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    Élisabeth Borne peut-elle réussir à Matignon là où elle a échoué à la Transition écologique?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 12:47 · 4 minutes

Elisabeth Borne photographiée à l'Élysée le 16 mai, après sa nomination comme cheffe de gouvernement. Elisabeth Borne photographiée à l'Élysée le 16 mai, après sa nomination comme cheffe de gouvernement.

POLITIQUE - “La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas”. Durant l’entre-deux tours à Marseille, le candidat Emmanuel Macron annonçait la couleur: verte. Lui réélu, il mettrait la défense de l’environnement au cœur de son action politique, en donnant le mandat à Matignon de piloter la “planification écologique” . C’est donc à Élisabeth Borne , nommée Première ministre ce lundi 16 mai, que revient cette charge.

Ce qu’elle a évoqué d’emblée, affirmant lors de son premier discours en qualité de cheffe de gouvernement qu’il fallait “agir plus vite et plus fort” face au “défi climatique et écologique”. Son passage au ministère de la Transition écologique faisait d’ailleurs partie des signes qui annonçaient sa nomination, puisqu’il était admis que le chef de l’État cherchait un candidat affichant un profil ”écolo” pour le poste.

Pourtant, son bilan à l’Hôtel de Roquelaure (où elle était en poste de juillet 2019 à juillet 2020) a fait l’objet de critiques. En cause, les difficultés propres à ce ministère compliqué (qui ont poussé Nicolas Hulot à la démission en 2018) qui ont fortement limité ses marges de manœuvre.

Arbitrages défavorables face à Bruno Le Maire

Le recul de deux ans de l’interdiction du glyphosate? C’est sous Élisabeth Borne qu’il a été acté. La baisse du budget alloué à la rénovation énergétique? Sous Élisabeth Borne. Le courroux du Conseil d’État contre le gouvernement au sujet de la baisse (insuffisante) de la pollution de l’air? C’est (aussi) sous Élisabeth Borne. Entre 2018 et 2019, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 0,9%. Insuffisant pour tenir la trajectoire... fixée par le gouvernement. Des difficultés expliquées à cette époque par son incapacité à gagner des arbitrages face à Bercy, avec la bénédiction du Premier ministre d’alors.

“Elle était à la Transition écologique sous Édouard Philippe, ce n’était pas facile. L’écologie, ce n’était pas vraiment son truc”, souffle au HuffPost un conseiller ministériel, rappelant que le maire du Havre a un temps officié comme lobbyiste pour le groupe nucléaire Areva. “C’était compliqué pour elle de peser face à Bruno Le Maire. Elle s’est retrouvée dans des contradictions qui montrent bien que l’on reste dans la politique des petits pas, comme l’avait dénoncé Nicolas Hulot. Elle a fait ce qu’elle a pu”, analysait à cette époque Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, cité par Le Monde .

Un bilan contrebalancé par son passage au ministère des Transports, au cours duquel elle a lancé le “ plan vélo ” en décembre 2017. “Quand on sait que 75% des déplacements font moins de 5 km, il faut arrêter de regarder le vélo avec condescendance en considérant que c’est un sujet mineur”, avait-elle déclaré en clôture des Assises nationales de la mobilité. Trois ans plus tard, alors au ministère de la Transition écologique, Élisabeth Borne triplait le budget de ce plan, perçu par certains acteurs comme une réussite.

Le boulet de l’inflation

Désormais cheffe du (futur) gouvernement, Élisabeth Borne peut-elle désormais réellement aller “plus fort et plus vite” vers la transition écologique? “La différence maintenant, c’est qu’elle est Première ministre. C’est elle qui aura des arbitrages à donner”, veut croire une source ministérielle, précisant que l’intéressée “connaît, comme Jean Castex, la machine de l’État sur le bout des doigts, ce qui lui confère une bonne marge de manœuvre sur la conduite des politiques publiques et qui lui permettra d’agir à différentes échelles”.

