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    La crise aux urgences va-t-elle précipiter le retour des soignants non vaccinés?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 10:36 · 4 minutes

La crise aux urgences va-t-elle précipiter le retour des soignants non vaccinés? (Photo d'illustration prise aux urgences de Toulouse par Alain Pitton/NurPhoto via Getty Images) La crise aux urgences va-t-elle précipiter le retour des soignants non vaccinés? (Photo d'illustration prise aux urgences de Toulouse par Alain Pitton/NurPhoto via Getty Images)

HÔPITAL PUBLIC - Voilà des mois, voire des années que la sonnette d’alarme a été tirée, mais aujourd’hui la situation est plus que critique dans l’hôpital public . Lessivés par les deux années de Covid et face à un manque criant de personnels, plusieurs CHU ont été contraints de fermer leurs services d’urgences , notamment la nuit ou d’en réduire l’activité, ces derniers mois.

Mais à l’approche des vacances d’été et de l’afflux de touristes, les professionnels de santé appellent à l’aide. Le représentant des médecins des CHU de France, Rémi Salomon, s’inquiète du manque de personnels soignants à hôpital public . “On a un risque imminent de ruptures d’accès aux soins”, affirme-t-il ce jeudi 19 mai sur Franceinfo . Il évoque ainsi le cas de Bordeaux où les patients ont été “accueillis par des bénévoles”. “Il manque des lits. Il manque des infirmiers pour faire fonctionner les blocs opératoires. Il manque d’urgentistes pour faire tourner les services d’urgences ”, alerte-t-il.

Certains professionnels poussent la réflexion sur une possible réintégration des soignants non vaccinés. Un vœu qui reste pour le moment difficile à réaliser.

“On ne peut pas se passer des 15 000 personnes qui ont été suspendues”

“Il y a le feu au lac!”, alerte, lui, le président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France Patrick Pelloux, qui décrit une “ situation catastrophique ”. Il évoque un “phénomène de grand renoncement”, auprès d’ Ouest France , et des personnels totalement désabusés. Pour lui, pour alléger un peu la pression, il faudrait le retour des soignants qui ont dû quitter leur poste faute d’avoir accepté de se faire vacciner contre le Covid-19.

“Nous sommes en pleine tempête, il faut que tout le monde vienne sur le bateau. Nous devons comprendre pourquoi ils ne se sont pas fait vacciner et réfléchir à intégrer le Covid-19 dans l’obligation des vaccins mais, là, tout de suite, il faut les réintégrer”.

Auprès du Parisien , il précise qu’à l’AP-HP, 15 % des lits sont fermés par manque de personnel. “Ce n’est pas mieux sur le reste du territoire et cela va empirer cet été. Des services entiers vont fermer. La non-réintégration des soignants est l’ultime négation de cette situation”, s’alarme-t-il.

“Dans ce contexte, on ne peut pas se passer des 15.000 personnes qui ont été suspendues, même si elles ont fait une erreur. Il faut une amnistie, passer l’éponge. On n’a pas le choix. Je crois que le message a été entendu, n’oublions pas que certains soignants non-vaccinés sont morts du Covid. Maintenant, il faut aller de l’avant”.

Une saisine de la HAS “imminente”?

Sur ce sujet, Emmanuel Macron n’a pas fermé les portes. En déplacement dans les Hautes-Pyrénées à la fin du mois d’avril, le président a en effet déclaré: “On ira dans cette direction , à condition de ne plus être dans la ‘phase aiguë de l’épidémie’”.Toutefois, mercredi 11 mai, le ministre de la Santé Olivier Véran a fait volte-face en affirmant: “L’obligation (vaccinale) reste en vigueur pour les soignants”.

“Légalement, rien n’est prévu pour l’instant. À l’occasion de la campagne électorale, Macron a indiqué que les choses pouvaient évoluer, et Véran doit solliciter l’avis de la HAS”, confirme auprès de 20 Minutes le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). De son côté, l’ARS des Hauts-de-France rappelle que “les soignants suspendus et non vaccinés, sans contre-indication, ne peuvent pas réintégrer leurs services. Ce faisant, ils exerceraient sans autorisation avec des conséquences pour eux comme pour l’établissement”.

Selon Le Parisien qui cite une source au ministère de la Santé, une saisine de la Haute Autorité de santé (HAS) est “imminente”, afin d’évaluer la pertinence sanitaire de cette mesure.

“Ce ne sont pas les personnes les plus fiables”

Toutefois, même au sein de l’hôpital cette idée n’est pas au goût de tout le monde. Pour Mathias Wargon, chef des urgences de l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis, “l’hôpital n’a pas à céder au populisme, ni à être laxiste”.

“Il faut arrêter de laisser penser que l’on va résoudre la crise profonde de l’hôpital en réintégrant quelques milliers de personnes qui se sont barrées à la première occasion et le referont demain, déclare-t-il au Parisien . Clairement, ce ne sont pas les personnes les plus fiables. On n’a pas besoin de ces soignants-là. En revanche, il faut engager le chantier de l’hôpital et donner enfin la reconnaissance que méritent ceux qui y travaillent. Conditions de travail, salaire, management, il y a urgence à tout remettre sur la table”.

