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    Indemnité exigées à Haïti par la France: pourquoi l'article du "New York Times" fait polémique

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 2 days ago - 16:21 · 8 minutes

Dans une série d'articles, le Dans une série d'articles, le "New York Times" revient en longueur sur les indemnités imposées par la France à Haïti à la fin du XIXe siècle. Un récit mal connu, mais dont le traitement fait polémique chez les historiens.

HISTOIRE - C’est un pan de l’Histoire de France qui n’est pas enseigné au plus grand nombre, au collège ou au lycée. Vendredi 20 mai, le New York Times a publié une série d’articles qui reviennent en détail sur les indemnités réclamées à Haïti par la France en 1825 , après que les esclaves ont mené une révolution pour chasser les colons et obtenir leur indépendance.

Une page historique qui s’est occasionnellement invitée dans l’actualité, notamment en 2015 au travers d’une phrase de François Hollande sur la “rançon de l’indépendance”, ou en 2004 lorsque le président haïtien d’alors, Jean-Bertrand Aristide , a été contraint à l’exil après des manœuvres franco-américaines pour empêcher que le sujet fasse les gros titres. Sauf que pour le grand public, ce récit demeure bien mystérieux.

Des pertes colossales à travers les siècles

Vendredi 20 mai donc, le prestigieux quotidien new-yorkais a mis en ligne plusieurs articles à ce propos, publiés en anglais, en français et en créole. Ils reviennent sur les origines de cette “dette” haïtienne imposée par la France, sur ses désastreuses conséquences au long cours pour le pays caribéen, sur le profit qu’en a tiré depuis le XIXe siècle la banque française CIC (qui finança notamment la construction de la tour Eiffel) ou encore sur la manière dont Paris a œuvré au fil des années pour éviter que l’affaire soit rendue (trop) publique.

Un travail fouillé et précis, dont l’accomplissement principal, se targue le New York Times , est de parvenir à la première estimation du coût réel de ces indemnités pour les Haïtiens. Car si la France exigea, en 1825, sous peine d’attaquer l’île, cinq paiements annuels de 30 millions de francs (soit déjà six fois les revenus d’Haïti à l’époque), les répercussions furent bien plus grandes.

Du fait de l’incapacité des Haïtiens à payer une telle somme, ils furent contraints de recourir à des prêts... auprès de banques françaises. Avec comme effet direct, l’ajout d’intérêts colossaux aux sommes déjà ridicules réclamées par Paris. Tant et si bien que certaines années entre 1825 et le dernier paiement en 1888, “ce sont plus de 40 % des revenus du gouvernement d’Haïti que la France accaparera.”

Ce qui fait dire au quotidien américain qu’Haïti ayant eu à payer cette double dette (les indemnités et les intérêts), le pays a été privé de dizaines de milliards de dollars au cours des siècles, et par ricochet d’effets de croissance et de développement chiffrés à 115 milliards de dollars. “Soit huit fois la taille de l’économie haïtienne en 2020”, précise le NYT , et des montants qui auraient permis au pays d’atteindre le même niveau de développement que la République dominicaine, l’autre État qui partage l’île d’Hispaniola.

Vraiment une découverte?

Voilà pour le constat. Sauf qu’au-delà de l’attention accordée à ce pan de l’Histoire par la publication de tels articles dans un journal possédant neuf millions d’abonnés, le New York Times a aussi suscité la polémique. Ainsi, depuis vendredi, nombre d’universitaires, de militants et de journalistes multiplient les reproches à l’égard du journal. Méthode scientifique qui divise, absence de certaines sources, “découverte” qui n’en est pas une... plusieurs critiques reviennent régulièrement, tout en concédant que la lumière mise sur le sujet est à saluer.

La première critique concerne le “ Colombusing ”, un concept américain proche de celui d’appropriation culturelle. Dérivé du nom de Christophe Colomb (Colombus en anglais), il sert à décrire les “découvertes” qui n’en sont que pour une certaine partie de la population mondiale. Avec pour point de départ l’idée que la “découverte” de l’Amérique par le navigateur génois n’en était une que pour le monde blanc et occidental, des peuples entiers vivant dans les Caraïbes et sur le continent américain depuis des siècles.

En l’occurrence, ce que disent ces premières critiques, c’est que la “double dette” d’Haïti n’est aucunement un scoop pour la population qui endure ses conséquences depuis des siècles. Et que de nombreuses publications ont déjà traité des indemnités haïtiennes sans jamais avoir le même retentissement que le New York Times , ni recevoir les mêmes louanges.

Les spécialistes du sujet oubliés?

C’est par exemple l’argument de Michael Harriot, auteur et journaliste pour le The Root , publication qui s’adresse à la communauté d’afrodescendants aux États-Unis. Dans une série de tweets, il ironise ainsi sur le fait que son magazine ait maintes fois écrit sur le sujet.