En outre, elle aura à conduire une équipe gouvernementale qui devrait compter de nouveaux ministères aux périmètres justement redéfinis pour intégrer la dimension écolo dans leurs politiques, dont deux qui lui spécialement rattachés. Une position stratégique qui lui donnerait donc toutes les cartes pour aller plus loin que lors de son passage à la Transition écologique.

À la condition que le chef de l’État la soutienne pleinement, dans un contexte économique fragilisé par la crise sanitaire et la guerre en Ukraine. “Elle va mécaniquement être tiraillée entre la maîtrise de l’inflation et l’investissement dans l’écologie. Ça risque donc de bagarrer fort avec Bercy. Si Macron pousse pour la planification écologique avec la foi des convertis, ça peut le faire. Dans le cas inverse, ça s’annonce compliqué pour elle sur ce sujet”, note un conseiller.

Si Élisabeth Borne est désormais libérée des contraintes (lourdes) qui pèsent sur un ministre de la Transition écologique, elle devrait rester toutefois confrontée à des impératifs qui devraient limiter, encore, ses marges de manœuvre. Jusqu’à quel point? Tout dépendra de l’ambition du président de la République en termes de “planification écologique”. Laquelle reste particulièrement floue à ce stade.

À voir également sur Le HuffPost: Les 3 questions que soulève la nomination d’Élisabeth Borne à Matignon

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    Élisabeth Borne face au défi d'une "planification écologique" encore floue

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 04:15 · 3 minutes

ENVIRONNEMENT - C’est officiel, Élisabeth Borne a été nommée Première ministre par Emmanuel Macron ce lundi 16 mai. Sa première tâche sera donc de former un nouveau gouvernement dans lequel deux nouveaux ministres délégués devraient faire leur apparition: l’un chargé de la planification énergétique, l’autre de la planification écologique territoriale.

Deux ministres pour l’environnement, c’est une première. Mais plus globalement, Élisabeth Borne sera chargée de la “ planification écologique ”. Expression empruntée à Jean-Luc Mélenchon , c’était l’une des promesses d’Emmanuel Macron lors de l’entre-deux-tours. Une mission qui comprend de nombreux défis, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en haut de l’article.

Un premier quinquennat mitigé

En ligne de mire: la neutralité carbone à atteindre d’ici à 2050 et inscrite dans la “ Stratégie nationale bas carbone ” (SNBC). Elle comprend plusieurs objectifs :

  • Décarboner complètement l’énergie à l’horizon 2050 notamment grâce au renouvelable
  • Réduire de moitié les consommations d’énergie avec
    • des équipements plus efficaces
    • des modes de vie plus sobres (ex : prendre votre vélo si vous habitez en ville)
  • Réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre
    • du secteur agricole (-46% par rapport à 2015)
    • du secteur industriel (-81% par rapport à 2015)
  • Permettre l’absorption des gaz à effet de serre
    • en limitant l’artificialisation des sols
    • en développant nos forêts
    • en ayant recours à des technologies de capture et stockage du carbone

Le problème c’est que lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, les politiques publiques mises en place n’ont pas été à la hauteur. Dans son rapport de juin 2021 , le Haut Conseil pour le Climat “constate une amélioration mitigée du rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre et du suivi des politiques publiques. Ces dernières sont encore insuffisamment alignées sur la trajectoire de réduction des émissions prévue par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), alors que les objectifs européens vont demander un rehaussement des efforts au niveau national.”

Pour Benoît Leguet, directeur général de l’Institut économique pour le climat (I4CE), “il va falloir répondre à cette question très concrète: comment les Français vivent-ils dans une France neutre en carbone et adaptée au changement climatique ? Ce n’est pas le seul ministère de la Transition écologique qui doit être en charge de la planification écologique, c‘est l’ensemble de ministères: Finances, Agriculture, Logement, etc.”

