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    (Re)voir "The Handmaid's Tale" fait froid dans le dos après l'abrogation du droit à l'avortement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 24 July - 16:00 · 3 minutes

SÉRIE - Il y a tout pile un mois, le 24 juin dernier, la très conservatrice Cour Suprême votait la révocation le droit à l’avortement aux États-Unis . La situation est devenue la même que 50 ans en arrière, avant la mise en vigueur de l’arrêt “Roe v. Wade” de 1973, où chaque État a le choix d’autoriser ou d’interdire l’ IVG .

30 jours plus tard, l’avortement est interdit ou extrêmement limité et dans l’attente d’une interdiction dans près de la moitié des États du pays. Des conditions de vie pour les femmes qui rappellent tristement The Handmaid’s Tale comme on vous le raconte dans notre vidéo en tête d’article.

La série basée sur le livre La Servante Écarlate écrit par Margaret Atwood en 1985 est une dystopie. L’histoire se déroule dans futur proche où les pollutions environnementales et les MST ont considérablement diminuer la fécondité. La République de Gilead prend le pouvoir et le pays tombe dans les mains d’une secte religieuse, les “Fils de Jacob”.

Les seules femmes encore fertiles sont réduites à l’esclavage et n’ont qu’une utilité pour le régime en place: procréer. Servantes à la tenue écarlate, leur statut de citoyenne leur est retiré et leur seul rôle est d’assurer une descendance. À l’image de la protagoniste June Osborne, jouée par Elisabeth Moss, ces dernières sont torturées et violées.

La révocation du droit à l’avortement chez l’Oncle Sam n’a donc pas manqué de rappeler la série. D’autant que nombre des États interdisent l’IVG même si la grossesse suit un viol. Pendant les protestations qui ont eu lieu après le vote de la Cour Suprême, des manifestantes se sont présentées vêtues de la fameuse tenue rouge vif des servantes. Des pancartes “Ce n’est pas de la fiction” étaient déployées, faisant comprendre que la série devenait une réalité.

Une figure de la lutte pour les droits des femmes

Cela fait en réalité depuis 2017, année où la première saison du programme est sortie, que les codes du programme sont repris lors des manifestations. En témoigne ces deux femmes faisant passer le message “ The Handmaid’s Tale n’est pas un mode d’emploi” en 2018.

En 2019, le casting de la série s’était déjà engagé contre les lois anti-avortement . Dans une vidéo tournée par le magazine Harper’s Bazaar en partenariat avec “Planned Parenthood”, l’équivalent américain du planning familial, les acteurs dénoncent les conséquences de ces lois.

″Ce n’est pas une série télé, ce n’est pas un livre, c’est l’Amérique, c’est notre réalité”, alertaient-ils. “Refuser l’accès à des soins d’avortement sécurisés et légaux est dangereux et mortel. Bannir l’avortement ne va pas arrêter l’avortement. Bannir l’avortement va uniquement arrêter les avortements légaux et sécurisés”.

“Quand nous commençons à restreindre l’accès à l’avortement, notre pays se rapproche un peu plus de Gilead. Et nous ne pouvons pas laisser cela arriver. Les soins d’avortement sont des soins de santé. La santé des femmes est la santé”, concluait le casting.

La saison 5 de The Handmaid’s Tale arrive ce 15 septembre en France sur OCS, dans une période où les femmes voient leurs droits dangereusement se rapprocher de ce qu’imagine la série.

À voir également sur Le HuffPost : Aux Etats-Unis, les pro-IVG se mobilisent en invitant les femmes à venir “camper” là où c’est légal

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    Ces femmes et hommes que l'avortement a sauvés ou détruits, je les ai reçus dans mon cabinet de psy - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 23 July - 07:00 · 6 minutes

L’avortement sur le divan n’est pas réservé à cette période. Beaucoup en parlent quand il est d’actualité ou quand il appartient au passé. Peu d’hommes en réalité quand il s’agit de se rappeler. Le fait que les femmes le vivent dans leur corps explique évidemment qu’elles soient les premières concernées. Cela ne devrait même pas se discuter ailleurs que dans les cabinets médicaux! L’avortement sur le divan n’est pas réservé à cette période. Beaucoup en parlent quand il est d’actualité ou quand il appartient au passé. Peu d’hommes en réalité quand il s’agit de se rappeler. Le fait que les femmes le vivent dans leur corps explique évidemment qu’elles soient les premières concernées. Cela ne devrait même pas se discuter ailleurs que dans les cabinets médicaux!

