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    L'État doit rembourser 1,4 million d'euros à la mairie de Paris à cause des Gilets jaunes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 6 May - 19:42 · 1 minute

Paris, le 1er décembre 2018 lors d'une manifestation de Gilets jaunes. Paris, le 1er décembre 2018 lors d'une manifestation de Gilets jaunes.

GILETS JAUNES - L’État va mettre la main au portefeuille pour les dégâts causés par les Gilets jaunes dans la capitale. Il a été condamné à verser un peu plus de 1,4 million d’euros à la Ville de Paris, a annoncé la mairie ce vendredi 6 mai.

Les deux condamnations ont été rendues par le tribunal administratif de Paris et portent sur “la période de novembre 2018 à décembre 2019”, a expliqué la mairie dans un communiqué.

Durant cette période d’un peu plus d’un an, Paris avait été le théâtre des plus grosses manifestations du mouvement social, régulièrement ponctuées par des violences, des affrontements avec les forces de l’ordre et des dégradations.

Le Fouquet’s incendié en 2019

Lors des premiers week-ends de mobilisation, l’Arc de Triomphe avait notamment été vandalisé et des Gilets jaunes avaient forcé l’entrée du ministère de l’ex-porte parole du gouvernement, Benjamin Griveaux . En mars 2019, la célèbre brasserie du Fouquet’s avait été incendiée en haut des Champs-Elysées.

Dans une des décisions rendues mercredi et consultées par l’AFP, le tribunal a estimé que “les dégradations ont bien été commises à l’occasion de manifestations sur la voie publique”. “Si la présence de ‘black blocks’ est parfois mentionnée dans les procès-verbaux, les constatations font également état de dégradations commises par des manifestants”, a observé le tribunal.

“De telles dégradations résultent donc d’un attroupement [...] et non d’un groupe organisé et constitué à seule fin de commettre des délits”, a poursuivi. Dès lors, “la Ville de Paris est fondée à solliciter l’engagement de la responsabilité de l’État.”

Fin avril, la justice administrative avait déjà condamné l’État à verser un peu plus de 1,2 million d’euros à la commune et la métropole de Toulouse, en réparation des dégâts occasionnés par le mouvement des Gilets jaunes.

À voir également sur Le HuffPost: 1er mai: incendies, vitrines saccagées... Des dégradations émaillent la manifestation à Paris

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    Les limites de la méthode Macron avec l'exemple des cahiers de doléances

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 30 April - 05:30 · 2 minutes

GRAND DÉBAT - C’était l’une des grandes réponses à la crise des Gilets Jaunes : les 500.000 doléances auxquelles s’ajoutent deux millions de réponses à une enquête du gouvernement n’ont pourtant pas eu l’effet escompté.

Emmanuel Macron avait promis que cette enquête inédite sur les aspirations des Français impacterait sa politique. Si les résultats du questionnaire mis en ligne sont bien disponibles sur le site du gouvernement , les manuscrits des doléances écrites restent eux au fond des placards des archives départementales. Sans effet visible non plus sur la manière de gouverner, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article .

Plusieurs raisons à cela: “Une doléance sur deux comporte des informations personnelles, ce qui fait qu’elles ne seront consultables que dans 50 ans, c’est absurde. Les gens étaient au courant qu’elles seraient rendues publiques”, explique Didier le Bret au HuffPost . C’est lui, diplomate de profession, qui a amené sur le devant de la scène cet instantané précieux de la vie des Français.

Cette ère nouvelle ne sera pas la continuité du candidat qui s’achève mais l’invention collective d’une méthode refondée." Emmanuel Macron, le soir de sa réélection.

En allant dans ces archives, Didier Le Bret en a exhumé certaines et les a réunies dans un ouvrage Rendez les doléances!. “J’espère que toute cette matière finira intégralement en ligne, de manière à ce que ça redonne du sens au débat public”, veut croire aujourd’hui cet ancien conseiller de François Hollande. Une pique adressée à tous ceux qui, comme le ministre Sébastien Lecornu, avaient dit en 2019: “Tout doit pouvoir être consulté par tout le monde.”

Les mots d’Emmanuel Macron le soir de sa réélection -“cette ère nouvelle ne sera pas la continuité du candidat qui s’achève mais l’invention collective d’une méthode refondée”- sont-ils liés aux limites de ces cahiers de doléances? “Le chef de l’État renoue avec le candidat de 2017, il a compris qu’il ne pouvait pas miser que sur son bilan”, répond en tout cas Didier Le Bret.

Il pense aussi que le président de la République n’a plus le droit à l’erreur “avec un Front National (sic) à 41% au second tour, et en tête dans la majorité des communes au premier tour.”

À voir également sur Le HuffPost: Toutes ces fois où Emmanuel Macron a promis de changer sa manière de gouverner

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    À Strasbourg, le meeting d'Emmanuel Macron perturbé par des incidents

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 12 April - 22:40 · 3 minutes

POLITIQUE - “Je demande le même respect!” Devant quelques milliers de personnes, des partisans mais aussi de nombreux opposants, Emmanuel Macron a tenu, mardi 12 avril, un premier meeting de l’entre deux tours de la présidentielle devant la cathédrale de Strasbourg (Bas-Rhin), répondant du tac au tac à de multiples interruptions hostiles.

