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    Guerre en Ukraine: dans quel état est Tchernobyl après le retrait de la Russie

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 9 April - 10:37 · 6 minutes

Photo satellite datée du 10 mars 2022 montrant la centrale de Tchernobyl, passée sous contrôle des Russes pendant près d Photo satellite datée du 10 mars 2022 montrant la centrale de Tchernobyl, passée sous contrôle des Russes pendant près d'un mois.

GUERRE EN UKRAINE - Pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, des journalistes ont pu se rendre dans la centrale de Tchernobyl . Ils racontent et témoignent du passage de l’armée russe, qui a laissé derrière elle des traînées de poussière radioactive et un véritable chaos.

Ce samedi 9 avril, CNN et la BBC dévoilent dans des reportages les premiers échos depuis l’intérieur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, aux mains des soldats de l’armée russe dès le premier jour de la guerre le 24 février.

Bien qu’il ne soit plus actif, après la catastrophe de 1986, le site nucléaire de Tchernobyl a été contrôlé pendant près d’un mois par la Russie et le récit des journalistes sur place témoigne notamment du laxisme et de la négligence des troupes de Vladimir Poutine face à la haute teneur en radioactivité des alentours de la centrale.

“Ils sont allés dans la Forêt rouge et ont ramené des matières radioactives avec eux sur leurs chaussures”, explique à CNN Ihor Ugolkov, un soldat. “D’autres endroits vont bien, mais les radiations ont augmenté, parce qu’ils vivaient ici”. “Ils sont allés partout, et ils ont aussi emporté de la poussière radioactive sur eux [quand ils sont partis]”, ajoute également ce soldat ukrainien.

Si les responsables de la centrale se veulent toutefois rassurants quant au niveau général de radioactivité à Tchernobyl, ils notent par exemple que la pièce utilisée par les soldats russes pour vivre connaît un rayonnement légèrement supérieur à ce que l’Association nucléaire mondiale décrit comme un rayonnement naturel. D’après eux, un contact ponctuel dans ces lieux ne peut pas être dangereux pour la santé, à moins d’une exposition prolongée.

Saccages et mauvais traitements

D’après des images de drones, l’armée ukrainienne pense que les troupes russes ont même creusé des tranchées aux alentours de la zone de Tchernobyl, à savoir la Forêt Rouge. Un lieu qui reste à ce jour la zone la plus contaminée aux radiations nucléaire sur la planète.

La plupart des particules radioactives étant présentes sur le sol, les autorités ukrainiennes sont encore sous le choc des dégâts provoqués par l’armée de Russie en se rendant dans cette zone particulièrement dangereuse. “C’est vraiment fou”, lance le ministre ukrainien de l’Énergie, German Galushchenko aux journalistes de CNN. Les mêmes constatations de tranchées et de campements russes dans cette zone sont relayées par la BBC .

“Je n’ai vraiment aucune idée de pourquoi ils ont fait ça (aller dans la Forêt Rouge). Nous pouvons voir qu’ils y sont allés, les soldats qui y sont allés sont revenus ici et le niveau de radiation a augmenté”, constate encore German Galushchenko.

Pourtant, les dégâts ne sont pas seulement radioactifs à Tchernobyl. Durant ce mois de contrôle, les troupes russes ont pillé et saccagé les locaux de la centrale, comme en témoigne Volodymyr Falshovnyk, chef de quart à Tchernobyl.

Il raconte également les conditions difficiles dans lesquelles le personnel de la centrale a été obligé d’opérer, sous la pression des soldats ennemis et des rares nouvelles émanant du reste de l’ Ukraine . “Nos proches ont commencé à appeler et à dire que la ville était prise d’assaut, qu’il y avait des blessés et des morts. Nous avons demandé aux Russes ce qui se passait et ils ont dit qu’il n’y avait pas de troupes russes régulières là-bas, mais nous avons continué à entendre qu’il y avait des bombardements”, livre cet homme de 64 ans.

“L’armée russe a fouillé tous les vêtements ukrainiens, les effets personnels, comme des chiens, probablement à la recherche d’argent, d’objets de valeur ou d’ordinateurs portables”, explique aussi Denys Monastyrskyy, ministre de l’Intérieur ukrainien. “Il y a eu des pillages ici. L’armée russe a volé des ordinateurs et du matériel”, fait également remarquer le ministre aux reporters sur place.