À noter que selon le ministère, 0,6 % des soignants ont été suspendus en septembre dernier (sans compter ceux qui ont été réintégrés depuis en raison de leur vaccination), précise 20 Minutes . Lors d’une audition devant le Sénat le 26 octobre, Olivier Véran expliquait que “les deux tiers des soignants suspendus faute de vaccination sont revenus au travail une fois vaccinés”.

À voir également sur Le HuffPost: Covid en Guadeloupe: les CHU et les services de réanimation saturés

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    Les soignants ne sont pas de simples variables d’ajustement pour l’équilibre financier des hôpitaux - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 18 April - 07:00 · 5 minutes

Manifestation à Paris du 7 avril 2022 Manifestation à Paris du 7 avril 2022

SOIGNANTS - Aux Urgences de l’hôpital d’Orléans, la majorité des infirmières, infirmiers, aides-soignantes et aides-soignants s’est mise en arrêt maladie, pour dénoncer la maltraitance dont ils se sentent, avec les patients, les victimes. Il ne s’agit plus alors de lutter en leur lieu de soin pour une amélioration de leurs conditions de travail , mais de se mettre en retrait du soin, ayant perdu, à leurs yeux, son sens même. Le retrait, comme le silence, serait-il devenu une nouvelle forme de lutte pour défendre le travail du soin dont les soignants sont les acteurs, avec les patients de toute condition? Mais ce retrait ne risque-t-il pas de prendre la forme d’un abandon de poste, que les directions s’empresseraient de sanctionner?

La crise hospitalière comme crise économique et morale

L’hôpital est en crise, depuis si longtemps, par défaut de moyens, conséquence des politiques publiques. Quand on a cru que la crise sanitaire allait permettre une remise en question des politiques néo-libérales de santé publique, il s’avère qu’en 2022, rien n’a été fait – au contraire de ce qu’affirme le gouvernement en répétant que des milliards ont été alloués à l’hôpital public. Dès lors, l’absence ressentie par les professionnels de réponses adéquates à la crise hospitalière a conduit ceux-ci à douter de l’avenir de leur profession.

Par le retrait, les agents orléanais signifieraient deux choses au sujet de la crise ressentie. D’un côté, la crise hospitalière est bien une crise économique et financière, qu’on peut reconnaître à certains traits quantitatifs comme le manque de lits et de personnel, obligeant les décideurs à trouver des solutions économiques et financières. D’un autre côté, la crise hospitalière et celle vécue par les soignants  est bien une crise morale. En s’élargissant à l’humanité du soin, la notion de crise perdrait tout contour matériellement identifiable. Une crise économique se traite économiquement, une crise de l’humanité du soin s’éprouve au cœur des corps soignants, sans possibilité de se résoudre uniquement par des mesures matérielles.

Si la crise hospitalière nécessite un traitement économique et financier, elle doit d’abord être considérée comme un problème humain et social.

N’est-ce pas parce que la crise, vécue au sein de ces Urgences, touchait à leur propre humanité – à leur identité de soignants – que les travailleurs d’Orléans, ayant compris que quelque chose n’allait plus dans leur hôpital, que les soins prodigués n’avaient justement plus de sens, qu’ils se sont mis en retrait ? N’est-ce pas parce que leurs propres valeurs professionnelles n’étaient plus respectées, voire bafouées, que ces travailleurs en crise se sont mis en arrêt maladie, parce que malades de mal faire?

Nommer l’innommable du soin dégradé

Edgar Morin précise : « Le mot [crise] sert désormais à nommer l’innommable ; il renvoie à une double béance : béance de notre savoir (au cœur même du terme de crise) ; béance de la réalité sociale elle-même où apparaît la crise ». Nous, travailleurs du soin, ne savons plus soigner, accueillir, consoler, accompagner. Nous ne savons plus quel rôle jouer dans cette institution ressentie comme maltraitante – risquant de nous conduire nous-mêmes de manière maltraitante. Nous ne savons plus quels citoyens nous sommes devenus, non reconnus dans notre travail réel, empêché. Ne pas être reconnu comme acteur de notre propre agir professionnel au sein des hôpitaux conduit à une forme de mésestime de soi détruisant tout désir de poursuivre le travail.

L’innommable est le mot de la crise hospitalière vécue par ces soignants épuisés, dégoûtés, devenus étrangers à eux-mêmes, comme déracinés. En décidant de quitter le service, ils sont devenus à la fois invisibles car absents, et à nouveau visibles en se retirant ensemble des lieux de maltraitance et en publicisant leur geste. Ils ont préféré « ne pas », à la manière de Bartleby du roman de Melville. Pour ne plus subir et se sentir coupables quand un drame survient : la mort sur un brancard de ces services d’Urgences débordés. Ne plus être capable de soigner, voilà la réalité sociale de la crise hospitalière.

L’humanité du soin comme fin et non comme moyen

Embaucher, augmenter le nombre de lits, revoir les modes de financements des hôpitaux, sont des préalables indispensables à la sortie de la crise. Si la crise hospitalière nécessite un traitement économique et financier, elle doit d’abord être considérée comme un problème humain et social. La nécessité de donner aux travailleurs du soin la place qu’ils méritent au sein de l’hôpital public demeure un impératif catégorique, selon la maxime kantienne : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ». Les soignants ne peuvent être considérés comme  les variables d’ajustement pour l’équilibre financier de l’hôpital. N’est-ce pas parce que le soin est devenu production que les travailleurs du soin ont perdu ce qui fait que le soin est soin : accueil, hospitalité, accompagnement, sollicitude ? La considération de leur propre humanité, fragile parfois, doit rester le but même d’une politique de santé publique digne de ce nom, au nom de l’humanité du soin envers tous nos concitoyens.

