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    Aux États-Unis, la Cour suprême s'enfonce dans les pas de Trump après un avis sur le climat

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 16:46 · 7 minutes

Après sa décision choc sur l'avortement, la Cour suprême a opéré un autre revirement de taille sur la défense du climat et la lutte contre la pollution (photo d'illustration montrant la Cour suprême, à Washington D.C., le 29 juin 2022). Après sa décision choc sur l'avortement, la Cour suprême a opéré un autre revirement de taille sur la défense du climat et la lutte contre la pollution (photo d'illustration montrant la Cour suprême, à Washington D.C., le 29 juin 2022).

ENVIRONNEMENT - “Une nouvelle décision dévastatrice” qui vise à ramener les États-Unis “en arrière”. Voici comment la Maison Blanche a qualifié la décision prise ce jeudi 30 juin par la Cour suprême américaine de limiter les moyens à disposition du gouvernement pour lutter contre la pollution atmosphérique . Une décision conservatrice de plus de la part de l’instance suprême, signe que l’héritage de Donald Trump se porte comme un charme.

En effet, après la récente décision concernant l’avortement (que les États peuvent désormais librement interdire), il s’agit d’une preuve de plus du pouvoir donné par l’ancien président à cette institution, au sein de laquelle il a placé plusieurs personnalité extrêmement conservatrices . En majorité à six juges contre trois progressistes, les républicains se servent à loisir de la Cour suprême pour pousser leurs idées, avec des conséquences très importantes.

Après avoir également consacré le droit à porter une arme à feu partout hors de chez soi, et cela en dépit de l’affolante répétition des fusillades mortelles, la juridiction pourrait désormais s’attaquer à des acquis supplémentaires, à l’image du mariage homosexuel, du droit à avoir certaines pratiques sexuelles telles que la sodomie ou de l’accès à la contraception par exemple.

Une décision “effrayante” pour les juges progressistes

Ce jeudi, c’est donc le climat qui a été visé par une décision majeure de l’instance. La haute juridiction a estimé que l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) ne pouvait pas édicter de règles générales pour réguler les émissions des centrales à charbon, qui produisent près de 20% de l’électricité aux États-Unis.

La Maison Blanche a immédiatement dénoncé ce revirement et appelé le Congrès à “mettre l’Amérique sur le chemin d’un futur énergétique plus propre et plus sûr”.

L’arrêt a été adopté par les six magistrats conservateurs de la Cour. “Mettre une limite aux émissions de dioxyde de carbone à un niveau qui imposerait de renoncer au niveau national au charbon pour produire l’électricité pourrait être une solution pertinente à la crise d’aujourd’hui. Mais il n’est pas crédible que le Congrès ait donné à l’EPA l’autorité d’adopter une telle mesure”, écrit le juge John Roberts en leur nom.

Mais leurs trois collègues progressistes se sont dissociés d’une décision jugée “effrayante”. “La Cour a retiré à l’Agence de protection de l’environnement le pouvoir que le Congrès lui a donné de répondre au ‘problème le plus pressant de notre époque’”, écrit la juge Elena Kagan, en rappelant que les six années les plus chaudes ont été enregistrées au cours de la dernière décennie.

Reflétant les divisions de la société américaine sur les questions environnementales, la décision a été immédiatement saluée par le parti républicain, hostile à toute régulation fédérale et défenseur des énergies fossiles. “Aujourd’hui, la Cour suprême rend le pouvoir au peuple”, a estimé son chef au Sénat, Mitch McConnell, en reprochant au président démocrate Joe Biden “de mener une guerre contre les énergies à prix abordable” malgré l’inflation.

Les États-Unis marginalisés à l’échelle mondiale

Mais les démocrates, à l’instar de la jeune élue Alexandria Ocasio-Cortez, ont jugé la décision “catastrophique”. “Notre planète est en feu et cette Cour suprême extrémiste détruit la capacité du pouvoir fédéral de se battre”, a ajouté la sénatrice Elizabeth Warren.

Atterrées, les organisations de défense de l’environnement ont souligné l’écart avec le reste du monde. “La décision menace les États-Unis d’être relégués loin derrière nos partenaires internationaux qui accélèrent les efforts pour remplir leurs engagements climatiques”, a souligné Nathaniel Keohane, président du Center for Climate and Energy Solutions .

Après la volte-face sur l’avortement la semaine dernière, cet arrêt représente un nouveau changement de pied à la Cour suprême. En 2007, elle avait décidé à une courte majorité que l’EPA était compétente pour réguler les émissions de gaz responsables du réchauffement climatique, au même titre qu’elle est chargée par une loi des années 1960 de limiter la pollution de l’air.

