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    L’attrait de la tentation décroissante

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 15 October, 2021 - 23:07 · 6 minutes

Une manifestante protestant contre la loi climat, jugée insuffisante par les défenseurs de l

La thématique de la décroissance est revenue à l’agenda médiatique à l’occasion de la primaire écologiste. Elle suscite des avis généralement très contrastés et tranchés.

Il est néanmoins difficile de savoir à ce stade quelle est l’influence réelle de ces idées auprès de la population française. On peut estimer que celle-ci est marginale si l’on s’en tient au noyau dur des militants décroissants. La liste “Décroissance 2019” n’a ainsi recueilli qu’un peu plus de 10.000 voix lors des élections européennes de 2019, tandis que les ventes du mensuel La décroissance s’élèvent à quelques dizaines de milliers d’exemplaires.

Mais si l’on élargit la focale aux Français considérés comme décroissants ou bien sensibles aux idées décroissantes, on obtient alors des chiffres bien plus élevés. L’Obsoco a ainsi identifié cinq profils de Français, dont celui des “décroissants”, qui représentaient 9 % de la population en 2019 et 7 % en 2020 . Plusieurs enquêtes tendraient, par ailleurs, à indiquer qu’entre un cinquième et un quart des Français se montrent proches de la vision décroissante. Dans la vague 12 du Baromètre de la confiance politique de février 2021 ( enquête Opinion Way ), 24 % des personnes interrogées estiment que, si on veut préserver l’environnement pour les générations futures, on sera obligé de stopper la croissance économique. Dans une enquête Ifop publiée en avril 2021, 28 % soutiennent que, pour réussir la transition écologique, on est obligé de stopper la croissance économique. Enfin, dans une enquête Opinion Way de septembre 2021, 21 % des Français sondés affirment être prêts à changer leurs habitudes de manière conséquente pour contribuer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Enfin, d’autres enquêtes ont pu laisser croire qu’un nombre encore plus conséquent de Français adhéraient à la décroissance. Dans une enquête Odoxa réalisée en 2019, 54 % des personnes interrogées estimaient qu’“il faut changer fondamentalement notre mode de vie, nos déplacements et réduire drastiquement notre consommation”, tandis que dans une enquête YouGov de 2020, 53 % souhaitaient “complètement revoir notre système économique et sortir du mythe de la croissance infinie”. On peut cependant s’interroger sur ces résultats, car les questions posées étaient moins explicites que dans les études vues précédemment et moins “engageantes”. Il existe sans aucun doute un décalage notable entre le fait de souhaiter un changement de notre mode de vie collectif et le fait d’être prêt à changer soi-même ses propres habitudes.

Le sentiment d’urgence climatique

On peut tout de même supposer que les idées décroissantes vont avoir de plus en plus d’influence sur la société française, en particulier auprès des jeunes, dans les années à venir. Plusieurs facteurs semblent y concourir.

Le premier est bien évidemment le sentiment croissant d’urgence climatique. Dans une enquête Harris Interactive réalisée en juillet 2021 auprès de 10.000 personnes, le dérèglement climatique arrive en tête des sujets qui inquiètent le plus les Français (pour 84 % d’entre eux) et correspond à la situation qui s’est le plus dégradée au cours des dernières années (75 %). Dans une enquête Opinion Way déjà mentionnée, 85 % des Français sondés se disent prêts à changer certaines de leurs habitudes pour contribuer à la baisse des émissions de GES. On peut estimer que, plus les effets du dérèglement climatique se feront tangibles, plus les idées décroissantes seront susceptibles de trouver un écho favorable au sein de la société française.

Le second facteur est l’important renouvellement générationnel qui est en train de s’opérer avec la montée en puissance des générations Y et Z. Or, les enquêtes indiquent que les jeunes sont très préoccupés par les enjeux climatiques et qu’ils se montrent sensibles aux idées décroissantes. Les sondeurs Frédéric Dabi et Stewart Chau expliquent dans La fracture (Les arènes), en parlant de la génération de moins de 30 ans, que “la prise de conscience écologique constitue bel et bien une partie centrale de son identité”, prise de conscience qu’ils associent d’abord au changement climatique. D’ailleurs, “1 jeune sur 5 déclare être prêt à risquer sa vie pour sauver la planète” (et même 29 % des moins de 20 ans). Ils observent également que “la jeunesse forme dans son engagement écologique un réel bloc monolithique, rarement observé dans les études d’opinion”.