Ce n’est qu’à ce prix que la crise hospitalière, dont pour le moment nous ne voyons aucune issue, pourra se résoudre, à moins d’imaginer – cyniquement – que le mal-être des soignants  ne regarde qu’eux, bien heureux de profiter des prébendes de la Sécurité sociale quand ils se mettent en arrêt maladie

À voir également sur Le HuffPost: Au CHU de Rennes, un service d’urgences ”à bout” se met en grève

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    Claude Guéant hospitalisé d'urgence pour une opération à la veille de son procès

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 14 February - 10:43 · 2 minutes

Claude Guéant hospitalisé d

POLITIQUE - L’ex-ministre de l’Intérieur Claude Guéant a été “hospitalisé d’urgence” ce lundi 14 février pour “subir une opération chirurgicale”, a indiqué son avocat à l’AFP, rendant encore plus probable le renvoi de son procès pour “escroquerie” de frais de campagne qui doit s’ouvrir mardi à Nanterre.

L’homme de 77 ans, qui souffrait déjà “de problèmes cardiaques” a contracté, durant son incarcération de deux mois à la prison de la Santé à Paris , “plusieurs pathologies supplémentaires sévères”, a indiqué Me Philippe Bouchez El Ghozi.

Claude Guéant avait été incarcéré du 13 décembre au 9 février, une première pour un ex-locataire de Beauvau, et bénéficie depuis d’une liberté conditionnelle.

Au repos “pendant une dizaine de jours”

A sa sortie d’hôpital, Claude Guéant “devra être au repos chez lui pendant une dizaine de jours, et espère pouvoir retrouver ses pleines capacités dans environ un mois”, a ajouté son conseil, qui demandera mardi matin à Nanterre le renvoi de son procès, prévu sur deux jours.

L’ancien secrétaire général de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy devait y être jugé pour “escroquerie” pour le r emboursement des frais de sa campagne législative de 2012, après la diffusion d’un tract en sa faveur par le maire UMP (devenu LR depuis) de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Une infraction passible de cinq ans d’emprisonnement et 375.000 euros d’amende. Celui qui fut aussi préfet et directeur général de la police nationale devait également comparaître devant le tribunal correctionnel pour “financement illicite” de campagne. Parmi les prévenus, figure également Pierre-Christophe Baguet, maire LR de Boulogne-Billancourt, pour “financement illicite” de campagne.

Plusieurs affaires en cours

Dans ce dossier, l’accusation reproche à MM. Baguet et Guéant d’avoir cherché à faire financer par la ville de Boulogne-Billancourt des dépenses de propagande électorale au soutien de la candidature de Claude Guéant. Ce que contestent formellement les deux prévenus.

Outre ce procès, les péripéties judiciaires continuent pour l’ancien ministre. Claude Guéant doit être rejugé dans le dossier des sondages de l’Elysée , après avoir fait appel de sa condamnation, le 21 janvier, à un an d’emprisonnement, dont huit mois ferme, pour favoritisme.

Il reste également mis en examen dans l’affaire des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Sa récente incarcération à la Santé était due à une autre affaire: la justice avait estimé qu’il ne faisait pas les efforts nécessaires pour s’acquitter des sommes qu’il avait été condamné à payer, en 2017, dans l’affaire des primes en liquide du ministère de l’Intérieur.

À voir également sur Le HuffPost: “Guéant contrôle mal la récupération d’argent sale”

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    Le CHU de Lille pourra signaler les violences conjugales à la justice

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 8 February - 10:15 · 2 minutes

“Jusqu’alors, les femmes prises en charge à l’unité médico-judiciaire (UMJ) ou aux urgences du CHU de Lille dans le cadre de violences conjugales devaient se rendre de leur propre initiative dans un commissariat ou une gendarmerie pour déposer plainte. Dans les faits, beaucoup de femmes ne donnaient pas suite”, expliquent le parquet de Lille et le centre hospitalier dans un communiqué commun.

VIOLENCES CONJUGALES - Avec le consentement des victimes, le CHU de Lille pourra désormais signaler directement une violence conjugale à la justice grâce à une convention signée par l’ hôpital et le parquet, ont annoncé  conjointement, le lundi 7 février, le CHU de Lille et le parquet de Lille.

“Jusqu’alors, les femmes prises en charge à l’unité médico-judiciaire (UMJ) ou aux urgences du CHU de Lille dans le cadre de violences conjugales devaient se rendre de leur propre initiative dans un commissariat ou une gendarmerie pour déposer plainte . Dans les faits, beaucoup de femmes ne donnaient pas suite ”, expliquent le parquet de Lille et le centre hospitalier dans un communiqué commun.

La convention signée vendredi “permet désormais au CHU de Lille de signaler directement au parquet les faits de violences, avec le consentement préalable de la victime, pour favoriser son dépôt de plainte et l’accompagner dans ses démarches ultérieures”.