Alors que ses partisans l’acclamaient au cri de “cinq ans de plus”, des gilets jaunes, des opposants au pass sanitaire , des défenseurs du climat, des partisans de l’impôt sur la fortune (ISF) ou de simples citoyens l’ont pris à partie à plusieurs reprises, comme vous pouvez le voir sur les images en tête d’article filmées par le reporter de HuffPost .

Avant même le début du rassemblement, un groupe de protestataires, certains arborant des gilets jaunes et scandant des slogans contre le pass sanitaire, ont été refoulés à l’entrée du périmètre de sécurité par les forces de l’ordre. “Macron en prison”, ont-ils crié.

Puis, durant les premières minutes du meeting, les interruptions et huées ont été incessantes. À chaque fois, Emmanuel Macron a suspendu son discours sur l’Europe pour répondre aux accusations et slogans, défendant son bilan et ses projets. Pendant ce temps, plusieurs personnes ont été évacuées par le service d’ordre.

“Je demande à tous le même respect !”

“Macron rend l’ISF”, l’a hué un groupe portant des t-shirts “taxez les riches”. “L’ISF, il est pas dans ma poche, cela a permis de créer des emplois !”, a rétorqué le président et candidat. L’action a plus tard été revendiquée sur les réseaux sociaux par des militants de l’Union populaire et de Jean-Luc Mélenchon.

À d’autres militants du candidat de gauche qui criaient le nom de leur champion, il a lancé : “Mélenchon ? Oui, vous avez pu voter la première fois! C’est le principe de la démocratie. Je demande à tous le même respect !”.

À un autre qui hurlait un “Vive le roi de la République!”, il a rétorqué: “Vous pouvez le faire, c’est ça la différence entre vivre en France et vivre en Hongrie”.

Apercevant des drapeaux bleu et jaune, il s’est aussi écrié, très applaudi: “merci de faire flotter ici le drapeau de l’Ukraine”. Puis loué “l’Europe de la Culture et des Erasmus”, mais aussi l’Europe qui a fourni la France en vaccin ou qui protège les Droits de l’Homme.

“Et le climat ?”, l’a soudain questionnée une jeune étudiante de 24 ans, Théa, qui a voté Yannick Jadot au premier tour. “J’entends les préoccupations, je les partage”, mais “je veux tirer les gens avec moi” sur ce sujet. “On a réduit deux fois plus vite les gaz à effet de serre” que durant le précédent quinquennat. “Mais il faut maintenant aller beaucoup plus vite”.

Ciblant en fin de discours son adversaire Marine Le Pen , comme il l’a fait tout au long de sa journée en Alsace, il a martelé que celle-ci voulait “sortir” de l’Union européenne mais qu’elle n’osait “plus le dire”, ce qui entraînerait, si elle était élue présidente, “le retour au nationalisme” et “de la guerre” sur le continent.

“Le projet de l’extrême droite est un projet où se cache la sortie de l’Europe (...)”, “qui est une conquête des huit dernières décennies”, a-t-il soutenu. “Avec la plus grande force, vous me verrez m’opposer à ce projet parce que c’est le retour au nationalisme et le retour de la guerre. Jamais.”

À voir également sur Le HuffPost : L’affaire McKinsey, une “non-affaire” pour ces soutiens d’Emmanuel Macron

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    Des gilets jaunes au Convoi de la liberté, les mêmes carburants

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 15 February - 10:48 · 5 minutes

Sur les Champs-Élysées le 12 février, parmi le Convoi de la liberté, de nombreux gilets jaunes.

POLITIQUE - À moins deux mois du scrutin présidentiel, la France “navigue en eaux troubles”. Après deux années lourdement marquées par la pandémie, la majorité des Français expriment un profond désarroi: incertitude et sentiment d’impuissance se combinent avec la préoccupation du coût de la vie pour produire une nouvelle équation de la contestation. Contexte oblige, le rejet du vaccin ou du pass vaccinal est devenu la bannière de cette nouvelle mouvance contestataire, en réalité multiple et bien plus hétérogène que cette seule revendication.

Deux tiers des Français considèrent que notre pays va dans la mauvaise direction. Mais ce pessimisme généralisé masque des situations individuelles différentes. Un bloc pessimiste et anxieux, qui représente 4 Français sur 10, se dessine. Ses membres se considèrent largement comme “perdants”, et ont le sentiment d’être “perdus”. “Je n’ai pas l’impression de reconnaître mon pays”, a-t-on entendu lors d’un groupe de discussion à Marseille. Ce sont quelques-uns d’entre eux qui se sont retrouvés sur les routes ce week-end.

Les membres de ce groupe sont aussi les plus nombreux - un sur trois - à déclarer ne pas avoir reçu d’aides pendant la pandémie alors qu’ils en avaient besoin. Cette perception traduit un sentiment d’abandon qu’il faut entendre.

Le Convoi de la liberté exprime aussi la recherche de nouvelles solidarités, le temps d’un trajet ou d’un rassemblement, comme c’était le cas sur les ronds-points.

87% des Français considèrent que c’est le “chacun pour soi” qui prévaut aujourd’hui en France. Ils n’étaient que 45% à le penser en juin 2020, au moment de l’éphémère France des balcons. Or c’est aussi au sein de ce bloc pessimiste que les gens déclarent plus que la moyenne se sentir seuls. Face à l’individualisme et à l’isolement, le Convoi de la liberté exprime aussi la recherche de nouvelles solidarités, le temps d’un trajet ou d’un rassemblement, comme c’était le cas sur les ronds-points.

