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    Et maintenant, c’est au tour du Canada de bannir Huawei

    news.movim.eu / Numerama · 05:39

Huawei

Le Canada rejoint la liste de pays qui n'ont pas l'intention de laisser la moindre place à Huawei sur le réseau 5G. [Lire la suite]

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    Un important « réseau clandestin » continue de miner du bitcoin en Chine

    news.movim.eu / Numerama · 3 days ago - 12:24

Les mineurs ont officiellement l'interdiction d'exercer en Chine depuis 2021. Pourtant, une étude de l'université de Cambridge montre que le pays est toujours l'un des hubs les plus importants au monde pour le minage de crypto-monnaies. [Lire la suite]

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    Corée du Nord: l'épidémie de "fièvre" s'accélère, le Sud et la Chine proposent leur aide

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 06:51 · 5 minutes

L'épidémie de L'épidémie de "fièvre" s'accélère en Corée du Nord, le Sud et la Chine proposent leur aide (Photo d'une télé à Tokyo diffusant une image de Kim Jong Un le 13 mai
2022. Par AP Photo/Shuji Kajiyama)

COVID - Vingt et un décès supplémentaires dus à la “fièvre” sont survenus en Corée du Nord qui a fait état ce samedi 14 mai de plus d’un demi-million de malades, deux jours après l’annonce officielle du tout premier cas de Covid-19.

“Le nombre de personnes présentant de la fièvre entre fin avril et le 13 mai est supérieur à 524.440”, selon KCNA, l’agence de presse d’Etat qui a rapporté 27 décès au total.

Ce pays reclus, de 25 millions d’habitants, avait annoncé jeudi ses premiers cas de coronavirus , déclarant passer en régime de “prévention d’urgence maximale des épidémies” - ce qui implique des mesures de confinement -, après que des personnes avaient été testées positives au sous-variant BA.2 d’Omicron. Il avait également annoncé son premier mort.

Un manque de capacité de dépistage

Pour la seule journée de vendredi, “plus de 174.440 personnes ont présenté la fièvre, au moins 81.430 sont totalement rétablies et 21 sont décédées”, a rapporté KCNA.

Elle ne précise pas si ces nouveaux cas et ces décès ont tous été testés positifs au Covid-19 mais les experts affirment que le pays n’a pas la capacité de tester massivement sa population.

“Il n’est pas exagéré de considérer que ces cas de ‘fièvre’ sont tous des cas de coronavirus, étant donné le manque de capacité de dépistage, a estimé Cheong Seong-chang, spécialiste de la Corée du Nord à l’Institut Sejong. “Le nombre réel de cas de Covid pourrait être plus élevé que les chiffres faisant état des personnes fiévreuses en raison de nombreux cas asymptomatiques”, selon lui.

La presse officielle a déclaré que ces premiers décès étaient “dus à la négligence, notamment à une surdose de médicaments, en raison de la méconnaissance des méthodes de traitement scientifiques”.

“Minimiser les pertes humaines”

La Corée du Nord, qui a été l’un des premiers pays au monde à fermer ses frontières en janvier 2020 après l’apparition du virus dans la Chine voisine, s’est longtemps vantée de sa capacité à tenir le virus à distance. Elle n’avait jusqu’alors signalé aucun cas confirmé de Covid-19 à l’OMS.

Le dirigeant Kim est apparu pour la première fois à la télévision portant un masque, après avoir présidé jeudi une réunion d’urgence du bureau politique sur la situation épidémique. Il avait alors ordonné des mesures de confinement pour tenter d’enrayer la propagation du virus.

Samedi, une deuxième réunion du bureau politique s’est tenue, au cours de laquelle le dirigeant a reconnu que “la propagation d’une maladie maligne vient bouleverser notre pays”, selon KCNA.

Il a promis une “distribution rapide de médicaments d’urgence” et a assuré vouloir introduire “des méthodes de traitement pour les patients, y compris ceux ayant des constitutions spéciales” afin de “minimiser les pertes humaines”. Il s’est dit “convaincu” de pouvoir “vaincre cette maladie infectieuse malveillante dans les plus brefs délais”, a ajouté l’agence.

Mais le système de santé du pays - l’un des pires au monde - est en ruine et manque de médicaments et d’équipements essentiels, alertent les experts. Kim a annoncé qu’il adopterait le modèle chinois de lutte contre le coronavirus. “Nous devrions tirer les leçons des expériences et réalisations fructueuses du Parti communiste chinois et de son peuple dans la prévention du virus”, a-t-il déclaré.

