud Mimran, avant d’être connu de la justice, est au départ celui d’un fils d’une famille aisée, habitant le XVIe arrondissement de Paris. Dans un portrait de L’Obs , l’homme est décrit par une ancienne connaissance comme “un de ces gamins gâtés auxquels leurs parents offraient toujours le gadget dernier cri”.

Une enfance dorée qui perdurera par la suite. Adulte, l’homme d’affaires intègre le monde de la finance et la Bourse, et en même temps les cercles privés des plus riches. Il se fait remarquer pour ses goûts de luxe: voitures, bijoux, voyages, soirées privées en présence d’artistes mondialement connus...

Arnaud Mimran est aussi et surtout féru de poker. Il participe à des parties privées, à l’abri des regards et aux mises exorbitantes. À L’Obs , un ancien membre de l’Autorité des Marchés financiers confie qu’“on a toujours pensé qu’il tenait une partie de ses tuyaux (sur les marchés financiers, NDLR) de confidences glanées auprès de ses partenaires de poker.”

Mediapart dresse également le portrait d’un homme qui “raconte à qui veut l’entendre qu’il a ses entrées partout” et fréquente aussi bien des dirigeants internationaux - en l’occurrence le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu - que des célébrités à l’occasion de ses parties de jeu.

Il épousera dans les années 2000 l’une des filles de Claude Dray, milliardaire retrouvé assassiné en 2011. Une affaire jamais résolue et dans laquelle Arnaud Mimran est désormais mis en examen.

“Grand soulagement pour les parties civiles”

La double mise en examen de Arnaud Mimran constitue une avancée majeure dans les dossiers sur la mort de Claude Dray et Samy Souied.

En octobre 2011, le milliardaire Claude Dray, âgé de 76 ans, avait été trouvé mort dans sa luxueuse villa de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Pas d’effraction, pas de vol, des mobiles à foison: son meurtre est longtemps resté une énigme pour les enquêteurs. Dès 2013, une source proche de l’enquête avait toutefois évoqué l’éventuelle culpabilité de Arnaud Mimran, ex-époux de l’une des filles de Claude Dray avec qui il était alors en conflit, et qualifiée auprès de l’AFP de “seule piste qui reste”.

“La mise en examen de M. Mimran confirme nos soupçons”, a déclaré vendredi à l’AFP l’un des avocats de la famille, Me Cyril Bonan. “Après plus de dix années, la famille espère que la vérité soit enfin connue et tient à remercier les enquêteurs et les juges qui n’ont jamais abandonné leurs investigations”, a poursuivi Me Bonan, “Claude Dray était un homme intègre qui a payé de sa vie son intransigeance. Sa famille continuera de se battre pour que son crime ne reste impuni”.

L’autre dossier est celui de Samy Souied, considéré comme l’une des figures de cette “escroquerie du siècle” sur le marché des quotas d’émissions de CO2 en 2008-2009 et longtemps proche de Arnaud Mimran, a qui il avait été présenté par un troisième homme, Marco Mouly, habitué des tables de poker de Las Vegas.

Samy Souied, déjà mis en cause dans les années 2000 pour des dossiers d’escroquerie, a été assassiné en septembre 2010, Porte Maillot à Paris, par deux hommes juchés sur un scooter.

″Ça fait dix ans que nous nous battons pour la manifestation de la vérité. Il y a eu beaucoup de lenteurs dans ce dossier. M. Mimran, c’est une piste que nous avions demandé de creuser”, s’est réjouie Me Sylvie Messica Sitbon, une avocate de la famille Souied. “C’est un grand soulagement pour les parties civiles qui attendent depuis plus de dix ans ce moment et aussi le fait que la justice ait enfin fait son travail pour la vérité”, a déclaré Me David-Olivier Kaminski, autre avocat de la famille.

Condamné dans l’affaire de la “taxe carbone”

Fin juin 2017, Arnaud Mimran a déjà été condamné en appel à huit ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende dans l’affaire dite de la “taxe carbone”, vaste fraude à la TVA sur le marché des droits à polluer. Avec Marco Mouly et cinq autres prévenus, ils avaient été condamnés à verser 283 millions d’euros de dommages et intérêts à l’État.

Arnaud Mimran doit aussi comparaître du 8 au 25 juin prochains aux assises avec Farid Khider et quatre autres accusés pour l’enlèvement et la séquestration en vue d’extorsion d’un richissime financier suisse en janvier 2015 .

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