À la BBC, Valeriy Semonov, un ingénieur, livre un autre témoignage saisissant: “Nous avons dû constamment négocier avec eux et nous efforcer de ne pas les offenser, afin qu’ils laissent notre personnel gérer l’installation”. Après une coupure de courant durant trois jours, Valeriy raconte s’être empressé de trouver du carburant, n’hésitant pas une seconde à en voler aux soldats russes pour faire fonctionner le générateur.

“Si nous avions perdu de l’électricité, cela aurait pu être catastrophique” estime d’ailleurs Oleksandr Lobada, responsable de la radioprotection à la station. “Je n’avais pas peur pour ma vie. J’avais peur de ce qui se passerait si je n’étais pas là pour surveiller l’usine. J’avais peur que ce soit une tragédie pour l’humanité”, ajoute-t-il auprès du média britannique.

Le calvaire des soldats ukrainiens prisonniers

Selon ces échos de Tchernobyl, le plus dur traitement a été réservé aux quelque 169 soldats de la Garde nationale ukrainienne présents sur le site lors de l’invasion russe . Le personnel de sécurité de la centrale a été enfermé dans un ancien bunker nucléaire datant de la guerre froide. Selon Denys Monastyrskyy, ils ont été entassés dans une pièce sans lumière et sans la moindre communication avec le monde extérieur.

“Ils ont été gardés ici pendant 30 jours sans éclairage ni nourriture suffisants. Ils n’étaient pas autorisés à sortir. Le dernier jour, ils ont été emmenés d’ici dans une direction inconnue, précise le ministre de l’intérieur, aujourd’hui, nous ne savons malheureusement rien de leur sort”. Selon lui, ces hommes de la Garde nationale ukrainienne ont été emmenés en Russie, via la Biélorussie, en tant que prisonniers de guerre, mais il reste prudent et confie ne pas en être totalement certain à l’heure actuelle.

Ce récit sur les dessous de l’occupation russe à Tchernobyl ne rassure en rien les autorités ukrainiennes, alors qu’une autre centrale parmi les quatre actives que compte l’Ukraine a été aux mains de la Russie. La centrale de Zaporijjia , située entre Kiev et Donetsk a été lourdement attaquée par les forces russes avant qu’elles n’en prennent le contrôle début mars.

“La situation là-bas est également horrible, surtout compte tenu de la façon dont ils ont capturé Zaporijjia parce qu’ils ont tiré sur la centrale, avec des armes lourdes”, déclare le ministre de l’Énergie à CNN. Il indique par ailleurs qu’il n’est pas exclu non plus que les troupes russes reviennent à Tchernobyl.

“Nous comprenons qu’aujourd’hui, nous devons être prêts à tout moment pour une nouvelle attaque contre une centrale nucléaire”, ajoute-t-il, implorant pour que “cette histoire ne se répète jamais”.

À voir également sur Le HuffPost: Les images de l’intérieur de la centrale nucléaire ukrainienne attaquée

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    Guerre en Ukraine: les Russes auraient quitté Tchernobyl malades et avec des otages

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 1 April - 06:11 · 2 minutes

Le dôme qui recouvre le réacteur qui a explosé à Tchernobyl en 1986 en Ukraine.

UKRAINE - Les troupes russes ont quitté la centrale de Tchernobyl qu’ils occupaient depuis le début de l’ invasion de l’Ukraine le 24 février en emmenant des otages , ont annoncé jeudi 31 mars au soir des responsables à Kiev .

“En quittant la centrale nucléaire de Tchernobyl, les occupants russes ont pris avec eux des membres de la Garde Nationale qu’ils retenaient en otages depuis le 24 février”, a déclaré sur Telegram l’agence d’État ukrainienne Energoatom, citant des employés.

On ignorait combien de soldats ukrainiens ont été retenus en otage par les forces russes. Un peu plus tôt, l’agence d’État ukrainienne pour la gestion de la zone de la centrale avait annoncé le départ des troupes russes.

L’armée russe touchée par les radiations?

“Il n’y a plus de personnes étrangères (au service) dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Tchernobyl”, site de la pire catastrophe nucléaire civile de l’Histoire, avait indiqué sur Facebook l’agence d’État.

L’agence avait indiqué peu avant que les troupes russes avaient commencé leur départ de la centrale, située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev. En quittant la centrale, les Russes se sont livrés au “pillage de locaux, vol des équipements et d’autres objets précieux”, a accusé l’agence.

