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    La série "Hippocrate" de Canal+ racontait la crise à l’hôpital avant la mission Flash de Macron

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 18:00 · 6 minutes

L'acteur Bouli Lanners, dans le rôle du chef de service des urgences Olivier Brun L'acteur Bouli Lanners, dans le rôle du chef de service des urgences Olivier Brun

SÉRIES - Une métaphore sans équivoque d’un “hôpital qui s’abime, se noie”, et de soignants débordés qui ne peuvent “qu’écoper”. C’est avec ces mots que Thomas Lilti, médecin généraliste avant de devenir réalisateur, décrivait la saison 2 de Hippocrate au moment de sa diffusion sur Canal+.

Un an plus tard, alors que les recommandations d’une mission flash sur les urgences hospitalières - commandée par le président de la République - viennent d’être retenues par la Première ministre Élisabeth Borne, on ne peut s’empêcher d’y repenser. Et de conseiller à ceux qui ne comprennent pas l’ampleur de cette crise de regarder les huit épisodes, toujours disponibles sur myCanal.

Car si Thomas Lilti avouait “douter qu’un président de la République déclare un jour: ‘Dis donc, j’ai vu le dernier Lilti, il faut qu’on change tout pour l’hôpital !’”, dans un entretien à Télérama , reste que sa série - très réussie - “peut devenir un outil de dialogue”: “Je reçois des témoignages de soignants qui me disent que leurs proches ont pu avoir une meilleure appréhension de leur travail grâce à mes films (...) C’est déjà beaucoup.”

La saison 2 d’ Hippocrate s’ouvre sur une catastrophe: c’est l’hiver, les hôpitaux sont submergés, une canalisation saute et inonde le service des urgences de l’hôpital Poincaré. Les soignants comme les malades se replient alors en médecine interne, où travaillent Chloé (Louise Bourgoin), Hugo (Zacharie Chasseriaud) et Alyson (Alice Belaïdi), les jeunes héros de la saison 1.

Écrite et en partie tournée avec la crise de la Covid-19, elle montre “un service au bord de l’implosion. Un hôpital déjà en souffrance où le moindre accroc peut se transformer en catastrophe. C’est violent, douloureux, mais c’est aussi ce qui fait la puissance de ce métier”, assurait Thomas Lilti lorsqu’on le rencontrait en visio en mars 2021. Le réalisme du monde hospitalier, le réalisateur le connaît bien. Avant de se tourner vers le cinéma avec Médecin de campagne ou Première année , il a été médecin généraliste.

Et alors que le premier confinement interrompait brutalement le tournage de cette saison dans une aile désaffectée de l’hôpital Robert-Ballanger à Aulnay-sous-Bois, le cinéaste n’a eu qu’à “pousser deux portes” pour prêter main forte en tant que médecin bénévole. “La première chose à laquelle j’ai assisté quand j’ai repris à l’hôpital, c’est le tri des patients”, racontait-il. ”Ça a été terrible pour moi, et ça l’est pour tous les soignants. Comment on décide? Sur quels critères? Le tri fait partie de la vie hospitalière et ce n’est pas anodin.”

Même si le Covid-19 n’en est pas la raison - l’épidémie n’est évoquée que dans le 8e et dernier épisode réécrit en cours de route - cette lourde tâche du tri des patients est évoquée au travers d’un épisode. Alors que de très nombreuses victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone affluent, les internes ne pourront envoyer que trois patients dans un caisson hyperbare, qui permet principalement d’accroître l’oxygénation des tissus. Et ils devront porter sur leurs épaules la charge de ces choix.

Aujourd’hui, parmi les 41 recommandations de la mission flash, le docteur François Braun, chef de pôle au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France, préconise de “réguler les admissions”, soit avec un “triage paramédical à l’entrée” des urgences, soit par une “régulation médicale préalable systématique” par le standard téléphonique du Samu.

Le rapport suggère même de limiter par endroits l’accès aux seules “urgences vitales”, en particulier la nuit, cette “suspension d’activité partielle” devant permettre de “mutualiser les moyens de plusieurs services sur un seul site”.

Karim Leklou (Arben Bascha) et Zacharie Chasseriaud (Hugo Wagner) Karim Leklou (Arben Bascha) et Zacharie Chasseriaud (Hugo Wagner)

Soigner dans “l’urgence permanente”

À part dans le calme oppressant de l’étroit caisson hyperbare - qui est un lieu symbolique de cette saison 2 - le bruit, le stress, l’urgence ne s’arrêtent jamais dans les 8 derniers épisodes de la série. Au flux incessant des patients et au manque de matériel ou de place, s’ajoute un nouveau chef des urgences, le docteur Brun (incarné par Bouli Lanners), médecin investi et charismatique, mais aussi ultra exigeant et au management parfois brutal.

