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    "Serrer le kiki": Macron reprend l'expression préférée de Le Pen

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 18 March - 14:56 · 2 minutes

French President Emmanuel Macron and centrist candidate for reelection delivers his speech during a meeting in Pau, southwestern France, Friday, March 18, 2022. The two-round presidential election will take place on April 10 and 24, 2022. (AP Photo/Bob Edme)

POLITIQUE - L’expression de Marine Le Pen avait fait mouche, alors pourquoi s’en priver en la tournant à son avantage? En déplacement à Pau ce vendredi 18 mars, Emmanuel Macron candidat a lui aussi estimé que la grande distribution “serrait le kiki” des agriculteurs , mais que les lois votées sous son mandat permettaient de le desserrer.

Sur les terres de François Bayrou, Emmanuel Macron en campagne a répondu aux questions d’un parterre de citoyens de tous âges. Parmi eux, un étudiant en hypokhâgne, issu d’une famille d’agriculteurs, l’a mis face à l’échec des lois Égalim . “Force est de constater que ces lois n’ont pas ou peu fonctionné, puisque les agriculteurs sont encore dans les rues ces jours-ci. (…) L’agriculture est en train de connaitre un vrai malaise. Comment vous répondez à cette angoisse”, demande-t-il au candidat.

Avant de détailler ses propositions pour un second mandat, Emmanuel Macron a défendu son bilan de président. “Avec les lois, on a redonné des marges de manœuvre pour que les agriculteurs puissent vivre du travail fait, en s’organisant entre eux en filières et en s’organisant face aux transformateurs et surtout aux distributeurs. Parce qu’on a des dizaines de milliers de producteurs pour quelques transformateurs et quatre grandes centrales d’achat. Donc ils leur serraient le kiki chaque année”, répond le président sortant.

“Serrer le kiki” des agriculteurs? Un emprunt à Marine Le Pen

“Serrer le kiki”? Qui plus est, en parlant des agriculteurs? Marine Le Pen risque bien de rejoindre le peloton de ceux qui accusent le président sortant de les copier. Car dès 2017, dans l’entre-deux-tours contre Emmanuel Macron, c’est elle qui avait dégainé l’expression sur un marché. Elle l’a ressortie, avec un certain succès , le 14 mars dernier lors de l’émission politique de TF1, pour dénoncer la puissance de la grande distribution face aux exploitants agricoles. Soit exactement le même contexte qu’Emmanuel Macron quatre jours plus tard.

Le président candidat assure que la loi Égalim 2, promulguée en octobre 2021, permet d’équilibrer le rapport de force entre les parties. “C’est qui a permis d’éviter des drames dans certaines filières comme le lait. Le lait, ces dernières années, s’est beaucoup mieux maintenu que les années précédentes parce que la filière s’est organisée”, assure-t-il fort à propos, son interlocuteur étant justement issu d’une famille d’éleveurs laitiers.

Comme il l’avait détaillé la veille, le candidat a ensuite énuméré ses ambitions pour un second mandat: “continuer à aider la profession à s’organiser entre producteurs”, monter en qualité, “protéger nos agriculteurs contre la mécanique de la grande distribution”, les accompagner dans la transition écologique et enfin, son “défi des cinq-dix prochaines années” encourager la jeunesse à s’investir dans l’agriculture.

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi ces agriculteurs sont en colère contre la grande distribution

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    Covid-19: La vente des autotests en supermarchés prolongée jusqu'au 15 février

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 22 January - 13:02 · 1 minute

La vente des autotests Covid hors pharmacies sera autorisée au moins jusqu

CORONAVIRUS - La vente des autotests en grande surface, autorisée depuis début janvier pour un mois , sera prolongée de deux semaines, jusqu’au 15 février, selon un arrêté publié samedi au Journal officiel. L’autorisation, annoncée fin décembre, après des mois de demandes de certains grands groupes de distribution , avait provoqué la colère des pharmaciens qui avaient jusqu’alors le monopole de la vente des autotests. Ils ont notamment accusé les grandes surfaces d’être responsables des ruptures de stocks dans certaines officines.

“Considérant que l’autorisation de vente au détail, à titre exceptionnel, des autotests en dehors des officines de pharmacies, a permis de faire face à la très forte demande”, l’exécutif a jugé que “la soutenabilité de la stratégie de dépistage, dans un contexte de circulation intense du variant Omicron (...) implique de prolonger une fois la durée de cette dérogation de quinze jours, soit jusqu’au 15 février 2022″, souligne l’arrêté.

Avec l’arrivée du variant Omicron, l’incidence a explosé en France, comme dans de nombreux autres pays, et conduit à une hausse sans précédent du nombre de tests effectués.

Rien qu’en janvier, le coût des tests pour l’état, qui comprend donc les PCR, les antigéniques et les autotests à certaines conditions, s’élèvera à 1,5 milliard d’euros, a rappelé samedi sur France Info TV le ministre délégué aux Comptes publics Olivier Dussopt, contre 6,9 milliards d’euros pour l’ensemble de l’année 2021.

