close
  • Co chevron_right

    L’éco-impérialisme, nouvelle forme du colonialisme occidental

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Thursday, 5 August - 03:00 · 6 minutes

éco-impérialisme

Par Lipton Matthews.
Un article de Mises Institute

Il existe un mouvement à l’échelle mondiale qui vise à éliminer de tous les secteurs de la société les résidus de l’impérialisme occidental. Partout dans le monde des monuments dédiés aux explorateurs et hommes d’État occidentaux sont renversés. Dans les pays en voie de développement, des militants ainsi que leurs alliés en Occident, affirment que les pays émergents doivent pouvoir tracer une nouvelle voie sans ingérence culturelle de ce dernier.

Pourtant, l’Occident poursuit une forme de colonialisme en Afrique : l’éco-impérialisme.

Du fait que les progressistes occidentaux apprécient cette sorte d’impérialisme, nous en entendons rarement parler. Les gens raisonnables croient vraiment que les pays en voie de développement ont droit à l’auto-détermination et pourtant le projet occidental éco-impérialiste ne s’attire pas vraiment leurs foudres. En d’autres termes, l’Occident a montré qu’il a parfaitement l’intention de se mêler des affaires intérieures des pays en voie de développement au nom de l’écologie.

De leur côté, les pays occidentaux se sont payés le luxe d’exploiter leurs ressources et leurs sources d’énergie sans qu’on leur face la leçon au sujet du changement climatique, et les pays africains devraient bénéficier du même privilège qui sont par exemple régulièrement sermonnés par l’Occident au sujet de la nécessité de réduire leurs émissions et d’utiliser des sources d’énergie plus chères et moins productives.  C’est coûteux pour ces pays et cela limite leur auto-détermination locale.

De plus, contrairement à ce qu’on entend, le changement climatique est un problème ancien et l’Histoire montre notre capacité à nous adapter à un climat imprévisible. Il n’existe pas non plus de consensus sur le fait que le CO2 soit un polluant . Ces points ne seront pas repris ici car ils sont couverts en détail dans un précédent article . Nous devons donc renoncer à la sensiblerie de ceux qui préfèreraient que les pays africains mettent leur santé financière en danger sur la base de données incertaines.

Le sujet dépasse bien entendu la question du changement climatique.

Les pesticides

Au Kenya, par exemple, le DDT a été mis en œuvre pour limiter l’extension de la malaria, jusqu’à ce que cette politique soit abandonnée en 1990 sur ordre d’une administration inspirée par la propagande occidentale. Heureusement pour le Kenya, certains bureaucrates ont compris le problème et ont fait reprendre l’usage du DDT en 2010.

Comme le signalait Willis Akhwale en 2009, lorsqu’il était à la tête de l’unité de lutte contre la malaria du Kenya :

De nouvelles études ont montré que les incriminations précédentes du DDT étaient largement fausses.  Ce pesticide est sûr pour la lutte contre la malaria s’il est utilisé raisonnablement comme les autres produits chimiques.

En réalité le DDT n’a jamais bénéficié d’un procès impartial avant la décision de mettre fin à son utilisation.

L’économiste Roger Bates résume le problème brutalement :

Malgré le fait que beaucoup de peurs autour du DDT soient fondées sur des études inadaptées et non scientifiques, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a interdit le DDT en 1972… L’administrateur de l’EPA William Ruckelshaus a rejeté les rapports scientifiques et les faits rapportés par de nombreux experts qui s’opposaient fermement à l’interdiction du DDT.

En effet, une étude de 2011 a montré non seulement que l’impact du DDT sur les lacs en Afrique était modéré, mais encore que les faibles niveaux de contamination expliquaient l’abondance des populations de flamants nains dans ces environnements aquatiques.

Pour des raisons politiques, des pays pauvres sont doucement entraînés vers la mise en œuvre de programmes coûteux pour flatter les egos d’écologistes aisés dont les niveaux de vie ne sont pas affectés par leurs mauvaises idées.

De même , Paul Driessen dresse un tableau déprimant des conséquences du militantisme écologiste en Afrique :

En ce moment même, alors que des sauterelles ravagent les récoltes de cultures de subsistance, des ONG enragées font pression sur le parlement du Kenya pour interdire 200 pesticides qui ont été approuvés comme sûrs pour les récoltes, la faune et les habitants par les autorités du Kenya ainsi que par les agences de réglementation des USA, du Canada et d’autres pays.

Comme l’explique justement Driessen, plutôt que de promouvoir des techniques modernes de culture en Afrique, ils vantent le programme insidieux de l’agro-écologie avec une obsession pour des pratiques qu’ils perçoivent comme indigènes à l’exclusion des connaissances, des technologies et de l’équipement qui pourraient réduire la pauvreté et d’autres maladies de la société africaine.

Il est encore plus troublant que les dirigeants africains ne résistent pas davantage à l’éco-impérialisme de l’Occident.

