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    Kylian Mbappé a rejoint le PSG au Qatar pour un aller-retour tout sauf écolo

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 5 days ago - 16:53 · 2 minutes

PLANÈTE - C’est une aberration écologique. Plusieurs joueurs parisiens parmi lesquelles Kylian Mbappé , Gianluigi Donnarumma, Nuno Mendes ou encore Marquinhos ont effectué un aller-retour express entre la France et le Qatar. En avion.

Alors que se tenait le 15 mai au soir la cérémonie des Trophées UNFP , qui attribue ses traditionnelles récompenses individuelles , plusieurs de leurs coéquipiers parisiens étaient déjà à Doha. Alors dans la foulée, ils ont pris un avion pour les rejoindre ce lundi 16 mai sur place avant de rentrer quelques heures plus tard ( selon RMC Sport ) en France.

Au programme de ce séjour aussi bref que couteux pour la planète, deux jours consacrés à la rencontre avec des sponsors. De quoi susciter de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux alors que l’avion est un transport au coût environnemental particulièrement élevé. C’est ce que nous expliquons dans le 50e épisode de l’ Enver(t) du décor , le podcast environnement du service du HuffPost.

Une banalité dans le monde du football

Plus pratique que le train (on imagine la cohue de voir Mbappé dans son wagon), et plus rapide que le bus, l’avion est le moyen de transport privilégié, l’avion est le moyen de transport le plus utilisé dans le monde du football.

En 2020, la LFP (Ligue de Football professionnelle) avait réalisé une étude auprès des 40 clubs professionnels français . Sur l’ensemble des matchs de la saison 2019-2020 de Ligue 1 et de Ligue 2, 65 % des trajets ont été effectués en avion, 31 % en bus et seulement 4 % en train.

L’argument de l’organisation et du confort (notamment du repos entre les matchs) est régulièrement avancé par les clubs, mais il n’empêche pas de s’interroger lorsqu’un club comme le Paris Saint Germain effectuer un vol de 20 minutes pour aller à Bruges, comme ce fut le cas en septembre dernier. Le trajet en bus aurait duré un peu plus de 3 heures.

“Ce type d’habitude doit changer pour être en phase avec les enjeux écologiques de notre société. Sinon, à terme le football n’existera plus”, regrette Antoine Miche pour OuestFrance , président de l’association Football écologie France.

À voir également sur le HuffPost: Jour de la Terre: le changement climatique s’emballe, la preuve en cinq animations

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    Le cycle de l'eau est en train de changer, et c'est inquiétant

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 2 May - 12:31 · 3 minutes

Le cycle de l Le cycle de l'eau est en train de s'intensifier à cause du réchauffement climatique.

DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE - La nouvelle n’augure rien de bon. Selon de nouvelles données satellitaires, le cycle de l’eau est en train de s’intensifier. Schématiquement, les eaux douces deviennent plus fraîches et les eaux salées deviennent plus salées, à un rythme de plus en plus rapide partout dans le monde.

Tel est l’inquiétant constat de chercheurs européens et de l’Institut des Sciences Marines de Barcelone, publié le 15 avril dernier dans la revue Scientific reports . Ces résultats font écho à une étude précédente publiée dans Nature , et relevant des changements radicaux et très rapides dans le cycle de l’eau.

Conséquence de cela, les sécheresses, les tempêtes et les inondations vont voir leur fréquence et leur intensité augmenter. Cette étude rejoint dans ce sens l’estimation de l’Onu selon laquelle le monde pourrait connaître d’ici 2030 environ 560 catastrophes par an .

Le mouillé devient plus mouillé et le sec devient plus sec

Pour analyser le cycle de l’eau, cette nouvelle étude se base sur des données satellitaires mondiales, alors que généralement les chercheurs recueillent des informations par le biais de bouées de salinité (mesurant le taux de sel) dans les océans . C’est ce qui leur a permis de confirmer une forte accélération du cycle global de l’eau.

Concrètement, à mesure que les températures mondiales augmentent, les climatologues s’attendent à une plus grande évaporation à la surface de l’océan, ce qui rendra la couche supérieure de la mer plus salée et ajoutera de l’humidité à l’atmosphère. Ceci, à son tour, augmentera les précipitations dans d’autres parties du monde, diluant certaines masses d’eau pour les rendre encore moins salées. Résultat, le mouillé devient plus mouillé et le sec devient plus sec.

Le cycle de l Le cycle de l'eau est perturbé par le réchauffement climatique.

Quelles conséquences ?

