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    En Chine, la stratégie zéro Covid est-elle devenu un piège pour Xi Jinping?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 4 May - 13:49 · 6 minutes

Xi Jinping, ici en février 2022, brigue un nouveau mandat à la tête de la Chine, mais la situation sanitaire le fragilise. Xi Jinping, ici en février 2022, brigue un nouveau mandat à la tête de la Chine, mais la situation sanitaire le fragilise.

CHINE - Confinement strict, campagnes de dépistage massives, centres de quarantaine collectifs... Depuis plus d’un mois, les 26 millions d’habitants de Shanghai sont soumis à une discipline stricte en raison de la pire vague de Covid que connaît la Chine depuis le début de la pandémie. La capitale Pékin pourrait bientôt subir le même sort: quelques dizaines de cas sont détectés quotidiennement, poussant les autorités à paralyser un peu plus la ville en fermant des dizaines de stations de métro ce mercredi 4 mai.

Cette stratégie dite “zéro Covid” , qui consiste à stopper totalement la diffusion du virus, a été décidée par un homme: le président Xi Jinping. Sauf que cette politique drastique, que seule la Chine a conservée au contraire de l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou la Corée du Sud, pourrait se retourner contre lui à quelques mois du XXe Congrès du Parti communiste chinois. Une échéance cruciale lors duquel il vise un nouveau mandat de secrétaire général du parti et qui sera une rampe de lancement pour garder son poste de président de la République, fonction pour laquelle il a supprimé la limite des deux mandats afin de se faire réélire potentiellement à vie.

“La stratégie zéro Covid a fonctionné au début de la pandémie”, rappelle Valérie Niquet, spécialiste de la Chine à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et auteure de La puissance chinoise en 100 questions (Tallandier). “L’État chinois s’est d’ailleurs servi de ses succès initiaux pour montrer qu’il était supérieur aux Occidentaux, qui comptaient des milliers de morts, pour protéger leur population”, ajoute-t-elle.

“Omicron change la donne”

La Chine a même célébré sa victoire sur le virus dès le 8 septembre 2020, lors d’une cérémonie présidée par Xi Jinping. “Le pouvoir montre que le président est à l’origine du succès de cette guerre contre le coronavirus. Il y a un culte de la personnalité qui met en avant sa supériorité, sa réussite”, souligne Valérie Niquet.

“Mais Omicron a changé la donne, poursuit-elle. On s’aperçoit que sa progression est trop silencieuse et importante pour que la stratégie zéro Covid marche.” Alors que les autres pays ont décidé de tolérer le virus et ont recommencé à vivre normalement, la Chine confine puis déconfine toujours au moindre cas détecté. Antoine Bondaz, aussi chercheur à la FRS, relativise: “La stratégie a plutôt bien fonctionné récemment à Xian (centre) ou dans la province de Jilin (nord-est). Le problème, c’est Shanghai où il y a encore plusieurs milliers de cas après cinq semaines de fermeture. Leur nombre est cependant en baisse, il y en avait plus de 20.000 il y a quelques semaines.” En tout cas, s’accordent les deux spécialistes, le pouvoir ne veut pas se fragiliser après avoir tant vanté sa stratégie, et exclut de changer de cap.

Outre l’aspect politique, difficile pour la Chine de changer de paradigme alors qu’elle a refusé d’acheter des vaccins étrangers pour promouvoir le sien appelé Sinovac, moins efficace. D’un point de vue sanitaire, l’abandon de la stratégie zéro Covid alors que le système de santé est peu développé, que l’immunité collective n’existe pas, et que le taux de vaccination reste peu élevé -environ 20% des plus de 80 ans ont reçu une troisième dose- aurait pour conséquence une hausse des cas, des hospitalisations et des morts dans des proportions dramatiques.

“Un problème shanghaïen”

Garder cette stratégie zéro Covid fait cependant du mal à l’économie chinoise. Le confinement de plusieurs villes et surtout de Shanghai, la capitale économique du pays, a grippé les chaînes d’approvisionnement et mis à l’arrêt des entreprises dans la plupart des secteurs. Le port de Shanghai est congestionné, les conteneurs arrivent et partent au compte-gouttes... Ce ralentissement pourrait empêcher la Chine d’atteindre son objectif de 5,5% de croissance en 2022.

Cette situation a conduit le détenteur d’un fonds d’investissement, Weijian Shan, réputé proche du pouvoir, à critiquer vertement le régime lors d’une réunion d’affaires. “Nous avons un leadership qui croit savoir ce qui est mieux pour l’économie et mieux pour la vie des gens. Hélas, je pense que leurs connaissances et leur rationalité ont des limites”, aurait-il déclaré selon le Financial Times . Pour Antoine Bondaz, cette critique n’atteindra pas le pouvoir: “Les avis d’hommes d’affaires basés à l’étranger n’auront pas d’influence. Pour le moment, les patrons d’entreprises sur le territoire ne disent rien. Et de toute façon, si la Chine laisse filer le virus, les conséquences économiques seraient encore pires.”

La population, elle, en a marre. À Shanghai, les habitants confinés ont manifesté leur colère par des concerts de casseroles et des cris aux fenêtres . Malgré la censure, certaines vidéos ont fait le tour du monde. La nourriture manquerait. Antoine Bondaz explique encore que ces critiques ne fragiliseront pas l’État central qui rejette la faute sur les autorités locales. “Ce n’est pas un problème chinois, mais un problème shanghaïen. Il y aura sûrement des sanctions dans les prochaines semaines”, estime-t-il d’ailleurs. Et pour éviter une contagion de la contestation, “l’État a mis en place une politique très préventive à Pékin”, ajoute-t-il. Les habitants de la capitale ont par exemple été testés à plusieurs reprises en une semaine pour éviter la propagation du virus.