À voir également sur Le HuffPost: Face au Covid, l’immunité ce n’est pas tout ou rien

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    Prix des carburants: les grandes enseignes rivalisent de ristournes et de promotions

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 19 October, 2021 - 13:44 · 3 minutes

CONSOMMATION - La grande distribution à l’assaut de la flambée des prix du carburant. Plusieurs grandes enseignes ont lancé des opérations sur les carburants à prix coûtant ou très avantageux ces dernières semaines. Une façon d’appâter les clients et de répondre au gouvernement qui demandait aux revendeurs de baisser leurs prix pour soulager le porte-monnaie des Français .

Comme le soulignait Michel-Edouard Leclerc lundi 18 octobre, si en vendant à prix coûtant, le prix continue d’augmenter, cela signifie que “la marge de manœuvre n’est pas chez nous”. Les taxes (TICPE, TVA) représentent aujourd’hui près de 60% de la composition du prix à la pompe pour le SP95 et un peu plus de 56% pour le diesel, selon l’Union française des industries pétrolières (UFIP) .

Ainsi, plusieurs enseignes de grande distribution ont annoncé proposer des promotions:

Casino

Casino est la première à avoir lancé une offre, dès le 6 août. Dans 100 supermarchés et 35 hypermarchés Casino, les carburants sont vendus à prix coûtant, mais seulement du jeudi au dimanche.

Depuis la semaine dernière, une autre offre est venue s’ajouter dans 32 autres hypermarchés avec un bon d’achat à partir de 25 litres achetés (elle est valable du vendredi au dimanche et n’est toutefois pas cumulable avec la première offre). Comme l’explique L’Automobile magazine , à partir de 25 litres, Casino offre un bon d’achat équivalent à la différence entre 1€/litre et le prix payé au litre au moment du plein. “Exemple pour un complément de SP95-E10: 25 litres à 1,64 €/litre = 41 €, le chèque-cadeau s’élève donc à 16 €”, résume le média.

Leclerc

Michel-Édouard Leclerc, invité de RTL ce lundi 18 octobre, a annoncé que les carburants seront vendus à prix coûtant, jusqu’au 30 octobre, dans toutes les stations-service des centres E.Leclerc, hors stations d’autoroute.

“Nous faisons l’effort maximum que la loi nous autorise à faire. Nous n’avons actuellement pas le droit de revendre à perte”, a-t-il également précisé.

Carrefour

À compter de ce mercredi 20 octobre et jusqu’à la fin du mois, le groupe Carrefour a annoncé octroyer une remise de 5 euros pour chaque plein d’essence à partir de 25 litres. Une somme qui pourra être attribuée “en bons d’achat ou sur la carte de fidélité du client”, fait savoir une porte-parole de l’enseigne, note Libération . Sur la base des prix actuellement en vigueur, cela représente une ristourne de plus de 10 %, quel que soit le carburant.

Les magasins U

Les magasins U quant à eux ont annoncé que le gazole est déjà quasiment à prix coûtant, puisqu’avec 1 litre, la marge est de 2 centimes.

Vanter des carburants à prix coûtant est avant tout un effet d’annonce pour ces enseignes de la grande distribution. Comme le rappelle Le Journal de l’Automobile , le carburant y est “un produit d’appel où la marge se compte en centime par litre et bien souvent sur les doigts d’une main”. En témoignent les deux centimes de marge des magasins U.

À voir également sur Le HuffPost: Dans un Liban en pleine pénurie de carburant, énorme incendie dans une raffinerie

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    État d’urgence pour l’agriculture française

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Tuesday, 22 June, 2021 - 10:25 · 14 minutes

L’agriculture française est à un tournant. Les négociations avec les distributeurs tournent au bras de fer, consacrant l’échec des lois censées rééquilibrer leurs rapports avec les produteurs. Dans le même temps, les négociations en cours sur la PAC nous engageront pour les années à venir. Les moyens publics mobilisés pour appuyer l’agriculture ne suffisent plus à endiguer la paupérisation de ce métier, victime des dérives d’une économie exposée à un libéralisme à tout crin . Définir une agriculture durable, garantissant à la fois une alimentation saine, la souveraineté alimentaire et l’adaptation au dérèglement climatique, impose de s’interroger sur la pérennité des revenus agricoles.

Depuis 30 ans, le prix de la viande de bœuf ou de veau payé au producteur n’a pas varié. Pourtant, le prix pour le consommateur s’est envolé au cours de la même période, augmentant de plus de 60 %. Cette évolution symptomatique pose une question essentielle : où passe l’argent du secteur agricole, alors qu’éleveurs et distributeurs s’affrontent ?

Tout d’abord, il faut rappeler que l’agriculture est un secteur contrasté, qui présente de fortes inégalités. Entre 1982 et 2019, le nombre d’agriculteurs a été divisé par 4. La France, qui comptait alors 1,6 million d’actifs agricoles, n’en recensent désormais plus que 400 000. Or, sur les seules 20 dernières années, la valeur ajoutée du secteur agricole avait bondi de près de 30 %. Une création de richesse qui semble aujourd’hui échapper aux producteurs dans leur ensemble.