AVORTEMENT - Alison vit en ce moment en France pour terminer une licence. Elle retourne à Chicago prochainement. Enfin, son projet ne semble plus aussi déterminé depuis le 24 juin “C’est plus que triste comme l’a dit Joe Biden , c’est un traumatisme . Imaginer qu’enceinte tu ne peux pas décider de ce qui se passe dans ton propre corps? Admettre que tu seras obligée de porter un enfant qui serait un accident !”

Elle s’arrête un moment pour imaginer l’accident .

“Pour mes deux sœurs aînées, attendre un enfant ça a été un bonheur. Le projet mené à terme avec des hommes qu’elles aimaient, c’est cela qui me semble désirable. Certainement pas assumer un inéluctable tel un fardeau… Je n’imagine pas pouvoir aimer un enfant présenté comme étant un accident !”

Le choc de l’annonce outre-Atlantique

Cette jeune femme et d’autres femmes sont sous le choc. Des Françaises également. “Une décision outre-Atlantique c’est pour nous d’ici peu, les vagues sont inéluctables. C’est pour ça que l’on est vent debout ici. Partout dans le monde on assiste à une mise sous tutelle des femmes. Mais qui doit décider de mon ventre? Je prends une contraception depuis le début de ma vie sexuelle. J’ai décidé de ne jamais avoir d’enfant. Le monde est trop dur. Et on voudrait m’imposer le contraire si par malheur ma contraception devait me trahir? Ah non. Quoiqu’il en coûte, je refuse d’être celle qui me soumettrait à ça. Je hais l’idée d’avoir quelque chose qui m’habiterait contre mon gré.” Caroline, une bonne trentaine d’années, est très agitée, très instable psychiquement en raison d’une enfance particulièrement sordide. “Vous avez entendu? J’ai dit “quelque chose!” Oh oui, j’avais bien entendu.

La loi des hommes punirait des femmes parce qu’un rapport sexuel a des conséquences non désirées? Léa, une patiente

Quelques hommes parlent aussi avortement sur le divan… Sébastien également une trentaine d’années… « Quand ma dernière compagne a été enceinte, nous avons décidé qu’elle avorterait. Notre couple battait de l’aile depuis bien longtemps et l’idée qu’un enfant arrive c’était inconcevable. Lui offrir cet univers ? Jamais de la vie. On sait bien que pour qu’un enfant se développe correctement il a besoin d’être désiré. Il a besoin de parents qui s’entendent bien. C’est irresponsable de ne pas penser à l’avenir pour lui et pour nous. En adultes, nous avons décidé d’un commun accord l’avortement et aussi de nous séparer. » Sébastien ajoute lors de la séance suivante : « C’est honteux que les hommes ne se prononcent pas massivement pour soutenir ce droit à l’avortement dans de bonnes conditions. Ce n’est pas sans nous que la plupart des femmes sont enceintes ! A part les fécondations in vitro elles sont enceintes parce qu’un homme a éjaculé ! Qu’ils assument… On dirait que seules les femmes sont responsables d’être enceintes. On dirait qu’elles ont fauté si elles ne veulent pas d’enfant suite à une relation sexuelle… On dirait qu’elles ont à prendre leurs précautions…. Mais où sont les hommes ? »

Accident, fauter, assumer … Ces mots reviennent dans de nombreuses séances. L’influence des décisions politiques sur la vie intime s’entend de nouveau sur mon divan.

C’est révoltant

Pas une seule personne pour remettre en doute qu’un avortement se décide par qui le vit. « Il semblerait que les politiques ne comprennent rien à ce que vivent les gens » s’énerve Léa. La soixantaine bien entamée, Léa accompagne des femmes en difficulté. Elle en a vu des femmes souffrir pour de multiples raisons. Alors en rajouter par une « loi idéologique et absurde » la met carrément en colère. D’autres femmes sont abasourdies et muettes sous le choc.