Mais depuis, l’ex-président républicain Donald Trump, un climatosceptique hostile à toute mesure contraignante pour l’industrie, a fait entrer trois magistrats au sein du temple du droit américain, cimentant sa majorité conservatrice.

Un pari perdu pour Joe Biden et son administration

Au-delà de l’EPA, leur décision pourrait limiter les efforts de toutes les agences fédérales de régulation, notamment celle sur la santé et la sécurité au travail (OSHA). “La Cour a pris des mesures pour contrôler l’EPA mais aussi toutes les agences administratives”, analyse Ilya Shapiro, directeur des études constitutionnelles à l’Institut Manhattan, sur Twitter. Pour lui, “la Cour a simplement refusé de laisser une agence exécutive décréter qu’elle est compétente”.

Les démocrates se sont donc également inquiétés du risque de voir plusieurs régulations tomber dans les prochains mois. Cette Cour “réactionnaire et extrémiste” “renvoie le pays au temps où les requins de l’industrie avaient tous les pouvoirs”, a regretté le chef de la majorité démocrate au Sénat Chuck Schumer.

Concrètement, le dossier au cœur de la décision trouve sa source dans un plan ambitieux adopté en 2015 par Barack Obama pour réduire les émissions de CO2. Ce “Clean Power Plan”, dont la mise en oeuvre revenait à l’EPA, avait été bloqué avant d’entrer en vigueur.

En 2019, Donald Trump avait publié sa propre “règle pour une énergie propre abordable”, limitant le champ d’action de l’EPA au sein de chaque site de production d’électricité, sans l’autoriser à remodeler tout le réseau. Un tribunal fédéral ayant invalidé cette mouture, plusieurs États conservateurs et l’industrie du charbon ont demandé à la Cour suprême d’intervenir et de préciser les pouvoirs de l’EPA.

Le gouvernement du démocrate Joe Biden avait fait savoir qu’il ne comptait pas ressusciter le plan de Barack Obama et avait demandé à la haute Cour de déclarer le dossier caduc pour éviter une décision aux conséquences dommageables. Son pari a échoué.

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À voir également sur le HuffPost : En 30 ans, le seul fait d’arme écolo de l’Humanité est lié à votre réfrigérateur

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    Les canicules seront bientôt constantes dans les océans et c'est dramatique

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 09:38 · 5 minutes

L'océan brûle sous les canicules marines et accélère la disparition des écosystèmes marins. L'océan brûle sous les canicules marines et accélère la disparition des écosystèmes marins.

CLIMAT - Nous sommes enfermés dans une situation où, d’ici 2050, l’ensemble de l’océan mondial sera proche d’un état de canicule marine presque constant”, alerte Robert Schlegel chercheur à l’Institut de la Mer de Villefranche (IMEV), interrogé par Le HuffPost.

À l’ouverture du sommet sur les océans à Lisbonne ce lundi 27 juin, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a lui déclaré l’”état d’urgence océanique”. Emmanuel Macron se rend sur place ce jeudi 30 juin.

Et pour cause, l’océan subit non seulement le réchauffement climatique mais il est également frappé par des canicules marines de plus en plus fréquentes. Ces épisodes sont peu connus et peu médiatisés, mais loin d’être rares, la mer Méditerranée est d’ailleurs sous le joug d’une chaleur extrême actuellement. Vous pensez sans doute qu’une eau à près de 25°C est une super nouvelle pour vos vacances, mais en réalité c’est dramatique pour la planète.

″À l’exception de la mer d’Alboran (entre le Maroc et l’Espagne), toute la Méditerranée occidentale connaît une vague de chaleur marine depuis le 16 mai environ”, détaille Robert Schlegel . La température de la surface de la mer (SST) atteint des pics à +5°C par rapport à la moyenne le long des côtes espagnoles, françaises et italiennes, comme le montre la visualisation ci-dessous basée sur les données du Copernicus Marine Service .

Certaines parties de la Méditerranée sont plus chaudes de plus de +5°C que la moyenne. Certaines parties de la Méditerranée sont plus chaudes de plus de +5°C que la moyenne.

Ces vagues de chaleur se produisent lorsque les températures océaniques franchissent un seuil extrême pendant plus de cinq jours consécutifs. Robert Schlegel explique que ce seuil est calculé grâce aux enregistrements historiques des températures “basés sur une moyenne de 30 ans (par exemple, 1981-2010) et sont déterminés en lissant les températures quotidiennes moyennes sur ces années”. C’est ce qu’on appelle en sciences une “climatologie” et elle représente la température moyenne attendue pour chaque jour de l’année.