Un secteur miné par les inégalités

Le secteur agricole se caractérise par de fortes inégalités, comme le montre le tableau suivant produit par l’INSEE. Ainsi, les déciles des revenus des agriculteurs exploitants s’échelonnent de 1 à 11 en moyenne (écart entre les 10% d’exploitants ayant le plus fort revenu et ceux ayant le plus faible) . Cet écart s’étend même de 1 à 15 pour les cultures spécialisées comme les légumes, les fleurs, la vigne ou l’arboriculture. Surtout, 20 % des actifs agricoles sont confrontés à des revenus nuls . Ainsi, le regroupement des terres agricoles, le remembrement – c’est à dire la réunion de plusieurs parcelles – et la course à la taille des exploitations n’ont pas permis de sécuriser les revenus agricoles dans une logique malthusienne. Au contraire, ils ont accéléré un mouvement de paupérisation du monde agricole.

Revenus dRevenus d’activité mensuels des non salariés agricoles – source INSEE

Ces écarts se présentent sous différentes formes. Tout d’abord, il existe un effet spécifique lié à l’âge de l’exploitant. En effet, la possession d’un capital foncier permet d’en tirer des revenus, ce qui avantage les exploitants plus âgés. En outre, certaines filières sont plus valorisées que d’autres. La viticulture, par exemple, bénéficie de fortes exportations. Des tensions apparaissent donc entre les différentes filières depuis de nombreuses années, notamment sur la répartition des aides de la Politique Agricole Commune (PAC).

Ces aides sont au cœur des débats actuels. L’Union Européenne souhaite revoir à la baisse ses budgets dédiés à la politique agricole, au profit d’autres priorités et en raison du Brexit. Cette politique arrive hélas à rebours des politiques menées par les autres grandes puissances . A l’heure actuelle, 30 % des exploitants perçoivent moins de 5.000€ d’aides. Dans le même temps, près de 10 % du budget est distribué à un tout petit nombre d’exploitants recevant plus de 100.000€ en subventions. Selon une étude menée avec le ministère de l’Agriculture (1), cette disparité vient de l’absence de plafonnement des aides. Selon cette même étude, les aides représentent 88 % du résultat des entreprises agricoles, avec là encore des différences très variables selon les secteurs. Les aides représentent moins de 10 % pour la production horticole ou viticole, et plus de 100 % pour la viande bovine ou la culture d’oléagineux.

Les aides représentent 88 % du résultat des entreprises agricoles.

Ces chiffres démontrent l’extrême dépendance du secteur agricole aux aides européennes, et les fragilités d’un secteur livré aux aléas du libéralisme. Tout d’abord, ces sommes ne permettent pas de garantir un revenu digne aux exploitants. U n sur cinq vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté . Or ils ne bénéficient par pour autant de prestations sociales, en raison de leur statut.

Les auteurs de l’étude font valoir que, pour des exploitants indépendants, la faiblesse des revenus est compensé par la valeur du capital détenu, qui doit être liquidé au moment de la retraite. Si ce constat est juste, il faut néanmoins considérer que ce capital est grévé par un endettement croissant. Le taux d’endettement dépasse les 40 % pour les entreprises du secteur, et est là encore est marqué par de fortes disparités. Le besoin en capital des exploitations est devenu plus important, notamment avec la mécanisation, et cela malgré la faiblesse des revenus. Le renchérissement du foncier, dont les prix ont fortement augmenté, expliquent aussi cet endettement. Inflation déduite, les prix des terres agricoles ont augmenté de 52 % entre 1995 et 2010, sous le double effet de l’extension des exploitations et de l’artificialisation des sols. Ceci s’explique également par l’indexation des aides européennes sur la surface exploitée.

Les prix à la consommation de certains produits augmentent bien plus que l’inflation . Dès lors, où passe l’argent de l’agriculture ? La grande distribution est souvent pointée du doigt : les prix d’achat aux producteurs sont victimes de la guerre des prix à laquelle les enseignes se livrent pour attirer les clients. L’alimentaire ne constitue pas le rayon le plus rentable, avec 0,8 % de marge seulement en moyenne, et fait donc office de produit d’appel. Mais dans cette confrontation entre producteurs et distributeurs , il y a un grand absent : l’industrie de la transformation, dont les publicités inondent pourtant nos écrans. En position de force vis à vis de producteurs morcelés, et malgré la pression des centrales d’achats, ces intermédiaires peuvent se ménager des marges importantes. Le cas le plus emblématique est celui du sucre, dont les marges atteignent 13 %. En effet, seules 10 entreprises pèsent pour 99,7 % du total de la transformation. La loi EGALIM, qui voulait ainsi proposer un cadre de négociation plus équilibré, s’est heurté à la brutalité des rapports de force économiques, et ne permet plus à l’État de se dérober de son rôle d’arbitre pour trouver des solutions structurelles.

