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    Face à l’inflation, les banques centrales dans l’impasse

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Thursday, 28 April - 12:09 · 13 minutes

Alors que l’inflation atteint déjà des niveaux jamais vus depuis des décennies, la politique des banques centrales, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et à présent la guerre en Ukraine promettent une hausse des prix durable. Si la période actuelle semble plus que jamais dévoiler l’insoutenabilité du modèle financier contemporain, la fuite en avant et l’attentisme des institutions monétaires témoignent du refus de changer de paradigme. Face à la menace d’une action de ces dernières visant à contrer l’inflation, le spectre d’une crise économique et financière se précise.

Politique monétaire expansive et reprise économique

En mars 2020, la crise sanitaire déclenche une récession de haute envergure. Alors que les marchés financiers étaient au plus mal, ce nouveau choc apparaît et les banques centrales décident d’agir en injectant – par le biais de rachats massifs de titres de dette des États et de multinationales – des centaines de milliards de liquidités dans le système financier pour éviter la catastrophe. Depuis la crise des subprimes de 2007-2008, les banques centrales se sont promises de toujours fournir les liquidités nécessaires aux banques et autres institutions financières en cas de fortes secousses des marchés. Suite à la chute de Lehman Brothers en 2008, la non-intervention des banques centrales est devenue inconcevable. Entre la crise des dettes souveraines (1) en Europe, la crise du repo , et la chute des actions en 2018, les périodes de turbulences sur les marchés au cours de la dernière décennie ont toujours été suivis d’un soutien monétaire sans précédent. L’épisode de mars 2020 n’aura pas fait exception.

NDLR : Pour une analyse de la crise financière évitée de peu en mars 2020, lire sur LVSL l’article d’Alessandro Ferrante « La crise oubliée du shadow banking »

Grâce au soutien des institutions monétaires lors de la crise sanitaire, les pays ont donc pu emprunter massivement pour financer des plans de relance – bien plus maigres en Europe qu’aux États-Unis. Sous la présidence Trump, les États-Unis ont déclaré l’instauration d’un plan de 2 000 milliards de dollars, encore accru par Joe Biden depuis. Au sein de l’Union européenne, les 27 s’accordent autour d’un programme de 750 milliards d’euros. Au Royaume-Uni, c’est 180 milliards de livres. Au Canada, c’est 100 milliards de dollars canadiens répartis sur trois ans. Portée par une injection monétaire continue, la reprise économique se conjugue à des goulots d’étranglement sur les chaînes d’approvisionnements causées par la pandémie, et des pénuries de toutes sortes voient le jour : puces électroniques, papier, essence, produits alimentaires, etc .

Dans un tel contexte, les prix ne pouvaient qu’augmenter. Jusqu’au 24 février 2022 – date de début de l’invasion russe en Ukraine – l’inflation continue son chemin. Au mois de janvier, elle atteignait déjà des sommets dans l’ensemble des pays occidentaux. Mais lorsque la guerre retentit, ce phénomène en vient à s’accélérer. Les sanctions occidentales vis-à-vis de la Russie entraînent en effet une hausse de la spéculation sur les matières premières et donc une augmentation de certains produits, en particulier sur les hydrocarbures et les produits agricoles .

La décision de l’Ukraine et de la Russie de suspendre l’exportation de certains de leurs produits essentiels engendre de nouvelles pénuries. En parallèle, la stratégie 0 Covid extrême du gouvernement chinois crée de nouvelles tensions sur les chaînes logistiques. Aujourd’hui, la hausse des prix atteint 8,5% aux États-Unis, un record depuis 40 ans. Sur le Vieux continent, c’est 7,5%, le plus haut niveau enregistré depuis la création de l’indicateur. Au Royaume-Uni, c’est 7%, un sommet depuis 1992. Au Canada, c’est 6,7%, un record depuis 31 ans.

Les économies occidentales heurtées de plein fouet

Si, à première vue, ce phénomène pourrait s’avérer positif pour les États car il permet de réduire le poids de leur dette – dont la taille a considérablement augmenté durant la crise sanitaire -, un problème majeur se pose lorsqu’on considère la question sous sa dimension sociale. La grande majorité des salaires et prestations sociales ne sont pas automatiquement indexés sur l’inflation. Du fait des faibles négociations salariales alimentées par le refrain (2) de la « spirale prix-salaires », les salaires réels chutent drastiquement et des mouvements de protestation apparaissent. En Espagne, l’envolée des prix crée la colère chez les citoyens , et plus particulièrement chez les agriculteurs qui voient le prix des fertilisants exploser. En Grèce, une grève générale est en cours et les citoyens réclament une hausse des salaires. Aux États-Unis, la « Grande démission » représente l’immense vague de départs des salariés à la recherche d’un emploi mieux payé et de meilleures conditions de travail.

Pour contenir ces révoltes, les gouvernements ont recours à des mesures de soutien de tout type : chèque inflation , baisse des impôts, blocages des prix, diminution de la TVA… Dans le même temps, l’inflation « annoncée » est modifiée grâce à certaines décisions étatiques. En France, la hausse des prix atteint seulement 4,8% en avril – un des plus faibles niveau européen – grâce à la mise en place du bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz, qui est cependant censé prendre fin le 30 juin.

En parallèle, un jeu de communication se met en place. Pour se dédouaner de l’inflation survenue avant l’invasion de la Russie en Ukraine, certains dirigeants n’hésitent pas à remettre la hausse des prix sur le dos de la guerre. C’est notamment le cas du président Biden qui a déclaré le 11 mars dernier que l’inflation est due à Vladimir Poutine.