Le coût de la vie, le nerf de la guerre

Ces groupes n’ont pourtant pas les mêmes opinions quant aux priorités pour notre pays: pour certains, l’enjeu numéro un est l’immigration, tandis que d’autres sont d’abord préoccupés par les inégalités. Parmi ceux qui voteront en avril, tous ne mettront pas le même bulletin dans l’urne, entre Éric Zemmour, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Et très nombreux sont les indécis.

Mais leurs angoisses quotidiennes sont les mêmes, et d’abord celle du coût de la vie. “Tous les prix augmentent. On ne se fait plus plaisir, maintenant on est sélectif, on va à Lidl. L’écart se creuse , nous a-t-on dit à Tours. Aux quatre coins de la France, la même inquiétude omniprésente de l’augmentation des prix, qu’il s’agisse de l’alimentation ou de l’énergie. Les Gilets jaunes étaient nés de cette angoisse. C’est aussi l’un des carburants du Convoi.

Trois ans après le début du mouvement, près de la moitié des Français (46%) ont une opinion positive des Gilets jaunes. Les manifestations de solidarité, des soutiens logistiques aux comités d’accueil tout au long du parcours du Convoi, en témoignent. Si ce soutien est majoritaire chez les partisans de Jean-Luc Mélenchon, d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen, il est loin d’être négligeable chez ceux de Valérie Pécresse (32%), et même chez ceux d’Emmanuel Macron (26%).

Incertitude et impuissance, terreau de la défiance

La pandémie a créé un profond hiatus entre ceux qui arrivent à faire des projets à moyen et long terme, et ceux qui sont restés bloqués sur la fréquence Covid. À l’incertitude s’ajoute un grand sentiment d’impuissance, face à la complexité administrative, source de stress au quotidien, ou encore à la sensation d’être tributaire d’une offre de consommation antiécologique (obsolescence programmée, suremballage...). Le sentiment de ne pas avoir la maitrise de ses choix et de sa vie alimente un profond ressentiment qui nourrit la défiance.

De confinement en couvre-feu, la pandémie a réduit nos fréquentations, mais aussi nos horizons. Conséquence directe: le cercle de la confiance s’est lui aussi restreint aux proches, et aux acteurs de proximité. Les politiques et les journalistes en sont les grands perdants, parvenant à des niveaux de défiance inédits. Cette défiance débouche sur la conviction complotiste que l’“on nous cache la vérité sur le Covid”, opinion très largement partagée par les participants au Convoi.

Le sentiment de ne pas avoir la maitrise de ses choix et de sa vie alimente un profond ressentiment qui nourrit la défiance.

Incertitude, impuissance, solitude et précarité: tels sont les carburants du Convoi de la liberté. Mouvement social avant tout, il s’inscrit dans la continuité de celui des Gilets jaunes, qui continue de bénéficier d’un socle de soutien important. Le rejet du vaccin n’est qu’un prétexte pour exprimer l’envie de réexister dans une société dont ils se sentent oubliés, de reprendre le contrôle sur une vie et un avenir qui leur échappent.

Face à cette contestation aux multiples visages, aujourd’hui le “quoi qu’il en coûte” doit impérativement être transposé à la question de la cohésion: après l’urgence sanitaire, la priorité absolue est de retrouver, sur toutes les routes de France, notre destin commun.

À voir également sur Le HuffPost: Le “Convoi de la liberté” France embarrasse les responsables politiques

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    Au sein du "convoi de la liberté", les journalistes pas toujours bien accueillis

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 10 February - 16:49 · 7 minutes

Au sein de la mobilisation citoyenne du convoi dit

MOUVEMENTS SOCIAUX - “Ne me faites pas passer (à la télévision) parce que vous ne comprenez rien!” Quelques semaines après une séquence très commentée dans laquelle il se faisait traiter, entre autres, de “perroquet” répétant les “mensonges” du gouvernement sur le Covid , le journaliste de LCI Paul Larrouturou a de nouveau expérimenté la défiance envers les médias à l’occasion du départ du “ convoi de la liberté ” à Nice, mercredi 9 février.

“Ne me parlez pas, vous êtes des corrompus!”, lui a lancé un autre participant au rassemblement, quand un troisième répondait “peut-être, oui” quant à savoir si la pandémie était un complot. Et une dernière d’ajouter: “Vous voyez les chiffres (du Covid)... Ils mentent, tout est faux, il n’y a pas le nombre de morts que vous croyez, c’est une aberration mentale!” Ambiance.

Ce jour-là, à Nice comme à plusieurs autres extrémités de l’Hexagone , des convois se sont élancés avec l’objectif de rallier Paris vendredi 11 février en fin de journée, puis Bruxelles trois jours plus tard. À chaque fois, des motos et des véhicules particuliers, quelques fourgonnettes, mais pas vraiment de camions comme au Canada, d’où est partie l’idée de ce mouvement d’opposition . Un peu partout, des drapeaux français, de rares canadiens, et des gilets jaunes .

Portés par la complosphère

Et si une partie des manifestants acceptent de témoigner de bon cœur aux journalistes venant les interroger, l’un d’entre eux offrant même une chaleureuse accolade au reporter de LCI, tous ne sont pas franchement ravis du traitement médiatique reçu.