Cela se traduit chez une partie des jeunes par un attrait pour les idées décroissantes. Dans l’enquête Ifop vue plus haut, 40 % des moins de 35 ans sondés soutenaient que, pour réussir la transition écologique, on est obligé de stopper la croissance économique (contre 28 % pour la moyenne des Français). On peut le voir également sur des sujets plus précis comme celui de l’agriculture, du nucléaire ou de l’automobile. Dans une enquête BVA publiée en mai 2021, 47% des 18-24 ans interrogés font le choix d’une agriculture majoritairement bio quitte à réduire notre production et devoir importer. De même, 41% d’entre eux préfèrent renoncer à certaines cultures (fruits et légumes, maïs…) du fait du réchauffement climatique et du manque d’eau plutôt que permettre le développement de retenues d’eau de pluie pour pouvoir irriguer l’été. Dans un sondage Ifop d’octobre 2021, 58 % des moins de 35 ans se montrent favorables à la sortie du nucléaire (et même 64 % des 18-24 ans), contre 40 % des 35 ans et plus ; et 44 % des moins de 35 ans (53 % des 18-24 ans) sont pour l’interdiction de la vente de voitures diesel et thermiques à partir de 2030, contre 30 % des 35 ans et plus.

La tentation d’une slow life

Or, il est évident que la vision de ces jeunes, qui est en particulier celle de nombre d’étudiants de grandes écoles et de jeunes cadres, devrait avoir un impact de plus en plus important sur la société française. Frédéric Dabi et Stewart Chau parlent à ce propos d’une “jeunesse diffusionniste: celle qui influence le cours des choses et la construction de l’opinion, bouscule la mise à l’agenda des enjeux de société et impacte les générations suivantes”.

Enfin, le troisième facteur est la tentation semble-t-il croissante de vouloir ralentir, de la sobriété heureuse ou d’une slow life . L’accélération des vies professionnelles et personnelles suite à la diffusion des technologies numériques, mais aussi la quête de sens des jeunes, notamment dans leur activité professionnelle , et le peu d’attrait à leurs yeux des valeurs dominantes ont conduit nombre d’individus à décider de faire un pas de côté en privilégiant le recours à l’économie collaborative ou une reconversion professionnelle vers le néo-artisanat ou des activités à “impact positif” pour les plus modérés, la déconsommation, l’exode urbain ou l’insertion dans une éco-communauté pour les plus radicaux.

On peut ainsi estimer que, plus les dirigeants politiques et économiques vont vouloir accélérer et parler d’adaptation, plus une partie de la société, notamment des jeunes, va aspirer, au contraire, à ralentir et à sortir de la “grande compétition”. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, lorsqu’on demande aux jeunes ce qui est le plus important pour avoir une vie réussie, arrive en seconde position “avoir du temps libre pour pouvoir profiter de la vie”, très loin devant “faire une belle carrière professionnelle” ( La fracture ).

À voir également sur Le HuffPost: Les propositions de Castex pour “la croissance écologique, pas la décroissance verte”

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    Où s’arrêtera la folie de l’écologie politique ?

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 31 August, 2021 - 03:30 · 4 minutes

Par Philippe Charlez.

Depuis leurs élections remarquées à plusieurs grandes municipalités françaises, les nouveaux maires écologistes avaient à la fois fait rire et pleurer. Grégory Doucet , maire de Lyon, s’était attaqué au Tour de France, Pierre Humic maire de Bordeaux aux arbres de Noël et Léonore Moncond’huy maire de Poitiers… aux rêves des enfants.

La primaire EELV prévue en septembre devrait donner lieu à une surenchère de propositions délirantes sauf peut-être de la part du raisonnable Yannick Jadot dont on comprend de moins en moins comment il peut encore s’accommoder d’une telle folie collective. Son ex-collègue François de Rugy l’avait parfaitement compris avant la dernière présidentielle.

La folie décroissantiste

L’ancienne ministre de François Hollande Delphine Batho a fait du décroissantisme sa marque de fabrique. Selon elle :

La décroissance est une société du plus, pas du moins, c’est une société avec plus de bien-être, plus de culture, plus de liens humains, plus de respect des personnes.

Je l’invite à relire dans le détail les écrits des décroissantistes assumés comme le politologue Philippe Ariès, l’économiste Serge Latouche, l’écrivain Pierre Rahbi ou l’ancien diplomate Majid Rahnema. Concaténant trois filiations (l’écologisme, le marxisme et l’anarchisme), le décroissantisme promeut une nouvelle société « décolonisant l’imaginaire économique et productif » .