La planification écologique au cœur du nouveau gouvernement

Afin de respecter les objectifs de la SNBC, Emmanuel Macron veut changer de stratégie pour ce nouveau quinquennat . C’est pour cette raison que la nouvelle Première ministre sera en charge de la planification écologique. Le problème, c’est que l’on ne connaît pas encore les enjeux précis qui seront définis par le nouveau gouvernement. Par ailleurs, durant la campagne présidentielle, le Shift Project avait analysé le programme du candidat Macron et si celui-ci va dans le bon sens, les promesses faites restent floues, notamment concernant leur financement permettant d’atteindre les objectifs fixés.

“Il faut agir plus vite et plus fort” face au “défi climatique et écologique”, a d’ailleurs reconnu Elisabeth Borne dans son allocution de Première ministre à l’issue de la passation de pouvoir avec Emmanuel Macron. C’est désormais sa mission.

À voir également sur Le HuffPost: “Un certain malaise démocratique”: les mots de Fabius à Emmanuel Macron

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    Élisabeth Borne Première ministre, trois questions que soulève sa nomination

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 18:31 · 1 minute

POLITIQUE - Il y a une nouvelle cheffe à Matignon. Élisabeth Borne a été nommée, ce lundi 16 mai, Première ministre. Elle remplace ainsi Jean Castex et va désormais s’atteler à la composition de son gouvernement avec Emmanuel Macron.

C’est une demie-surprise tant l’énarque de 61 ans au CV prestigieux coche toutes les cases que le chef de l’État a définies avant son élection: fibre sociale, productive et écologique. Il n’empêche, ce choix, attendu - et très rapidement décrié par la gauche -, soulève plusieurs questions, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article .

Élisabeth Borne, qui n’a jamais été élue -comme Dominique de Villepin, avant, elle- remportera-t-elle son premier combat électoral lors des législatives (elle est candidate dans le Calvados)? Quel sera son rôle dans la majorité et son attitude à l’Assemblée nationale, elle qui est plus habituée des négociations feutrées loin des caméras? Sera-t-elle la boussole qui permet un coup de barre à gauche? “L’enfer de Matignon” commence maintenant.

À voir également sur Le HuffPost: De 1986 à 2002, trois anecdotes de cohabitation racontées par un historien

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    Élisabeth Borne Première ministre, cinq choses à savoir sur elle

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 16:28 · 5 minutes

L'ancienne ministre du Travail, Elisabeth Borne, le 4 mai 2022. L'ancienne ministre du Travail, Elisabeth Borne, le 4 mai 2022.

POLITIQUE - Élisabeth Borne, dans le mille. Emmanuel Macron vient de nommer, ce lundi 16 mai, son ancienne ministre du Travail à Matignon. Élisabeth Borne succède à Jean Castex et va désormais s’atteler à la composition de son futur gouvernement.

À 61 ans, elle devient, ainsi, la deuxième femme à occuper le poste après Édith Cresson en 1991 et ajoute une nouvelle ligne, prestigieuse, à son CV déjà conséquent. Haute-fonctionnaire au profil d’ingénieur, Élisabeth Borne est passée, sous le premier quinquennat Macron, des Transports -pour mener à bien la réforme de la SNCF- à la Transition écologique -pour préparer la Convention Citoyenne sur le Climat- avant de reprendre en main le dossier explosif, mais avorté, des retraites.

Une carrière qui ne se résume pas, malgré tout, à ces différents postes. Avant d’officier sous Édouard Philippe et Jean Castex, la sexagénaire a dirigé la RATP, conseillé Lionel Jospin, ou occupé le poste de préfète de la région Poitou-Charentes. Retour sur la carrière de la nouvelle femme forte de la Macronie.