Si le réchauffement climatique se poursuit, le cycle de l’eau se verra profondément modifié, entrainant d’importantes conséquences pour nos sociétés. Les sécheresses et pénuries d’eau augmenteront en gravité, de même que les tempêtes et autres inondations .

Certains écosystèmes seront plus durement touchés que d’autres, comme l’a clairement indiqué le rapport du GIEC du 28 février dernier . Par exemple, les pays méditerranéens ou l’Amérique centrale deviendront tous plus secs, tandis que les régions de mousson verront les pluies augmenter.

Ce changement du cycle de l’eau pourrait également avoir commencé à accélérer la fonte des neiges . En effet, les précipitations ont augmenté dans les régions polaires. Or, comme l’explique Estrella Olmedo, mathématicien de l’Institut des sciences marines de Barcelone, “le fait qu’il pleuve au lieu de neiger accélère la fonte”.

Il est possible de limiter les dégâts

Selon le GIEC, même si les gouvernements du monde atteignent leur objectif de maintenir le réchauffement climatique à un plafond de 2℃, les évènements extrêmes vont s’intensifier de 14% (par rapport à 1900). Alors que près d’un quart de la planète connait déjà des pénuries d’eau, les conséquences de ce changement risquent de s’avérer désastreuses.

Mais il ne s’agit là que du meilleur scénario, et le pire peut encore être évité. Pour ce faire, il est urgent de limiter le réchauffement climatique. En effet, des décennies de recherche scientifique ont montré la relation extrêmement claire entre les émissions de gaz à effet de serre et la hausse des températures mondiales, qui à son tour entraîne l’intensification du cycle de l’eau.

À voir également sur le HuffPost: Canicule extrême en Inde, un incendie ravage une décharge de Delhi et étouffe ses habitants

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    Voitures: 82% des conducteurs sont toujours seuls le matin

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 23 April - 13:29 · 3 minutes

Des voitures sur l Des voitures sur l'autoroute A10 près de Saint-Arnoult-en-Yvelines le 8 août 2020

AUTOMOBILE - Le comportement des automobilistes français de nouveau dans le viseur. Alors que plus d’un tiers des conducteurs avouent rouler sur la voie centrale de l’autoroute sans jamais se rabattre à droite, plus de huit automobilistes sur dix continuent de se déplacer seuls dans leur voiture le matin.

Sur 1,5 million de véhicules analysés par le gestionnaire d’ autoroute Vinci à l’automne 2021 à proximité de grandes agglomérations, entre 8h et 10h en semaine, 82,6% ne transportaient qu’une personne à l’avant, indique une étude publiée le 20 avril. Le gestionnaire d’autoroute a analysé les données fournies par des caméras sur ses autoroutes.

“L’autosolisme” connaît un pic à 8h, heure de pointe des déplacements domicile-travail, avec 89% de personnes seules. Il diminue ensuite pour passer sous les 75% vers 10h, explique l’étude.

Les taux varient également selon les villes. Il y a plus de conducteurs seuls sur l’A11 au nord de Nantes, sur l’A10 à Tours ou sur l’A62 à Toulouse, que sur l’A83 au sud de Nantes ou sur l’A8 entre Nice et Aix-en-Provence.

Ces villes où les conducteurs sont le plus souvent seuls au volant de leur voiture le matin Ces villes où les conducteurs sont le plus souvent seuls au volant de leur voiture le matin

Les autoroutes représentent un quart des émissions de CO2 des transports

La lutte contre “l’autosolisme”, notamment via le covoiturage, est une des pistes principales du gouvernement pour limiter le trafic et donc la pollution atmosphérique . Les autoroutes représentent 1% du réseau routier français, mais 30% des distances parcourues et 25% des émissions de CO2 des transports, selon l’Union routière.

“Même si l’autosolisme est très majoritaire”, cette étude “montre que la pratique de la mobilité partagée et son potentiel de développement restent sous-évalués, y compris dans le cadre des trajets du quotidien”, souligne Pierre Coppey, président de Vinci Autoroutes.

En 2019, le gouvernement s’était donné pour objectif en 2019 de tripler en cinq ans la part du covoiturage domicile-travail, pour passer à trois millions de covoitureurs. Soit faire rouler un million de voitures en moins par jour sur les routes françaises.

La loi permet depuis 2019 de réserver des voies au covoiturage, comme il en existe depuis de nombreuses années en Amérique du Nord ou ailleurs.