Et cet argumentaire va au-delà du journalisme, comme en ont encore fait le reproche plusieurs chercheurs et professeurs d’université , déplorant que les ressources universitaires aient été occultées des sources avancées par le Times et des experts cités dans les articles. Et cela alors que le quotidien a mis en ligne un article décrivant “ ce qu’il s’est passé sous le capot ” pour parvenir à l’élaboration du dossier sur Haïti.

Ainsi, alors que le New York Times assure que “seule une poignée d’universitaires a étudié dans le détail la double dette” et “qu’aucun calcul approfondi n’a été tenté, d’après les historiens, de ce que les Haïtiens ont effectivement payé”, nombreux sont ceux qui s’insurgent face à cette idée. Notamment parce que la question était abordée dans les grandes largeurs dès 1944 dans “Capitalisme et esclavage”, un ouvrage de référence écrit par Eric Williams, futur Premier ministre de Trinité-et-Tobago, ou parce que Jean-Bertrand Aristide avait lui-même avancé les mêmes montants en 2004, lorsqu’il avait été poussé à l’exil après avoir réclamé un remboursement à la France.

Difficile coopération entre journalistes et historiens

“C’est bien que le NYT publie cela. C’est important de dire ce que les Haïtiens et les historiens hurlent depuis des générations”, ironise par exemple l’essayiste kényane Nanjala Nyabola. Et Aaron Bundy, spécialiste de littérature africaine, d’ajouter : “C’est drôle de voir une équipe entière de journalistes produire une ‘série d’investigation’ pour découvrir ce qui est écrit dans n’importe quel bouquin à peu près correct sur le sujet.”

Une controverse qui, comme l’écrivent entre autres l’historien américain Paul Cohen et son confrère français Paul Chopelin, résume bien la difficile cohabitation entre journalistes et historiens. Car si les premiers cherchent à vulgariser et à apporter une dimension de nouveauté, ils se fondent nécessairement sur le travail bien plus poussé et beaucoup moins mis en avant des seconds, qui planchent pendant des années sur ces dossiers. En l’occurrence, plusieurs historiens qui ont fourni travaux et contacts aux journalistes du Times disent n’avoir jamais été cités, ni remerciés pour leur aide, et déplorent cette “invisibilisation” de leur rôle.

Car en ne pouvant être exhaustifs, les journalistes se coupent mécaniquement de la méthode scientifique, ce qui rend nécessairement leur travail critiquable par les historiens. Ici, Paul Chopelin donne un exemple de cela: “L’Histoire contrefactuelle (que serait-il arrivé si...?) est un exercice toujours utile, mais qui nécessite la plus grande rigueur”, écrit-il sur Twitter. Or “ici tous les possibles ne sont clairement pas explorés.”

Une différence de méthode de travail et de buts recherchés qui crée une distance et une défiance réciproque. Et qui a pu, dans ce cas précis, occulter la publication d’un récit qui demeure mal connu d’une vaste partie de la population.

À voir également sur le HuffPost : En Haïti, après le séisme de magnitude 7,2, on recherche les survivants sous les décombres

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    When a seismic network failed, citizen science stepped in

    news.movim.eu / ArsTechnica · Saturday, 12 March - 13:00 · 1 minute

The Raspberry Shake, a simple seismograph based on Raspberry Pi hardware.

Enlarge / The Raspberry Shake, a simple seismograph based on Raspberry Pi hardware. (credit: Mike Hotchkiss, Raspberry Shake)

On the afternoon of January 12, 2010, a magnitude-7.0 earthquake struck about 16 miles west of Haiti’s capital of Port-au-Prince. Among the most significant seismic disasters recorded, more than 100,000 people lost their lives. The damage— costing billions of dollars—rendered more than a million people homeless and destroyed much of the region’s infrastructure. The earth tore at the relatively shallow depth of about 8 miles, toppling poorly constructed buildings.

At the time, Haiti had no national seismic network. After the devastating event, scientists installed expensive seismic stations around the country, but that instrumentation requires funding, care, and expertise; today, those stations are no longer functional. In 2019, seismologists opted to try something different and far less expensive—citizen seismology via Raspberry Shakes.

On the morning of August 14, 2021, amidst a summer of COVID-19 lockdowns and political unrest, another earthquake struck, providing the opportunity to test just how useful these Raspberry-pi powered devices could be. In a paper published on Thursday in Science, researchers described using the Raspberry Shake data to demonstrate that this citizen science network successfully monitored both the mainshock and subsequent aftershocks and provided data integral to untangling what turned out to be a less-than-simple rending of the earth.