Reprenant l’idéologie du prêtre philosophe viennois Ivan Illich, il prône un retour à une société vernaculaire primitive rejetant en masse les principaux vecteurs de développement. Ainsi, accroître l’espérance de vie ou réduire la mortalité infantile deviennent pour les décroissantistes des contre-objectifs. La pauvreté absolue est finalement leur seul menu !

Sandrine Rousseau défend pour sa part « l’éco-féministe » , un concept révolutionnaire (selon elle !) :

Notre système économique, social, environnemental est fondé sur la prédation des ressources mais aussi… du corps des femmes ou des racisés […] il n’y a pas de capitalisme vert possible.

Le démon capitaliste

Derrière ces considérations apparemment absurdes et assimilant des causes sans aucun rapport on retrouve pourtant tous les ingrédients du climato-gauchisme : le dessein n’est en rien de résoudre de façon rationnelle la problématique climatique mais de faire la peau de la société de croissance et de son démon capitaliste.

Mais la palme revient probablement à l’édile de Grenoble Éric Piolle qui, en dehors d’un « ISF climatique » , propose ni plus ni moins qu’une collectivisation de l’agriculture française en créant sur fonds publics

25 000 fermes communales et agroécologiques qui emploieront 100 000 personnes. Ces fermes pourront appartenir à la commune, à une association ou à un propriétaire privé, mais elles devront répondre à une mission d’intérêt général.

Le candidat veut

Lutter contre l’impunité des lobbys agroalimentaires […] qui privilégient le rendement de leurs actionnaires à la santé des citoyens et à la préservation du vivant. Nous sommes dans une société où certains s’accaparent nos biens communs. Il faut inverser la tendance et remettre l’intérêt général devant les intérêts privés ».

Une démarche qui n’est pas sans rappeler la collectivisation de l’agriculture soviétique des années 1930.

Au nom de l’idéal marxiste, Staline élimina en 1932 une classe de paysans aisés et performants surnommés « koulaks » et les transforma en une classe unique d’agriculteurs au sein de grandes fermes d’état collectives : les « kolkhozes » . La dékoulakisation s’accompagna de violentes réquisitions surtout après la promulgation de la « loi des épis » légitimant l’exécution de milliers de citoyens soviétiques.

La terreur et la terrible famine qui s’ensuivirent firent 8 millions de morts . Les rescapés tentèrent d’émigrer en masse vers les villes, laissant leurs champs en jachère. L’agriculture soviétique ne s’en est jamais remis. Par suite des résultats catastrophiques de la collectivisation, l’URSS, qui « nourrissait de son pain la moitié de la planète » devint l’un des plus gros importateurs mondiaux de denrées alimentaires. La collectivisation a détruit à tout jamais le remarquable savoir-faire agricole des koulaks.

Remettre le marxisme en selle

Le dessein des différents candidats verts est finalement convergent et sans surprise : remettre le marxisme au goût du jour. Ne faisant plus recette auprès des classes populaires qui ont glissé vers le Rassemblement national il est instrumentalisé au nom de causes davantage porteuses : climat, féminisme, racisme. Les écologistes politiques ne cherchent en rien à résoudre la problématique climatique.

Comme les marxistes d’antan leur unique obsession est l’égalitarisme. Fort heureusement très divisée, la gauche purgée des sociaux-démocrates a peu de chances d’accéder au pouvoir. Mais elle représente plus que jamais un risque majeur pour la France. Contrairement aux apparences le cancer français n’est pas islamique mais gauchiste.

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    Covid-19 et décroissance : un plaidoyer pour le « monde d’avant »

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 10 February, 2021 - 03:30 · 6 minutes

décroissance

Par Philippe Charlez.

Depuis la fin du second conflit mondial, les périodes de récession économique ont été rares et relativement limitées dans le temps. En 1975 le premier choc pétrolier contracta le PIB français de seulement 0,6 % tandis qu’en 2009 suite à la crise des subprimes il se réduisit de 2,9 %.

En termes de gaz à effet de serre, la réduction de 1975 fut infime (-0,5 %) tandis qu’en 2009 la baisse n’atteignit que 2 %. En revanche, il faut remonter à la grande crise de 1929 pour trouver une récession structurelle de grande ampleur, les PIB français et américain ne retrouvant leur valeur de 1929 que dix ans plus tard.