Les combustibles fossiles

Ils alimentent les renouvelables et sont responsables des niveaux de vie plus élevés dans le monde développé car ils facilitent une production efficiente.

Pourtant, comme le remarque Samuel Ayokunle Oyo, les dirigeants envisagent imprudemment d’interdire les combustibles fossiles :

Au Nigéria , par exemple, les politiques envisagées d’interdiction complète des générateurs autonomes à combustibles fossiles pourraient miner les progrès d’électrification du pays… Ces moyens à combustibles fossiles font partie de réseaux hybrides à énergies renouvelables qui jouent un grand rôle dans l’électrification durable de collectivités locales mal desservies en Afrique sub-saharienne.

Les dirigeants africains sont tellement captivés par la rhétorique vaine des écologistes qu’ils risquent d’appauvrir leurs peuples pour afficher leurs points communs avec des élites occidentales mal inspirées. De plus, malgré la tendance des politiciens africains à dénoncer le néocolonialisme, il semble que dans le domaine de la gestion de l’environnement ils sont prêts à faire des concessions à l’Occident.   Pourtant le fait est que, bien que la civilisation occidentale soit fréquemment moquée, la plupart des régions s’alignent derrière l’Occident. C’est pourquoi, bien que les politiques climatiques du monde occidental soient douteuses, en raison du poids culturel de l’Occident, elles vont s’exporter ailleurs.

Conclusion

Mais pour véritablement exercer leur souveraineté, les Africains doivent se débarrasser de la séduction du gauchisme occidental. Il est absurde de s’opposer à l’impérialisme occidental tout en acceptant les politiques écologistes élaborées par l’Occident qui sont l’antithèse du progrès de l’Afrique. Pour l’essentiel, le fait d’adopter la rhétorique des écologistes peut améliorer l’estime des dirigeants africains aux yeux de leurs homologues occidentaux, mais hélas leurs électeurs en seront récompensés par de la pauvreté.

Sur le web

Une traduction Contrepoints


Liberté pour les étudiantEs palestinienNEs

Plus de 300 organisations de plus de 20 pays unissent leur force autour d’un appel #international pour le lancement d’une campagne pour la #libération de tou·te·s les étudiant·e·s palestinien·ne·s emprisonné·e·s. La #CNT 31 est signataire.

L’appel : https://samidoun.net/freepalestinianstudents/#1614251512920-de7c1328-aefd

#répression #Palestine #Israël #colonialisme #racisme #anticolonialisme #antiracisme #internationalisme #Université #éducation #solidarité #prison #social #société #politique #actu #actualité #samidoun
  • chevron_right

    "Islamo-gauchisme": pour Pascal Blanchard, l'expression en rappelle une autre

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 22 February, 2021 - 13:16 · 3 minutes

POLITIQUE - “L’islamo-gauchisme” est un “terme générique qui ne veut pas dire grand-chose”. Les mots de Pascal Blanchard s’inscrivent à rebours des dernières déclarations de sa ministre de tutelle, Frédérique Vidal . Ce lundi 22 février, l’historien spécialiste de la colonisation et de l’histoire de l’immigration, chercheur associé au CNRS, rattache cette expression au terme ”judéo-maçonnique”, tristement populaire durant les années 30.

La ministre de l’Enseignement supérieur se retrouve sous le feu des critiques politiques mais aussi du monde universitaire après avoir dénoncé “l’islamo-gauchisme” qui, selon elle, “gangrène la société dans son ensemble” et notamment les universités. Frédérique Vidal a ensuite demandé au CNRS “un bilan de l’ensemble des recherches” qui se déroulent en France afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme. Déclenchant une nouvelle salve de critiques .

“On voit bien qu’à chaque époque il y a eu, à un moment, cet ennemi de l’intérieur””

Pascal Blanchard prend ainsi nettement ses distances avec le discours porté par le gouvernement, alors même qu’il a été missionné par Emmanuel Macron il y a quelques semaines pour travailler sur l’histoire et la mémoire de la France.

Le 4 décembre 2020, Emmanuel Macron , a annoncé, lors d’un entretien avec Brut , la création d’un comité scientifique visant à ” rassembler pour la première fois 400 à 500 fiches consacrées à des personnalités qui ont contribué à notre Histoire, mais n’ont pas encore toutes trouvé leur place dans notre mémoire collective”. Ce comité scientifique, présidé par Pascal Blanchard, a rendu au gouvernement une liste de 315 noms issus de la diversité ce 12 février, comme le rapportait La Croix .

Si Frédérique Vidal trouve des soutiens au sein de la majorité, notamment chez Gérald Darmanin et Jean-Michel Blanquer, l’historien nommé par Nadia Hai, ministre de la Ville d’Emmanuel Macron, alerte quant à lui sur un terme plus communément associé au vocabulaire de l’extrême droite et qui lui rappelle une époque où une partie de la population française était prise comme bouc émissaire. “Dans les années 30, l’université était soi-disant gangrenée par les ‘judéo-maçonniques’. [...] Pétain arrive au pouvoir dans les années 40 et Paris Soir demande de nettoyer les universités des judéo-maçonniques”, rappelle l’historien.