Selon Energoatom cité par the Guardian , l’armée russe serait partie après avoir été contaminée par des hautes doses de radiation en creusant des tranchées dans la forêt située dans la zone d’exclusion de Tchernobyl. Les troupes “ont paniqué après les premiers signes de maladie” qui sont apparus “très vite”. Elles auraient été envoyées vers le Bélarus pour se faire soigner.

L’agence onusienne de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué enquêter sur ce sujet, n’ayant aucune preuve pour confirmer les déclarations d’Energoatom pour le moment. Des spécialistes ukrainiens vont aussi inspecter la centrale en quête de potentiels “engins explosifs”, selon la même source.

Pas rotation à la centrale depuis le 20 mars

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait cessé, depuis le 9 mars, de recevoir en direct les données provenant de Tchernobyl. Elle s’est inquiétée dimanche de l’absence de rotation du personnel de la centrale depuis le 20 mars.

Un réacteur de la centrale de Tchernobyl a explosé en 1986 contaminant une bonne partie de l’Europe mais surtout l’Ukraine, la Russie et le Bélarus. Baptisée zone d’exclusion, le territoire dans le rayon de 30 kilomètres autour de la centrale est toujours fortement contaminée et il est interdit d’y habiter en permanence.

Son dernier réacteur opérationnel a été fermé en 2000. Le réacteur accidenté, recouvert d’une chape d’acier étanche et contenant du magma hautement radioactif, est contrôlé en permanence par des spécialistes. Deux centres de stockage du combustible nucléaire se trouvent par ailleurs dans la zone d’exclusion.

À voir également sur Le HuffPost: Les images de l’intérieur de la centrale nucléaire ukrainienne attaquée

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    Flamanville: contre le nucléaire à la présidentielle, Greenpeace s'introduit sur le chantier de l'EPR

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 31 March - 06:14 · 2 minutes

(Photo du chantier de l

NUCLÉAIRE - Sept militants de Greenpeace ont été arrêtés tôt ce jeudi 31 mars après s’être introduits sur le chantier du réacteur EPR à Flamanville (Manche) pour dénoncer “l’irresponsabilité” des candidats pro-nucléaires à la présidentielle, a annoncé à l’AFP une porte-parole de l’ONG.

Le parquet de Cherbourg a confirmé qu’il y avait bien eu une intrusion sur le site et plusieurs interpellations, sans autres précisions. Depuis 5h30, une dizaine de militants, dont certains enchaînés, bloquaient par ailleurs l’accès des véhicules aux deux principales entrées du chantier, où travaillent quelque 2.800 personnes, mais pas l’entrée des piétons, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Une camionnette arborait des pancartes “Nucléaire: Macron irresponsable” ou ”+ d’EPR + de fiascos”. Des militants de l’ONG de défense de l’environnement, vêtus de combinaisons blanches pour certains, se sont enchaînés à d’immenses trépieds métalliques.

Sept autres, dont le directeur général de Greenpeace France Jean-François Julliard, sont parvenus à s’introduire sur le site et à déployer une banderole proclamant “Nucléaire: Macron irresponsable” près du réacteur en construction, avant d’être arrêtés, selon Cécile Génot, chargée de communication à Greenpeace France.

“On le voit avec la situation en Ukraine, le nucléaire est dangereux”

Cette opération vise à “dénoncer l’irresponsabilité d’Emmanuel Macron et des autres candidats pro-nucléaires qui veulent construire de nouveaux réacteurs EPR alors qu’on le voit avec la situation en Ukraine, le nucléaire est dangereux”, a expliqué Nicolas Nace, chargé de la transition énergétique à Greenpeace France.

EDF construit cet EPR, dont le chantier accumule retards et surcoûts , aux côtés des deux réacteurs en service de sa centrale de Flamanville.

Cette nouvelle action de Greenpeace, hostile au nucléaire, intervient alors que le président Emmanuel Macron a annoncé le 10 février un programme de construction de six réacteurs EPR en France d’ici à 2035, en plus de celui en construction en Normandie.

19 milliards d’euros pour le chantier de l’EPR

Lancé fin 2007, le chantier normand cumule 11 ans de retard et son coût est monté à 12,7 milliards selon EDF contre 3,3 milliards annoncé en 2006. La Cour des comptes a, elle, estimé la facture à 19 milliards en 2020.