Sur le divan plusieurs femmes racontent leurs avortements. Je n’en ai jamais vu banaliser. C’est un événement dans une vie. Et comme tout événement il est plus ou moins bien vécu. Le rendre encore plus difficile serait-ce vraiment l’idée du siècle ?

Léa raconte « Marlène doit avoir à ce jour 70 ans au moins. Je l’ai accompagnée quand on était ados. Elle a avorté quelques mois avant que la loi soit votée en France. Le gynéco véreux, dans son cabinet parisien lui a même fait des avances à la consultation précédant l’IVG. « Qu’est- ce que ça peut faire, tu es déjà enceinte ? » Répugnant… Le mépris. La honte pour elle. Léa a accompagné son amie le jour J. Elle n’oubliera jamais la douleur. Jamais les ongles qui se sont enfoncés dans la main que cette jeune femme tenait car le gynéco évidemment n’avait pas anesthésié celle qui ne voulait pas enfanter. Il a juste bien pris la coquette somme exigée. » Léa a les larmes aux yeux et c’est avec une voix déchirante qu’elle ajoute « La violence de l’acte doublée par la violence psychologique, c’est impossible de revenir à ça ! ». « La loi des hommes punirait des femmes parce qu’un rapport sexuel a des conséquences non désirées ? » poursuit Léa.

Je me souviens d’une femme ayant avorté avec des médicaments il y a une dizaine d’années. Seule chez elle. Le mari ne voulait rien en savoir, il fallait juste qu’elle « le fasse passer ». Cette femme que nous appellerons Sylvie avait vécu le cauchemar car elle ne devait rien laisser transparaître de ce qui se passait pour elle. C’est cela aussi qu’entraîne un avortement illégal. En pire car puni.

L’avortement sur le divan n’est pas réservé à cette période. Beaucoup en parlent quand il est d’actualité ou quand il appartient au passé. Peu d’hommes en réalité quand il s’agit de se rappeler. Le fait que les femmes le vivent dans leur corps explique évidemment qu’elles soient les premières concernées. Cela ne devrait même pas se discuter ailleurs que dans les cabinets médicaux !

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Tous les prénoms ont été changés

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À voir également sur Le HuffPost: Manifestation pour le droit à l’IVG: “ce n’est pas un acquis!”

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    YouTube va supprimer les vidéos contenant des fausses infos sur l’IVG

    news.movim.eu / Numerama · Friday, 22 July - 08:25

La plateforme vidéo de Google a annoncé qu'elle supprimerait désormais les contenus contenant des informations trompeuses et erronées au sujet de l'IVG. Un panneau d'information provenant des autorités sanitaires apparaitra également en dessous des vidéos. [Lire la suite]

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    Avortement: Alexandria Ocasio-Cortez et plusieurs élues arrêtées pendant une manifestation

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 20 July - 07:23 · 2 minutes

Alexandria Ocasio-Cortez arrêtée lors d'un rassemblement pour défendre le droit à l'avortement à Washington, le 19 juillet 2022. Alexandria Ocasio-Cortez arrêtée lors d'un rassemblement pour défendre le droit à l'avortement à Washington, le 19 juillet 2022.

AVORTEMENT AUX USA - La mobilisation pour la défense du droit à l’ avortement ne faiblit pas aux États-Unis, près d’un mois après la décision de la Cour suprême d’ abroger l’arrêt Roe v. Wade . Ce mardi 19 juillet, Alexandria Ocasio-Cortez et 16 autres parlementaires américains ont été arrêtés lors d’une manifestation à Washington.

“Nous avons arrêté au total 35 personnes” dont “17 membres du Congrès” car après trois sommations, “certains des manifestants [refusaient] de quitter la rue” située entre le Capitole et la Cour suprême, a tweeté la police du Capitole.