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    Aux JO de Pékin, l'Haïtien Richardson Viano, premier skieur noir des Caraïbes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 29 January - 06:30 · 13 minutes

Lors des Mondiaux de Cortina d

JEUX OLYMPIQUES - “Sans me la péter, je suis le premier Haïtien. Le premier des Caraïbes même! Alors j’aimerais que mon histoire inspire d’autres enfants d’Haïti et des pays pauvres...” Il a raison, Richardson Viano: il ne se vante même pas en disant cela. Le 13 février, quand il dévalera la piste de Yanqing lors du slalom géant des Jeux olympiques d’hiver de Pékin , ce garçon de 19 ans deviendra le premier skieur noir de la Caraïbe à prendre part à un tel événement.

Un accomplissement de plus dans la vie déjà bien remplie d’un jeune homme que rien ne destinait à briller sur la neige. Car en Haïti , là où “Richi” est né le 16 août 2002, aucune trace de poudreuse ou de télésièges.

Tout cela, il l’a découvert à 7000 kilomètres de là, dans le massif des Écrins, où sont installés ses parents adoptifs, Silvia et Andrea. Un couple d’Italiens qui a franchi les Alpes en 1998. Des passionnés de montagne. Lui guide les touristes vers les sommets, elle tient un gite d’étape où ils se restaurent. “Et puis à la quarantaine, l’enfant ne venant pas, on a pensé à l’adoption.” S’ensuit un long parcours administratif jusqu’au jour où une association lyonnaise parle à Silvia d’un petit garçon haïtien. “On est tellement heureux qu’on ne se pose pas la question de savoir d’où il vient ou de quelle couleur il est”, sourit la maman au téléphone, émue. Andrea part seul chercher le petit bonhomme, qui arrive en France à Noël 2006.

Richardson ne parle que le créole. Il n’a eu que quelques jours pour s’habituer à celui qui vient de devenir son papa et est un peu choqué par tout ce changement. “Tout de suite, on se dit qu’on va l’emmener dans la nature, et on lui prend des petits skis d’enfant”, déroule Silvia. “Et il a adoré. Il voulait toujours sortir avec ses skis et c’est l’une des premières choses qu’il a appris à dire.” L’intéressé confirme: ”Ça m’a plu direct!” Une sensation “de glisse et de liberté” qui font rapidement du ski une passion pour le petit garçon.

La famille Viano est installée depuis des années dans les Hautes-Alpes. Italiens, Silvia et Andrea ont adopté en Haïti Richardson puis ses deux sœurs, Bellandine et Natacha.

“Il a eu le parcours de n’importe quel petit skieur de montagne”, poursuit Silvia. Une classe sportive en primaire permettant de pratiquer et d’esquiver ses premiers piquets, le tout en étant inscrit au club de Puy-Saint-Vincent , dans les Hautes-Alpes. “C’était un gamin très attachant”, se souvient Stéphane Roger, qui l’a entraîné pendant une dizaine d’années et qui suit toujours ses résultats, évidemment. “Il n’avait pas de facilité particulière, mais un physique assez conséquent. Et avec ses parents passionnés de ski, l’environnement était bon.”

Car si Silvia et Andrea lui font essayer d’autres disciplines, où les entraîneurs veulent à chaque fois l’inciter à poursuivre tant il brille, lui revient inlassablement au ski. “Je suis très sportif, mais c’est vraiment le sport avec lequel j’ai le plus d’accroche”, explique celui qui pratique aussi le vélo sur route et le VTT, qui a joué au football, pratiqué le karaté à bon niveau, s’amuse constamment à faire des saltos... Et quand on lui demande ce qu’il fait désormais quand il ne pratique pas sa discipline au haut niveau, sa réponse est éloquente: “Quand je ne skie pas (en club), je skie beaucoup en libre avec ma famille.” “C’est un compétiteur de première. Si vous mangez un plat de pâtes, lui doit en manger deux”, plaisante aussi sa mère, décrivant un jeune homme qui transforme la pression en carburant plutôt qu’en stress.

“Quand il était au club, il faisait partie d’un super groupe donc ça l’a aussi poussé”, reprend Stéphane Roger. La preuve: avec quelques copains du collège, au moment d’entrer en classe de troisième, il intègre le pôle espoir de Briançon et le Comité de ski Alpes-Provence. Le plus haut niveau départemental, qui va s’accompagner de la découverte des courses internationales. Et de la réalité d’un sport où seule une infime élite atteint les sommets. “Quand ils débarquent dans ces catégories-là, ils sont les plus jeunes et peuvent affronter des ados qui ont déjà 20 ans”, précise Stéphane Roger. “Forcément, les premières années, les résultats ne sont jamais probants.”