1. Elle est “pupille de la nation”

C’est Élisabeth Borne elle-même qui l’a révélé sur le plateau de Cyril Hanouna, sur C8, le 21 mai dernier, lors d’une émission baptisée “Un jeune, une solution”, du nom de la politique gouvernementale. Invitée à s’exprimer sur son passé par l’animateur, la ministre du Travail dit être pupille de la Nation depuis le décès de son père quand elle avait 11 ans. En France, ce statut est attribué par l’État aux enfants mineurs dont un des parents a été blessé ou tué lors d’une guerre, d’un attentat terroriste ou en rendant certains services publics.

“Ça n’a pas été toujours simple. Moi j’ai perdu mon père quand j’étais très jeune, donc on s’est retrouvé avec ma mère, qui avait deux filles et qui n’avait pas vraiment de revenus”, a-t-elle expliqué au cours de cette émission censée promouvoir l’emploi des jeunes, avant d’expliquer qu’elle a “pu faire” ses études grâce à la bourse obtenue avec ce statut de pupille de la nation.

2. Elle a été la dir’cab de Ségolène Royal

Diplômée de l’École polytechnique, corps des Ponts et Chaussées, Elisabeth Borne commence son parcours dans les arcanes du pouvoir à la fin des années 1980. Elle entre en 1987 au ministère de l’Equipement (participe, par exemple, au lancement du projet de la ligne 14 du métro parisien), avant de devenir conseillère au ministère de l’Éducation nationale auprès de Jack Lang à partir de 1990.

Femme se revendiquant de gauche mais non-encartée, elle entre ensuite au cabinet de Lionel Jospin, en 1997, quand celui-ci est Premier ministre de Jacques Chirac. Elle deviendra, enfin, la directrice du cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’Écologie entre 2014 et 2015... pour finalement passer de l’ombre la lumière deux ans plus tard.

3. Elle était surnommée “Burn-Out” à la RATP

Réputée rigoureuse ou bourreau de travail, Elisabeth Borne est parfois dépeinte comme une femme sévère dans son management. Dans les ministères, comme dans ses fonctions antérieures, à la tête de la RATP par exemple, entre 2015 et 2017. “Elle ne mesure pas toujours que tout le monde n’a pas les mêmes capacités”, expliquait l’un de ses proches, dans Libération , en 2018 pour qui “les fonctions qu’elle a occupées génèrent du stress” et “cela peut déborder sur les équipes.”

A tel point que l’ancienne préfète (de Poitou-Charentes et de la Vienne en 2013) aurait glané un sobriquet peu glorieux au fil de ces années. “A la RATP, on en connaît plus d’un qui sont sortis de son bureau en larmes”, explique un “bon connaisseur” de l’entreprise publique, dans un portrait que Le Monde consacre à la ministre en 2017 qui l’affirme: “Elle y était surnommée ‘Burn-Out’”.

Un état d’esprit que l’Opinion résume en ces termes en avril 2021: “Entre le management inclusif et le ‘qui peut me suive’, Borne a choisi.”

4. Elle aime les traversées du désert

Dans cet esprit, la ministre ne s’accorde que peu de temps libre à en croire les différents récits et confessions publiées dans la presse. “Temps libre... un concept intéressant”, répond-elle à Libé , en janvier 2018, dans un sourire, pour montrer son omniprésence à la tâche. On en sait, malgré tout, un peu plus sur les loisirs de la sexagénaire.

Elle affirme, par exemple, être une adepte de la lecture, de romans plutôt, avec “avec un faible pour le Finlandais Arto Paasilinna et Sorj Chalandon”, détaille Le Monde dans son portrait de 2017, après l’avoir rencontrée . Mais selon le quotidien du soir, elle trouve son vrai “ressourcement” dans les “longues randonnées en plein désert.” Au Maroc ou en Jordanie, par exemple.

5. Elle enfreint le règlement du Parlement

Loin de la Jordanie, Elisabeth Borne a surtout passé du temps dans les ministères et au Parlement lors de ces cinq dernières années. Et il n’était pas rare de la voir vapoter... souvent sous son masque, en plein hémicycle. Au point d’attirer l’attention de l’émission Quotidien , sur TMC, et de crisper certains élus d’opposition.