Si les gouvernements arrivent pour l’heure plus ou moins à maintenir le calme chez les citoyens, une hausse des prix trop importante pourrait accentuer ces tensions sociales, mais aussi remettre en cause le mandat des banques centrales qui reste principalement celui de la stabilité des prix.

Le risque d’une implosion ?

En 2008 comme en 2020, les institutions monétaires sont parvenues à prolonger un cycle économique qui semblait toucher à sa fin en augmentant sans cesse la dette des agents économiques. Mais dans le contexte actuel, la situation les en empêche. Face à l’inflation persistante – dont le contrôle leur échappe depuis bien longtemps – recourir à la planche à billet s’avère compliqué. Si les banques centrales envisagent une normalisation de leur politique au cours de l’année 2022, une diminution massive du volume de liquidités injectées et une augmentation marquée des taux pour endiguer l’inflation est un pari impossible.

La dette des agents privés atteint déjà des niveaux historiques. Dès lors, une hausse marquée des taux directeurs des banques centrales entraînerait un emballement de ces dettes et créerait une succession de défauts de paiements et de faillites pour nombre d’entreprises. On peut alors craindre une chute de la production, une augmentation du chômage, et un approfondissement de la récession.

Si les banques centrales ont le pouvoir de contrôler leurs taux directeurs (3), les taux auxquels les pays empruntent, fixés par les marchés financiers, fluctuent selon l’environnement économique et la situation financière des différents pays. Dans ce contexte, l’inaction des institutions monétaires produit d’inquiétants effets sur le marché obligataire. Depuis plus d’un an, les taux à long terme ne cessent d’augmenter. Depuis quelques semaines, cette spirale s’accélère : les investisseurs pensent que les institutions monétaires vont agir sur leurs taux directeurs pour contrer l’inflation, et ne veulent ainsi plus prêter aux États à des taux aussi faibles qu’auparavant car la hausse des prix s’intensifie et la valeur des obligations qu’ils détiennent diminue. De fait, la France n’emprunte plus à des taux négatifs comme en juin 2021, mais à 1,3 % sur 10 ans. Le Royaume-Uni n’emprunte plus à 0,3 % mais à 1,8 % sur 10 ans. Les États-Unis, comme le Canada, empruntent désormais à 2,8 % sur 10 ans et non plus à 0,5 % comme en mars 2020.

Une nouvelle crise des dettes souveraines en zone euro pourrait apparaître.

Si ces hausses peuvent sembler raisonnables en comparaison avec le niveau des années passées, la tendance est clairement à la remontée des taux directeurs. Or, au même titre que le secteur privé, le niveau des dettes publiques a considérablement augmenté au cours des deux dernières années. La dette publique atteint ainsi environ 150 % du PIB en Italie, 125 % aux États-Unis et 120 % en France. Lorsque ces mêmes États empruntent pour rembourser leurs anciennes créances, ils devront faire face à ces nouveaux taux du marché. Leurs dettes abyssales engendreront alors une augmentation du coût de leur dette qui aurait de lourdes conséquences pour les pays dont les finances publiques sont instables. En observant l’augmentation continue du spread (écart de crédits) entre l’Italie et l’Allemagne, l’hypothèse de voir la troisième puissance économique européenne vivre le même scénario que la Grèce quelques années plus tôt n’est pas improbable. Une nouvelle crise des dettes souveraines en zone euro pourrait alors apparaître. Du côté américain, le rapprochement entre le rendement d’une obligation de courte durée et celle d’une maturité plus longue témoigne de l’anticipation du marché face au risque de crise à court terme.

Dans ce contexte, la bulle financière ne se maintient que par la politique monétaire accommodante des banques centrales. Les actions baissent mais se maintiennent à des niveaux élevés du fait des faibles taux et du volumes de liquidités injectées dans les marchés financiers. Ce qui rend donc ces derniers extrêmement sensibles à une action des institutions monétaires. Dans le cas d’une normalisation de leur politique, une crise financière semble inévitable. On comprend donc pourquoi le choix a pour l’instant été fait de laisser filer l’inflation.

La pression s’accentue

Les marchés réagissent en effet à l’inflation et la guerre en Ukraine. Les sanctions vis-à-vis de la Russie engendrent en effet d’importantes fluctuations sur les cours des matières premières et de nombreux appels de marges (4), susceptibles de créer un dangereux effet domino. Le président de la Réserve fédérale de Dallas estime ainsi qu’il existe un « risque macroéconomique. »

Cette même réaction est visible sur le marché obligataire. Face à la hausse de l’inflation et au risque d’une diminution du bilan de la FED, le prix des obligations diminue. La valeur globale des obligations est donc en baisse (524 milliards lors de la semaine du 18 avril). Étant donné que ces titres de dettes font souvent gage de collatérales lors d’échanges financiers, c’est-à-dire de garanties en cas de non-remboursement, on peut craindre une vente massive de tout types d’actifs pour obtenir des liquidités et ainsi combler la perte de valeur de ces garanties. Une dangereuse spirale pourrait se mettre en place.

Par ailleurs, l’augmentation des taux obligataires entraîne par ricochet des effets sur le marché immobilier. Aux États-Unis, le taux fixe à 30 ans dépasse 5 %, un niveau plus atteint depuis 2010. Cette augmentation, couplée à des prix historiquement élevés pourrait engendrer un ralentissement, voire une diminution des ventes, qui ferait alors baisser les prix. Dans ce contexte, l’augmentation constante de la durée de remboursement des prêts permet de maintenir la bulle immobilière.

