close
  • Le chevron_right

    Face à l’inflation, les banques centrales dans l’impasse

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Thursday, 28 April - 12:09 · 13 minutes

Alors que l’inflation atteint déjà des niveaux jamais vus depuis des décennies, la politique des banques centrales, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et à présent la guerre en Ukraine promettent une hausse des prix durable. Si la période actuelle semble plus que jamais dévoiler l’insoutenabilité du modèle financier contemporain, la fuite en avant et l’attentisme des institutions monétaires témoignent du refus de changer de paradigme. Face à la menace d’une action de ces dernières visant à contrer l’inflation, le spectre d’une crise économique et financière se précise.

Politique monétaire expansive et reprise économique

En mars 2020, la crise sanitaire déclenche une récession de haute envergure. Alors que les marchés financiers étaient au plus mal, ce nouveau choc apparaît et les banques centrales décident d’agir en injectant – par le biais de rachats massifs de titres de dette des États et de multinationales – des centaines de milliards de liquidités dans le système financier pour éviter la catastrophe. Depuis la crise des subprimes de 2007-2008, les banques centrales se sont promises de toujours fournir les liquidités nécessaires aux banques et autres institutions financières en cas de fortes secousses des marchés. Suite à la chute de Lehman Brothers en 2008, la non-intervention des banques centrales est devenue inconcevable. Entre la crise des dettes souveraines (1) en Europe, la crise du repo , et la chute des actions en 2018, les périodes de turbulences sur les marchés au cours de la dernière décennie ont toujours été suivis d’un soutien monétaire sans précédent. L’épisode de mars 2020 n’aura pas fait exception.

NDLR : Pour une analyse de la crise financière évitée de peu en mars 2020, lire sur LVSL l’article d’Alessandro Ferrante « La crise oubliée du shadow banking »

Grâce au soutien des institutions monétaires lors de la crise sanitaire, les pays ont donc pu emprunter massivement pour financer des plans de relance – bien plus maigres en Europe qu’aux États-Unis. Sous la présidence Trump, les États-Unis ont déclaré l’instauration d’un plan de 2 000 milliards de dollars, encore accru par Joe Biden depuis. Au sein de l’Union européenne, les 27 s’accordent autour d’un programme de 750 milliards d’euros. Au Royaume-Uni, c’est 180 milliards de livres. Au Canada, c’est 100 milliards de dollars canadiens répartis sur trois ans. Portée par une injection monétaire continue, la reprise économique se conjugue à des goulots d’étranglement sur les chaînes d’approvisionnements causées par la pandémie, et des pénuries de toutes sortes voient le jour : puces électroniques, papier, essence, produits alimentaires, etc .

Dans un tel contexte, les prix ne pouvaient qu’augmenter. Jusqu’au 24 février 2022 – date de début de l’invasion russe en Ukraine – l’inflation continue son chemin. Au mois de janvier, elle atteignait déjà des sommets dans l’ensemble des pays occidentaux. Mais lorsque la guerre retentit, ce phénomène en vient à s’accélérer. Les sanctions occidentales vis-à-vis de la Russie entraînent en effet une hausse de la spéculation sur les matières premières et donc une augmentation de certains produits, en particulier sur les hydrocarbures et les produits agricoles .

La décision de l’Ukraine et de la Russie de suspendre l’exportation de certains de leurs produits essentiels engendre de nouvelles pénuries. En parallèle, la stratégie 0 Covid extrême du gouvernement chinois crée de nouvelles tensions sur les chaînes logistiques. Aujourd’hui, la hausse des prix atteint 8,5% aux États-Unis, un record depuis 40 ans. Sur le Vieux continent, c’est 7,5%, le plus haut niveau enregistré depuis la création de l’indicateur. Au Royaume-Uni, c’est 7%, un sommet depuis 1992. Au Canada, c’est 6,7%, un record depuis 31 ans.

Les économies occidentales heurtées de plein fouet

Si, à première vue, ce phénomène pourrait s’avérer positif pour les États car il permet de réduire le poids de leur dette – dont la taille a considérablement augmenté durant la crise sanitaire -, un problème majeur se pose lorsqu’on considère la question sous sa dimension sociale. La grande majorité des salaires et prestations sociales ne sont pas automatiquement indexés sur l’inflation. Du fait des faibles négociations salariales alimentées par le refrain (2) de la « spirale prix-salaires », les salaires réels chutent drastiquement et des mouvements de protestation apparaissent. En Espagne, l’envolée des prix crée la colère chez les citoyens , et plus particulièrement chez les agriculteurs qui voient le prix des fertilisants exploser. En Grèce, une grève générale est en cours et les citoyens réclament une hausse des salaires. Aux États-Unis, la « Grande démission » représente l’immense vague de départs des salariés à la recherche d’un emploi mieux payé et de meilleures conditions de travail.

