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    Violences conjugales: un site en 16 langues pour les femmes immigrées en France

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 13:46 · 4 minutes

Le portail d’information multilingue sur les violences conjugales est disponible à l'adresse www.womenforwomenfrance.org Le portail d’information multilingue sur les violences conjugales est disponible à l'adresse www.womenforwomenfrance.org

VIOLENCES CONJUGALES - “C’est un peu comme une check-list. Avec notre site, les femmes victimes de violences conjugales se disent ‘si je fais ça, puis ça et ça, j’obtiens tel résultat’”. Fondatrice de l’association Women for Women France, Sarah McGrath pourrait parler pendant des heures du portail d’information multilingue sur les violences conjugales lancé par son association.

“C’était un projet logique pour nous. Dans l’association, on est toutes des immigrées, issues de pays différents”, explique au HuffPost celle qui est aussi porte-parole de Women for Women France.

Disponible en ligne depuis le 27 juin, le portail a pour but d’aider les femmes d’origine étrangère confrontées à des violences conjugales. Pour ce faire, le contenu du portail est disponible en 16 langues, de l’anglais au mandarin, en passant par l’arabe et le tamil. Il est présenté sous forme de 90 guides pratiques. Ces derniers regroupent tous les renseignements nécessaires pour aider les victimes de violences conjugales à faire valoir leurs droits et à retrouver leur indépendance, étape après étape.

Parmi les services de la plateforme, il existe par exemple une lettre à présenter à la police , co-écrite avec la gendarmerie et la police française. “Cela aide à communiquer en franchissant la barrière de la langue mais ça permet aussi de rappeler que ces femmes ont des droits, comme celui d’avoir un interprète”, appuie Sarah McGrath.

Une “double peine”

Au total, l’association a fait appel à une trentaine d’experts extérieurs pour son projet. “On a travaillé durant un an, depuis juillet 2021, avec des survivantes de violences conjugales, issues de pays et de situation différentes, sur deux points. D’abord, sur la vulnérabilité dans le couple et ensuite - c’est ce qui nous a le plus alarmés - sur le fait que lorsque la femme veut trouver de l’aide, c’est là où elle est le plus en situation de précarité”, explique Sarah McGrath.

Pour l’association, être victime de violence et être étrangère est en effet une “double peine”. “La violence conjugale existe dans toutes les cultures, mais les histoires les plus choquantes qu’on a entendues, c’était des agresseurs français avec des femmes immigrées, car il y a cette dynamique de pouvoir qui s’ajoute en plus dans le couple”, raconte la porte-parole de l’association.

“Le après est terrible ensuite, parce que le partenaire violent parle mieux français, utilise les préjugés existants pour décrédibiliser la victime lorsqu’il y a une alerte”, poursuit Sarah McGrath. La fondatrice de Women for Women Safe cite également d’autres obstacles, comme la barrière de la langue, la complexité du système français, le manque de suivi ou les pratiques discriminatoires de certains professionnels.

Dans son communiqué de presse, l’association rappelle par ailleurs que la France compte aujourd’hui plus de 3,5 millions de femmes immigrées. “Mais si on aide les femmes immigrées, notre portail est aussi une ressource pour toutes les Françaises”, met en avant Sarah McGrath.

Des informations concrètes

Sur le site, les 90 guides pratiques sont regroupés en six thèmes, allant du logement à la garde d’enfants, en passant par le droit au séjour en France. “C’est en fait la partie la plus importante pour les victimes de violences conjugales car les auteurs de violences créent un manque d’autonomie économique, social et administratif”, souligne Sarah McGrath.

La fondatrice de l’association met ensuite en avant: “Notre démarche est pragmatique, parce que les femmes victimes de violences conjugales souffrent de traumatismes: ce n’est pas à elles de devoir aller chercher les informations. Et avant d’appeler, de réfléchir à ce qu’elles veulent faire, elles ont aussi besoin d’avoir toutes les réponses”.

En plus des ressources transmises, l’association se montre également “réaliste” sur les “dysfonctionnements du système français”, précise la porte-parole. “On indique les obstacles et les difficultés que les femmes peuvent rencontrer”, signale-t-elle.

Premier des trois projets nationaux du programme que Women for Women France prévoit de déployer jusqu’à 2023, le portail d’information multilingue continuera d’être enrichi. “On va poursuivre la mise à jour du portail régulièrement et ajouter de nouvelles langues dès qu’on aura le budget pour”, précise en effet Sarah McGrath.

À voir également sur Le HuffPost: “A Cuba, les rares femmes DJ se fraient un chemin dans une île empreinte de sexisme”

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    Les femmes en pleine guerre en Ukraine - DOSSIER

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 19:00 · 5 minutes

Des femmes manifestent contre le viol et les violences contre les femmes en Ukraine, le 21 avril 2022 à Berlin, en Allemagne. Des femmes manifestent contre le viol et les violences contre les femmes en Ukraine, le 21 avril 2022 à Berlin, en Allemagne.

UKRAINE - Le 24 février commençait la guerre russe en Ukraine. Depuis plus de quatre mois, le pays vit au rythme des combats, des avancées ou des reculs des troupes russes. Au moins 30.000 hommes auraient perdu la vie du côté ukrainien . Plus de 6 millions d’Ukrainiens ont été déplacés à l’intérieur du pays, sans compter les 5,2 millions qui ont fui à l’étranger.

Si la loi martiale concerne les hommes âgés de 18 à 60 ans, certaines femmes ont elles aussi décidé d’être sur tous les fronts, de faire partie de la résistance et de prendre les armes. Parmi elles, certaines vivent des atrocités qu’il est difficile de décrire, notamment des viols . Le viol de guerre a toujours existé pendant les conflits, et la guerre en Ukraine ne fait pas exception.

