close
  • Hu chevron_right

    En plein Covid et sans emploi, ma dépression s'installe - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 28 December - 08:00 · 5 minutes

Je glisse alors vers un état inconnu et étrange où tout devient terne. Je perds pied avec la réalité. Je me réfugie dans le noir car les journées se ralentissent et je dors pour les raccourcir. Je dors aussi pour ne pas être tourmenté, et pour fermer les yeux sur mon quotidien morne.

SANTÉ MENTALE - En mars 2021, c’est le fracas. Alors que je m’épanouissais dans mon taf en tant qu’intervenant artistique, je le perds pendant deux mois pour “faute grave”. Je ne comprends pas. J’étais cas contact d’une de mes collègues et avec “l’euphorie ambiante” autour du virus , mes patronnes me suspendent jusqu’à nouvel ordre. Je pensais reprendre le travail après ma période de quarantaine et un test négatif. Mais rien n’y fait: elles en profitent pour ne pas me faire revenir.

Quand on est un jeune diplômé et qu’on a été un élève modèle, on pense sans cesse à l’indépendance, à s’épanouir socialement et professionnellement . Je n’aurais jamais envisagé un tel fracas après des études réussies avec brio, et une vie sociale plus que remplie.

D’octobre 2020 à février 2021, l’année se révèle assez productive et heureuse. Après un diplôme en arts appliqués, je me lance en autoentrepreneur, en sachant que cette année sera compliquée pour rentrer dans le sacro-saint salariat . J’en profite pour découvrir de nouveaux métiers: illustrateur, artiste peintre, art-thérapeute en institution psychiatrique, tout en gardant un job de baby-sitter pour arrondir les fins de mois.

Je perds mon travail

Mais en mars 2021, mon statut d’autoentrepreneur ne me garantit pas de sécurité financière. Je ne touche ni aides ni chômage . J’arrive à m’en sortir grâce à quelques économies et à mes parents. Mais j’aurais préféré garder cet argent pour des projets, et ne plus être un poids pour ma famille.

En parallèle, la personne que je date depuis quelques mois part dans le sud pour un service civique. La relation à distance s’essouffle avec les interdictions de circuler. Avec du recul, je réalise que j’ai certainement perdu l’une de mes plus belles relations à cause du virus.

Tout se met à tourner

Les confinements et les couvre-feux trop sagement respectés me poussent à un isolement social fatal. Depuis le premier confinement, ma vie sociale était réduite à son minimum. Plus d’anniversaires, plus de crémaillères, plus de fêtes de diplôme, plus de verres pour refaire le monde après le taf, plus de soirées pour suer en dansant. Alors, après un an sans voir personne, j’attrape le tournis. Je déréalise, car le monde réel est confiné. Il ne reste que les réseaux sociaux pour essayer de retrouver la chaleur des relations humaines.

En juin 2021, sieste de trop, pensées trop noires. Clap. Deux heures plus tard, j’atterris aux urgences psychiatriques.

Mais c’est un échec et je m’essouffle dans cette spirale infernale. Je glisse alors vers un état inconnu et étrange où tout devient terne. Je perds pied avec la réalité. Je me réfugie dans le noir car les journées se ralentissent et je dors pour les raccourcir. Je dors aussi pour ne pas être tourmenté, et pour fermer les yeux sur mon quotidien morne.

Je sombre dans la dépression

Je prends un rendez-vous en mai 2021 chez un psychiatre qui pose un nom sur ce fracas : la dépression . Il me prescrit le premier médicament qu’il a sous le bras, sans me connaître. Aux yeux du monde et de moi-même, je deviens un déchet, une loque, une merde. Je n’arrive à rien faire, tout s’écroule, et j’ai honte, car je la connais, la réputation de la dépression. Et ça ne m’aide pas à m’en sortir.

En juin 2021 : sieste de trop, pensées trop noires. Clap. Deux heures plus tard : j’atterris aux urgences psychiatriques. Deux semaines d’internement, beaucoup trop de médicaments, de nombreux examens pour checker mon cerveau, rencontrer ma famille, raconter sans fin ce qu’il s’est passé. Pendant mon hospitalisation, les mesures sanitaires s’assouplissent et mes amis en profitent pour me rendre visite.