Une référence à cette “Une” très relayée sur les réseaux sociaux après celle du Figaro évoquant ’l’islamo-gauchisme” à l’université.

Pascal Blanchard revient également sur la montée du militantisme, notamment chez les jeunes universitaires, et les questionnements autour du colonialisme qui trouvent un écho grandissant aujourd’hui. “La question de la race ne doit pas non plus être invisible”, affirme l’historien avant de poursuivre: ”La question du colonial non plus. Et, oui, elle bouleverse notre société parce qu’on la redécouvre, mais c’est aussi une histoire générationnelle qui est en train de se passer.”

Pour aller plus loin, lire notre dossier “La mémoire en mouvement”. Alors qu’Emmanuel Macron appelle à la création d’une liste de personnalités pour mieux représenter “la diversité de notre identité nationale”, Le HuffPost se plonge dans l’histoire de France et dans l’actualité pour interroger notre mémoire collective.

À voir également sur Le Huffpost: À Paris, les statues de femmes sont rares, mais en plus elles sont problématiques

  • chevron_right

    Contact publication

    CNT 31 · Thursday, 11 February, 2021 - 15:15


#Toulouse #Rassemblement : Pour le retrait total des troupes françaises du #Sahel et d’ #Afrique !

Samedi 13 février à 14h Métro Jean Jaurès - Toulouse

L’ #impérialisme français dans le cadre de la #Françafrique continue à jouer les gendarmes dans une région qu’il considère comme son pré carré.

Communiqué unitaire (la #CNT 31 est signataire) : http://www.cnt-f.org/cnt31/spip.php?article1249

#internationalisme #lutte #social #politique #colonialisme #néocolonialisme #actu #actualité
  • chevron_right

    Contact publication

    CNT 31 · Saturday, 19 December, 2020 - 11:24


#Toulouse : #Rassemblement de soutien au peuple du #Sahara Occidental

Ce samedi 19/12/2020, à 14h, au Monument aux morts, allées François Verdier.

A l’appel de l’association de la communauté #sahraoui à Toulouse, pour protester contre la violation du cessez-le-feu par le #Maroc au Sahara Occidental. A ce sujet, vous pouvez lire un entretien publié dans le mensuel de Survie, le mois dernier : https://survie.org/billets-d-afrique/2020/301-octobre-2020/article/des-otages-qui-subissent-la-vengeance-coloniale

#lutte #répression #internationalisme #international #colonialisme #anticolonialisme #social #politique #actu #actualité #Afrique

#Manifestation à #Lannemezan : #Liberté pour Georges #Abdallah ! #Solidarité avec la #Palestine !

À l’initiative du Collectif Palestine Vaincra et à l’appel unitaire de nombreuses organisations (dont la #CNT 31), une manifestation nationale est organisée samedi 24 octobre à 14H de la gare à la #prison de Lannemezan où est détenu Georges Abdallah. Militant de la cause palestinienne, il est emprisonné en #France depuis 36 ans alors qu’il est libérable depuis 21 ans. Il est devenu le plus ancien prisonnier politique d’Europe.

Le communiqué d’appel unitaire : http://www.cnt-f.org/cnt31/spip.php?article1215

#répression #colonialisme #racisme #internationalisme #anticolonialisme #capitalisme #société #social #actu #actualité #impérialisme #lutte
  • Le chevron_right

    Relire Fanon aujourd’hui

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Wednesday, 26 August, 2020 - 16:06 · 13 minutes

Karthik Ram Manoharan, enseignant en sciences politiques à l’Université d’Essex, défend dans cet article une lecture universaliste des travaux de Frantz Fanon. À ses yeux, la leçon la plus importante à retenir de l’œuvre de Fanon est la suivante : toute lutte pour une société meilleure est une lutte contre l’oppression, mais toute lutte contre l’oppression n’est pas nécessairement une lutte pour une société meilleure. L’article, initialement paru chez notre partenaire The New Pretender , a été traduit par Sarah Thuillier et Valentine Ello.


Pourquoi Fanon ?

« Il n’a jamais été aussi difficile de lire Fanon qu’aujourd’hui, » a remarqué le philosophe Achille Mbembe lors d’une conférence à l’Université Colgate en 2010. Frantz Fanon (1925-1961), un humaniste et existentialiste profondément influencé par Jean-Paul Sartre, a travaillé en tant que psychiatre en Algérie coloniale avant de rejoindre la résistance algérienne contre le colonialisme français. Généralement connu pour ses Damnés de la Terre , Fanon a produit des travaux proposant une critique du colonialisme et du racisme, qui sont souvent prescrits comme des manuels par de nombreux mouvements identitaires radicaux. Si lire Fanon n’a jamais perdu en popularité, les lectures populaires de Fanon doivent être remises en question si l’on souhaite recouvrer toute la radicalité de la pensée fanonienne (…)

