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    Haïti: démission de l'émissaire américain pour dénoncer l'expulsions de migrants

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 23 September - 15:34 · 3 minutes

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HAÏTI - L’émissaire américain en Haïti Daniel Foote a démissionné, dénonçant dans une lettre cinglante les expulsions “inhumaines” par les États-Unis de milliers de migrants haïtiens vers leur pays en proie à la terreur des gangs armés.

“Je ne m’associerai pas à la décision inhumaine et c ontre-productive des États-Unis d’expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d’immigrants illégaux en Haïti, un pays où nos fonctionnaires sont confinés dans des complexes sécurisés en raison du danger que représentent les gangs armés contrôlant la vie quotidienne”, assène Daniel Foote dans sa lettre de démission datée de mercredi 22 septembre et adressée au secrétaire d’État Antony Blinken.

Une approche politique “profondément défectueuse”

“Notre approche politique en Haïti reste profondément défectueuse et mes recommandations ont été ignorées et rejetées, lorsqu’elles n’ont pas modifiées”, dénonce également Daniel Foote dans sa missive.

“Nous remercions l’émissaire spécial Foote pour son engagement pour le pays et pour le peuple d’Haïti”, a réagi le département d’État, sollicité par l’AFP.

Daniel Foote cherchait à étendre son pouvoir de décision sur la politique des États-Unis en Haïti, et l’administration Biden a décidé qu’il n’était pas approprié de lui donner autant de latitude, a également réagi un haut responsable sous couvert d’anonymat.

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart des Haïtiens, s’entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula (frontière sud avec le Guatemala) et de Ciudad Acuña (nord, à la frontière du Texas), où ils vivent sous la chaleur et dans l’insalubrité.

Fuyant la pauvreté et le chaos, ils cherchent refuge aux États-Unis , pour nombre d’entre eux après avoir traversé une douzaine de pays comme le Panama et la Colombie, où quelque 19.000 migrants, également en majorité Haïtiens, sont bloqués à la frontière.

15.000 migrants rassemblés sous un pont au Texas

Les États-Unis avaient suspendu les expulsions de migrants haïtiens en situation irrégulière après le séisme qui avait ravagé la moitié sud d’Haïti le 14 août, mais le regroupement en quelques jours de plus de 15.000 migrants, sous un pont au Texas, a changé la donne.

Depuis dimanche, les services migratoires américains ont déjà affrété 12 vols pour renvoyer plus de 1400 personnes dont plusieurs centaines d’enfants, dans la capitale Port-au-Prince et Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays.

Daniel Foote avait été nommé le 22 juillet avec pour objectif de “faciliter la paix et la stabilité” et la tenue d’élections “libres et justes” après l’assassinat du président Jovenel Moïse, tué dans sa résidence privée par un commando armé le 7 juillet.

Sa démission constitue un nouveau coup dur pour Joe Biden, après ses difficultés parlementaires et l’Afghanistan: sa politique d’expulsions massives de migrants haïtiens vers leur pays en plein chaos sécuritaire se voit ainsi critiquée -avec des mots durs- par son propre émissaire.

Joe Biden exclut l’envoie de militaires en Haïti

Dans une rare critique, le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer avait aussi exhorté mardi Joe Biden à mettre fin immédiatement aux expulsions qualifiées d’“ignobles”.

“Une telle décision va à l’encontre du sens commun” et de “la décence”, s’est-il insurgé, en soulignant que les conditions difficiles à Haïti faisaient que le pays ne pouvait “pas les recevoir”.

Les États-Unis sont l’une des principales puissances susceptibles d’exercer une influence sur Haïti, pays qu’ils ont occupé militairement pendant 19 ans, de 1915 à 1934. Mais le président Joe Biden a exclu tout envoi de militaires américains, malgré la demande en ce sens du gouvernement haïtien qui souhaitait des troupes pour sécuriser le pays caribéen.