Prozac, escitalopram, trazodone, Xanax. Mes amis se trimballent aussi une sacrée pharmacie. Et c’est enfin là qu’on prend conscience de l’importance de notre santé mentale. On se dit ensemble qu’on n’a peut-être pas eu ce qu’on attendait de la vie, qu’on sent un peu notre jeunesse gâchée, qu’on a l’impression d’être dans une impasse mais qu’il faut dorloter notre psyché et l’écouter un peu plus.

Face à une nouvelle vague

Aujourd’hui, je ne pense plus être en dépression, mais je suis encore un lourd traitement qui me contraint et m’amoindrit au quotidien. Tremblements, migraines nauséeuses, spasmes, somnolence et difficultés à rester concentré. Du côté personnel et professionnel, rien n’avance vraiment et je le vis comme une hécatombe. Une centaine de candidatures en deux mois, sans grand résultat. Même si ce n’est pas un monde merveilleux, je souhaite toujours vivement rentrer dans le sacro-saint salariat pour entrevoir un avenir plus stable. Surtout dans le « design produit » qui me passionne depuis toujours. Pour le personnel, les médicaments me donnent une sorte d’insensibilité qui rendent difficiles les retrouvailles, et les nouvelles rencontres moins évidentes qu’avant.

Maintenant, si on me demande de penser à l’avenir, j’ai beaucoup plus de mal à me projeter. J’ai l’impression d’être moins idéaliste, moins ambitieux et moins déterminé. Peut-être que c’est à cause des médicaments et de la dépression, du contexte actuel ou de moi-même. La seule chose dont je suis certain, c’est qu’il faut du temps et que l’on se doit d’être indulgent avec soi-même.

J’essaie de faire en sorte que les choses rentrent dans l’ordre. Je travaille pour m’occuper, sans forcément gagner de l’argent… et je vois tranquillement une nouvelle vague qui arrive, sans savoir à quoi m’attendre de nouveau.

Ce billet provient des ateliers d’écriture menés par la ZEP (la Zone d’Expression Prioritaire), un dispositif média d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans qui témoignent de leur quotidien comme de toute l’actualité qui les concernent.

À voir également sur Le HuffPost: Aux urgences psychiatriques, le confinement laisse des trac es

  • Hu chevron_right

    Dans le discours de Macron, le tour de vis sur le chômage était (en grande partie) déjà connu

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 10 November - 11:36 · 5 minutes

Le président Emmanuel Macron à Athènes (Grèce), le 17 septembre 2021.

POLITIQUE - Effet d’annonce, mode d’emploi. Lors de son allocution télévisée du 9 novembre, Emmanuel Macron a consacré la majeure partie de son discours à un programme de pré-candidat . Après avoir mis en avant son bilan sur tous les plans, il a beaucoup insisté sur le “travail”, le mot a été utilisé vingt fois en 27 minutes.

Mais c’est surtout sur les chômeurs que le président entend mettre la pression, lui qui estime que “nous devons viser le plein-emploi” et pas seulement “7% de chômage” (les prévisions de l’Insee tablent sur 7.8% à la fin de l’année). Il a pour ce faire -et pour contrebalancer son abandon de la réforme des retraites avant la présidentielle-  vanté “l’indispensable réforme de l’assurance chômage”.

“Une nouvelle étape va s’engager” (comme prévu)

“À partir du 1er décembre de cette année, une nouvelle étape va s’engager: il faudra avoir travaillé au moins six mois dans les deux dernières années pour pouvoir être indemnisé, alors qu’aujourd’hui les droits au chômage sont ouverts au bout de quatre mois de travail”, lance le président. Le ton utilisé pouvait laisser penser, notamment pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi le dossier de près, que les annonces étaient nouvelles. En réalité, ces éléments étaient déjà décidés.

En septembre, le Premier ministre Jean Castex annonce que la réforme de l’assurance chômage, interrompue par la crise du Covid-19, sera progressivement appliquée “entre le 1er octobre et le 1er décembre”, au lieu de novembre 2020 comme prévu initialement. Au premier octobre, c’est d’abord le mode de calcul de l’indemnité qui a changé pour prendre en compte l’intégralité des salaires et rémunérations et non plus celles et ceux des deux dernières années.