Multiplication des voies réservées aux VR2+

Plusieurs voies réservées aux “VR2+” (véhicules transportant à minima 2 occupants, transports en commun, les taxis, véhicules à très faibles émissions) ont été mises en service à Lyon, Grenoble, Strasbourg, Bordeaux ou en région parisienne, selon le Centre national d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).

La multiplication de ces voies réservées passe par “un contrôle performant du nombre d’occupants”, souligne le Cerema. Plusieurs dispositifs ont été testés, comme à Rouen ou à la douane franco-suisse de Thônex-Vallard.

Certains appareils de comptage apparaissent suffisamment fiables pour afficher des messages pédagogiques, mais pas assez pour permettre des sanctions automatisées. L’homologation d’une solution de contrôle automatisé n’est pas attendue avant fin 2023, a indiqué le Cerema, mais des solutions de vidéo-verbalisation assistées par ordinateur pourront être mises en œuvre avant cette date.

Vinci, qui commercialise sa solution de comptage via sa filiale Cyclope.ai, compte publier une mise à jour de son baromètre en juin.

À voir également sur Le HuffPost: Un iceberg grand comme Paris se détache de l’Antarctique

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    Giec: les plus riches représentent près de la moitié des émissions

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 4 April - 18:50 · 3 minutes

Selon le Giec, les plus riches représentent près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Selon le Giec, les plus riches représentent près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre.

GIEC - Sans surprise, les plus riches sont les plus émetteurs de gaz à effet de serre . Les ménages avec les 10% des plus hauts revenus dans le monde représentent à eux seuls entre 36% et 45% des émissions totales de gaz à effet de serre responsables du changement climatique , soulignent les experts climat de l’ONU ( Giec ) dans un rapport publié ce lundi 4 avril.

Parmi ces 10% de plus aisés, les deux tiers vivent dans les pays développés. L’empreinte carbone des riches est 175 fois plus importante que les 10% des ménages les plus pauvres, insiste encore le Giec. Les émissions liées au mode de vie des classes moyennes et défavorisées des pays développés sont quant à elles de 5 à 50 fois plus élevées que celles de leurs homologues dans les pays en développement.

Soulignant la différence entre “nécessité” et “luxe”, le rapport insiste d’un côté sur le besoin d’un niveau de vie “décent” pour tous, et de l’autre sur le fait que les plus riches peuvent réduire leurs émissions en maintenant leur bien-être.

+3,2°C d’ici à 2100, alerte le Giec

Le troisième volet de la trilogie scientifique des experts climat de l’ONU ( Giec ) publié ce lundi ne laisse pas de place au doute: “C’est maintenant ou jamais”, résume Jim Skea, coprésident du groupe ayant produit cet opus de près de 3.000 pages.

Sans une réduction “rapide, radicale et le plus souvent immédiate” des émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs, il ne sera pas possible de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, ni même à +2°C.

Sans un renforcement des politiques actuelles, le monde se dirige vers un réchauffement de +3,2°C d’ici à 2100. Et même si les engagements pris par les Etats étaient tenus, le mercure monterait de +2,8°C, alors que chaque dixième de degré supplémentaire provoque son lot de nouvelles catastrophes climatiques.

Pour ne pas aller droit vers cet avenir de souffrances, il faudrait que les émissions atteignent leur pic avant 2025, dans moins de trois ans, et diminuent de près de la moitié d’ici 2030 par rapport à 2019, selon le Giec.

Pour respecter +1,5°C, l’usage du charbon sans capture de carbone (une technologie non mature à grande échelle) devrait être totalement stoppé et ceux du pétrole et du gaz réduits de 60% et 70%, respectivement, d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 2019.

“Sobriété”

Au quotidien, chacun peut agir, remarque aussi le Giec qui préconise certains comportements avec un mot d’ordre, la “sobriété”. Parmi eux: éviter des comportements très énergivores, passer à des technologies moins émettrices pour le même service, améliorer l’efficacité énergétique des technologies existantes, éviter de prendre l’avion et privilégier le train, passer à un régime plus végétal, renforcer l’efficacité énergétique des bâtiments...

“Choisir des options bas-carbone, comme vivre sans voiture, des régimes alimentaires sans ou avec peu de produits animaux, des sources d’électricité et de chauffage bas-carbone à domicile et des vacances locales, peut réduire l’empreinte carbone d’un individu jusqu’à 9 tonnes d’équivalent CO2” par an, évalue le Giec, sans préconiser tel ou tel scénario.