Face à cet ensemble d’événements, les banques centrales ne peuvent agir activement. Le 16 mars dernier, la Réserve Fédérale américaine a donc décidé d’augmenter timidement ses taux directeurs de 0,25 %, pour les porter à 0,5 %. La banque centrale canadienne a fait de même quelques jours plus tôt. Au Royaume-Uni, la Bank of England a été légèrement plus offensive et les a augmentées à 0,75 %. En Europe, la BCE décide pour l’heure de ne rien faire, par peur de précipiter une crise économique. À titre de comparaison, la dernière fois que l’inflation atteignait 8,5 % aux États-Unis, les taux se situaient à 8 %. Au Canada, lorsque l’inflation augmentait de 6,7 %, les taux directeurs de la banque centrale étaient de 16 %. Ce refrain est le même pour l’ensemble des pays occidentaux.

L’attentisme des banques centrales s’explique sans doute aussi par la crainte d’un effondrement du modèle financier occidental en faveur des puissances de l’Est.

Après avoir évoqué une inflation temporaire et limitée pendant des mois, le discours et la crédibilité des banques centrales sont donc fortement remis en question. Est venu s’ajouter à cela la prise en compte d’une inflation de plus long terme et diffuse dans les secteurs de l’énergie et des matières premières. Celle-ci, générée par un goulot d’étranglement sur les chaînes d’approvisionnement et une création monétaire disproportionnée, amplifiée par la crise géopolitique récente, s’inscrit dans un contexte de marchés mondiaux dérégulés et instables.

Alors que les banquiers centraux ont perdu le contrôle des prix, un arbitrage difficile se rapproche : remonter leurs taux et précipiter une crise financière ou laisser filer l’inflation au risque d’un effondrement de la monnaie et de tensions sociales explosives ? Ce dilemme intervient alors que la concurrence entre grandes puissance s’intensifie et l’hégémonie historique du dollar est de plus en plus remis en cause. Dans le contexte où la Chine et la Russie ont clairement affiché leur volonté d’en finir avec l’hégémonie du dollar, l’attentisme des banques centrales s’explique sans doute aussi par la crainte d’un effondrement du modèle financier occidental en faveur des puissances de l’Est.

Notes :

(1) : Suite à la crise de la dette grecque en 2010, les pays européens ont vécu un emballement très fort de leur dette publique et de leurs déficits qui s’avéraient insoutenables. De nombreux plans de sauvetages ont eu lieu. Les pays ont dû s’adonner à des politiques d’austérités dans le but de retrouver des finances publiques stables.

(2) : Si l’histoire nous montre qu’une augmentation des salaires a généralement tendance à exercer une pression à la hausse sur les prix, elle nous montre surtout que le choix peut se faire entre les salaires et les profits. Si les salaires augmentent, les profits baissent. Si les profits augmentent, les salaires baissent. Dans tous les cas, les prix augmentent. Bien qu’un équilibre puisse être trouvé, la balance penche toujours d’un côté. Au moment des différents chocs pétroliers dans les années 1970, les gouvernements et syndicats avaient fait le choix d’une augmentation des salaires pour combler la baisse du pouvoir d’achat. De nos jours, les profits semblent être privilégiés, au détriment des salaires.

(3) : Les taux des banques centrales sont les taux directeurs. Ce sont des taux fixés à court terme par les banques centrales. On distingue trois types de taux directeurs : taux de refinancement, taux de rémunération des dépôts, et taux d’escompte. Le principal est le taux de refinancement qui correspond au taux d’intérêt des liquidités empruntées par les banques commerciales.

(4) : Un appel de marge se produit lorsque le courtier informe que le solde du négociateur est tombé en dessous de sa marge de sécurité. Dans ce cas, deux solutions sont possibles. La première : versement de fonds supplémentaires (sous forme de liquidités et/ou en numéraire) pour combler la dépréciation de la position ouverte sur le marché. Deuxième solution : Si de nouveaux capitaux ne sont pas apportés, le courtier se permet de couper la position pour arrêter les pertes.

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    La BCE crée-t-elle les conditions d’une nouvelle crise financière ?

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Saturday, 29 January, 2022 - 18:42 · 15 minutes

Du fait de la complexité des questions monétaires, le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) n’a été que superficiellement médiatisé. Depuis 2015, elle se livre à une politique massive de rachat de titres de dettes, connue sous le nom d’assouplissement quantitatif ( quantitative easing ). Des milliers de milliards d’euros ont été ainsi gratuitement donnés aux détenteurs de ces titres de dettes. Cette politique généreuse à l’égard des banques et entreprises concernées a eu pour résultat d’alimenter des bulles spéculatives. Ironie du sort : pour éviter que les bulles n’explosent, un recours accru au même assouplissement quantitatif qui les a créées pourrait s’avérer incontournable… au risque de les faire grossir indéfiniment ? La BCE semble prise au piège de ce cercle vicieux, pourtant mis en évidence par d’innombrables travaux académiques…

Le 22 janvier 2015, suite à plusieurs années de faiblesse économique liées à la crise de 2008, Mario Draghi – alors président de la BCE – annonce la mise en place d’un nouvel instrument au service de sa politique monétaire en zone euro : l’assouplissement quantitatif. Cette politique non conventionnelle consiste à racheter – non au moment de leur émission mais sur le marché secondaire – la dette des États et entreprises ainsi que certains actifs financiers comme des titres de créances hypothécaires. L’objectif est de prévenir un nouvel effondrement financier, d’enrayer la diminution de liquidités, d’inciter les agents financiers à se prêter entre eux et les banques à accroître leurs prêts en direction de l’économie réelle. Dans le cadre de ce programme, la BCE intervient massivement tous les mois : depuis 2015, elle a racheté plus de 8000 milliards d’euros de dettes, soit l’équivalent de 80% du PIB de la zone euro en 2021.