Un approvisionnement auprès de la Chine

La Chine, seule grande économie du monde à maintenir une politique zéro Covid, est cependant aux prises avec de multiples foyers d’Omicron en dépit de stricts confinements et de dépistages massifs à travers le pays.

Autre défi de taille pour la Corée du Nord: aucun des 25 millions d’habitants n’est vacciné contre le coronavirus, Pyongyang ayant rejeté les offres de vaccination de l’OMS, de la Chine et de la Russie. Pékin a offert jeudi son aide à la Corée du Sud et Séoul a proposé vendredi d’envoyer des vaccins.

Selon Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes, les déclarations du leader indiquent également qu’il “essaiera de s’approvisionner auprès de la Chine”.

Toujours plus d’armes nucléaires

En dépit de cette flambée épidémie, de nouvelles images satellites montrent que la Corée du Nord a repris la construction d’un réacteur nucléaire longtemps à l’arrêt.

“Je ne peux pas vous dire quand le réacteur sera prêt à fonctionner, mais il est environ dix fois plus grand que le réacteur existant à Yongbyon”, a écrit samedi sur Twitter Jeffrey Lewis, de l’Institut Middlebury en Californie.

“Il produirait dix fois plus de plutonium pour les armes nucléaires, a-t-il affirmé, ajoutant: “Cela concrétiserait la promesse de Kim d’augmenter le nombre d’armes nucléaires” qu’elle possède.

Les États-Unis et la Corée du Sud ont récemment affirmé que Pyongyang se préparait à effectuer un nouvel essai nucléaire de manière imminente.

Pour des analystes, Kim pourrait y procéder plus vite que prévu afin de détourner l’attention de la population de la situation épidémique.

À voir également sur Le HuffPost: Malgré “zéro covid” détecté, la télévision Nord-coréenne ne lésine pas sur la prévention

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    Le patron de l'OMS critique la stratégie zéro-Covid de la Chine, Pékin censure ses propos

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 11 May - 12:50 · 3 minutes

File d'attente à Shanghai pour réaliser des tests de dépistage du Covid, le 9 mai 2022. File d'attente à Shanghai pour réaliser des tests de dépistage du Covid, le 9 mai 2022.

CORONAVIRUS - Des critiques qui ne passent pas. La Chine a censuré, ce mercredi 11 mai, les propos du patron de l’ Organisation mondiale de la santé (OMS) et les a qualifiés d’irresponsables, après qu’il a publiquement critiqué la politique zéro Covid prônée par les dirigeants communistes.

Alors que les restrictions liées au Covid-19 sont levées un peu partout dans le monde, le pays asiatique, aux prises avec une flambée épidémique, continue d’imposer confinements et quarantaines dès l’apparition de quelques cas.

Couplée à la quasi-fermeture des frontières et à une connectivité aérienne internationale réduite, cette politique suscite une exaspération croissante en Chine. Notamment à Shanghai, dont les 25 millions d’habitants, confinés depuis début avril, se plaignent de problèmes d’approvisionnement et craignent d’être envoyés dans des centres de quarantaine au confort aléatoire.

Une stratégie “pas soutenable”

Dans ce contexte, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé mardi, dans des propos inhabituellement critiques envers la Chine, que la politique zéro Covid n’était “pas soutenable”. “Passer à une stratégie différente est très important”, a-t-il souligné.

Le zéro Covid étant fermement défendu par les plus hauts dirigeants communistes, notamment le président Xi Jinping, les censeurs sont vite intervenus pour contrer la diffusion de ces propos. Sur le site de microblog Weibo, les mots-dièse #Tedros et #OMS ne donnent mercredi plus aucun résultat.

Quant aux utilisateurs de l’ultrapopulaire réseau social WeChat, ils ne peuvent pas republier ou transférer un article du compte officiel de l’ONU, publié sur la plateforme et qui mentionne les critiques du patron de l’OMS.

Discuter en ligne du sujet avec un de ses contacts ou envoyer sur son mur WeChat des captures d’écran d’articles ou de tweets mentionnant ces propos reste toutefois possible.

“Je demande humblement: notre gouvernement va-t-il écouter les recommandations du directeur général de l’OMS?”, écrit notamment un utilisateur de Weibo. De son côté, la presse reste muette.