Qu’elles aient choisi de rester qu’elles tentent de fuir ou qu’elles y soient parvenues, les Ukrainiennes peuvent se retrouver en situation de très grande vulnérabilité. C’est à elles que Le HuffPost a choisi de consacrer un dossier , republié ce mercredi 29 juin à l’occasion de la diffusion du documentaire “Ukraine: des femmes dans la guerre” à 22h43 sur Canal+.

Voici les grandes lignes de ce dossier, dont vous pourrez retrouver le détail dans chaque article.

  • Pour secourir les Ukrainiennes, elle crée un réseau de covoiturage de femmes à la frontière

Du covoiturage de femmes et d’enfants, par des femmes. Depuis début mars, des femmes polonaises s’organisent pour transporter des réfugiés ukrainiens en sécurité, depuis l’un des postes-frontières entre l’Ukraine et la Pologne, à Dorohusk.

À l’origine de cette initiative, Ella Jarmulska, entrepreneuse polonaise de 38 ans et mère de famille qui vit en banlieue de Varsovie, la capitale de la Pologne. Au début de la guerre en Ukraine, elle veut agir. Elle commence par organiser une collecte de produits de première nécessité dans l’école de sa fille. De l’argent, des couches, du lait pour bébé, de la nourriture, des médicaments...

  • Hypertension, naissances prématurées... Le stress de la guerre affecte les femmes enceintes en Ukraine

Une femme enceinte examinée dans l'abri d'une maternité de Zhytomyr, dans le nord de l'Ukraine. Une femme enceinte examinée dans l'abri d'une maternité de Zhytomyr, dans le nord de l'Ukraine.

“Pour les femmes qui sont restées, il y cette incertitude sur leur futur, sur celui de leur enfant, elles sont anxieuses, stressées.” Olena Serhieienko est sage-femme et membre de l’équipe Médecins du Monde à Dnipro, à l’est de l’Ukraine. Depuis le 24 février, date du début du conflit, elle constate les conséquences de la guerre sur la santé mentale et physique des femmes enceintes restées sur place.

Selon le Fonds des Nations unies pour la population, 265.000 femmes ukrainiennes attendaient un enfant lorsque la guerre a commencé. 80.000 naissances sont attendues d’ici les trois prochains mois.

Sur le terrain, plusieurs reporters américains se sont intéressés à leur situation. Andrew E. Kramer s’est ainsi rendu dans une maternité de Kiev début mai pour le New York Times , Lauren Egan dans un hôpital de Varsovie, la capitale polonaise, pour NBC News fin avril. Tous deux témoignent du stress que ressentent ces femmes, et des complications que celui-ci entraîne pendant leur grossesse.

➡️ En savoir plus sur la situation des femmes enceintes en pleine guerre en Ukraine

  • Le parcours infernal des femmes trans qui tentent de fuir l’Ukraine

Un check-point en Transnistrie, République autoproclamée à la frontière ukraino-moldave. Un check-point en Transnistrie, République autoproclamée à la frontière ukraino-moldave.

“Si votre passeport est au genre masculin, ils ne vous laisseront pas aller à l’étranger, ils ne vous laisseront pas passer.” Zi Faámelu est une femme trans de 31 ans, originaire de Kiev. Si elle a finalement réussi à fuir son pays, elle a d’abord été confrontée à ce qu’elle nomme “une guerre dans la guerre”: la transphobie en plein conflit armé.

En avril, on estimait que 5 millions d’Ukrainiens avaient fui leur pays. Et pour les personnes trans, cette décision de quitter leur foyer présente une difficulté supplémentaire. “Au cours de ma récente visite en Ukraine, j’ai également été informée du fait que certaines personnes transgenres rencontrent des difficultés pour quitter le pays”, expliquait le 17 mai Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe.

➡️ Lire l’article qui fait le point sur ce que vivent les femmes trans ukrainiennes

  • Cette ONG se mobilise pour aider les Ukrainiennes à avorter en Pologne

Alors que le droit à l’avortement est menacé aux États-Unis, le sujet est également bien présent en Pologne, pays très anti-IVG et où de nombreuses femmes ukrainiennes, victimes de trafics, de violences et de viols, sont réfugiées depuis le début de leur guerre avec la Russie. Des ONG et activistes, comme Women On Web, tentent de leur venir en aide.

Service d’aide à l’avortement médicamenteux, l’organisation est présente en Pologne depuis des années. “Avant la guerre, des femmes polonaises traversaient la frontière pour avorter en Ukraine, où la législation était moins dure”, raconte au HuffPost Venny Ala-Siurua, directrice exécutive de l’ONG.

Depuis 2005, Women on Web fournit des kits de pilules abortives aux femmes dont la grossesse date de moins de 12 semaines, dans plus de 200 pays dont la Pologne. “Nous recevons environ 25.000 messages par an de ce pays, chiffre-t-elle. Entre 2020 et 2021, nous avons reçu 60.000 demandes. Même si toutes les demandes n’aboutissent pas, c’est très élevé.”

➡️ Découvrir l’association qui aide les réfugiées ukrainiennes à avorter

  • Comment parler des viols de guerre en Ukraine sans raviver le traumatisme des victimes?

Les violences sexuelles sont une fois de plus utilisées comme une arme de guerre. En Ukraine comme dans d’autres conflits, les témoignages et récits de viols et de violences subis par la population ukrainienne, en particulier les femmes, se multiplient. Ils sont difficiles à documenter et risquent quand ils le sont de traumatiser à nouveau les victimes.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé le 17 mai le déploiement en Ukraine d’une équipe de 42 enquêteurs et experts, soit la plus grande mission jamais envoyée sur le terrain, pour enquêter sur les crimes commis pendant l’invasion russe.