Fanon voit la violence de manière instrumentale, son approche est davantage descriptive que prescriptive. Ses détracteurs libéraux et ses admirateurs les plus fervents, noirs comme blancs, passent malheureusement à côté de cette nuance

Ma première lecture des Damnés de la Terre fut pour moi l’équivalent d’une dynamite intellectuelle. « La violence est ainsi comprise comme la médiation royale. L’homme colonisé se libère dans et par la violence. » À la lecture de cette œuvre majeure à ce moment-là, son premier chapitre relativement simple (du moins en apparence) sur la violence était plus parlant que les autres, qui traitaient de questions assez complexes. Mon Fanon était un manichéen opposé à la violence de l’oppresseur et légitimant la violence des opprimés. Comme beaucoup de ses jeunes admirateurs du tiers-monde, je l’ai lu comme un prophète de la violence. La violence était libératrice, la violence était cathartique, la violence était existence. Ses appels à la lutte incessante semblaient être la seule option disponible dans un monde désespérément injuste.

Pourtant, j’avais l’impression de passer à côté de quelque chose d’important.

Contextualiser Fanon

Il est important de contextualiser Fanon. Il fut un marginal tout au long de sa vie politique. Martiniquais noir en France, citoyen français en Algérie et d’origine chrétienne parmi des Arabes musulmans. Malgré son engagement total dans la lutte anticolonialiste algérienne, il n’a jamais été complètement Algérien, même aux yeux de ses camarades. Ses connaissances de l’histoire de l’Algérie précoloniale étaient, au mieux, vagues. Les textes de Fanon montrent clairement que sa compréhension de l’Islam comme facteur sociopolitique en Algérie était superficielle. Le racisme anti-Noirs chez les Arabes, le rôle arabe dans l’esclavage et le patriarcat islamique, sont autant de sujets qu’il a enjambés.

Ce détracteur majeur de l’impérialisme occidental rend son dernier souffle sous les yeux de la CIA, dans un hôpital américain où il était venu se faire traiter pour une leucémie. Il meurt fin 1961. L’Algérie obtient son indépendance officielle l’année suivante. L’Algérie indépendante est déchirée par la guerre civile entre le gouvernement et les islamistes, faisant plus de mort que le colonialisme français. On pourrait dire que Fanon a eu de la chance de ne pas en avoir été témoin : affectée par la dégénérescence du projet anticolonialiste en une lutte de pouvoir sauvage et cynique, sa femme, Josie Fanon, s’est suicidée. Il reste une figure marginale dans l’imaginaire intellectuel de la France comme de l’Algérie. Cependant, il connaît une renaissance universitaire à partir des années 80 dans le monde anglo-saxon, principalement dans les départements d’études sur le postocolonialisme et le racisme, où il est principalement lu comme un penseur « noir », un identitaire, un postcolonialiste ou quelqu’un à mi-chemin entre un défenseur et analyste de la violence anticolonialiste. Pourtant, le plus important, et peut-être le plus déroutant chez Fanon, est son universalisme révolutionnaire à côté duquel passent ses détracteurs comme ses admirateurs.

Si le nom de Fanon est associé à la violence, il faut noter que sa prise en considération des possibilités émancipatrices de la violences n’occupe qu’un seul chapitre dans toute son œuvre. En revanche, le dernier chapitre des Damnés de la Terre s’intéresse explicitement aux effets psychologiques néfastes des représailles aveugles sur les personnes qui y prennent part. Fanon voit la violence de manière instrumentale, son approche est davantage descriptive que prescriptive. Ses détracteurs libéraux et ses admirateurs les plus fervents, noirs comme blancs, passent malheureusement à côté de cette nuance. Le fait que les noms de philosophes comme Sartre et Walter Benjamin, qui ont produit des œuvres plus complètes sur la violence, ne sont pas aussi spontanément associés à la violence que celui de Fanon, ne témoigne-t-il pas de préjugés discriminatoires à l’égard de Fanon ?

Concerning Violence , un documentaire récent du réalisateur suédois Goran Olsson, renforce également, quoique sans le vouloir, le stéréotype de « l’homme noir en colère ». Le documentaire d’Olsson prend des passages choisis des Damnés de la Terre pour dénoncer le colonialisme européen. Le Fanon que l’on y voit est un anti-européen rejetant tout ce que symbolise l’Europe.

Dans sa conclusion des Damnés de la Terre, Fanon écrit pourtant (un passage soigneusement omis par le documentaire) : « Tous les éléments d’une solution aux grands problèmes de l’humanité ont, à des moments différents, existé dans la pensée de l’Europe. Mais l’action des hommes européens n’a pas réalisé la mission qui lui revenait. » Ces mots ne sont pas ceux d’un homme qui détestait l’Europe, mais d’un homme qui accusait l’Europe de ne pas respecter ses propres valeurs égalitaires. Ce Fanon là n’est reconnu ni par la droite, ni par la gauche, et il est pourtant urgent de le redécouvrir. Il aurait méprisé ce « prophète de la violence » censé détester tout ce qui touche à l’Europe. Un sort, sans doute, réservé à tous les grands penseurs. Nietzsche n’écrivait-il pas que les disciples d’un martyr souffrent plus que le martyr ? Il aurait dû ajouter que c’est entre les mains des disciples que les principes d’un martyr souffrent le plus.