Menaces tous azimuts

Si la question des revenus agricoles est si sensible, c’est qu’elle conditionne la pérennité d’un secteur confronté à de multiples menaces. Premièrement, la moitié des chefs d’exploitation ont plus de 50 ans , ce qui représente un vrai défi pour assurer les successions dans les années à venir. Le regroupement des terres ne sera certainement pas suffisant pour enrayer la perte de surfaces agricoles, et l’expérience montre qu’il ne permet pas d’assurer les conditions d’une agriculture durable. Or, les attentes des exploitants en fin de carrière vont être confrontées aux faibles capacités des personnes désirant s’installer, au risque tout simplement de ne pas pouvoir céder leurs biens, et laisser des terres en jachère. Cette situation nécessite une politique active à tous niveaux, pour anticiper cette situation et ramener massivement vers l’agriculture des actifs pour répondre aux besoins à venir.

La recherche d’une souveraineté alimentaire et la mise en place de circuits courts sont largement plébiscités dans l’opinion. Pourtant, ces objectifs sont menacés par la poursuite des traités de libre échange, comme le CETA ou le projet d’accord avec le MERCOSUR. Les importations de produits agricoles ne sont pourtant pas à la traine, puisqu’elles ont doublé depuis l’an 2000 et concernent des denrées produites en France. Ces accords peu restrictifs créent une concurrence inique tant sur la qualité que sur le prix des produits, susceptible de menacer nos producteurs. Par exemple, concernant spécifiquement la viande bovine, la hausse des importations présente un impact négatif plus fort pour les producteurs que la baisse tendancielle de la consommation de viande. Par ailleurs, alors que le premier bilan du CETA apparaissait positif pour l’économie française (solde commercial de 800 M€ et gains de 50 M€ pour les exportations agricoles), celui-ci s’est complètement inversé au gré de la crise sanitaire. Au premier semestre 2021, les importations canadiennes à destination de la France ont plus que triplé, atteignant les 262 M€, principalement en raison de la hausse des importations de céréales. Crise sanitaire ou pas, le constat est clair : la logique du libre échange rend vulnérable notre agriculture.

L’exemple du CETA montre que l’agriculture est rendue vulnérable par les traités de libre-échange.

La recherche de diversification des revenus par les agriculteurs risque pour sa part de mettre la production alimentaire au second plan. Faute de tirer les revenus suffisants de leur production, 37 % des exploitants déclarent une activité para-agricole en 2019. Parmi eux, 13 % exercent également dans la production d’énergie, grâce à des installations photovoltaïques et des éoliennes sur leur terrain, ou du biogaz. 5 % exercent dans l’agrotourisme. Ces activités permettent aux exploitations de se maintenir, compte tenu de la faiblesse des revenus agricoles. Il faut seulement veiller à ce que la pression sur les revenus ne finissent pas par détourner les paysans de leur vocation initiale, et d’aggraver ainsi la baisse de leur nombre.

Faire face au dérèglement climatique

Malgré ces difficultés financières, les fermes seront contraintes de s’adapter aux conséquences déjà perceptibles du dérèglement climatique. Sur les quatre dernières années, les dispositifs d’aides, privés comme publics, atteignent déjà 2,5 milliards d’euros. Ces aides, déployées en réponse à des événements climatiques inhabituels, viennent seulement combler l’écart entre les rendements attendus suivant le modèle conventionnel et la production réelle. Les événements climatiques hors-normes devenant systématiques ces dernières années, les systèmes de soutien, privés comme publiques, ne pourront continuer très longtemps à payer des factures qui s’alourdissent continuellement. La récente vague de gel du mois d’avril, qualifiée de “plus grande crise agronomique de ce début de XXI ème siècle” par le Ministre de l’Agriculture, nous a de nouveau rappelé que le dérèglement climatique entraîne la perte de la saisonnalité régulière et l’apparition de phénomènes de plus en plus extrêmes.

Dès lors, la situation exige une adaptation structurelle des cultures et des méthodes. Évidemment, les besoins en investissements pour adapter l’agriculture au changement climatiques sont massifs. Le volet agricole du plan de relance ne propose pourtant que 455 millions d’euros de soutien au secteur , dont 70 uniquement fléchés sur la prévention des aléas climatique. Ce chiffre infime démontre à quel point la logique de prévention et d’adaptation est peu prégnante dans la vision politique. En outre, ce plan s’articule principalement autour du subventionnement d’investissements individuels, comme l’achat de matériel . Il délaisse les démarches collectives qui bénéficieraient au plus grand nombre et démultiplieraient l’effet qui serait celui d’investissements individuels. La gestion de l’eau est un exemple archétypal de cet écart. En effet, des projets individuels de retenues d’eau, contestables au demeurant, sont favorisés au détriment d’une meilleure gestion et d’un meilleur partage de cette ressource.