En un siècle, 50% de jours de canicule marine en plus

Dans le climat actuel, les canicules océaniques ne durent qu’une quinzaine de jours en Méditerranée. Dans le pire scénario prévu par le Giec, avec un réchauffement à +5°C, les simulations prévoient qu’elles seront quatre mois plus longues et quatre fois plus intenses, rapporte une étude sur l’évolution des canicules océaniques en Méditerranée du CNRS .

Les scientifiques ajoutent que seul le scénario d’un réchauffement limité à +1.5 degrés par rapport à 1990 permettrait d’endiguer l’aggravation de ces canicules.

Avec le réchauffement climatique, elles seront plus longues, mais aussi beaucoup plus nombreuses. “E ntre 1925 et 2016, le nombre de jours annuels de vagues de chaleur marines dans le monde a augmenté de plus de 50%”, rapporte Carole Saout-Grit, physicienne océanographe, contactée par Le HuffPost .

Ces chiffres proviennent d’une étude de la revue scientifique Nature Climate Change dans laquelle les chercheurs établissent un lien direct entre l’augmentation de ces vagues de chaleur et le réchauffement à long terme des océans.

Nombre total de jours de canicule marine dans le monde sur 1982-2016. Nombre total de jours de canicule marine dans le monde sur 1982-2016.

Même si nous parvenons à contenir le réchauffement à +2°C , “la quasi-totalité des océans connaîtront des vagues de chaleur marines plus fréquentes et plus longues”, poursuit la chercheuse.

Quant aux conséquences, les canicules marines passés présagent des modifications majeures des écosystèmes . En 1999, 2003 et 2006, la Méditerranée a été touchée par une canicule provoquant “ de nombreux cas de mortalité massive d’espèces”, déplore le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

L’équateur, bientôt une zone morte?

Une hécatombe qui n’est rien par rapport à celle provoquée par “Le Blob”. On ne parle pas ici de l’espèce unicellulaire qui ressemble à une éponge, mais d’une canicule marine qui a duré trois ans, sur la côte ouest de l’Amérique du Nord entre fin 2013 et 2016. L’eau excessivement chaude pendant cette période a stoppé la croissance du phytoplancton, espèce à la base de notre chaîne alimentaire.

Des canicules moins intenses provoquent aussi des effets rebond considérables sur les écosystèmes. Sous l’effet des anomalies de chaleur, les coraux se couvrent d’un linceul blanc. Effectivement, les organismes stressés expulsent les micro-algues avec qui ils vivent en symbiose et blanchissent. A cause de ce blanchissement qui les rend vulnérables, ” il est presque certain que la grande barrière de corail aura complètement disparu d’ici 10 à 20 ans”, ajoute Robert Schlegel.

Autre conséquence, ces canicules accélèrent la migration des espèces vers les pôles où la température de l’eau est plus basse. C’est un problème à l’équateur, qui pourrait (mais nous n’en sommes pas certains) devenir une zone morte, car il n’y aura pas d’organismes sur la planète capables de s’adapter aux températures élevées”, continue le chercheur.

Se sauver ou périr

Ce qui est sûr en revanche, c’est que les espèces incapables de migrer périront avec l’augmentation des températures. Dans l’Arctique par exemple, les écosystèmes qui dépendent de la glace seront éradiqués avec la fonte de la glace de mer.

Certes, nous ne sommes pas sur la route d’un réchauffement à 5°C, mais la direction prise par l’humanité aujourd’hui est loin de suffire pour empêcher l’océan de surchauffer. Si nous continuons sur notre trajectoire actuelle d’ici 2050, Robert Schlegel pose un bilan beaucoup plus pessimiste: “la plupart des océans du monde seront contraints de changer. Mais changer en quoi, c’est difficile à dire.”

Face à ce constat alarmant, difficile de trouver une lueur d’espoir. Mais si nous réussissons à maîtriser nos émissions , il est possible que certains écosystèmes survivent. Selon les scénarios d’une étude sur les projections marines au 21e siècle , avec une augmentation des températures à +2.5 °C, la plupart des océans connaîtront “ des événements de catégorie 1 (modérée) et 2 (forte)”, ce qui est mauvais, mais nous pouvons nous en accommoder. Si nous tenons les engagements pris lors de la Cop26, cette trajectoire pour “sauver” la Planète bleue est encore possible.

