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    Sur le web, la vie des lesbiennes est parfois semée d’embuches

    news.movim.eu / Numerama · Tuesday, 26 April - 14:26

Le 26 avril, c'est le jour de la visibilité lesbienne. Disparition d'Internet, discrimination, invisibilisation : Numerama couvre, toute l'année, les problématiques qui touchent la communauté queer et les lesbiennes. [Lire la suite]

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    Conditionner le RSA à une activité? «Il faudrait que Macron vive la pauvreté pour savoir ce que c’est»

    news.movim.eu / Mediapart · Wednesday, 23 March - 19:07

Six bénéficiaires du RSA réagissent à la proposition avancée par le candidat Macron de lier le versement du revenu de solidarité à un minimum d’activité. «Il faudrait qu’il vive la pauvreté pour savoir ce que c’est», s’indigne une jeune coiffeuse de formation. «Ça va se faire au détriment des travailleurs», s’inquiète surtout Romain, ex-ingénieur.
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    www.mediapart.fr /journal/france/230322/conditionner-le-rsa-une-activite-il-faudrait-que-macron-vive-la-pauvrete-pour-savoir-ce-que-c-est

[Rapport] Les candidats des inégalités
  • [Rapport] Les candidats des inégalités

    A droite, les injustices fiscales et sociales au programme. Marine Le Pen, Eric Zemmour, Valérie Pécresse et Emmanuel Macron... Certes, ces personnalités ont des parcours et des sensibilités différentes. Marine Le Pen et Eric Zemmour prônent des thèses nationalistes, identitaires et xénophobes tandis que Valérie Pécresse est issue d’une droite écartelée entre une aile traditionaliste, et une aile libérale aujourd’hui davantage incarnée par Emmanuel Macron. Pour autant, en matière de politique fiscale et budgétaire, tou·tes portent des propositions comparables dans une forme de surenchère sidérante et dangereuse. Attac, avec l'Observatoire de la justice fiscale, dresse ainsi le portrait de quatre programmes, qui communément, marquent une offensive sans précédent contre le « modèle social ».

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    Le ski, toujours un sport de riches

    news.movim.eu / Mediapart · Saturday, 19 February - 11:36

Seulement 10% de la population part en vacances lors des congés d’hiver. Et encore moins au ski. Cette pratique sportive reste socialement marquée et réservée aux plus aisés. Les classes vertes ou des initiatives associatives essaient de contourner cela malgré tout. Radiographie d’une pratique élitiste.
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    Ne laissons pas l’épidémie de Covid bafouer notre éducation - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 24 January - 09:47 · 6 minutes

En France, près d’une personne sur quatre âgée de plus de 25 ans n’a aucun <a href=diplôme ou seulement un certificat d’études, selon l’ Observatoire des inégalités." data-caption="En France, près d’une personne sur quatre âgée de plus de 25 ans n’a aucun diplômeou seulement un certificat d’études, selon l’ Observatoire des inégalités." data-rich-caption="En France, près d’une personne sur quatre âgée de plus de 25 ans n’a aucun diplômeou seulement un certificat d’études, selon l’ Observatoire des inégalités." data-credit="Tetra Images via Getty Images" data-credit-link-back="" />

ÉDUCATION - La dernière vague d’épidémie de COVID-19 et son variant Omicron circule à travers de nombreux pays. Elle menace le droit à l’éducation de millions de personnes suite aux nouvelles fermetures d’écoles et aux obstacles à l’enseignement. Partout, et depuis longtemps, l’accès à l’éducation est déterminé par le niveau social, le sexe, le lieu de résidence, le statut migratoire et d’autres facteurs liés aux individus et à leur entourage. Mais depuis deux ans, la crise sanitaire a accentué ces inégalités et menacé la garantie pour tou·te·s d’un des droits humains les plus essentiels: le droit à l’ éducation .