Ce chiffre est considérable quand on le met en regard des performances de l’économie européenne, caractérisée par une inflation relativement faible et une croissance insignifiante. Il l’est d’autant plus dans un contexte où cette politique est présentée par certains comme susceptible d’entraîner une baisse des taux d’intérêt censée stimuler l’investissement, la croissance et in fine la hausse des prix. Le spectre de l’inflation est régulièrement agité par l’Allemagne, qui, par la voix de sa Banque centrale ou de sa Cour constitutionnelle, a fréquemment protesté contre l’assouplissement quantitatif. À l’inverse, certains élus de gauche voient dans la politique monétaire européenne les bases d’une relance keynésienne ; une présentation à la limite de l’absurde, lorsqu’on sait que les milliers de milliards créés par la BCE sont très peu sortis de la sphère financière.

Bien que ce clivage ne soit en rien négligeable, partisans et opposants libéraux à l’assouplissement quantitatif, dont le terrain d’affrontement privilégié est le conseil des gouverneurs de la BCE, communient en réalité dans le respect des dogmes austéritaires de l’Union européenne qui, eux, ne sont pas questionnés.

Austérité pour le plus grand nombre, abondance pour les financiers ?

Lors des débats entre représentants du gouvernement allemand et dirigeants de la BCE, le Traité de Maastricht et le Pacte de stabilité et de croissance ne sont jamais évoqués. Les règles votées lors de ces accords structurent pourtant le fonctionnement de la politique monétaire.  En vertu de l’article 123 du TFUE (Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne)[1], les États ne sont pas autorisés à se financer auprès de la BCE. Ils doivent emprunter sur le marché secondaire via des banques privées, ou d’autres acteurs financiers. Cette règle prive ainsi la BCE de la possibilité de procéder au financement monétaire de son économie, et institutionnalise ainsi la dépendance des États aux marchés financiers.

Par ailleurs, selon le protocole n°12 du Pacte de stabilité et de croissance, le déficit public annuel des pays européens ne doit pas dépasser 3% de leur PIB. En cas de non-respect, les pays concernés se voient dans l’obligation d’établir des réformes structurelles afin de corriger les déséquilibres de leurs finances publiques. Bien que cette règle a été suspendue lors de la crise sanitaire, et actuellement contestée au sein du Conseil, la tendance générale semble indiquer qu’un retour à la règle des 3% devrait bientôt avoir lieu. Le vieux continent serait alors confronté à une nouvelle décennie d’austérité, immédiatement après être sorti de la précédente.

Il faut observer l’évolution des indices boursiers européens : depuis 2015, le CAC40 (principal indice boursier français) a augmenté d’environ 50% soit 1000 milliards d’euros ; le DAX (principal indice boursier allemand) a suivi le même chemin

Deux ans à peine après le krach de 2008, une nouvelle crise – de la dette souveraine – a émergé en zone euro. Les pays européens ont fait face à une explosion de leur dette publique et de leur déficit budgétaire. L’Europe s’est alors enlisée dans une longue période de stagnation. Pour lutter contre ce choc, la BCE est intervenue grâce à une politique monétaire dite expansionniste, qui consiste à abaisser ses taux directeurs (à un niveau historiquement bas) pour stimuler la demande de crédit. Mais, faute d’une demande peu élevée, l’encours de crédits n’a pas augmenté. Au contraire. Le taux d’endettement étant très élevé avant 2008, les années post-crise ont plutôt signé l’heure du remboursement. De plus, la crise des subprimes ayant paralysé le système interbancaire, les banques ne se sont révélées que très peu enclines à prêter – se suspectant les unes les autres d’avoir en possession des créances pourries. De fait, malgré des conditions d’endettements extrêmement favorables, la demande a continué à diminuer et la croissance à stagner.

Pour éviter une nouvelle récession, l’institution de Francfort s’est alors inspiré de l’expérience japonaise des années 1990 et a lancé sa première grande opération d’assouplissement quantitatif. Elle a ainsi racheté des titres de dettes d’États et d’entreprises pour garantir leur sécurité, et restaurer la confiance des entités financières les unes par rapport aux autres. Les taux d’émission des dettes d’États – des pays du Sud en particulier – qui avaient explosé depuis 2010, avait alors baissé très rapidement. Toutefois, malgré une hausse du nombre de crédits accordés, l’endettement privé a continué de stagner, et ce, malgré des liquidités fournies de manière abondante au système bancaire. Dans le contexte d’une demande atone, d’une stagnation du niveau de vie de la population, d’une politique budgétaire récessive, ni les consommateurs ni les investisseurs n’ont éprouvé le besoin ou n’ont eu la possibilité de recourir massivement au crédit. D’un autre côté, dans un contexte de taux d’intérêt faibles, voire négatifs, les banques et autres entités financières n’ont pas nécessairement eu intérêt à effectuer des prêts (phénomène de trappe à liquidité ). Ainsi, l’économie a tourné au ralenti : l’inflation n’a progressé que très légèrement, mais la croissance n’a pas suivi.

Comme le marché de la dette est « bloqué », la création monétaire produite par les rachats d’actifs se dirige alors vers les seuls canaux non-obstrués : les marchés financiers. L’économie réelle en subit les conséquences et n’est que très peu irriguée – l’argent étant contenu dans la sphère financière.