La reprise économique est très dynamique, les critères sont remplis pour que le 1er décembre les dispositions de la mesure s’appliquent. Elisabeth Borne, le 28 octobre 2021

La seconde partie de la réforme, qui donne accès à une indemnité si l’on a travaillé six mois sur deux ans au lieu de quatre actuellement et qui prévoit la dégressivité pour les plus hauts revenus au bout de sept mois d’allocations, est alors conditionnée à la reprise économique et à la baisse du nombre de demandeurs d’emploi. “La reprise économique est très dynamique, les critères sont remplis pour que le 1er décembre les dispositions de la mesure s’appliquent”, actait finalement Élisabeth Borne, ministre du Travail, sur France inter le 28 octobre. Rien de nouveau donc, dans cette prise de parole du président.

“Les demandeurs d’emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues”, lance encore un chef de l’État aux airs sarkozystes. Une disposition déjà prévue en cas de manquement aux obligations légales, rappelle l’AFP.

Actuellement, si les services de Pôle Emploi constatent un manquement de la part du demandeur d’emploi, celui-ci peut être radié temporairement ou définitivement des listes et voir le versement de son allocation suspendu ou supprimé.

Les sanctions s’étalent entre une radiation d’un mois, si le demandeur d’emploi est incapable de justifier ses démarches ou qu’il refuse à deux reprises une offre raisonnable par exemple, et une radiation définitive en cas de déclaration mensongère, selon le site service-public.fr .

Plus de contrôles

Invitée de RTL ce 10 novembre, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, vient faire le service après-vente des annonces du président. “Les contrôles vont s’intensifier”, prévient la ministre qui fait ainsi l’exégèse de cette petite phrase du président Macron mardi soir: “Pôle Emploi passera en revue les centaines de milliers d’offres d’emploi disponibles sans réponse dès les prochaines semaines”. Laquelle sonne alors plus comme une orientation politique adressée aux contrôleurs de Pôle Emploi que comme une véritable nouveauté. “Dans les six prochains mois, Pôle Emploi va faire 250.000 contrôles. C’est une augmentation de 25%, spécifiquement sur des secteurs en tension”, précise Élisabeth Borne.

C’est donc la seule nouveauté de ce “tour de vis” envers les chômeurs: le renforcement des contrôles. “Les conseillers de Pôle Emploi vont vérifier qu’un demandeur d’emploi répond à des offres, se rend à des entretiens, participe à des sessions de recrutement ou suit les formations proposées”, décrit Élisabeth Borne, soit ce qu’ils sont déjà censés faire.

En réalité, ce discours du président lui sert surtout à faire de la politique et à axer d’ores déjà sa future probable candidature dans le sillon de la droite. Cette dernière ne s’y est d’ailleurs pas trompée en regrettant, par exemple pour Valérie Pécresse sur France Inter, “un hold-up” de ses idées.

“Nous sommes en train progressivement tous ensemble de faire en sorte que chaque Française, chaque Français, puisse, par son travail, construire sa vie, mener à bien ses projets”, a déclaré plus largement le président, reprenant l’un de ses thèmes favoris de 2017: l’émancipation individuelle.

Et comme pour ajouter un zeste de populisme alors que le concept est à la mode en France et en Europe, il s’est étonné que des secteurs entiers “peinent à recruter”, “au moment où 3 millions de nos compatriotes se trouvent encore au chômage”. Et de décrire la situation comme celle qui “heurte le bon sens”. Le bon sens, l’argument le plus classique d’une campagne présidentielle.

À voir également sur Le HuffPost : Retrouvez l’intégralité du discours d’Emmanuel Macron du 9 novembre 2021

  • Hu chevron_right

    Le chômage de catégorie A revient à son niveau d'avant Covid

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 27 October - 12:30 · 2 minutes

CHÔMAGE - Le nombre de chômeurs (catégorie A) a enregistré une baisse de 5,5% au troisième trimestre en France (hors Mayotte) par rapport au trimestre précédent, soit 206.000 inscrits en moins, à 3,544 millions, selon les chiffres du ministère du Travail publiés ce mercredi 27 octobre.