“La sélection est rude, méchante pour des gamins de 15, 16 ans. Avec un entonnoir très étroit pour faire la sélection”, confirme la mère de Richardson Viano. ”Être le seul garçon noir, différent, dans ce monde du ski, celui que tout le monde repère, revenir de blessure (il s’est cassé le fémur deux ans plus tôt alors qu’il était en pleine croissance), avec des résultats scolaires vraiment pas terribles... Ça a été très difficile pour lui.” Et son ancien entraîneur d’abonder: “C’est le moment où les jeunes qui ne sont pas pris abandonnent, mais lui a voulu continuer.” Car Richardson n’est pas du genre à laisser tomber, et la suite lui donnera raison. “Quand j’étais petit, on me disait que je n’aurais aucune chance. Je n’ai jamais écouté.”

“Depuis tout gamin, il me dit qu’il veut être champion de la ‘poudre magique’, comme il l’appelait petit”, confirme Silvia, la maman. “Il y a cette histoire d’un flocon qui lui tombe sur le bout du nez et qui fond alors qu’il découvre la neige. On en a parlé pendant des années parce qu’au fond de lui, il s’est toujours dit qu’il y arriverait même si tout cela était nouveau pour lui.”

Notamment encouragé par un papa guide de haute-montagne et très sportif, Richardson s

Mais Richardson Viano n’avait absolument pas imaginé que le tournant de sa vie se présenterait ainsi. “En janvier 2019, je reçois le coup de téléphone d’un monsieur. Il me dit: ‘Je m’appelle Jean-Pierre Roy, est-ce que tu veux skier pour la fédération haïtienne?’” Croyant à une blague d’un ami, le lycéen renvoie son interlocuteur vers sa mère, mais fait tout de même quelques recherches dans son coin. Et découvre une histoire pour le moins surprenante.

La Fédération haïtienne de ski a bel et bien été créée par ce fameux Jean-Pierre Roy, un skieur du dimanche installé en France depuis des décennies et qui a monté de bric et broc cette petite structure pour prendre part aux Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen en 2011. Son idée: trouver un moyen original de faire parler de sa terre d’origine, terriblement éprouvée par le tremblement de terre de janvier 2010. Une initiative qui rencontre un succès certain, au point que le président Roy se retrouve à expliquer à la télévision haïtienne et pour un public qui n’a jamais vu de neige ce qu’est le ski et que cela peut même donner lieu à des compétitions. Convaincu par son projet, il se met ensuite en quête de jeunes Haïtiens de la diaspora pour prendre sa suite et obtenir de meilleurs résultats que lui. À l’image de Richardson Viano donc, et de son remplaçant à Pékin, Mackenson Florindo , un jeune de 19 ans, adopté et passé par des classes sportives lui aussi.

Une fois convaincue de la véracité de la proposition haïtienne, la famille Viano demande un temps de réflexion à Jean-Pierre Roy, histoire de finir la saison en cours. “Avec la France, je n’avais pas le niveau requis pour pouvoir poursuivre au haut niveau.” Alors au bout de six mois, “Richi” finit par s’approprier le projet haïtien et répond favorablement. En novembre, son transfert est accepté par la FIS, l’instance internationale suprême. “Au début, je ne savais pas trop à quoi m’attendre: c’est une petite fédération avec peu de moyens”, confie le jeune homme. Mais très vite, il est séduit par un projet “familial”, sans aucune exigence de résultat et où la seule motivation de représenter et d’inspirer.

Ce que Richardson Viano réussit à merveille en février 2021, lorsqu’il étrenne la combinaison haïtienne aux Mondiaux de Cortina d’Ampezzo. Blessé au genou deux semaines avant la compétition, il débarque sans confiance, ni repère en Italie, où il doit se mesurer aux meilleurs skieurs de la planète. “Je croyais que je n’avais aucune chance, et au final, en y allant comme si je n’avais rien à perdre, j’ai fait deux manches correctes.” Un euphémisme puisque sa course voit le skieur haïtien terminer en 35e position, à une vingtaine de secondes du champion du monde français Mathieu Faivre . Un résultat inespéré et “une sensation énorme” pour Richardson. ”Être considéré de la même manière qu’un grand champion le temps d’une journée, avoir tout ce monde qui m’applaudissait dans l’aire d’arrivée, c’était formidable!”

Après avoir passé les trois premières années de sa vie dans un orphelinat en Haïti, Richardson Viano est arrivé à l

Car le changement de nationalité sportive et le projet haïtien ont fait naître quelques certitudes et des ambitions. Après des années de frustration face à des résultats en-deçà des standards nécessaires pour espérer briller sur la très dense scène française, l’adolescent est plus motivé que jamais. “Quand j’ai eu cette chance de passer pour Haïti, je me suis dit que je pouvais me mettre à fond dans le ski”, raconte-t-il. Et si sa discipline est un sport qui coûte cher et que ses performances n’attirent pas encore les sponsors, sa famille veut l’aider à croire en son rêve.