Sur le terrain, de nombreux acteurs collectent des informations: journalistes, ONG, activistes, acteurs locaux, police, gouvernement ukrainien... Or, tout le monde n’est pas apte et formé à recueillir ces témoignages.

➡️ En savoir plus sur les manières de documenter les viols de guerre

À voir également sur Le HuffPost: À Cannes, une activiste dénonce les viols russes en Ukraine sur le tapis rouge

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    Révoquer le droit à l'avortement, c'est tuer la liberté de toutes les femmes - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 4 days ago - 08:51 · 6 minutes

IVG IVG

AVORTEMENT AUX USA - Depuis la nuit des temps, les femmes ne cessent de se battre pour faire valoir leurs droits . Elles veulent être reconnues, comme les hommes, dans les sphères politiques, économiques et sociales. L’histoire nous montre aujourd’hui que le progrès, notamment en ce qui concerne le droit des femmes, n’est pas irréversible. Bien au contraire. Nous pouvons en effet, progresser en matière de droits et d’égalité, et quelques décennies plus tard, revenir en arrière. Les droits des femmes ne sont donc jamais acquis. Ils sont, et restent toujours, malheureusement, à acquérir.

Le rêve américain est mort

C’est pour cela qu’en 2022, nous devons encore manifester, et militer pour ce qui semble pourtant être, humainement, une évidence. Aujourd’hui, nous pouvons le confirmer, le rêve américain est mort. Ce sont toujours les mêmes que l’on condamne. Toujours les mêmes qui paient le prix fort. Ce sont toujours, les femmes. Ce sont elles qui sont encore aujourd’hui moins payées que les hommes. Elles qui supportent une charge mentale supérieure et écrasante, en société, et au sein du foyer. aujourd’hui, on brise donc politiquement, leurs droits humains les plus profonds, notamment, celui de disposer librement, de leurs corps et de leurs utérus.

A l’autre bout du monde, dans un pays soi-disant démocratique, réunissant les plus grandes multinationales capables de créer les objets les plus innovants, on condamne les femmes et on décide à leur place de leurs droits à disposer d’elles-mêmes. En prônant un soi-disant droit à la vie, les conservateurs condamnent à mort, le droit le plus intrinsèques des femmes. On décide pour celles qui portent, mais on ne condamne pas ceux qui devraient porter, aussi, le poids de la parentalité . Ne nous voilons pas la face. Les femmes certes sont un vaisseau de vie, mais elles ne la conçoivent pas seules. En imposant aux femmes un non droit à l’avortement, la responsabilité des hommes est encore une fois, exclue. Exclue dans la conception. Exclue dans la progression. Et dans ce cadre, les exclure, c’est protéger, les hommes, au détriment des femmes. Les politiques, en votant contre la liberté des femmes à disposer de leurs corps aux Etats-Unis, et donc d’avorter, le confirment. La maternité et l’utérus sont des outils, voire des objets, de répression politique.

Qui sont les politiques pour décider à la place des femmes, ce qu’elles peuvent vivre dans leurs corps et dans leurs chairs ? Qui sont-ils, pour imposer des lois, qui s’immiscent, dans l’intime?  Qui sont ces hommes conservateurs qui n’ont aucun respect pour les femmes qui les ont mises au monde ? Qui sont ces hommes qui pensent qu’ils pourraient être vivants, si ce n’était pas grâce à la libre prise de décision de leurs mères ? Comme si porter la vie était une chose facile, ou décider le contraire, était un choix facile.

Le pouvoir de dire oui, le pouvoir de dire non, ne devrait jamais être entre les mains de personnes qui n’ont jamais vécu un curetage, un avortement médicamenteux, un avortement non sécurisé, un accouchement ou une fausse couche. Le pouvoir de dire non ne devrait jamais être entre les mains de personnes qui disposent eux, de la liberté de leur corps. Le pouvoir de dire non, ne devrait jamais reposer entre les mains de personnes qui ne sauront jamais ce que c’est, que d’avoir la force d’assumer ses propres choix.

Le rêve américain est mort. Il est mort le jour où les hommes ont crû qu’ils avaient des droits sur des corps qui ne leurs appartiendront jamais. Interdire le droit à l’avortement, c’est une manière officielle de bâillonner le corps des femmes. Bâillonner pour empêcher de respirer. Bâillonner pour empêcher de vivre. Bâillonner, pour toujours mieux, condamner.

Les femmes et leurs droits en danger de mort

Interdire le droit à l’avortement c’est valider les avortements illégaux, non suivis qui coûteront aux femmes, et notamment à celles de milieux les plus défavorisés, leurs vies. C’est une certitude, cette interdiction ne réduira en aucun cas le taux d’avortements, mais augmentera tout simplement, le nombre d’avortements illégaux et non sécurisés. L’ OMS le confirme, « l’avortement non sécurisé constitue l’une des principales causes – mais évitables – de décès maternels et de morbidité. Elle peut entraîner des complications physiques et mentales ainsi qu’une charge sociale et financière pour les femmes, les communautés et les systèmes de santé. Un tiers de tous les avortements non sécurisés sont pratiqués dans les conditions les plus dangereuses, c’est-à-dire par des personnes ne disposant pas de la formation adéquate dans ce domaine et ayant recours à des méthodes dangereuses et invasives ». Interdire le droit à l’avortement c’est donc condamner une femme qui ne veut pas d’enfant, à en avoir un, en mettant en péril, sa vie.