En théorie, Elisabeth Borne, comme tout le monde, n’a pas le droit d’utiliser sa cigarette électronique sur les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif. Cette interdiction est explicitée dans l’article L3513-6 du code de la santé public et l’Assemblée nationale comme le Sénat ne font pas exception. Contactées par Libération en février dernier, les deux institutions confirment qu’il est “interdit de fumer dans l’hémicycle, l’interdiction s’appliquant à la cigarette électronique”.

À voir également sur Le HuffPost: Jean-Luc Mélenchon se voyait déjà gagner les législatives en 2017

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    Élisabeth Borne nommée Première ministre

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 16:19 · 1 minute

Élisabeth Borne remplace Jean Castex comme Première ministre. Ancienne ministre du Travail Élisabeth Borne remplace Jean Castex comme Première ministre. Ancienne ministre du Travail

POLITIQUE - Trois ministères en cinq ans et, finalement, Matignon. Élisabeth Borne succède ce lundi 16 mai à Jean Castex au poste de cheffe de gouvernement . Elle devient la deuxième femme de la Ve République à accéder à ce poste, trente ans après Édith Cresson .

La nomination d’Élisabeth Borne, pressentie depuis plusieurs semaines, a été officialisée par un communiqué de l’Élysée, dans la foulée de la démission de Jea Castex. La passation de pouvoir entre les deux est prévue à Matignon en début de soirée. Élisabeth Borne devra ensuite former son gouvernement , une tâche toujours délicate.

Membre du parti Territoires de Progrès, la future cheffe du gouvernement remplit plusieurs des critères fixés par Emmanuel Macron: passée par les cabinets de Lionel Jospin et Ségolène Royal , elle fait partie de la gauche de la majorité présidentielle. Entrée au gouvernement dès 2017, elle est passée  par le ministère des Transports, du Travail mais aussi de la Transition Écologique. Ce qui lui donne, aux yeux de la Macronie, la crédibilité suffisante pour mener la priorité du quinquennat Macron II.

Plus d’informations à venir...

À voir également sur Le HuffPost: De 1986 à 2002, trois anecdotes de cohabitation racontées par un historien

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    Jean Castex a démissionné, un nouveau Premier ministre attendu

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 15:07 · 2 minutes

Entré à Matignon le 3 juillet 2020, Jean Castex quitte ses fonctions de Premier ministre. Entré à Matignon le 3 juillet 2020, Jean Castex quitte ses fonctions de Premier ministre.

POLITIQUE - Au revoir, monsieur le Premier ministre. Ce lundi 16 mai, après un an, dix mois et une dizaine de jours passés à Matignon , Jean Castex a remis sa démission et celle du gouvernement au président de la République réélu Emmanuel Macron, qui l’a acceptée.

Jean Castex quitte officiellement ses fonctions sans que l’on connaisse pour l’instant le nom de son ou sa successeur. Trois semaines après sa réélection et alors que sa cérémonie d’investiture a déjà eu lieu, Emmanuel Macron fait durer le suspense, bien qu’il a déclaré le 9 mai depuis Berlin avoir fait son choix.

Jean Castex, qui voulait démissionner rapidement en cas de victoire d’Emmanuel Macron , a donc été Premier ministre jusqu’aux derniers instants (et même un peu plus) du premier quinquennat qui s’est achevé vendredi 13 mai. “N’oubliez jamais que nous ne sommes que des serviteurs! L’action politique est une action collective. Les ambitions sont légitimes, mais elles ne valent que si elles sont au service du collectif”, avait-il dit, selon un participant, lors de ses adieux aux ministres qui lui ont offert une ovation debout et un maillot de rugby.

Retour au calme pour Castex après Matignon

Le destin de Jean Castex, jusqu’alors maire de Prades (Pyrénées-Atlantiques) et inconnu du grand public, a pris un tournant national lors de la crise du coronavirus. Il a d’abord été le “monsieur Déconfinement” du gouvernement, avant d’accéder à Matignon en juillet 2020, en remplacement d’Édouard Philippe.