Pour contenir ces révoltes, les gouvernements ont recours à des mesures de soutien de tout type : chèque inflation , baisse des impôts, blocages des prix, diminution de la TVA… Dans le même temps, l’inflation « annoncée » est modifiée grâce à certaines décisions étatiques. En France, la hausse des prix atteint seulement 4,8% en avril – un des plus faibles niveau européen – grâce à la mise en place du bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz, qui est cependant censé prendre fin le 30 juin.

En parallèle, un jeu de communication se met en place. Pour se dédouaner de l’inflation survenue avant l’invasion de la Russie en Ukraine, certains dirigeants n’hésitent pas à remettre la hausse des prix sur le dos de la guerre. C’est notamment le cas du président Biden qui a déclaré le 11 mars dernier que l’inflation est due à Vladimir Poutine.

Si les gouvernements arrivent pour l’heure plus ou moins à maintenir le calme chez les citoyens, une hausse des prix trop importante pourrait accentuer ces tensions sociales, mais aussi remettre en cause le mandat des banques centrales qui reste principalement celui de la stabilité des prix.

Le risque d’une implosion ?

En 2008 comme en 2020, les institutions monétaires sont parvenues à prolonger un cycle économique qui semblait toucher à sa fin en augmentant sans cesse la dette des agents économiques. Mais dans le contexte actuel, la situation les en empêche. Face à l’inflation persistante – dont le contrôle leur échappe depuis bien longtemps – recourir à la planche à billet s’avère compliqué. Si les banques centrales envisagent une normalisation de leur politique au cours de l’année 2022, une diminution massive du volume de liquidités injectées et une augmentation marquée des taux pour endiguer l’inflation est un pari impossible.

La dette des agents privés atteint déjà des niveaux historiques. Dès lors, une hausse marquée des taux directeurs des banques centrales entraînerait un emballement de ces dettes et créerait une succession de défauts de paiements et de faillites pour nombre d’entreprises. On peut alors craindre une chute de la production, une augmentation du chômage, et un approfondissement de la récession.

Si les banques centrales ont le pouvoir de contrôler leurs taux directeurs (3), les taux auxquels les pays empruntent, fixés par les marchés financiers, fluctuent selon l’environnement économique et la situation financière des différents pays. Dans ce contexte, l’inaction des institutions monétaires produit d’inquiétants effets sur le marché obligataire. Depuis plus d’un an, les taux à long terme ne cessent d’augmenter. Depuis quelques semaines, cette spirale s’accélère : les investisseurs pensent que les institutions monétaires vont agir sur leurs taux directeurs pour contrer l’inflation, et ne veulent ainsi plus prêter aux États à des taux aussi faibles qu’auparavant car la hausse des prix s’intensifie et la valeur des obligations qu’ils détiennent diminue. De fait, la France n’emprunte plus à des taux négatifs comme en juin 2021, mais à 1,3 % sur 10 ans. Le Royaume-Uni n’emprunte plus à 0,3 % mais à 1,8 % sur 10 ans. Les États-Unis, comme le Canada, empruntent désormais à 2,8 % sur 10 ans et non plus à 0,5 % comme en mars 2020.

Une nouvelle crise des dettes souveraines en zone euro pourrait apparaître.

Si ces hausses peuvent sembler raisonnables en comparaison avec le niveau des années passées, la tendance est clairement à la remontée des taux directeurs. Or, au même titre que le secteur privé, le niveau des dettes publiques a considérablement augmenté au cours des deux dernières années. La dette publique atteint ainsi environ 150 % du PIB en Italie, 125 % aux États-Unis et 120 % en France. Lorsque ces mêmes États empruntent pour rembourser leurs anciennes créances, ils devront faire face à ces nouveaux taux du marché. Leurs dettes abyssales engendreront alors une augmentation du coût de leur dette qui aurait de lourdes conséquences pour les pays dont les finances publiques sont instables. En observant l’augmentation continue du spread (écart de crédits) entre l’Italie et l’Allemagne, l’hypothèse de voir la troisième puissance économique européenne vivre le même scénario que la Grèce quelques années plus tôt n’est pas improbable. Une nouvelle crise des dettes souveraines en zone euro pourrait alors apparaître. Du côté américain, le rapprochement entre le rendement d’une obligation de courte durée et celle d’une maturité plus longue témoigne de l’anticipation du marché face au risque de crise à court terme.

Dans ce contexte, la bulle financière ne se maintient que par la politique monétaire accommodante des banques centrales. Les actions baissent mais se maintiennent à des niveaux élevés du fait des faibles taux et du volumes de liquidités injectées dans les marchés financiers. Ce qui rend donc ces derniers extrêmement sensibles à une action des institutions monétaires. Dans le cas d’une normalisation de leur politique, une crise financière semble inévitable. On comprend donc pourquoi le choix a pour l’instant été fait de laisser filer l’inflation.