La mise sur le réseau du premier kilowatt est annoncée par EDF pour 2023. Greenpeace France a demandé en début d’année “un moratoire” sur les travaux, “afin de conduire une évaluation en toute indépendance de la viabilité des réacteurs nucléaires EPR”.

À voir également sur Le HuffPost: Avant la présidentielle 2022, Greenpeace dévoile une campagne choc sur le climat

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    Guerre en Ukraine: les employés de Tchernobyl sous contrôle russe

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 8 March - 10:46 · 2 minutes

La centrale de Tchernobyl à deux heures de routes de Kiev au nord de l

UKRAINE - Affamés, épuisés et déprimés. Pris en otage par l’armée russe depuis l’ invasion de l’Ukraine le 24 février, une centaine d’employés à bout de forces font fonctionner la centrale nucléaire de Tchernobyl , site du pire accident nucléaire de l’histoire en 1986, selon le DailyMail.

Depuis treize jours, les travailleurs doivent se limiter en nourriture et ne s’octroient qu’un seul repas par jour afin de tenir le plus longtemps possible sur les réserves, relatent la BBC et Le DailyMail . Leur sommeil serait réduit à seulement deux heures par jour, puisque les rotations n’existent plus à cause du manque de personnel. Les réserves de médicaments seraient de plus en plus limitées.

Avec le stress, le manque de concentration et l’absence de communication avec l’extérieur (seuls les mails peuvent être utilisés), les travailleurs pourraient ne plus mener leurs missions en toute sécurité, craignent les autorités.

“Tout le personnel est très fatigué et désespéré”, raconte à la BBC une femme proche d’un employé de Tchernobyl. “Ils pensent qu’on les oublie. Pour le moment, ils ne voient personne leur venir en aide”, dénonce-t-elle, appelant l’Agence internationale de l’agence atomique (AIEA) à évacuer les otages. Le maire de Slavoutytch, ville construite pour accueillir les habitants et travailleurs de Tchernobyl évacués après la catastrophe de 1986, confirme: “La situation est compliquée et tendue. C’est difficile pour eux moralement, psychologiquement et physiquement.”

Le chef de l’AIEA prêt à se rendre sur place

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, est aussi inquiet de la tournure que pourraient prendre les événements. Il a insisté sur “l’importance pour le personnel d’exploitation de pouvoir se reposer afin d’effectuer ses tâches importantes en toute sécurité”. Il se dit aussi prêt à se rendre sur place pour rencontrer les Russes.

Un expert interrogé par la BBC se veut toutefois rassurant sur le risque nucléaire. “Ce n’est pas idéal que les rotations ne soient pas faites et que les employés travaillent avec des soldats russes autour d’eux, mais je ne vois pas de grand danger”, rassure James Smith, un professeur qui a longtemps travaillé sur Tchernobyl. “Le dernier réacteur a été fermé en 2000, le combustible nucléaire irradié ne produit plus tant de chaleur”, donc le risque de libération de particules radioactives est très limité.

À l’autre bout de l’Ukraine, un autre site nucléaire inquiète l’AIEA: celui de Zaporojie , où des frappes de l’artillerie russe, selon les Ukrainiens, ont provoqué un incendie- dont Moscou nie être à l’origine. “On a échappé de justesse” à un accident nucléaire, a souligné Rafael Grossi. “Une telle situation ne doit jamais, en aucun cas, se répéter”. Ici aussi, le personnel est coincé sur le site. Mais les communications étant coupées, difficile de savoir ce qu’il se passe réellement.

À voir également sur Le HuffPost: Pendant la guerre en Ukraine, ce couple s’est marié sur la ligne de défense à Kiev

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    Guerre en Ukraine: à Zaporijjia, l'attaque de la centrale filmée de l'intérieur

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 5 March - 14:03 · 3 minutes

UKRAINE - Une catastrophe mondiale évitée de peu. L’invasion russe en Ukraine s’est aggravée vendredi 4 mars avec l’attaque par l’armée russe de la plus grande centrale nucléaire d’Europe , Zaporijjia, et la poursuite des bombardements dans les villes. Ce samedi 5 mars, au dixième jour de l’invasion, l’armée russe occupait la centrale où des frappes de son artillerie, selon les Ukrainiens, ont provoqué un incendie - dont Moscou nie être à l’origine.