“Grand reset”, “bientôt tous pucés”, “il va y avoir un génocide à cause des vaccins”, “révolution”... les termes employés appartiennent souvent à un champ lexical bien connu. En effet, dans une note du Renseignement à laquelle ont eu accès plusieurs de nos confrères, dont franceinfo , il est précisé que le mouvement canadien luttant contre les mesures sanitaires “rencontre un fort écho, notamment au sein de la mouvance des anti-pass, complotistes et gilets jaunes”.

Une adhésion venue d’abord sur Facebook, puis via des groupes de discussion et des “médias citoyens” nés durant la mobilisation des gilets jaunes. Des relais qui se positionnent en opposition aux médias traditionnels, comme “ Vécu ”, ou comme le journaliste Richard Boutry , ex-présentateur de France Télévisions passé chez le désormais problématique France Soir avant de monter sa propre webtélé, rapidement devenue une référence au sein de la “complosphère”.

Résultat, à deux mois de la présidentielle, les participants clament haut et fort leurs revendications: une opposition pacifique à Emmanuel Macron et aux mesures sanitaires, et une envie de retrouver leurs “libertés” disparues selon eux du fait des dispositifs en place face au Covid, en tête desquels le pass vaccinal. “On est 4,7 millions de non-vaccinés. Macron veut nous emmerder, mais c’est nous qui allons l’emmerder”, explique par exemple un manifestant au Parisien . Une mobilisation qui se fonde ainsi sur un rejet de la classe politique, du discours majoritaire et de nombreux médias.

Des manifestants partagés

Et cela, Jean-Wilfrid Forquès, correspondant de BFMTV dans le sud-ouest du pays a pu s’en rendre compte ce mercredi. Prévoyant un direct depuis le départ du convoi de Perpignan, il en a été empêché par “un groupe d’hommes” menaçants et une femme “qui s’est mise devant la caméra avec un carton”. Ses interlocuteurs lui faisant notamment des reproches quant à la subjectivité supposée de la chaîne sur la crise du Covid: “on nous a dit que ça allait très très mal se passer pour nous si on passions en direct”, a-t-il raconté.

Au point qu’avec la journaliste reporter d’images qui l’accompagnait, ils ont préféré partir. Et cela alors qu’ils s’étaient accordés avec plusieurs manifestants, une retraitée et un gilet jaune qui, eux, voulaient bien témoigner.

Et cette ambivalence envers les journalistes se retrouve d’ailleurs dans les rangs des convoyeurs se dirigeant vers Paris. Sur un groupe de discussion Telegram regroupant des centaines de soutiens franciliens au “convoi des libertés”, Le HuffPost a pu lire tant des incitations à parler qu’à se méfier de la presse.

Les membres y sont aussi incités à remettre leurs communiqués de presse et à confier leurs revendications à certains représentants identifiés au sein du cortège, afin que ceux-ci les transmettent à la presse et aux politiques. Toujours dans ce groupe, un appel a été lancé pour refuser de s’adresser aux médias, “qui ne délivrent pas une information plurielle, objective, qui ont abandonné le travail d’investigation, ne respectent pas la charte de Munich et ont oublié qu’ils sont le 4ème contre-pouvoir indispensable à toute démocratie”.

Sur le principal groupe Facebook de la mouvance, fort de plus de 340.000 membres, les publications évoquant des sollicitations médiatiques visant certains membres ou des reportages sur leur lutte divisent aussi. Quand certains se réjouissent de commencer à peser dans l’opinion, d’autres multiplient les attaques contre les médias traditionnels.

À l’image d’une demande d’interview d’un journaliste de France Info reproduit dans le groupe et qui résulte en une opposition entre deux membres. D’un côté, une femme invite les membres à accepter les demandes presse, puisqu’il “vaut mieux parler par vous-même qu’avoir les médias qui interprètent d’eux-mêmes le mouvement”; et de l’autre un homme commentant quant à lui: “Il ne faut surtout pas parler à France Info qui est une tribune bobo dégénérée à la solde du pouvoir en place!”

Les gilets jaunes toujours présents

Ces deux attitudes sont rapportées par la plupart de nos confrères présents dans les cortèges ayant déjà pris la route vers la capitale, évoquant des refus assez récurrents de leur parler, quand ils ne sont pas accusés de mentir ou de porter la parole du gouvernement par une partie des manifestants. Le résultat sans doute d’un agrégat de profils très hétéroclites , qui donnent au mouvement un fonctionnement encore très nébuleux.

Ainsi, sur la chaîne d’État russe RT , une femme se présentant comme membre de l’organisation de la manifestation, Régine Briquez, assure que le mouvement n’a aucune obédience politique et qu’il se veut avant tout pacifique. “On ne va pas pouvoir empêcher les banderoles et les revendications, notamment des gilets jaunes, mais l’essence du mouvement, c’est le retour des libertés”, avant d’assurer que toute façon, “les médias mentent et essaient de discréditer” l’initiative.