Après qu’il a d’abord intégré un lycée des métiers de la montagne disposant d’un petit groupe de ski de haut niveau, ses parents financent désormais une structure privée offrant un entraînement soutenu tout au long de l’année et du travail technique de qualité. Et avec ces petits moyens, “Richi” a décidé de se consacrer exclusivement à sa passion. “Au début, je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ayant arrêté l’école. Et finalement, j’ai fait le meilleur choix.”

“Il faut bien se rendre compte que quand il est 35e aux Mondiaux de Cortina, il le fait avec un matériel presque d’amateur, sans personne pour l’accompagner mentalement, sans kiné”, insiste Silvia, cassant d’emblée l’image du skieur professionnel couvé par un staff aux petits soins. “C’est une toute petite structure: il prépare lui-même ses skis, il lave son linge...” Car loin des équipe de France, de Suisse ou d’Autriche, Haïti ne peut proposer qu’un maigre accompagnement financier, et solliciter le Comité olympique local et le CIO pour espérer un peu mieux. Charge à “Richi” et à sa famille de financer la vie en station en période hivernale, le matériel, les hôtels, les déplacements. Fin 2021, la marque Rossignol lui a offert quatre paires de skis de bien meilleure qualité que ce qu’il avait jusqu’à présent et sa commune lui donne une petite bourse.

“Ce sont de petites pièces, mais pour qu’il puisse devenir un vrai athlète professionnel, il faudrait beaucoup plus”, continue Silvia, sans chercher à dramatiser, simplement ravie que son fils vive sa passion à fond. Comme les deux sœurs de Richardson d’ailleurs, Bellandine et Natacha, elles aussi adoptées en Haïti dans la même crèche que “Richi”, respectivement âgées 17 et 16 ans, et qui ont déjà trouvé une voie professionnelle qui leur plaît. Le jeune homme, lui, rêve d’aller encore plus loin. “Depuis que je suis avec Orsatus (la structure privée avec laquelle il travaille), je trouve qu’il y a une grosse progression. Avant j’étais à 6 secondes des meilleurs, et en une saison, c’est passé à 3!” Bien conscient que l’écart avec la coupe d’Europe, la deuxième division mondiale, est encore grand, il reste néanmoins patient.

En plus de l

Tout en pensant déjà à la suite, avec de belles perspectives. “Mon rêve, ce serait déjà de pouvoir poursuivre le ski à haut niveau. Et si j’arrive à gagner un peu d’argent, j’aimerais pouvoir aider ma crèche, d’une manière ou d’une autre.” Une envie de rendre à sa terre natale qui lui tient à cœur depuis toujours. “Très vite petit, comme il avait souffert de la faim à l’orphelinat, une de ses premières phrases en français a été de demander pourquoi on ne pouvait pas partager avec les autres enfants de sa crèche”, relate Silvia. “Alors ce qu’il voudrait aujourd’hui, grâce au ski, c’est f aire rêver les enfants de là-bas, leur montrer que croire en ses rêves peut permettre d’arriver quelque part.”

Un projet qui commencera à prendre corps le 30 janvier, avec son départ pour la Chine, accompagné de Silvia. À Pékin, Richardson défilera donc pour la cérémonie d’ouverture des JO, le 4 février. Il deviendra même le premier athlète haïtien à prendre part aux Jeux olympiques d’hiver, mais ne portera pas le drapeau de son pays, un privilège laissé à Jean-Pierre Roy, l’architecte de cette belle aventure caribéenne, qui lui n’a jamais réussi à valider son billet pour des Jeux. “Et ensuite, aux Mondiaux de Courchevel l’an prochain, puis aux JO de Cortina en 2026, j’espère que ce sera mon tour”, sourit son successeur.

Loin de toute cette effervescence, sa mère souhaite quant à elle voir son fils s’épanouir sereinement. “Si les JO sont un tremplin pour lui donner les moyens de vivre de ce qu’il aime, tant mieux! Mais nous on veut surtout qu’il reste avec sa passion, sa musique, son rap, et qu’il vive sa vie normale de garçon de 19 ans.” Un jeune homme dont les courses seront diffusées dans le monde entier en ce mois de février, mais qui se présentera sans pression, simplement heureux de faire partie de ce “beau” rassemblement de toutes les Nations. “Et puis j’espère que mon histoire pourra montrer que même en étant désavantagé et en pratiquant un sport qui n’est pas censé être le nôtre, aux peuples africains, c’est possible de réussir!”

Sur le slalom géant des JO, le 13 février, Richardson Viano sera accompagné par un autre concurrent caribéen puisqu’un athlète jamaïcain au parcours incroyable a aussi réussi à se qualifier. Et pour cause: Alexander Benjamin a 38 ans, et il n’avait jamais skié avant de souffler ses 30 bougies.