La pression s’accentue

Les marchés réagissent en effet à l’inflation et la guerre en Ukraine. Les sanctions vis-à-vis de la Russie engendrent en effet d’importantes fluctuations sur les cours des matières premières et de nombreux appels de marges (4), susceptibles de créer un dangereux effet domino. Le président de la Réserve fédérale de Dallas estime ainsi qu’il existe un « risque macroéconomique. »

Cette même réaction est visible sur le marché obligataire. Face à la hausse de l’inflation et au risque d’une diminution du bilan de la FED, le prix des obligations diminue. La valeur globale des obligations est donc en baisse (524 milliards lors de la semaine du 18 avril). Étant donné que ces titres de dettes font souvent gage de collatérales lors d’échanges financiers, c’est-à-dire de garanties en cas de non-remboursement, on peut craindre une vente massive de tout types d’actifs pour obtenir des liquidités et ainsi combler la perte de valeur de ces garanties. Une dangereuse spirale pourrait se mettre en place.

Par ailleurs, l’augmentation des taux obligataires entraîne par ricochet des effets sur le marché immobilier. Aux États-Unis, le taux fixe à 30 ans dépasse 5 %, un niveau plus atteint depuis 2010. Cette augmentation, couplée à des prix historiquement élevés pourrait engendrer un ralentissement, voire une diminution des ventes, qui ferait alors baisser les prix. Dans ce contexte, l’augmentation constante de la durée de remboursement des prêts permet de maintenir la bulle immobilière.

Face à cet ensemble d’événements, les banques centrales ne peuvent agir activement. Le 16 mars dernier, la Réserve Fédérale américaine a donc décidé d’augmenter timidement ses taux directeurs de 0,25 %, pour les porter à 0,5 %. La banque centrale canadienne a fait de même quelques jours plus tôt. Au Royaume-Uni, la Bank of England a été légèrement plus offensive et les a augmentées à 0,75 %. En Europe, la BCE décide pour l’heure de ne rien faire, par peur de précipiter une crise économique. À titre de comparaison, la dernière fois que l’inflation atteignait 8,5 % aux États-Unis, les taux se situaient à 8 %. Au Canada, lorsque l’inflation augmentait de 6,7 %, les taux directeurs de la banque centrale étaient de 16 %. Ce refrain est le même pour l’ensemble des pays occidentaux.

L’attentisme des banques centrales s’explique sans doute aussi par la crainte d’un effondrement du modèle financier occidental en faveur des puissances de l’Est.

Après avoir évoqué une inflation temporaire et limitée pendant des mois, le discours et la crédibilité des banques centrales sont donc fortement remis en question. Est venu s’ajouter à cela la prise en compte d’une inflation de plus long terme et diffuse dans les secteurs de l’énergie et des matières premières. Celle-ci, générée par un goulot d’étranglement sur les chaînes d’approvisionnement et une création monétaire disproportionnée, amplifiée par la crise géopolitique récente, s’inscrit dans un contexte de marchés mondiaux dérégulés et instables.

Alors que les banquiers centraux ont perdu le contrôle des prix, un arbitrage difficile se rapproche : remonter leurs taux et précipiter une crise financière ou laisser filer l’inflation au risque d’un effondrement de la monnaie et de tensions sociales explosives ? Ce dilemme intervient alors que la concurrence entre grandes puissance s’intensifie et l’hégémonie historique du dollar est de plus en plus remis en cause. Dans le contexte où la Chine et la Russie ont clairement affiché leur volonté d’en finir avec l’hégémonie du dollar, l’attentisme des banques centrales s’explique sans doute aussi par la crainte d’un effondrement du modèle financier occidental en faveur des puissances de l’Est.

Notes :

(1) : Suite à la crise de la dette grecque en 2010, les pays européens ont vécu un emballement très fort de leur dette publique et de leurs déficits qui s’avéraient insoutenables. De nombreux plans de sauvetages ont eu lieu. Les pays ont dû s’adonner à des politiques d’austérités dans le but de retrouver des finances publiques stables.

(2) : Si l’histoire nous montre qu’une augmentation des salaires a généralement tendance à exercer une pression à la hausse sur les prix, elle nous montre surtout que le choix peut se faire entre les salaires et les profits. Si les salaires augmentent, les profits baissent. Si les profits augmentent, les salaires baissent. Dans tous les cas, les prix augmentent. Bien qu’un équilibre puisse être trouvé, la balance penche toujours d’un côté. Au moment des différents chocs pétroliers dans les années 1970, les gouvernements et syndicats avaient fait le choix d’une augmentation des salaires pour combler la baisse du pouvoir d’achat. De nos jours, les profits semblent être privilégiés, au détriment des salaires.

(3) : Les taux des banques centrales sont les taux directeurs. Ce sont des taux fixés à court terme par les banques centrales. On distingue trois types de taux directeurs : taux de refinancement, taux de rémunération des dépôts, et taux d’escompte. Le principal est le taux de refinancement qui correspond au taux d’intérêt des liquidités empruntées par les banques commerciales.