À voir également sur Le HuffPost: Haïti sombre dans le chaos, entre maisons détruites et hôpitaux débordés

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    Un juge ordonne aux États-Unis de suspendre le refoulement des familles de migrants

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 17 September - 09:59 · 1 minute

Un juge ordonne aux États-Unis de suspendre le refoulement des familles de migrants (Photo prise à San Luiz en Arizona à la frontière avec le Mexique où des migrants ont été interpellés alors qu

ÉTATS-UNIS - Un juge fédéral a ordonné jeudi 17 septembre au gouvernement américain de suspendre le refoulement immédiat des familles de migrants interpellées à la frontière sous couvert de lutte contre le Covid-19.

Le magistrat Emmet Sullivan, qui a donné 14 jours aux autorités pour se plier à sa décision, a estimé qu’il existait suffisamment de mesures alternatives pour limiter la propagation du virus.

“Considérant la grande disponibilité des tests, des vaccins et d’autres mesures sanitaires, la Cour n’est pas convaincue que la transmission du Covid-19 lors des procédures à la frontière ne puisse pas être contenue”, a-t-il écrit dans son arrêt long d’une cinquantaine de pages.

Une “politique cruelle et illégale”

Au début de la pandémie, le gouvernement du républicain Donald Trump avait invoqué une règle sanitaire pour ordonner d’expulser tous les migrants entrés clandestinement aux États-Unis.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, le démocrate Joe Biden a suspendu la pratique pour les mineurs isolés, tout en continuant à refouler les familles et les adultes au grand dam des associations de défense des migrants, qui ont salué jeudi la décision du juge Sullivan.

“Il y a longtemps que le président Biden aurait dû mettre un terme à cette politique cruelle et illégale et le tribunal a raison de la rejeter aujourd’hui”, a notamment commenté Omar Jadwat de l’organisation de défense des droits humains ACLU.

200.000 arrestations à la frontière sud en août

Il est toutefois probable que le gouvernement, confronté à des flux migratoires historiques à la frontière avec le Mexique, fasse appel.

Plus de 200.000 arrestations ont encore eu lieu en août à la frontière sud, dont 86.000 migrants voyageant en famille, selon les derniers chiffres officiels. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis une vingtaine d’années.

L’opposition républicaine accuse depuis des mois le président Biden d’avoir provoqué une “crise migratoire” en assouplissant les mesures de son prédécesseur.

À voir également sur Le HuffPost: À 24 ans, elle secourt des migrants en Méditerranée et dénonce ceux qui “s’en fichent”

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    Plus de 600 étrangers radicalisés expulsés depuis 2018, annonce Schiappa

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 5 September - 12:47 · 1 minute

French Junior Minister of Citizenship Marlene Schiappa, wearing a protective face mask, speaks a news conference after the weekly cabinet meeting discussions over a bill to fight what Macron has called Islamist separatism at the Elysee Palace in Paris, France, December 9, 2020. REUTERS/Charles Platiau/Pool

EXPULSIONS - Un peu plus de 600 étrangers en situation irrégulière et soupçonnés de radicalisation ont été expulsés depuis 2018, a indiqué ce dimanche 5 septembre le ministère de l’Intérieur.

“Six cents personnes étrangères connues pour radicalisation ont été expulsées”, a déclaré Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, invitée de l’émission Le Grand Rendez-Vous (Cnews, Europe 1,Les Echos).

Interrogé, le ministère de l’Intérieur a précisé que, depuis 2018, 636 personnes en situation irrégulière, qui figuraient au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), n’étaient plus sur le territoire national, la grande majorité ayant été expulsées.

Entre 1000 et 1500 personnes expulsées par an

Marlène Schiappa était interrogée sur les propos de Valérie Pécresse dans le JDD réclamant de “réactiver (la) politique d’expulsion en urgence absolue pour menace de troubles à l’ordre public” menée dans les années 1980. Durant cette période, “nous expulsions entre  1000 et 1500 personnes par an”, dit-elle dans cet entretien.

“Un travail est mené sur ce sujet”, a souligné Marlène Schiappa, rappelant la “tournée dans les pays-tiers” des ministres des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et de l’Intérieur Gérald Darmanin pour obtenir des laisser-passer consulaires permettant les expulsions.

En novembre 2020, Gérald Darmanin avait déclaré qu’au total, “plus de 450” étrangers en situation irrégulière, inscrits au FSPRT avaient été expulsés de France depuis le début du quinquennat.