Des mesures “scientifiques et efficaces”

Les autorités chinoises affirment que leur stratégie place la vie humaine avant les considérations matérielles et a permis d’éviter les crises sanitaires ayant frappé les autres pays.

Interrogé sur les propos du patron de l’OMS, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a estimé mercredi devant la presse que les mesures de la Chine étaient “scientifiques et efficaces”.

“Nous espérons que la personnalité en question ait un regard objectif et rationnel sur la politique chinoise de prévention et de contrôle de l’épidémie, ait une meilleure connaissance de la réalité et s’abstienne de tenir des propos irresponsables”, a-t-il poursuivi.

L’ex-rédacteur en chef du tabloïd nationaliste Global Times , Hu Xijin, très influent sur internet, a jugé les critiques de l’OMS inopportunes. “S’ils disent que la méthode chinoise n’est pas soutenable, ils devraient en avancer une qui soit plus efficace et soutenable. Mais ils n’en donnent aucune!”, écrit-il à ses 24 millions d’abonnés sur Weibo. “L’OMS n’assumera aucune responsabilité si la Chine assouplit [sa politique sanitaire] et si beaucoup de gens meurent.”

L’abandon du zéro Covid pourrait entraîner 1,6 million de morts dans le pays, selon une étude de chercheurs de l’université Fudan à Shanghai, publiée mardi dans la revue Nature .

À voir également aussi sur le Huffpost: En Chine, un spectacle démentiel à la gloire des 100 ans du parti communiste et de la gestion du Covid

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    La Chine ne veut plus de PC étrangers pour son administration

    news.movim.eu / Numerama · Wednesday, 11 May - 09:27

De nouvelles instructions demandent à l'administration chinoise de basculer d'ici deux ans sur des ordinateurs fabriqués par des sociétés locales. Des dizaines de millions de postes sont concernés. [Lire la suite]

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    En Chine, un stupéfiant ciel rouge sang a fait craindre le pire aux habitants

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Tuesday, 10 May - 10:30

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Il y avait une explication très simple à la teinte spectaculaire du ciel qui a inquiété les habitants de Zhoushan pendant quelques instants.

En Chine, un stupéfiant ciel rouge sang a fait craindre le pire aux habitants

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    Sur Mars, la mission chinoise Tianwen-1 a découvert des preuves d'eau liquide

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 10 May - 10:28 · 3 minutes

ESPACE - Nous en avons maintenant la preuve, il y a bien eu de l’eau sur Mars. En effet, le rover Zhurong qui a atterri sur la planète rouge il y a un an (entre le 14 et le 15 mai 2021) a sillonné le sol martien durant plusieurs mois. Il a ainsi apporté des éléments, publiés dans la revue Science Advances le 11 mai, démontrant qu’il y avait bien eu de l’eau sous forme liquide sur la planète rouge.

Menée par l’agence spatiale chinoise (la CNSA), il s’agissait de la première exploration martienne par un pays autre que les États-Unis. Après analyse des données récoltées par les chercheurs , ces derniers ont trouvé des preuves qu’un grand bassin sur Mars contenait de l’eau liquide à l’époque géologique récente de la planète (dite période amazonienne, s’étalant sur les 3 derniers milliards d’années).

Ces découvertes sont ainsi une nouvelle preuve suggérant que de l’eau liquide peut avoir persisté beaucoup plus longtemps sur la planète rouge qu’on ne le pensait auparavant. Ces nouvelles recherches changent donc légèrement la donne, présentant des signes révélateurs d’eau coulant sur le sol martien. Cela suggère que la surface de la planète pourrait avoir été sculptée par de l’eau liquide au cours de son histoire géologique récente.

Il y a bien de l’eau liquide sur Mars

Pour étudier cette possible présence d’eau, Yang Liu et ses collègues chercheurs ont exploité les données recueillies par le rover Zhurong, un véhicule de 240kg ressemblant selon le CNSA à un papillon bleu. À l’inverse des engins américains, Curiosity et Perseverance , il ne possède pas de bras robotique.

Ils ont ensuite analysé les informations prises par différents capteurs comme la caméra de micro-imagerie télescopique ou encore le spectromètre SWIR (infrarouge à ondes courtes), qui sert à observer les minéraux présents sur la surface martienne. Précisément, les chercheurs se sont penchés sur les caractéristiques sédimentaires et minérales du sud d’Utopia Planitia, situé dans les basses terres du nord de Mars.