Le droit à l’éducation n’est pas garanti pour tou·te·s

En France, près d’une personne sur quatre âgée de plus de 25 ans n’a aucun diplôme ou seulement un certificat d’études, selon l’ Observatoire des inégalités . L’appartenance sociale des élèves crée des divergences dans les parcours et l’orientation scolaires, dès la fin du collège. À l’université, les étudiant·e·s originaires de milieux populaires sont largement sous-représenté·e·s (12% en licence, 8,5% en master et 5,9% en doctorat). Les derniers chiffres officiels sur les inégalités femmes-hommes indiquent que les étudiantes sont légèrement plus nombreuses que les étudiants dans l’enseignement supérieur. Pour autant, des écarts importants s’observent selon les filières, dont certaines qu’elles occupent en majorité (médicales, paramédicales, sociales, lettres) et d’autres en minorité (informatiques et numérique, classes préparatoires, écoles d’ingénieur). Entre 2013 et 2017, leur part a même régressé dans certaines formations qui favorisent une insertion professionnelle, notamment dans la tech. Cette inégalité découle entre autres de représentations socioculturelles qui assignent des fonctions différenciées aux femmes et aux hommes, en France comme ailleurs.

Sur d’autres continents, comme l’Afrique, les inégalités de genre dans l’éducation s’observent bien avant l’université. Les données de la Banque mondiale montrent notamment des écarts importants sur les taux d’alphabétisation entre les femmes et les hommes âgés de plus de 15 ans en Afrique subsaharienne (respectivement 59,4% et 72,4% en 2020). D’autres disparités existent selon les conditions de vie, notamment entre le milieu rural et urbain, mais également entre personnes déplacées ou non. Dans le monde, les filles réfugiées ont ainsi deux fois moins de chances d’accéder à l’enseignement secondaire que leurs équivalents masculins. Les filles sont moins scolarisées que les garçons surtout si l’éducation implique un coût financier pour des parents –qui “investiront” davantage sur leurs garçons dans une logique de “retour sur investissement”. Un autre facteur d’inégalités tient à la sécurité, notamment si elle n’est pas assurée sur les trajets ou que des groupes communautaires et/ou religieux s’opposent au principe même d’éducation des filles, exposant davantage les filles aux violences basées sur le genre. De plus, lorsque les infrastructures sanitaires ne sont pas adaptées aux besoins hygiéniques des jeunes femmes, ces dernières ont moins de chance de poursuivre leur éducation pendant leur cycle menstruel. Par ailleurs, les femmes et les filles sont assignées dès l’enfance à la réalisation des tâches domestiques et de soins non rémunérés. L’ ONU Femmes estime qu’elles s’élèvent à 4,1 h/jour pour les femmes, une durée trois fois plus importante que celle des hommes. Cette charge représente un frein supplémentaire dans leur accès à l’éducation. Enfin, la crise sanitaire de COVID-19 est désormais aussi avérée comme un facteur de risque dans l’accès à l’éducation.

Les effets néfastes de la crise sanitaire

Pour des millions d’élèves à travers le monde, la fermeture des écoles ne signifie pas un simple arrêt temporaire de l’éducation, mais l’arrêt complet de la scolarisation. À ce titre, l’UNESCO rapportait déjà à la fin de l’année 2020, le risque pour 11 millions de filles de ne pas retourner à l’école suite aux fermetures dues au COVID-19. Ce nombre s’ajoute alors aux 130 millions de filles, sur un total de 258 millions, déjà déscolarisées avant la pandémie.

Outre les fermetures d’écoles et d’universités, la pandémie de COVID-19 a perturbé l’accès aux services de santé essentiels dans 90% des pays, selon l’OMS. Parce que les rôles de genre leur attribuent principalement la tâche de prendre soin des autres, les femmes et les filles ont alors vu leur charge de travail non rémunéré considérablement augmenter. Cela vient d’autant plus compromettre leur disponibilité à poursuivre leur propre éducation. La France n’échappe pas à une répartition genrée des rôles au sein du foyer et de la famille , plus d’une femme sur deux ayant consacré + de 4 h/jour à s’occuper de leur(s) enfant(s) durant le premier confinement contre moins d’un homme sur trois. La part des mères ayant cessé de travailler pour s’occuper des enfants pendant le premier confinement est plus élevée que la part des pères, et l’école à domicile a majoritairement été prise en charge par les femmes. Là où certain·e·s voient la formation à distance comme une alternative à la fermeture des classes, il est donc nécessaire de souligner cette charge supplémentaire pour les femmes. Et même si l’enseignement reste pris en charge par un·e intervenant·e pédagogique à distance, l’accès aux outils d’éducations technologiques est lui aussi soumis à une fracture numérique, basée entre autres sur l’âge, la classe sociale et le sexe.