Parmi les élus arrêtés, figure Alexandria Ocasio-Cortez, surnommée AOC. Une vidéo publiée sur son compte Twitter montre l’étoile montante de la gauche escortée par un policier hors de la rue qui fait face au siège de la Cour suprême.

L’élue démocrate Ilhan Omar a écrit sur le réseau social avoir été arrêtée lors d’une “action de désobéissance civile”. “Je ferai tout ce que je pourrai pour sonner l’alerte sur l’assaut visant nos droits reproductifs”, a ajouté celle qui est aussi membre de l’aile gauche du parti démocrate.

L’arrestation des 17 élus parlementaires -la plupart, des femmes- a eu lieu sous les yeux des journalistes. Aux côtés de militantes pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), des élues démocrates s’étaient rendues devant le Capitole pour marcher vers la Cour suprême.

Cette dernière a dynamité fin juin le droit constitutionnel à l’IVG aux États-Unis, renvoyant à chaque Etat le droit de l’interdire et provoquant un tsunami politique. Les démocrates et le président Joe Biden cherchent à mobiliser leur électorat autour de ce thème en vue des élections de mi-mandat prévues en novembre.

Par ailleurs, c’est dans cette même rue, au cœur de la capitale fédérale et située entre le Capitole et la Cour suprême, que des milliers de personnes s’étaient rassemblées dans les heures et jours qui ont suivi la décision historique de la haute Cour, le 24 juin, pour protester contre un “retour en arrière” historique.

À voir également sur Le HuffPost: Les États-Unis (un peu plus) divisés après la révocation du droit à l’avortement

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    Depuis la fin du droit à l'IVG aux États-Unis, les gynécologues en état de stress

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 18 July - 09:57 · 4 minutes

Aux Etats-Unis, les gynécologues américains font face à un fort niveau de stress depuis l'interdiction de l'IVG. Aux Etats-Unis, les gynécologues américains font face à un fort niveau de stress depuis l'interdiction de l'IVG.

IVG - Entre la nécessité d’interrompre une grossesse et la peur d’enfreindre la loi , les gynécologues américains sont en ”état de stress”, alerte l’AFP. Depuis la révocation de l’arrêt Roe v. Wade , le 24 juin dernier, un flou juridique règne dans les États conservateurs qui ont interdit ou restreins l’IVG et génère une anxiété intense dans les services hospitaliers.

Dans l’Ohio, où travaille le Dr Winchester, les avortements restent possibles mais uniquement jusqu’à six semaines. Sauf pour l’exemption “urgence médicale”, qui est très ambiguë.

Sa patiente ayant dépassé ce terme, la docteure a appelé les services juridiques de son hôpital avec une salve de questions: “Comment la protéger sur le plan légal? Comment me protéger? Protéger mon institution, les infirmières, l’anesthésiste?”

“Tout le monde est concerné”, relève cette obstétricienne dans un entretien avec l’AFP.

La confusion règne

Les lois interdisant de pratiquer des IVG sont assorties de peines conséquentes. Les professionnels de santé encourent de lourdes amendes et des sentences pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison.

La menace de poursuites et les frais juridiques associés créent “une situation bizarre, où les médecins sont anxieux même quand ils fournissent des soins légitimes pour sauver des vies”, souligne Maître Nelson, un avocat spécialisé dans la défense des médecins.

Pourtant, le gouvernement démocrate tente d’apporter un peu de sérénité aux gynécologues. Il a assuré que la loi fédérale “primait” sur celle des États en matière d’urgence médicale. Si un docteur estime qu’un avortement est nécessaire pour “stabiliser” une urgence, il doit le pratiquer, a écrit le ministre de la Santé Xavier Becerra aux urgentistes du pays.

Ce soutien n’a évidemment pas plu aux États conservateurs, en particulier le Texas. Il a porté plainte contre cette directive, accusant le gouvernement démocrate de vouloir “transformer chaque service d’urgences du pays en clinique d’IVG sans rendez-vous.”

“Cette plainte rajoute de la confusion et créé un danger de mort en cas de grossesse extra-utérine, de septicémie ou d’autre problème vital”, a commenté la présidente de la puissante organisation de planning familial Planned Parenthood, Alexis McGill Johnson.