Fanon et la violence identitaire

La position nuancée de Fanon sur la violence identitaire vaut la peine d’être examinée, en particulier suite aux manifestations violentes à Ferguson, Baltimore et ailleurs en Amérique, pour les personnes noires tuées par la police.

[Cet article a été rédigé en 2018. Il ne fait pas référence aux manifestations qui se sont déroulées dans le contexte du décès de George Floyd, dont LVSL a traité dans cet article rédigé par Myriam Nicolas et traduit par William Bouchardon : « USA : les émeutes font-elles avancer le combat anti-raciste ? »].

Alors même que l’establishment les condamnait, l’anti-establishment a accueilli la violence comme le début d’un soulèvement révolutionnaire. L’appel à la violence systématique pour lutter contre les centres de pouvoir blancs et racistes n’a rien de nouveau. Par le passé, des militants noirs comme Eldridge Cleaver ont appelé au viol des femmes blanches pour résister au racisme blanc (bien qu’il ait plus tard regretté ces idées). La boucle est bouclée lorsqu’il finit par rejoindre le parti républicain et devient chrétien conservateur. Qu’est-ce que cette trajectoire nous dit ?

En réalité, le système américain est plus que capable de se défendre de tels excès de violences venant de ses minorités. Il préfère choyer cette politique identitaire minoritaire et particulariste, car la logique postmoderne du capitalisme mondial a besoin de la prolifération de multiples identités minoritaires. Cette violence impuissante de la politique identitaire particulariste, uniquement alimentée par le ressentiment anti-blanc , crée davantage de frontières et ne permet aucunement de tendre vers leur destruction – ce qui constituerait, aujourd’hui, un horizon réellement radical.

Pour la perception (lacanienne) de Fanon, non seulement l’individu noir qui imite la « blanchité » constitue un cas pathologique, mais l’individu noir à la recherche de la « négritude » ( blackness ) authentique l’est tout autant

Ainsi donc, les racistes blancs, pris par une phobie des « noirs brutaux », et la gauche multiculturelle qui, pour surmonter un sentiment de culpabilité mal placée, célèbre la « résistance noire par tous les moyens nécessaires », se conforment en vérité à la logique du même système.

Rendons-nous à l’évidence : les États-Unis constituent la plus grande puissance militaire au monde, avec l’arsenal le plus puissant jamais constitué dans l’histoire humaine ; elle renverse à son gré des gouvernements à travers le monde, elle a fait des contre-insurrections non plus seulement une pratique stratégique mais une façon de penser ; les avancées scientifiques américaines touchent non seulement chaque être humain de cette planète mais également l’univers tout entier. Si le journaliste, assis dans son confortable bureau de Wall Street, qui condamne la violence de la catégorie de la population la plus racialisée et la plus pauvre du pays envers un tel pouvoir, a tort, l’universitaire de gauche libérale, jouissant d’un poste permanent dans une université réputée, qui approuve la violence de la catégorie de la population la plus racialisée et la plus pauvre du pays envers un tel pouvoir, est indéniablement stupide.

Si les États-Unis doivent changer, cela ne peut se faire que par une réforme radicale engagée par les forces démocratiques populaires issues de toutes les catégories de la population. Si l’on considère la puissance des États-Unis, des actes de violences isolés perpétrés par des groupes identitaires à l’encontre de l’État sont inutiles, sinon suicidaires. À cet égard, il serait plus pertinent de lire Fanon avec Martin Luther King plutôt qu’avec Malcolm X. Fanon et King ont tous deux rejeté l’idée de séparatisme fondé sur l’identité et lui ont préféré une lutte fondée sur l’identité qui se transcenderait en une lutte pour un changement structurel de la société dans son ensemble. Ceci, évidemment, n’est pas un plaidoyer pour le pacifisme libéral ; ni Fanon ni Martin Luther King ne se sont élevés pour cela. Nous devons plutôt comprendre que les formes de protestations qui ont pu obtenir quelques résultats au cours du siècle précédent n’en auront aucun au cours de celui-ci. Le « fanonisme », est, entre autres choses, une méthode permettant de comprendre la dialectique de l’histoire.