(4) : Un appel de marge se produit lorsque le courtier informe que le solde du négociateur est tombé en dessous de sa marge de sécurité. Dans ce cas, deux solutions sont possibles. La première : versement de fonds supplémentaires (sous forme de liquidités et/ou en numéraire) pour combler la dépréciation de la position ouverte sur le marché. Deuxième solution : Si de nouveaux capitaux ne sont pas apportés, le courtier se permet de couper la position pour arrêter les pertes.

  • Hu chevron_right

    Pôle emploi prévoit "une année record" pour les embauches, les secteurs qui recrutent le plus

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 5 April - 15:26 · 3 minutes

Pôle emploi prévoit Pôle emploi prévoit "une année record" pour les embauches, quels secteurs recrutent le plus?  (Photo d'illustration REUTERS/Sarah Meyssonnier)

EMPLOIS - Bonne nouvelle pour l’emploi ? Les recrutements prévus en 2022 par les chefs d’entreprise atteignent “un niveau record”, en hausse de 12% par rapport à 2021, selon l’enquête annuelle “Besoins en main-d’œuvre” de Pôle emploi, publiée ce mardi 5 avril, qui ne relève pas pour le moment d’impact de la guerre en Ukraine.

L’enquête fait état de 3,046 millions de projets de recrutement pour 2022 , soit 323.000 de plus que l’année dernière. “Cette évolution s’explique par une hausse sensible de la proportion d’établissements prévoyant d’embaucher”, à savoir 32,8% en 2022 contre 26,5% en 2021, selon l’étude.

Autre record, 54,3% des projets de recrutement sont prévus en CDI (+11,5 points) et 70,8% en contrat durable (CDI ou CDD de plus de six mois).

Les métiers saisonniers sont les plus recherchés

“2022 est l’année de tous les records”, a commenté le directeur des études de Pôle emploi, Stéphane Ducatez, lors d’une conférence de presse. Cette enquête, qui existe depuis 20 ans, a été réalisée auprès de 420.000 établissements entre octobre et décembre 2021, donc avant la guerre en Ukraine.

Mais, “fin mars, les offres déposées à Pôle emploi, notre baromètre du marché du travail, restent très dynamiques, à un niveau extrêmement élevé”, a souligné Stéphane Ducatez. “Pour l’instant les employeurs cherchent à recruter”.

La hausse des projets de recrutements est portée par la construction (+21,8%), l’industrie (+23,8%) et l’hébergement-restauration (+23,4%). Sur son site, Pôle Emploi propose un graphique du Top 10 en nombre de projets de recrutement non saisonniers en 2022 par Métier.

Capture ̈Pôle Emploi Top 10 en nombre de projets de recrutement non saisonniers en 2022 par Métier Capture ̈Pôle Emploi Top 10 en nombre de projets de recrutement non saisonniers en 2022 par Métier

Les métiers les plus recherchés sont les saisonniers de l’agriculture et de l’hôtellerie-restauration, les métiers du soin et d’accompagnement (aides-soignants, aides à domicile, infirmiers), les agents d’entretien, les métiers de la logistique (conducteurs routiers, manutentionnaires).

Voici le graphique du top 10 en nombre de projets de recrutement en 2022 par Métier.

La dynamique est portée par les établissements de moins de 50 salariés qui représentent 7 embauches sur 10.

Difficultés de recrutement dans les petites et grandes entreprises

Conséquence de cette hausse, les difficultés de recrutement atteignent aussi un niveau inédit. En 2022, 57,9% des projets d’embauche sont jugés “difficiles” par les employeurs, soit une augmentation de 13 points.

Si ces difficultés sont plus grandes dans les petites entreprises “qui n’ont pas de service RH (Ressources humaines, ndlr) et doivent recruter souvent dans l’urgence”, elles sont aussi fortes dans les grandes, “d’autant plus qu’en période de redémarrage économique, beaucoup d’entreprises recrutent en même temps”, souligne Stéphane Ducatez.

Les difficultés les plus fortes sont dans la construction (couvreurs, plombiers, menuisiers, peintres...), l’industrie (chaudronniers, soudeurs...) la réparation automobile et la santé.

La peur de ne pas avoir assez de candidats ou de candidats adéquats

Les entreprises craignent en premier lieu de ne pas avoir assez de candidats, ou avec un profil inadéquat. Dans près de 9 cas sur 10, le recrutement aura bien lieu, mais il prendra plus de temps, l’employeur devra rendre l’offre plus attractive (conditions de travail, salaire), élargir son recrutement ou former un candidat. Pour résoudre ces difficultés, 86% des recruteurs envisagent de faire appel à Pôle emploi.