Le New York Times , a reçu et publié ce samedi une vidéo de l’intérieur de la centrale lors de l’attaque. On peut y entendre un avertissement en russe transmis dans l’un des haut-parleurs de l’installation, apparemment destiné aux soldats à l’extérieur, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

“Incroyable vidéo de l’intérieur de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia : « Arrêtez de tirer sur l’installation nucléaire… Vous mettez en danger la sécurité du monde entier”.

“Arrêtez de tirer sur l’installation nucléaire!”

Arrêtez de tirer sur l’installation nucléaire ! Arrêtez immédiatement de tirer! Vous mettez en danger la sécurité du monde entier. Le fonctionnement d’une partie cruciale de la centrale de Zaporijjia pourrait être endommagé. Nous ne serons pas en mesure de la rétablir”, alerte la voix.

Cette vidéo a été envoyée au New York Times par une source ayant des liens avec le gouvernement local, explique le média américain, précisant que, en analysant les vidéos et photographies d’archive de la centrale, l’équipe d’enquêtes visuelles du journal a pu confirmer qu’il s’agissait bien de l’intérieur de Zaporijjia.

Moscou a catégoriquement réfuté avoir attaqué le site . Il s’agit d’un “mensonge”, a affirmé l’ambassadeur russe au Conseil de sécurité, Vassili Nebenzia. A Moscou, le ministère russe de la Défense a mis en cause des “groupes de saboteurs ukrainiens, avec la participation de mercenaires”.

“Une nuit qui aurait pu mettre un terme à l’Histoire”

“Nous avons survécu à une nuit qui aurait pu mettre un terme à l’Histoire . L’Histoire de l’Ukraine. L’Histoire de l’Europe”: une explosion à la centrale de Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, aurait été l’équivalent de “six Tchernobyl”, s’est alarmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

En début de matinée, les autorités ukrainiennes indiquaient que le feu, qui a touché un laboratoire et un bâtiment de formation, avait été éteint et qu’aucune fuite radioactive n’avait été détectée. L’information a été confirmée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). “C’est la première fois qu’un conflit militaire a lieu dans un pays doté d’un large programme nucléaire”, a souligné Rafael Grossi, le chef de l’AIEA.

Cela a représenté “une immense menace pour toute l’Europe et le monde”, a réagi vendredi au Conseil de sécurité de l’ONU, réuni en urgence, l’ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield.

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont déjà annoncé qu’ils allaient “imposer de nouvelles sanctions sévères en réponse à l’agression russe”. L’Union européenne s’y tient également prête, a indiqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

À voir également sur Le HuffPost: Guerre en Ukraine: Les coulisses du départ des militaires français en Roumanie

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    Ukraine: "Si on noie les centrales nucléaires sous les bombes, ça ne va pas bien se passer"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 4 March - 17:22 · 4 minutes

(Photo satellite de la centrale nucléaire de Zaporojie en Ukraine prise en septembre 2019 par Planet Labs PBC via AP)

NUCLÉAIRE - Situation sous haute tension. Un bombardement russe a touché ce vendredi 4 mars la centrale nucléaire de Zaporijjia , la plus grande d’Europe dans le centre de l’Ukraine. Les autorités ukrainiennes ont indiqué avoir pu envoyer des pompiers à la centrale nucléaire, où un incendie s’est déclaré après les tirs russes , assurant que la sécurité nucléaire des lieux était maintenant assurée.

Selon les responsables de la centrale, un bâtiment pour les formations et un laboratoire ont été touchés. Le régulateur nucléaire ukrainien n’a détecté “aucun changement” dans le niveau de radioactivité à la centrale ”, a annoncé l’Organisation internationale de l’énergie atomique (AIEA).

La centrale nucléaire de Zaporijjia est située dans le sud de l’Ukraine sur le fleuve Dniepr, à 525 kilomètres de Tchernobyl . Il s’agit de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, avec une capacité totale de près de 6000 mégawatts, assez pour fournir en électricité environ quatre millions de foyers. En temps normal, le site produit un cinquième de l’électricité du pays et près de la moitié de son énergie nucléaire. Ces réacteurs possèdent une durée de vie se situant entre 40 et 60 ans, ou plus avec l’avancée des technologies.