En mettant à mal le droit à l’éducation des élèves, la pandémie de COVID-19 a également accentué d’autres inégalités (notamment de genre) en matière d’emploi, d’insertion et de ressources. C’est bien parce que le droit à l’éducation est corrélé à d’autres éléments structurels de nos vies quotidiennes qu’il est reconnu, depuis longtemps, comme un droit essentiel. Et lorsqu’il est bafoué, il aggrave les inégalités qui viennent à leur tour justifier des idées reçues sur la répartition des fonctions, et des attitudes discriminantes. En 2020, 28% des gens dans le monde pensaient qu’il est normal pour un homme de battre sa femme, et 9 personnes sur 10 avaient des préjugés sexistes. Difficile d’imaginer parvenir à faire évoluer les mentalités sans une éducation effective. Alors évitons de nourrir ce cercle vicieux et agissons urgemment pour faire garantir ce droit pour tou·te·s, pandémie ou non.

À voir également sur Le HuffPost: Grève du 13 janvier: Ces profs en colère ont manifesté pour la première fois

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    Pourquoi le pass sanitaire n'a rien réglé aux inégalités vaccinales

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 6 January - 14:04 · 3 minutes

Contre le coronavirus, pourquoi le pass sanitaire n

CORONAVIRUS - “Le pass sanitaire n’a pas réduit les inégalités vaccinales”: à l’heure où les débats font rage sur la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal et où Emmanuel Macron se voit reprocher de vouloir “ emmerder les non-vaccinés ”, des chercheurs français dressent un bilan contrasté du système en vigueur depuis le mois de juillet 2021.

L’étude, prépubliée le jeudi 6 janvier sous la direction de la spécialiste en biologie évolutive Florence Débarre, décortique ainsi les chiffres de la vaccination sur tout le territoire à trois dates: début juillet, peu de temps après l’annonce d’un pass sanitaire nécessaire à la vie de tous les jours, début août, lorsqu’il est effectivement mis en place, et fin août, juste avant la rentrée des classes.

Les conclusions sont sans appel: malgré une élévation globale marquée du taux de vaccination, “les zones les plus démunies ont plus de dix fois plus de chances d’être parmi les moins vaccinées” après l’instauration de cette mesure, constate l’étude. “Que le taux de vaccination soit associé aux inégalités sociales, c’est la confirmation de quelque chose de connu”, explique Florence Débarre.“Mais l’aspect nouveau, c’est que la contrainte du pass sanitaire n’a pas réduit ces inégalités vaccinales”.

“Les écarts se sont maintenus”

L’étude a pu associer pauvreté et taux de vaccination plus faible que la moyenne en triant une multitude de critères, comme le revenu, la taille de la famille, le niveau d’éducation, afin de trouver ceux qui correspondaient le plus à la carte des inégalités vaccinales. Les deux paramètres qui produisent le parallèle le plus net avec un taux de vaccination bas sont le mal-logement (plusieurs personnes dans un logement trop petit) et le taux de chômage. Deux indicateurs de pauvreté.

“Si l’on prend ces deux indicateurs, les écarts se sont maintenus” depuis l’arrivée du passe sanitaire, explique la chercheuse à l’Université Paris-Sorbonne. Pourquoi? Pour l’étude, cela tient à la définition même du pass. Ce dernier étant nécessaire pour des activités sociales payantes, comme aller au cinéma ou au restaurant, il n’a pas exercé la même contrainte dans les zones les plus pauvres.