Le rêve américain est mort. Il est mort le jour où les hommes ont cru qu’ils avaient des droits sur des corps qui ne leurs appartiendront jamais.

Interdire le droit à l’avortement c’est prétendre que les gouvernements sont exemplaires lorsqu’il s’agit de protéger les droits des femmes et des enfants. Pourtant, les Etats-Unis ne sont en rien exemplaires lorsqu’il s’agit d’accorder des droits qui protègent des mères. Une femme enceinte qui travaille s’expose à bon nombres d’obstacles et de risques, dont sa pérennité sur le marché de l’emploi ou encore une perte d’autonomie financière, pour ne citer que cela. L’organisation internationale du travail le confirme. « Aux Etats-Unis, la loi de 1993 sur le congé familial et médical accorde un congé non rémunéré de 12 semaines, qui peut être étalé sur une période de 12 mois ». (Source :). Ces affirmations ne font que réduire en cendres le demos-cratos du terme démocratie, sur lequel repose toutes nos libertés fondamentales : le pouvoir au peuple.

J’espère pouvoir prochainement vivre dans un monde, où les propos tenus ici, ne seront plus d’actualité. J’espère que ma fille, peu importe où elle décidera de vivre, sera soutenue par l’Etat, dans son droit, à disposer de son corps. Interdire le droit à l’avortement c’est tenter de détruire les joyaux et les pierres précieuses, acquises à la sueur de nos fronts, qui reposent de manière fragile sur les couronnes de chaque femme, qui déciderait d’être mère, ou non.

Vous pouvez retrouver Anaïs sur son compte Instagram .

À voir également sur Le HuffPost : Les États-Unis (un peu plus) divisés après la révocation du droit à l’avortement

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    Droit à l'avortement: LREM et la Nupes veulent l'inscrire dans la Constitution française

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 08:27 · 4 minutes

LREM et la Nupes veulent inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution française LREM et la Nupes veulent inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution française

POLITIQUE - De l’indignation à la législation. La cheffe de file des députés LREM Aurore Bergé annonce ce samedi 25 juin le dépôt d’une proposition de loi pour inscrire “le respect de l’IVG dans notre Constitution”, après la décision historique de la Cour suprême des États-Unis de révoquer ce droit.

La veille, c’est Mathilde Panot , la cheffe de file des Insoumis au sein de la NUPES, qui indiquait qu’elle proposerait, dès lundi, à l’alliance des gauches de déposer une loi similaire. Ce texte, qui vise à sanctuariser l’accès à l’avortement , devrait pousser l’ensemble des parlementaires à prendre position sur la question à l’heure où certains, à l’extrême droite notamment, brillent par leur silence.

Au-delà des États-Unis, cette décision est “catastrophique pour les femmes dans le monde: vous avez une femme qui meurt toutes les 9 minutes parce qu’un avortement a été mal pratiqué, de manière non sécurisée”, souligne ainsi Aurore Bergé, a nouvelle présidente du groupe majoritaire à l’Assemblée, sur France Inter.

Sécuriser le droit à l’IVG

“Cela appelle aussi à ce que nous prenions en France des dispositions pour qu’on ne puisse pas avoir demain des revirements qui pourraient exister. C’est la raison pour laquelle, dès aujourd’hui, avec mon groupe nous allons déposer une proposition de loi constitutionnelle pour inscrire le respect de l’IVG dans notre Constitution”, ajoute l’élue des Yvelines, une ex-LR à l’engagement féministe. Elle avait notamment vivement défendu l’allongement en France du délai légal de l’IVG, voté à la fin de la précédente législature.

Craint-elle une remise en cause en France? “Malheureusement, rien n’est impossible et les droits des femmes sont toujours des droits qui sont fragiles et qui sont régulièrement remis en cause”, répond Aurore Bergé, comme vous pouvez l’entendre ci-dessous.

Pointant les nouveaux députés Rassemblement national, “des opposants farouches à l’accès des femmes à l’IVG”, elle juge qu’il ne faut “prendre aucun risque en la matière et donc sécuriser (le droit à l’IVG) en l’inscrivant dans le marbre de notre Constitution”.

Le FN (devenu RN) a été pendant longtemps radicalement anti-avortement. En 2011, Marine Le Pen avait redit son souhait de dérembourser l’IVG, puis prôné le statu quo sur le sujet, en se présentant comme la première défenseure des droits des femmes.

La patronne des députés LREM a insisté: “On ne change pas la Constitution comme on change la loi” donc “c’est une garantie qu’on doit donner aux femmes”. Elle estime que la mesure sera “largement partagée sur les bancs de l’Assemblée nationale et du Sénat”. Sa proposition de loi, transmise à l’AFP, stipule que “nul ne peut être privé du droit à l’interruption volontaire de grossesse”.

Bergé devance la NUPES

Quelques heures auparavant, la NUPES avait fait la même proposition malgré un nouvel hémicycle aux alliances incertaines. Vendredi soir, la cheffe des députés Insoumis Mathilde Panot a annoncé aussi qu’elle proposerait dès ce lundi 27 juin à ses camarades “de déposer une proposition de loi pour inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution” française.

“Simone revenez, aux États-Unis, ils sont devenus fous. En France, aidez-nous à inscrire ce droit dans la Constitution, grâce à cette nouvelle Assemblée”, écrivait également la députée écolo Sandrine Rousseau sur les réseaux sociaux.

Au-delà de ces réactions, et de la volonté de ces élus français de légiférer, la décision de la très conservatrice Cour suprême des États-Unis provoque une onde de choc mondiale. Les juges ont enterré vendredi un arrêt qui, depuis près d’un demi-siècle, garantissait le droit des Américaines à avorter mais n’avait jamais été accepté par la droite religieuse. Dans la foulée de la décision, plusieurs États américains ont déjà annoncé prendre des mesures pour interdire les interruptions volontaires de grossesse sur leur territoire.