Mais l’empreinte carbone annuelle de certains humains est bien inférieure à ces 9 tonnes évoquées. Par exemple, l’empreinte carbone moyenne par habitant en Afghanistan n’atteint même pas 1 tonne, quand celle d’un Français atteint un peu plus de 10 tonnes, et que les écarts à l’intérieur d’un pays peuvent être immenses, de 1 à plus de 100 tonnes.

Refusant de faire porter la responsabilité de cette transition aux gestes individuels, le Giec souligne que réduire les émissions par la demande “est plus qu’un changement de comportement”.

Cinq “moteurs” doivent être actionnés ensemble: “individus (choix de consommation), culture (normes sociales, valeurs), entreprises (investissements), institutions (action politique), et changements d’infrastructures”. Pour un citoyen, se lancer dans l’aventure ”éviter, changer, améliorer” requiert “un soutien important” à travers des politiques publiques pour faire sauter les “verrous d’infrastructure, institutionnels et socio-culturels”.

À voir également sur Le HuffPost: Réchauffement climatique: aux pôles, l’autre catastrophe qui passe inaperçue

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    Margaret Atwood et Thomas Piketty dans le livre de Greta Thunberg

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 1 April - 09:09 · 2 minutes

Greta Thunberg prend la parole à Glasgow, en Ecosse, lors d

ENVIRONNEMENT - Greta Thunberg s’apprête à publier un livre sur la crise climatique, en collaboration avec une centaine de personnalités engagées dans la cause environnementale. La maison d’édition britannique Penguin Random House a annoncé jeudi 31 mars que The Climate Book sortira en octobre 2022 en Grande-Bretagne.

Margaret Atwood, Thomas Piketty, Katharine Hayhoe... Ils seront nombreux à figurer dans le livre , selon une information de The Guardian . “J’ai invité près de 100 personnalités du monde entier - scientifiques, experts, activistes et auteurs pour créer un lire qui couvre la crise climatique et écologique d’un point de vue holistique”, a également twitté la principale intéressée le jeudi 31 mars.

“Le changement climatique n’est qu’un symptôme d’une crise bien plus durable. J’espère que ce livre pourra être une ouverture pour comprendre ces crises étroitement connectées entre elles”, a déclaré Greta Thunberg dans une déclaration relayée par The Guardian.

La militante partagera également sa propre expérience d’activisme environnemental, abordant notamment la question du Greenwashing. Cette méthode de marketing, utilisant l’argument écologique auprès des consommateurs, est considérée par la jeune activiste comme un de nos plus gros problèmes. Mais elle le perçoit également comme notre plus grande source d’espoir. Selon elle, une fois que nous aurons toutes les informations en tête, nous serons alors capables d’agir.

A seulement 19 ans, Greta Thunberg a déjà publié trois livres: Scènes du cœur , Notre maison est en feu , et Rejoignez-nous , un livre regroupant une collection de ses discours-phares. Ce nouvel ouvrage, sans doute le plus approfondi, rassemble les connaissances et les expériences de personnalités d’horizons différents. Un travail d’équipe qui, elle l’espère, fera la différence.

À voir également sur Le HuffPost : Réchauffement climatique: aux pôles, l’autre catastrophe qui passe inaperçue

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    L'Amazonie risque de se transformer en Savane plus vite que prévu

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 8 March - 11:18 · 3 minutes

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RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE - Alarmant. Tel est le constat d’une nouvelle étude publiée le 7 mars dans la revue Nature Climate Change . Selon cette dernière, l’Amazonie approche plus rapidement que prévu d’un “point de bascule” qui pourrait transformer en savane ce puits de carbone vital pour l’ équilibre de la planète .

Afin de comprendre ce changement, des chercheurs ont analysé 25 années de données satellitaires. L’objectif était d’évaluer la résilience de la forêt amazonienne face à des traumatismes comme les incendies ou les sécheresses. Pour ce faire, les chercheurs ont analysé des données mesurant sa biomasse et la “verdure” de la canopée.

Changements dans la résilience de la végétation amazonienne depuis les années 1990 

Les résultats sont inquiétants, alors que cet indicateur clé de la santé des écosystèmes amazoniens a diminué sur plus de 75% de sa surface. “Beaucoup de chercheurs ont théorisé un point de bascule (...) Notre étude fournit des preuves empiriques vitales que nous approchons de ce seuil”, analyse Niklas Boers, professeur à l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam (PIK) et co-auteur de l’étude.