“L’institution va trop vite”, commentait le réalisateur. “Le système fait qu’on n’a pas le droit de ne pas être à la hauteur quand on est jeune médecin. Et la peur de décevoir, de mal faire, de se tromper ont tendance à empêcher le dialogue et la parole”. Et quand l’hôpital est en crise, les conditions de travail sont d’autant plus difficiles: “Ce qui fait souffrir les soignants, c’est surtout de ne pas pouvoir bien faire leur travail. C’est ça le sentiment le plus douloureux”.

À travers les personnages de Hugo ou Igor dont la grande souffrance psychologique les conduit à des drames, Thomas Lilti - qui a déjà signé pour une saison 3 - illustre aussi le mal être des soignants. “L’hôpital public ne prend pas soin de nos soignants”, soufflait-il, “or quand on ne prend pas soin de ses soignants, on ne prend pas soin de ses malades”.

Là encore cela fait écho aux recommandations de la mission flash qui, en plus de bras supplémentaires, réclame des efforts budgétaires pour mieux payer les personnels hospitaliers, avec une revalorisation du travail de nuit ainsi qu’une prime pour les équipes des urgences psychiatriques, pédiatriques et gynécologiques. Et idem pour les médecins libéraux à la régulation et en consultation. Élisabeth Borne a depuis confirmé ce “complément de rémunération”.

Parce que ces épisodes d’Hippocrate ”épousent les secousses majeures” subies par l’hôpital ces dernières années, les acteurs Alice Belaïdi, Louise Bourgoin, Karim Leklou ou encore Bouli Lanners assuraient que le tournage leur avait tous fait “prendre conscience de l’urgence permanente” dans laquelle exercent les soignants et “ouvert les yeux sur l’effondrement d’un système”. Pourvu que le ou la future ministre de la Santé, qui doit succéder à Brigitte Bourguignon dans les jours qui viennent, ait déjà fait de même.

À voir également sur Le HuffPost: Ces soignants en ont marre du bla-bla face à la crise de l’hôpital

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    Limiter l'entrée aux urgences des hôpitaux? À Cherbourg, c'est déjà fait

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 08:18 · 3 minutes

HÔPITAL - Si Cherbourg est surtout connue pour ses températures (basses), la ville le sera désormais peut-être pour avoir initié la régulation des urgences . C’est depuis cette ville qu’Emmanuel Macron avait initié le 31 mai une “mission flash” destinée à diagnostiquer les problèmes du secteur hospitalier et à y apporter des solutions.

Un mois plus tard, la Première ministre Elisabeth Bone a confirmé que les 41 mesures du rapport du docteur François Braun seront proposées comme “une caisse à outils” à disposition des agences régionales de santé. Parmi elles, une, inspirée de l’hôpital Pasteur de Cherbourg-en-Cotentin, consiste à limiter l’accès aux urgences aux “vraies urgences”.

Pour les déterminer, entre 15h et 8h30 du matin, avant de vous rendre au service d’urgence de l’hôpital cherbourgeois, il est nécessaire d’appeler le Samu. Un agent régulateur oriente ensuite l’appelant vers un médecin qui lui-même décidera de la nécessité d’une admission aux urgences. Idée qui a donc guidé le chef de l’État dans sa quête d’un hôpital désengorgé. Comme vous pouvez le  voir dans la vidéo en tête d’article , nous sommes donc allés dans la cité normande où cette régulation existe depuis janvier 2022 pour voir comment cela fonctionne et comme la mesure est accueillie par la population.

“Les gens ne viennent pas aux urgences pour rien”

“Les patients ne viennent pas pour rien aux urgences, certains d’entre eux pâtissent d’un manque de médecins libéraux susceptibles de pouvoir répondre à leurs interrogations”, estime Sylvie Meriel, infirmière à l’hôpital cherbourgeois et porte-parole du syndicat FO.

D’autant que selon la syndicaliste, la régulation n’a permis de réduire les admissions aux urgences que de 130 à 115 entrées quotidiennes. Pas suffisant pour justifier une telle mesure. Même avis pour Rémi Besselièvre, président de l’Association des usages de l’hôpital public de Cotentin qui estime que ”ça signifie que ce sont autant de personnes que l’on a laissées sans soin”. Pour lui, cette “mission flash” est un échec.