Protéger notre agriculture

Pour éviter la disparition de l’agriculture et de nos agriculteurs, la question des revenus agricoles devient incontournable. Or, cette question de la viabilité des revenus est une condition des nouvelles installations et de la revalorisation de la profession, et des mesures structurelles s’imposent. Les dernières réformes (LME, EGALIM) ont continué de poursuivre une logique libérale consistant à redéfinir le cadre des négociations entre producteurs et distributeurs. Cela n’a pas empêché certains distributeurs de passer outre ces nouvelles règles. Mais plus encore, elles n’ont pas suffit à infléchir le rapport nettement défavorable aux producteurs dans les négociations. Dès lors, seul un rapport de force politique serait en mesure de redéfinir un équilibre en corrigeant un marché déséquilibré . Cela peut intervenir au travers d’un prix minimum, les pouvoirs publics acceptant d’intervenir dans les négociations commerciales afin de garantir un revenu digne. À l’échelle nationale pourrait s’appliquer une interdiction de vente à perte , comme c’est déjà le cas dans le commerce, pour limiter les effets néfastes de la concurrence. La période est favorable pour une telle mesure. L’impact sur le prix final au consommateur serait limité, contrairement aux menaces des analystes libéraux. En effet, la concurrence entre les enseignes poussent pour l’heure à la baisse des prix, comme évoqué précédemment.

Sur le plan technique, les débats sur la réorientation de la PAC sont anciens et toujours vifs. Ils traduisent la dépendance à ce système de financement, source de crispation entre les différentes filières pour leur répartition. Il faut prendre gare aux incitations, et aux effets pervers induits par les critères retenus. Le modèle actuel, fondé sur des primes à l’hectare, a contribué au renchérissement du foncier, et à la concentration des parcelles. À l’inverse une prime à la production présente des effets pervers, en pouvant générer une surproduction. Il devient complexe de définir un indicateur pertinent, permettant d’assurer un revenu décent et ne créant pas de biais. Cependant, agir pour réduire les inégalités devient urgent au travers de la mise en place d’un plafonnement des aides ou d’une meilleure progressivité.

En parallèle, le système actuel d’assurance sur les pertes agricoles pourrait être étendu et rendu public. Aujourd’hui ce dispositif n’est accessible qu’aux agriculteurs les plus aisés. Seul un quart des surfaces sont aujourd’hui couvertes par ce type de protection. Une telle garantie viendrait en substitution des fonds calamités agricoles, et permettrait d’assurer une solidarité entre les filières.

Le fort soutien public vient pour l’heure uniquement compenser les dérives du marché. Il pourrait au contraire venir en soutien à la reconquête de notre souveraineté alimentaire, tout en répondant à la crise sociale.

Cette mesure pourrait s’accompagner d’une politique audacieuse avec une forte portée sociale. En effet, le fort soutien public vient pour l’heure uniquement compenser les dérives du marché. Il pourrait au contraire venir en soutien à la reconquête de notre souveraineté alimentaire, tout en répondant à la crise sociale. En effet, nous avons vécu durant la crise sanitaire la coexistence de stocks de pommes de terre invendues et du retour de la faim pour les étudiants et les plus précaires, les deux bénéficiant d’aides distinctes. Il est ainsi urgent d’intervenir sur l’aide alimentaire, en imaginant de nouveaux modèles. Des distributions ciblées et organisées, sur le modèle de sécurité sociale alimentaire , sont à explorer. Il s’agirait d’attribuer à chaque citoyen une somme mensuelle, fléchée vers des produits nationaux, qui permettrait d’assurer des débouchés aux producteurs et d’aller vers une alimentation de meilleure qualité. En somme une version à grande échelle du “ verre de lait dans les écoles “.

Enfin, un plan d’adaptation de l’agriculture aux conséquences du réchauffement climatique s’avère indispensable. Il faut adapter les variétés et les méthodes de production à cette nouvelle donne. Cette démarche suppose des investissements, qui ne sont pas à la portée de fermes qui ne dégagent pas de bénéfices. Elle pourrait également mobiliser de la main d’œuvre. Mais cela suppose d’aller bien au-delà des 70 millions d’euros dédiés dans le plan de relance. Cela suppose également de raisonner par filière et par territoire pour encourager la coopération plutôt que la compétition. C’est à ce prix seulement que la France pourra protéger son agriculture et continuer de se targuer d’un des meilleurs patrimoines gastronomiques du monde.

(1) PAC, soutiens et revenus : réflexions sur certaines tendances à l’œuvre, Vincent Chatellier et Hervé Guyomard, 13 èmes Journées de Recherches en Sciences Sociales, Bordeaux, 12 et 13 décembre 2019

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    Les soldes d'été le 30 juin plutôt que le 23 juin, qu'est-ce que ça change ?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 27 May, 2021 - 09:26 · 5 minutes

Réouverture des magasins à Nantes le 19 mai 2021

COMMERCES - Le gouvernement a finalement tranché: le début des soldes d’été sera bien reporté, mais seulement d’une semaine, ménageant la chèvre et le chou entre des petits commerces partisans d’un décalage plus important et les grandes enseignes favorables au maintien de la date initiale.

“Il est sage, surtout au regard du regain de consommation actuel (de ne) pas décaler exagérément la date des soldes. Je propose qu’elle soit décalée au 30 juin”, a annoncé ce jeudi 27 mai le ministre de l’Économie Bruno Le Maire sur France Inter . Le nouveau calendrier sera officialisé rapidement par le ministre chargé des PME Alain Griset, a précisé Bruno Le Maire.