En incluant l’activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi est en baisse de 1,9% et s’établit à 5,871 millions, selon la Direction des statistiques (Dares).

Le nombre de chômeurs en catégorie A se situe juste en dessous de son niveau d’avant-crise, avec 5200 demandeurs d’emploi en moins par rapport au 4e trimestre 2019.

Pour les catégories A, B et C, il reste supérieur à son niveau d’avant-crise (+124.100).

Sur un an, la baisse en catégorie A est de -9,7%, tandis qu’elle est de -3,6% pour les catégories A, B et C.

La baisse du chômage plus forte chez les moins de 25 ans

La baisse en catégorie A concerne toutes les régions et est plus forte chez les jeunes de moins de 25 ans au 3e trimestre (-8,4% en France métropolitaine) que pour les autres tranches d’âge (-5,9% pour les 25-49 ans et -4,1% pour les 50 ans et plus).

Sur le front du chômage longue durée , le nombre de demandeurs d’emploi inscrits depuis un an ou plus diminue de 3,3% au 3e trimestre (-0,4% sur un an), à 2,92 millions (catégories A, B et C). La proportion des demandeurs d’emploi de longue durée repasse sous la barre des 50% à 49,8%.

Les derniers résultats trimestriels publiés fin juillet avaient fait état d’une baisse plus modérée du chômage au 2e trimestre (-1,3% en catégorie A).

Les chiffres du troisième trimestre viennent confirmer d’autres indicateurs favorables publiés récemment.

Le nombre de déclarations d’embauche de plus d’un mois (hors intérim) a notamment continué de progresser sur un rythme soutenu au troisième trimestre (+11,4%), a indiqué l’Urssaf récemment.

À voir également sur Le HuffPost: Bruno Le Maire vise le “plein emploi” d’ici à deux ans

  • Hu chevron_right

    Les ex-hôtesses d'Alitalia se déshabillent pour dénoncer le rachat de la compagnie

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 22 October - 16:32 · 1 minute

AVIATION - Face à la vague de licenciements imposée par leur nouvel employeur, les anciennes hôtesses de l’air de la compagnie aérienne Alitalia se sont mises à nu, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article . Elles ont retiré leurs vêtements en pleine rue, jeudi 21 octobre à Rome. Les salariées protestent contre les pertes d’emploi et les réductions de salaire engendrées par le rachat d’Alitalia par la nouvelle compagnie aérienne ITA Airways.

Elles étaient une cinquantaine à se joindre au mouvement, devant l’hôtel de ville de Rome. Chacune a retiré son uniforme dans un silence de cathédrale, pour manifester leur mécontentement. Les hôtesses de l’air ont ensuite brisé le calme pour crier en cœur “Nous sommes Alitalia” à plusieurs reprises.

“Nous sommes venus pour exprimer notre douleur avant tout. La solidarité va à tous nos collègues qui ont fait appel à ITA et qui ont été contraints de signer un contrat d’entreprise humiliant et mortifiant”, ont-elles expliqué au média italien Corriere Roma.

La nouvelle compagnie aérienne ITA Airways a repris le flambeau d’Alitalia vendredi 15 octobre. Cette dernière a été rachetée pour 90 millions d’euros, après des années de pertes financières et de tentatives de sauvetage infructueuses. Pour ses débuts, ITA démarre avec 52 jets et 2800 employés. Alitalia comptait 110 avions et 10.000 employés. Le gouvernement italien prévoit d’investir 1,35 milliard d’euros sur trois ans dans cette compagnie.

À voir également sur le HuffPost : Pollution des avions: les biocarburants, solution privilégiée par les constructeurs

  • Hu chevron_right

    Bruno Le Maire se donne deux ans pour atteindre "le plein emploi"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 11 October - 17:21 · 2 minutes

POLITIQUE - Dernier budget, objectif majeur: Bruno Le Maire a expliqué, ce lundi 11 octobre, que la France pouvait viser le “plein emploi” d’ici à deux ans, grâce à la politique économique mise en place au cours du quinquennat. Soit à l’automne 2023.