Brillant diplômé en ingénierie, DJ invité à se produire au festival américain de “Burning Man”, financier à succès... l’homme né au Royaume-Uni d’une mère anglaise et d’un père jamaïcain a eu mille vies avant de rencontrer les planches et la poudreuse lors de vacances au Canada. Et grâce à une improbable septième place lors des championnats nationaux du Cap Vert organisés au Liechtenstein le 12 janvier, fruit de deux ans de travail acharné à skier aux quatre coins du monde, il valide sur le fil son billet pour Pékin.

Ce qui fera de lui le 15e athlète venu de Jamaïque à concourir lors des JO d’hiver, et le premier en ski alpin. Au point même d’avoir attiré l’attention d’Atomic, prestigieuse marque de ski autrichienne, qui lui a offert un contrat. Contrairement à “Richi”, il s’agit toutefois d’une participation qui tient surtout aux quotas existant pour permettre à des pays sans domaine skiable de participer aux Jeux qu’à une réelle pratique du ski à haut niveau.

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    Haïti égratigne les États-Unis et dénonce les images des migrants à la frontière

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 25 September, 2021 - 23:34 · 2 minutes

Haïti égratigne les États-Unis et dénonce les images chocs des migrants à la frontière (photo du 25 septembre 2021)

INTERNATIONAL - “Les migrations vont continuer”, a affirmé ce samedi 25 septembre à l’Assemblée générale de l’ONU le Premier ministre haïtien Ariel Henry, en rappelant aux États-Unis , à propos du choc des images du refoulement d’immigrants haïtiens à la frontière américano-mexicaine , qu’ils ont été bâtis grâce aux migrants.

“Ces derniers jours, les images du traitement réservé à plusieurs de mes compatriotes à la frontière entre le Mexique et les États-Unis ont choqué plus d’un”, a déclaré le responsable haïtien dans un discours vidéo pré-enregistré.

“Sans vouloir contester le droit d’un État souverain de contrôler l’accession d’étrangers à son territoire, ou de renvoyer dans leur pays d’origine ceux qui y pénètrent illégalement, nous croyons que beaucoup de pays aujourd’hui prospères ont été construits par des vagues successives de migrants et de réfugiés”, a-t-il souligné.

“Les êtres humains vont toujours fuir la misère”

Plusieurs dizaines de milliers de migrants, pour la plupart haïtiens, sont arrivés depuis début septembre à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Cet afflux massif et le traitement subi par certains migrants, repoussés par des membres de la police des frontières à cheval alors qu’ils traversaient le fleuve séparant les deux pays, ont valu une avalanche de critiques à l’administration de Joe Biden, jugée inhumaine par la gauche et laxiste par la droite.

“Ce problème des migrants doit nous rappeler que les êtres humains, les pères et les mères de famille, vont toujours fuir la misère et les conflits, et chercher à offrir de meilleures conditions de vie à leur progéniture”, a poursuivi Ariel Henry.

“Les migrations vont continuer tant qu’il y aura sur notre planète des zones de prospérité tandis que la majeure partie de la population mondiale vit dans la précarité, parfois extrême, sans perspective d’une vie meilleure”, a-t-il précisé.

Selon lui, “pour trouver une solution durable au problème migratoire, il faut s’attaquer aux causes profondes des déplacements humains”. “J’invite la communauté internationale à renforcer de manière urgente les mesures pour améliorer les conditions d’existence dans les pays pourvoyeurs de réfugiés politiques ou économiques”, a lancé le Premier ministre haïtien.

À voir également sur Le HuffPost: Haïti sombre dans le chaos, entre maisons détruites et hôpitaux débordés

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    ‘Luck is not on our side’: Del Rio resembles dusty war zone as 5,000 migrants remain

    news.movim.eu / TheGuardian · Friday, 24 September, 2021 - 13:07

At its height, the Del Rio encampment harbored about 14,000 migrants – but even as traffic is dwindling, the situation has deteriorated

“Welcome to Texas,” says a big, green sign near the Del Rio International Bridge.

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    Haïti: démission de l'émissaire américain pour dénoncer l'expulsions de migrants

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 23 September, 2021 - 15:34 · 3 minutes

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HAÏTI - L’émissaire américain en Haïti Daniel Foote a démissionné, dénonçant dans une lettre cinglante les expulsions “inhumaines” par les États-Unis de milliers de migrants haïtiens vers leur pays en proie à la terreur des gangs armés.