Des “techniques d’intimidation” de la part des élus

Plus de 90 procureurs locaux ont fait savoir qu’ils n’intenteraient pas de poursuites dans leur juridiction. Mais d’autres, en revanche, se montrent particulièrement zélés. Le procureur général de l’Indiana, l’ultra-conservateur Todd Rokita, a ainsi menacé de poursuivre une gynécologue qui a aidé une fillette de dix ans à avorter après un viol.

Originaire de l’Ohio où l’avortement est illégal après six semaines de grossesse, la petite fille s’était rendue en Indiana car les IVG restent légales. Mais le procureur général accusait la gynécologue de ne pas avoir rempli ses obligations de signalement.

Finalement, les avocats de la docteure ont montré qu’elle avait bien effectué les démarches obligatoires et l’affaire devrait en rester là.

Pour Maître Nelson, l’épisode montre comment certains procureurs - des élus - peuvent utiliser “des techniques d’intimidation” pour décourager les médecins, augmentant ainsi le facteur stress. Des techniques qui gonflent aussi leur capital politique auprès des opposants à l’avortement.

“Pris entre le marteau et l’enclume”

Le risque ne pèse pas que sur les médecins. Au Texas, dans l’Idaho ou l’Oklahoma, les lois autorisent les poursuites civiles contre tous ceux qui aident les femmes à avorter. Elles peuvent concerner un chauffeur de taxi comme une association ayant financé l’intervention.

Ces lois “pourraient être instrumentalisées par ceux qui cherchent à faire des exemples”, estime Me Nelson. Le flou juridique compromet aussi la prise en charge d’autres maladies, comme les traitements contre le cancer qui peuvent menacer une grossesse.

“Tout le monde nous demande des consignes, mais chaque situation est différente et c’est très difficile pour nous d’en rédiger”, explique Kristin Lyerly, une responsable de l’Ordre des gynécologues américains qui, avec 75 organisations, ont condamné les ingérences législatives dans le travail des médecins.

Depuis le revirement de la Cour suprême, les gynécologues se sentent “pris entre le marteau et l’enclume”, dit-elle. “Qu’est-ce qu’on est censé faire: ne pas remplir nos obligations professionnelles ou aller en prison parce qu’on a pratiqué un avortement?”

À voir aussi sur Le HuffPost: Après l’avortement, la sodomie et la contraception dans le viseur de la Cour suprême?

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    Avortement aux États-Unis: des fausses cliniques dissuadent les femmes d'interrompre leur grossesse

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 16 July - 07:00 · 7 minutes

Ces fausses cliniques usent de tous les moyens pour dissuader les femmes d'avorter: fausses informations, mensonges, sensibilité... Ces fausses cliniques usent de tous les moyens pour dissuader les femmes d'avorter: fausses informations, mensonges, sensibilité...

IVG - Vous êtes une femme américaine, vous souhaitez avorter et vous vous rendez dans un “centre de crise pour grossesse ”... Mais une fois sur place, on tente de vous en dissuader. C’est malheureusement normal, car le but assumé de ces pseudos centres médicaux est de convaincre les femmes souhaitant avorter d’y renoncer.

À l’heure où l’arrêt Roe v. Wade vient d’être révoqué, le site Crisis Pregnancy Center map , qui fait de la prévention contre les établissements de ce type , en a recensé très exactement 2548 en 2022. Leurs recherches sont basées sur l’examen des répertoires en ligne de cinq organisations nationales qui soutiennent les CPC (abréviation de Crisis Pregnancy Center). Le but de ce recensement? Avertir et orienter les femmes qui veulent avorter.

À titre de comparaison, seulement 1547 cliniques pratiquent réellement l’IVG en 2017, selon une étude du Guttmacher Institute, une ONG qui vise à améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs. The Time estime même que les faux centres sont aujourd’hui trois fois plus nombreux que les vrais dans une enquête sur les données collectées par les CPC.

Le Texas, un État “pro-life”, détient le triste record du nombre de fausses cliniques: 198. En Californie, historiquement ouverte à l’avortement , elles sont 148.