“Pour la première fois depuis 1970. Pour la première fois depuis un demi-siècle, la France peut atteindre ce que les autres grandes nations développées ont atteint depuis des années: le plein emploi, soit un niveau de chômage de 5 à 6%”, a-t-il lancé, en conclusion de son discours à l’Assemblée nationale, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article , appelant son auditoire, les députés, donc, ”à en finir avec le renoncement national sur le chômage .”

Pour ce faire, le ministre de l’Économie et des Finances table sur une croissance réévaluée à 6,25%, contre 6% attendu précédemment, s’alignant ainsi sur les prévisions de la plupart des grandes institutions. “Nous retrouverons en décembre 2021 le niveau d’activité d’ avant-crise” , s’est-il notamment réjoui.

Surtout, Bruno Le Maire estime que ce sont les différentes mesures prises au fil du quinquennat qui rendent cet objectif “accessible” aujourd’hui. “Grâce à vous, grâce a la politique de l’offre que vous, mesdames et messieurs de la majorité,  avez été les premiers à mettre en place depuis 20 ans (...) le plein emploi, nous pouvons y arriver sous deux ans”, a-t-il affirmé, louant encore la mise en application de “la seule politique que personne n’avait essayée, qui consiste à renforcer la compétitivité des entreprises, mieux former les salariés (...) à baisser les impôts, refuser l’augmentation des taxes.”

Quand Le Maire étrille le bilan... de son ancien gouvernement

Un discours aux accents de campagne pour le dernier budget du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Acclamé par les élus de son bord, le ministre de l’Économie a, malgré tout, été la cible de nombreuses critiques venues de l’opposition.

La droite, qui fustige la folie dépensière du président de la République depuis la rentrée, accuse le gouvernement de faire du pays, ”le maillon faible de la zone euro”, en creusant son endettement. “L’argent magique peut-il continuer de couler à flots? Je ne le pense pas, car le contexte économique et politique est en train de changer”, a ainsi estimé le député Gilles Carrez, spécialiste des questions économiques chez Les Républicains quand, son collègue, Charles de Courson (Liberté et Territoires) dénonçait “un budget de farces et attrapes”. Du “jamais vu”, pour celui qui entame à 69 ans son 29e exercice similaire à l’Assemblée.

Réponse de l’actuel ministre à la “leçon” de son ancien collègue: “je vous rappelle, monsieur Carrez, que vous étiez rapporteur général de 2002 à 2012 quand la dette est passée de 60 à 90% de la richesse nationale.”

“Vous avez fini votre mission avec une dette qui avait augmenté de 30 points, en nous laissant un chômage à 11% et une croissance à 0. Joli résultat”, a encore sifflé Bruno Le Maire, oubliant, sans doute, qu’il avait été de 2006 à 2012, directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin, puis secrétaire d’État à l’Europe, puis ministre de l’Agriculture.

À voir également sur Le Huffpos t: En Seine-Saint-Denis, les distributions alimentaires en augmentation durant la crise

  • Hu chevron_right

    Pourquoi les syndicats appellent à la grève et à manifester partout en France ce mardi

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 5 October - 07:45 · 3 minutes

(Photo d

MANIFESTATIONS - Salariés et chômeurs sont appelés à faire grève et à manifester mardi 5 octobre dans toute la France, pour exiger des “réponses urgentes”, notamment sur la question des salaires , et remettre les questions sociales au cœur du débat , à un peu plus de six mois de la présidentielle .

“On a besoin de réponses urgentes maintenant (...) Quand il y a du monde dans la rue cela pèse”, a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez sur LCI lundi 4 octobre. Les mobilisations sociales sont aussi nécessaires “pour que les questions sociales (...) soient encore plus présentes” dans la campagne, a-t-il plaidé.

Quelque 200 points de rassemblement sont prévus partout en France, selon Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT. “C’est une première indication qui est positive pour nous”, s’est-elle félicitée.

La grève s’annonce cependant assez peu suivie dans les transports , la SNCF prévoyant un trafic “normal” pour les TGV, et “quasi normal” pour les TER, sauf en Normandie où il sera “perturbé”.

À la RATP, “le trafic sera normal” sur les réseaux “métro, RER (A et B) et tramway, sauf le tramway T3 A qui sera très perturbé”, selon un porte-parole. La circulation des bus sera “légèrement perturbée”, a-t-il ajouté.