Dans un communiqué, l’ASN, l’Autorité de sûreté nucléaire française, a annoncé ce vendredi avoir activé son centre d’urgence en mode veille” pour suivre l’évolution de la situation dans les centrales nucléaires ukrainiennes. Anne-Cécile Rigail, directrice générale adjointe de l’autorité, a répondu aux questions du HuffPost .

Le HuffPost: Que pouvez-vous nous dire sur la situation à Zaporijjia? Doit-on craindre un risque nucléaire?

A-CR : Nous avons des contacts directs avec l’autorité de sûreté ukrainienne pour faire le point sur la situation. Ce qu’il en ressort pour le moment, c’est qu’il n’y a pas d’accident nucléaire, les balises fonctionnelles autour de la centrale ne relèvent pas d’anormalités.

Pour autant, ce que précisait l’autorité de sûreté ukrainienne, c’est que ses propres agents, les inspecteurs qui contrôlent habituellement la sûreté de la centrale, ne peuvent actuellement pas accéder au site en raison de la présence des troupes russes et des combats autour du site. Ce qui rend le contrôle indépendant beaucoup plus fragile. Il faudra donc être assez vigilant sur la qualité des informations qui remonteront du terrain dans les prochains jours.

Le HuffPost: Les combats se produisant autour du site de la centrale, en quoi cela pourrait-il impacter son fonctionnement?

A-CR: Avec ce qui est arrivé ce matin, les points de vigilance sont nombreux. Le premier est technique. Il faut savoir que le réacteur d’une centrale nucléaire a toujours besoin d’être refroidi, même quand il est à l’arrêt, même quand il ne produit pas. Car la matière radioactive à l’intérieur est très chaude et doit être refroidie activement. Pour cela il faut de l’eau et de l’électricité pour faire tourner les pompes et les systèmes de refroidissement. C’est un point de vigilance commun à tous les réacteurs nucléaires, mais dans un contexte de guerre, très proche d’un site comme ici , il y a une réelle vigilance sur l’intégrité de ces systèmes d’alimentation. C’est pourquoi nous sommes dans une posture de veille active si la situation venait à se dégrader.

Le HuffPost: Quels sont les autres points?

A-CR: Après l’aspect technique, il y a l’aspect humain. Le conflit autour du site empêche les mouvements de personnes. Or, si l’on se fie à ce qu’il se passe en ce moment à Tchernobyl, qui a été pris par les Russes , le personnel du site n’a pas pu être relayé depuis le 24 février. Ces roulements se font sur le système des trois-huit afin que les agents puissent se reposer. Ce qui n’est plus permis depuis que les Russes sont sur zone. Aujourd’hui, à Zaporijjia, on craint que ce schéma se reproduise. Ce qui ferait que les réacteurs nucléaires seront opérés, exploités par des gens extraordinairement fatigués et stressés notamment par la situation dans leur pays.

Enfin, le troisième point est logistique. Avec le conflit, les flux logistiques sont compliqués, donc si la centrale demande des pièces de rechange ou a besoin de spécialistes pour de la maintenance, ils ne pourront pas arriver sur site.

Le HuffPost: La centrale pourrait-elle supporter une attaque russe?

A-CR: Tous les systèmes de sûreté de la centrale sont assez robustes, ils sont à l’état de l’art des centrales européennes post-Fukushima avec des groupes diesel, etc. Pour autant, si on les noie sous les bombes ça ne va pas bien se passer. C’est une centrale sûre du point de vue des standards de sûreté mais elle n’est pour autant pas faite pour supporter des actes de guerre.

À voir également sur Le HuffPost: En Ukraine à Kiev, la vie des réfugiés dans le métro à l’abri des bombes

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    Ukraine: La plus grande centrale nucléaire d'Europe touchée par des frappes russes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 4 March - 00:53 · 7 minutes

GUERRE EN UKRAINE - La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe dans le centre de l’ Ukraine , a été touchée ce vendredi 4 mars par des frappes de l’armée russe qui ont provoqué un incendie, mais sa sécurité est “garantie” selon Kiev qui a accusé Moscou d’avoir recours à la “terreur nucléaire ”.

“Suite à un bombardement des forces russes sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, un incendie s’est déclaré”, a indiqué le porte-parole de la centrale, Andreï Touz, dans une vidéo publiée sur Telegram. Depuis, les forces russes occupent le territoire de la centrale nucléaire, a indiqué l’agence d’inspection des sites nucléaires, précisant que le personnel assurait toujours l’exploitation du site.