L’association qu’il préside avait rendez-vous ce vendredi 1er juillet avec le maire de Cherbourg-en-Cotentin et la directrice de l’hôpital Séverine Karrer qui a refusé toute interview au HuffPost . Au programme de la discussion, la régulation justement qui concentre les crispations des uns et des autres. Le maire Benoît Arrivé (PS) a lui même reconnu qu’il ne s’agissait que d’une solution provisoire; le vrai remède étant “un plan Marshall à grande échelle capable de soutenir tous les acteurs”.

Les médecins libéraux sollicités mais favorables

Le vice président de l’union régionale des médecins libéraux, le docteur Philippe Cholet émet pour sa part un avis positif sur la mesure mise en place à l’hôpital Pasteur: “Est-ce choquant de dire que les urgences doivent être prises aux urgences? La rhinopharyngite n’a rien à y faire par exemple. Quant aux effectifs mobilisés dans le libéral pour assurer la régulation, il s’agit d’une question de solidarité.”

Le rapport recommande par ailleurs de rémunérer les médecins de ville régulateurs à hauteur de 100euros brut/heure, une somme censée couvrir une moyenne de 4 consultations à hauteur de 25 euros lorsque le médecin officie auprès de sa patientèle.

Pour syndicats et associations cependant, la sollicitation des médecins libéraux pour la régulation des urgences ne fera “qu’augmenter les délais de rendez-vous déjà importants pour les patients des médecins de ville”.

À voir également sur Le HuffPost: Ces soignants en ont marre du bla-bla face à la crise de l’hôpital

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    Résultats législatives 2022: Brigitte Bourguignon, la ministre de la Santé, battue

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 19 June - 18:44 · 1 minute

Battue aux législatives, la mission flash de la ministre de la Santé Bourguignon prend fin Battue aux législatives, la mission flash de la ministre de la Santé Bourguignon prend fin

POLITIQUE - Elle ne résiste pas à la vague. La ministre de la Santé Brigitte Bourguignon est battue ce dimanche 19 juin au second tour des élections législatives par la représentante de l’extrême droite dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais.

La ministre de la Santé, qui a succédé à Olivier Véran le 21 mai dernier, puis lancé une “mission flash” pour sauver l’hôpital public , est devancée de 56 voix, selon son entourage, par son adversaire du Rassemblement national , Christine Engrand. Elle va devoir quitter le gouvernement, comme le prévoit la règle édictée par Emmanuel Macron avant le premier tour.

Retrouvez les résultats et les analyses du premier tour des législatives

A l’échelle nationale , c’est une bérézina - ou presque - pour Emmanuel Macron et ses troupes. Emmanuel Macron va perdre sa majorité absolue et nombre de ses ténors, tandis que le Rassemblement national enregistre une percée historique à l’Assemblée nationale.

Plus d’informations à venir...

À voir également sur Le HuffPost: Gouverner avec une majorité relative, est-ce déjà arrivé sous la Ve République ?

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    Nicolas Revel, un proche d'Emmanuel Macron, pressenti à la tête de l'AP-HP

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 17 June - 19:47 · 1 minute

Nicolas Revel, ici à l'Élysée à Paris, le 18 septembre 2018. Nicolas Revel, ici à l'Élysée à Paris, le 18 septembre 2018.

AP-HP - Emblématique mais contesté patron de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch quittera ses fonctions à la fin du mois sur fond de crise sans précédent de l’hôpital public . À l’aube de la vague du Covid-19 qui allait déferler sur le système de soins, il avait promis “un modèle hospitalier différent de ce qu’il a été avant, plus proche de nos attentes et de nos ambitions à tous”.

C’est officiellement parce qu’il s’estime incapable de tenir cet engagement que Martin Hirsch, 58 ans, a annoncé son départ de ce mastodonte du système de santé qui emploie plus de 100.000 personnes et fait fonctionner 38 hôpitaux. Il était son directeur général depuis 2013.

Dans un courrier aux personnels, le haut-fonctionnaire médiatique à la personnalité atypique affirme: “C’est parce que j’ai pensé ne pas pouvoir réunir toutes les conditions pour que cet engagement soit respecté que j’ai décidé, il y a un mois, de remettre mon poste de directeur général de l’AP-HP à la disposition du gouvernement”.