“Je ne m’associerai pas à la décision inhumaine et c ontre-productive des États-Unis d’expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d’immigrants illégaux en Haïti, un pays où nos fonctionnaires sont confinés dans des complexes sécurisés en raison du danger que représentent les gangs armés contrôlant la vie quotidienne”, assène Daniel Foote dans sa lettre de démission datée de mercredi 22 septembre et adressée au secrétaire d’État Antony Blinken.

Une approche politique “profondément défectueuse”

“Notre approche politique en Haïti reste profondément défectueuse et mes recommandations ont été ignorées et rejetées, lorsqu’elles n’ont pas modifiées”, dénonce également Daniel Foote dans sa missive.

“Nous remercions l’émissaire spécial Foote pour son engagement pour le pays et pour le peuple d’Haïti”, a réagi le département d’État, sollicité par l’AFP.

Daniel Foote cherchait à étendre son pouvoir de décision sur la politique des États-Unis en Haïti, et l’administration Biden a décidé qu’il n’était pas approprié de lui donner autant de latitude, a également réagi un haut responsable sous couvert d’anonymat.

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart des Haïtiens, s’entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula (frontière sud avec le Guatemala) et de Ciudad Acuña (nord, à la frontière du Texas), où ils vivent sous la chaleur et dans l’insalubrité.

Fuyant la pauvreté et le chaos, ils cherchent refuge aux États-Unis , pour nombre d’entre eux après avoir traversé une douzaine de pays comme le Panama et la Colombie, où quelque 19.000 migrants, également en majorité Haïtiens, sont bloqués à la frontière.

15.000 migrants rassemblés sous un pont au Texas

Les États-Unis avaient suspendu les expulsions de migrants haïtiens en situation irrégulière après le séisme qui avait ravagé la moitié sud d’Haïti le 14 août, mais le regroupement en quelques jours de plus de 15.000 migrants, sous un pont au Texas, a changé la donne.

Depuis dimanche, les services migratoires américains ont déjà affrété 12 vols pour renvoyer plus de 1400 personnes dont plusieurs centaines d’enfants, dans la capitale Port-au-Prince et Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays.

Daniel Foote avait été nommé le 22 juillet avec pour objectif de “faciliter la paix et la stabilité” et la tenue d’élections “libres et justes” après l’assassinat du président Jovenel Moïse, tué dans sa résidence privée par un commando armé le 7 juillet.

Sa démission constitue un nouveau coup dur pour Joe Biden, après ses difficultés parlementaires et l’Afghanistan: sa politique d’expulsions massives de migrants haïtiens vers leur pays en plein chaos sécuritaire se voit ainsi critiquée -avec des mots durs- par son propre émissaire.

Joe Biden exclut l’envoie de militaires en Haïti

Dans une rare critique, le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer avait aussi exhorté mardi Joe Biden à mettre fin immédiatement aux expulsions qualifiées d’“ignobles”.

“Une telle décision va à l’encontre du sens commun” et de “la décence”, s’est-il insurgé, en soulignant que les conditions difficiles à Haïti faisaient que le pays ne pouvait “pas les recevoir”.

Les États-Unis sont l’une des principales puissances susceptibles d’exercer une influence sur Haïti, pays qu’ils ont occupé militairement pendant 19 ans, de 1915 à 1934. Mais le président Joe Biden a exclu tout envoi de militaires américains, malgré la demande en ce sens du gouvernement haïtien qui souhaitait des troupes pour sécuriser le pays caribéen.

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    En Haïti, 24 survivants retrouvés une semaine après le séisme

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 23 August, 2021 - 15:07 · 2 minutes

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INTERNATIONAL - Face à un terrible bilan qui ne cesse de s’alourdir depuis le séisme du 14 août à Haïti , c’est une petite lueur d’espoir. 24 personnes ont été retrouvées saines et sauves, plus d’une semaine après le tremblement de terre dévastateur .

Huit jours après la catastrophe, les opérations de recherche se poursuivent dans les décombres, mais la possibilité de retrouver des survivants s’amenuise d’heure en heure. Toutefois, la Protection civile haïtienne a rapporté dimanche 22 août avoir retrouvé 24 survivants à Pic Macaya, localité du sud de l’île, une des zones les plus touchées par les secousses. Elles ont été évacuées par hélicoptère pour être soignées dans le sud, ont précisé les autorités.

En dépit de cette bonne nouvelle, le bilan du séisme s’est encore alourdi avec l’annonce par les autorités du décès d’au moins 2207 personnes dans le sud-ouest du pays des Caraïbes où l’aide parvient lentement aux sinistrés.

“De nouveaux corps ont été retrouvés dans le sud. Le bilan humain pour les trois départements passe désormais à 2207 morts, 344 personnes disparues et 12.268 blessés”, indique le rapport de la protection civile publié dimanche. Le décompte précédent faisait état de 2189 victimes décédées.