Mais attention à ne point faire d’un parallèle une causalité: comme le rappelait dans d’autres travaux l’une des autrices de l’étude, Lucie Guimier, dans certaines régions, la réticence à la vaccination peut être liée à des résistances régionales historiques, comme dans le sud-est de la France. L’inégal accès aux soins peut également en être un, comme le faisait remarquer cet été le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu. Derrière ces causes multiples, le critère de la pauvreté est celui que l’on retrouve systématiquement.

Le département de région parisienne fait en effet partie des zones où le décrochage vaccinal est le plus évident. Plus de 34% de la population n’y a encore reçu aucune dose de vaccin, soit 14% de plus que la moyenne vaccinale. Un écart comparable, voire légèrement supérieur, à ce qu’il était avant le pass sanitaire. “Le pass n’a pas été sans effet: il n’a juste pas résorbé les inégalités”, constate Florence Débarre.

À voir également sur Le HuffPost: Macron, avant de vouloir “emmerder” les non-vaccinés, prônait la “tolérance”

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    Le capitalisme est bénéfique pour les pauvres

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 21 August, 2021 - 03:15 · 5 minutes

capitalisme

Par Mihailo Gajić 1 .

On entend souvent que grâce au capitalisme les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Mais ce point de vue est-il juste ?

La définition d’un système économique comme le capitalisme est basée sur une approche marxiste observant le monde seulement à travers les forces de production. Le capital concernerait les outils de production, lesquels ne doivent pas appartenir seulement aux individus, mais aussi à l’État. Par exemple, les usines et les machines existaient aussi en Union sovietique, mais elles appartenaient à l’État, pas aux entrepreneurs privés. En Chine, en Russie, au Brésil et dans les pays riches en minéraux (pétrole inclus), les entreprises qui appartiennent à l’État ont un rôle très important. Il s’agit d’un capitalisme d’État.

C’est pour cela qu’il est préférable d’utiliser l’expression économie de marché pour désigner ce qui est communément nommé capitalisme : un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production, le libre échange et le mécanisme des prix.

Mais comment définir l’économie de marché ?

Tous les pays du monde (excepté peut-être Cuba ou la Corée du Nord) s’organisant plus ou moins autour de l’économie de marché, il est possible d’établir une comparaison permettant de constater que les économies des pays de l’Union européenne sont différentes.

Pour cela, aidons-nous de l’Economic Freedom in the World Index, qui mesure si les pays sont proches de l’idéal de l’économie de marché : les taux bas , libre échange international, monnaie stable , pas de régulation des affaires. Cet Index a été développé par un grand nombre de scientifiques incluant quelques économistes ayant obtenu le prix Nobel d’économie, comme Gary Becker , Douglass North ou Milton Friedman .

Il montre que la situation n’est pas noire ou blanche à travers de monde, mais beaucoup plus nuancée. Dans son dernier rapport, Hong Kong et Singapour sont au sommet de la liste des pays en termes de liberté économique, avec 8,94 et 8,65 points (le maximum étant 10) alors que le Soudan et le Venezuela sont derniers avec 4,21 et 3,34 points.

Quand on regroupe les pays par leurs résultats dans l’Index, on observe des choses intéressantes.

Les pays les plus libres économiquement sont aussi plus développés, avec des revenus considérablement plus élevés. Les économies libres ont un meilleur environnement pour les affaires, ce qui a une influence positive sur les investissements. Et les investissements d’aujourd’hui sont la croissance économique de demain.

Quand on divise les pays par leur niveau de liberté économique en quatre parts (quartiles), on voit que davantage de liberté donne plus de revenus.

Mais à quoi cela sert-il ?

La croissance économique est une belle chose, mais si les fruits de cette croissance sont distribués seulement entre les riches, il ne restera rien pour les autres, pauvres inclus. Le problème de ce raisonnement est qu’il n’établit pas de liaison entre la part de revenu des plus pauvres et la liberté économique. Ou plus simplement : davantage de capitalisme ne rend pas les pauvres plus pauvres qu’avant.

Niveau des libertés économiques et de la proportion de revenus des plus pauvres 10 % de la population. Source: Fraser Institute.

Mais le résultat final peut nous tromper.