Selon des sources gouvernementales, l’ex-directeur de cabinet de Jean Castex à Matignon, Nicolas Revel, est le favori pour lui succéder.

Le journal Les Échos annonce même ce vendredi 17 juin que c’est officiel . Âgé de 56 ans, Nicolas Revel a dirigé la Caisse nationale d’Assurance-maladie de 2014 à 2020 par le passé.

Ce haut fonctionnaire, énarque sorti à la Cour des comptes, a été secrétaire général adjoint de l’Élysée sous François Hollande, en binôme avec Emmanuel Macron.

Il a été nommé au grade de chevalier de la Légion d’honneur en 2016.

À voir également sur Le HuffPost : Ces soignants en ont marre du bla-bla face à la crise de l’hôpital

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    "Les urgences, ça peut plus être open bar", selon le patron du samu

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 9 June - 17:54 · 2 minutes

Une infirmière en grève dit son épuisement lors d'une grève le 7 juin 2022. Une infirmière en grève dit son épuisement lors d'une grève le 7 juin 2022.

URGENCES - La situation est intenable. Chargé par Emmanuel Macron d’une “mission flash” sur les soins non programmés, le président de l’association Samu- Urgences de France, François Braun, a affirmé ce jeudi 9 juin que les urgences ”ça ne peut plus être ‘open bar’”.

D’un côté, plus de 21 millions de passages aux urgences (en 2019), deux fois plus en vingt ans. De l’autre, 120 services forcés de réduire la voilure cet été faute de soignants , d’après Samu-Urgences de France.

Pour son président, l’équation est difficile. “Les urgences, ça ne peut plus être open bar, on ne peut plus servir à tout”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au Congrès Urgences, qui se tient à Paris jusqu’à vendredi.

La veille, Brigitte Bourguignon y était venue annoncer de “premières mesures” pour surmonter un ”été difficile” à l’hôpital: heures sup payées double, élèves infirmiers “immédiatement” employables, cumul emploi-retraite “facilité” pour les soignants.

Le “tri” des patients nécessaire

La ministre de la Santé avait au passage prévenu qu’elle “n’accepterai(t) pas que l’on fasse croire aux Français que partout, le système s’effondre”. Mais pour François Braun, il faut aussi “arrêter de faire croire que l’on peut avoir partout des urgences ouvertes 24 heures sur 24, sept jours sur sept”.

Quitte pour cela à filtrer l’accès aux urgences par le Samu, via un appel préalable au 15, comme certains hôpitaux ont dû s’y résoudre récemment. Notamment à Cherbourg, où M. Macron s’est rendu la semaine dernière et où ”ça marche, il n’y a pas de perte de chance” pour les malades, a assuré l’urgentiste.

Un “principe de tri” est selon lui nécessaire “soit par la régulation” téléphonique, “soit à l’entrée” des urgences, pour traiter en priorité les urgences vitales et réorienter les autres patients vers des médecins de garde, ou des consultations sur rendez-vous selon les cas.

M. Braun n’a toutefois pas précisé si cette piste figurerait parmi les conclusions de sa “mission flash”, attendues avant le 1er juillet.

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    Crise aux urgences: les premières mesures du gouvernement dévoilées

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 8 June - 13:32 · 2 minutes

Une série de Une série de "premières mesures" annoncées face à la crise aux urgences (Photo d'illustration prise aux urgences de Toulouse par Alain Pitton/NurPhoto via Getty Images)

SANTÉ - Éviter la catastrophe aux Urgences . Heures sup’ payées double, élèves infirmiers “immédiatement” employables: la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, a annoncé ce mercredi 8 juin une série de “premières mesures” afin de surmonter un ”été difficile” à l’hôpital , “sans attendre” les conclusions de la mission flash sur les urgences .

“L’été sera difficile” et il faudra “trouver des solutions pour que les Français ne soient pas privés de soins ”, a déclaré Brigitte Bourguignon lors d’une intervention au Congrès Urgences, qui se tient à Paris de ce mercredi à vendredi.

Alors que 120 services d’urgences ont été forcés de limiter leur activité ou s’y préparent, selon un décompte diffusé fin mai par l’association Samu-Urgences de France, “ le gouvernement prend ses responsabilités face à la crise ”, a-t-elle affirmé.

Des mesures que viendra compléter la “mission flash” de Macron

L’exécutif a notamment “décidé de réactiver le doublement de la rémunération des heures supplémentaires du personnel non médical, et du temps de travail additionnel des médecins, pour l’ensemble de la période estivale”.