Pour prendre la mesure de ce phénomène, il faut observer l’évolution des indices boursiers européens : depuis 2015, le CAC40 (principal indice boursier français) a augmenté d’environ 50% soit 1000 milliards d’euros ; le DAX (principal indice boursier allemand) a suivi le même chemin en augmentant d’environ 50%. Bernard Arnault (Directeur de LVMH – première société du CAC40) semble avoir bien compris ce système : cela lui permet de déclarer devant le ministre des Finances Bruno le Maire, que « l’argent ne coûte pas grand-chose. »[2]

La BCE prise à son propre piège

Néanmoins, la croissance exponentielle des marchés les expose à un risque systémique : celui d’une bulle. En effet, l’injection massive de liquidités a créé de nombreuses bulles devenues extrêmement fragiles. Afin d’éviter une crise financière de grande ampleur, la BCE doit alors intervenir massivement et notamment en période de fortes baisses des marchés. La crise sanitaire l’a montré : alors que les indices européens chutaient de près de 40%, la banque centrale européenne accentuait dès mars 2020 son soutien et renflouait les marchés financiers à hauteur de 3000 milliards d’euros afin d’éviter le scénario catastrophe.

https://twitter.com/CH_Gallois/status/1465958892450549762
Graphique représentant le bilan de la BCE depuis 2008. Il permet d’illustrer le phénomène décrit ci-dessus : le bilan de la BCE s’estime à 5000 milliards d’euros début 2020, puis, à plus de 8000 milliards d’euros en 2021.

Grâce à ce coup de « baguette magique », les marchés ont retrouvé leurs niveaux de pré-crise après seulement un an. Mais que se serait-il passé si la BCE n’était pas intervenue ? De toute évidence, on aurait assisté à un krach financier de grande envergure (certains spécialistes estiment des conséquences qui auraient pu être plus importantes qu’en 1929, 2000 ou 2008).[3] Même si l’action de la BCE fut nécessaire car elle a permis de sauver l’économie, ce sauvetage l’endigue dans une dépendance sans fin. Cette fuite en avant accroît les effets d’un krach car la bulle augmente et se fragilise. Le 16 septembre 2019, dans une interview accordée à Boursorama, Jean-Claude Trichet (ex-directeur de la BCE, prédécesseur de M.Draghi) expliquait que « si le QE est éternel, alors la situation est dramatique.» [4]

Les marchés sont très fragiles. Ils ne tiennent que par le soutien inconditionnel de la BCE.

Devant cette impasse, comment sortir de la dépendance ? La BCE dispose de deux moyens possibles : revoir ses taux d’intérêts à la hausse, et, baisser le volume mensuel de rachats d’actifs (effectuer un tapering ). Une hausse des taux risquerait d’accroître la pente récessive de l’économie européenne. Quid de la deuxième solution ? Les marchés sont très fragiles. Ils ne tiennent que par le soutien inconditionnel de la BCE. Dès lors, une baisse du volume de liquidités risquerait d’engendrer une chute des marchés qui entraînerait à son tour un effet de contagion incontrôlable : une nouvelle crise financière n’est pas à exclure (bien que la BCE ait annoncé récemment qu’elle diminuerait son programme exceptionnel de soutien PEPP, un tapering n’est pas envisageable).[5]

Comment dès lors comprendre le clivage entre opposants et partisans de l’assouplissement quantitatif ? Il ne s’agit aucunement d’un affrontement entre partisans d’une relance keynésienne et partisans d’une austérité la plus stricte : les partisans de l’assouplissement quantitatif pratiquent tout autant l’austérité budgétaire que ses opposants. Il faut s’intéresser au mode d’accumulation propre à l’Allemagne pour comprendre pourquoi les dirigeants de ce pays s’opposent avec tant de virulence à cette politique monétaire expansionniste – qui, pourtant, n’ébranle en rien les dogmes austéritaires de l’Union européenne. Ce pays est caractérisé par une proportion record de rentiers au sein de sa population, et par un système bancaire dont les profits sont davantage tirés des activités de crédits que d’investissement. Ainsi un accroissement de l’inflation, même minime, grève le pouvoir d’achat des premiers ; et pour le second, la diminution des taux entraîne une perte considérable de rentabilité. Toutefois, l’Allemagne reste divisée sur le sujet. Ses grandes banques nationales – au même titre que celles des autres pays européens – sont favorables à une telle politique, tandis que ses banques régionales, davantage dépendantes des activités de crédit, y sont hostiles. Comme les activités des banques nationales se concentrent principalement sur l’investissement et la spéculation, elles ont tout à gagner d’une politique qui accroît la liquidité, augmente la rentabilité des produits financiers, et favorise une orgie de prêts et de spéculation.

Une nouvelle aristocratie sous perfusion de l’assouplissement quantitatif

On l’aura compris : un resserrement de la politique monétaire européenne n’est pas à l’ordre du jour. Néanmoins, ce statu quo a un coût. Celui-ci est d’abord social : l’injection de milliers de milliards d’euros à destination des détenteurs de titres de créances a induit un accroissement considérable de leur fortune – entraînant, par un choc de demande, une augmentation du prix de certains biens et services comme les logements ou produits de luxe (yacht, jet privé, sac à main de luxe, etc.). Depuis 2015, en Europe, dans un contexte où l’inflation « générale » fluctue autour de 1-2% par an, le prix des logements augmente en moyenne de plus de 4% (certaines capitales européennes ont même connu une augmentation de 6% par an). Cette hausse crée des inégalités patrimoniales considérables et affecte directement ceux qui ne possèdent pas d’actifs.