Voyons donc la situation dans chaque pays pris individuellement. J’ai pris les données de la Banque Mondiale concernant la proportion des revenus des plus pauvres soit 10 % de la population (excluant les pays dont les données datent de plus de 5 ans et les micro pays) pour obtenir ce graphique. Il montre également qu’il n’y a pas de liaison statistique entre la liberté économique (axe X) et la proportion de revenus des plus pauvres 10 % (axe Y). Ce fait est aussi confirmé par l’analyse de régression – R Square pratiquement n’existe pas (inférieure à 0,002), et la valeur p est très élevée (0,96).

Les libertés économiques et la proportion des revenus des plus pauvres représentent 10 % de la population  (axe X) et (axe Y). Source: Fraser Institute et la Banque Mondiale.

Enfin, cette différence de revenus indique que les pauvres vivant dans un pays plus libre économiquement ont des revenus plus importants que les pauvres des pays qui ne sont pas économiquement libres.

En d’autres termes, où que l’on soit, il n’est pas agréable d’être pauvre, mais tandis que dans certains pays, être pauvre signifie vivre dans une hutte de terre, travailler dur du matin au soir et s’inquiéter de chaque repas suivant, dans d’autres cela signifie vivre modestement mais décemment.

Les libertés économiques et les revenus des plus pauvres représentent 10 % de la population. Source: Fraser Institute.

Quand vous regardez cela, il est clair qu’une économie de marché (ou une économie nommée familièrement capitaliste ) est bénéfique pour les pauvres : vivre dans de telles sociétés économiquement organisées augmente considérablement leurs revenus et leur niveau de vie. Nombreux sont ceux qui n’ont pas confiance dans le capitalisme ou les libertés économiques car ils pensent qu’ils auront un impact négatif sur le niveau de pauvreté ou augmenteront les inégalités déjà existantes dans leur société.

Dans l’attention portée à la pauvreté ou à l’inégalité, on se pose souvent la mauvaise question : comment apparait la pauvreté ? Mais la pauvreté est la condition de base de l’humanité : l’espèce humaine a passé la plus grande partie de son existence dans une misère terrible, et seule une partie de l’humanité a réussi à y échapper au cours des deux siècles précédents.

La vraie question que nous devons nous poser est de savoir comment la prospérité arrive.

  1. Mihailo Gajic est un économiste de Belgrade (Serbie) où il dirige les activités de recherche de Libek, un think-tank sur le marché libre, depuis 2014. Il est souvent cité dans la presse grand public serbe sur des sujets économiques. Ses principaux domaines d’intérêt sont les libertés économiques, le commerce international, la réglementation des affaires et les finances publiques. Fervent défenseur du marché libre, de la gouvernance démocratique et de l’état de droit en Serbie et dans les Balkans, et membre du Couvent National, organe consultatif du Parlement national de Serbie. Il fournit également des conseils en affaires aux entrepreneurs étrangers qui investissent en Serbie.
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    Face au Covid-19, le télétravail vu par ceux qui n'y ont pas accès

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 26 April, 2021 - 15:02 · 8 minutes

Le télétravail peut être perçu, par les personnes extérieures, comme une façon plus souple d

VIE DE BUREAU - Pour eux, rien n’a changé. Ils se rendent sur leur lieu de travail comme avant, malgré l’instauration, quasi-systématique, du télétravail en France .

Depuis le début de la crise sanitaire , il y a plus d’un an, le monde du travail s’est scindé en deux groupes. Il y a ceux pour qui les missions professionnelles sont compatibles avec le travail à domicile et ceux qui ne peuvent exercer leur profession depuis chez eux.

Certains vivent le fait de continuer à aller au travail comme une chance, une échappatoire leur permettant de garder une hygiène de vie et un semblant de vie sociale . D’autres le perçoivent comme une grande inégalité. Les travailleurs “en présentiel”, ces oubliés du télétravail, jalousent, parfois, ceux qui restent chez eux, se sentent davantage exposés aux risques du Covid-19 et perçoivent cette situation comme une injustice.