À voir également sur Le HuffPost: Aux États-Unis, des milliers de manifestants défilent pour le droit à l’avortement

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    La décision de la Cour suprême sur l'IVG nous rappelle que c'est un droit fragile, même en France

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 05:45 · 7 minutes

Deux militantes du droit à l'IVG après l'annonce de la décision de la Cour suprême sur le droit à l'avortement. Deux militantes du droit à l'IVG après l'annonce de la décision de la Cour suprême sur le droit à l'avortement.

IVG - Un séisme. Ce vendredi 24 juin, la Cour suprême des États-Unis a mis fin à un arrêt garantissant le droit des Américaines à avorter. Les interruptions de grossesse ne sont pas rendues illégales par cette décision, mais elle indique que chaque État est libre de les autoriser, ou non.

C’est donc un gigantesque retour en arrière pour les États-Unis, où l’avortement était jusqu’à présent protégé par l’arrêt emblématique “Roe v. Wade” . Et ses potentielles conséquences pour les droits des femmes inquiètent partout dans le monde.

Cet événement nous rappelle que, même en France, des droits fondamentaux acquis de haute lutte, comme l’a été le droit à l’avortement en 1975 avec la loi Veil , restent fragiles et peuvent être remis en cause à tout moment.

Si le contexte français est incomparable à la situation aux États-Unis, des voyants rouges restent allumés dans l’hexagone et indiquent que le combat féministe pour les femmes à disposer de leur corps n’est pas terminé.

“Si le droit à l’avortement semble pour beaucoup être acquis en France, et que nous ne serions pas concerné.e.s par ce backlash , la réprobation sociale associée à l’IVG est encore largement entretenue par les militants du ‘droit à la vie’”, écrit la députée Albane Gaillot dans un communiqué au lendemain de la fuite du document de la Cour suprême américaine.

La loi de 2014 pour l’égalité réelle a étendu le délit d’entrave à l’IVG au fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de s’informer sur l’avortement ou sur ces actes préalables (et non plus seulement d’avoir recours à l’acte en lui-même). Pourtant, le débat politique sur le droit à l’IVG est marqué depuis plusieurs années par la montée en puissance de mouvements conservateurs anti-IVG ou “anti‑choix”, également présents en France.

Délai allongé de 12 à 14 semaines, mais...

Au premier abord, le droit à l’IVG peut apparaître renforcé par le dernier quinquennat d’Emmanuel Macron: la proposition de loi Gaillot sur le renforcement du droit à l’avortement a été promulguée le 3 mars 2022, au bout de deux ans de débats. Le délai autorisé pour pratiquer une IVG a été allongé de 12 à 14 semaines.

D’autres mesures visant à améliorer l’effectivité du droit à l’avortement ont été votées, comme la possibilité pour les sages-femmes de pratiquer les IVG instrumentales et la surpression du délai de réflexion de deux jours imposés suite à un entretien psychosocial. Des mesures considérées comme de réels progrès par les associations de défense des droits des femmes.

Mais il ne faut pas oublier que ce texte, salué par le ministre de la Santé Olivier Véran, a été promulgué après deux ans de débats et de nombreuses réserves du côté du gouvernement. Loin de soutenir ce texte, Emmanuel Macron lui-même utilise régulièrement les termes de “traumatisme” ou de “drame”, rhétorique présente chez les anti-IVG, pour parler de l’avortement.

“C’est toujours un drame”

“C’est un droit, mais c’est toujours un drame pour une femme”, a encore soutenu le président lors de la présentation de son programme le 17 mars dernier. Des propos stigmatisants pour les femmes , notamment pour celles ayant eu recours aux 220.000 IVG en France en 2020.

S’il s’est engagé une fois réélu à ne pas revenir sur la loi Gaillot, ce n’est pas de gaieté de cœur. “Je respecte la loi de la République. Je l’ai promulguée, je ne la remettrai pas en cause, elle sera maintenue”, a-t-il soutenu.

Sans pouvoir s’empêcher d’ajouter: “C’est toujours un moment difficile quand une femme a à se soumettre à ce choix médical”, un acte qui “marque les femmes à vie”.

Le corps médical réticent

Alors qu’au Royaume-Uni le délai légal de recours à l’avortement va jusqu’à 24 semaines, en Suède jusqu’à 18, ou en Espagne 14 semaines, son allongement en France a créé la polémique au sein du corps médical.

D’un côté, le président du Collège national des gynécologues et obstétriciens (CNGOF), Israël Nisand, déclarait en 2021 que cette procédure serait “insoutenable pour beaucoup de professionnels” en raison du développement du fœtus.

Le Syndicat national des gynécologues-obstrétriciens de France (Syngof), sur la même ligne, affirmait que 30% des gynécologues refuseraient aujourd’hui de pratiquer régulièrement des IVG tardives.

De l’autre côté, les associations féministes et acteurs de terrains tels que le Planning familial, soutenaient cet allongement, soulignant que tout ce débat sur le délai s’éloignait en fait du cœur du problème: le droit pour les femmes de décider elles-mêmes.

“Entre douze et quatorze semaines une difficulté technique se fait ressentir”, concédait Cloé Guicheteau, qui travaille au Planning familial et au centre IVG du CHU de Rennes, contactée par Slate en juin 2019.

Maintien de la “clause de conscience”

Le problème se situerait plutôt du côté psychologique que technique. “Pour les professionnels qui pratiquent l’IVG, ce n’est pas rien d’extraire un fœtus à ce terme-là. Heureusement, ils savent qu’ils ne sont pas en train de tuer une vie mais d’en sauver”, affirmait-elle.