La sécurité nucléaire “garantie”

“Le territoire de la centrale nucléaire de Zaporojie est occupé par les forces armées de la Fédération de Russie. Le personnel opérationnel contrôle les blocs énergétiques et assure leur exploitation en accord avec les exigences des règlements techniques de sécurité d’exploitation”, a indique l’organisme d’Etat ukrainien.

“La sécurité nucléaire est maintenant garantie. Selon les responsables de la centrale, un bâtiment pour les formations et un laboratoire sont touchés par un incendie”, a par la suite indiqué sur Facebook Oleksandre Staroukh, chef de l’administration militaire de la région de Zaporijjia. Le régulateur ukrainien a précisé plus tard dans la matinée de vendredi qu’aucune fuite radioactive n’a été détectée.

Les services de secours ont indiqué avoir pu accéder au site et éteindre l’incendie, après en avoir été un temps empêchés par les soldats russes. “Les unités (de pompiers) sont intervenues pour éteindre l’incendie du bâtiment pour les formations”, sur le site de la centrale, a indiqué le Service ukrainien d’urgence dans un communiqué sur Facebook, précisant que 44 pompiers et 11 véhicules étaient engagés dans l’opération.

Le directeur de l’agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi a annoncé ce vendredi en fin de matinée que “les systèmes de sécurité des six réacteurs n’ont pas été affectés du tout. Les systèmes pour mesurer les radiations fonctionnent normalement”. Mais la situation “est toujours très tendue”, selon lui. Il précise que deux personnes sont blessées, sans donner plus de détails pour l’heure.

Les niveaux de radioactivité restent inchangés sur le site de la centrale, qui compte six réacteurs nucléaires et fournit une grande partie de l’énergie du pays, a indiqué de son côté l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), selon qui aucun équipement “essentiel” n’a été touché.

L’AIEA “appelle à cesser l’usage de la force et avertit d’un grave danger si les réacteurs sont touchés”, a tweeté l’organisation.

“S’il y a une explosion, c’est la fin de tout”

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé Moscou d’avoir recours à la “terreur nucléaire” et de vouloir “répéter” la catastrophe de Tchernobyl, la plus grave de l’Histoire en 1986.

“Nous alertons tout le monde sur le fait qu’aucun autre pays hormis la Russie n’a jamais tiré sur des centrales nucléaires. C’est la première fois dans notre histoire, la première fois dans l’histoire de l’humanité. Cet État terroriste a maintenant recours à la terreur nucléaire”, a-t-il affirmé dans une vidéo publiée par la présidence ukrainienne.

“L’Ukraine compte quinze réacteurs nucléaires. S’il y a une explosion, c’est la fin de tout. La fin de l’Europe. C’est l’évacuation de l’Europe”, a-t-il poursuivi. “Seule une action européenne immédiate peut stopper les troupes russes. Il faut empêcher que l’Europe ne meure d’un désastre nucléaire”, a ajouté le président ukrainien.

Après les informations rassurantes sur l’état de la centrale, le président ukrainien a demandé “un renforcement immédiat de sanctions contre l’Etat terroriste nucléaire”, dans une adresse vidéo vendredi matin en appelant également les Russes à “descendre dans la rue” pour arrêter les attaques russes contre les sites nucléaires en Ukraine.

Du côté de Moscou et selon le ministère de la Défense , la patrouille de la Garde russe a été attaquée par un groupe de sabotage ukrainien qui a tenté une provocation. Le ministère a indiqué que la centrale électrique était sous contrôle russe et a repris son travail comme d’habitude, le niveau de rayonnement reste normal. Une version reprise à la télévision russe, selon un correspondant français en Russie.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU “dans les prochaines heures”. “Les actions irresponsables du président Poutine peuvent maintenant menacer directement la sécurité de toute l’Europe”, a-t-il déploré dans un communiqué, après s’être entretenu avec Volodymyr Zelensky.

Le président ukrainien a également parlé au téléphone avec le président américain Joe Biden, a indiqué un responsable à Washington. Joe Biden a ensuite “exhorté la Russie à cesser ses activités militaires dans la zone et permettre aux pompiers et services de secours d’accéder au site”, selon la Maison Blanche.