Une affirmation à laquelle se joint Jérôme Rodrigues , figure du mouvement des gilets jaunes. Au micro de LCI, celui-ci a, au contraire de Régine Briquez, directement lié le mouvement social de ce début 2022 à celui de la fin d’année 2018. “Ce n’est pas du tout une résurgence des gilets jaunes”, affirme-t-il. ”Ça fait trois ans que les médias font passer pour morts les gilets jaunes. Ils ne sont jamais morts, n’en déplaise au gouvernement et aux médias.” Et d’ajouter que les gilets jaunes font d’ailleurs partie de l’organisation de tous les convois.

Et de la même manière que la presse avait subi de vifs assaut au cœur de la mobilisation populaire des gilets jaunes, contraignant parfois les équipes de télévision à accompagner leurs journalistes d’agents de sécurité, la grogne contre les médias est déjà bien présente.

Avec encore une fois Jérôme Rodrigues, sur Sud Radio ce coup-ci: “J’avertis les médias parce qu’à peine le convoi parti, on nous dit déjà que c’est des complotistes. Les médias sont déjà en train de diffamer, de diaboliser, de dégueulasser... Mais aujourd’hui, on ne va pas se laisser avoir.” Ambiance, encore.

À voir également sur le HuffPost : Selon Attal, la levée du pass vaccinal pourrait être envisagée pour “fin mars-début avril”

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    Le "Convoi de la liberté" en France embarrasse les responsables politiques

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 10 February - 12:25 · 6 minutes

Photo prise le 9 février au départ d

POLITIQUE - Attendre et observer. À deux mois de l’élection présidentielle, c’est un peu l’état d’esprit de la classe politique face aux “Convois de la liberté” français, dont l’arrivée à Paris prévue vendredi 11 fait désormais l’objet d’une interdiction de la préfecture de police.

Parti du Canada, le mouvement des “Convois de la liberté” a trouvé son public français sur les réseaux sociaux. Sur les routes, c’est encore la grande inconnue. Les convois partis mercredi du Sud se rapprochent de la capitale. Ce n’est qu’une fois à Paris, et en fonction de la capacité de nuisance - même pacifique - que l’on pourra véritablement juger du succès de l’opération et de l’ampleur de la mobilisation. En attendant, une partie de la classe politique marche sur des œufs.

Il faut dire que le souvenir des Gilets jaunes n’est pas loin. Ces derniers ont échoué à se remobiliser fin octobre , mais certaines figures connues ont déjà affiché leurs soutiens aux Convois, voire les ont rejoints. Et alors que les prix à la pompe n’ont pas baissé, que le pass vaccinal controversé est entré en vigueur, et que les questions de pouvoir d’achat s’imposent dans la campagne , tous les éléments semblent réunis pour de nouveau allumer l’étincelle.

Dans un contexte électoral, il s’agit de bien se positionner pour les différents candidats et partis. Soutenir le mouvement permet de montrer sa proximité (et de promouvoir ses solutions) face aux inquiétudes des électeurs. À l’inverse, d’autres préfèrent jouer la carte de la fermeté, en défenseur de l’ordre public.

Soutien affiché au nom d’autres revendications

Une partie de l’opposition ne s’y est pas trompée et affirme son soutien, en se gardant bien de réduire le mouvement aux seuls “anti-pass”. “Évidemment que je le comprends. C’est une autre forme de Gilets jaunes”, a déclaré Marine Le Pen, candidate du RN sur Europe 1 le 9 février.

Toujours très à droite, les soutiens d’Éric Zemmour sont sur la même ligne et ont sauté sur l’interdiction de la préfecture pour ressortir les accusations de violences policières, aussi emblématiques de la crise des gilets jaunes. Tandis que Florian Philippot, toujours surfant sur la gestion de la crise sanitaire, récupère aussi le mouvement.

À gauche toute aussi, la France Insoumise affiche ”évidemment” son soutien aux convois. Le député du Nord, Adrien Quatennens, a défendu le mouvement comme une lutte contre “toutes ces mesures liberticides” mises en place pour réguler “sans efficacité” l’épidémie, tout en mettant lui aussi en avant les autres revendications, notamment celle du pouvoir d’achat. “J’ai vu certains qui ont l’intention d’utiliser ces convois pour en quelque sorte revenir avec des revendications pas satisfaites avec les Gilets jaunes. Évidemment, nous les soutenons toujours”, a affirmé le coordinateur des Insoumis.

Quid des écologistes? Si Yannick Jadot est pour l’instant resté silencieux sur le sujet, Sandrine Rousseau, membre de son équipe de campagne, a pris position en faveur du convoi. “C’est un mouvement qu’il faut entendre” afin de changer la réponse politique - trop “autoritaire” - aux crises sanitaires, estime l’écologiste.

“On l’a vu avec les Gilets jaunes, il suffit d’une forme d’étincelle dans la société telle qu’elle l’est à présent pour que ça s’enflamme. (...) Cette question du pouvoir d’achat, d’un pouvoir de vivre, d’un droit d’accès aux choses essentielles, ça, c’est indispensable et oui il nous faut le porter”, a assumé la présidente du conseil politique de Yannick Jadot. Mais au vu de ses relations compliquées entre les deux, rien ne permet d’affirmer que le candidat reprendra à son compte cette position.

Fermeté face à des “anti-vax”

Exception dans l’opposition: la droite de Valérie Pécresse. Éric Ciotti, son conseiller sécurité, a exprimé une désapprobation très nette. Lui ne voit dans les convois de la liberté que des antivax et juge “criminel”, les “politiques qui portent ces messages pour des raisons électorales”. “J’appelle à une grande fermeté pour éviter les blocages, la paralysie”, tranche le député LR.