Un nouveau protocole pour protéger les victimes

“Avec ce nouveau dispositif, les patientes seront adressées systématiquement à l’UMJ et pourront compléter une fiche de consentement à signalement, qui sera immédiatement transmise à la Justice”, selon le communiqué. La victime “sera recontactée très rapidement par les forces de l’ordre pour lui proposer d’établir un dépôt de plainte en bonne et due forme, sur rendez-vous”.

Les patientes opposées au signalement se verront remettre “un compte rendu d’examen” et “seront informées de la possibilité de recontacter l’unité après réflexion”, ajoutent les auteurs.

Le protocole vise à “renforcer la protection des victimes”, “prévenir la commission d’infractions plus graves”, mais aussi à “simplifier le parcours des victimes”.

Il se distingue des situations qui, “conformément à la loi, permettent au médecin de lever le secret médical” sur des faits de violences conjugales, sans le consentement de la victime, dans des cas bien précis: “Danger immédiat pour la vie de la victime majeure qui se trouve dans l’impossibilité de se protéger en raison d’une emprise, patiente mineure ou enfin patiente n’étant pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique”.

À voir également sur Le HuffPost: Au Sénat, Valérie Bacot témoigne sur le “syndrome de la femme battue”

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    Covid: Omicron change la donne à l'hôpital, la preuve en 8 graphiques

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 24 January - 08:59 · 5 minutes

La cinquième vague de Covid-19, portée par Omicron, entraîne des records de cas, mais pas autant d

SCIENCE - Nous avons ”évité le pire”. C’est ainsi que le Conseil scientifique analyse la situation sanitaire, dans son dernier avis du 19 janvier. Tout en rappelant que la circulation du Covid-19 reste “très intense” du fait du variant Omicron , très contagieux et capable de réinfecter les personnes vaccinées ou guéries, les chercheurs notent que “le système hospitalier devrait tenir durant les semaines qui viennent”.

Il y a bien sûr de nombreux “si”: il faut que les Français continuent à faire attention en réduisant leurs contacts à risque comme c’est le cas depuis le début de l’année. Il faut aussi que le pic des cas espéré mi-janvier ne soit pas trop retardé, notamment par la situation dans les écoles.

Si une telle situation est possible alors que nous n’avons jamais enregistré autant de cas positifs au Covid-19 que ces derniers jours, c’est grâce à “une gravité nettement moindre du variant Omicron et à l’effet de protection des vaccins”.

Certes, le variant est très contagieux, y compris chez les vaccinés. Mais l’impact sur l’hôpital n’a rien à voir avec ce que nous avons connu dans les vagues précédentes. Pour bien s’en rendre compte, Le HuffPost vous propose de faire le tour en 8 graphiques de l’impact du variant Omicron sur l’épidémie et la situation hospitalière.

Un variant qui réinfecte beaucoup...

On le sait, le variant Omicron se répand à une vitesse incroyable dans toutes les populations, y compris chez les vaccinés. Le graphique ci-dessous montre bien comment Omicron s’est imposé sur Delta ces dernières semaines:

On sait aussi, via diverses analyses dans d’autres pays, qu’une troisième dose de vaccin réduit le risque d’infection, mais l’efficacité est encore plus faible qu’avec le variant Delta.

Le graphique ci-dessous, basé sur les données mises en ligne par la Drees (une direction du ministère de la Santé), permet de s’en rendre compte. Chaque courbe représente le nombre de tests PCR positifs pour 100.000 personnes en fonction du variant, mais aussi du statut vaccinal.

L’incroyable percée d’Omicron est claire, même si les personnes vaccinées et avec un rappel sont moins nombreuses (proportionnellement) à être touchées. On note aussi que la pente est moins raide depuis début janvier. Dans le même temps, on se rend bien compte que les infections liées au variant Delta sont en chute.

mais Omicron provoque moins de formes graves

La bonne nouvelle, c’est que cette explosion de cas, y compris chez les vaccinés, ne se transforme pas en explosion de formes graves nécessitant un passage en réanimation. Cela se voit très bien dans le graphique suivant, qui compare les différentes vagues du Covid-19 par rapport au pic de l’hiver 2020 pour chaque indicateur.

Si la cinquième vague est sans commune mesure concernant les cas, on voit que le vague hospitalière n’a pas encore dépasser celle de l’hiver 2020. Mieux, pour les réanimations la courbe baisse.

Et cela, encore une fois, est dû à la fois au variant Omicron et à l’efficacité des vaccins pour protéger des formes graves. Le graphique ci-dessous reprend les données de la Drees, comme celui pour les tests PCR, sauf qu’il ne montre pas les cas, mais le nombre d’entrées en soins critiques en fonction du variant et du statut vaccinal.

Il faut bien comprendre que cette photo à un instant donné peut évoluer. Si les cas continuent de grimper, il est évident que les indicateurs hospitaliers vont augmenter également, mais dans des proportions différentes.

La première chose que l’on voit, c’est à quel point le risque est bien plus important pour une personne non vaccinée contaminée par Delta que toutes les autres catégories (par souci de lisibilité, nous avons volontairement enlevé certaines catégories, notamment les vaccinés entre 3 et 6 mois, car ils se situent à mi-chemin entre les différentes courbes avec et sans rappel).

On remarque également une hausse récente des personnes contaminées par Omicron et non-vaccinés ou n’ayant pas reçu leur rappel. À l’inverse, le taux d’entrées en soins critiques pour les personnes avec rappel est extrêmement faible, quel que soit le variant.