Aux États-Unis, tout ceci est légal. Ces centres sont des ONG financées par des organisations catholiques et par le gouvernement. Le problème, c’est qu’il est difficile de les différencier des véritables cliniques. Les médias relayent peu d’informations à ce sujet et beaucoup de femmes tombent dans le panneau. Ce qui peut avoir des conséquences dévastatrices.

Des promesses de dons et d’examens gratuits

Leur stratégie pour attirer une “clientèle” est simple. Les CPC proposent des services gratuits, comme un rendez-vous ou des tests de grossesse, d’ordinaire très chers étant donné la faible couverture sociale aux États-Unis. Leur cible? Les femmes en situation de grande précarité. Ils offrent aussi des habits et des couches pour bébés.

Qui plus est, ils sont souvent placés stratégiquement, à côté des plannings familiaux, et le personnel revêt la blouse blanche. Jennifer, une Américaine de 38 ans qui a échappé à ces cliniques, s’est confiée à France 24 : “Ils s’habillent comme des médecins, mais ils ne le sont pas. (...) Ce sont juste des gens avec de fortes convictions religieuses.”

C’est une fois à l’intérieur que les femmes découvrent les réelles intentions des CPC. “L’objectif, c’est de vous faire franchir le pas de leur porte, par tous les moyens possibles, pour ensuite tout faire pour vous dissuader d’avorter”, ajoute Jennifer. Les choses promises sur les devantures sont pour la plupart des mensonges. Selon une étude de Katrina Kimport , une professeure à l’Université de Californie à San Francisco, qui a interrogé 21 anciennes patientes sur les pratiques de ces centres, les fournitures pour bébé et autres dons et services gratuits s’échangent souvent contre la participation à des ateliers propageant un message religieux et anti-avortement.

Le piège idéologique se referme par tous les moyens possibles. Toujours selon France 24 , les faux médecins n’hésitent pas à déformer la science, en affirmant, par exemple, que l’avortement augmente l’infertilité. Ils mentent, aussi, en prétendant que la grossesse est plus avancée qu’elle ne l’est réellement. Dernière corde à leur arc: ils jouent sur la corde sensible en faisant écouter les battements du cœur du bébé.

Ce n’est pas un hasard si sur son site officiel, Heartbeat international , l’association anti-avortement qui prétend être derrière 1800 des 2500 “faux centres”, affirme qu’elle œuvre “pour rendre l’avortement indésirable aujourd’hui et impensable pour les générations futures.”

20% des CPC reçoivent de l’argent public

Selon Heartbeat international, les CPC tels qu’ils existent actuellement se sont développés dans les années 1960, période où les États-Unis libéralisaient leurs lois sur l’avortement. Ils ont ensuite augmenté en nombre, après 1973, lorsque la Cour suprême a établi le droit des Américains à l’avortement dans le fameux arrêt Roe v. Wade. Deux principales organisations religieuses financent ces centres: Heartbeat international, donc, et Care net.

Mais les CPC reçoivent aussi l’argent du contribuable. À la fin des années 1990, les conservateurs leur ont fourni des fonds publics pour lancer des programmes de prévention des risques sexuels et des alternatives à l’avortement. Près de 20% des CPC les reçoivent désormais, affirme The Time . Le journal américain cite aussi un rapport rendu en 2021 du cabinet de recherche Equity forward : douze États versent chaque année jusqu’à 8 millions de dollars à ces fausses cliniques. Le Texas - encore lui - fournit jusqu’à 50 millions de dollars par an. Un État où il y a une vraie clinique pour dix CPC.

The Time a également soulevé un autre problème: les données collectées par ces centres - et plus particulièrement par les groupes anti-avortement qui les pilotent - pourraient servir à d’autres fins. Surtout que la plupart des CPC ne sont pas des cliniques médicales agréées, ils ne sont donc pas tenus de respecter les lois fédérales sur la confidentialité des données de santé.

Les informations récupérées concernent des antécédents sexuels et reproductifs, les résultats de tests, les photos d’échographie ou les informations partagées lors de consultations. Ces bases de données pourraient être utilisées comme preuves dans le lancement et la poursuite d’actions en justice - par exemple contre une femme qui a souhaité avorter dans un État l’interdisant.