La covid-19 : test de la société de décroissance

Évènement mondial le plus marquant depuis le dernier conflit mondial, la pandémie de la Covid-19 représente un test en grandeur nature de la société de décroissance . En 2020, la récession mondiale a été de l’ordre de 5 % : -9 % en France, -7,2 % en Europe, -3,4 % aux États-Unis. Ironie du sort, la Chine a maintenu une croissance positive à 2,3 %.

Cumulant récession et emprunt pour financer la « non-activité économique » , la dette de la France a quant à elle explosé à 120 % du PIB. Les conséquences en termes de faillites d’entreprises et de chômage sont terrifiantes. Le spleen généralisé a progressivement gagné l’ensemble des couches populaires incluant les jeunes générations. Cela ne laisse rien augurer de très positif dans les années à venir.

Cette pandémie a aussi eu des externalités positives. Industries fonctionnant au ralenti, transports aériens quasi à l’arrêt et télétravail généralisé ont réduit de façon spectaculaire la consommation d’énergie (-5 %) et les émissions de GES (-7 %). Ces 7 % de réduction de GES ne représente pourtant que…0,2 ppm de CO2 en moins rejeté dans l’atmosphère.

Un confinement pour le climat ?

Parallèlement à un effort démesuré en termes économiques et sociaux, les confinements successifs n’ont finalement joué qu’un rôle marginal sur le climat.

Le citoyen serait-il prêt dans l’avenir à se confiner de nouveau non plus pour raisons pandémiques mais pour raisons… climatiques ? Si l’on souhaitait atteindre les Accords de Paris via la seule décroissance économique (c’est-à-dire maintenir la teneur en CO2 dans l’atmosphère en dessous de 450 ppm à l’horizon 2050 ) il faudrait reproduire systématiquement jusqu’à cet horizon « l’année horribilis 2020 » .

Compte tenu de la croissance démographique attendue, le PIB moyen par habitant s’effondrerait alors de 11 300 dollars par habitant en 2019 à 1820 dollars.

Prenant en compte la relation entre l’espérance de vie et le PIB/hab, la tentation décroissantiste réduirait mécaniquement l’espérance de vie moyenne du terrien de 75 ans à 66 ans soit un recul de près de 40 ans en termes de développement.

Réduction des GES via la décroissance économique

Gauche – Effet sur le PIB/hab

Droite – Effet sur l’espérance de vie

Ce « monde d’après » bien peu réjouissant fût pourtant prôné par un certain nombre de prédicateurs vedettes durant les premières semaines de la pandémie.

Ainsi le prophète Hulot interprétait la COVID-19 comme un « ultimatum de la nature » . Bravant le confinement et habillé en Moïse des temps modernes, il avait reçu du Dieu Écologie les nouvelles tables de la loi : « marcher vers un nouveau monde sans mensonge, opérer la mue d’un système périmé, laisser de l’espace au monde sauvage et écouter les peuples premiers, exhorter une mondialisation qui partage, une économie qui préserve et redistribue ».

D’autres, comme le député de la Somme François Ruffin « appelaient la gauche et les écologistes à fermer la parenthèse libérale, le triptyque croissance-concurrence-mondialisation rendant l’air irrespirable, l’eau imbuvable et la planète invivable » .

Quant à l’économiste atterré Thomas Porcher considérant que « la crise du Covid-19 avait révélé au grand jour les dysfonctionnements du triptyque mondialisation-finance-austérité » , il appelait « à se débarrasser des politiques libérales et de la croissance comme horizon et invitait les délaissés à se fédérer en vue de reprendre le pouvoir » .

On retrouve dans leurs exhortations toutes les filiations intellectuelles du décroissantisme avec le triptyque écologisme/marxisme/anarchisme.

Pandémie et société de croissance

Pourtant, la pandémie aura été en tous points un révélateur quasi parfait du fonctionnement de la société de croissance.

Le débat entre commerces essentiels et non-essentiels nous renvoie à la nature même du PIB et de la croissance économique : c’est le non-essentiel qui entretient l’essentiel. Sans les revenus du tourisme, du luxe, des restaurants, du cinéma et du football on ne peut financer ni l’alimentation, ni le logement, ni la santé, ni l’éducation, ni même la préservation de l’environnement.