A Paris, où les tractations avec la préfecture ont été difficiles, le cortège partira de la place de la République à 14H00 en direction d’Opéra, avec une dispersion prévue à l’angle de la rue La Fayette et de la rue de la Chaussée d’Antin. “Plusieurs milliers de personnes sont attendues”, selon une source policière.

“Surenchère”

Les syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU, ainsi que les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et l’UNL, avaient appelé à cette journée interprofessionnelle de grève et de manifestation le 30 août.

Ils affirment dans un texte commun lundi “l’urgence de revaloriser les grilles de classifications des branches professionnelles, d’augmenter le Smic, le point d’indice de la fonction publique, les pensions, les minima sociaux et les bourses d’étude”.

Réunis au siège de la CGT à Montreuil, cinq des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique ont mis l’accent sur la question des salaires au cours d’une conférence de presse lundi. “On ne peut pas se permettre de prendre encore six mois pour réfléchir, il y a une urgence salariale dans la fonction publique et dans le monde du travail”, a jugé Gaëlle Martinez, la déléguée générale de Solidaires Fonction publique.

L’inflation (+2,1% sur un an en septembre selon une estimation provisoire de l’Insee jeudi) et les bons résultats des entreprises du CAC 40 au premier semestre, supérieurs à ceux de 2019, ont remis sur le haut de la pile cette question, souligne Céline Verzeletti.

Les rangs des manifestants seront grossis par les opposants à la réforme de l’assurance chômage, entrée en vigueur vendredi, et qui aboutit à réduire les indemnités des chômeurs “permittents”, enchaînant contrats courts et périodes de chômage.

Inquiétudes sur l’âge de la retraite

L’ensemble des syndicats devraient déposer des recours contre la réforme cette semaine, et notamment le premier d’entre eux, la CFDT, qui n’a cessé de dénoncer la réforme mais ne se joindra pas aux manifestants mardi.

Autre point de vigilance, la question des retraites, qui continue de planer sur la fin de mandat d’Emmanuel Macron et sera un sujet incontournable de la campagne présidentielle.

L’ancien Premier ministre Édouard Philippe a ainsi plaidé pour repousser l’âge de départ ”à 65, 66 ou 67 ans”, dans un entretien à Challenges publié jeudi.

“Le 5 octobre, on a intérêt à donner un signal fort parce que je crains la surenchère pendant la période électorale”, a réagi vendredi Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière.

La question du pass sanitaire fera aussi partie des mots d’ordre. Même si la CGT n’a pas appelé à défiler au côté des opposants au pass lors de leurs manifestations du samedi, elle est hostile à cet instrument et à la vaccination obligatoire, des “mesures liberticides qui mettent à mal les garanties et les droits des travailleurs”, a accusé Céline Verzeletti.

A voir également sur Le HuffPost : Quand Philippe raconte comment il apprend la démission de Hulot

  • Hu chevron_right

    La réforme de l'assurance chômage entre en vigueur mais écope d'un sursis

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 1 October - 10:47 · 3 minutes

Ici une agence Pôle emploi de Créteil, le 27 avril 2020. REUTERS/Charles Platiau

EMPLOI - Décalée à cause de la pandémie, prévue en juillet puis finalement reportée à octobre: la réforme de l’assurance chômage est entrée en vigueur ce vendredi 1er octobre. Un long chemin de croix pour ses défenseurs, mais qui n’est pas complètement terminé.

Aussi bien sur le plan juridique, puisque les syndicats vont saisir le Conseil d’État, que sur le plan conjoncturel, puisqu’ un nouveau volet de mesures doit entrer en vigueur le 1er décembre si la situation économique le permet.

Pression sur le Conseil d’État

Fin juin et malgré un round de négociations avec la ministre du Travail, Élisabeth Borne, les syndicats ont annoncé saisir le Conseil d’État. Lequel a annulé un premier décret comportant les nouvelles règles de calcul. Or, pas questions pour les organisations syndicales de baisser les bras. Elles ont annoncé qu’elles saisiront à nouveau l’institution pour statuer sur le nouveau décret.