La période de soldes était jusqu’ici programmée du 23 juin au 20 juillet, mais l’épidémie de Covid-19 a perturbé l’activité des commerçants, leur laissant sur les bras des stocks importants, en particulier dans l’habillement.

C’est une “décision raisonnable”, a salué sur Twitter l’Alliance du Commerce, qui représente notamment les grandes enseignes du centre-ville (Galeries Lafayette, Printemps) et de grandes marques de l’habillement ou de la chaussure.

Écouler les stocks ? Pas pour tous

Comme le souligne Alliance commerce, ce report “permet: soutien de l’activité, écoulement des stocks, reconstitution de la trésorerie, dans l’attente des aides, et clientèle pouvant ‘se faire plaisir’″, écrit l’organisation.

Déjà, les soldes d’été de l’an dernier, puis les soldes d’hiver avaient été décalés, respectivement d’un mois et de deux semaines, surtout à la demande des petits commerçants, qui souhaitaient vendre plus longtemps au prix fort après les fermetures imposées durant les confinements.

Pour le moment, ce report ne fait pas la joie de tous. Dans un communiqué transmis au HuffPost, le Secrétaire général du Syndicat des Indépendants dénonce une décision insuffisante qui favorise surtout la grande distribution. “Avec ce faux report des soldes, le gouvernement pénalise l’ensemble des commerces de proximité au bénéfice de la grande distribution (...) [C’est] un nouveau coup dur pour les commerces de proximité de l’équipement de la personne qui espéraient pouvoir écouler leurs stocks au prix du marché. Les professionnels indépendants de ce secteur vivent de leurs marges et non du volume! Cet arbitrage au profit des grandes enseignes lance un mauvais signal”, estime ainsi Marx Sanchez.

La Confédération des commerçants de France (CDF), représentant des petits commerces indépendants, devrait également être légèrement déçue, puisqu’elle avait demandé le report des soldes à mi-juillet. Objectif: “Réaliser une marge bénéficiaire pour assumer leurs échéances, leurs charges”, mais aussi être en mesure de pouvoir mieux concurrencer la grande distribution en termes de promotion. “En tant qu’indépendants, à 40% de démarques, nous perdons de l’argent”, arguait notamment le président de la CDF sur Sud Radio

Des soldes plus longs ?

La CDF souhaitait également que la durée des soldes soit maintenue à 4 semaines et que les ouvertures dominicales soient exceptionnelles et limitées à la période des soldes. Cet hiver , la durée des promotions avait aussi été augmentée de deux semaines , pour prolonger la période de déstockage.

Bruno Le Maire n’a pas indiqué si cela serait aussi le cas cet été, mais il a défendu ce choix d’un démarrage légèrement décalé. “On a beaucoup échangé (...) avec les représentants des commerçants, avec les grandes enseignes. Je sais que beaucoup de petits commerces disent qu’il faut retarder les soldes. Ce que je constate, c’est que (...) l’année dernière on les avait repoussés à la mi-juillet, le résultat n’avait pas été probant”, a-t-il argumenté.

Cela avait notamment fait du tort aux commerces parisiens: début juillet, la capitale était vidée de nombreux habitants partis en vacances, et les touristes étaient peu nombreux.

Au moment où la consommation des ménages reprend avec la réouverture des commerces, le ministre a estimé que ne pas trop décaler les soldes permettrait de “profiter justement de ce rebond de la consommation des Français”.

Bond des ventes de vêtements

Entre mercredi et dimanche dernier, soit les cinq premiers jours de réouverture, les ventes d’habillement ont ainsi progressé de 90% par rapport à la même période de 2019, a indiqué Bruno Le Maire.

Cela fait des semaines que le gouvernement échangeait avec les professionnels, et les avis divergeaient entre grands et petits commerçants.

L’Alliance du commerce avait demandé “le maintien de la date” au 23 juin. Elle craignait de “perdre la clientèle située dans les grandes agglomérations” et arguait qu’un décalage encouragerait les offres promotionnelles avant le coup d’envoi des “vrais” soldes.

Dans ces récents échanges avec les professionnels, le gouvernement envisageait de différencier la période des soldes en fonction des territoires. Bruno Le Maire n’a finalement pas évoqué cette piste jeudi.

À voir également sur Le HuffPost: Comment les cosmétiques à la bave d’escargot sont-ils fabriqués?

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    Pour sauver les agriculteurs, la proposition choc de l'ancien patron de Système U

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 25 March, 2021 - 06:59 · 4 minutes

Le 4 mars 2021, des agriculteurs ont manifesté Place des Invalides à Paris pour dénoncer leurs faibles revenus et le déséquilibre du rapport de forces avec la grande distribution.

AGRICULTURE - La prise en compte du coût des matières premières agricoles doit devenir “non négociable” dans la fixation des prix entre agriculteurs, industriels et distributeurs, plaide l’ancien patron de Système U Serge Papin dans un rapport qui appelle à une nouvelle loi.