D’un point de vue pragmatique, la lutte pour les droits des Noirs en Amérique ne peut être menée isolément des autres luttes. Et c’est dans cette perspective que l’universalisme de Fanon, ainsi que son appel à dépasser sa propre identité, est le plus intéressant. Dans Peau noire, masques blancs , qui conteste l’attribution d’identités rigides et l’impossibilité d’accéder à l’universalisme, Fanon allègue que ceux qui portent aux nues l’individu « noir » sont aussi malades que ceux qui le haïssent. Pour la perception (lacanienne) de Fanon, non seulement l’individu noir qui imite la « blanchité »constitue un cas pathologique, mais l’individu noir à la recherche de la négritude ( blackness ) authentique l’est tout autant. S’opposant au déterminisme, il affirme également : « Je ne me ferai pas l’homme de quelque passé que ce soit. Je ne veux pas exalter le passé au détriment de mon présent ou de mon futur. » Malheureusement, la gauche libérale semble avoir abandonné l’universalisme pour une forme très problématique de politique identitaire particulariste, narcissique et autodestructrice.

Universalisme et solidarité

La raison pour laquelle Fanon était suspicieux vis-à-vis de la politique particulariste d’identité noire de la négritude, populaire à son époque, ne résidait pas seulement dans la volonté de celle-ci de glorifier une myriade de passés ; Fanon pensait également que la simple configuration binaire « Noir et Blanc » obscurcissait plus qu’elle ne révélait, et muselait d’autres voix, plus critiques et plus radicales, émanant des personnes colonisées. N’est-ce pas ce que l’on constate actuellement avec l’Islam ? Il est possible d’observer une monopolisation du discours sur l’Islam à la fois par les musulmans extrémistes et par les modérés, ce qui est activement ou passivement encouragé par la gauche libérale multiculturelle occidentale, aux dépens de ceux, au sein de ce prétendu « monde musulman », qui travaillent en vue d’une lutte politique radicale et d’une réforme sociale à l’intérieur de leurs propres communautés. Comment expliquons-nous le silence presque total au sein de la gauche traditionnelle au sujet de la plus importante lutte progressive au Moyen-Orient qu’est celle des Kurdes ? La réalité est que la faveur multiculturaliste accordée aux voix musulmanes, aussi bien de l’Islam fondamentaliste que « modéré », contribue à prolonger le musellement de ceux qui rejettent la politique identitaire fondée sur la Tradition primordiale et recherchent des alternatives dans des projets politiques d’émancipation radicaux.

En tant que Tamoul, j’accueillerais avec enthousiasme une critique honnête et sans concession de la politique tamoule, de l’idéologie qui se cache derrière elle ainsi que de l’identité qu’elle conçoit, de la gauche occidentale, et ce bien que je critique les valeurs occidentales. Ce type d’engagement politique mutuellement critique l’une envers l’autre, et non les mondanités culturelles et la tolérance condescendante au rabais, peut seul garantir que les progressistes du monde entier puissent créer une tribune universaliste de lutte, tout en sapant le récit porté par les fanatiques racistes en Occident selon lequel les « Autres » sont incapables d’atteindre le progrès. Si la gauche libérale occidentale est prête à agir de la sorte, la moindre des choses serait d’éviter d’apaiser les fanatiques du « monde musulman », du « monde hindou » et d’autres mondes culturo-religieux ainsi fixés de façon déterministe et de laisser l’opportunité à ces voix qui croient sincèrement en des valeurs émancipatrices de se faire entendre.

C’est l’une des leçons cruciales à tirer de Fanon : toutes les luttes pour une société meilleure sont des luttes contre l’oppression, mais toutes les luttes contre l’oppression ne sont pas des luttes pour une meilleure société. Et ceci est une leçon que la gauche libérale n’a jamais retenue. Dans leurs tentatives trop zélées de combattre « l’impérialisme capitaliste patriarcal blanc », la gauche, ou du moins les voix les plus bruyantes de ses rangs, s’est faite l’avocate des formes les épouvantables de fondamentalismes venues du Tiers-monde. Entourées par leurs illusions selon lesquelles elles combattent l’Occident, elles donnent une légitimité à ce que le reste du monde produit de pire.

En cette époque où l’obsession des particularités de « race », d’ethnicité et de religion a atteint des proportions fétichistes, aussi bien au sein de la droite que de la gauche, l’universalisme de Fanon et son invitation à contester les frontières des identités rigides ne pourrait être plus pertinente. Comme il l’écrit dans la conclusion de Peau noire, masques blanc : « C’est à travers l’effort pour se réapproprier le « soi » et pour l’examiner attentivement, c’est à travers la tension durable de leur liberté que les hommes seront capable de créer les conditions idéales pour l’existence d’un monde humain ».

L’article Relire Fanon aujourd’hui est apparu en premier sur Le Vent Se Lève .

  • chevron_right

    Déboulonnage de statues et héritage raciste: pourquoi Jésus ressemble à un Européen blanc

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 2 August, 2020 - 05:42 · 9 minutes

Le fait de représenter Jésus comme un Européen blanc fait de plus en plus débat en cette période de réflexion sur l’héritage raciste aux États-Unis.

Alors que des manifestants réclament le déboulonnage des statues de généraux sudistes de la Guerre de Sécession aux États-Unis, l’activiste Shaun King va plus loin, en suggérant qu’il convient d’“en finir” avec les fresques et autres œuvres d’art représentant un “Jésus blanc”.