L’opérateur pourra “repérer des demandeurs d’emploi ayant la capacité d’occuper un poste, même s’ils n’ont pas le diplôme ou l’expérience”, “proposer des immersions professionnelles de sept-huit jours en moyenne pour découvrir un métier”, ou “financer des formations préalables à l’embauche”, explique Catherine Poux, directrice des services aux entreprises.

Les intentions d’embauches diffèrent du nombre total de recrutements parce que l’embauche d’un salarié d’une autre entreprise peut entraîner des recrutements en cascade. En 2021, 87% des recruteurs ayant annoncé avoir une intention d’embauche ont réalisé au moins une embauche.

À voir également sur Le HuffPost: Le candidat Macron veut transformer Pôle Emploi en France Travail

  • Hu chevron_right

    Des "contreparties" au RSA? Borne précise le projet de Macron

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 22 March - 16:30 · 2 minutes

La ministre du Travail Élisabeth Borne à Bruxelles au conseil

EMPLOI - Pas question de faire du bénévolat. Mardi 22 mars, la ministre du Travail Élisabeth Borne a assuré que la réforme du RSA proposée par le candidat Emmanuel Macron prévoit de conditionner le versement de ce revenu à des “contreparties” qui ne seront pas du “travail d’intérêt général”, mais des activités permettant de revenir vers le monde professionnel.

“Il y a bien des contreparties, mais ce dont nous parlons, c’est d’un programme composé de différentes activités comme des formations ou des immersions en entreprise qui permettent de reprendre contact avec le monde professionnel, de préciser son projet et de le réaliser. Ce n’est pas du travail d’intérêt général”, a-t-elle précisé dans un entretien accordé à L’Obs .

“Il ne s’agit pas d’imposer aux allocataires du RSA de faire des travaux d’intérêt général sans être payés, comme le propose Madame (Valérie) Pécresse ”, a-t-elle ajouté. La candidate du parti Les Républicains à l’élection présidentielle propose que les bénéficiaires donnent “quinze heures d’activité à la société”.

Dans le projet du candidat Macron, il s’agirait donc “de participer à des ateliers dans lesquels on peut faire un bilan personnalisé”. Selon la ministre, l’objectif sera “d’identifier les freins à l’emploi”, comme des problèmes de santé, et de “proposer une prestation”, “d’aider à faire un CV et apprendre à se présenter devant un employeur”, ou encore de “découvrir des métiers grâce à des immersions en entreprise, puis, financer une formation professionnelle”.

Un accompagnement “nettement insuffisant”

Jeudi 17 mars, le président-candidat Emmanuel Macron avait évoqué une “obligation” de consacrer 15 à 20 heures par semaine à ce type de mission. Élisabeth Borne a assuré que cela “ne concerne pas les personnes qui font face à de graves problèmes de santé ou d’addiction, à des problèmes psychiques, à des difficultés de garde d’enfants”.

“La logique que nous avons mise en place dans le contrat d’engagement jeune, c’est celle de sanctions progressives. Si vous signez un contrat, mais que vous ne le respectez pas, alors on peut suspendre votre allocation pendant une semaine pour commencer (...) Mais cela suppose de tenir compte de la situation de la personne. Ça ne peut pas être la même chose pour un jeune et pour une personne qui a charge de famille”, selon la ministre du Travail.

Le revenu de solidarité active (RSA), perçu en 2020 par 2,1 millions d’allocataires, assure aux personnes sans ressources un niveau minimum de revenu qui varie selon la composition du foyer. Dans un rapport publié en janvier , la Cour des comptes a mis en cause un accompagnement “nettement insuffisant” des allocataires. Sept ans après l’entrée dans le dispositif RSA, seuls 34% des allocataires en moyenne ont un emploi.

À voir également sur Le HuffPost : Au meeting de Zemmour, on a tenté de parler pouvoir d’achat

  • Hu chevron_right

    Macron veut transformer "Pôle Emploi" en "France Travail", les internautes vont plus loin

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 March - 15:49 · 2 minutes

LE BON LIEN - Ne dites plus “Pôle Emploi” mais “France Travail”. En tout cas, si Emmanuel Macron est réélu pour un second mandat à l’issue de la présidentielle . Ce jeudi 17 mars, le chef de l’Etat a quitté son costume de président le temps de présenter son programme , devant un parterre de 300 journalistes à Aubervilliers.

Au fil d’une présentation sur trois axes, le candidat a livré ses propositions pour arriver au “plein emploi” d’ici cinq ans . C’est sans doute la plus anecdotique d’entre elles qui a retenu l’attention: transformer “Pôle Emploi” en “France Travail.” Ici, le candidat reprend les mots du président. Car au cours de son mandat, Emmanuel Macron a lancé le réseau “France Services” - des guichets répartis sur les territoires pour “rapprocher le service public des usagers” - mais aussi le plan “France Relance”.