À voir également sur Le HuffPost: Voile, sorties scolaires, radicalisation: deux sénatrices débattent

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    Afghanistan: la France a suspendu les expulsions de migrants depuis juillet

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 12 August - 10:47

Un taliban garde l

AFGHANISTAN - La France a annoncé ce jeudi 12 août avoir suspendu dès début juillet les expulsions des migrants afghans déboutés de leur demande d’asile vers leur pays d’origine en raison des combats entre talibans et forces pro-gouvernementales , a indiqué à l’AFP le ministère de l’Intérieur.

“Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire en Afghanistan , la France a suspendu les éloignements vers ce pays depuis le début du mois de juillet. Nous suivons l’évolution de la situation de près, en lien avec nos partenaires européens”, déclare le ministère, au lendemain d’une annonce similaire de l’Allemagne et des Pays-Bas.

>> Plus d’informations à venir...

À voir également sur Le HuffPost: En Afghanistan, les talibans s’emparent de plusieurs grandes villes

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    Aux États-Unis, nouveau sursis pour les locataires menacés d'expulsion

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 4 August - 07:57 · 2 minutes

Aux États-Unis, nouveau sursis pour les locataires menacés d

ÉTATS-UNIS - Sous pression de l’aile gauche des démocrates, les autorités sanitaires américaines ont décrété mardi 4 août un nouveau moratoire sur les expulsions de locataires jusqu’en octobre, en s’appuyant sur les risques pour la santé publique en pleine pandémie de Covid-19.

“L’émergence du variant Delta a mené à l’accélération rapide des contaminations aux États-Unis, plaçant plus d’Américains en plus grand danger, surtout s’ils ne sont pas vaccinés”, a écrit la directrice des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique des Etats-Unis, Rochelle Walensky.

“Ce moratoire est la bonne chose à faire pour que les gens restent chez eux et pas dans des lieux de rassemblement où le Covid-19 se propage”, a-t-elle expliqué. Ce moratoire s’étendra jusqu’au 3 octobre.

Gagner du temps

Même s’il risque d’être contesté en justice, il “laissera probablement du temps supplémentaire” pour verser aux locataires des fonds alloués dès février par le Congrès pour les aider à payer leurs loyers, a espéré le président Joe Biden depuis la Maison Blanche.

Des raisons de bureaucratie, notamment, ralentissent considérablement ces versements. Seuls 3 milliards de dollars ont ainsi été distribués aux locataires en difficultés, sur une enveloppe totale de 46 milliards de dollars, dont 25 milliards ont déjà été envoyés aux États et collectivités locales.

Un précédent moratoire mis en place en septembre 2020 par les CDC avait expiré le 31 juillet. Une décision de la Cour suprême en juin avait stipulé qu’une reconduction devrait être adoptée par le Congrès, et non plus décidée par les CDC.

“Aujourd’hui, notre mouvement a déplacé des montagnes”

La colère contre le président, accusé de ne pas avoir trouvé de solution à temps, grondait depuis des jours dans l’aile gauche du parti démocrate.

Une élue de la Chambre, Cori Bush, qui a elle-même été sans-abri, campait devant le Capitole, siège du Congrès à Washington, depuis vendredi en appelant le Congrès et la Maison Blanche à agir sans plus attendre tandis que 11 millions de personnes étaient menacées d’expulsions.

“Vendredi soir, je suis venu au Capitole avec ma chaise. J’ai refusé d’accepter que le Congrès puisse partir en vacances alors que 11 millions de personnes risquaient d’être expulsées. Depuis 5 jours, nous sommes ici, exigeant que notre gouvernement agisse pour sauver des vies. Aujourd’hui, notre mouvement a déplacé des montagnes”, a tweeté Cori Bush mardi, en accueillant la nouvelle du nouveau moratoire sur les marches du Capitole, accompagnée notamment par la jeune élue Alexandria Ocasio-Cortez.