Il n’est pas le seul à se préoccuper de la représentation du Christ, et de la façon dont elle est utilisée pour mettre en avant la notion de suprématie de la race blanche . Des chercheurs renommés , et l’archevêque de Canterbury lui-même, appellent à repenser cette tradition.

La vision européenne d’un Christ à la peau claire a influencé d’autres parties du monde par le biais du commerce et de la colonisation.

En tant qu’ historienne de l’art et spécialiste de la Renaissance , j’étudie l’évolution de l’image de Jésus-Christ de 1350 à 1600. Certains des portraits les plus connues , de La Cène de Léonard de Vinci au Jugement dernier de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine, ont été peintes durant cette période.

Pourtant, l’image la plus diffusée de Jésus, celle d’un homme aux yeux et aux cheveux clairs, est bien plus récente puisqu’elle est l’œuvre de Warner Sallman, qui l’a peinte en 1940 . Cet ex-artiste publicitaire dont le travail a illustré différentes campagnes, a réussi à propager cette image dans le monde entier.

Grâce aux partenariats de Warner Sallman avec deux maisons d’édition chrétiennes, l’une protestante et l’autre catholique, sa Tête du Christ a été reproduite partout, sur tous les supports, depuis les images pieuses jusqu’aux vitraux, fausses peintures à l’huile, calendriers, livres de cantiques et veilleuses.

Son portrait marque l’apogée d’une longue tradition d’Européens blancs qui ont créé et diffusé des portraits du Christ à leur image.

À la recherche de la Sainte Face

Le Jésus historique avait probablement les yeux bruns et la peau foncée, comme la plupart des Juifs du I e siècle en Galilée , une région d’Israël aux temps bibliques. Pourtant, personne ne sait exactement à quoi il ressemblait. Il n’existe pas d’images connues du Christ peintes de son vivant, et bien que les rois de l’ Ancien Testament , Saül et David, soient explicitement décrits dans la Bible comme grands et beaux , il n’y a que peu d’indices sur l’apparence de Jésus, que ce soit dans l’Ancien ou dans le Nouveau Testament .

Ces textes sont eux-mêmes contradictoires: d’après Isaïe, un prophète de l’ Ancien Testament , le sauveur à venir “n’avait ni beauté ni majesté ”, tandis que le Livre des Psaumes affirme qu’il était “plus beau que les enfants des hommes ”, sans autre précision.

Les premières images de Jésus sont apparues entre le I e et le III e siècles, dans un climat d’inquiétude face à la montée de l’idolâtrie. Il s’agissait alors moins de capturer l’apparence réelle du Christ que de clarifier son rôle en tant que souverain ou sauveur.

Pour figurer clairement ces rôles, les premiers artistes chrétiens se sont souvent appuyés sur le syncrétisme, c’est-à-dire qu’ils ont combiné des formats visuels issus de différentes cultures.

La représentation syncrétique la plus connue du Christ est probablement celle du Bon Berger , jeune, sans barbe, inspiré des figures païennes d’Orphée, Hermès et Apollon.

Dans d’autres œuvres, Jésus porte la toge ou d’autres attributs d’un empereur. Selon le théologien Richard Viladesau , le Christ dépeint comme un homme mûr, barbu, aux cheveux longs ”à la syrienne”, mêle les caractéristiques du dieu grec Zeus et du personnage de Samson dans l’ Ancien Testament , entre autres.

Autoportraits du Christ

Pour les Chrétiens, les premiers portraits de Jésus considérés comme fidèles à sa véritable apparence étaient en fait des autoportraits: les miraculeuses “images qui ne sont pas produites par la main de l’homme”, ou acheiropoïètes (du grec acheiropoietos ).

Cette croyance a émergé au VII e siècle, et dériverait de la légende selon laquelle le Christ aurait guéri le roi Abgar d’Edesse, l’actuelle ville d’Urfa, en Turquie, grâce à une image miraculeuse de son visage, aujourd’hui connue sous le nom de Mandylion .

Une légende similaire, qui s’est répandue en Occident chrétien entre le XI e et le XIV e siècles, raconte comment, avant sa mort sur la Croix, Jésus aurait laissé la trace de son visage imprimée sur le voile de Sainte Véronique, une image connue sous le nom de volto santo , ou Sainte Face .

Ces deux images, et d’autres reliques similaires, forment la base des traditions iconiques sur la “véritable image” du Christ.

Du point de vue de l’histoire de l’art, ces artefacts sont venus renforcer l’image déjà standardisée d’un Christ barbu aux longs cheveux sombres.

À la Renaissance, les artistes européens ont commencé à combiner l’icône et le portrait, en faisant le Christ à leur image. Ce glissement s’est produit pour diverses raisons, qu’il s’agisse d’une identification aux souffrances du Seigneur sous son apparence humaine, ou du désir des artistes de mettre en scène leur propre pouvoir de création.