Xi Jinping reconduit mais marginalisé?

Valérie Niquet assure qu’en interne, au sein du PCC, des personnes commencent également à parler. “Il y a eu des articles dans lesquelles des personnes, scientifiques ou politiques, s’interrogent sur la nécessité de cette stratégie zéro Covid. Pour le moment, c’est assez peu évident mais si la situation perdure avec Shanghai et Pékin, cela pourrait peser sur l’avenir de Xi Jinping”, juge-t-elle.

La stratégie zéro Covid est-elle devenue un piège pour le leader chinois? “Ce n’est pas parce qu’il y a des problèmes que le régime va s’effondrer du jour au lendemain. Il reste compliqué de mettre en danger Xi Jinping”, tempère Valérie Niquet. Oui, tant que la crise reste locale, complète Antoine Bondaz: “La stratégie chinoise a fonctionné parce que les clusters étaient limités à certaines régions, il n’y a jamais eu de confinement national. La propagande marche à fond, il n’y a pas de signe de fragilisation. Mais si la crise sanitaire devient nationale, Xi Jinping pourrait effectivement être en danger.”

Bien qu’il soit encore trop tôt pour imaginer ce qu’il peut se passer lors du XXe Congrès du PCC, Valérie Niquet n’exclut pas la possibilité de “débats à l’intérieur du parti entre ceux qui critiquent et ceux qui sont pour la stabilité”. Il apparaît certain que Xi Jinping sera reconduit mais “sa liberté peut être réduite, il pourrait être marginalisé”. La fin d’un pouvoir quasi absolu? Réponse à l’automne.

À voir également aussi sur le Huffpost: En Chine, un spectacle démentiel à la gloire des 100 ans du parti communiste et de la gestion du Covid

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    Avec les confinements, le nombre d'enfants en surpoids a augmenté

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 26 April - 07:27 · 3 minutes

La cantine est un facteur clé pour lutter contre le surpoids et l La cantine est un facteur clé pour lutter contre le surpoids et l'obésité chez les enfants.

SANTÉ - “À la suite des mesures de confinement , il existe un accroissement significatif du nombre d’enfants en surpoids et obèses par rapport à l’année précédant la crise sanitaire.” C’est le principal enseignement de l’étude publiée ce mardi 26 avril dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France.

L’étude avait pour but d’estimer l’impact de la crise sanitaire sur l’évolution staturo-pondérale des enfants, à partir des données des bilans de santé en école maternelle (BSEM) du Val-de-Marne. Ces bilans ont ainsi été réalisés lors des années scolaires 2018-2019, 2019-2020 et 2020-2021.

Résultat: parmi les 48.119 enfants suivis et âgés en moyenne de 4 ans et demi, la proportion des enfants en surpoids était plus importante en 2020-2021 qu’en 2019-2020 ou qu’en 2018-2019.

15,8% des enfants en surpoids ou en obésité

L’étude montre en effet qu’entre 2018-2019 et 2020-2021, le pourcentage d’enfants en surpoids a augmenté de 2.6% quand celui des enfants obèses a crû de 1.8%. Ainsi, si en 2018-2019, 88.6% des enfants avaient une corpulence normale, ils n’étaient plus que 84.2% en 2020-2021.

Les mesures prises pendant la pandémie “ont accru la sédentarité et dégradé les modes d’alimentation avec un impact significatif chez les enfants”, estime l’étude. Elle souligne notamment que malgré la possibilité de sortie d’une heure quotidienne, “la peur ambiante a souvent conduit les parents à ne pas faire bénéficier de ce temps à leurs enfants”.

L’état d’urgence sanitaire a ainsi rendu difficile la lutte contre la sédentarité . Au total, 11.2% des enfants étaient en situation de surpoids et 4.6% en obésité lors de l’année scolaire 2020-2021.

Les filles davantage concernées

Parmi les enfants touchés, sont davantage concernés ceux scolarisés en réseau d’éducation prioritaire ou prioritaire renforcée. “Ces réseaux tiennent compte des contextes sociaux des populations. Or, l’association entre surpoids, obésité et contexte socio-économique défavorable a été montrée”, note l’étude. “La pandémie et les mesures prises pour la contenir en France ont accru les inégalités socio-économiques et de fait, par ricochet, semble avoir atteint la santé des enfants”, ajoute-t-elle.

Plus étonnant, l’étude montre que les filles sont plus à risque de présenter du surpoids ou de l’obésité que les garçons. Les auteurs se disent “surpris en raison de l’âge des enfants étudiés”.

Les cantines, réductrices des risques

L’inscription de l’enfant à une cantine scolaire peut néanmoins réduire les risques de surpoids ou d’obésité. “Une hypothèse est que les habitudes délétères prises pendant les périodes de confinement ont été résorbées lorsque des repas pris en collectivité ont repris. Les enfants ont pu accéder de nouveau à des repas équilibrés et à l’activité physique durant la pause méridienne [...]. Le nombre de prises de nourriture entre les repas a probablement aussi diminué”, détaille l’étude.

Si celle-ci met en évidence l’impact des confinements sur le poids des enfants, une limite est soulignée: l’impossibilité de savoir si la faute est plus à une alimentation dégradée ou à une réduction des activités physiques.

Elle vient compléter, en tout cas, d’autres études. En mai 2020, un sondage Ifop avait révélé que les Français avaient pris en moyenne 2,5 kg durant le premier confinement. C’était ensuite une étude du CHU de Clermont-Ferrand , publiée en juin 2021, qui avait montré l’augmentation de 2 à 3 points en moyenne de l’indice de masse corporelle des enfants suite aux confinements. Reste à savoir à présent si un retour à la normale sera constaté chez les enfants dans les bilans de l’année scolaire 2021-2022.