Au nom de la justice de l’équité et de la solidarité, les nombreux élans d’égalitarisme ont tous contribué à appauvrir le pays : refus de confiner les personnes à risque , refus de confinements régionaux, fermeture des rayons non-essentiels des grandes surfaces restées ouvertes par mesure d’équité par rapport aux petits commerces.

La thématique de la vaccination a aussi mis en lumière l’extraordinaire capacité de notre société de croissance à lutter contre une force extérieure qui la met en péril. Sa source d’information illimitée lui a permis de trouver la parade en moins d’un an . Du jamais vu dans l’Histoire.

Et, comme toute espèce en difficulté, elle a oublié pour un temps son égoïsme constructif et activé le « bouton coopération » . Coopération internationale pour mettre au point le vaccin en moins d’un an, coopération européenne pour l’acheter et le distribuer.

Considérée comme la potentielle « sauveuse du monde » , Katalin Kariko est aussi un remarquable résultat de la société de croissance. Née dans la Hongrie communiste un an avant la révolution avortée de 1956, c’est en émigrant clandestinement aux États-Unis en 1987 que la biochimiste put faire aboutir ses recherches sur l’ARN messager. Elle y rencontra un écosystème capable de financer le « risque scientifique » .

Ce risque inhérent à la démocratie libérale, Jacques Chirac avait décidé de le remplacer dans la Constitution par un… principe de précaution décourageant nos chercheurs à explorer des pistes incertaines. Comme Katalin Kariko nombre d’entre eux ont émigré outre-Atlantique.

Ce n’est pas non plus par hasard qu’Israël, seule démocratie libérale du Moyen-Orient, a ridiculisé tous ses voisins en vaccinant la quasi-totalité de sa population en quelques mois alors que les Syriens, les Jordaniens et les Irakiens ne seront probablement jamais vaccinés.

Il en est de même pour les décroissantistes qui, au mépris de la société de croissance, auraient logiquement choisi l’immunité collective. Comme dans les sociétés vernaculaires du Moyen-Âge qu’ils vénèrent, elle aurait fort probablement décimé un tiers de la population mondiale.

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    Extinction rebellion ou l’écologie sur la pente glissante de la délinquance

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Thursday, 22 October, 2020 - 03:00 · 10 minutes

Par Michel Gay.

Des militants écologistes d’ Extinction Rebellion ont utilisé des méthodes de délinquants en dégonflant les pneus de 220 voitures à Bordeaux pour dénoncer la pollution de ces véhicules et dissuader par l’intimidation les Français de rouler en SUV (véhicules utilitaires sport).

Quel sera la prochaine étape ? Décapiter les propriétaires des voitures thermiques  roulant au pétrole ?

Des pneus dégonflés. Et après ?

Une écologie politique dogmatique abuse les Français en voulant leur faire croire qu’ils pourront vivre de vent et de soleil. Mais sa volonté impérieuse d’imposer rapidement des règles contraignantes et de formater la pensée pour atteindre le nirvana écologique rêvé se heurte aux réalités physiques, économiques et humaines.

Ignorant délibérément la relation étroite entre l’énergie et les progrès sociaux-économiques, certains écologistes catastrophistes préconisent un retour à la pauvreté et à la misère sociale par la culpabilisation et par… la force.

Leur credo repose sur la décroissance qui passe par la réduction de la consommation d’énergie. Leur idéal obscurantiste vise à l’organisation autoritaire de privations et de contraintes sévères touchant l’habitat, les transports et au final les libertés individuelles.

Abusée par une propagande écologiste qui les berce d’illusions, ces militants vivent dans le déni des réalités physiques . Leur discours catastrophiste est un étalage d’accusations gratuites et de lamentations.

Ces activistes écologistes d’ Extinction-Rebellion , de Greenpeace ou des Amis de la Terre, rêvent d’enrôler la jeunesse (lycéens et étudiants) dans leur combat, notamment à partir de « l’exemple » de Greta Thunberg en brandissant des pancartes sur la menace du capitalisme pour la santé de la planète !

Cet endoctrinement, qui rappelle d’effroyables souvenirs avec l’embrigadement des jeunesses hitlériennes, est inquiétant. Ce travail d’influence insidieux a pour objectif de culpabiliser les adultes « irresponsables ».

Il reste à souhaiter que la raison revienne vite car ces questions environnementales sont suffisamment sérieuses pour éviter de les polluer avec des peurs irrationnelles.

« Le pire ennemi de la vérité n’est pas le mensonge, ce sont les croyances ». (Friedrich Nietzsche)

Une politique écologiste suicidaire ?