Il faut “mettre en place les conditions d’un sursaut collectif”, écrit Serge Papin dans ce rapport à destination de Julien Denormandie et Agnès Pannier-Runacher, respectivement ministre de l’Agriculture et ministre déléguée à l’Industrie, et que l’AFP a pu consulter mercredi 24 mars.

Sa principale recommandation, après avoir auditionné “plus de soixante parties prenantes”, consiste à rendre “obligatoire” la signature d’un contrat pluriannuel entre l’agriculteur et l’industriel qui va transformer ses produits (entreprise de meunerie, boulangerie, charcuterie…)

Ce contrat doit être établi sur la base d’“indicateurs de prix de référence” pour tenir compte des coûts de production. Il doit aussi prévoir “des clauses mécaniques d’indexation du prix basées sur la hausse ou la baisse des intrants [engrais, aliment du bétail, carburant…] qui ont un impact sur le prix de la matière première agricole”. En aval, au moment de la négociation entre l’industriel et la distribution, “la quote-part du prix de la matière première agricole doit figurer comme un élément non négociable”, estime Serge Papin.

Aujourd’hui, de facto, le prix des denrées alimentaires est fixé par les négociations entre les distributeurs et les industriels - indépendamment de ce que les agriculteurs demandent, conduisant nombre d’entre eux à vendre à perte, en particulier dans l’élevage.

“Les plus forts et les mieux organisés, en l’occurrence la grande distribution et les grandes entreprises, sont les gagnants du système actuel”, relève l’ancien patron de supermarchés, tandis que “les agriculteurs, moins bien organisés et moins bien équipés pour la négociation, sont le maillon faible de la filière”.

Denormandie favorable à un prix plancher

Serge Papin, qui en fait une question de “souveraineté alimentaire de la France”, avait été missionné début octobre pour trouver les moyens d’“aller plus loin” que la loi Alimentation (ou Egalim), votée en 2018 et qui n’avait pas tenu ses promesses de rééquilibrer le rapport de forces au bénéfice des agriculteurs. Il juge “probable que cette recommandation phare nécessite de repasser par la loi” et estime qu’“il faut tenter d’aller vite car les attentes sont élevées”.

Invité de RMC ce jeudi 25 mars, le ministre de l’Agriculture s’est dit favorable à l’instauration de ce prix plancher. “Il faut modifier la loi, mais je peux dire oui, très clairement, je vais proposer qu’on le fasse”, a-t-il assuré. “L’objectif aujourd’hui c’est de faire en sorte que dans un contrat il y ait une partie qui ne soit pas négociable.”

Dans le quotidien Les Échos mercredi, il avait affirmé mener des discussions avec les parlementaires pour que ces recommandations “soient suivies d’effet”. Lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat, il a assuré vouloir “faire bouger les lignes” pour cesser ce “jeu mortifère”, ce “jeu de dupes” des négociations commerciales annuelles.

Avec Agnès Pannier-Runacher, Julien Denormandie a réuni mercredi soir les acteurs de la chaîne alimentaire par visioconférence, un mois après la clôture de ces négociations.

“Il y a une conviction partagée par tous qu’on ne peut pas rester dans l’opposition permanente”, ont commenté à l’issue les cabinets des ministres. Selon un “premier ressenti”, les négociations se sont globalement conclues par des “avancées positives” pour les produits à forte composante agricole, a-t-on indiqué de même source, en se demandant toutefois si ces revalorisations seraient ”à la hauteur”.

Les éleveurs en particulier voient leurs coûts de production flamber avec l’envolée du prix des céréales entrant dans la ration des animaux.

Dans un communiqué mercredi, les syndicats agricoles FNSEA et Jeunes agriculteurs demandent une “obligation légale pour tenir les négociations de l’amont avant celles de l’aval”: “Comment le prix peut-il se construire du producteur vers le distributeur lorsque les négociations de l’aval (industriels/distributeurs) précèdent celles de l’amont (agriculteurs/industriels)?”

Serge Papin préconise en outre “d’identifier systématiquement l’origine France des ingrédients et des produits, y compris en restauration collective pour favoriser le patriotisme agricole”. “C’est une cause importante à défendre au niveau européen et il ne faut pas lâcher sur ce sujet”, affirme-t-il.

Il encourage par ailleurs les agriculteurs à “se regrouper” pour renforcer leur position dans les négociations, en particulier les producteurs de viande bovine.

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    Un cartel du sandwich écope d'une amende de 24 millions d'euros

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 24 March, 2021 - 14:11 · 2 minutes

3 entreprises de la grande distribution ont formé un cartel (Photo d

CONSOMMATION- Les trois principaux fabricants de sandwiches pour la grande distribution ont été sanctionnés pour “entente” par l’Autorité de la concurrence , deux d’entre eux, La Toque Angevine et Daunat, écopant respectivement de 15,5 et 9 millions d’euros d’amende.

Dans un communiqué ce mercredi 24 mars, l’Autorité indique que Daunat, La Toque Angevine et Roland Monterrat ont été sanctionnés “pour avoir élaboré et mis en œuvre, entre septembre 2010 et septembre 2016, un plan visant à se répartir les volumes et les clients et à s’accorder sur les prix”.