L’activité humaine, facteur aggravant

Si l’Amazonie tend dangereusement vers une transformation de son écosystème, c’est à cause d’une combinaison d’éléments. En effet comme le relève Tim Lenton, professeur de l’université britannique d’Exeter et co-auteur de l’étude, les endroits ou l’Amazonie souffre le plus sont notamment les zones proches d’activités humaines.

C’est notamment le cas au Brésil, qui possède 60% de la forêt amazonienne sur son territoire. Depuis l’accession au pouvoir du président Jair Bolsonaro en 2019, la déforestation s’est aggravée jusqu’à atteindre des niveaux records. Une récente étude a ainsi affirmé que la forêt tropicale est passée de “puits de carbone” à source de carbone nette, relâchant sur la dernière décennie 20% de plus de ce puissant gaz à effet de serre qu’elle n’en a absorbé.

En conséquence, le réchauffement climatique, doublé de l’activité humaine transforme l’Amazonie à un rythme soutenu. Comme le présente le chercheur Tim Lenton, “Ces deux facteurs interagissent, donc il y a des inquiétudes que la transition se produise encore plus tôt”.

Cela fait écho au dernier rapport du Giec , le groupe d’experts climatiques de l’ONU. Sorti le 28 février dernier, il soulignait à quel point les écosystèmes naturels étaient menacés alors même que leur bonne santé pourrait contribuer efficacement à la lutte contre le changement climatique. Terres et végétation ont ainsi, bon an mal an, absorbé un tiers des émissions de CO2 depuis 1960.

D’importantes répercussions sur le climat

La transformation en savane du bassin amazonien aurait des conséquences énormes, alertent les auteurs. À l’échelle régionale, ce n’est pas la forêt seule qui souffrirait: “si vous perdez le rôle de l’Amazonie dans le cycle des pluies, il pourrait y avoir des conséquences pour le centre du Brésil, cœur agricole du pays”, souligne Tim Lenton.

Quelque 90 milliards de tonnes de CO2 - soit deux fois les émissions annuelles mondiales toutes sources confondues - pourraient alors être relâchées dans l’atmosphère... accentuant encore le réchauffement .

Outre l’Amazonie, des systèmes aussi importants pour l’équilibre planétaire que les calottes glaciaires , le “permafrost” (sol gelé en permanence, présent notamment en Sibérie) qui contient d’énormes quantités de méthane ou de CO2 seraient menacés. Ce serait également le cas pour les récifs coralliens, les moussons dans le sud de l’Asie ou encore les courants maritimes atlantiques. Finalement, ces changements pourraient radicalement modifier le monde dans lequel nous vivons.

“Si on perd trop de résilience, le dépérissement pourrait devenir inévitable. Mais ça ne sera évident qu’une fois passé l’événement qui fera basculer le système”, prévient le chercheur Niklas Boers.

Pour son collègue Tim Lenton, il y a cependant une mince chance de rétablir la situation. “Si on pouvait faire rebaisser la température, même après le point de bascule, on pourrait peut-être retourner les choses”. Mais il faudrait compter sur des techniques d’extraction massive du CO2 de l’atmosphère, non opérationnelles, “et qui comportent leurs propres risques”.

À voir également sur Le HuffPost :2022 brebis défilent sur les Champs-Élysées en clôture du Salon de l’Agriculture

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    Climat: Refroidir la Terre en reflétant les rayons du Soleil, ces scientifiques sont contre

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 17 January - 08:33 · 3 minutes

Refléter les rayons du Soleil pour limiter la hausse des températures à l

CHANGEMENT CLIMATIQUE - Refléter les rayons du Soleil pour refroidir la surface de la Terre et limiter le réchauffement climatique ? Une fausse bonne idée pour 60 experts et scientifiques. Dans une lettre publiée ce lundi 17 janvier, ils estiment que les projets de géo-ingénierie solaire sont potentiellement dangereux et devraient être bloqués par les gouvernements.

Il s’agit de l’un des projets les plus controversés de modification intentionnelle des rayonnements solaires. Injecter des milliards de particules de soufre dans la couche supérieure de l’atmosphère pourrait renvoyer une partie des rayons du soleil, mais les effets secondaires risquent de dépasser les bénéfices, insiste cette lettre ouverte accompagnée d’un texte dans la revue WIREs Climate Change .

Échec à réduire les émissions de CO2

Pour les signataires, “le déploiement de la géo-ingénierie solaire ne peut pas être géré au niveau mondial de manière juste, inclusive et efficace”. Ils appellent “donc les gouvernements, l’ONU et autres acteurs à prendre des mesures politiques immédiates pour empêcher la normalisation de la gé-oingénierie solaire en tant qu’option contre le réchauffement ”.