La ministre a également annoncé “un dispositif exceptionnel” pour que “les élèves infirmiers et aides-soignants ayant achevé leur formation initiale en juin et juillet (puissent) commencer à exercer immédiatement , sans attendre la remise officielle de leur diplôme”.

Les soignants retraités “volontaires pour reprendre une activité” cet été bénéficieront pour leur part de “facilités de cumul (avec) leur pension de retraite”.

Par ailleurs, les agences régionales de santé (ARS) ont été sommées de “remobiliser les dispositifs territoriaux de gestion de crise” pour coordonner hôpitaux publics, cliniques privées et professionnels libéraux.

Ces “premières mesures seront bientôt complétées par les propositions de la mission Braun”, a-t-elle ajouté. Emmanuel Macron a en effet chargé le Dr François Braun, chef des urgences du CHR de Metz et président de Samu-Urgences de France, d’une “mission flash” sur les “soins non programmés”, dont les résultats sont attendus avant le 1er juillet.

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    Ces soignants en ont marre du bla-bla face à la crise de l'hôpital

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 7 June - 16:38 · 2 minutes

HÔPITAL - “Des mots et du papier, on s’en fout, nous ce qu’on veut c’est de quoi faire pour pouvoir soigner nos patients”. Sophie, orthophoniste dans un hôpital près de Paris a participé à la mobilisation des soignants et autres salariés des hôpitaux, partout en France.

En pleine crise des urgences et à quelques jours des législatives, les personnels hospitaliers demandent des hausses de salaire et d’effectif. Ils étaient entre 200 et 300 manifestants à Paris. “La situation devient critique, on a des patients qui restent parfois 48h sur des brancards”, s’exaspère Julien, aide-soignant.

L’attente de la “mission flash”

C’est aux urgences que le feu couve: faute de soignants, au moins 120 services ont été forcés de limiter leur activité ou s’y préparent, selon un décompte réalisé fin mai de l’association Samu-Urgences de France. Son président, François Braun, doit d’ailleurs rendre les conclusions de la “mission flash” d’ici fin juin au chef de l’État, qui a promis dans un entretien à la presse régionale vendredi “des décisions d’urgence dès juillet”.

L’objectif, “c’est de faire remonter toutes les bonnes réponses qui peuvent se mettre en place, dès cet été”, a affirmé ce mardi sur France Bleu la Première ministre, Élisabeth Borne. Mais pour Marine Le Pen, “cette mesure n’a qu’un seul intérêt, c’est d’enjamber l’élection législative” des 12 et 19 juin.

La méthode ne convainc pas non plus le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui juge dans une tribune dans Libération que “le temps des enquêtes est dépassé” et réclame “des négociations urgentes sur l’organisation du travail” pour remettre sur pied un hôpital “au bord du KO”.

“Une situation très problématique”

Sur le terrain, le temps presse: “On risque d’être dans une situation très, très problématique cet été” et “je crains fort qu’il y ait des drames”, a alerté sur RTL le chef des urgences de l’hôpital Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis), Frédéric Adnet. Attendu au tournant, M. Braun a assuré la semaine dernière qu’il n’entendait pas produire “un énième rapport” mais bien “rédiger l’ordonnance” attendue par les hospitaliers, ajoutant avoir “déjà des pistes”.

D’autres idées inquiètent, comme l’obligation d’appeler le 15 pour filtrer l’accès aux urgences, mise en œuvre à Cherbourg ou à Bordeaux. L’option a toutefois des défenseurs dans la majorité, à l’instar du député de Charente Thomas Mesnier, lui aussi urgentiste, qui a jugé nécessaire dans le Journal du dimanche de “se remettre en mode gestion de crise pour passer le cap de l’été”, quitte à “recentrer” ces services “sur leur vrai métier, les urgences vitales”.

À voir également sur Le HuffPost: Au CHU de Rennes, un service d’urgences ”à bout” se met en grève

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    La pénurie de soignants et la dégradation des soins étaient inévitables - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 7 June - 07:47 · 4 minutes

Manifestation des personnels soignants à Bordeaux, en juin 2020. Manifestation des personnels soignants à Bordeaux, en juin 2020.

SOIGNANTS - Il y a quelques années de cela, à l’époque où le trou de la Sécu ne cessait de se creuser et où le nombre de professionnels de santé satisfaisait largement aux besoins de la population, une idée a germé dans la tête d’un de nos dirigeants: pour combler le déficit, il suffisait de réduire le nombre de soignants !