Pour répondre aux appels d’offres des enseignes des grandes surfaces et des stations-service désirant s’approvisionner en sandwiches industriels vendus sous marque de distributeur (MMD), les trois fabricants “avaient mis en place un système de concertation occulte leur permettant de fausser la concurrence”, détaille l’autorité.

Ils avaient “conclu un “pacte de non-agression” à la fin de l’année 2010 pour mettre fin à ce qu’ils qualifiaient de “guerre des prix”. Ce pacte visait à figer les positions respectives des uns et des autres”, résume-t-elle.

“En se répartissant les marchés et en s’entendant sur les prix, les trois principaux fabricants de sandwichs industriels sous MDD, qui représentent près de 90% du marché soit la quasi-totalité des ventes de sandwichs sous MDD, ont fait obstacle au libre jeu de la concurrence. Ils ont pu ainsi élever leurs prix sans craindre la riposte de leurs concurrents”, déplore l’Autorité.

Des réductions de sanctions proportionnées

Ces pratiques ont été révélées “grâce à la procédure de clémence, qui permet aux entreprises ayant participé à une entente d’en dévoiler l’existence à l’Autorité et d’obtenir, sous certaines conditions, le bénéfice d’une exonération totale ou partielle de sanction pécuniaire”, est-il précisé.

Ainsi, la société Roland Monterrat “a, la première, sollicité le bénéfice de la clémence. Les deux autres entreprises, LTA et Daunat, ont également décidé, après avoir fait l’objet de la part des services d’instruction de l’Autorité, d’opérations de visite et saisie réalisées dans leurs locaux, de solliciter le bénéfice de la clémence”.

Au final, l’Autorité de la concurrence indique que seul Roland Monterrat “a pu échapper à toute sanction, bénéficiant d’une immunité; les deux autres sociétés ont bénéficié, quant à elles, de réductions de sanction, proportionnées en fonction des pièces et informations apportées à l’instruction”.

La Toque Angevine écope d’une amende de 15,5 millions d’euros, et Daunat de 9 millions.

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    Borne justifie le chômage partiel dans la grande distribution, mais promet de contrôler

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 15 November, 2020 - 17:54 · 2 minutes

EMPLOI - Le secteur de la grande distribution, confronté à l’“arrêt” d’une partie de ses activités, peut demander à bénéficier du chômage partiel pour certains de ses salariés , mais le gouvernement “vérifiera” que toutes les demandes soient “justifiées”, a assuré ce dimanche 15 novembre la ministre du Travail Elisabeth Borne.

“Ce que je constate c’est que la grande distribution a bien un certain nombre d’activités à l’arrêt, qu’elle a sans doute aussi une baisse de son activité en général”, a observé Elizabeth Borne sur Radio J.

“Réaliser des économies substantielles sur le dos des contribuables”

Invitée à commenter la demande de plusieurs enseignes du secteur, dont Auchan, Carrefour et Casino, d’avoir recours au chômage partiel après la fermeture des rayons considérés comme non essentiels, la ministre a souligné préférer “que les salariés soient en activité partielle plutôt que licenciés”.

La CGT des hypermarchés Carrefour s’était insurgée vendredi contre cette demande, estimant que le groupe de distribution voulait “profiter de l’aubaine financière pour réaliser des économies substantielles sur le dos des contribuables”.

“Je le dis aussi aux organisations syndicales de la grande distribution: (...) l’activité partielle ça sert à éviter les licenciements, ça permet de protéger les emplois et les salariés”, a fait valoir Elizabeth Borne. Pour autant, “je vais rassurer tout le monde: on ne verse pas d’activité partielle à une entreprise si ça n’est pas pleinement justifié” , a martelé la ministre.

Le “Black Friday” prend “trop de place dans nos vie”

“On aura un regard très attentif et des contrôles sur la grande distribution, on vérifiera que les demandes présentées sont justifiées ”, a-t-elle assuré. “La grande distribution aura ce qui est légitime, et pas plus”. Le gouvernement partage par ailleurs l’objectif de “rouvrir les petits commerces au plus vite”, “si les indicateurs sanitaires le permettent”, a déclaré la ministre.

Pour l’heure cependant, “la situation sanitaire est grave”, a-t-elle insisté, observant que “si on permet à chacun d’aller faire ses courses, de faire du shopping, si on voit des rues commerçantes bondées de monde, (...) ça n’aura pas l’effet d’un confinement, ça ne permettra pas de casser la dynamique de l’épidémie”.

Interrogée sur la demande de certains commerçants de pouvoir rouvrir dès le vendredi 27 novembre, jour du “black friday”, Elizabeth Borne a indiqué qu’il était trop tôt pour se prononcer, mais a estimé par ailleurs que “ce black friday, qui ne fait pas partie des traditions culturelles françaises, finit peut-être par prendre un peu trop de place dans nos vies”.

Cette manifestation commerciale n’est sans doute pas “le meilleur outil pour soutenir le commerce de proximité”, a-t-elle estimé.

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