Ils ont ainsi découvert des roches aux tons clairs de duricrust (couche dure près de la surface du sol), qui se serait formée par les activités d’une quantité importante d’eau liquide. Il pourrait s’agir par exemple de la montée d’eaux souterraines ou la fonte de glace souterraine.

Mars, une planète sèche ou humide

Auparavant, Mars était selon les scientifiques humide et habitable. Cependant, dans l’époque géologique la plus récente, le climat est relativement froid et sec. Dès lors, les activités et la présence d’eau se retrouvent extrêmement limitées.

Modèle de la chronologie géologique sur Mars par H. Hartmann & G. Neukum (2001) Modèle de la chronologie géologique sur Mars par H. Hartmann & G. Neukum (2001)

Par ailleurs, cette nouvelle étude affirme qu’il y aurait des réserves considérables d’eau sous forme de minéraux hydratés et éventuellement de glace au sol à Utopia Planitia. Ces découvertes d’eau pourraient s’avérer utiles dans l’hypothèse d’un voyage spatial habitée vers Mars.

À voir également sur le HuffPost: Une éclipse solaire martienne de Phobos capturée par le rover Perseverance

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    En Chine, la stratégie zéro Covid est-elle devenu un piège pour Xi Jinping?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 4 May - 13:49 · 6 minutes

Xi Jinping, ici en février 2022, brigue un nouveau mandat à la tête de la Chine, mais la situation sanitaire le fragilise. Xi Jinping, ici en février 2022, brigue un nouveau mandat à la tête de la Chine, mais la situation sanitaire le fragilise.

CHINE - Confinement strict, campagnes de dépistage massives, centres de quarantaine collectifs... Depuis plus d’un mois, les 26 millions d’habitants de Shanghai sont soumis à une discipline stricte en raison de la pire vague de Covid que connaît la Chine depuis le début de la pandémie. La capitale Pékin pourrait bientôt subir le même sort: quelques dizaines de cas sont détectés quotidiennement, poussant les autorités à paralyser un peu plus la ville en fermant des dizaines de stations de métro ce mercredi 4 mai.

Cette stratégie dite “zéro Covid” , qui consiste à stopper totalement la diffusion du virus, a été décidée par un homme: le président Xi Jinping. Sauf que cette politique drastique, que seule la Chine a conservée au contraire de l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou la Corée du Sud, pourrait se retourner contre lui à quelques mois du XXe Congrès du Parti communiste chinois. Une échéance cruciale lors duquel il vise un nouveau mandat de secrétaire général du parti et qui sera une rampe de lancement pour garder son poste de président de la République, fonction pour laquelle il a supprimé la limite des deux mandats afin de se faire réélire potentiellement à vie.

“La stratégie zéro Covid a fonctionné au début de la pandémie”, rappelle Valérie Niquet, spécialiste de la Chine à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et auteure de La puissance chinoise en 100 questions (Tallandier). “L’État chinois s’est d’ailleurs servi de ses succès initiaux pour montrer qu’il était supérieur aux Occidentaux, qui comptaient des milliers de morts, pour protéger leur population”, ajoute-t-elle.

“Omicron change la donne”

La Chine a même célébré sa victoire sur le virus dès le 8 septembre 2020, lors d’une cérémonie présidée par Xi Jinping. “Le pouvoir montre que le président est à l’origine du succès de cette guerre contre le coronavirus. Il y a un culte de la personnalité qui met en avant sa supériorité, sa réussite”, souligne Valérie Niquet.

“Mais Omicron a changé la donne, poursuit-elle. On s’aperçoit que sa progression est trop silencieuse et importante pour que la stratégie zéro Covid marche.” Alors que les autres pays ont décidé de tolérer le virus et ont recommencé à vivre normalement, la Chine confine puis déconfine toujours au moindre cas détecté. Antoine Bondaz, aussi chercheur à la FRS, relativise: “La stratégie a plutôt bien fonctionné récemment à Xian (centre) ou dans la province de Jilin (nord-est). Le problème, c’est Shanghai où il y a encore plusieurs milliers de cas après cinq semaines de fermeture. Leur nombre est cependant en baisse, il y en avait plus de 20.000 il y a quelques semaines.” En tout cas, s’accordent les deux spécialistes, le pouvoir ne veut pas se fragiliser après avoir tant vanté sa stratégie, et exclut de changer de cap.