À voir également sur Le HuffPost: Surprise par le feu en Turquie, cette journaliste interrompt son direct à la télévision

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    Macron demande un tour de vis sur l'expulsion des étrangers irréguliers

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 10 June, 2021 - 06:06 · 3 minutes

Macron demande un tour de vis sur l

POLITIQUE - Emmanuel Macron a réuni mercredi 9 juin plusieurs ministres pour réclamer une meilleure efficacité des expulsions d’étrangers en situation irrégulière, encore mal appliquées, alors que l’exécutif s’attend à un afflux d’arrivées post-Covid, a indiqué l’Élysée.

Cette réunion s’est déroulée en présence du Premier ministre Jean Castex et des ministres Gérald Darmanin (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères) et une représentante du Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti.

“Les demandes d’asile sont de plus en plus détournées: les étrangers demandent systématiquement l’asile en sachant que l’examen de leur dossier dure plusieurs mois et qu’ils sont pris en charge de manière très avantageuse”, a commenté un conseiller. “Or, le taux d’acceptabilité de l’immigration dans notre pays est de plus en plus bas”, a-t-il relevé.

Aussi, le chef de l’État a-t-il demandé aux ministres “d’activer de manière volontariste les dispositifs en vigueur” et d’intensifier les négociations avec les pays d’origine pour qu’ils acceptent le retour de davantage de leurs ressortissants.

Sur environ 120.000 demandeurs d’asile par an, 20.000 obtiennent le statut de réfugiés, 20.000 repartent et 80.000 se maintiennent illégalement sur le territoire.

Les fichés pour radicalisation en priorité

“Nous avons un problème d’éloignement”, a reconnu la présidence, “notre système est très difficile à activer pour des raisons politiques, diplomatiques et médiatiques”, même si le taux d’exécution des décisions d’expulsion s’est amélioré d’un tiers.

Fin 2020, la commissaire européenne aux Affaires intérieures avait estimé devant le Sénat que le taux d’exécution moyen d’une décision d’expulsion est de 30% en Europe mais chute à “13, 14% pour la France”, alors que l’Élysée avance le chiffre de 15,3%.

Le chef de l’État, qui au début de son quinquennat évoquait l’objectif d’un taux d’exécution de 100%, a demandé mercredi des mesures “opérationnelles très rapidement”, en ciblant en priorité l’expulsion des étrangers irréguliers auteurs d’actes de terrorisme ou fichés pour radicalisation ainsi que ceux ayant commis des crimes et délits et autres infractions graves. L’objectif est de les emmener directement à l’aéroport dès leur sortie de prison, grâce à une coordination des administrations.

Sur 1115 étrangers en situation irrégulière et fichés pour radicalisation, 514 sont encore sur le territoire - souvent parce qu’ils sont incarcérés - dont 400 sont sous surveillance et 601 ont quitté le territoire. Environ 250 étrangers relevant de cette catégorie pourraient être expulsés dans les semaines qui viennent, selon l’Élysée.

Les étrangers irréguliers ayant commis des crimes et délits feront aussi l’objet d’expulsions systématiques. “Il s’agit essentiellement de personnes venant du Maghreb - Algérie, Maroc, Tunisie - mais aussi de Russie et d’Afrique”.

La diplomatie à l’épreuve

La France compte insister auprès de ces pays pour qu’ils accordent davantage des laissez-passer consulaires qui permettent les retours. Elle veut aussi obtenir que le test PCR désormais exigé soit effectué non pas au départ de France mais à l’arrivée. “On ne peut pas les obliger à subir ce test PCR exigé au départ et ceux qui soutiennent leur cause leur disent que le meilleur moyen de rester en France est de refuser le test”, a souligné l’Élysée.

“Le président a demandé que les négociations diplomatiques soient engagées de manières très volontaristes. Avec l’Algérie, avec qui les discussions sont plus difficiles, nous envisageons des mesures plus drastiques et nos demandes seront portées à leur connaissance très rapidement”, a averti la présidence française sans autre détail.

Sans modifier le droit d’asile, une réflexion est également engagée sur les pays considérés comme sûrs.

À voir également sur Le HuffPost: Dans l’ombre de Biden, Kamala Harris se déconfine sur un dossier sensible au Mexique

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    Cet Ehpad d'Aurillac se mobilise contre l'expulsion de Ronaldo, un "soignant exemplaire"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 11 March, 2021 - 14:36 · 5 minutes

Ronaldo Mbumba devant la maison de retraite de La Louvière à Aurillac dans le Cantal.