La planète a gagné environ +1,1°C depuis l’ère pré-industrielle , entraînant déjà une multiplication des canicules, inondations ou tempêtes. Le monde s’est engagé à limiter ce réchauffement bien en deçà de +2°C, +1,5°C si possible, mais les experts climat de l’ONU (Giec) estiment que le seuil de +1,5°C pourrait déjà être atteint autour de 2030. En novembre, les représentants mondiaux se sont mis d’accord sur un texte dont la portée a été jugée restreinte à l’issue de la Cop26 .

Et face à l’échec à réduire les émissions de CO2 responsables du réchauffement, certains responsables politiques soutiennent désormais la géo-ingénierie, pour gagner du temps.

L’exemple de l’éruption du volcan Pinatubo

Les scientifiques savent depuis longtemps qu’injecter d’importants volumes de particules réfléchissantes dans la couche supérieure de l’atmosphère pourrait refroidir la planète. Les projections de l’éruption du volcan Pinatubo aux Philippines en 1991 avaient d’ailleurs réduit la température moyenne de la surface de la Terre pendant un an.

Mais la lettre ouverte met surtout en avant les risques. Des études déjà publiées ont montré qu’une modification intentionnelle des rayonnements solaires pourrait par exemple perturber le régime des moussons en Asie du Sud et dans l’ouest de l’Afrique et pourrait ainsi détruire les cultures dont des centaines de millions de personnes dépendent.

Et si la modification des rayonnements prenait fin “pour une raison quelconque, il est très probable que la température de la surface augmenterait rapidement”, estime le Giec. De plus, cette technologie n’empêcherait pas le CO2 de continuer à s’accumuler dans l’atmosphère.

Bloquer les financements et l’expérimentation

Les signataires, comme le professeur Aarti Gupta de l’université néerlandaise de Wageningen ou le président de l’Agence allemande de l’environnement Dirk Messner, s’inquiètent également du risque de créer un faux espoir de solution face au réchauffement, ce qui pourrait “dissuader les gouvernements, les entreprises et les sociétés de faire tout leur possible pour parvenir à la neutralité carbone dès que possible”.

Enfin, les experts soulignent l’absence de gouvernance pour surveiller ces projets. Alors la lettre ouverte appelle à un “accord international de non-utilisation” qui bloquerait le financement, l’expérimentation et l’octroi de brevets à ces technologies, sans pour autant mettre un terme aux recherches scientifiques.

À voir également sur Le HuffPost: À Sydney, elles dansent sur un iceberg contre le réchauffement climatique

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    Don’t look up : déni politico-médiatique

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Wednesday, 5 January - 12:03 · 9 minutes

Propulsé par un casting impressionnant, le film Don’t look up : déni cosmique propose une critique radicale de notre société, en forme d’allégorie de notre réponse au changement climatique. De nombreuses critiques publiées à ce jour semblent pourtant tomber dans le travers dénoncé par le film : elles se détournent de l’essentiel et ratent le principal message de cette satire extrêmement dense.

Véritable ovni cinématographique, Don’t look up emprunte au genre satirique et aux films catastrophes pour aborder un sujet réputé impossible à traiter au cinéma : la crise climatique. Il s’agit d’un véritable tour de force, dont le succès commercial s’annonce tonitruant. À en juger par les réactions qu’il suscite et l’explosion du mot dièse #Dontlookup sur les réseaux sociaux, cette production Netflix pourrait rapidement atteindre le statut de phénomène culturel.

Aux origines du projet, nous retrouvons David Sirota, journaliste et écrivain américain, ancienne plume et conseiller de Bernie Sanders. Lors d’une conversation avec son ami réalisateur Adam McKay, Sirota encourageait ce dernier à « utiliser son talent comique au service de la cause climatique » . McKay s’est rendu célèbre en signant les comédies cultes Anchorman (1 et 2), Talladega Nights et Step brothers ( Frangins malgré eux ). Il a longtemps été l’un des principaux auteurs de l’émission satirique Saturday Night Live , véritable institution aux États-Unis, avant de se mettre derrière la caméra pour des films plus engagés. Parmi ces films, le très remarqué The Big Short ( Le casse du siècle ) sur la crise des subprimes de 2008, puis Vice , portrait au vitriol de Dick Cheney, le vice-président de Georges Bush. Un prétexte pour livrer un réquisitoire contre le système politique américain.