Son séjour à l’hôtel de Matignon aura été en grande partie marqué par la crise sanitaire, avec des apparitions télévisées régulières en début de soirée pour faire le point sur la situation et annoncer de bonnes ou de moins bonnes nouvelle. “Je sais que pour beaucoup de Français, je resterai associé à cela. J’ai essayé de prendre les meilleures décisions possibles, sans jamais mentir”, a-t-il confié au Parisien la veille de son départ.

Et ensuite? Désormais libéré du poids du gouvernement, Jean Castex n’a manifesté à ce stade aucune ambition politique. Il n’a pas souhaité être candidat aux élections législatives de juin, et n’aurait pas non plus d’ambitions pour les sénatoriales à venir. Dans les colonnes du quotidien, il explique “aspirer à faire un pas de côté par rapport à la vie politique nationale, à faire de la politique autrement”. Et dans l’immédiat, ce sera un retour tranquille au bercail: “Je vais retourner dans mes Pyrénées, il faut que je repeigne mes volets et ma rambarde qui ont pris un coup pendant deux ans”, s’amuse le Premier ministre.

À voir également sur Le HuffPost: Pour son dernier conseil des ministres, Emmanuel Macron a tenu à remercier Jean Castex

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    Remaniement: Castex va démissionner... mais après quelle longévité?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 10:53 · 3 minutes

Comparez la longévité de Castex à Matignon avec celle de ses prédécesseurs Comparez la longévité de Castex à Matignon avec celle de ses prédécesseurs

POLITIQUE - Au football, on serait dans le temps additionnel de la prolongation. Jean Castex s’apprête à remettre sa démission à Emmanuel Macron , en ce début de semaine, pour permettre au président de la République de nommer son successeur à Matignon ... et débuter, réellement, son deuxième mandat.

“C’est une nouvelle ère qui s’ouvre”, commente celui qui s’est auto-proclamé “Premier ministre de l’intendance” après 20 mois passés dans les habits de chef du gouvernement. Avant que tous les regards se portent sur l’Élysée, et le futur homme fort ou la future femme forte de la Macronie, retour, en graphique, sur le passage de Jean Castex au 57 rue de Varennes.

Jean Castex sur les talons de Jean-Marc Ayrault

L’énarque de 56 ans sera resté à Matignon pendant 681 jours. Ou 682 si le suspense venait à durer jusqu’à mardi. Une longévité, d’un peu moins de deux ans, qui le classe dans le dernier tiers du classement des anciens Premiers ministres, comme vous pouvez le voir ci-dessous. Il fait un peu mieux que Laurent Fabius (entre 84 et 86) mais moins bien (pour quatre jours) que Jean-Marc Ayrault, le premier chef du gouvernement sous François Hollande.

C’est Georges Pompidou et (dans une moindre mesure) François Fillon qui caracolent en tête. Le premier est resté plus de six ans (2279 jours) à son poste, quand le second peut se targuer d’avoir tenu les rênes de Matignon pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Au fond du classement, ce sont les socialistes qui brillent par la brièveté de leu passage. Bernard Cazeneuve détient le record du Premier ministre le plus éphémère avec 160 jours passés à Matignon. Celui qui avait remplacé (fin 2016) un Manuel Valls en partance pour la primaire du PS, est dépassé, de peu, par Edith Cresson.

Elle est la seule à avoir occupé la fonction. Nommée en 1991 par François Mitterrand, elle este 323 jours à son poste, soit moins d’un an, avant de faire les frais des mauvais résultats du PS aux élections intermédiaires et de son impopularité grandissante.

Une femme attendue

Trente ans plus tard, c’est donc une femme qui est attendue à Matignon; cette hypothèse souhaitée par 74% des Français (sondage Ifop pour Le JDD du 15 mai) a été confirmée ce lundi par François Bayrou ce franceinfo Si c’est le cas, Edith Cresson lui souhaite “beaucoup de courage” avec une classe politique “machiste”.