ADMINISTRATION - “Il fait l’unanimité des résidents qui sont très inquiets et ne comprennent pas”. Ces mots trahissent l’inquiétude de Gwendal Le Berre, directeur de la maison de retraire La Louvière à Aurillac. Début janvier, l’un de ses assistants de vie, Ronaldo Mbumba, qui s’était illustré pendant le premier confinement en reprenant pour les résidents une chanson de Kendji Girac, a été visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Il a été convoqué pour prendre un vol en direction de Kinshasa en République démocratique du Congo, le 15 mars prochain.

Âgé de 22 ans, Ronaldo Mbumba est arrivé en France en 2014 alors qu’il avait 15 ans. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance et suivi par une éducatrice, il a poursuivi des études dans les métiers du soin en passant notamment un CAP petite enfance puis un baccalauréat. Depuis décembre 2019, il est en alternance au sein de l’Ehpad de La Louvière dans le cadre de son diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DAES).

“On a une trentaine de lettres de ses professeurs qui l’ont suivi et qui ont toujours été plus que stupéfaits par ce gamin. En stage, il a aussi laissé des souvenirs merveilleux”, confie à France 3 Régions , son éducatrice qui le suit depuis 2014.

Pétition et mobilisation

″Ça a été un élève brillant, c’est un assistant de vie exemplaire, autant sur le plan humain que professionnel. Les salariés sont révoltés et les familles des résidents s’inquiètent aussi beaucoup. Pour nous, c’est vraiment incompréhensible, je vous mets au défi de trouver quelqu’un qui peut dire du mal de lui. Il est bouleversé”, abonde pour Le HuffPost, Gwendal Le Berre qui aimerait que Ronaldo puisse “au moins” terminer sa formation.

Le directeur de La Louvière a lancé une pétition sur Change.org afin de manifester et mobiliser contre cette OQTF, rappelant d’ailleurs que la décision apparaît d’autant moins compréhensible que le département du Cantal, comme de nombreux autres territoires français, manque de personnels soignants. Pour le moment, le texte a récolté près de 25.000 signatures et une manifestation est prévue en début de semaine devant la préfecture.

Une page Facebook a également été lancée pour alerter sur la situation du salarié. Des photos de résidents, portant une pancarte “des papiers pour Ronaldo”, y sont régulièrement postées. L’histoire fait notamment écho à celle Laye Fodé Traoré, un apprenti boulanger visé également par une OQTF, et dont le patron s’était mis en grève de la faim en janvier.

″Je m’insurge devant cette décision. Je trouve, en effet, que Ronaldo représente, pour moi, un modèle exemplaire d’aide-soignant. Toujours prêt à rendre service avec le sourire, compétent et humain, je ne vois pas la Louvière sans lui”, abonde une résidente quand une collègue de travail ajoute: “Il exerce son métier avec bienveillance et motivation, quelle que soit la difficulté des tâches demandées, dans un contexte sanitaire difficile où les soignants sont une perle rare. On voudrait priver nos résidents d’un élément comme Ronaldo ! Cherchez l’erreur !!!!”.

La préfecture s’explique

La préfecture a publié le 9 mars dernier un communiqué de presse, relayé notamment par France 3 régions et Actu.fr, où elle justifie ainsi l’OQTF, alors que Ronaldo Mbumba demandait un renouvellement de son titre de séjour qui expirait au 24 mars 2020: “À l’occasion du renouvellement du titre de séjour de Monsieur Mbumba, il lui a été demandé (...) de présenter “les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité”.

Dans le cadre de l’examen de cette demande de renouvellement, il est apparu que les documents justifiant de son état civil, qui n’avaient pas été produits l’année précédente et n’avaient donc pas pu être analysés, étaient des “documents illégaux volés vierges pour une utilisation frauduleuse”. “Entendu par les agents de la Police aux frontières, Monsieur Mbumba a admis avoir obtenu son passeport sur la base de ces faux documents”, explique la préfecture.