À voir également sur Le HuffPost: “La guerre en Ukraine et ses terribles conséquences sur la santé des enfants”

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    Covid: une vidéo sur le confinement à Shanghai censurée par la Chine

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 23 April - 14:19 · 5 minutes

Un centre de quarantaine à Shangai, le 18 avril 2022. Un centre de quarantaine à Shangai, le 18 avril 2022.

CORONAVIRUS - Alors que Shanghai continue d’affronter la pire flambée de Covid-19 enregistrée en Chine depuis le début de la pandémie, les autorités chinoises continuent de serrer la vis. Une vidéo virale qui présente les répercussions du confinement des habitants de la capitale économique du pays a été effacée de l’internet chinois par les censeurs. Une décision qui suscite, ce samedi 23 avril, l’incompréhension voire la colère des internautes.

Le ministère de la Santé a annoncé ce samedi 12 nouveaux morts et plus de 23.000 nouveaux cas positifs à Shanghai, qui compte 25 millions d’habitants. Il s’agit d’un rebond de près de 6000 cas par rapport à la veille. Les autorités locales attribuent notamment cette nouvelle hausse à la promiscuité dans certains vieux bâtiments d’habitation, où cuisines et toilettes sont partagées.

La quasi-totalité des Shanghaïens sont confinés chez eux depuis début avril. Beaucoup d’habitants ont des difficultés pour s’approvisionner en produits frais et pour voir un médecin.

Un plan-séquence de six minutes

Pour illustrer les répercussions de ce confinement drastique , une vidéo intitulée Siyue zhi sheng ( Les voix d’avril , en français), que vous pouvez découvrir ci-dessous , a été mise en ligne. D’une durée de six minutes, la vidéo est un long plan-séquence de Shanghai filmée depuis les airs.

L’auteur a ajouté sur ces images en noir et blanc, par ordre chronologique, une succession de sons extraits de conférences de presse, de vidéos publiées sur les réseaux sociaux ou d’appels téléphoniques d’habitants.

La vidéo débute notamment par les voix de responsables politiques déclarant, au début de la flambée épidémique en mars, qu’un court confinement préventif n’est pas souhaitable, en raison de ses répercussions économiques.

Cette hésitation initiale a conduit à l’explosion du nombre de cas positifs, laquelle a finalement déclenché l’actuel confinement qui devrait, lui, durer de nombreuses semaines.

Le clip en présente les répercussions avec une vingtaine d’extraits sonores. On peut y entendre des habitants confinés qui n’arrivent pas à obtenir de la nourriture, des médicaments ou à se rendre à l’hôpital ; un homme empêché de rentrer dans son quartier confiné ; ou encore une femme décrivant le chaos dans les centres de quarantaine.

Massivement partagée et vu vendredi soir sur le réseau social WeChat, la vidéo a néanmoins été effacée par les censeurs. Toute trace du clip a disparu en quelques heures sur le réseau social.

“Des faits bruts” mais “rien de provocateur”

“L’auteur présente juste des faits bruts. Il n’y a rien de provocateur!”, s’agaçait samedi un utilisateur du réseau social Weibo, où les discussions sur le sujet sont presque totalement censurées.Selon une autre utilisatrice, “cette vidéo n’a rien de spécial”. “Son contenu était déjà connu, écrit-elle. Mais le fait de voir que même ça c’est censuré, ça m’insupporte. C’est pour ça que je l’ai rediffusée sur mon fil.”

En signe de mécontentement, nombre d’internautes ont partagé sur WeChat des clips musicaux de deux chansons aux paroles contestataires: Do You Hear the People Sing? (de la comédie musicale Les Misérables ) et Another Brick In The Wall (du groupe Pink Floyd). La première est un appel à la rébellion. La seconde fustige notamment le “contrôle de la pensée”.

Si nombre de vidéos sont censurées, elles ne le sont souvent pas assez vite pour empêcher leur diffusion virale.

La vidéo censurée reste visible sur YouTube, un site toutefois inaccessible depuis la Chine continentale sans logiciel de contournement (VPN). Beaucoup de Shanghaïens ont dénoncé ces dernières semaines sur les réseaux sociaux chinois divers accrocs logistiques et situations kafkaïennes qui résultent de l’application des mesures sanitaires.

Les Français de Shanghai privés de vote

Comme pour le premier tour de la présidentielle , les près de 5000 Français vivant à Shanghai ne pourront pas sortir de chez eux et voter ce dimanche pour le second tour. “Les conditions locales [à Shanghai] restent malheureusement inchangées depuis le premier tour, indique l’ambassade de France en Chine sur son site internet. Après avoir saisi le Conseil Constitutionnel pour avis, il a été décidé dans ces circonstances exceptionnelles de ne pas ouvrir les bureaux de vote pour le second tour de l’élection présidentielle.”

La Chine justifie sa stratégie anti-Covid par la volonté de limiter au maximum le nombre de morts. Officiellement, moins de 5000 décès ont été recensés depuis le début de la pandémie.

À voir également sur Le HuffPost: Les 4 grands types de vaccins contre le Covid-19 expliqués en 2 minutes

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    Shanghai déclare ses 3 premiers morts du Covid depuis le confinement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 18 April - 07:05 · 5 minutes

A Shanghai, les rues sont nettoyées pour éradiquer le Covid-19. A Shanghai, les rues sont nettoyées pour éradiquer le Covid-19.

COVID-19 - Un premier bilan qui étonne. Shanghai a annoncé ce lundi 18 avril que seules trois personnes étaient mortes du Covid-19 dans la ville depuis le début d’un confinement strict fin mars, malgré plusieurs centaines de milliers de cas positifs ces dernières semaines.