Ces « chevaliers blancs » autoproclamés « sauveurs de la planète » pourraient conduire le Parlement à adopter une politique énergétique suicidaire pour notre pays sous la pression physique et l’intimidation d’une partie endoctrinée de la population.

Ainsi, à l’heure où la compétitivité de la France est devenue vitale dans une économie mondialisée, il reste à espérer que les élus de la nation dépasseront les clivages politiques et les considérations partisanes « déclinistes » pour orienter l’avenir des Français vers la richesse et leur éviter un effondrement social.

Ne pas le faire serait pire qu’une erreur, ce serait une faute devant les générations futures.

Un nouvel obscurantisme vert

Une nouvelle forme pernicieuse d’obscurantisme vert s’insinue dans les esprits au nom d’une valeur supérieure qui serait la Nature ou Gaïa. Dans ce monde idéalisé, les mensonges et la propagande submergent les arguments techniques et économiques. Ces méthodes s’inspirent d’idéologies despotiques aux couleurs variées (brune, noire, rouge,..) recyclées aujourd’hui dans la couleur verte .

Cette écologie coercitive masque ses intentions à la fois sous des concepts séduisants et lénifiants (le monde vivra d’amour et d’eau fraîche), et en brandissant des épouvantails diabolisant les transports (avions, voitures…), l’industrie, les insecticides…

En s’appuyant sur des dogmes partisans, ces apprentis sorciers dénués de toute compétence technique tentent d’influencer les lois dans des domaines industriels et économiques sans seulement entrevoir les graves conséquences sur le niveau de vie, le confort et la sécurité des Français.

Via les grands médias, ces nouveaux gourous verts abreuvent les Français, y compris des enfants , d’arguments séduisants mais faux comme : « la croissance et l’emploi en France vont revenir en développant les énergies renouvelables » .

Mais, c’est le contraire qui se produit et se produira.

Lorsqu’un bateleur médiatique (élu ou non) se pose en défenseur de la planète au nom de l’écologie, il est persuadé de se trouver du côté des bons et des gentils. Tout ce qu’il promet va dans le sens d’une humanité plus solidaire, propre, autonome, responsable et juste. Les vérités premières qu’il assène deviennent une évidence. Ne pas les suivre relèverait de l’imbécilité et de l’égoïsme.

Cette caste d’activistes et « d’experts », parfois autoproclamés, justifie doctement cet assassinat de la pensée rationnelle au nom de l’écologie en érigeant leurs certitudes en dogme « irréfutable » et en s’arrogeant le droit de définir le Bien et le Mal.

Écologie et religion

Des écologistes et des religieux empruntent parfois des chemins parallèles, avec les mêmes discours, en utilisant de plus en plus des méthodes violentes pour faire triompher leurs causes.

L’écologie et la spiritualité, porteuses du meilleur et du pire s’occupent respectivement de la protection de la nature et de l’âme. Ces deux forces remettent en cause la démocratie qui laisse le dernier mot aux Hommes au lieu de privilégier des valeurs naturelles et spirituelles considérées comme supérieures aux lois humaines. Elles s’opposent au choix des démocraties de privilégier la liberté individuelle.

S’il existe une possibilité de détruire le Mal (aujourd’hui les voitures), alors seuls les détenteurs du Bien (les militants d’Extinction-Rebellion à Bordeaux) peuvent agir pour sauver la planète et l’humanité. Il faudrait être fou ou pervers pour s’y opposer.

Pour ces militants écologistes, sauver la planète et l’humanité implique la suppression de… la liberté ! La violence et les prophètes sont communs entre l’écologie et les religions. Le discours écologiste s’est approprié le Bien et le Mal de telle sorte qu’après le marxisme une nouvelle idéologie apparaît : l’écologisme, détentrice du Bien.

Dorénavant, des juges condamnent même des États au nom du climat, comme hier d’autres l’ont fait au nom de Dieu, du prolétariat ou de la race.

L’émergence des dérives sectaires et violentes ( véganisme , antispécisme , attaque de centrales nucléaires…) n’est pas due au hasard.

Si les démocraties n’y prennent pas garde, elles pourraient être balayées par ces nouvelles forces qui conduiront à de nouveaux totalitarismes après bien des désastres.

Ces rapprochements idéologiques aux relents nauséabonds peuvent se targuer de beaux succès catastrophiques dans l’Histoire du monde. Les chemises brunes, noires, les foulards rouges, verts, et autres cols Mao sont autant de signes extérieurs de tyrannies ayant réussi brillamment, avant d’imploser devant les réalités économiques et physiques.