Une hausse des hospitalisations en trompe l’oeil

Si l’on regarde maintenant du côté des entrées à l’hôpital en général, le schéma est différent. Les non-vaccinés touchés par Delta sont toujours les plus touchés, mais on voit qu’Omicron provoque de plus en plus d’hospitalisations, notamment chez les personnes non vaccinées ou n’ayant pas encore eu leur rappel.

Le Conseil scientifique le note d’ailleurs: “Le retentissement [de la vague d’Omicron, NDLR] sera un peu moins marqué sur l’occupation des lits de soins critiques, mais restera marqué sur les lits d’hospitalisation classique”.

Pour autant, il faut regarder la courbe des hospitalisations avec une certaine prudence. Le nombre de cas du variant Omicron est tel que le virus est partout et peut parfois être détecté chez des personnes hospitalisées pour une autre raison que le Covid-19. Le Conseil scientifique estimait en milieu de semaine dernière que 9 à 14 millions de Français ont été infectés par Omicron, un niveau d’infection “exceptionnel sur une si courte période”.

Et justement, cela peut avoir un impact sur les hospitalisations dans le sens où une partie non négligeable des personnes hospitalisées avec un diagnostic Covid ne le sont pas “pour Covid-19”, mais pour un autre motif.

Dans son point épidémiologique du jeudi 20 janvier, Santé Publique France détaille justement cette distinction entre “hospitalisés pour Covid” ou pour une autre cause. Et ce que l’on voit, c’est que le nombre de personnes qui découvrent être positives à l’hôpital est en hausse. Sur la dernière semaine, on voit même que les hospitalisations pour Covid sont en baisse, même s’il faut lire ces données avec prudence, car des chiffres peuvent ne pas encore avoir été remontés.

Avec le variant Omicron, de plus en plus de personnes sont positives au Covid-19 à l

Dans le détail, c’est surtout dans la tranche d’âge des 20-39 ans que le nombre d’hospitalisations avec test PCR positif, mais pour un autre motif, explose ces dernières semaines.

Les 20-39 ans avaient les proportions d’hospitalisation pour un autre motif que le Covid-19 les plus élevées sur la dernière semaine, note SPF, avec 46% des 20-29 ans et 44% des 30-39 ans.

Enfin, dernier point différenciant Omicron de Delta: la durée de séjour à l’hôpital est réduite, notamment en hospitalisation conventionnelle, comme le montre ce graphique réalisé à partir des données de la Drees.

À voir également sur Le HuffPost : Après Omicron, quels seront les futurs variants?

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    Face au Covid-19, des primes pour des infirmiers dans les hôpitaux d'Île-de-France

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 22 January - 21:33 · 1 minute

Les hôpitaux d

ÉCONOMIE - L’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France a décidé sortir le carnet de chèques pour tenter de compenser le manque de personnel de soins face à l’épidémie de Covid-19 .

Depuis ce lundi 17 janvier, un dispositif a été ouvert dans les établissements de santé franciliens pour offrir des conditions de travail plus attractives aux infirmiers intérimaires afin de les inciter à rester dans un même hôpital sur plusieurs mois.

Le principe, mis à disposition jusqu’au 28 février, consiste à fixer leur salaire à 3085 euros brut par mois et y ajouter une prime de 4000 euros s’ils acceptent un CDD de 6 mois et de 7000 euros pour un CDD de 9 mois pour une activité à temps plein.

Ces CDD sont par contre non renouvelables et ont simplement pour but de “combler, jusqu’à l’automne 2022, les postes vacants dans les établissements de santé”, justifie l’ARS dans un communiqué.

“On veut dire à des intérimaires: plutôt que de faire un jour ici puis un jour là, venez pour une durée qui n’est pas très longue dans un hôpital où vous intervenez déjà comme intérimaire et venez un peu voir comment ça se passe quand on est durablement affecté dans l’équipe”, explique la directrice de l’Agence sur Franceinfo.

À voir également sur Le HuffPost: Au CHU de Rennes, un service d’urgences ”à bout” se met en grève

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    Présidentielle : vers un clivage liberté / sécurité sanitaire ?

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Monday, 10 January - 21:03 · 12 minutes

À l’automne dernier, on pensait la crise sanitaire enfin terminée grâce à la vaccination quasi-générale. Mais voilà que le sujet est une nouvelle fois revenu sur le devant de la scène à la suite des déclarations du chef de l’État et des débats autour du passe vaccinal. En choisissant de cliver autour du vaccin, Emmanuel Macron espère serrer les rangs derrière lui et affaiblir ses adversaires politiques, quitte à faire monter encore le niveau de tension. Si cette stratégie peut fonctionner, elle n’en demeure pas moins fragile, à condition pour les opposants de proposer un plan alternatif face au virus.

Après plus d’un an de confinements et de couvre-feux à répétition, puis six mois de vie contrainte au passe sanitaire, la patience des Français n’a pas cessé d’être mise à l’épreuve. Mais, bon an, mal an, la crise sanitaire semblait progressivement s’éloigner il y a encore un mois. En témoignait la campagne présidentielle, centrée autour d’enjeux plus traditionnels : identité, pouvoir d’achat, environnement, sécurité… Jusqu’à ce que le variant Omicron ne se propage et que le gouvernement ne décide de renforcer encore la pression sur ceux qui refusent les injections régulières de vaccin.