Une aide difficile à acheminer

Près de 600.000 personnes ont été directement affectées par le tremblement de terre de magnitude 7,2 et ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence, précisent les autorités haïtiennes.

Apporter de l’eau et de la nourriture aux sinistrés est un défi logistique face aux attaques des convois routiers par des individus non identifiés. “On a un problème de sécurité qui devient de plus en plus criant”, a affirmé à l’AFP Jerry Chandler, directeur de la protection civile haïtienne.

Les destructions et dégâts étant particulièrement conséquents dans les zones rurales enclavées, les autorités haïtiennes privilégient désormais l’acheminement de l’aide humanitaire par voie aérienne, via un hélicoptère des Nations unies et les huit appareils mis à disposition par l’armée américaine.

Largement détruite par le séisme, la commune des Cayes, troisième ville d’Haïti, a été vendredi le théâtre de distributions informelles d’aide humanitaire qui, organisées par des particuliers sans expérience, a constaté un photographe de l’AFP.

“Nous ne voulons pas décourager les bons samaritains”, a réagi Jerry Chandler. “Nous recommandons à tout le monde de communiquer avec nous afin que nous sachions ce qui se fait et que nous fassions une cartographie de l’aide et aussi de manière à pouvoir les aider et les assister”.

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    Haïti sombre dans le chaos, entre maisons détruites et hôpitaux débordés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 18 August, 2021 - 08:17 · 3 minutes

SÉISME - Des habitants trempés, épuisés, sans autre choix que d’uriner et déféquer dans des rues menacées d’inondations: le sud-ouest d’Haïti plonge d’heure en heure dans le chaos, les sinistrés de son récent séisme étant démunis et sans moyens .

Dans la ville des Cayes, plus de 200 personnes commencent à bâtir des abris précaires sur un terrain de football inondé. Tous sont sinistrés du tremblement de terre de magnitude 7,2 de samedi 1 4août, qui en quelques secondes a réduit en poussière des dizaines de milliers d’habitations. Au moins 1941 personnes ont été tuées, selon un bilan encore “très partiel” annoncé mardi 17 août par la protection civile haïtienne.

Alors que le déblaiement des décombres se poursuit dans cette ville, toujours avec l’espoir de trouver des survivants, un hélicoptère des garde-côtes des États-Unis a organisé des rotations pour acheminer les patients en état critique.

Hélicoptères américains

Les États-Unis, qui ont évacué une quarantaine de personnes pour des soins urgents avec trois hélicoptères des garde-côtes, ont affrété huit hélicoptères de l’armée depuis le Honduras, pour continuer les efforts d’évacuation médicale.

L’USS Arlington, un navire de transport de la marine américaine doit également arriver mercredi en Haïti avec à son bord, une équipe chirurgicale, a annoncé le Commandement sud du Pentagone. L’aide médicale aux milliers de blessés s’organise aussi avec la montée de blocs opératoires de campagne dans quelques centres hospitaliers de la zone affectée par le séisme.

Après deux jours d’attente, ce soutien international est un soulagement pour l’équipe médicale de l’hôpital des Cayes qui n’en reste pas moins désabusée devant leur dénuement, et notamment l’absence de scanner, ou de personnes formées pour les faire fonctionner.

Extrême vigilance

Environ 9900 personnes ont été blessées par les secousses et leurs répliques. Dans les décombres, les secouristes ont extrait 34 personnes vivantes au cours des dernières 48 heures ont indiqué les autorités.

Au calvaire des sinistrés qui dorment dehors s’ajoutent mardi les averses charriées par la tempête tropicale Grace. Les précipitations risquent par endroits de provoquer “des inondations majeures”, selon le Centre américain des ouragans, basé à Miami.

Dans ces conditions, les autorités haïtiennes ont appelé à une “extrême vigilance” à l’égard des maisons fissurées, qui pourraient s’effondrer sous le poids de la pluie. Bricolant à la hâte des abris de fortune, les habitants sont dépités.

Chaos politique

Le Premier ministre Ariel Henry a bien décrété l’état d’urgence pour un mois dans les quatre départements affectés par la catastrophe. Mais le pays le plus pauvre du continent américain est confronté à un chaos politique, un mois après l ’assassinat de son président Jovenel Moïse , compliquant encore sa gouvernance.

L’Unicef a estimé mardi que 1,2 million de personnes, dont 540.000 enfants, étaient affectées par la crise. L’accès en eau reste aussi très restreint par endroits, comme dans la commune de Pestel, où plus de 1.800 citernes sont fissurées ou écrasées, faisant craindre une dégradation des conditions sanitaires.

Quelques mois après le terrible séisme de 2010, qui avait coûté la vie à 200.000 personnes, une mauvaise gestion des eaux usées dans une base onusienne avait facilité la propagation du choléra dans le pays.

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