La Chine n’a rapporté depuis le début de la pandémie que 4.641 décès officiellement liés au coronavirus, un chiffre extrêmement faible eu égard au nombre d’habitants du pays le plus peuplé du monde (1,4 milliard d’habitants).

Une réussite sanitaire attribuée à sa stratégie zéro Covid : confinements dès l’apparition de cas, isolement des personnes testées positives, visas délivrés au compte-goutte, quarantaine à l’arrivée sur le territoire ou encore traçage des déplacements.

Faible taux de vaccination chez les seniors

Capitale économique du pays, peuplée de 25 millions d’habitants, Shanghai est touchée depuis plusieurs semaines par une flambée épidémique liée au variant Omicron, très contagieux. Elle a entraîné un confinement partiel fin mars, puis total depuis début avril.

Malgré des centaines de milliers de cas positifs enregistrés ces dernières semaines, aucun décès n’avait été rapporté jusqu’alors, suscitant certaines interrogations au vu du faible taux de vaccination chez les seniors. Seulement un peu plus de la moitié des plus de 80 ans ont reçu une dose de rappel.

La mairie de Shanghai a fait état lundi de la mort de trois personnes, âgées de 89 à 91 ans, précisant qu’elles souffraient de maladies sous-jacentes.

Les deux précédents décès annoncés en Chine l’avaient été mi-mars dans la province du Jilin (nord-est), frontalière de la Corée du Nord. Ils étaient les premiers depuis plus d’un an.

Centres de quarantaine

De nombreux habitants de Shanghai, confinés, ont des difficultés ces dernières semaines à s’approvisionner en produits frais, notamment en raison du manque de personnes pour livrer les marchandises.

Des vidéos, non vérifiées, de chiens battus à mort car suspectés de pouvoir transmettre le virus ont par ailleurs provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Il y a quelques jours, des vidéos montrant des habitants hurlant à leurs fenêtres pour exprimer leur frustration ont aussi fait le tour d’Internet.

Beaucoup de Shanghaïens redoutent également d’être envoyés dans les centres de quarantaine, à l’hygiène aléatoire, où les personnes testées positives, même asymptomatiques, sont envoyées pour y être isolées.

Faute de place, les autorités ont dans certains cas réquisitionné des logements de particuliers pour y placer ces personnes, ce qui a provoqué la semaine dernière des heurts entre policiers et habitants. Shanghai ne prévoit toutefois aucun assouplissement des restrictions.

Le service de santé municipal a rapporté lundi 22.248 nouveaux cas - à près de 90% asymptomatiques. Faibles comparés au reste du monde, ces chiffres sont très élevés pour la Chine.

D’après le correspondant de France télévisions en Chine, le confinement pourrait durer encore longtemps: les autorités tablent sur une centaine de cas quotidien d’ici juin. “C’est peu, mais c’est toujours beaucoup au pays de la politique zéro Covid, cela risque donc de durer encore longtemps”, pointe-t-il.

Le Parti communiste chinois (PCC) fait du faible nombre de décès un argument politique, montrant qu’il place la vie des habitants au-dessus des considérations économiques, à l’opposé des démocraties occidentales où le coronavirus a emporté d’innombrables vies.

De son côté, le ministère de la Santé souligne qu’un assouplissement trop important des restrictions risquerait de submerger le système sanitaire et de provoquer des millions de morts.

La lutte contre le Covid, un instrument politique pour le parti communiste

Mais des considérations politiques sont également en jeu, selon de nombreux experts. Le PCC, qui tire en partie sa légitimité de sa gestion de l’épidémie, organisera fin 2022 une grande réunion au cours de laquelle Xi Jinping, le président chinois, devrait obtenir sauf cataclysme un troisième mandat de cinq ans à la tête du Parti.

“C’est une année sensible et cruciale pour le régime”, analyse Lynette Ong, professeur de sciences politiques à l’Université de Toronto (Canada). “La Chine accorde toujours énormément d’importance à la stabilité sociale. Et une crise sanitaire serait potentiellement très perturbatrice dans ce contexte”.

Un élément politique forcément pris en compte par les autorités de Shanghai. Afin d’assurer l’isolement des personnes testées positives, elles ont installé ces dernières semaines des dizaines de milliers de lits dans des centres d’exposition ou des structures préfabriquées.

Les autorités ont toutefois assoupli une politique, très controversée, consistant à séparer les enfants positifs au coronavirus de leurs parents testés négatifs. Le confinement de Shanghai, où transite une grande partie du commerce extérieur chinois, continue de peser lourdement sur l’économie, notamment en matière de production et de transport.

À voir également aussi sur le Huffpost: En Chine, un spectacle démentiel à la gloire des 100 ans du parti communiste et de la gestion du Covid

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    Confinement à Shanghai: une épreuve terrible pour les habitants

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 13 April - 17:32 · 11 minutes

Depuis le 1er avril, la ville de Shanghai vit en confinement du fait d Depuis le 1er avril, la ville de Shanghai vit en confinement du fait d'une flambée de Covid encore jamais vue. Des hôpitaux de campagne ont notamment été montés dans l'urgence pour traiter les malades (photo prise le 10 avril).

CORONAVIRUS - Des camions bourrés d’aide médicale qui débarquent par dizaines dans Shanghai , des provisions à perte de vue attendant simplement d’être distribuées et des hôpitaux de campagne montés à toute vitesse et capables d’accueillir 160.000 malades du Covid en même temps. Si l’on se fie aux médias d’État chinois, voici à quoi ressemble le confinement très strict décrété il y a deux semaines à Shanghai.