Et pourquoi pas “France Pain” pour les boulangeries ou “France Orthographe” pour l’Académie Française? Parce que quitte à décliner l’expression, autant le faire jusqu’au bout, jugent les internautes. Bienvenue à “France Train”, “France Pain” ou encore à un ministère de l’Éducation nationale renommé “France Ibiza”, dans une référence aux dernières vacances très commentées de Jean-Michel Blanquer .

S’il est réélu et maintient cette mesure, Emmanuel Macron devra sans doute négocier. En effet, comme Le HuffPost a pu le constater, “France Travail” est aussi le nom d’une société qui propose de mettre en relation demandeurs d’emploi et entreprises. Le compte Twitter, ouvert en 2015, est cependant totalement inactif, avec 8 abonnés.

S’il est reconduit à l’Elysée fin avril, l’actuel chef de l’Etat continuera aussi les réformes de l’assurance chômage et modifiera les conditions d’accès au RSA pour viser le plein emploi d’ici 2027. Le plein emploi est un but “atteignable”, “réaliste” ou “volontariste”, selon les mots du locataire de l’Elysée.

À voir également sur Le HuffPost: Comment les soutiens de Macron justifient son refus de débattre

  • Hu chevron_right

    France Travail, RSA... Le plan de Macron pour le plein emploi

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 March - 15:42 · 3 minutes

POLITIQUE - L’objectif de son second mandat: le plein emploi. Le président Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, présente son programme ce jeudi 17 mars à Aubervilliers , en Seine-Saint-Denis. S’il est reconduit à l’Elysée fin avril, l’actuel chef de l’Etat continuera les réformes de l’assurance chômage, transformera Pôle emploi et modifiera les conditions d’accès au RSA pour viser le plein emploi d’ici 2027.

Un but “atteignable”, “réaliste” ou “volontariste”, selon les mots du locataire de l’Elysée, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article , “qui consiste à faire, dans les 5 ans qui viennent, ce que nous avons fait dans les 5 ans qui viennent de s’écouler.”

Pour ce faire, Emmanuel Macron promet des recettes venues de la droite et potentiellement explosives. Il veut ainsi “simplifier et déconcentrer le dialogue social”, ou “adapter” l’assurance chômage aux soubresauts économiques. Il défend ici un “système simple” qui durcit les règles quand la “conjoncture s’améliore” et “protège mieux” quand la “conjoncture se dégrade”: “ce que nous avons fait”, avec le quoiqu’il en coûte.

France Travail pour remplacer Pôle emploi

Le candidat veut également transformer “Pôle emploi” en “France Travail”. Plus qu’une évolution sémantique, Emmanuel Macron parle d’un”changement profond”. “L’idée (...) c’est de réussir à l’échelle d’un territoire de mettre en commun tous les savoir-faire et les compétences, celles de Pôle emploi, celles de nos régions, de nos départements, des communes, des missions locales”, explique-t-il en calquant ce nouveau fonctionnement sur ce qui se fait déjà pour le service public d’insertion à l’emploi.

C'est ni plus ni moins la dévalorisation du travail." Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel (PCF)

Concrètement, il souhaite “un lieu” ou un “guichet unique” qui regrouperait toutes celles et ceux qui accompagnent le retour à l’activité, des bilans de compétences à la formation. Cette réforme est, selon ses mots, un ”élément clef” pour gagner en efficacité et atteindre le fameux plein emploi.

Plus épineux: le président, s’il est réélu, veut conditionner l’accès au RSA, le revenu de solidarité active. Un serpent de mer qui parcourt la droite depuis des années et qui traduit la vision du chef de l’Etat selon qui “les devoirs valent avant les droits.” Il parle, ici, d’un “meilleur équilibre” entre ces deux notions avec “l’obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine à une activité permettant d’aller vers l’insertion professionnelle” pour pouvoir bénéficier de ces 550 euros (en moyenne).

“Oui, il faut un soutien monétaire, mais il faut plus que ça”, estime le président sortant, lequel veut “reconnaître la dignité de chacun” et “demander une part d’efforts pour toutes celles et ceux qui le peuvent”.

Un projet qui ne manque pas de susciter l’ire des différents candidats de gauche à la présidentielle. “On va donc remplacer des travailleurs qui touchent un salaire par des gens au RSA”, répond Ian Brossat, le directeur de campagne du communiste Fabien Roussel, sur les réseaux sociaux, sans même attendre la fin de l’exposé. Pour lui, “c’est ni plus ni moins la dévalorisation du travail.”

À voir également sur Le HuffPost: Comment les soutiens de Macron justifient son refus de débattre

  • Hu chevron_right

    Le taux de chômage au plus bas en France depuis 2008, à 7,4%

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 18 February - 07:56 · 3 minutes

Le taux de chômage au plus bas depuis 2008, celui des jeunes au plus bas depuis 1986, apprend-on le 18 février 2022.