Diverses pistes ont été proposées pour une politique monétaire alternative – que l’on songe à la monnaie hélicoptère ou à l’annulation des dettes détenues par la BCE, que propose l’Institut Rousseau. Reste à savoir si une telle rupture serait possible dans le cadre de l’Union européenne…

L’assouplissement quantitatif permet à la BCE de préserver les bulles financières qu’elle a elle-même créées. C’est d’ailleurs par ce biais que certains en profitent pour effectuer des montages financiers de grande envergure comme les rachats d’actions ou les fusions d’entreprises. Les rachats d’actions permettent à des dirigeants ou actionnaires de racheter des actions de leur propre entreprise dans le but de réduire le nombre d’actionnaires et de se verser ainsi plus de dividendes – tout en augmentant le cours de l’action de l’entreprise. En période d’assouplissement quantitatif, ces derniers peuvent le faire en empruntant des sommes considérables (dette qui se retrouve dans le passif de l’entreprise) à des taux quasi-nuls, ce qui est encore plus profitable. En Europe, le montant exact des rachats d’actions n’est pas communiqué, mais il concerne nombre de dirigeants dont Patrick Drahi, Bernard Arnault, ou encore Xavier Niel.

Les fusions d’entreprises, elles aussi très en vogue, représentent la mise en commun du patrimoine de deux sociétés : une entreprise rachète une plus petite (LVMH-Tiffany & Co, Vivendi-Havas, Bouygues-Equans…). Dans un contexte de taux bas, l’entreprise débitrice ne paye que très peu d’intérêts lors du remboursement de la dette. Pour une multinationale, c’est un avantage considérable car, lorsqu’elle emprunte sur le marché de la dette, elle ne rembourse le montant emprunté qu’à la fin de la durée du prêt (voir graphique ci-dessous). Seuls les intérêts sont versés mensuellement. De plus, la multinationale peut aussi faire rouler sa dette (une fois l’échéance de la première dette arrivée, elle peut emprunter de nouveau pour rembourser cette dernière). En somme, dans le contexte actuel, cela s’apparente à un don. Ce qui ravit les banquiers, les actionnaires, mais aussi les grandes entreprises capitalistes prêtes à tout pour augmenter leur pouvoir de marché. Par ailleurs, cette activité hautement spéculative ne produit que très rarement de la richesse réelle, délaissant une fois encore le plus grand nombre.

https://twitter.com/AniceLajnef/status/1365967524274315265 Déroulement d’un prêt d’une multinationale

Mais ces montages financiers ne sont que l’exploitation des failles de cette politique ultra-accommodante. Ce paradigme reste inchangé car le débat entre opposants et partisans de l’assouplissement quantitatif n’incorpore aucunement les enjeux sociaux soulevés par cette politique. De fait, l’austérité budgétaire demeure une donnée intangible sur le vieux continent et le paradigme néolibéral continue d’abîmer son tissu social. En parallèle, les bulles spéculatives continuent de croître à une vitesse alarmante – avec pour seul horizon leur éclatement, que provoquerait un resserrement de la politique monétaire, ou leur croissance sans fin, qu’induirait sa continuation. Ainsi, servir le marché primaire des financements plutôt que la spéculation bancaire est un impératif. Diverses pistes ont été proposées par de nombreux think-tanks pour une politique monétaire alternative, que l’on songe à la monnaie hélicoptère ou à l’annulation des dettes détenues par la BCE, que propose l’Institut Rousseau.[6] Reste à savoir si une telle rupture serait possible dans le cadre de l’Union européenne…

Notes :

[1] : Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne: https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:88f94461-564b-4b75-aef7-c957de8e339d.0010.01/DOC_3&format=PDF

[2] : « Cérémonie des BFM Awards 2020 : qui sera le manager de la décennie ? » (vidéo à lire à partir de 1:13:10) : https://www.youtube.com/watch?v=mgi50L08IkI&t=1s

[3] : Selon Jeremy Grantham (président du CA du gestionnaire d’actifs GMO) : « Les bulles sont incroyablement faciles à voir ; c’est de savoir quand l’effondrement aura lieu qui est plus délicat […] L’ampleur de ces phénomènes est tellement plus grande qu’en 1929 ou en 2000 » : https://www.capital.fr/entreprises-marches/un-celebre-investisseur-met-en-garde-contre-un-krach-boursier-a-lautomne-1410276

[4] : « Si le QE est éternel, alors la situation est dramatique » : https://www.youtube.com/watch?v=UQECZFC3KKc

[5] : Taux d’intérêt : « la BCE va acheter moins de titres, mais ne coupera pas le robinet de sitôt » : https://www.capital.fr/entreprises-marches/taux-dinteret-la-bce-va-acheter-moins-de-titres-mais-ne-coupera-pas-le-robinet-de-sitot-1414026

[6] : « Les arguments juridiques en faveur d’une conversion des titres de dette publique détenus par la BCE en investissements verts » http://institut-rousseau.fr/les-arguments-juridiques-en-faveur-dune-conversion-des-titres-de-dette-publique-detenus-par-la-bce-en-investissements-verts/

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    Plus fort que les prévisions 2022 : nos prédictions

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Monday, 3 January, 2022 - 03:50 · 3 minutes

Par Philippe Aurain.