A voir aussi sur Le HuffPost: Cop26: les militants d’Ocean Rebellion vomissent du pétrole devant une raffinerie de Glasgow

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    Le bon bilan climatique de la France est un leurre et voici comment l’améliorer

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 20:00 · 4 minutes

Les émissions de CO2 en France continuent leur tendance à la baisse, mais les politiques climatiques restent insuffisantes. Les émissions de CO2 en France continuent leur tendance à la baisse, mais les politiques climatiques restent insuffisantes.

CLIMAT - Objectif réussi! En apparence seulement. Les émissions de CO2 en France sont en baisse de 3,8% en 2021 par rapport à 2019, s’est félicité le gouvernement le 13 juin. Un succès tempéré par les experts du Haut Conseil pour le Climat (HCC) dans le rapport annuel paru ce mercredi 29 juin. L es scientifiques pointent que cette diminution est surtout le fruit “des impacts de la Covid-19 et de sa gestion, ainsi qu’au relèvement du plafond des émissions du deuxième budget carbone”.

L es politiques publiques mises en place pendant le Covid ont été bénéfiques pour le climat “ notamment avec les confinements qui ont entravé les mouvements du quotidien et les émissions des transports associés”, souligne Corinne Le Quéré, présidente du Haut Conseil pour le Climat dans un point presse auquel Le HuffPost a assisté.

Conséquence de ces mesures, les émissions ont chuté de 7% en 2020, avant  d’augmenter de nouveau de 6,4% en 2021. Un rebond post-covid “partiel” qui permet à la France de rester dans les clous de sa trajectoire d’émissions nationale. Une bonne nouvelle sur le papier, mais les plans français manquent encore d’ambition, jugent les experts du HCC.

Atteindre son objectif... en l’abaissant

Pour être “dans les clous”, la France ne devait pas émettre plus de 421 millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2021 (Mt CO2e). Ce quota est fixé par le gouvernement dans la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC). C’est la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique. Et justement le ministère de la Transition énergétique s’enorgueillit dans un communiqué : “Le niveau d’émissions de gaz à effet de serre (418Mt CO2e) respecte la trajectoire fixée par la SNBC” .

Mais si le gouvernement a respecté ses engagements, c’est surtout parce qu’il a revu sa copie à la baisse au niveau des exigences début 2020. Le budget carbone de la période 2019-2023 a d’abord été fixé à 398 Mt CO2e, puis à 421 MT CO2e. En clair, si la France n’avait pas adapté son plafond d’émissions, il l’aurait dépassé.

Quand on regarde l’ensemble du quinquennat d’Emmanuel Macron, c’est vrai que les courbes des émissions déclinent et la baisse atteint même 9,6% depuis 2017. Mais cette baisse reste “insuffisante pour nous mettre sur la trajectoire 2030 ”, ajoute Corinne Le Quéré.

Un train de retard

En effet, les objectifs climatiques de la France ont été rehaussés suite à la loi européenne sur le climat de juillet 2021 et le pays devra doubler sa vitesse de réduction d’émissions en 2030 par rapport à 1990. Cet effort est nécessaire pour maintenirle réchauffement bien en dessous des +1,5°C, comme le préconise l’Accord de Paris .

Pour réduire ses émissions d’au moins 50% d’ici 2030, la France a un train de retard. “Seules 6 des 25 orientations de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) bénéficient de mesures au niveau requis pour l’atteinte des budgets carbone”, indique le rapport du HCC. Quatre orientations sont même totalement en déphasage avec la SNBC, notamment sur les politiques de rénovation des bâtiments ou de développement des énergies renouvelables dans l’agriculture.  Mais alors, concrètement, que faudrait-il faire pour éviter la catastrophe?

Rien de bien mystérieux, la sobriété est la voie royale vers une diminution drastique de nos émissions. Les experts de ce rapport donnent d’ailleurs quelques pistes pour l’atteindre.

La voie de la sobriété

D’abord sur la “sobriété des infrastructures”, ils appellent à réfléchir sur l’utilisation de nos bâtiments et l’énergie consommée inutilement (lumières, chauffage) quand ils sont vides. Ils pensent aussi que le secteur industriel pourrait repenser nos véhicules alors que leur taille est souvent “surdimensionnée”.