Une version à laquelle ne souscrit pas l’avocat de Ronaldo Mbumba, Maître Pierre Méral. Il réfute fermement que son client ait un jour “admis” avoir présenté de faux documents. “On lui reproche d’avoir obtenu en 2015 des papiers que la Police aux frontières a jugé contrefaits. Outre qu’on peut déjà contester cette analyse, Ronaldo a obtenu en 2018, sur la base de ces papiers, un passeport qui a été authentifié en 2018 par la PAF. Maintenant, la préfecture ne juge pas ce passeport valable et réclame un acte de naissance. Pourtant c’est sur la base de ce même passeport que Ronald a obtenu son titre de séjour en 2018. Sept ans ont passé depuis 2015, de l’eau a coulé sous les ponts mais on le ramène encore à ça”, déplore auprès du HuffPost Pierre Méral.

L’avocat a fait appel de la décision et est en attente de nouveaux documents en provenance de RDC. Il estime la situation représentative des mineurs non accompagnés, qui une fois la majorité atteinte et alors qu’ils ont réussi à s’insérer, peinent à pouvoir rester sur le territoire français.

De son côté, Ronaldo, contacté par France 3 régions s’est dit particulièrement ému de la mobilisation autour de son combat administratif : “Je me demande ce que j’ai fait pour mériter tout ça. Je reçois plein de coups fil, comme de mes anciens profs de lycée. Ça me touche énormément. À l’Ehpad, il y a des résidents au bord des larmes. Samedi, une d’entre elles a failli me faire pleurer. Je suis très ému”.

À voir également sur Le HuffPost: À Paris, une école fait bloc pour Fatimate, menacée d’expulsion

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    À Nice, l'employé sans-papier d'un restaurateur anti-fermeture pourrait échapper à l'expulsion

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 10 March, 2021 - 16:52 · 2 minutes

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NICE - L’horizon a commencé à s’éclaircir pour l’employé ivoirien sans-papiers d’un restaurateur de Nice qui avait bravé l’interdiction d’ouvrir fin janvier , grâce à une médiation avec les services de l’État pour tenter d’éviter une expulsion, a indiqué ce mercredi 10 mars son avocat à l’AFP.

Le 27 janvier, Christophe Wilson, patron du Poppies au centre de Nice, avait organisé une ouverture exceptionnelle malgré la fermeture des cafés et restaurants en vigueur en France depuis le 30 octobre 2020 pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Il voulait attirer l’attention sur la situation difficile de sa profession.

“Laisser une chance à la médiation”

Après l’intervention de la police, Moussa Nieng, employé du Poppies âgé de 35 ans, avait été placé en centre de rétention, puis libéré mais avec une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sous un mois.

Son recours contre cette obligation de quitter la France devait être examiné à 9h mercredi au tribunal administratif de Nice. Mais “monsieur Nieng n’est pas venu au tribunal. Les parties ont décidé de laisser une chance à la médiation et arrêtent la procédure contentieuse”, a précisé Me Zia Oloumi, son avocat, qui espère “une issue favorable dans quelques semaines”.

“Le recours hiérarchique (auprès du ministère de l’Intérieur, ndlr) reste en cours. Monsieur Nieng reste optimiste au regard de la solidité de son dossier au fond”, a-t-il ajouté.

La crise sanitaire ralentit le processus

Soutenu notamment par le syndicat CGT 06 qui avait saisi le cabinet du ministère de l’Intérieur pour demander l’annulation de l’OQTF, Moussa Nieng était arrivé en France en 2011 et avait fait une demande d’asile inaboutie.

“Depuis 2016, il travaillait dans un restaurant à temps plein en CDI sans parvenir à se faire régulariser par le travail”, avait précisé en janvier Gérard Ré, secrétaire général de l’Union départementale de la CGT des Alpes-Maritimes. “Il travaillait à la plonge du Poppies depuis septembre”.

“Le dossier est en cours d’instruction”, a précisé mercredi à l’AFP la préfecture des Alpes-Maritimes. La bonne marche de ses services est actuellement impactée par la crise sanitaire causant “des situations problématiques” à de nombreux étrangers qui peinent à renouveler leur titre de séjour.

La préfecture qui doit aussi traiter 5000 demandes britanniques liées au Brexit a rappelé des équipes pour travailler des samedis.

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