Outre l’aspect politique, difficile pour la Chine de changer de paradigme alors qu’elle a refusé d’acheter des vaccins étrangers pour promouvoir le sien appelé Sinovac, moins efficace. D’un point de vue sanitaire, l’abandon de la stratégie zéro Covid alors que le système de santé est peu développé, que l’immunité collective n’existe pas, et que le taux de vaccination reste peu élevé -environ 20% des plus de 80 ans ont reçu une troisième dose- aurait pour conséquence une hausse des cas, des hospitalisations et des morts dans des proportions dramatiques.

“Un problème shanghaïen”

Garder cette stratégie zéro Covid fait cependant du mal à l’économie chinoise. Le confinement de plusieurs villes et surtout de Shanghai, la capitale économique du pays, a grippé les chaînes d’approvisionnement et mis à l’arrêt des entreprises dans la plupart des secteurs. Le port de Shanghai est congestionné, les conteneurs arrivent et partent au compte-gouttes... Ce ralentissement pourrait empêcher la Chine d’atteindre son objectif de 5,5% de croissance en 2022.

Cette situation a conduit le détenteur d’un fonds d’investissement, Weijian Shan, réputé proche du pouvoir, à critiquer vertement le régime lors d’une réunion d’affaires. “Nous avons un leadership qui croit savoir ce qui est mieux pour l’économie et mieux pour la vie des gens. Hélas, je pense que leurs connaissances et leur rationalité ont des limites”, aurait-il déclaré selon le Financial Times . Pour Antoine Bondaz, cette critique n’atteindra pas le pouvoir: “Les avis d’hommes d’affaires basés à l’étranger n’auront pas d’influence. Pour le moment, les patrons d’entreprises sur le territoire ne disent rien. Et de toute façon, si la Chine laisse filer le virus, les conséquences économiques seraient encore pires.”

La population, elle, en a marre. À Shanghai, les habitants confinés ont manifesté leur colère par des concerts de casseroles et des cris aux fenêtres . Malgré la censure, certaines vidéos ont fait le tour du monde. La nourriture manquerait. Antoine Bondaz explique encore que ces critiques ne fragiliseront pas l’État central qui rejette la faute sur les autorités locales. “Ce n’est pas un problème chinois, mais un problème shanghaïen. Il y aura sûrement des sanctions dans les prochaines semaines”, estime-t-il d’ailleurs. Et pour éviter une contagion de la contestation, “l’État a mis en place une politique très préventive à Pékin”, ajoute-t-il. Les habitants de la capitale ont par exemple été testés à plusieurs reprises en une semaine pour éviter la propagation du virus.

Xi Jinping reconduit mais marginalisé?

Valérie Niquet assure qu’en interne, au sein du PCC, des personnes commencent également à parler. “Il y a eu des articles dans lesquelles des personnes, scientifiques ou politiques, s’interrogent sur la nécessité de cette stratégie zéro Covid. Pour le moment, c’est assez peu évident mais si la situation perdure avec Shanghai et Pékin, cela pourrait peser sur l’avenir de Xi Jinping”, juge-t-elle.

La stratégie zéro Covid est-elle devenue un piège pour le leader chinois? “Ce n’est pas parce qu’il y a des problèmes que le régime va s’effondrer du jour au lendemain. Il reste compliqué de mettre en danger Xi Jinping”, tempère Valérie Niquet. Oui, tant que la crise reste locale, complète Antoine Bondaz: “La stratégie chinoise a fonctionné parce que les clusters étaient limités à certaines régions, il n’y a jamais eu de confinement national. La propagande marche à fond, il n’y a pas de signe de fragilisation. Mais si la crise sanitaire devient nationale, Xi Jinping pourrait effectivement être en danger.”

Bien qu’il soit encore trop tôt pour imaginer ce qu’il peut se passer lors du XXe Congrès du PCC, Valérie Niquet n’exclut pas la possibilité de “débats à l’intérieur du parti entre ceux qui critiquent et ceux qui sont pour la stabilité”. Il apparaît certain que Xi Jinping sera reconduit mais “sa liberté peut être réduite, il pourrait être marginalisé”. La fin d’un pouvoir quasi absolu? Réponse à l’automne.

À voir également aussi sur le Huffpost: En Chine, un spectacle démentiel à la gloire des 100 ans du parti communiste et de la gestion du Covid