Les chercheurs appuient également sur l’importance de la “sobriété des usages”, c’est-à-dire notre pouvoir à nous citoyens de faire bouger les lignes. Il faudrait selon eux revoir notre manière de consommer: “Moins de viande et plus d’alternatives végétariennes dans les cantines scolaires”, détaille Corinne Le Quéré. La climatologue insiste aussi sur le contrôle de la publicité qui fait parfois l’apologie de pratiques “très carbonées”.

La sobriété permettrait aussi à la France de mieux faire face aux chocs externes, comme une guerre ou une sécheresse, expliquent les scientifiques du HCC. Aujourd’hui, la guerre en Ukraine couplée à des chaleurs précoces mettent en tension notre système énergétique. Baisser l’offre et la demande d’énergie sur le long terme aurait l’avantage d’atténuer les pénuries lors de ces périodes d’urgence. Et pour prendre le tournant de la sobriété, le HCC rappelle qu’il faut soutenir financièrement les ménages les plus précaires.

Quoi qu’il arrive le changement climatique est déjà là et la France n’est pas prête à en subir les effets, arguent les membres du HCC qui relèvent dès à présent une intensification des chaleurs extrêmes, des littoraux grignotés, des sécheresses, et des pluies extrêmes. S’adapter à ces phénomènes nécessite des politiques d’adaptation radicales qui ne sont pas encore à l’agenda du gouvernement.

À voir aussi sur Le HuffPost: Les formations climat ont-elles eu autant de succès à gauche qu’à droite ?

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    Climat: Que vont changer ces textes-clés du plan adopté par l'UE?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 09:53 · 3 minutes

Les ministres de l'Environnement de 27 États membres ont validé plusieurs mesures emblématiques du plan climat. Les ministres de l'Environnement de 27 États membres ont validé plusieurs mesures emblématiques du plan climat.

CLIMAT - Consensus chez les Vingt-Sept. Après d’âpres négociations, les membres de l’ Union européenne ont approuvé, dans la nuit de mardi à mercredi 29 juin, cinq textes du plan climat proposé par la Commission, qui en comprend au total 14. Ce plan vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici à 2030.

Les cinq textes adoptés par les ministres de l’Environnement de chaque pays membre de l’UE doivent encore être débattus par les eurodéputés au Parlement européen . Le HuffPost vous détaille les trois principales propositions et leurs conséquences sur notre quotidien.

  • La fin des voitures thermiques

L’un des textes majeurs adoptés concerne la fin des voitures thermiques . Cette proposition signifie l’arrêt des ventes de véhicules essence et diesel dans l’UE à partir de 2035, imposant de facto le 100% électrique. La mesure doit contribuer à atteindre les objectifs climatiques du continent, en particulier la neutralité carbone à l’horizon 2050.

À la demande de quelques pays, dont l’Allemagne et l’Italie, les Vingt-Sept ont cependant accepté d’envisager un possible feu vert à l’avenir pour des technologies alternatives comme les carburants synthétiques (e-carburants) ou motorisations hybrides rechargeables si celles-ci permettent d’atteindre l’objectif de supprimer totalement les émissions de gaz à effet de serre des véhicules.

Les ministres européens de l’Environnement, réunis à Luxembourg, ont également approuvé une extension de cinq ans de l’exemption accordée aux constructeurs “de niche” ou ceux produisant moins de 10.000 véhicules par an, jusqu’à fin 2035. Cette clause, dite “amendement Ferrari” , profitera notamment aux marques de luxe.

Si la ministre française de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a souligné que cet accord était une “nécessité” face à la concurrence chinoise et américaine, la filière automobile européenne, qui investit déjà lourdement dans l’électrification, redoute cependant l’impact social d’une transition trop rapide.

  • Un marché carbone élargi

Les États-membres ont également validé un autre point du plan européen qui prévoit d’obliger les fournisseurs de carburants et fioul domestique à acheter, sur un nouveau marché carbone, des quotas couvrant leurs émissions de CO2. Ce système existe déjà pour les fournisseurs d’électricité et certaines industries.

Ce marché carbone européen où s’échangent depuis 2005 les “permis à polluer”, créés en nombre limité et que doivent acheter les producteurs d’électricité et industries énergivores (sidérurgie, ciment...), couvre pour le moment seulement 40% des émissions des Vingt-Sept.

Par ailleurs, les ministres ont validé l’inclusion du transport maritime dans le marché carbone, mais avec des accommodements “transitoires” pour la navigation hivernale, les trajets “de service public” et la desserte des petites îles.