Son discours est presque aussi sévère que celui d’un membre du gouvernement. Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, a durement condamné le “convoi de la honte et de l’égoïsme”, mené par des “irresponsables”. “C’est le énième épisode des antivax, qui sont pour certains complotistes au plus haut point”, a-t-il taclé sur LCI.

“Je crois qu’il faut répondre avec modération, responsabilité (...) mais ne pas accorder non plus une confiance excessive à un convoi qui se nomme à l’exact opposé de ce qu’il est”, ajoute-t-il.

Ne pas surestimer ni sous-estimer

En clair, le gouvernement ne veut surtout donner trop d’importance au mouvement. “On sait qu’il y a une fatigue et une lassitude des Français vis-à-vis du virus et des mesures que nous avons dû prendre” et “il y a plus que quelques centaines de milliers de personnes qui en ont marre de cette épidémie et de vivre avec ce virus”, avait déclaré Gabriel Attal en sortie de Conseil des ministres mercredi.

Pour l’instant, l’heure est plutôt à la sérénité en Macronie: “Il n’y a pas un vent de révolution en France”, confie un conseiller à franceinfo. On compte d’ailleurs sur la présence “d’ultras, de complotistes” dans le mouvement pour le décrédibiliser, assure aussi un proche du président.

Le locataire de Beauvau lui-même a montré la même image. Mardi, Gérald Darmanin a déclaré ne pas disposer “de renseignements démontrant que cela s’organise de manière importante”. Toutefois, l’exécutif n’hésitera pas à hausser le ton si besoin: “Les policiers et les gendarmes sont très mobilisés et nous prendrons nos responsabilités pour ne jamais laisser entraver la liberté de circulation”, a fait savoir le ministre mardi. Un avant-goût a été donné ce jeudi avec l’interdiction du préfet de police de Paris.

À voir également sur Le HuffPost: À Bayonne et Nice, des “convois de la liberté” s’élancent vers Paris

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    Covid-19: Un "Convoi de la liberté" en France dans le radar du renseignement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 9 February - 10:04 · 6 minutes

Des manifestants du

CORONAVIRUS - Des milliers de manifestants, des centaines de camions bloquant routes et ponts... Le Canada et principalement sa capitale, Ottawa , sont secoués depuis une dizaine de jours par un mouvement initié par des camionneurs partis de Vancouver opposés à la vaccination obligatoire . Ces derniers sont devenus en quelques jours les nouveaux héros des opposants aux mesures sanitaires prises pour limiter la propagation du Covid .

Resté silencieux pendant plusieurs jours, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a critiqué ce lundi 7 février le mouvement, tout en estimant que les Canadiens étaient “tous fatigués des restrictions” et “des sacrifices”, ouvrant ainsi la porte à un assouplissement des restrictions sanitaires. Certaines provinces comme l’Alberta n’ont d’ailleurs pas attendu et ont déjà renoncé au pass vaccinal, alors que le Québec a annoncé un calendrier détaillé des allègements à venir.

Un début d’organisation en France?

Depuis peu, le mouvement inspire également au-delà des frontières: en Nouvelle-Zélande , un convoi a bloqué ce mardi les rues autour du Parlement à Wellington. Des premiers (petits) foyers de contestation ont également émergé en Alaska et à New York aux États-Unis, où Donald Trump a proposé au “convoi de la liberté” canadien de “venir à Washington avec les camionneurs américains” pour “protester contre la politique ridicule de Joe Biden sur le Covid ”.

Mais cette vague canadienne de protestation peut-elle faire tache d’huile en France , alimentée par plusieurs candidats à l’élection présidentielle, opposés à la vaccination et dénonçant depuis des mois des “entraves liberticides” des pass sanitaire puis vaccinal? “Aujourd’hui, on n’a pas de renseignements démontrant que cela s’organise de manière importante”, a répondu mardi sur BFMTV, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin . “Mais nous sommes attentifs et la réponse de l’État sera extrêmement ferme si c’est le cas.”

Reste que l’initiative est suivie de près par les services de police et renseignement. Lundi, une source policière expliquait à l’AFP que “l’initiative était prise au sérieux par les autorités” et que “des dispositifs de vigilance” étaient prévus. Une note des renseignements territoriaux, datée du 7 février et dévoilée ce mercredi par Le Parisien , confirme cette attention particulière même si elle parle d’un mouvement “loin d’être solidement structuré”.

Cinq convois empruntant cinq trajets différents, en provenance de toute la France, doivent faire route vers Paris “avec un début de convergence attendu à partir de ce mercredi 9 février”, détaille la note. Le convoi doit ensuite rejoindre Bruxelles le lundi 14 février, est-il précisé.

Pluralité de profils

Comme lors du mouvement des Gilets jaunes en 2018 et 2019, l’initiative est partie des réseaux sociaux. Groupes Facebook, comptes Twitter et conversations sur la messagerie cryptée Telegram se multiplient depuis plusieurs jours avec un objectif clair: “rouler sur Paris”. Une page Facebook, créée le 26 janvier et baptisée “Convoi de la liberté” appelle les opposants aux mesures sanitaires à faire “le siège de la capitale”. Elle est désormais suivie par près de 300.000 personnes , à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Sur un autre groupe et face caméra, l’un des organisateurs du convoi français, Rémi Monde, dénonce pêle-mêle “les restrictions, le passe sanitaire, l’augmentation du prix de l’énergie, le coût de la vie et le recul (de l’âge) du départ à la retraite”.