Les femmes tentent de dénoncer ces centres sur les réseaux

Difficile de dire si les CPC existent aussi en Europe . L’ampleur du phénomène est inestimable étant donné les faibles informations qui circulent à ce sujet. En Irlande, pays traditionnellement opposé à l’IVG, légal depuis 2018, les centres Gianna Care se félicitent sur le site de Life institute , une organisation qui œuvre pour construire une culture de la vie en Irlande, d’avoir dissuadé en l’espace d’un mois treize femmes d’avorter, quand neuf autres sont encore indécises. Mais ils écrivent bien sur leur site : “nous nous efforçons de faire tomber les barrières auxquelles elle (une femme) est confrontée pour lui permettre de poursuivre sa grossesse.”

Certaines femmes, pour la plupart rescapées de ces fausses cliniques, se sont associées pour lutter contre les CPC, notamment via les réseaux sociaux . Jennifer a par exemple dénoncé un centre à Buffalo, dans l’État de New York, devant lequel elle a manifesté trois fois au mois de mai - tout en le relayant sur la toile - et révèle à France 24 avoir dissuadé des personnes qui souhaitaient s’y rendre pour avorter.

@queencityfeminist

Some fav moments from today's protest at Compass Care in Buffalo, NY #exposefakeclinics #shouldabeenaborted #fakeclinics #proabortion

♬ original sound - queencityfeminist

Se tromper est chose aisée. Dans les 13 États qui devraient interdire rapidement l’avortement, près de 40% des recherches effectuées sur Google Maps pour “clinique d’avortement près de chez moi” et “pilule d’avortement” ont conduit à des CPC, selon le Center for Countering Digital Hate , une organisation de recherche sur la désinformation.

Les défenseurs du droit à l’avortement tentent de faire savoir aux femmes les pièges à éviter: non, il n’y a pas d’échographie gratuite. Non, ces personnes ne sont pas des médecins. Non, vous ne pourrez pas avorter dans ces cliniques. Un autre signe qui doit alerter selon Jennifer: “Les phrases comme ‘Pourquoi il faut choisir notre établissement’ et pas ‘Le planning familial’. Une vraie clinique s’assurerait de vous donner toutes les options.”

Le 23 juin, les élus démocrates se sont joints aux militantes: ils ont déposé un texte à la Chambre des représentants pour combattre les fausses informations liées à l’avortement.

Pour voir la carte créée par le site Crisis pregnancy center map, cliquez ici .

À voir également sur Le HuffPost: Les États-Unis (un peu plus) divisés après la révocation du droit à l’avortement

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    États-Unis: pour avorter, une fille de 10 ans, enceinte après un viol, a dû quitter son État

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 14 July - 09:24 · 2 minutes

États-Unis: pour avorter, une fille de 10 ans, enceinte après un viol, a dû quitter son État (Photo d'illustration prise lors d'une manifestation à Paris contre l'interdiction de l'avortement aux États-Unis par REUTERS/Benoit Tessier) États-Unis: pour avorter, une fille de 10 ans, enceinte après un viol, a dû quitter son État (Photo d'illustration prise lors d'une manifestation à Paris contre l'interdiction de l'avortement aux États-Unis par REUTERS/Benoit Tessier)

AVORTEMENT - Une fillette de 10 ans, enceinte après un viol, a dû quitter son État de l’Ohio pour avorter après la volte-face de la Cour suprême , a confirmé mercredi 13 juillet un policier cité par des médias américains.

Son histoire tragique, initialement rapportée par une gynécologue de l’Indiana, avait été citée vendredi par le président Joe Biden pour décrier la décision de la haute juridiction , le 24 juin, de ne plus garantir le droit à l’avortement.

Le procureur général d’Ohio Dave Yost, dont l’État a immédiatement interdit d’avorter après six semaines de grossesse, avait émis des doutes sur sa véracité. “Ça ressemble à une invention”, avait notamment déclaré l’élu républicain.