CQFD!

À partir de ce moment-là, le numerus clausus pour la formation des médecins ne cessa de diminuer drastiquement chaque année.

Ce calcul simpliste, non seulement ne prenait pas en compte d’autres facteurs, tel que le fort taux de chômage qui sévissait dans ces années-là et qui, de ce fait, grevait d’autant les recettes de la Sécurité sociale ayant pour conséquence de creuser ce fameux “trou”. Mais, plus grave, il ne semblait se baser sur aucune projection démographique à plus long terme, sachant qu’il faut en moyenne dix ans pour former un médecin .

Fermetures et pénuries

Aujourd’hui, on en arrive à des situations qu’on pourrait qualifier d’ubuesques si elles n’étaient pas dramatiques, de devoir fermer épisodiquement les services d’urgence de certains hôpitaux, comme cela se passe actuellement aux CHU de Bordeaux, Grenoble, Rennes, ou encore au CHR d’Aix en Provence, pour ne citer que ceux-là (à ce jour, plus de 120 hôpitaux français concernés), faute de personnel soignant.

Ces phénomènes entraînent une perte de chance pour les patients qui, à défaut d’obtenir rapidement un rendez-vous médical, seront mal ou non soignés.

De même, en raison de la pénurie de médecins généralistes, nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à ne plus avoir de médecin référent, ils peinent également à trouver un rendez-vous chez un spécialiste et lorsqu’ils en ont trouvé un, ils doivent patienter encore pendant de nombreux mois avant leur rendez-vous.

Ces phénomènes entraînent une perte de chance pour les patients qui, à défaut d’obtenir rapidement un rendez-vous médical, seront mal ou non soignés.

Des solutions d'urgence à prendre

Or, pour établir les besoins en personnels de santé, il aurait fallu tenir compte des éléments suivants:

  • La pyramide des âges et la génération des baby-boomers: soixante-dix ans plus tard, ils sont devenus du fait de leur âge, de plus grands consommateurs de soins médicaux;
  • Cette même génération a fourni également bon nombre de professionnels de santé désormais en âge de prendre leur retraite, ce qui a pour effet de creuser le déficit de l’offre de soins;
  • La féminisation de la profession: les femmes assument non seulement leurs maternités, mais aussi, aménagent plus souvent que les hommes leur temps de travail pour se consacrer à leurs enfants. Ceci n’est pas un propos sexiste, étant moi-même une femme médecin mère de deux enfants;
  • Une médecine de plus en plus technique, sophistiquée et hyper spécialisée, qui offre une palette de soins plus large à la faveur des patients, mais qui nécessite aussi davantage de praticiens formés dans ce sens pour pouvoir la pratiquer;
  • Des internes qui ont acquis des droits, ce qui est une bonne chose, comme le repos compensateur après une garde, ou un nombre maximum de trois gardes mensuelles, mais ce qui contribue à accentuer la pénurie;
  • De jeunes médecins formés, rappelons-le, aux frais de l’État, qui une fois leurs études terminées, ne veulent pas exercer ni à l’hôpital, ni en libéral, et préfèrent se contenter de quelques jours par mois de remplacements. Il est étonnant de constater qu’à peine 10% des jeunes médecins s’installent en libéral! Quant aux postes non pourvus dans les hôpitaux, on les compte par centaines;
  • La crise du Covid, qui a épuisé les soignants au point d’en inciter beaucoup à changer de métier ou à prendre leur retraite prématurément;
  • Cessons de brandir la menace de mesures coercitives visant à obliger les jeunes médecins à s’installer en zones sous-dotées. Si cette opposition zones sous-dotées/zones sur-dotées était encore vraie il y a seulement 5 ans de cela, ce n’est plus du tout le cas actuellement et en France (métropole comme outre-mer), il n’y a plus que des zones sous-dotées!
  • Le creux de la vague en termes de pénurie n’est pas encore atteint, ce qui signifie que la situation va continuer de s’aggraver jusque vers 2030, là où selon les projections actuelles, le pire serait atteint… à moins d’une nouvelle crise sanitaire d’ici là, qui pourrait encore aggraver les choses.

Voilà donc un certain nombre de pistes de réflexion sur lesquelles il devient très urgent de se pencher, si l’on souhaite maintenir un niveau sanitaire correct pour nos concitoyens, niveau sanitaire qui ne cesse de se dégrader au fil de ces dernières années, faute d’un nombre suffisant de professionnels de santé formés pour assumer ce service public.

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