Autre bémol: la loi Gaillot prévoyait initialement de supprimer la “clause de conscience spécifique” permettant à des médecins de refuser de pratiquer un avortement. Cette clause, qui ne concerne que l’acte d’IVG, dispose qu’“un médecin ou une sage-femme n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens ou de sages‑femmes susceptibles de réaliser cette intervention.”

Elle est aussi appelée “double-clause de conscience”, car elle vient s’ajouter à la clause de conscience générale des médecins, qui indique déjà que “hors le cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles”.

Sa suppression a finalement été abandonnée pour permettre au texte d’avancer dans son parcours parlementaire.

Un accès inégal à l’avortement en France

Un point d’alerte met d’accord tout le monde: les difficultés et inégalités d’accès à l’IVG en France. Au cours des dix dernières années, plus de 130 centres pratiquant l’IVG ont fermé, soulignait en 2013 un rapport du Haut Conseil à l’égalité (HCE).

Selon une étude menée en 2019 par les agences régionales de santé, le délai de prise en charge pour les femmes désirant avorter peut varier de trois à onze jours selon l’endroit. En moyenne, il faut compter 7,4 jours pour que l’acte soit réalisé.

Selon le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE), une quarantaine de départements connaissent une pénurie de gynécologues, ce qui conduit à des inégalités territoriales très fortes, soulignées dans tous les rapports au fil des ans. Et accrues lors de la crise sanitaire.

“Elles n’ont pas eu le choix”

Selon cette enquête de Mediapart réalisée en 2019, d’autres obstacles dans l’accès à l’IVG, méconnus, sont pourtant nombreux: “arnaques” à l’avortement, méthode imposée, éloignement des centres, délais d’attente à rallonge, non-respect de la confidentialité...

“Après s’être heurtées à autant de murs, des femmes se retrouvent hors délai légal en France. Certaines, particulièrement en détresse, sont dirigées vers un parcours d’interruption médicale de grossesse (IMG) pour motif psychosocial: encore toute une épreuve”, dénonce Mediapart .

Chaque année, entre 3000 et 4000 femmes seraient ainsi conduites à sortir du cadre légal français en se rendant à l’étranger pour avoir recours à un avortement. “D’autres encore accouchent sous X, rappelle le journal. C’est leur corps, elles en avaient le droit, mais elles n’ont pas eu le choix.”

En septembre 2020, un rapport d’information parlementaire sur l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) préconisait notamment de revaloriser l’activité médicale d’IVG, de supprimer la double cause de conscience et de ne plus “assimiler l’IVG à un acte médical à part.”

À voir également sur Le HuffPost: Aux États-Unis, des milliers de manifestants défilent pour le droit à l’avortement

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    Les femmes trans qui tentent de fuir l'Ukraine face à un parcours infernal

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 05:30 · 6 minutes

Un check-point en Transnistrie, République autoproclamée à la frontière ukraino-moldave. Un check-point en Transnistrie, République autoproclamée à la frontière ukraino-moldave.

UKRAINE - “Si votre passeport est au genre masculin, ils ne vous laisseront pas aller à l’étranger, ils ne vous laisseront pas passer.” Zi Faámelu est une femme trans de 31 ans, originaire de Kiev. Si elle a finalement réussi à fuir son pays, elle a d’abord été confrontée à ce qu’elle nomme “une guerre dans la guerre”: la transphobie en plein conflit armé.

En avril, on estimait que 5 millions d’Ukrainiens avaient fui leur pays . Et pour les personnes trans, cette décision de quitter leur foyer présente une difficulté supplémentaire. “Au cours de ma récente visite en Ukraine, j’ai également été informée du fait que certaines personnes transgenres rencontrent des difficultés pour quitter le pays”, expliquait le 17 mai Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe.

Alors que ce samedi 25 juin se déroule la Marche des Fiertés de Paris, Le HuffPost fait le point sur les femmes trans, dont les difficultés sont très documentées.

Insécurité, vulnérabilité

Si l’Ukraine a fait ces dernières années des progrès en termes de droits LGBT+, le pays est loin d’être un leader sur le sujet. Selon l’Association internationale lesbienne et gay, ou International Lesbian and Gay Association (ILGA), l’Ukraine se situe à la 39ème position parmi 49 pays européens quant à son traitement des personnes LGBT+. Comme le rappelle le Guardian , le mariage entre personnes de même genre n’est pas autorisé, il n’existe aucune loi les protégeant des discriminations, et l’Église orthodoxe considère l’homosexualité comme un péché.

De fait, les femmes trans qui se sont confiées à la presse depuis le début du conflit témoignent de l’insécurité et de la vulnérabilité qu’elles ressentent. C’est le cas de Zi Faámelu qui, avant de réussir à quitter le pays, osait à peine sortir de chez elle. “En tant que personne transgenre, il est déjà très dangereux de vivre en Ukraine en temps normal. Alors maintenant, c’est impossible. De nombreux homosexuels sont bien intégrés dans le reste de la société ukrainienne, mais pour les personnes transgenres, c’est une autre histoire. Il y a tellement de traits physiques pour lesquels nous sommes attaqués -un grand menton, de larges épaules. On nous tabasse, on nous tue. Il faudrait qu’on s’en aille, mais on ne peut même pas quitter nos appartements”, racontait-elle fin mars à Vice .