Enfin, ils se sont également entendus pour éliminer progressivement les quotas gratuits d’émissions accordés à certains secteurs industriels, à mesure que montera en puissance aux frontières de l’UE une taxe carbone sur les importations venant de pays tiers, entre 2026 et 2035. Les quotas gratuits alloués aux compagnies aériennes seraient, eux, éliminés d’ici à 2027.

  • Un “fonds social climatique”

La proposition de réforme du marché carbone pourrait engendrer des surcoûts pour les petites entreprises et les consommateurs des ménages les plus vulnérables. C’est pourquoi Bruxelles a proposé un “fonds social climatique”, dont le montant a fait l’objet d’intenses négociations.

Ce fonds social serait alimenté par les recettes du nouveau marché carbone “logement et transport routier”, afin de compenser l’impact de hausses de prix, via des aides directes “temporaires” et le financement de travaux réduisant leur consommation d’énergie. Bruxelles proposait un montant de 72,2 milliards d’euros pour 2025-2032.

Finalement, les pays de l’UE ont trouvé un compromis à 59 milliards d’euros pour une période plus restreinte (2027-2032), en redirigeant vers le fonds social 11,5 milliards d’euros tirés des recettes du marché carbone qui étaient initialement destinées au “fonds d’innovation” européen.

À voir également aussi sur le Huffpost: Greenpeace interpelle les dirigeants du G7 depuis les montagnes en Allemagne

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    Taxe carbone aux frontières: Macron en passe de réussir son pari à la PFUE?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 28 June - 04:00 · 4 minutes

Emmanuel Macro lors d'une réunion informelle des ministres des fiannces européens, le 2 février 2022. Emmanuel Macro lors d'une réunion informelle des ministres des fiannces européens, le 2 février 2022.

CLIMAT - La France tire sa révérence à la présidence du Conseil de l’Union européenne , ce jeudi 30 juin. En six mois, l’Élysée se félicite d’avoir mené à bien “entre 95% et 97% de son programme”. Avec cependant une “réserve” - de taille: le vote ce mardi par les ministres européens de l’environnement de la réforme du marché carbone.

En prenant la présidence du Conseil de l’Union Européenne le 1er janvier 2022, Emmanuel Macron s’était donné comme mission de concrétiser l’ambition de neutralité carbone pour 2050, et la réduction de 55% de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 fixée par la Commission européenne. Avec comme toute première priorité, “la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières” , précisait le dirigeant français dans son discours de présentation de la PFUE , le 9 décembre 2021.

C’est la fameuse “taxe carbone” aux frontières, et sur laquelle se prononcent ce 28 juin les 27 ministres européens de l’Environnement. De leur vote sur ce sujet, ainsi que sur le Fonds social pour le climat, dépend une grande partie de la réussite de la PFUE en termes climatique, tant Paris en a fait un projet symbolique.

“Bilan globalement positif”

“Le bilan de la PFUE est globalement positif, sachant que l’objectif d’une présidence, c’est de faire avancer les dossiers”, analyse pour Le HuffPost Thomas Pellerin, directeur du centre Énergie de l’Institut Jacques Delors. La France peut se féliciter de deux avancées parlantes dans le cadre du paquet législatif pour le climat “Fit for 55”: la suppression des quotas gratuits aux industriels européens en échange d’une taxe carbone aux frontières de l’UE, et le Fonds social Climat.

Pour comprendre, il faut avoir en tête le fonctionnement législatif européen. Quatre étapes sont nécessaires pour aboutir à une loi. Tout d’abord, une proposition de texte par la Commission: c’était le 14 juillet 2021. Puis, un vote du Parlement européen: celui sur la fiscalité carbone aux frontières a été fait le 22 juin, en pleine PFUE, et a abouti positivement malgré un premier rejet deux semaines plus tôt.

Le texte adopté est conforme aux ambitions premières: mettre fin d’ici 2032 aux quotas gratuits aux industriels européens en échange d’une taxe carbone aux frontières de l’UE. Le calendrier prévu, à l’origine de tensions entre les groupes, a finalement été conservé avec cependant une contrepartie avantageuse pour les entreprises.

Cela va être un enjeu de négociation extrêmement serré” Entourage Élysée

Le Fonds social climat, destiné à aider les ménages vulnérables à amortir l’impact de la transition environnementale et déjà adopté au Parlement, sera aussi au programme des discussions ministérielles. “Il y a un enjeu pour les budgets nationaux et certains États membres sont effectivement réservés”, détaille l’Élysée. Le volume total de ce fonds, estimé à 52 milliards d’euros est jugé insuffisant par une partie des États membres, et trop élevé par d’autres. “Cela va être un enjeu de négociation extrêmement serré” lors de la réunion des 27 ministres européens, reconnaît le Palais. C’est la troisième étape du processus législatif.