Pour Agnès Bonnet-Suard, psychologue clinicienne et co-fondatrice du cabinet Therasens, situé près d’Aix-en-Provence, ces divers ressentis ne sont pas surprenants. “Si le télétravail apparaît comme une richesse, c’est parce qu’il y a une forte angoisse due au fait d’être exposé au virus. Les gens qui travaillent de chez eux apparaissent comme préservés, privilégiés. Les autres, sont en première ligne et se sentent en danger ”, analyse-t-elle.

Émilie, Louise, Hugo et Sara, tous travailleurs sur le terrain, nous racontent leur vision du télétravail.

Télétravail ou présentiel, que choisir?

Émilie* a connu le chômage partiel, le télétravail puis le travail en présentiel en raison de la situation sanitaire. Celle qui est responsable des expéditions d’une petite entreprise de Gironde est passée par plusieurs phases.

Dans un premier temps, lors de son retour sur son lieu de travail, elle était “ravie de retrouver ses collègues malgré les distanciations sociales et les mesures sanitaires strictes”. C’était, pour elle, un privilège de pouvoir voir des personnes autres que sa famille et quitter le cadre de la maison.

Un jour, cette situation est devenue lassante. “J’ai commencé à envier mon compagnon qui est en télétravail depuis le début. Il était à la maison, tranquille, au chaud. Il pouvait dormir davantage le matin, prendre le temps de boire un café ou de fumer une cigarette”, confie Émilie au HuffPost . Et puis, la colère s’est installée. “J’étais en colère parce qu’il était à la maison et moi dehors. Je ne comprenais pas qu’il ne puisse pas lancer une machine, vider le lave-vaisselle, ou ranger. En rentrant, j’avais tout à faire alors que, lui, était à cinq mètres de tout, ça ne lui aurait pris que très peu de temps. Je ne comprenais pas”, se souvient-elle.

La psychologue clinicienne, Agnès Bonnet-Suard, explique cette colère par la banalisation et la méconnaissance des difficultés du télétravail. Selon elle, le travail à domicile se présente comme une forme d’illusion. “On peut penser que c’est quelque chose d’incroyable, un objet miraculeux dont on voudrait tous se saisir. Il y a, certes, une certaine souplesse dans le télétravail, mais on ne connaît pas tous ses revers ”, analyse la spécialiste de la prévention des risques psychosociaux et de la qualité de vie au travail.

C’est après une longue discussion avec son compagnon qu’Émilie a compris sa détresse . “Il ne voyait personne, ne sortait plus, les seuls contacts étaient ses collègues par téléphone, moi et notre fils. Il s’était enfermé dans son travail , et était entré dans cette spirale, celle où, plus tu en fais maintenant, moins tu auras à faire demain”, avait-elle réalisé. Parfois, il finissait le travail à 23h. Il répondait à des mails, chose qui prend peu de temps, puis en recevait un autre, ainsi de suite”. “Il s’était pris à son propre jeu”, analyse Émilie, qui estime que “c’était devenu malsain”.

Depuis, la direction de son compagnon lui autorise à prendre quelques jours en présentiel par mois. De son côté, Émilie s’est rendu compte “que le télétravail, lorsqu’il n’est pas bien encadré, peut être destructeur”. Cette période difficile lui a fait réaliser le “privilège” qu’elle a de pouvoir se rendre au bureau chaque jour.

Le télétravail, le vouloir sans le pouvoir

Se rendre au travail ne va pourtant pas forcément de pair avec l’épanouissement social pour Louise*, qui rêverait d’être en télétravail. L’étudiante en cinquième année de pharmacie effectue des stages dans le milieu hospitalier depuis bientôt huit mois. Certains auraient pu être réalisés en télétravail, mais on lui a toujours refusé. “J’aurais beaucoup aimé faire du télétravail. Les stages sont pour moi l’occasion d’avoir une expérience professionnelle, mais pour certains, j’aurais pu en apprendre tout autant en étant chez moi”, confie la jeune femme de 24 ans.