“La plupart des personnes trans à qui j’ai parlé en Ukraine ont peur de la Russie”, note pour le Guardian Bernard Vaernes,de l’association Safebow, qui aide les personnes vulnérables à évacuer. “Ces actes (meurtres, enlèvements, disparitions, détentions injustes et usage de la torture) cibleraient ceux qui s’opposent aux actions russes, parmi lesquelles des populations comme des minorités religieuses, éthiques, et les personnes LGBT+”, ajoute Bathsheba Nell Crocker, ambassadrice américaine auprès des Nations Unies.

Impossibilité de fuir le pays

La Commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe fait elle aussi ce constat de la vulnérabilité de ces personnes et de la nécessité de les “protéger contre la discrimination les préjugés et la violence fondés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, qui existaient avant la guerre”. Elle ajoute par ailleurs le manque d’accès aux “soins de santé spécifiques pour les personnes transgenres et intersexes dans des pays où ces médicaments sont déjà en quantité insuffisante ou dont l’accès est soumis à des exigences lourdes”.

Quand les femmes trans ukrainiennes tentent de fuir le pays, la situation se corse encore un peu plus. Selon la loi martiale en cours dans le pays, les hommes âgés de 18 ans à 60 ans sont tenus de rester en Ukraine pour se battre. Or, sans papiers d’identité correctement genrés, ces femmes restent aux yeux de la loi des hommes.

“J’ai eu un problème parce qu’on m’a dit qu’un certificat de naissance n’était pas suffisant pour passer la frontière. Il fallait une pièce d’identité et je n’en ai pas. J’ai eu peur qu’on ne me laisse pas passer”, craignait Joanne, auprès d’ Euronews . Elle a finalement réussi à quitter le pays. Comme elle, les femmes trans qui arrivent à la frontière sans papiers d’identité ou avec une carte d’identité affichant toujours un genre masculin se voient au mieux essuyer un refus de partir, au pire peuvent être poursuivies.

Dans un article de Rolling Stone , Zi Faámelu raconte en détail son escapade. “Passe, mais sache... qu’on n’aime pas les gens comme toi”, lui lance un premier garde-frontière. Plus tard, aidée d’un chauffeur, elle se retrouve dans un bureau d’exécution militaire à la frontière roumaine, où on lui annonce qu’elle devra combattre auprès des hommes. Le chauffeur qui l’accompagnait lui suggère alors dans la nuit: “Tu sais nager? C’est la seule option, tu nages pour passer la frontière de Sighetu (une ville du nord-ouest de la Roumanie, ndlr), à travers le Danube, illégalement. Ainsi, tu seras une réfugiée, mais tu auras enfreint la loi”. Acceptant cette idée, elle manque de se noyer, mais atteint son but. Elle est aujourd’hui réfugiée en Allemagne.

Examens aux frontières

Certaines femmes trans sont mêmes fouillées et examinées physiquement. “Il y avait trois officiers dans la pièce. Ils nous ont dit d’enlever nos vestes. Ils ont regardé nos mains, nos bras, observé ma nuque pour voir si j’avais une pomme d’Adam. Ils ont touché ma poitrine. Après nous avoir examinées, les gardes-frontières nous ont dit que nous étions des hommes. Nous avons essayé d’expliquer notre situation mais ils s’en fichaient”, explique au Guardian Alice, 24 ans, de Brovary, à proximité de Kiev.

Certains conseillent aux personnes trans de ne surtout pas perdre leurs papiers d’identité, quand d’autres recommandent de faire semblant de les ”égarer”. C’est le cas du militant LGBT+ Rain Dove, qui a lancé un fonds pour aider les personnes LGBT+ en Ukraine. “Si vous êtes une femme trans avec un ‘H’ sur votre passeport, ou si vous êtes non conforme au genre ‘H’, nous vous recommandons d’‘égarer’ votre passeport avant de vous adresser aux fonctionnaires ukrainiens. Cachez votre carte d’identité dans une bouteille d’eau ou sous la semelle de votre chaussure. Si vous êtes arrêtée, vous pouvez simplement dire que vous n’êtes pas d’ici, que vous êtes étudiante en Ukraine ou que vous êtes de passage. Sans pièce d’identité, vous serez envoyée dans une longue file d’attente de ressortissants étrangers, mais vous parlerez alors à des fonctionnaires des pays frontaliers et vous pourrez présenter votre pièce d’identité sans problème. Cela a fonctionné dans 100% des cas”, rapporte-t-il.

Femmes trans comme hommes trans mais aussi, plus généralement, toutes les minorités de genre, font face à une violence supplémentaire à celle de la guerre. C’est pourquoi Dunja Mijatović appelait en mai tous les États membres à prêter attention à leur situation.

À voir également sur Le HuffPost: Guerre en Ukraine: Macron explique pourquoi il est à Kiev

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    États-Unis: Sur l'avortement, le soutien du maire de New York aux femmes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 16:51 · 3 minutes

Le maire de New York, Eric Adams Le maire de New York, Eric Adams

IVG - C’est un véritable coup de tonnerre pour les Américaines. Ce vendredi 24 juin, la Cour suprême vient de renverser l’arrêt “Roe vs. Wade” , permettant de fait à chaque État d’interdire s’il le souhaite l’IVG sur son sol. Très concrètement, cela signifie que de plus en plus de femmes américaines risquent de se retrouver dans l’impossibilité de réaliser une interruption volontaire de grossesse .

À peine la décision annoncée, le Missouri s’y est engouffré, devenant le premier État à interdire complètement l’avortement. D’autres devraient suivre .

Face à la détresse que les Américaines doivent déjà ressentir, le maire de New York, Eric Adams , s’est empressé de leur dire qu’elles étaient “les bienvenues.” ”À toutes les New Yorkaises, je veux dire qu’elles peuvent toujours accéder à des IVG légales et en toute sécurité à New York. Et à toutes celles qui chercheront un moyen d’avorter à travers le pays, sachez que vous êtes les bienvenues ici et que nous ferons tous les efforts possibles pour nous assurer que nos services seront disponibles et vous seront facilement accessibles”, a-t-il écrit dans un communiqué de presse .