Dans un contexte de crise de nerfs provoquée par la cinquième vague, les quelques millions de non-vaccinés, d’ores-et-déjà fortement hostiles à Emmanuel Macron, étaient une cible parfaite.

Sur fond de records de contaminations, la tension politique est fortement montée à partir de l’annonce, au début des vacances de Noël, de la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal et de la réduction de la durée entre les doses de vaccin. À la rentrée, les débats houleux à l’Assemblée nationale et les déclarations du président de la République, annonçant vouloir « emmerder » les non-vaccinés « jusqu’au bout » et considérer que « les irresponsables ne sont plus des citoyens », ont achevé de polariser le débat politique autour des questions sanitaires. Désormais, il est vraisemblable que l’élection présidentielle doive en grande partie se jouer sur cet enjeu.

Le « camp de la raison » contre les complotistes ?

Comme cela a été remarqué par la plupart des observateurs de la vie politique, les propos du chef de l’État ont été mûrement réfléchis. En effet, dans un contexte de crise de nerfs provoquée par la cinquième vague, les quelques millions de non-vaccinés, d’ores-et-déjà fortement hostiles à Emmanuel Macron, étaient une cible parfaite. Une bonne partie de l’électorat, principalement les plus âgés, les voient en effet comme les responsables des contaminations et de la surcharge des hôpitaux. En focalisant l’attention sur cette minorité de citoyens, le gouvernement réalise d’ailleurs un autre coup politique : éviter d’aborder la question de la destruction de l’hôpital, du caractère liberticide des mesures prises au nom de la santé et des nombreux ratés et mensonges qui ont caractérisé sa « stratégie » depuis deux ans.

Sur le fond, l’opprobre quotidienne des non-vaccinés n’a pourtant pas lieu d’être. D’abord, en ce qui concerne les contaminations, les vaccinés propagent tout autant le virus que les non-vaccinés, d’autant plus que ces derniers sont déjà largement exclus de la vie sociale. Par ailleurs, si des centaines de milliers de personnes sont testées positives chaque jour, les formes graves sont beaucoup moins fréquentes qu’auparavant, à la fois en raison du vaccin et de la dangerosité bien plus faible du variant Omicron. Comme le soulignait par exemple récemment le journaliste David Pujadas , alors même qu’Omicron se diffuse tous azimuts, les décès et les réanimations augmentent peu, tandis que la durée d’hospitalisation chute. Enfin, comme l’expliquent de nombreux soignants, la surcharge des services de santé était antérieure au Covid et s’explique surtout par les politiques d’austérité et le manque de personnel, phénomène qui s’est singulièrement aggravé ces derniers mois. Dès lors, si les non-vaccinés sont évidemment plus susceptibles de finir à l’hôpital, il s’agit là d’un risque personnel et les accuser d’être les seuls responsables de l’engorgement des hôpitaux est tout à fait mensonger.

Ces éléments permettent d’ailleurs de comprendre la position du gouvernement sur l’obligation vaccinale. Après tout, si les non-vaccinés sont si dangereux, pourquoi ne pas rendre le vaccin obligatoire ? À cette question, les macronistes rétorquent que les sanctions seraient trop compliquées à mettre en œuvre, ce qui rendrait la mesure inopérante en pratique. Or, au regard de la grande créativité en matière de mesures répressives durant ce quinquennat, des appels odieux à refuser de soigner les non-vaccinés ou encore des amendes bientôt en vigueur pour ces derniers en Grèce (100 euros/mois) et en Autriche (600 euros tous les trois mois) , cette réponse paraît peu convaincante.

Le pouvoir a besoin des non-vaccinés, du moins jusqu’à l’élection présidentielle.

Ainsi, tout porte à croire que le pouvoir en place a besoin des non-vaccinés, du moins jusqu’à l’élection présidentielle. La stratégie mise en place actuellement rappelle d’ailleurs celle observée durant le mouvement des gilets jaunes, où Emmanuel Macron avait focalisé l’attention sur les violences d’une infime minorité de casseurs pour justifier la répression et éviter de répondre aux demandes de justice fiscale et de démocratie directe, populaires dans l’opinion. Comme il y a trois ans, l’usage d’un vocabulaire très violent et l’instauration de mesures qui accroissent la colère (répression policière à l’époque, passe vaccinal aujourd’hui) permet d’envenimer la situation afin que des violences décrédibilisent les contestations et permettent au Président de se poser en chef du parti de l’ordre. Et qu’importe si cela conduit à des menaces de mort sur des parlementaires ou à des attaques contre des pharmacies ou des centres de vaccination…

Des oppositions désemparées ?

En plus de servir d’écran de fumée pour cacher l’état de l’hôpital, le passe vaccinal vise également à fracturer les oppositions. En effet, étant donné que son socle électoral est faible, Emmanuel Macron a besoin d’affaiblir autant que possible ses concurrents pour la présidentielle. Or, si les électeurs macronistes soutiennent à une large majorité le passe vaccinal ( 89% selon un sondage IFOP conduit les 4 et 5 janvier ), ce n’est guère le cas chez les autres formations politiques. De manière générale, deux groupes émergent : celui des électeurs socialistes et républicains, plutôt en accord avec la politique actuelle (respectivement 71% et 72% pour le passe vaccinal), et celui des électorats de la France Insoumise (opposé à 72%) et du Rassemblement National (contre à 58%), qui rejettent majoritairement le passe. Quant à EELV, les enquêtes d’opinion indiquent une très forte division sur le sujet, avec environ 50% des sympathisants de Yannick Jadot dans chaque camp.