Elle ne s’en cache pas, elle “jalouse les personnes en télétravail”. Selon Louise, cette forme de travail est davantage confortable , permet de perdre moins de temps dans les transports, de mieux s’organiser et de limiter les risques de contamination. Ce n’est pas dans la sphère professionnelle que Louise trouve son épanouissement social, bien au contraire. “J’ai une vie suffisamment riche pour ne pas me sentir isolée en dehors du travail. J’espère avoir quelques jours de télétravail dans les prochaines semaines, car j’envie beaucoup les personnes en télétravail!”, affirme l’étudiante.

Du côté de Hugo*, stagiaire lui aussi, il n’y a pas de négociation possible. Il a d’ailleurs failli se faire renvoyer pour s’être mis en télétravail début avril. “L’intégralité de mes missions pouvant s’effectuer à distance, je me suis éclipsé un soir avec mon ordinateur professionnel afin de quitter mon lieu de travail. J’estimais être, après trois mois de stage, suffisamment formé pour travailler à distance ”, explique le jeune homme.

Lorsque le directeur de cette agence de relations presse parisienne s’est aperçu de l’absence d’Hugo, il lui a indiqué qu’il mettrait fin à sa convention s’il n’était pas en mesure de rentrer. “J’ai dû faire marche arrière, reprendre un billet d’avion. J’ai ri quand les autres collaborateurs m’ont félicité d’avoir pu obtenir deux jours de télétravail, délai nécessaire pour attendre les résultats d’un nouveau test PCR”, s’amuse le stagiaire.

“Psychologiquement, physiquement, j’étais à bout”

La situation sanitaire creuserait-elle un fossé entre les employés de terrain, les employés de bureau, les employeurs? Ce questionnement rappelle à Agnès Bonnet-Suard un semblant de “ lutte des classes ” qui se révèle par des “inégalités socio-professionnelles” accentuées par la crise. Ces oppositions scinderaient le monde du travail en deux groupes, “les cols blancs et les cols bleus”.

Sara travaillait pour une grande enseigne de prêt-à-porter. Après avoir été au chômage partiel lors du premier confinement, le retour au travail “a été pire que tout”. Elle s’en rappelle encore. “On a essuyé les insultes et les agressions des clients récalcitrants au port du masque, de ceux qui ne croient pas au Covid, ceux qui pensent que Dieu va les protéger” se souvient-elle. Tous les employés du magasin ont dû effectuer “un travail de prévention et de médiation” pour lequel ils n’étaient pas formés.

“C’était un peu rageant d’être là, pendant que des familles se baladaient, masque sous le nez, sur nos lieux de travail. Comme si racheter un short au petit dernier devait relever de la promenade de santé... D’une manière générale, tout le monde était plus stressé, sur les nerfs, irrespectueux”, ajoute Sara.

“Les travailleurs de terrain sont l’objet des déversoirs de l’agressivité et de l’angoisse des autres”, admet la psychologue, Agnès Bonnet-Suard. Selon elle, l’agressivité est l’aboutissement de l’angoisse. Dans le climat anxiogène actuel, “on perd de vue le rôle particulier du personnel de terrain, beaucoup plus exposé”, contrairement au début de la crise sanitaire où il a été glorifié .

Il y a un mois, Sara a quitté son poste. Elle ne pouvait plus s’y rendre. “Psychologiquement, physiquement, j’étais à bout. Je pleurais tous les jours, j’avais mal au crâne du matin au soir, chaque son, chaque ‘bip’ émis par le lecteur de code-barres de ma caisse était insupportable. J’ai fait un abandon de poste. Je suis partie pour éviter d’exploser auprès de mon employeur, d’une collègue ou d’un client” confie-t-elle au HuffPost .

“La majorité des personnes en télétravail depuis un an sont des cadres. Ça me fait doucement rire quand j’entends le gouvernement mettre en avant le télétravail comme si c’était applicable partout, comme si tous les employeurs pensaient très fort, de chez eux, à leurs employés restés sur le terrain”, ironise Sara. “Maintenant, c’est sans moi” poursuit-elle avant de conclure que “le positif dans tout ça, c’est que j’ai enfin le temps de dormir, de cuisiner, et de m’occuper du linge qui traîne depuis six mois. Un peu comme si j’étais en télétravail, mais sans salaire!”

*Les prénoms ont été modifiés.

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