Il assure que toutes initiatives individuelles se réunissent pour créer un mouvement. Son compte est par ailleurs inondé de publications relatives au Covid-19, aux dangers des vaccins et parfois de messages violents à l’encontre du gouvernement, dont le Premier ministre Jean Castex qu’il qualifie de “pauvre type”. L’une des publications qu’il a relayée concernant un convoi de routiers au Brésil a été épinglée pour “fausse information” par Facebook et il a aussi affiché son soutien au documentaire complotiste Hold-up .

De plus en plus d’automobilistes affichent également leur participation au mouvement en publiant des photos de leur véhicule avec une feuille A4 accrochée sur le tableau de bord ou un sticker : “Je soutiens le convoi de la liberté”. Une grande partie des messages sont des demandes de covoiturage afin de participer à ce “convoi”: “départ de la Rochelle”, “de Chamonix”, “de Nice”... La méfiance, voire le rejet, des médias s’exprime également très largement dans les publications et les commentaires.

“Des différends opposent déjà les uns et les autres dans les discussions, qui ne sont pas sans rappeler les tensions internes déjà observées dans le mouvement des Gilets jaunes”, indique la note de service des renseignements territoriaux. “Certains proposent ainsi ‘un blocage complet’ provoquant des ‘ruptures d’approvisionnement en carburants et nourriture’, d’autres des ‘affrontements avec les forces de l’ordre’, quand certains prônent encore un mouvement ‘pacifique afin de ne pas être discrédité’”, est-il précisé.

Un “mouvement apolitique”

“En France, ça fait des années qu’on mène un combat pour retrouver notre démocratie, notre pouvoir d’achat -mais c’est un élément de communication du gouvernement de dire ça, disons, retrouver notre capacité à bien vivre. Il y a un ras-le-bol général. Le leitmotiv est la dictature sanitaire, mais ça va bien au-delà”, explique Rémi Monde, lui-même gilet jaune ou ex-participant à “Nuit Debout” au printemps 2016.

Le mouvement se veut en revanche complètement apolitique, malgré les soutiens de certaines personnalités politiques comme Florian Philippot , président des Patriotes qui a tweeté le 30 janvier: “Il semble bien que le château de cartes mondial de la corruption ait commencé de s’écrouler, et ça part du Canada! Trudeau (le Premier ministre, NDLR ) se cache! La vague va déferler sur la France!” Le même appel a été posté sur le réseau social par Jean-Frédéric Poisson , ex-député LR désormais soutien d’Éric Zemmour: “Après le Canada, les routiers français et européens se mobilisent. Soutien au #ConvoidelaLiberte! #TousAParis.”

Les organisateurs du convoi national dénoncent déjà cette récupération politique et certains posts visent directement l’ancien vice-président du Front national, qui surfe depuis le début de la crise sanitaire sur le complotisme anti-Covid. Rémi Monde prévient: “Aucun mouvement politique est assimilé de près ou de loin à la meute. Ils vont tous essayer de faire de la com, nous ne sommes pas dupes.”

Les syndicats de routiers n’en sont pas

De là à dire qu’un élan aussi grand qu’au Canada se prépare en France, il y a un énorme pas. Pour l’instant, l’ampleur du mouvement français reste limitée. D’abord, la confusion règne au niveau de l’organisation de la manifestation. Dans un live le 6 février, Rémi Monde a reconnu une certaine cacophonie au niveau des dates de la manifestation.

De plus, contrairement à l’origine du mouvement canadien, les routiers français ne sont que peu ou pas concernés et les syndicats ont indiqué qu’ils ne participeront pas au convoi. Les camionneurs n’ont d’ailleurs pas d’obligation vaccinale, à l’inverse de leurs homologues outre-Atlantique. “Ils seront présents mais ça ne sera pas la majorité”, reconnaît Rémi Monde dans l’une de ses vidéos, qui appelle les automobilistes, les cyclistes et même les adeptes de la trottinette à se joindre à lui.

​À voir également sur Le HuffPsot: Au Canada, la capitale Ottawa paralysée par le “convoi de la liberté” déclare l’état d’urgence

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    Sur LCI et TF1, Macron s'offre un grand satisfecit avant la présidentielle

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 15 December - 23:50 · 5 minutes

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POLITIQUE - Emmanuel Macron était-il devant sa télévision? Si oui, il a pu regarder le président de la République en train de regarder la rétrospective de l’action du président de la République ces quatre dernières années. Voilà le ton de l’émission diffusée mercredi 15 octobre , en prime time, sur TF1 et LCI.

Un entretien de fin de mandat mené par Darius Rochebin et Audrey Crespo-Mara -enregistré dimanche- qui aura duré deux heures. L’occasion pour le locataire de l’Élysée de revenir en longueur et en images sur les différentes crises qui ont émaillé son quinquennat, de la fronde des gilets jaunes à la pandémie de coronavirus , et de donner quelques pistes sur sa future candidature qu’il a, sans surprise, pris soin de ne pas officialiser.