Sauf que la réalité est toute autre. Des frigos vides, des manifestations d’habitants affamés réclamant d’être secourus par les autorités, des structures médicales aux abois, des animaux domestiques abattus en pleine rue parce que soupçonnés de porter le virus... Sur les réseaux sociaux et dans le récit des correspondants occidentaux sur place, le confinement de Shanghai est une épreuve terrible. En vertu de mesures sanitaires très strictes , les 25 millions d’habitants sont en effet contraints de rester chez eux, sans exception possible dans de nombreux quartiers de la ville.

Une décision qui s’explique par la stratégie du “zéro Covid” du Parti communiste chinois, toujours en cours plus de deux ans après le début de la pandémie , et qui consiste à éviter à tout prix la moindre contamination. Cela même s’il faut confiner strictement une métropole trois fois plus grande que New York, et mettre à l’arrêt la capitale économique du pays et de risquer une gronde populaire.

Confinement total

Guillaume Thao Vikham, un Néo-Calédonien expatrié en Chine , a raconté à la chaîne ultramarine La 1ère que la vie à Shanghai était irréelle ces derniers jours: le ciel est bleu du fait de l’arrêt des usines, les rues sont désertes et l’on se croirait presque dans un film de science-fiction tant l’ambiance est calme. Ce confinement de Shanghai n’a en effet rien à voir avec ce que les Français ont pu connaître au printemps 2020. “Ici pas d’attestation pour aller faire les courses, ou d’autorisation pour aller en balade une heure, dans un rayon d’un kilomètre. La seule règle est de rester chez soi, point barre”, explique Guillaume Thao Vikham.

A l’antenne de France Inter Simon Leplatre, correspondant sur place pour plusieurs médias français, évoque de son côté une ville “un peu fantôme”. Lui n’a pas pu sortir depuis fin mars de la résidence où il vit, car des chaînes bloquent le portail.

Ailleurs, la situation est parfois bien pire. Dans la moitié Est de la ville, lorsque le confinement a été déclaré, les habitants n’ont eu que quelques heures pour trouver où s’enfermer. Si bien que certains vivent désormais dans les locaux de leur entreprise, sans vêtement de rechange, ni même d’endroit où dormir. À l’image notamment des gardiens des résidences dont ils ont reçu l’ordre de cadenasser les entrées.

David Culver, correspondant de CNN à Shanghai, ajoute dans ses reportages n’être autorisé à sortir que pour aller se faire tester. Une scène qui peut arriver de jour comme de nuit: il est alors appelé par des travailleurs sociaux vêtus de tenues médicales et équipés de mégaphones et de lampes torches pour mener les voisins jusqu’aux espaces de tests. Et dès qu’un nouveau cas est dépisté, c’est reparti pour une série de tests.

Il précise que pour s’assurer que les habitants ne sortent que quand ils sont autorisés, un “sceau” en papier (en fait une feuille scotchée sur la porte d’entée de son appartement et son encadrement) est régulièrement apposé. “Physiquement, je serais largement capable de sortir, mais il pourrait y avoir des répercussions....” Ce qui lui fait dire que désormais, “le désespoir s’est installé à Shanghai.”

Enfermés à domicile

Dans ce contexte, les besoins primaires des individus deviennent centraux. À commencer par celui de se nourrir.

”Ça devient un gros sujet de préoccupation”, a confirmé Simon Leplatre, toujours sur France Inter, lundi 11 avril. Si lui dit se contenter de pommes de terre, de riz et de nouilles, et penser “avec émotion” à sa dernière salade, son confrère de CNN David Culver a lui essentiellement droit à des carottes et à des œufs.

Chacun fait avec ce qu’il trouve, comme cet étudiant polonais dont les propos sont relayés par Le Parisien qui explique se nourrir de fonds de placard et des restes laissés par d’anciens colocataires dans sa résidence, qu’il a un jour retrouvée encerclée par une clôture.

À l’annonce du confinement, les magasins ont été pris d’assaut et totalement vidés, des bagarres ont éclaté. Ils gardent désormais portes closes. Seule solution pour subsister: l’entraide s’organise entre voisins, comme le racontent tous ces interlocuteurs occidentaux, qui habitent des quartiers et des logements relativement privilégiés.

Des barricades en plastique empêchent les habitants des immeubles de sortir ailleurs que devant chez eux. Des barricades en plastique empêchent les habitants des immeubles de sortir ailleurs que devant chez eux.

Sur Bloomberg , le chef du bureau local Allen Wan relate avoir réussi à contacter des grossistes pour commander des dizaines de packs de lait, ainsi qu’un boucher qui a permis à tout son immeuble de congeler des quantités importantes de viande.

Mais tout le monde est loin d’être logé à la même enseigne. Car une telle logistique exclut de fait les plus vulnérables, les personnes âgées, ceux qui ne possèdent pas les moyens technologiques ou les connaissances pour se positionner sur les applications de commandes de courses. Et cela sans même évoquer les logements précaires de cette immense mégalopole qui n’offrent pas de cuisine, les habitants qui ne savent pas cuisiner ou qui n’en ont pas les moyens physiques, l’eau qui n’est que rarement potable au robinet et l’impossibilité de commander de la nourriture déjà préparée alors que tous les restaurants sont fermés.

Une séquence est devenue emblématique de cette situation sur les réseaux sociaux locaux: tournée par un travailleur social, elle montre une nonagénaire qui présente son réfrigérateur vide et explique avoir hurlé à la fenêtre pendant des jours pour réclamer de l’aide et de la nourriture.