En semant la zizanie, Emmanuel Macron semble avoir réussi à torpiller la candidature de Valérie Pécresse, qui vise le même électorat que lui.

À ce titre, les débats enflammés à l’Assemblée nationale ont permis d’observer la difficulté dans laquelle se trouvent les oppositions . Ainsi, le groupe socialiste, qui défend depuis plusieurs mois l’obligation vaccinale, s’est retrouvé très fracturé lors du vote : 7 de ses députés ont voté pour, 10 ont voté contre et 3 se sont abstenus. De même, alors que Valérie Pécresse avait déclaré que son parti « ne s’opposerait pas au passe », les votes des députés LR se sont dispersés en trois blocs quasi-équivalents : 28 pour, 24 contre et 22 abstentions. Des divisions internes qui promettent de durer avec l’examen de la loi au Sénat, qui s’ouvre lundi 10 janvier, où la droite est majoritaire, et suite à la proposition du député LR Sébastien Huyghe d’instaurer une « franchise médicale particulière pour les non-vaccinés ». En semant la zizanie, Emmanuel Macron semble donc avoir réussi à torpiller la candidature de Valérie Pécresse, qui vise le même électorat, plutôt âgé et aisé, que lui.

Si cette opération de déstabilisation a bien fonctionné auprès des deux partis historiques, la France Insoumise et le Rassemblement National ont eux clairement choisi l’opposition au passe. Toutefois, alors que les députés insoumis se sont illustrés par des propositions alternatives en matière sanitaire (grand plan pour l’hôpital public, gratuité du masque FFP2, installation de purificateurs d’air et de capteurs CO2 dans les écoles…), le parti de Marine Le Pen s’est contenté de dénoncer la politique gouvernementale sans proposer une autre voie. Des nuances complètement ignorées par la majorité LREM, qui a immédiatement accusé les deux partis d’irresponsabilité et de sympathie à l’égard des antivax, sans preuves à l’appui. Le discours du gouvernement est donc désormais bien rodé : selon eux, La République en Marche représente le camp de la raison scientifique, tandis que ses adversaires sont soit trop divisés pour pouvoir prétendre gouverner le pays, soit caractérisés par un complotisme qui les décrédibilise quasi-immédiatement.

Une stratégie payante ?

Cette tactique sera-t-elle efficace pour remporter l’élection ? Il est encore trop tôt pour le dire. Selon les sondages, le passe vaccinal partage aujourd’hui la population française en deux moitiés égales, l’une opposée, l’autre favorable. Si des différences apparaissent suivant le secteur d’activité (les commerçants et artisans étant largement opposés au passe) ou le niveau d’éducation (les diplômés du supérieur y étant plus favorables que les autres), la position des Français sur le passe, et plus généralement les mesures « sanitaires », dépend surtout de l’âge. Ainsi, d’après un sondage de IFOP , seuls un tiers (33%) des 18-24 ans sont favorables au passe vaccinal, contre 69% des 65 ans et plus, avec une hausse corrélée à l’âge pour les tranches intermédiaires. Cet impact déterminant de l’âge, également visible dans une enquête sur la réaction des Français aux propos du Président à l’égard des non-vaccinés , s’explique assez facilement : les plus âgés, plus menacés par le virus, ont tendance à approuver une mesure présentée comme protectrice, alors que les jeunes, qui courent moins de risques et ont une vie sociale plus intense, se considèrent plus facilement « emmerdés ».

Or, malgré de multiples tentatives de communication pour séduire les jeunes (vidéo avec McFly et Carlito, compte TikTok, affiches à la Netflix…), Emmanuel Macron mise avant tout sur le vote des retraités, chez qui l’abstention est faible et la demande de stabilité et d’ordre élevée. Dès lors, la stratégie du gouvernement semble très bien calibrée pour attaquer Valérie Pécresse, dont l’électorat est en grande partie composé de personnes âgées. À l’inverse, la position de la France insoumise, outre qu’elle s’articule autour du primat de la liberté sur la sécurité, peut aussi se lire comme une tentative de séduction des jeunes, chez qui Jean-Luc Mélenchon réalise généralement ses meilleurs scores. Pour les autres candidats, la gêne que suscite ce clivage liberté/sécurité sanitaire les conduit à changer de thématique, en espérant mettre leurs enjeux favoris au centre du débat. C’est notamment le cas d’Éric Zemmour, qui, bien qu’opposé aux mesures actuelles , reste très silencieux sur le sujet, préférant parler d’islam, d’immigration ou d’identité. Comme il l’a récemment déclaré à des militants , le candidat d’extrême-droite y voit en effet « un piège d’Emmanuel Macron » afin de « voler l’élection ».

Étant donné combien la population est partagée entre les opposants aux mesures et les inquiets du Covid, seul un discours global sur une politique alternative de santé publique sera en mesure de convaincre largement.