Les économistes sont très forts pour prédire les crises économiques . La preuve, ils ont prédit dix des trois dernières. La boutade ramène l’économiste à ce qu’il est : un prévisionniste (quelqu’un qui détecte et prolonge des tendances) et non un devin . C’est dommage.

La prédiction (annonce des ruptures spontanées) serait plus utile. Elle permettrait d’anticiper les crises. Mais ce faisant, elle les empêcherait. Une fois une crise prédite, des mesures peuvent être prises pour l’empêcher. Nous aurions vendu les « techs » avant la bulle en 2000, interdit les modèles de crédit hasardeux en 2008 et anticipé la mise au point de vaccins ARN en 2020.

Le problème des prévisions

La prédiction n’est valable que si elle n’est pas admise. Si elle est crue, l’adaptation des comportements l’annihile. Les devins sont toujours des Cassandre. Pour avoir raison, ils ne doivent être reconnus qu’a posteriori. Ils en tirent d’ailleurs des arguments : soit leurs prédictions se réalisent et ils mettent en avant leur capacité de voyance. Soit ce n’est pas le cas et ils arguent que leurs prédictions ont permis d’éviter l’événement prédit.

En revanche le prévisionniste, lui, est décevant. En premier lieu, les techniques économiques étant largement partagées, tous les prévisionnistes détectent les mêmes tendances et prévoient donc à peu près les mêmes évolutions. Deuxièmement, s’écarter de l’opinion issue de ces constats communs, c’est prendre le risque de se tromper contre tout le monde, risque beaucoup plus grand que celui de se tromper avec tout le monde.

Pour ces raisons, le prévisionniste est généralement grégaire. (« Il est plus facile de faire passer un père noël dans le chas d’une aiguille que de faire s’éloigner un économiste du consensus », dit-on). En cette période de projection, le bon sens et la raison enjoignent donc de passer de la prévision à la prédiction. Fi donc de la poursuite de la croissance au-dessus de son potentiel, d’une inflation plus forte que dans le passé mais déclinante, de banques centrales instaurant un biais moins accommodant et de la hausse des taux très modérée et progressive qui s’en suivra.

Le rôle de l’imprévisible

Et passons aux choses sérieuses : l’imprévisible. Une précision, les prédictions reposent sur une autre caractéristique : elles ne doivent pas être datées. En effet, on ne peut pas être précis à la fois sur la chose et sur le moment de la chose prédite. Impossible de dire ce qui arrivera demain à midi. Mais toute prédiction se réalisera si on lui laisse le temps (et les multivers) suffisants.

Je me lance et, pour changer du ton de la période, j’évoque ici les raisons d’être optimistes. Les crises covid et énergétique suscitent un tel effort d’innovation technique et comportementale que le monde va en sortir transformé par une révolution schumpétérienne concernant au moins trois points :

1. Les innovations scientifiques (biotechnologies, dont ARN ; électrification, ordinateur quantique, etc.) vont permettre des gains de productivité (exemple automobile), de santé (cancer, arthrose…), l’amélioration des conditions de vie (pollution de l’air, bruit…), des découvertes scientifiques (modélisation quantique).

2. L’investissement massif dans la transition énergétique va nécessiter un effort de reconstruction susceptible de ramener le plein emploi à terme.

3. Nos comportements de consommation vont évoluer et passer de la consommation de masse à une consommation spécifique et éthique qui sera le moteur d’une transformation sociétale inédite. Tout cela est garanti bien sûr. Les prédictions, surtout optimistes, n’engagent que ceux qui se battent pour qu’elles adviennent. Vivement demain.

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    Prix des carburants: comment trouver la station essence la moins chère?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 25 October, 2021 - 15:49 · 3 minutes

Un conducteur à une station essence de Montpellier le 12 octobre 2021.

TARIFS - Les prix des carburants routiers vendus en France se sont tassés la semaine dernière, après avoir pour certains atteint des records historiques.

Le gazole a ainsi atteint 1,5531 en moyenne le litre, en très léger repli par rapport à 1,5583 euro (un plus haut historique) la semaine précédente, selon les chiffres hebdomadaires du ministère de la Transition écologique publiés ce lundi 25 octobre.

Le super SP 95 a pour sa part reflué à 1,6488 euro contre 1,6567 euro la semaine précédente et le SP 95-E10 à 1,6223 euro contre 1,6287 euro (également un record).

Face à cette hausse historique du prix de l’essence, des sites existent pour permettre aux Français de trouver le carburant au meilleur prix. Le premier est celui du gouvernement: www.prix-carburants.gouv.fr .

Sur la page d’accueil, on retrouve une carte interactive avec les différentes stations essence du pays. Dans la colonne de gauche, une barre de recherche avancée permet de trouver les stations par départements ou par ville. Il est alors possible d’afficher les stations sur la carte ou par liste, afin notamment de les classer de la plus chère à la moins chère.

On peut également choisir le type d’enseigne souhaité (“major”, “grande et moyenne surface” ou “indépendant”) ainsi que des services complémentaires tels que la présence d’aire de camping-cars, de bornes de recharge ou encore de station de gonflage. Il est également possible de rechercher “les points de vente pour un itinéraire”, ce qui permet de s’organiser pour les départs en vacances ou les longs trajets professionnels.

Les tarifs des 9900 points de vente référencés sont ainsi actualisés régulièrement (la date de mise à jour est indiquée) et permettent donc de connaître les prix quasi en temps réel.

Plusieurs applications disponibles

Comme le note BFMTV , les applications GPS Waze ou Google Maps permettent elles aussi de trouver les stations service et de connaître leurs tarifs en temps réel.