Malgré les encouragements de Sirota, McKay rechignait à faire un film sur le réchauffement climatique. Le genre post-apocalyptique à la Mad Max ne le séduisait guère. Alors qu’ils continuaient de tester des idées de scénario, David Sirota se plaint du manque de couverture médiatique sérieuse sur la crise climatique : « tu sais, c’est comme si une comète géante fonçait sur la Terre et que tout le monde s’en foutait » . McKay lui répond alors : « attend, peut être que c’est ça, notre film » . Quelques sessions de travail plus tard, la base du scénario est posée.

Allégorie climatique

L’intrigue de Don’t look up (à traduire comme « ne regardez pas en haut » ) est assez simple. Deux scientifiques de second rang, Randall Mindy et Kate Dibiasky, superbement joués par Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence, découvrent une comète de 10 km de diamètre se dirigeant vers la Terre. L’impact, prévu dans 6 mois et 14 jours, anéantira l’espèce humaine. Si la NASA  confirme leurs calculs, les pouvoirs politiques et médiatiques choisissent d’ignorer le problème. Que ce soit la Maison-Blanche, dirigée par la  présidente Janie Orlean (Merryl Streep) et son fils, directeur de cabinet (Johan Hill), les journalistes du premier talk-show du pays (Kate Blanchet et Tyler Perry ), les deux principaux influenceurs/ pop star du moment (Adriana Grande et Kid Cudi) ou même le prestigieux New York Herald , personne ne juge l’information suffisamment urgente, certaine ou vendeuse pour être prise au sérieux. Les deux scientifiques vont, avec l’aide du directeur du centre de Défense planétaire de la NASA, Dr. Teddy Oglethorpe (remarquable Rob Morgan), partir en croisade pour tenter d’alerter l’humanité. Ils vont se heurter à tous les verrous institutionnels et absurdités que notre société néolibérale est capable de produire. Des cométo-sceptiques qui refusent de « regarder en haut » l’astre bientôt visible à l’œil nu jusqu’aux milliardaires de la Silicon Valley (symbolisés par le PDG de la société « BASH » , personnage issu d’un savant mélange entre Steve Jobs, Elon Musk et Mark Zuckerberg), personne ne semble capable de se hisser à la hauteur de l’enjeu.

Si la taille des ficelles frise par moment le grotesque, le propos reste d’une intelligence rare. Les parallèles avec notre monde contemporain sont innombrables et les problématiques abordées d’une extrême densité. L’évolution de certains personnages, qui font face au risque de cooptation par le système, rappelle furieusement le dilemme qui se pose aux opposants de gauche souhaitant changer les institutions de l’intérieur. Faut-il avaler toutes les couleuvres pour conserver un siège à la table des négociations, ou mieux vaut-il se révolter ?

Loin d’être une satire nihiliste où tout le monde en prend pour son grade, comme le résument la plupart des critiques, Don’t look up est avant tout une dénonciation des dominants, des ultras riches et du pouvoir capitaliste. Et une invitation à regarder la comète en face pour agir enfin.

Déni médiatique (spoiler alerte)

En réalité, la société dépeinte par Adam McKay ne se contente pas d’être abrutie par les « challenges » qui fleurissent sur les réseaux sociaux et par les politiciens qui font des campagnes sur le thème Don’t look up pour convaincre la population de faire confiance au système. De manière assez notable, le film montre à quel point, lorsqu’elle dispose des bonnes informations et d’une classe dirigeante un minimum à la hauteur, l’humanité se comporte rationnellement. Elle s’unit derrière le projet de détruire la comète, annulé au dernier moment par la Maison-Blanche sur injonction du milliardaire-PDG de BASH. Les personnes qui apprennent la cause de cette volte-face (exploiter les terres rares contenues dans la comète afin d’enrichir quelques industriels) déclenchent une émeute parfaitement appropriée. De nombreux individus et collectifs entrent en lutte. Les pop stars, décriées au début du film, se rallient à la cause.

Par contre, les puissants de notre monde s’avèrent en dessous de tout. La classe politique américaine, bien sûr. Mais au-delà, les élites économiques (la bourse atteint des sommets alors que la comète devient visible à l’œil nu), le système médiatique motivé par le profit (le New York Times compris), les milliardaires de la Silicon Valley et autres partisans de la solution technologique au réchauffement climatique. Chaque scène, ou presque, contient une critique d’un de ces pouvoirs.