“Affront aux droits humains fondamentaux”

“Ce que la Cour a fait aujourd’hui ignore l’opinion de la majorité des Américains, tant cette décision permet aux États de contrôler le corps des femmes, leurs choix et leurs libertés”, estime-t-il. “Il n’y a aucun moyen de nommer cet avis de la Cour suprême, si ce n’est qu’il est un affront aux droits humains fondamentaux et qu’il vise à enchaîner les femmes et d’autres personnes dans la servitude reproductive.”

D’autres États se préparent à venir en aide aux Américaines. Le sénateur Richard Durbin, président du Comité judiciaire du Sénat, a annoncé qu’une audience se tiendra le mois prochain pour “explorer la sombre réalité d’une Amérique post-Roe”.

L’Illinois, dont est élu le sénateur, s’attend déjà à voir une vague de femmes cherchant à avorter arriver sur son territoire, rapporte le New York Times . L’État est en effet depuis longtemps considéré comme une terre d’accueil pour les femmes demandant une IVG.

De leur côté, trois Etats progressistes de la côte Ouest ont annoncé vendredi qu’ils s’engageraient ensemble à défendre le droit à l’avortement. “Les gouverneurs de Californie, de l’Oregon et de Washington ont publié aujourd’hui un engagement pour défendre l’accès aux soins de santé reproductive, y compris l’avortement et les contraceptifs, et se sont engagés à protéger patientes et médecins contre les tentatives d’autres Etats d’exporter leur interdiction de l’avortement vers nos Etats”, écrivent-ils dans un communiqué

Au-delà des États, le planning familial anticipe déjà les craintes et les colères des femmes et tente de les rassurer: “nous ne cesserons jamais de nous battre pour vous”. “Nous savons que vous ressentez peut-être beaucoup de choses en ce moment: douleur, colère, confusion. Nous sommes ici avec vous.”

À voir également sur Le HuffPost: Aux États-Unis, des milliers de manifestants défilent pour le droit à l’avortement

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    Pour Emma Thompson, "tout le monde s'en fiche du plaisir des femmes"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 23 June - 07:31 · 2 minutes

“Le plaisir des hommes a toujours été considéré comme plus important, comme le but des femmes en quelque sorte. Les femmes sont donc là pour le plaisir des hommes. Elles ne sont pas là pour leur propre plaisir”, met en avant Emma Thompson dans l’interview. “Le plaisir des hommes a toujours été considéré comme plus important, comme le but des femmes en quelque sorte. Les femmes sont donc là pour le plaisir des hommes. Elles ne sont pas là pour leur propre plaisir ”, met en avant Emma Thompson dans l’interview.

FEMMES - “Personne ne parle du plaisir sexuel des femmes parce que ça ne les intéresse pas”, affirme Emma Thompson au micro du média Glamour samedi 18 juin. À l’affiche du film Good Luck to You, Leo Grande - disponible le 5 octobre 2022 en France -, l’actrice américaine donne son point de vue sur les raisons de ce qu’elle appelle “l’écart orgasmique” entre les femmes et les hommes.

“L’écart orgasmique a une raison physiologique évidente, qui a à voir avec cet élément légèrement plus insaissable de l’orgasme féminin, mais c’est aussi lié au fait que tout le monde s’en fiche du plaisir des femmes”, décrit Emma Thompson à Glamour .

Dans Good Luck to You, Leo Grande , l’actrice joue le rôle d’une veuve sexagénaire et mère de deux enfants qui embauche un travailleur du sexe. Le but? Connaître son premier orgasme.

“Elles ne sont pas là pour leur propre plaisir”

“Le plaisir des hommes a toujours été considéré comme plus important, comme le but des femmes en quelque sorte. Les femmes sont donc là pour le plaisir des hommes. Elles ne sont pas là pour leur propre plaisir ”, met en avant Emma Thompson dans l’interview.

L’actrice illustre: “Dès qu’on a commencé à parler des troubles de l’érection, un médicament a aussitôt été inventé”. À l’inverse, pour “les femmes et leurs corps -règles, ménopause - on ne parle pas de tout ça”, complète-t-elle.

Au manque d’information sur le corps des femmes, s’ajoute, pour Emma Thompson, le manque de confiance des femmes quant à leur apparence physique. “Si vous vous sentez mal à l’aise dans votre corps et que vous ne l’aimez pas, il est assez difficile de dire ensuite: “Oh, je devrais ressentir beaucoup de plaisir sexuel”, appuie-t-elle.

“Je pense que l’une des grandes tragédies de nos vies -des vies des femmes- c’est le temps, l’effort, l’énergie, la passion que nous avons gaspillés à ne pas être capables d’ accepter nos propres corps ”, souligne-t-elle.

La révolution sexuelle des années 60 en question

“Même la révolution sexuelle des années 60 était en quelque sorte un terme mal choisi. Je pense que beaucoup de féministes de mon âge regardent en arrière et se disent: ‘Attendez une minute, c’était vraiment pour nous ?’”, poursuit l’actrice qui estime que la jeune génération est plus “calée” sur le sujet du plaisir féminin.

“C’est génial de ne pas tomber enceinte à chaque fois que tu fais l’amour avec quelqu’un. Mais était-ce vraiment pour le plaisir? Notre plaisir?”, conclut-elle sous forme d’interrogation.

A voir également sur Le HuffPost: “Comment l’accompagnement sexuel a changé la vie de cette femme”