Des séquences choquantes (et censurées)

Face à cela, les mesures gouvernementales sont loin de satisfaire aux besoins de toute la population, et les distributions de nourriture demeurent très parcimonieuses pour ne pas dire exceptionnelles. Cinq kilos de riz pour Simon Leplatre cette semaine, un peu de viande et quelques légumes celle d’avant. Pourtant, des dispositions ont été prises: moins de tests sur les autoroutes pour les chauffeurs transportant de l’aide, mobilisation d’un personnel nombreux... Mais cela ne suffit guère. Après avoir hurlé à leur fenêtre pendant des jours, certains habitants ont bravé les interdits et sont allés crier leur colère directement au visage des “grands blancs”, ces personnels équipés de vêtement médicaux. “On a faim, on meurt de faim!”, ont-il hurlé à des fonctionnaires et des bénévoles tout aussi démunis et épuisés qu’eux.

Une autre séquence très partagée sur le réseau social chinois Weibo montrait même un homme hurlant sa rage au téléphone, dans la rue, au vu et su de tous. Jusqu’à dénoncer l’inaction du Parti communiste et son incapacité à prendre soin de la population, à fournir des médicaments et des soins à ceux qui en ont besoin. Des propos inimaginables au pays de la censure et du contrôle absolu.

Et pourtant, les preuves sont là. Comme le rapporte le Guardian , Lang Hsien-ping, un journaliste de télévision très connu dans le pays a par exemple fait savoir, là encore sur les réseaux sociaux que sa mère de 98 ans était morte en attendant le résultat de ses tests Covid à l’hôpital, après avoir attendu pendant des heures devant la porte des urgences. Des images qui à chaque fois sont censurées par Pékin.

Des centres de quarantaine insalubres

Une autre des ces vidéos a retenu l’attention de David Culver, le correspondant de CNN. On y voyait un “grand blanc” tuer à coups de pelle un petit chien soupçonné de convoyer le Covid puisque son maître venait d’être testé positif. Lui-même propriétaire d’un petit compagnon, le journaliste raconte avoir préparé un sac de survie pour “Chairman”, espérant lui éviter un tel sort et pouvoir le confier à des voisins si lui était amené à partir dans un centre où sont envoyées les personnes testées positives.

Or c’est bien là l’une des craintes principales des habitants de Shanghai: se retrouver dans l’un de ces entrepôts ou hôpital de campagne monté à la va-vite pour ostraciser les personnes positives. “Les gens disent tous qu’ils s’y sentent traités comme du bétail”, raconte Simon Leplatre, au micro de France Inter.

Sur France Culture , Thomas, un designer français qui séjourne bien malgré lui dans l’un de ces centre de quarantaine a livré un témoignage édifiant. Il décrit un centre de Congrès transformé à la hâte, des centaines de lits sommaires alignés sur trois étages, au moins un millier de personnes qui s’agitent en permanence. ”Le plus dur, c’est d’essayer de dormir: il n’y a pas de nuit, pas de jour, les lumières ne s’éteignent jamais”, raconte-t-il, évoquant aussi chez TF1 l’absence de fenêtre “pour respirer l’air frais ou voir s’il fait jour ou nuit”.

Un allègement relatif des mesures

Comme de nombreux chinois passés par ces endroits, il dépeint aussi les déchets qui s’accumulent, les lavabos crasseux, l’absence de douche, les voisins qui vont cracher dans une poubelle. “On se lave à l’eau froide, au robinet”, poursuit-il, avant de préciser qu’ayant été emmené sans son consentement immédiatement après avoir été testé positif, il n’a pas pu prendre de savon et s’est trouvé contraint de se laver au gel hydroalcoolique.

Déjà testé négatif à plusieurs reprises, il n’a toujours pas été autorisé à partir et doit se contenter des médicaments traditionnels à base de plante que lui fournissent les autorités. Une donne peu reluisante qui provoque de plus en plus de colère. Si Simon Leplatre, le correspondant de France Inter, refuse de parler de “fronde”, il est certains que les protestations se multiplient, sur les réseaux sociaux notamment.

Or puisque les cas continuent à augmenter (environ 25.000 chaque jour au cours de la semaine écoulée), l’équilibre est précaire entre la volonté de poursuivre dans la voie du “zéro Covid” et le réalisme de cette stratégie, dans un pays qui n’a aucunement les moyens médicaux d’encaisser une vague de contaminations d’ampleur. Surtout si l’on se dit que la Chine pourrait être en train de minimiser le phénomène, comme elle l’avait fait à Wuhan au tout début de la pandémie.

Alors pour tenter d’endiguer la grogne et pour envoyer des signaux positifs à la population, les autorités ont annoncé un relâchement relatif des mesures. Allen Wan, le journaliste de Bloomberg, rapporte ainsi avoir pu sortir de chez lui pour la première fois depuis des semaines. Sauf qu’à l’inverse, une immense partie de la population est encore drastiquement limitée dans ses mouvements , quand elle n’est pas tout simplement confinée. Une situation qui pourrait rapidement devenir explosive pour le régime chinois.

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    Confinement à Shanghaï: Des habitants hurlent leur frustration à leurs fenêtres

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 11 April - 15:22 · 4 minutes

Des habitants confinés hurlent leur frustration depuis leurs fenêtres à Shanghaï  (Photo de barres d Des habitants confinés hurlent leur frustration depuis leurs fenêtres à Shanghaï  (Photo de barres d'immeubles à Shanghaï pendant le confinement le 8 avril 2022 par Costfoto/Future Publishing via Getty Images)

COVID - Le confinement tape sur le système des Shanghaïens. Confrontée à la pire vague de Covid en Chine depuis le début de l’épidémie, Shanghai, la capitale économique du pays, est en confinement total ou partiel depuis deux semaines. En vertu de mesures sanitaires très strictes , les 25 millions de Shanghaïens sont contraints de rester chez eux.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que cet enfermement forcé et très, très strict , pousse les habitants de la capitale à bout. Dans une vidéo prise par l’un d’eux et diffusée samedi 9 avril, on peut entendre des dizaines, voire des centaines de personnes, hurler leur frustration et leur épuisement depuis leur fenêtre. Un moyen de relâcher la pression, certes mais aussi leur seul moyen de contestation face aux restrictions .