“Notre recours va être déposé en tout début de semaine, nous avons encore le temps puisque les premiers versements arriveront début novembre”, a indiqué vendredi Yves Veyrier (FO) sur France 2 . Son confrère de la CGT, Philippe Martinez a confirmé au micro de Public Sénat: “Tous les syndicats vont faire un recours”.

Les syndicats estiment que le nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR), qui sert de base de l’allocation, va pénaliser les demandeurs d’emploi alternant chômage et activité, “les permittents”. Les organisations citent bien volontiers les chiffres de l’Unédic qui estime qu’avec l’entrée en vigueur de la réforme, 1,15 million de personnes vont voir leurs allocations baisser.

Le Conseil d’État avait suspendu, en référé en juin, la modification du calcul de l’allocation-chômage, arguant des “incertitudes sur la situation économique”. Mais le gouvernement estime que l’argument n’est plus valable avec l’amélioration nette ces derniers mois de la situation de l’emploi et que sa réforme peut donc entre en vigueur.

La haute juridiction administrative n’a toujours pas tenu son audience sur le fond - dont la date n’est pas connue - et les syndicats disent avoir d’autres arguments. Notamment le décalage entre la date d’entrée en vigueur des mesures s’appliquant aux demandeurs d’emploi (1er octobre) et celle du “bonus-malus” pour pénaliser les entreprises abusant des contrats courts (septembre 2022).

En mettant en place sa mesure avant la décision du Conseil d’État, le gouvernement fait un pari. Comme l’explique La Tribune , si le Conseil d’État venait désormais à s’opposer à la réforme, l’exécutif pourrait avoir à indemniser rétroactivement les demandeurs d’emploi lésés depuis le 1er octobre. À la clef un véritable casse-tête administratif.

L’objectif du 1er décembre

Autre volet sur lequel, la réforme reste en sursis: les mesures qui doivent entrer en vigueur au 1er décembre. Elles concernent le durcissement des règles sur la dégressivité des allocations et la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir ou recharger un droit.

Ces mesures sont en effet liées à deux conditions d’amélioration du marché . Il faudra notamment que le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A ait baissé de 130.000 pendant six mois consécutifs, et que le nombre de déclarations préalables à l’embauche pour des contrats de plus d’un mois, hors intérim, soit supérieur à 2,7 millions sur les quatre derniers mois.

Si ces deux critères sont bien remplis, les conditions d’éligibilité passeront alors de 4 à 6 mois. Et la dégressivité de 30% pour les allocataires de moins de 57 ans ayant eu un salaire de plus de 4500 euros brut mensuel s’appliquera au 7e mois d’indemnisation et non plus au 9e.

À voir également sur Le HuffPost: Le Maire file la métaphore fromagère pour défendre le projet de loi de finances 2022

  • Hu chevron_right

    Avant la réforme de l'assurance-chômage, Pôle emploi adopte un "plan sécurité"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 30 September - 22:18 · 4 minutes

Avant la réforme du chômage, Pôle emploi adopte un

EMPLOI - L’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance-chômage ce vendredi 1er octobre inquiète de toutes parts. Les personnes à la recherche d’un travail, le Conseil d’État , les syndicats et Pôle emploi .

Comme révélé ce jeudi par France Inter, l’agence déroule même un “plan sécurité” pour protéger ses agents de possibles agressions qui pourraient se multiplier avec l’entrée en vigueur de la réforme.

En Île-de-France notamment, près de 700 bracelets et boîtiers d’alerte en cas ont été commandés pour protéger le personnel en cas d’altercation, révèle une note interne. Contacté par Le HuffPost , Pôle emploi confirme qu’une telle commande a été passée mais assure que cela arrive en réponse à des inquiétudes qui datent d’avant la réforme.

Besoins différents en fonction des régions

“Après le drame de Valence , la sécurité a été renforcée. Territoires et régions ont évalué leurs besoins et élaboré un plan pour y répondre. C’est antérieur à la réforme du chômage et il n’y a pas de lien avec, toutes les agences ont ou vont renforcer la sécurité suivant leurs besoins”, précise-t-on.