Une victoire symbolique pour la PFUE?

Ce mardi, les ministres se prononcent à leur tour sur “le cœur du paquet climat” selon les termes de l’Élysée. “C’est une étape, mais une étape cruciale qui va déterminer grandement le résultat final”, confirme Thomas Pellerin.

La présidence se montre optimiste. “Les États membres mesurent l’importance de trouver un accord sur le sujet et de ne pas finir sur un blocage”, veut croire l’Élysée pour qui le Fonds social climat est “la clé de voûte” pour avoir un accord sur l’ensemble du paquet. ”Ça va être une négociation difficile, mais les signaux que l’on a des États membres, c’est la très grande volonté de tous de parvenir à un accord”, ajoute le Palais.

Concrètement, l’enjeu de ce conseil des ministres européens est de trouver un accord formel, validé par les représentants des 27. S’ils y parviennent, cette version de la réforme du marché carbone devra encore être soumise à un ultime vote des instances européennes, avant de devenir une loi. Mais il n’en reste pas moins que sur un parcours en quatre temps, deux auront été accomplis sous la présidence française. C’est très “symbolique”, explique Thomas Pellerin mais "ça arrangerait énormément la présidence française de pouvoir dire qu’ils ont réussi sur ce sujet.”

À l’inverse, si les ministres ne trouvent pas d’accord, la réforme de la taxe carbone se fera plus vraisemblablement sous la présidence de la République tchèque, avec une nouvelle réunion des ministres en juillet ou en septembre. Et le bilan de la France la tête de l’UE sera moins beau, même si l’Élysée refuse de “juger la totalité du bilan de la PFUE sur le résultat de ce vote.”

À voir également sur Le HuffPost: Les formations climat ont-elles eu autant de succès à gauche qu’à droite ?

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    Météo-France change ses "normales" de saison, et c'est loin d'être un détail

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 27 June - 19:39 · 4 minutes

Météo-France change ses Météo-France change ses "normales" de saison, et c'est loin d'être un détail

MÉTÉO - La mise à jour des “normales climatiques”, dites saisonnières, par Météo-France, opérationnelles ce mardi 27 juin, dessine une France un peu plus chaude particulièrement dans l’est , où les gelées se font moins fréquentes, et où les sols deviennent parfois plus secs.

Tous les dix ans, Météo-France met à jour la période de référence pour ses “ normales climatiques ”, plus couramment qualifiées de “saisonnières”, pour s’aligner sur les recommandations de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Sur la nouvelle période de référence 1991-2020, la nouvelle normale de température moyenne annuelle en France est de 12,97°C, en hausse d’un peu plus de 0,4°C par rapport à la période de référence précédente 1981-2010 (12,55°C), selon Météo-France.

Une hausse marquée au printemps et en été

Les normales climatiques, produits statistiques, permettent de “caractériser le climat” sur une période donnée, par convention une période de 30 ans, et “servent de référence pour analyser les événements climatiques en temps réel”, expliquent les services météo français.

C’est au printemps et en été que la hausse de la nouvelle normale de température annuelle est la plus forte. Elle est par ailleurs légèrement plus marquée sur l’est continental (Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté) et un peu moindre sur les zones littorales (Bretagne et Corse).

La température annuelle moyenne était de 11,82°C entre 1961 et 1990, période que l’OMM recommande de prendre comme référence pour la communication sur le changement climatique. En outre-mer, la hausse de cet indicateur est un peu moins forte, et elle baisse même à la station polaire de Dumont d’Urville (Antarctique) , de 0,2°C.

Par rapport à la période précédente, le nombre de jours de forte chaleur (température maximale supérieure ou égale à 30°C) augmente notamment à Nîmes (+8 jours), Figari (+9) ou Marignane (+10).

Baisse des jours de gelées

Ces changements de normales climatiques ne remettent pas en cause les seuils de vigilance canicule, qui “sont calculés par rapport à des indice bio-météorologiques”, en collaboration avec Santé publique France et d’autres agences, explique Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

Le nombre de jours de gelées (température inférieure à 0°C) est quant à lui en baisse, de 8 jours à Troyes, Poitiers, Langres ou Chambéry, et jusqu’à 10 jours à Lyon.

De son côté, le cumul moyen de précipitation évolue peu (une fourchette entre 911 et 935 mm au fil des actualisations), sauf dans le Nord-Est où ce cumul moyen diminue plus notablement.