“Cette vidéo prise hier à Shanghaï, en Chine, par le père d’une de mes amies proches. Elle a vérifié son authenticité: les gens crient par la fenêtre après une semaine de confinement total, ne quittez pas votre appartement pour quelque raison que ce soit”, écrit en légende cet animateur radio. La vidéo a également été authentifiée par France Inter .

“Au début certains ont crié, puis brusquement, tout le monde s’est mis à crier. Car tous ces gens ne savent pas combien de temps ce confinement va durer et pourquoi la mesure a été décidée. Il n’y a pas d’explication. Nous sommes confinés depuis 7 jours. Non seulement on ne peut pas sortir de la résidence, mais même pas de nos appartements. Ça ne va pas, Si ça dure longtemps, il y aura des problèmes”, dit l’homme derrière la caméra.

Car les restrictions sont telles que les habitants n’ont même pas le droit de sortir acheter à manger et de plus en plus de gens se retrouvent avec le frigo vide. La plupart des supermarchés sont fermés et de nombreux livreurs sont empêchés de travailler.

Séparer les enfants positifs de leurs parents

Les autorités chinoises continuent de défendre leur stratégie “zéro Covid”, avec des confinements dès l’apparition de quelques cas. À Shanghai, elles ont mis en place un temps une politique très controversée consistant à séparer les enfants positifs au coronavirus de leurs parents testés négatifs, qu’elles ont assoupli face aux critiques.

La Chine mène une politique de confinement rapide, de tests de masse et de restrictions de voyages pour enrayer la propagation du virus. Shanghai, sous l’effet d’une vague alimentée par le variant Omicron, a fait état dimanche 10 avril d’un nombre record de 24.943 nouvelles infections, pour la plupart asymptomatiques, représentant plus de 90% du total national.

Les autorités ont préparé des dizaines de milliers de nouveaux lits dans plus de 100 hôpitaux de fortune dans le cadre d’une politique d’isolement de toute personne testée positive au virus, qu’elle présente ou non des symptômes. De nombreux habitants s’irritent des restrictions et expriment leur colère via les réseaux face aux pénuries de nourriture et aux mesures draconiennes prises pour endiguer l’épidémie.

Des assouplissements annoncés pour calmer la grogne

Ce lundi matin, face à la montée de la contestation, le gouvernement local a annoncé des mesures susceptibles d’assouplissement. Il autorisera progressivement les habitants des zones comptant le moins de contaminations à se déplacer en dehors de leur quartier, bien que l’on ne sache pas combien de personnes pourront sortir de chez elles ni quand.

Les responsables de Shanghai détermineront trois catégories de quartiers en fonction du taux d’incidence. Des mesures “différenciées de prévention et de contrôle” refléteront la situation “réelle” sur le terrain, a déclaré lundi un responsable municipal, Gu Honghui. Les habitants des zones “sous contrôle strict” et des “zones contrôlées” resteront confinés chez eux. Les habitants des quartiers où aucun cas n’a été enregistré au cours des deux dernières semaines seront autorisés à sortir de chez eux.

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    Présidentielle: confinés, les Français de Shanghai ne pourront pas voter

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 8 April - 14:53 · 2 minutes

Les rues sont nettoyés à Shanghai, où un confinement strict a été décrété face à une nouvelle vague de Covid.  Les rues sont nettoyés à Shanghai, où un confinement strict a été décrété face à une nouvelle vague de Covid.

PRÉSIDENTIELLE 2022 - Ils ne pourront pas faire leur devoir de citoyen. Les Français de Shanghai ne sont pas autorisés à aller voter dimanche au premier tour de la présidentielle en raison du confinement de la plus grande ville de Chine , a confirmé ce vendredi 8 avril l’ ambassade de France .

Confrontée à la pire vague de Covid-19 en Chine depuis le début de l’épidémie, Shanghai est en confinement total ou partiel depuis deux semaines. Plus de 20.000 cas sont découverts chaque jours. En vertu de mesures sanitaires très strictes, les 25 millions de Shanghaïens sont contraints de rester chez eux.

Dans ce contexte, “il a été décidé de ne pas ouvrir les bureaux de vote de Shanghai pour le premier tour de l’élection présidentielle”, indique dans un communiqué l’ambassade de France, arguant de “l’impossibilité officielle de se déplacer”.

En dépit de “démarches répétées”, y compris ”à haut niveau”, l’ambassade précise n’avoir pu obtenir des autorités une dérogation pour les électeurs français. En ce qui concerne le second tour, le 24 avril, tout dépendra de “l’évolution des normes sanitaires locales”, précise-t-elle.

4800 Français sur les listes électorales

Shanghai comptait fin 2021 plus de 7000 Français enregistrés auprès du consulat, soit plus de la moitié de la communauté française établie en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao).

Quelque 4800 personnes étaient alors inscrites sur les listes électorales de la capitale économique chinoise. Comme le décrit un journaliste de France 2 présent à Shanghai, les habitants ne sont autorisés à sortir que “tous les deux ou trois jours, pour aller se faire tester”.

Outre Shanghai, d’autres régions de Chine sont soumises à des mesures de quarantaine plus ou moins strictes. C’est le cas à Shenyang, dans le nord-est. Contrairement à Shanghai, “le bureau de vote ouvrira comme prévu mais les restrictions locales de circulation s’appliqueront”, indique l’ambassade, laissant entendre que certains électeurs pourraient ne pas pouvoir effectuer leur devoir de citoyen.