Une dictature verte en gestation ?

Les assassins de la liberté ont besoin de formulations creuses et grandiloquentes (« il faut sauver la planète ») qui émeuvent et rassemblent sous la bannière d’une écologie sympathique. Le pouvoir dictatorial s’impose ensuite par le mensonge et l’abêtissement de la population dont les réfractaires « pollueurs » (aujourd’hui des propriétaires de voitures) sont désignés à la vindicte médiatique et populaire.

Quelques siècles de pratique de ces méthodes détestables ne permettent pas toujours de discerner ces agissements pernicieux qui contrôlent la pensée. Ils ont l’apparence d’un déroulement logique et rationnel, alors qu’ils ne sont constitués que de syllogismes et de juxtapositions d’idées fausses martelées systématiquement.

Généralement, le peuple berné par la duplicité de ces manœuvres s’en aperçoit trop tard.

Les Européens goberont-ils encore longtemps les mensonges de ces « maîtres en écologie » qui sévissent maintenant au plus haut niveau pour établir les lois ?

Pour le moment, l’écologie politique s’appuie sur des médias complaisants pour faire croire à sa légitimité. Mais son inconsistance se dévoilera un jour dans le monde réel. Sa volonté tyrannique se consumera alors sur le bûcher des réalités. Mais quand ?

Lorsque les supercheries se révèleront, il sera bien tard et le mal sera fait, et probablement pour longtemps.

Alors, assis sur un monde en ruines, une jeunesse soucieuse regardera à terre les folles illusions d’un monde effondré, car reposant sur du vent et du soleil, en se demandant benoîtement : « comment avons-nous pu en arriver là ? »

Le retour de l’obscurantisme

À l’opposé du siècle des Lumières et de son culte de la technique et du progrès, le XXIe siècle naissant affiche désormais sa défiance de la technique et scrute, derrière chacune de ses avancées, ses inconvénients pour la planète.

Au nom du dieu Nature, ce siècle marque le retour de la culpabilité de l’Homme, néfaste par essence à son environnement. Sa nécessaire contrition est liée au mythe d’une future apocalypse dont il serait responsable.

L’écologie politique brandit à la fois le spectre de la fin du monde et les délices d’un paradis perdu en  manipulant les peurs.

La véritable écologie , c’est-à-dire la protection de l’environnement et l’arrêt du gaspillage des ressources, est une science qui fait appel à la technique, l’industrie, l’économie, ainsi qu’à la recherche.

Mais la politisation de l’écologie, qui fait de la protection de la planète un projet prioritaire de société, doit être redoutée.

L’écologie politique ne doit pas être un fondement des relations sociales car les écologistes ne cherchent pas à résoudre les problèmes humains, sociaux ou économiques. Ils veulent avant tout créer une icône supérieure à l’Homme : la planète. Cette idole sacrée déciderait au-dessus de toute autorité humaine du bien et du mal.

Il ne s’agit donc plus d’un projet républicain mais d’une idéologie religieuse fondée sur un arbitraire, au nom de la sainte quête du développement éco-durable où les véritables scientifiques sont mis au pilori comme falsificateurs aux ordres des industriels.

La défiance du progrès

L’écologie moderne se méfie de la civilisation et de l’industrie. Elle préfère un repli sur elle-même dans lequel l’auto consommation, le retour à la nature primitive et la frugalité deviennent des buts.

Ceux qui s’imaginent encore que l’écologie permettra d’aller vers un monde meilleur sont les dupes de l’histoire. Cette idéologie s’organise pour imposer une réduction du niveau de vie de l’humanité par la contrainte.

Le principal facteur de développement social et de compétitivité de toute économie est le caractère bon marché de l’énergie, et en particulier de l’électricité.

Aujourd’hui, l’écologie politique recherche le pouvoir pour faire de bonnes affaires financières. Elle veut obtenir le soutien financier des États et des… industriels honnis, c’est-à-dire de tous les contribuables et consommateurs, ces vilains pollueurs.

Dans cette optique, elle a besoin d’un système autoritaire qui lui permettra d’imposer sa vision pour, selon elle, le bien de la planète.