Après ceux de la ministre du Travail Elisabeth Borne et de l’ex-ministre de la Santé Marisol Touraine, le nom qui revient avec insistance est celui de Catherine Vautrin, ancienne ministre de la Cohésion sociale de Jacques Chirac, qui avait apporté son soutien à Emmanuel Macron avant le 1er tour de la présidentielle.

Pointe aussi le nom de la vice-présidente du Sénat Valérie Létard, estampillée “bébé Borloo” pour avoir débuté en politique à Valenciennes au coté du centriste Jean-Louis Borloo, avant d’être secrétaire d’Etat chargée des technologies vertes dans son ministère de l’Ecologie de 2009 à 2010, au sein du gouvernement Fillon.

Le choix est d’autant plus attendu qu’il viendra confirmer ou non l’orientation qu’entend se donner le chef de l’Etat, qui a promis de tenir compte de la colère exprimée par de nombreux Français pendant la crise des “gilets jaunes” et lors de l’élection présidentielle, et de changer de méthode.

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    Une femme Première ministre? Édith Cresson lui souhaite "bien du courage"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 4 days ago - 08:13 · 2 minutes

Édith Cresson photographiée aux Invalides en octobre 2021, lors de l'hommage à Hubert Germain (illustration) Édith Cresson photographiée aux Invalides en octobre 2021, lors de l'hommage à Hubert Germain (illustration)

POLITIQUE - “Ce n’est pas le pays qui est machiste: c’est sa classe politique”. Dans une interview accordée ce dimanche 15 mai au JDD , l’ancienne Première ministre, Édith Cresson, évoque l’hypothèse qui circule concernant la nomination d’une femme à Matignon en remplacement de Jean Castex .

“Le fait qu’il n’y ait qu’en France que la question” se pose de nommer une cheffe de gouvernement est ”à mes yeux scandaleux”, dénonce Édith Cresson , restée moins de 11 mois à ce poste, de mai 1991 à avril 1992, durant le second septennat de François Mitterrand.

“L’a-t-on posée au Royaume-Uni, où Margaret Thatcher a exercé le pouvoir pendant onze ans? En Allemagne où Angela Merkel a été chancelière pendant seize ans? Jamais. Pareil pour le Portugal où une femme avait été nommée Première ministre bien longtemps avant moi…”, souligne-t-elle.

“On faisait des commentaires sur ma tenue vestimentaire”

Selon l’ancienne locataire de Matignon, “ce n’est pas le pays qui est machiste: c’est sa classe politique. Ce sont les mêmes attaques qu’aujourd’hui. On me prêtait des propos que je n’avais jamais tenus, on me lançait des critiques permanentes, on faisait des commentaires sur ma tenue vestimentaire”, raconte l’ancienne dirigeante socialiste.

“On a même écrit un jour que mes bas étaient filés alors que j’ai une cicatrice sur la jambe due à un accident! On ne se permettrait jamais la même chose, les mêmes commentaires, sur la tenue des hommes politiques. Alors que quand on parle des femmes, on parle sans se gêner de leurs vêtements ou de leur physique”, dénonce l’ex-cheffe du gouvernement, quatre fois ministre auparavant.

“Le poste de Premier ministre est un poste très difficile, en tout état de cause, mais les difficultés sont accrues par le fait que le chef du gouvernement est une femme. Car les attaques compliquent encore plus la situation politique”, insiste Édith Cresson. Si une femme est nommée à Matignon, “je ne donnerai aucun conseil. Je lui dis simplement qu’il lui faudra beaucoup de courage”, conclut-elle.

La démission du gouvernement de Jean Castex doit intervenir en début de semaine prochaine, selon des membres de la majorité. Le futur chef du gouvernement serait a priori une femme, selon des confidences de proches du président Emmanuel Macron.

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