Le FBI et l’appareil d’État musèlent les différents lanceurs d’alertes manu militari puis à coup d’avocats et de procès, en invoquant le secret défense. Un triste rappel des agissements  de l’administration Obama, Trump puis Biden contre les lanceurs d’alertes poursuivis, voire torturés, quel que soit le parti au pouvoir.

Le PDG de BASH dispose d’un accès privilégié à la Maison-Blanche malgré son absence de légitimité démocratique ou d’expertise, car il est « le principal donateur » de la campagne de la présidente. Un exemple chimiquement pur de la corruption des politiques par le pouvoir économique et de la fascination qu’exercent les pontes de la Silicon Valley sur les classes dirigeantes. Ici, pour vendre son projet d’exploitation de la comète, le fondateur de BASH invoque la possibilité d’éradiquer la faim dans le monde. « C’est avec ce joli ruban qu’ils comptent enrober leur tissu de mensonges » , rétorquent Dr. Teddy Oglethorpe et Kate Dibiasky. Cette dernière finira par rentrer chez ses parents, pour découvrir qu’ils ont gobé la propagande du système : « Avec ton père, on est pour les emplois que la comète va apporter » . Cruel rappel du discours opposant lutte contre la crise climatique et emploi, utilisé par le capitalisme pour justifier la fuite en avant.

Dans Don’t look up , l’humanité n’est pas responsable de l’inaction qui conduit à la catastrophe. Les coupables sont les élites dirigeantes, leurs relais médiatiques et le pouvoir économique. Si le parallèle avec la crise climatique n’était pas assez complet, le film en remet une couche avec son coup de génie final : les dirigeants responsables du désastre n’en payent pas les conséquences. Ils s’échappent à l’aide d’un vaisseau spatial affrété clandestinement.

Appel à l’action

Les scientifiques lanceurs d’alertes se heurtent également à leur classe sociale. Leur découverte est mise en cause par les dirigeants car ils ne viennent pas des universités privées (Ivy League) les plus prestigieuses du pays. Ou bien ils n’occupent pas de postes suffisamment élevés dans la haute administration. Lorsqu’ils s’énervent et montrent leurs émotions à la télévision, leurs propos sont disqualifiés par les tenant de la bienséance. À ce titre, le film revêt également une critique de classe qui fait surface à de nombreuses reprises. En temps de Covid et face à la catastrophe écologique en cours, nous nous identifions facilement à la frustration causée par les élites qui prétendent que la comète est sous contrôle et qu’il faut continuer de suivre une vie normale. Surtout, don’t look up !

Même à travers l’arc des personnages, nous ressentons une mise au banc du système néolibéral. La vedette de télévision jouée par Cate Blanchett n’est pas arrivée à son poste par hasard. Elle concède être la fille d’un richissime homme d’affaires. Si elle est bardée de diplômes, elle accepte de jouer le rôle d’une dinde écervelée sur le petit écran, comme de nombreux journalistes de Fox News dans la vraie vie. Cynique, mais animée par un certain dégoût d’elle-même, elle en devient presque attachante, apparaissant également comme une victime – à un certain niveau.

L’arc narratif du professeur Mindy (DiCaprio) permet à McKay et Sirota de délivrer la morale du film. D’abord rationnel et déterminé à sauver l’humanité, il a des difficultés à être pris au sérieux. Il est un temps coopté par le système. Au point de renier ses collègues, de se couper de sa famille et d’accepter de faire la propagande du gouvernement. Les doutes qu’ils expriment sont ridiculisés par le PDG de BASH, dont les algorithmes surpuissants peuvent prédire la mort des individus : pour lui, ce sera « seul, complètement seul » . Quant à la présidente, elle sera « dévorée par un brontéroc » . De ces deux destins, le premier semble le plus probable. Mindy parvient pourtant à échapper à la prédiction, en se révoltant contre le système puis en regagnant la confiance de ses proches, par l’action. Lorsque la fin arrive, il peut se féliciter d’avoir « tout essayé » et meurt dans la joie, entouré de sa famille, tout en lâchant cette phrase à destination du public « on avait vraiment tout, n’est-ce pas ? Franchement, quand on y pense » . La présidente des États-Unis, elle, n’évitera pas sa mort violente, liée à sa condition de défenseuse absolue du système.

Si la fin relève un caractère très touchant, dramatique, voire déprimant pour une comédie inspirée des films catastrophes, on peut la voir comme un appel à l’action. À commencer par le discours tenu vis-à-vis du film. Plutôt que de débattre de la qualité de l’humour et de la prestation de Meryl Streep, il serait grand temps de regarder la comète en face et de prendre la crise climatique au sérieux…