Antonello de Messine, peintre sicilien du XV e siècle, a par exemple exécuté de petites peintures de la Passion du Christ au même format que ses portraits de gens ordinaires , où le sujet est placé contre une colonne, sur un simple fond noir, avec l’inscription “Antonello de Messine m’a peint”.

Au XVI e siècle, l’Allemand Albrecht Dürer a brouillé les frontières entre la Sainte Face et sa propre image dans un célèbre autoportrait datant de 1500. Il y pose de face, à la manière d’une icône, sa barbe et sa longue chevelure rappelant celles du Christ. Le monogramme “AD” peut être interprété comme les initiales de l’auteur ou celles d’“anno domini”, en l’an de grâce.

À l’image de qui?

Ce phénomène n’est pas propre à l’Europe: des images de Jésus datant du XVI e ou du XVII e siècles le représentent ainsi sous des traits éthiopiens ou indiens .

Néanmoins, la vision européenne d’un Christ à la peau claire a influencé d’autres parties du monde par le biais du commerce et de la colonisation.

L’Adoration des mages du peintre italien Andrea Mantegna, daté de 1505, représente trois mages bien distincts qui, selon la tradition contemporaine , viendraient d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie. Ils offrent des objets précieux en porcelaine, agate et bronze, possessions onéreuses importées de Chine et des empires persan et ottoman.

Toutefois, la peau claire et les yeux bleus de Jésus suggèrent qu’il n’est pas d’origine moyenne-orientale mais né en Europe. Et la fausse inscription en hébreu sur les manches et l’encolure de Marie n’est pas représentative du rapport compliqué des Chrétiens au Judaïsme de la Sainte Famille.

Dans l’Italie de Mantegna, les mythes antisémites prévalaient déjà au sein de la majorité chrétienne, et les Juifs étaient souvent relégués dans le ghetto des grandes villes.

Selon les chercheurs Edward J. Blum et Paul Harvey, dans les siècles qui ont suivi la colonisation européenne des Amériques, l’image d’un Christ blanc a associé le Seigneur à la logique impérialiste des colons, et servi à justifier l’oppression des peuples autochtones et des Afro-Américains.

Les artistes s’efforçaient de tenir Jésus et ses parents à distance de leur judéité. Même de petits attributs comme les oreilles percées –les boucles d’oreilles étaient associées aux femmes juives, et cesser d’en porter était signe d’une conversion au christianisme– symbolisaient parfois la transition vers le christianisme de Jésus.

Bien plus tard, les mouvements antisémites européens, y compris les Nazis, tenteraient de séparer totalement Jésus de son judaïsme en faveur d’un stéréotype aryen .

Le Jésus blanc à l’étranger

À mesure que les Européens colonisaient des terres de plus en plus éloignées, ils y apportaient leur Jésus blanc. Les missionnaires jésuites ont ainsi fondé des écoles de peinture qui apprenaient l’art chrétien européen aux nouveaux convertis.

Un petit retable de l’école de Giovanni Niccolò , le Jésuite italien qui a fondé le “Séminaire des peintres” à Kumamoto, au Japon, vers 1590, combine un autel japonais traditionnel, doré et incrusté de nacre, et une peinture représentant une Vierge à l’Enfant clairement blanche.

Dans l’Amérique latine coloniale –l’“Amérique hispanique” des colons européens–, les images d’un Jésus blanc renforçaient le système de castes dans lequel les Européens blancs chrétiens occupaient le sommet de la hiérarchie, tandis que les personnes à la peau sombre, perçue comme un signe de métissage avec les indigènes, étaient considérées comme inférieures.

Le portrait de Sainte Rose de Lima, la première sainte catholique née en “Amérique hispanique”, peint en 1695 par Nicolas Correa, représente son union symbolique avec un Christ blond à la peau claire.

L’héritage de l’apparence du Christ

Selon les chercheurs Edward J. Blum et Paul Harvey , dans les siècles qui ont suivi la colonisation européenne des Amériques, l’image d’un Christ blanc a associé le Seigneur à la logique impérialiste des colons, et servi à justifier l’oppression des peuples autochtones et des Afro-Américains .

Dans une Amérique multiraciale mais peu égalitaire, le Jésus blanc a été diffusé de façon disproportionnée dans les médias. Non seulement la Tête du Christ de Warner Sallman a-t-elle été largement diffusée, mais bon nombre des acteurs qui ont incarné Jésus à la télévision ou au cinéma étaient blancs aux yeux bleus.

Historiquement, les images de Jésus ont eu de nombreuses fonctions, depuis la représentation symbolique de son pouvoir jusqu’aux tentatives de saisir son apparence réelle. Mais ces images ont de l’importance et ceux qui les voient doivent avoir conscience de leur histoire complexe.

Ce texte a été traduit de l’anglais par Iris Le Guinio pour Fast ForWord.

Cette tribune a été initialement publiée dans The Conversation .

The Conversation

A voir également sur Le HuffPost : Durant les hommages à George Floyd, les statues sont la cible du mouvement anti-racisme