En PACA et Corse à l’inverse, les précipitations moyennes augmentent notamment pendant la période de recharge des nappes phréatiques (septembre à mars). Météo-France note en outre un assèchement des sols plus marqué du Massif Central au Grand Est, en particulier l’été et l’automne, mais des sols plus humides dans certaines zones comme la façade ouest, sauf le Poitou.

Prendre des pincettes sur les causes de ces changements

Les normales climatiques sont utilisées dans différents secteurs, comme l’agriculture ou l’énergie, et permettent également de comparer les conditions climatiques entre différents lieux. Ou encore, de faire des comparaisons sur les évolutions du climat à long terme.

Toutefois, plusieurs paramètres peuvent causer des différences entre les périodes de référence: changements dans les conditions de mesures d’une station météo, évolution du parc de stations utilisées pour le calcul d’un indicateur agrégé, évolution des directives de l’OMM.

“L’explication qu’on a tous envie d’avoir en tête, c’est bien sûr l’évolution du climat dans ce contexte de changement climatique, qui est quand même assez important. La difficulté qu’on a, c’est que tous ces effets sont combinés et, malheureusement, difficilement dissociables”, nuance Matthieu Sorel.

“Il faut prendre beaucoup de pincettes en étudiant les différences avec les précédentes normales, on ne peut pas directement attribuer une différence à l’évolution du changement climatique, même si on aurait quand même bien envie de le faire, surtout que les résultats que l’on a, plaident quand même en cette faveur-là”, ajoute-t-il.

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    G7: De Paris à Berlin, des manifestations coup de poing pour alerter sur la dette des pays du Sud

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 27 June - 14:28 · 2 minutes

ENVIRONNEMENT -“G7 responsable, FMI coupable, annulons la dette pour une planète vivable.” Ce lundi 27 juin, des militants pour le climat ont manifesté devant le siège du Fonds monétaire international (FMI) à Paris, comme vous pouvez le voir dans le vidéo en haut de l’article .

Quelques dizaines d’activistes d’ Extinction Rebellion , de Youth for Climate ou de 350.org ont ciblé ce bâtiment du FMI dans une campagne mondiale baptisée “Debt for climate”, organisée à l’occasion du sommet du G7 en Allemagne, pour réclamer l’annulation de la dette des pays les plus pauvres afin qu’ils puissent financer des investissements contre la crise climatique .

Les mains littéralement collées aux portes vitrées, les manifestants bloquaient l’entrée du bâtiment, pendant que d’autres, assis par terre, s’accrochaient les uns aux autres, les bras à l’intérieur de longs tuyaux, pour être plus difficiles à déloger.

“Premières victimes de la crise climatiques”

“Nous devons donner à ces pays les moyens de lutter contre la crise climatique, ce sont les premières victimes et les derniers responsables”, a lancé “Chalou”, une militante d’Extinction Rebellion, tandis que ses camarades jetaient des faux billets marqués “Stop fossil fuels” (Stop aux énergies fossiles).

“La crise de la dette est d’abord la résultante d’un système financier injuste dominé par les pays les plus riches. Le G7, le FMI et la Banque mondiale ont des responsabilités historiques dans le développement de ce cercle vicieux dettes/surexploitation des ressources”, ont dénoncé dans un communiqué Extinction Rebellion, Attac-France et Youth for Climate France, qui organisaient l’action parisienne.

“La reconnaissance d’une dette écologique par les pays les plus riches est une exigence fondamentale. Cette dette écologique provient de la responsabilité des pays les plus riches dans le changement climatique: ce sont eux qui sont les premiers responsables de la destruction de la biodiversité et du pillage des ressources au sein de pays qui sont les moins responsables et les plus impactés par les crises environnementales en cours et à venir”, ont-ils ajouté.

Une campagne mondiale

D’autres manifestations ont été organisées dans le cadre de la campagne mondiale “Debt for climate” comme à Washington DC aux États-Unis, à Garmisch-Partenkirchen en Allemagne, près de lieu de réunion du G7 ou encore à Berlin, ce lundi matin, où des militants ont bloqué l’entrée du ministère des Finances.

Le sommet du G7 s’est ouvert dimanche 26 juin en Bavière et doit se tenir jusqu’à mardi 28 juin. Il réunit les dirigeants de l’Allemagne, des États-Unis, de la France, du Canada, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni. Au programme durant ces trois jours: la guerre en Ukraine , les menaces sur la sécurité alimentaire et énergétique et l’urgence climatique.

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