CHÔMAGE - Conne nouvelle sur le front de l’économie. Le taux de chômage est en forte baisse au quatrième trimestre 2021 (-0,6 point par rapport au trimestre précédent) à 7,4% de la population active en France (hors Mayotte ), selon les chiffres publiés ce vendredi 18 février par l’ Insee .

Au quatrième trimestre, le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) en France (hors Mayotte) atteint 2,2 millions de personnes, soit 189.000 de moins sur le trimestre.

“C’est une grande victoire française ce chiffre. (...) Nous avons essayé la réforme du marché du travail, nous avons essayé le soutien à l’apprentissage, nous avons essayé la baisse des impôts, la transformation en profondeur de la fiscalité. Les résultats sont là”, a félicité le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire sur RTL ce vendredi.

Même constat réalisé par la ministre du Travail Elisabeth Borne, qui a qualifié d’“excellente nouvelle”. “Personne n’imaginait qu’on puisse avoir de tels résultats en sortant d’une des crises économiques les plus graves qu’on ait connues au cours des dernières décennies”, a déclaré Elisabeth Borne sur France Inter.

Les quatre trimestres précédents, le taux de chômage était resté quasi stable, entre 8,1% et 8%, rappelle l’Insee qui a révisé à la baisse de 0,1 point le taux de chômage du troisième trimestre à 8%.

“Il est inférieur de 0,8 point à son niveau d’avant-crise (fin 2019) et à son plus bas niveau depuis 2008, si l’on excepte la baisse ponctuelle en ‘trompe-l’œil’ du printemps 2020, liée à la crise sanitaire ” lorsque beaucoup de gens s’étaient arrêtés de chercher du travail, souligne l’Insee.

La baisse est plus marquée pour les femmes

Sur le trimestre, le taux de chômage des jeunes diminue fortement (–3,6 points) et atteint 15,9%, rejoignant ainsi “les plus bas niveaux des cycles précédents à la fin des années 80 et 90”. Bruno Le Maire précise que c’est le taux le plus bas depuis 1986. Il diminue de 0,3 point pour les 25-49 ans, à 6,8%, et il est stable pour les 50 ans ou plus, à 5,8%.

La baisse est plus marquée pour les femmes (–0,8 point à 7,3%) que pour les hommes (–0,4 point à 7,5%), alors que l’écart était en sens inverse au trimestre précédent.

S’agissant du “halo autour du chômage”, soit les personnes sans emploi qui en souhaitent un mais qui ne satisfont pas les autres critères du BIT pour être considérés comme chômeurs, il “rebondit légèrement”, note l’Insee, avec 1,9 million de personnes dans cette catégorie, en hausse de 48.000.

Le taux de chômage de longue durée baisse de 0,2 point à 2,2% de la population active et retrouve son niveau d’avant crise. Environ 700.000 chômeurs déclarent être sans emploi et en rechercher depuis au moins un an.

Le taux d’emploi des 15-64 ans augmente de 0,2 point, à 67,8%. Il dépasse ainsi son plus haut niveau historique atteint au trimestre précédent. Le taux d’activité (soit les personnes en emploi ou au chômage) des 15-64 ans diminue de 0,2 point à 73,3%, après une hausse de 0,7 point le trimestre précédent où il avait atteint son plus haut niveau depuis que l’Insee le mesure (1975).

À voir également sur Le HuffPost: Bruno Le Maire vise le “plein emploi” d’ici à deux ans

  • Hu chevron_right

    En plein Covid et sans emploi, ma dépression s'installe - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 28 December - 08:00 · 5 minutes

Je glisse alors vers un état inconnu et étrange où tout devient terne. Je perds pied avec la réalité. Je me réfugie dans le noir car les journées se ralentissent et je dors pour les raccourcir. Je dors aussi pour ne pas être tourmenté, et pour fermer les yeux sur mon quotidien morne.

SANTÉ MENTALE - En mars 2021, c’est le fracas. Alors que je m’épanouissais dans mon taf en tant qu’intervenant artistique, je le perds pendant deux mois pour “faute grave”. Je ne comprends pas. J’étais cas contact d’une de mes collègues et avec “l’euphorie ambiante” autour du virus , mes patronnes me suspendent jusqu’à nouvel ordre. Je pensais reprendre le travail après ma période de quarantaine et un test négatif. Mais rien n’y fait: elles en profitent pour ne pas me faire revenir.

Quand on est un jeune diplômé et qu’on a été un élève modèle, on pense sans cesse à l’indépendance, à s’épanouir socialement et professionnellement . Je n’aurais jamais envisagé un tel fracas après des études réussies avec brio, et une vie sociale plus que remplie.

D’octobre 2020 à février 2021, l’année se révèle assez productive et heureuse. Après un diplôme en arts appliqués, je me lance en autoentrepreneur, en sachant que cette année sera compliquée pour rentrer dans le sacro-saint salariat . J’en profite pour découvrir de nouveaux métiers: illustrateur, artiste peintre, art-thérapeute en institution psychiatrique, tout en gardant un job de baby-sitter pour arrondir les fins de mois.