Les autres bureaux de vote de Chine continentale (Pékin, Canton, Chengdu, Wuhan) ouvriront normalement.

Contrairement aux législatives qui permettent le vote à distance, seules deux modalités sont prévues pour la présidentielle: voter dans le bureau où l’on est inscrit ou voter par procuration, par un tiers qui se rend impérativement dans le bureau de vote du mandant.

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  • Hu chevron_right

    Même en Chine, la stratégie du "zéro Covid" est à bout de souffle

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 6 April - 06:05 · 5 minutes

Un centre de dépistage en plein air à Pékin, le 6 avril 2022. Un centre de dépistage en plein air à Pékin, le 6 avril 2022.

CORONAVIRUS - Malgré sa politique “zéro Covid”, la Chine est rattrapée par une vague de Covid-19 . Le pays a annoncé, ce mercredi 6 avril, un record de 20.000 contaminations au cours des dernières 24 heures, la plupart à Shanghai qui s’apprête à ouvrir un hôpital de campagne géant de 40.000 places.

Pourtant jusqu’en mars 2021, la Chine, où le coronavirus a été initialement détecté à la fin de 2019, était parvenu à enrayer largement l’épidémie grâce à des mesures très strictes réunies sous le terme de Covid zéro. Mais le variant Omicron a battu en brèche cette stratégie, avec des bilans quotidiens qui dépassent désormais les décomptes officiels de la première vague épidémique à Wuhan .

Selon le ministère de la Santé, aucun nouveau décès n’a toutefois été enregistré. Les deux derniers décès annoncés officiellement dans le pays remontent à la mi-mars.

Un parc d’exposition transformé en hôpital de campagne

Plus de 80% des nouveaux cas positifs ont été rapportés à Shanghai, la plus grande ville du pays placée en confinement quasi-total depuis la semaine dernière. La cité aux 25 millions d’habitants va convertir un gigantesque parc d’exposition en hôpital de campagne d’une capacité de 40.000 lits, a annoncé l’agence de presse Chine nouvelle.

Même si l’écrasante majorité des cas détectés à Shanghai sont asymptomatiques, toute personne testée positive, y compris les enfants, est placée à l’isolement dans des centres prévus à cet effet. Une politique contestée sur les réseaux sociaux, les enfants, même nourrissons, étant séparés de leurs parents s’ils ont fait l’objet d’un test positif mais que leurs parents sont négatifs.

″Ça y est, c’est arrivé. J’ai attrapé le Covid à Shanghai. J’attends maintenant que le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies m’amène à l’hôpital et qu’il amène Emma Leaning en quarantaine -notre vie pour ces trois prochaines semaines.”

Cette stratégie “zéro Covid”, de plus en plus impopulaire en Chine, la plupart des pays l’ont abandonnée. Elle apparaît désormais anachronique alors qu’elle se défendait en début de pandémie. Même l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont fini par l’abandonner après s’y être longtemps astreints.

Car la donne a changé avec les vaccins qui sont arrivés début 2021 et qui ont considérablement limité le risque de formes graves. Puis le variant Omicron, a priori moins dangereux même s’il est difficile de dire ce qui est dû justement à la vaccination, a aussi réduit les risques tout en mettant à l’épreuve la stratégie zéro Covid en raison de sa forte contagiosité.

Dans ce contexte, “il faut en faire tellement pour réduire la transmission que l’on se retrouve avec une très faible valeur ajoutée sur le plan sanitaire”, juge auprès de l’AFP l’immunologue australienne Sharon Lewin.

Mais la persistance chinoise s’explique peut-être par une situation particulière. Contrairement à l’Australie et la Nouvelle-Zélande, initialement à la traîne mais finalement bien vaccinées, la Chine n’a pas assez vacciné sa population.

C’est notamment le cas chez les personnes âgées, les plus menacées de mourir du Covid. Seule la moitié des Chinois de plus de 80 ans sont vaccinés. Qui plus est, ce sont les vaccins Sinovac et Sinopharm, pas les plus efficaces, qui sont utilisés.

Et, avec une vaccination insuffisante, “on risque de se retrouver avec beaucoup de morts en allégeant les mesures zéro Covid”, redoute Andrew Lee, spécialiste en santé publique.

“C’est une façon de penser qui a fait du mal à tout le monde”

Or, tout est lié. Certaines études montrent que le zéro Covid n’incite pas à se faire vacciner: comment ressentir l’urgence de le faire quand le virus ne circule pas autour de soi?

Si les Hongkongais les plus âgés hésitent à se faire vacciner, c’est souvent qu’ils “doutent de l’intérêt de la vaccination, en particulier dans le contexte d’une stratégie zéro Covid”, explique l’épidémiologiste britannique Ben Cowling qui a récemment publié un travail sur le sujet dans The Lancet .

Non seulement la population chinoise n’est pas assez vaccinée mais elle ne peut pas non plus compter sur une immunité post-infectieuse: en empêchant quasiment toute contamination au virus, les autorités n’ont pas laissé celle-ci se développer.

Le contraste est par exemple marqué avec l’Afrique du Sud qui a levé cette semaine ses restrictions anti-Covid, bien qu’à peine plus d’un tiers de la population soit vacciné.

Le pays n’avait pas fait des choix aussi radicaux que les pays zéro Covid et une large partie de la population a par conséquent été infectée, certes avec un lourd tribut à payer: 100.000 morts contre, officiellement, guère plus de 10.000 en Chine pour une population bien supérieure.

En tout état de cause, les derniers pratiquants du zéro Covid risquent aussi de se voir confrontés à une adhésion de plus en plus fragile de leur population, parfois amère et lasse après deux ans de restrictions radicales. “Le zéro Covid, c’est une façon de penser qui a fait du mal à tout le monde”, conclut Jenny Leung.

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