Le 24 février, des combats avaient déjà eu lieu près de l’ancienne centrale de Tchernobyl , à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, et qui est désormais entre les mains des troupes russes.

Vers un 3e round de négociations ce week-end

Dans des déclarations à la télévision russe jeudi, le président Vladimir Poutine n’a donné aucun espoir d’apaisement de l’offensive. “L’opération militaire spéciale se déroule strictement selon le calendrier, selon le plan”, a-t-il déclaré, rendant hommage aux soldats russes et à leur “précieux combat contre des néonazis” et des “mercenaires étrangers” qui utilisent selon lui les civils comme “boucliers humains” en Ukraine.

L’Ukraine table malgré tout sur un troisième round des négociations avec la Russie ce week-end, a déclaré l’un des négociateurs ukrainiens, Mykhaïlo Podoliak, conseiller du chef de l’administration présidentielle.

“La troisième étape peut avoir lieu demain ou après-demain, nous sommes en contact permanent”, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, précisant que les Ukrainiens n’attendaient que l’accord des Russes pour retourner à la table des négociations.

Selon la chancellerie allemande, Olaf Scholz a discuté avec son homologue russe Vladimir Poutine qui lui a assuré que les négociations reprendraient ce week-end.

Les deux sessions précédentes de pourparlers, à la frontière ukraino-bélarusse puis à la frontière polono-bélarusse, n’ont pas abouti à un arrêt des combats, mais les parties ont convenu de mettre en place des “couloirs humanitaires” pour l’évacuation des civils.

À voir également sur Le HuffPost : En Ukraine à Kiev, la vie des réfugiés dans le métro à l’abri des bombes

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    EDF va arrêter 3 réacteurs nucléaires supplémentaires pour corrosion

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 8 February - 12:00 · 2 minutes

Ces contrôles font suite à des problèmes de corrosion déjà confirmés sur au moins quatre réacteurs en France.

NUCLÉAIRE - Les galères s’enchaînent pour EDF qui a annoncé ce mardi 8 février l’arrêt prochain de trois réacteurs nucléaires supplémentaires pour des “contrôles” à la suite des problèmes de corrosion sur des systèmes de sécurité rencontrés sur d’autres unités.

Les réacteurs de Chinon 3, Cattenom 3 et Bugey 4 seront arrêtés au cours des prochains mois, selon des données publiées sur le site d’EDF. “On va les arrêter pour effectuer des contrôles”, a déclaré un porte-parole.

Ces contrôles font suite à une revue documentaire sur l’ensemble du parc nucléaire français à la recherche de problèmes de corrosion déjà confirmés sur au moins quatre réacteurs, actuellement à l’arrêt. Trois autres réacteurs vont également faire l’objet de contrôles mais pendant des arrêts qui étaient déjà programmés. L’arrêt de Flamanville 2 va toutefois être prolongé de 5 semaines.

Enfin, EDF a prolongé de cinq mois l’arrêt de deux réacteurs où les problèmes de corrosion avaient déjà été détectés (Penly 1) ou soupçonnés (Chooz 1). Le premier ne fonctionnera pas jusqu’au 31 octobre 2022 et le second jusqu’au 31 décembre.

“Pas de risque de black-out”

EDF avait abaissé lundi soir sa prévision de production nucléaire en France cette année “dans le cadre de son programme de contrôles sur le parc nucléaire”, à la suite des problèmes de corrosion sur le système de sécurité identifiés pour certains réacteurs.

La prévision a été ramenée à 295–315 térawattheures (TWh), contre 300–330 TWh précédemment. EDF, qui visait initialement un production de 330 à 360 TWh, avait déjà revu en baisse sa prévision le 13 janvier.

Ces problèmes risquent d’accroître la tension sur l’approvisionnement électrique de la France cet hiver, déjà compliqué par un calendrier de maintenance chargé et perturbé par la pandémie de Covid-19 . Le gestionnaire du réseau électrique RTE avait indiqué ce vendredi 4 février maintenir sa “vigilance sur la fin de l’hiver” pour l’approvisionnement, en raison d’un nombre élevé de réacteurs nucléaires à l’arrêt, tout en notant que “les prévisions météorologiques sur la période sont favorables”.

“Il n’y a pas de risque de black-out en France parce que nous avons mis en place un certain nombre de mécanismes pour éviter cela”, a cependant assuré ce mardi la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili sur France Info .

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