Je perds mon travail

Mais en mars 2021, mon statut d’autoentrepreneur ne me garantit pas de sécurité financière. Je ne touche ni aides ni chômage . J’arrive à m’en sortir grâce à quelques économies et à mes parents. Mais j’aurais préféré garder cet argent pour des projets, et ne plus être un poids pour ma famille.

En parallèle, la personne que je date depuis quelques mois part dans le sud pour un service civique. La relation à distance s’essouffle avec les interdictions de circuler. Avec du recul, je réalise que j’ai certainement perdu l’une de mes plus belles relations à cause du virus.

Tout se met à tourner

Les confinements et les couvre-feux trop sagement respectés me poussent à un isolement social fatal. Depuis le premier confinement, ma vie sociale était réduite à son minimum. Plus d’anniversaires, plus de crémaillères, plus de fêtes de diplôme, plus de verres pour refaire le monde après le taf, plus de soirées pour suer en dansant. Alors, après un an sans voir personne, j’attrape le tournis. Je déréalise, car le monde réel est confiné. Il ne reste que les réseaux sociaux pour essayer de retrouver la chaleur des relations humaines.

En juin 2021, sieste de trop, pensées trop noires. Clap. Deux heures plus tard, j’atterris aux urgences psychiatriques.

Mais c’est un échec et je m’essouffle dans cette spirale infernale. Je glisse alors vers un état inconnu et étrange où tout devient terne. Je perds pied avec la réalité. Je me réfugie dans le noir car les journées se ralentissent et je dors pour les raccourcir. Je dors aussi pour ne pas être tourmenté, et pour fermer les yeux sur mon quotidien morne.

Je sombre dans la dépression

Je prends un rendez-vous en mai 2021 chez un psychiatre qui pose un nom sur ce fracas : la dépression . Il me prescrit le premier médicament qu’il a sous le bras, sans me connaître. Aux yeux du monde et de moi-même, je deviens un déchet, une loque, une merde. Je n’arrive à rien faire, tout s’écroule, et j’ai honte, car je la connais, la réputation de la dépression. Et ça ne m’aide pas à m’en sortir.

En juin 2021 : sieste de trop, pensées trop noires. Clap. Deux heures plus tard : j’atterris aux urgences psychiatriques. Deux semaines d’internement, beaucoup trop de médicaments, de nombreux examens pour checker mon cerveau, rencontrer ma famille, raconter sans fin ce qu’il s’est passé. Pendant mon hospitalisation, les mesures sanitaires s’assouplissent et mes amis en profitent pour me rendre visite.

Prozac, escitalopram, trazodone, Xanax. Mes amis se trimballent aussi une sacrée pharmacie. Et c’est enfin là qu’on prend conscience de l’importance de notre santé mentale. On se dit ensemble qu’on n’a peut-être pas eu ce qu’on attendait de la vie, qu’on sent un peu notre jeunesse gâchée, qu’on a l’impression d’être dans une impasse mais qu’il faut dorloter notre psyché et l’écouter un peu plus.

Face à une nouvelle vague

Aujourd’hui, je ne pense plus être en dépression, mais je suis encore un lourd traitement qui me contraint et m’amoindrit au quotidien. Tremblements, migraines nauséeuses, spasmes, somnolence et difficultés à rester concentré. Du côté personnel et professionnel, rien n’avance vraiment et je le vis comme une hécatombe. Une centaine de candidatures en deux mois, sans grand résultat. Même si ce n’est pas un monde merveilleux, je souhaite toujours vivement rentrer dans le sacro-saint salariat pour entrevoir un avenir plus stable. Surtout dans le « design produit » qui me passionne depuis toujours. Pour le personnel, les médicaments me donnent une sorte d’insensibilité qui rendent difficiles les retrouvailles, et les nouvelles rencontres moins évidentes qu’avant.

Maintenant, si on me demande de penser à l’avenir, j’ai beaucoup plus de mal à me projeter. J’ai l’impression d’être moins idéaliste, moins ambitieux et moins déterminé. Peut-être que c’est à cause des médicaments et de la dépression, du contexte actuel ou de moi-même. La seule chose dont je suis certain, c’est qu’il faut du temps et que l’on se doit d’être indulgent avec soi-même.

J’essaie de faire en sorte que les choses rentrent dans l’ordre. Je travaille pour m’occuper, sans forcément gagner de l’argent… et je vois tranquillement une nouvelle vague qui arrive, sans savoir à quoi m’attendre de nouveau.

Ce billet provient des ateliers d’écriture menés par la ZEP (la Zone d’Expression Prioritaire), un dispositif média d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans qui témoignent de leur quotidien comme de toute l’actualité qui les concernent.

À voir également sur Le HuffPost: Aux urgences psychiatriques, le confinement laisse des trac es