Un suspect de 27 ans arrêté

La police de Columbus a toutefois procédé mardi à l’arrestation d’un suspect et, lors de sa comparution devant un juge mercredi, un enquêteur a confirmé les détails du drame, a rapporté le quotidien Columbus Dispatch .

L’agent, Jeffrey Huhn, a expliqué au magistrat que la mère de la victime avait informé, le 22 juin, les services locaux de protection de l’enfance de la grossesse de sa fille et que ces derniers avaient ensuite saisi la police.

La fillette a avorté le 30 juin dans l’État de l’Indiana voisin, où les IVG restent légales et les restes de l’embryon font l’objet de tests génétiques pour confirmer les liens avec le suspect, a encore dit le policier.

Selon des documents judiciaires consultés par l’AFP, Gerson Fuentes, 27 ans, a été inculpé pour “viol de mineure de moins de 13 ans” suite à une agression en date du 12 mai. Il a été placé en détention dans une prison du comté de Franklin.

Contactée par l’AFP, la police de Columbus n’a pas répondu. Depuis l’arrêt de la Cour suprême, une dizaine d’États conservateurs ont interdit d’avorter sur leur sol. La plupart prévoit une exception pour protéger la vie de la femme enceinte, mais pas toujours en cas de viol ou d’inceste.

À voir également sur Le HuffPost: Manifestation pour le droit à l’IVG: “ce n’est pas un acquis!”

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    Avortement aux États-Unis: une première pilule contraceptive bientot en vente?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 12 July - 08:52 · 2 minutes

Le laboratoire Perrigo a déposé une demande auprès de l'agence américaine du médicament afin de commercialiser la première pilule contraceptive disponible en vente libre. Le laboratoire Perrigo a déposé une demande auprès de l'agence américaine du médicament afin de commercialiser la première pilule contraceptive disponible en vente libre.

IVG - Quelques semaines après la décision de la Cour suprême de révoquer le droit à l’avortement aux États-Unis, le laboratoire Perrigo a annoncé le lundi 11 juillet avoir demandé le feu vert aux autorités américaines pour vendre librement sa pilule Opill. Si le laboratoire l’obtient, ce serait la première pilule contraceptive disponible en vente libre aux États-Unis .

C’est plus précisément HRA Pharma, une filiale française du groupe pharmaceutique, qui a déposé un dossier auprès de l’agence américaine du médicament (FDA). La pilule Opill, à base d’un progestatif de synthèse, sans œstrogène, est disponible sur ordonnance depuis 1973 dans le pays.

“Cette procédure historique marque un tournant dans l’accès aux contraceptifs et pour l’équité en matière de procréation aux États-Unis ″, a souligné Frédérique Welgryn, directrice des opérations stratégiques et de l’innovation chez HRA Pharma, dans le communiqué de l’entreprise, indique l’AFP.

Soutien des obstétriciens et des gynécologues

Plusieurs grandes organisations médicales américaines, dont le Conseil des obstétriciens et gynécologues (ACOG), ont déjà exprimé leur soutien aux pilules en vente libre. “Les données confirment que les méthodes hormonales progestatives sont généralement sûres et ne présentent aucun risque ou un risque minime de thromboembolie veineuse ”, affirme en effet l’ACOG dans un message sur son site.

“Plusieurs études ont démontré que les femmes sont capables d’utiliser des outils d’auto-dépistage pour déterminer leur éligibilité à l’utilisation de contraceptifs hormonaux”, ajoute l’organisation. Cela “aidera encore plus de femmes et de personnes à accéder à la contraception sans faire face à des obstacles inutiles”, a complété Frédérique Welgryn.

Le lancement du processus réglementaire peu après la décision de la Cour suprême sur le droit à l’avortement est “une coïncidence”, assure par ailleurs l’entreprise en soulignant que HRA travaillait sur le dossier depuis sept ans.

À noter que les pilules contraceptives sont disponibles en vente libre dans de nombreux pays, dont le Brésil, le Mexique, le Portugal ou la Turquie. En France, la pilule contraceptive est toujours uniquement délivrée via une ordonnance médicale.

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