Des méthodes sournoises

Les écologistes politiques utilisent des méthodes sournoises aux relents dictatoriaux pour s’imposer au peuple récalcitrant. Pour imprégner les esprits, ils déploient une propagande médiatique tous azimuts afin de radicaliser, fanatiser, discréditer, jeter l’anathème, supprimer et interdire , toujours et encore au nom de la planète.

En poussant le raisonnement jusqu’au bout, le meilleur moyen de diminuer l’empreinte écologique de l’homme sur Terre est de l’exterminer pour le transformer en humus qui nourrira la Nature.

Finalement, se suicider serait bon pour la planète. Un bon humain serait donc un humain mort.

Attention… l’écologie politique est dangereuse pour la démocratie et la liberté !

Ainsi, sous sa vision écologique « ambitieuse » et idéaliste, le gentil Nicolas Hulot , comme dans la chanson de Jacques Dutronc, « a l’air sympa et attirant, mais, mais, mais… faites attention » , c’est un idéologue dangereux !

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    Le risque coronavirus peut-il se transformer en opportunité climatique ?

    news.movim.eu / Contrepoints · Wednesday, 4 March, 2020 - 04:15 · 2 minutes

coronavirus

Par Philippe Charlez, e xpert en questions énergétiques à l’Institut Sapiens.

Depuis une semaine, le coronavirus que l’on croyait à peu près confiné en Extrême-Orient s’est massivement invité en Europe.

L’Italie a d’abord été touchée avec aujourd’hui près de 1000 cas recensés. En France, on a dépassé les 200 cas. D’asiatique, l’épidémie est devenue mondiale. Certains scientifiques annoncent qu’entre 40 % et 70 % de l’humanité pourrait-être infectée ! Et le problème n’est pas que sanitaire.

La peur d’un crash économique

La pandémie fait craindre aux plus pessimistes un crash économique mondial . En une semaine, les places boursières au plus haut ont dévissé. L’économie commence à tourner au ralenti, non seulement sur le plan mondial mais aussi sur le plan national, régional et local. En France, le salon de l’agriculture et le carnaval de Nice ont été écourtés, le marathon de Paris supprimé.

Les rassemblements ont été interdits dans les communes les plus touchées. Les écoles y sont fermées et les parents encouragés à garder leurs enfants à domicile. Quant aux entreprises elles restreignent les longs déplacements et conseillent à leurs salariés le télétravail.

Si l’épidémie s’étend et perdure durant les semaines ou mois à venir, le gouvernement pourrait annuler les élections municipales, imposer la fermeture de nombreux lieux publics (cafés, restaurants, cinémas, théâtres, musées), annuler de grandes manifestations comme les matches de ligue 1 mais aussi le contrôle air/mer/terre des frontières avec une restriction importante du trafic avions/bateaux/camions.

Pour la première fois depuis le Front Populaire, les vacances d’été pourraient-elle être annulées ? Pourrait-on assister à l’absence d’embouteillages entre juilletistes et aoûtiens et à des stations balnéaires vides, à des paquebots restant à quai et des avions cloués au sol ? On peine à l’imaginer et pourtant tout semble aujourd’hui possible, l’épidémie de panique semblant prendre le pas sur la crise sanitaire elle-même.

Les conséquences des restrictions, bénéfique pour le climat ?

L’ensemble de ces restrictions aura deux conséquences majeures.

D’une part une récession économique peut-être sans précédent avec tous les effets imaginables en termes d’accroissement de dette, de pertes d’emplois, de niveau de vie et même de niveau de développement.

Mais de l’autre, les restrictions auront un effet spectaculaire sur les émissions de gaz à effet de serre qui, pour la première fois depuis la crise des subprimes , pourraient baisser de façon significative.

Serions-nous en train de tester « en vraie grandeur » le modèle prôné par certains mouvements écologistes et jeunistes issus du phénomène Greta Thunberg : la réduction des émissions via la décroissance économique ?

Cette expérience inédite devrait avoir certains effets positifs. Montrer d’une part que la décroissance économique, même si elle est une source de réduction de GES, peut-être socialement plus dramatique que les conséquences du réchauffement climatique lui-même. Et d’autre part, inculquer que modifier ses comportements énergétivores pour devenir plus sobre ne signifie pas pour autant renoncer à l’essentiel.

Si tel était le cas, le risque coronavirus se sera transformé en opportunité climatique.

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    Timothée Jaussoin · Thursday, 8 August, 2019 - 21:33

    Cyril Dion : "Si l’on continue comme ça, une partie de notre civilisation risque de s'effondrer" #ecologie #décroissance