Plus généralement, s’il est maintenant certain que l’enjeu sanitaire sera au cœur de cette campagne présidentielle, la perception des Français sur la crise sanitaire devrait encore évoluer fortement dans les trois prochains mois. Les records de contamination finiront-ils par démontrer l’inefficacité du passe à ceux qui le voyaient comme un bon outil ? Le fait qu’une grande partie de la population aura été touchée par le virus sans formes graves conduira-t-elle à relativiser sa dangerosité ? Quel pourcentage de vaccinés refuseront la troisième dose ? La stratégie du tout-vaccin sera-t-elle remise en cause au profit d’une panoplie de mesures, mobilisant notamment les récents traitements développés contre le Covid ? Autant de questions qui se poseront inévitablement et dessineront d’autres clivages que celui que le gouvernement cherche à instaurer en fonction du statut vaccinal.

Ainsi, il est possible que le calcul du gouvernement se retourne contre lui d’ici les élections d’avril, si les électeurs réalisent que les mesures mises en place, et en particulier le passe vaccinal, n’ont qu’une très faible plus-value sanitaire. Et s’il est encore trop tôt pour dire quel candidat bénéficierait le plus d’un tel retournement de situation, il est certain que, pour rassembler une majorité, les différents partis en compétition devront éviter toute action ou parole qui puisse les faire passer pour des antivax, faute de finir avec un score similaire à celui de Florian Philippot. Par ailleurs, étant donné combien la population est partagée entre les opposants aux mesures et les inquiets du Covid, seul un discours global sur une politique alternative de santé publique sera en mesure de convaincre largement. Avec 70% des Français estimant que le Ségur de la santé n’a pas été suffisant (contre seulement 17% qui pensent l’inverse), la question de l’avenir du service public hospitalier constitue par exemple un angle d’attaque pour la gauche face aux tenants de l’austérité et de l’immigration zéro. Voilà peut-être la ligne politique permettant de réunir enfin la protection des libertés fondamentales et l’impératif de santé publique.

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    Castex, lors de son Nouvel an symbolique aux urgences, face à l'absentéisme à l'hôpital

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 1 January - 07:56 · 3 minutes

Castex, lors de son Nouvel an symbolique aux urgences, face à l

HÔPITAUX - C’est aux urgences de l’hôpital Cochin, à Paris, que Jean Castex a passé le cap du Nouvel an, dans un service rempli de malades du Covid et menacé par l’absence des soignants contaminés par Omicron .

Arrivé vers 23 heures au service de réanimation, le Premier ministre a été accueilli par le directeur de l’AP-HP Martin Hirsch. Huit des douze lits dédiés aux malades du Covid étaient occupés.

Leur profil type ? “60 ans, hypertendu et en surpoids” a décrit le Pr Alain Cariou. “Ce soir on n’a que des Delta, pas d’Omicron ”, a détaillé le médecin, tandis que Martin Hirsch évoquait un taux moyen d’Omicron en réanimation de 14%. Leur espoir, encore à confirmer, est que la flambée Omicron “ne va pas donner autant d’entrées que cela”.

Vaccinés et non-vaccinés en réanimation

Sont-ils vaccinés ou non ? “On a des vaccinés deux doses et même des triples vaccinés, mais ils ont des maladies par ailleurs, comme des transplantés”, a relevé le Pr Cariou.

Ils seraient globalement 24% en réanimation à avoir deux ou trois doses, estime Martin Hirsch, avec un point noir : les traitements préventifs et curatifs pour les immunodéprimés fonctionneraient moins pour les malades du variant Omicron.

Le Premier ministre s’est notamment inquiété du cas des transplantés rénaux. “Même trois doses ne fonctionnent pas. On avait trouvé une parade avec un traitement qui marche sur Delta mais pas sur Omicron”, s’est-il inquiété.

La crainte de l’absentéisme spectaculaire

Les responsables hospitaliers ont expliqué au Premier ministre que leur grande crainte était “l’absentéisme spectaculaire” provoqué par Omicron . A Necker, 32% des personnels sont absents. “Nous sommes passés de 300 à 1500 personnels positifs en deux semaines sur l’AP-HP”, a averti Martin Hirsch.

Des soignants ont aussi réclamé à jean Castex une formation spécifique pour les infirmiers de réanimation, sujet sur lequel le Premier ministre a promis un plan d’action à la rentrée.

“Mon seul vœu en 2022 est de cesser de venir vous voir régulièrement”, a conclu le Premier ministre, en se rendant au service des urgences alors que sonnait minuit. “C’est très symbolique que je passe le cap du nouvel an dans un établissement de santé”, a-t-il relevé.

Des Champs-Élysées à la caserne des pompiers

Auparavant, il s’était rendu en haut des Champs-Élysées, où la consommation d’alcool est interdite et où les forces de l’ordre multipliaient les verbalisations pour non-port du masque - déjà 200 en soirée sur les Champs, lui a précisé le préfet de police Didier Lallement. Quelque 3800 policiers et 2400 sapeurs-pompiers sont sur le pont à Paris pour la nuit, et 9000 en comptant les militaires. Le Premier ministre a même eu droit à la démonstration d’un mégaphone géant.

Accompagné de la maire de Paris Anne Hidlago et de la ministre des Armées Florence Parly, il avait également salué des militaires de Sentinelle sur l’esplanade du Trocadéro, devant la Tour Eiffel illuminée aux couleurs du drapeau européen.

Jean Castex a terminé sa tournée du nouvel par une visite aux pompiers de la caserne Rousseau, où l’attendait le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

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