D’autres sites et applications mobile possèdent les mêmes fonctionnalités. On retrouve notamment “ Essence&Co ”, “ Fuel Flash ”, “ Carbu.com ” ou encore “ Fuelio ”. Selon un porte-parole de la première, interrogé par BFMTV , le site assiste à une hausse spectaculaire des connexions ces derniers mois, “avec près de 800.000 utilisateurs mensuels, soit une hausse de 40% par rapport à d’habitude.

Plusieurs médias locaux et nationaux ont également réalisé leur propre carte interactive, par zone géographique, à l’instar de franceinfo , France 3 Normandie ou France 3 Bretagne .

Si ces sites et ces applications sont très pratiques, il convient de ne pas se jeter sur le prix le moins cher à tout prix. En effet, certaines stations service où les prix sont peu élevés peuvent se trouver plus loin de votre domicile. Si vous devez faire 100 kilomètres aller retour pour faire votre plein, mais que la différence de prix est peu importante, cela ne vaut peut être pas le coup.

Des prix attractifs aux stations frontalières

Pour les personnes qui habitent à proximité d’une frontière, notamment espagnole, n’hésitez pas non plus à regarder les prix du carburant des stations frontalières sur le site “Zagaz” par exemple.

Plus globalement, il convient d’être prudent avec ces sites, souvent alimentés par des utilisateurs, et pas toujours fiables. Ainsi, certains prix affichés datent parfois de plusieurs mois, bien qu’indiquant une mise à jour récente, d’autres recensent des stations qui n’existent plus et certaines inversent parfois le prix de certains carburants.

Les prix à la pompe suivent les cours du baril de pétrole, qui ont nettement rebondi ces derniers mois avec la reprise économique mondiale et l’offre toujours limitée de certains pays producteurs. Ils obéissent aussi à plusieurs autres facteurs (taux de change euro-dollar, niveau des stocks de produits pétroliers et de la demande, taxes...)

Face à cette hausse des prix, mais aussi aux inquiétudes plus larges sur le pouvoir d’achat, le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi 21 octobre une “indemnité inflation” de 100 euros pour 38 millions de Français.

A voir également sur Le HuffPost: Sur la hausse des carburants, Macron répond à ceux qui lui demandent de baisser les taxes

https://upload.movim.eu/files/7b4a27eed4cd52381dd25ae94920402e838b41d3/05x9cJ0vxbt1/arton2765.png.jpg
Devant le théâtre national de #Toulouse occupé, le maire JL. #Moudenc joue aux arracheurs d’affiche

Par #TVbruits : http://tvbruits.org/spip.php?article2765

“Les affiches d’ #ActUp connaissent un succès fou ! À tel point qu’elles s’arrachent, au sens propre comme au sens figuré. Ainsi hier après-midi peu après 16 heures, n’a-t-on pas vu débouler devant le #théâtre de la Cité, surgi d’une voiture électrique, le maire de Toulouse en personne Jean-Luc Moudenc.En quelques secondes il a foncé sur l’une des affiches collées sur la paroi vitrée du théâtre, disant « Moudenc est à la culture ce que Monsanto est à l’agriculture ». Nous l’avons surpris dans son geste d’arracheur d’affiche alors qu’il regagnait prestement la voiture avec chauffeur qui l’attendait tout à côté. Et quand nous lui avons demandé d’expliquer son geste, il nous a benoitement répondu : « c’est pour me distraire »”.

#lutte #mairie #lrem #lr #culture #occupation #chômage #crise #assuranceChômage #unedic #social #société #politique #actu #actualité #HauteGaronne
https://upload.movim.eu/files/7b4a27eed4cd52381dd25ae94920402e838b41d3/ZddmrKxCSoWe/158588020_2542666549373358_1889180399360947369_n.jpg
#Toulouse - #Culture - Jeudi 11 mars : Avec les occupant-es de l’ #Odéon : amplifions partout la #mobilisation !

#Rassemblement - Rdv : 10 h 30 - Théâtre de la Cité à l’appel de la Coordinations des IntermittentEs et précaires de Midi-Pyrénées ( #CIP MP)

https://fr-fr.facebook.com/events/202938148250301/

“Soutien à celles et ceux qui occupent le théâtre de l’Odéon!!
Le temps de la patience est révolu.
Nous exigeons des réponses.
Mesures d’urgences pour les intermittents de l’emploi.
Prolongation pour touTEs de l’année blanche
Maintien de droits pour l’accès au congé maladie et maternité
Abandon définitif de la réforme #chômage
Ce que nous défendons, nous le défendons pour toutes et tous.”

#ComitéPrécairesCNT31 #précarité #syndicalisme #lutte #spectacle #capitalisme #crise #social #société #politique #économie #actu #actualité #HauteGaronne #manif #intermittence #unedic #PôleEmploi

Au #CHU de #Toulouse, pas de trêve dans la contestation

https://www.ladepeche.fr/2021/02/05/au-centre-hospitalier-universitaire-de-toulouse-pas-de-treve-dans-la-contestation-9355756.php

La semaine a été marquée par un mouvements de #grève au CHU de Toulouse. La mobilisation des agents de l’IRM à l’hôpital Purpan a eu des conséquences toute la semaine sur les rendez-vous programmés. Parmi leur revendication, les infirmières de blocs opératoires exige la prime Buzyn de 118 euros.

L’arme des travailleur-euses c’est la grève.

#santé #social #hôpital #lutte #société #politique #actu #actualité #capitalisme #crise #covid #HauteGaronne #syndicalisme