Un long satisfecit ponctué de rares regrets , qui ne manquera pas d’alimenter la colère des oppositions sur fond “d’exercice de propagande” à quatre mois de l’élection présidentielle.

“Je ne fais pas de politique”, mais...

“Je ne fais pas de politique”, a pourtant répété le président de la République, dans un sourire, à deux reprises comme pour déminer les critiques qui n’ont pas manqué de pleuvoir depuis l’annonce de cette émission. Plusieurs candidats avaient même saisi dès le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) au nom de “l’équité” avant la diffusion de l’interview.

Sur le fond, Emmanuel Macron est revenu sur l’épidémie de Covid-19 en balayant les attaques sur une gestion de crise trop solitaire et verticale. “Je défie quiconque de montrer une démocratie qui a fonctionné aussi intensément que la démocratie française”, s’est-il défendu en louant l’action du gouvernement, tant sur la vaccination que sur la réponse apportée aux grandes difficultés de l’hôpital public ou le fameux “quoiqu’il en coûte” économique.

“C’est facile de gagner le tiercé avec le résultat des courses”, a-t-il encore lancé, en reconnaissant malgré tout que “nous nous sommes retrouvés démunis” sur la question des masques et des équipements, entre autres. Une façon aussi de renvoyer la responsabilité dans le camp des précédents gouvernements.

Même chose sur les gilets jaunes. Emmanuel Macron s’est d’abord vigoureusement défendu d’être “le président des riches”, le surnom que lui a été donné par une partie de l’opposition. Puis il a reconnu une part de “ responsabilité” dans cette fronde en reconnaissant les “erreurs”... mais des autres.

Macron et les petits regrets

Le chef de l’État a par exemple parlé de la taxe carbone, en précisant qu’elle datait de 2015, avant son entrée en fonction, et de la mesure controversée des 80 km/h sur les routes départementales. Une disposition poussée et portée par le chef du gouvernement de l’époque Édouard Philippe.

Également interrogé sur son attitude vis-à-vis de Nicolas Hulot à l’hiver 2018, lors des premières accusations de viol visant son ministre, Emmanuel Macron, qui l’avait soutenu, n’a pas exprimé de regret . “En 2018, Nicolas Hulot a nié avec beaucoup de force. Il y avait eu une plainte, mais elle avait été classée, il n’y avait aucune procédure en cours. Nous avions un homme blessé, et donc il est resté ministre. Quel autre choix aurions-nous pu faire?”, a-t-il martelé en assumant avoir confirmé l’ancien animateur à son poste à ce moment-là.

C’est sur la forme, et dans sa relation avec les Français, que le chef de l’État a concédé ses principaux (mini) mea culpa . Interrogé sur ses “petites phrases” polémiques du début du quinquennat, il a reconnu qu’il ne les redirait plus, même si elles montraient qu’il était “arrivé au pouvoir avec une forme de vitalité” et “une volonté de bousculer”.

"J'ai acquis, je crois pouvoir le dire, beaucoup plus de respect pour chacun. Emmanuel Macron

“J’ai acquis, je crois pouvoir le dire, beaucoup plus de respect pour chacun”, a-t-il notamment expliqué après avoir regardé les fameuses séquences sur “ceux qui ne sont rien” ou “les Gaulois réfractaires”. Et d’ajouter: “À l’époque, je pense qu’avec certains de mes propos j’ai blessé des gens et je pense qu’on peut bouger les choses sans blesser des gens.”

Macron presque candidat, l’opposition excédée

Emmanuel Macron a également reconnu sa “naïveté” en 2018 quand, à l’automne, il avait accepté une photo avec un homme faisant un doigt d’honneur à Saint-Martin. “Il faut protéger la fonction. Par tempérament, je me protège, mais il y a des moments où ce que vous représentez est plus important que vous (…). J’ai été suffisamment naïf pour laisser faire cette photo”, a-t-il regretté, en lançant à plusieurs reprises “j’ai appris”.

Au-delà de ce bilan, largement positif donc, le chef de l’État, qui ne “fait pas de politique”, s’est attaché à tracer quelques perspectives pour les mois et années à venir “car on ne transforme pas la France en cinq ans.”

Il a par exemple affirmé que la réforme des retraites, stoppée net par la pandémie de Covid-19 -ce qu’il assume- devra être relancée. Il en a d’ailleurs profité pour poser les premiers jalons d’un “système simplifié” avec “grosso modo trois grands régimes”, pour la fonction publique, pour les salariés du privé et pour les indépendants. Sera-t-il candidat pour porter cela? J’ai “de l’ambition pour notre pays, l’envie de faire”, a-t-il répondu, tout en assurant ne pas être “aujourd’hui dans la situation de répondre à cette question.”

Pas de quoi contenter les oppositions qui pressent le chef de l’État à sortir du bois. À peine terminée, l’émission a mis en fureur ses adversaires. Éric Ciotti dénonçait, par exemple sur LCI, “une émission de propagande”, qui “pose un grave problème démocratique.” Un “confessionnal à ciel ouvert et pas une idée neuve”, pour le socialiste Boris Vallaud, “un moulin à paroles égocentré, tiède et sans souffle”, pour Jean-Luc Mélenchon... pas convaincus par cette soirée souvenirs et diapos en première partie de soirée.

À voir également sur Le HuffPost : Quand Nicolas Sarkozy squattait (aussi) la télé avant d’annoncer sa candidature