“En Île-de-France, le plan a été présenté lors d’un CSE. Le document devait rester confidentiel”, explique Pole emploi qui note par ailleurs que les mesures mises en place différeront des régions. “Les besoins ne sont pas les mêmes dans une petite agence d’Oléron que dans un grand centre urbain”.

Si ces bracelets et boîtiers -équipés d’une sirène multitonalité et d’un flash lumineux- seront livrés dans les jours qui suivent en Seine-Saint-Denis puis à Paris d’ici mi-octobre, ailleurs en France les agences pourront avoir recours à des moyens différents et plus adaptés à leur situation, comme des agents ou caméras de sécurité.

Ces premiers éléments font partie du “plan sûreté” présenté lors d’un CSE le 23 septembre pour établir un “programme prévisionnel sur trois à cinq ans”. D’ici 2026, l’agence prévoit notamment une “déclinaison territoriale du partenariat avec la Police et la Gendarmerie”, la “mise en place de l’organisation et adaptation des procédures, le “déploiement des systèmes et équipements de sûreté” et un “plan de développement des compétences”.

Le renfort sécuritaire, présenté comme une réponse au drame de Valence, était nécessaire “ne serait-ce que pour rassurer les salariés” estimait en janvier David Vallaperta, élu CFDT. Le délégué syndical espérait notamment à l’époque que soit repensé l’outil pour recenser les actes de violences, probablement sous-utilisé. “Aujourd’hui, les moments de tensions, voire les agressions, sont presque banalisés. Les agents utilisent cet outil quand il y a des choses fortes mais ils n’y pensent pas forcément quand cela se limite à de la tension verbale”.

Pression sur le Conseil d’État

Le lancement du dispositif entre donc en vigueur en même temps que cette réforme du chômage hautement décriée. Une centaine d’économistes, dont Thomas Piketty, ont notamment publié dans Le Monde jeudi une tribune critiquant un texte qui va “fortement diminuer les droits des chômeurs”. “Nous nous opposons fermement à la mise en œuvre de cette réforme que nous jugeons inefficace, injuste et punitive”, écrivent ces économistes, dont Aurélie Trouvé, porte-parole de l’ONG Attac, ou Henri Sterdyniak, membre des Économistes atterrés.

Selon les signataires de cette tribune, la réforme va concerner “de très nombreux allocataires de l’assurance-chômage, en diminuant drastiquement le montant des allocations dans un contexte de crise sans précédent”, en particulier ceux ayant eu des périodes d’emploi non contiguës. Selon une évaluation en avril de l’Unédic, jusqu’à 1,15 million des personnes ouvrant des droits dans l’année suivant l’entrée en vigueur de la réforme toucheraient une allocation mensuelle plus faible (de 17% en moyenne), avec dans le même temps une “durée théorique d’indemnisation” allongée (14 mois en moyenne contre 11 avant la réforme).

Le décret durcissant au 1er octobre le calcul de l’allocation-chômage est paru jeudi au Journal officiel. Son entrée en vigueur était prévue en juillet, mais avait été repoussée par une décision du Conseil d’État qui mettait en avant des “incertitudes sur la situation économique”. Sans attendre son jugement sur le fond, demandé par les syndicats, le gouvernement -qui met en avant une amélioration de la situation de l’emploi- met ainsi en difficulté la haute juridiction.

Le Conseil d’État, saisi par plusieurs organisations syndicales, avait déjà annulé en novembre 2020 les nouvelles modalités de calcul de l’allocation mensuelle car elles constituent une atteinte au “principe d’égalité” entre allocataires. Comme l’explique La Tribune , si le Conseil d’État venait désormais à s’opposer à la réforme revue par le gouvernement, il faudrait indemniser rétroactivement les demandeurs d’emploi lésés depuis le 1er octobre et cela entraînerait un véritable casse-tête administratif.

“Le gouvernement ressort exactement le même décret avec les mêmes arguments qui sont faux. Il met la pression sur le Conseil d’État (...) avant même qu’il ait eu le temps de juger sur le fond. En termes de méthode, c’est ignoble”, et c’est “ignoble pour les demandeurs d’emploi”, selon Denis Gravouil, négociateur assurance-chômage pour la CGT.

À voir également sur Le HuffPost: La reforme de l’assurance-chômage arrive au pire moment pour ces manifestants