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    Pour Frédérique Vidal, "l'islamogauchisme" à l'université est réglé

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 15 October, 2021 - 13:26 · 3 minutes

UNIVERSITÉS - “Vous avez des nouvelles, Frédérique Vidal, des ‘islamogauchistes qui gangrènent les universités françaises’?” La question du journaliste Marc Fauvelle sur FranceInfo a semblé prendre de court la ministre de l’Enseignement supérieur.

Ce vendredi 15 octobre, Frédérique Vidal est tout de même revenue sur les propos qu’elle avait tenus en février dernier sur l’“islamogauchisme” à l’université. “Au travers de tout de ce que ces quelques secondes ont généré, on a remis du débat et de la discussion dans les établissements”, a tenté de botter en touche la ministre.

Questionnée sur un éventuel rapport sur “le phénomène” et sur l’ enquête que la ministre avait réclamée au CNRS - qui avait refusé de la mener -, Frédérique Vidal a répondu en se félicitant de la polémique suscitée par ses propos. Des propos qui avaient entraîné l’appel à sa démission de plus de 600 universitaires, scientifiques, chercheurs ou professeurs d’université.

“J’en suis ravie, parce que ça a permis à des gens qui avaient l’impression qu’ils ne pouvaient plus exprimer leur opinion de pouvoir le faire, a soutenu la ministre. Ça a permis de recenser un certain nombre d’empêchements de congrès, de colloques, dans tous les sens...”, a-t-elle précisé.

“De nouveau, on a une liberté d’opinion”

“Je crois que ce débat a été salutaire parce qu’aujourd’hui, à l’université de nouveau, on a une liberté d’opinion, on a la capacité de parler de tout”, a conclu Frédérique Vidal. “Vous voulez dire qu’il a suffi d’en parler, comme vous l’avez fait, pour régler quasiment la question?” pousse le journaliste.

“Oui, soutient-elle. Vous savez, souvent, il suffit d’en parler. Et à partir du moment où on lève le tabou, les gens - au sein des universités notamment - parce qu’ils se sentent de nouveau capables d’avoir une pluralité des recherches... Les choses se sont nettement améliorées de ce point de vue là.”

Des déclarations qui n’ont pas manqué de provoquer des commentaires ironiques sur Twitter, certains universitaires ou journalistes raillant le pouvoir de la “pensée magique” de la ministre.

Reste à savoir si le combat de la ministre de l’Enseignement supérieur va désormais se porter sur le “wokisme” , nouvelle croisade de son collègue Jean-Michel Blanquer qui a récemment lancé son “Laboratoire de la République”. Un think-tank ciblant explicitement cette “idéologie” importée des États-Unis et décrite par le ministre de l’Éducation nationale comme une “pensée de la fragmentation”, contraire à l’idéal républicain.

À voir également sur Le HuffPost : Cette proposition de Vidal sur l’islamo-gauchisme fait bondir ces universitaires

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    "Islamo-gauchisme": Vidal sommée de s'expliquer devant le Conseil d'Etat

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 11 June, 2021 - 09:25 · 3 minutes

Frédérique Vidal quitte le palais de l

POLITIQUE - Une partie du monde de l’université contre-attaque. Quatre mois après les déclarations de Frédérique Vidal sur l’“islamo-gauchisme qui gangrène l’université”, et sans nouvelle de l’enquête qui devait être lancée dans la foulée, le journal Le Monde révèle que 6 enseignants-chercheurs attaquent la ministre pour “abus de pouvoir”.

Une procédure de référé et un recours en annulation ont ainsi été déposés devant le Conseil d’État le 13 avril. Ils demandent à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche de renoncer officiellement et définitivement à cette enquête “qui bafoue les libertés académiques et menace de soumettre à un contrôle politique, au-delà des seules sciences sociales, la recherche dans son ensemble”.

Le 7 mai, le Conseil d’État s’est déclaré incompétent et a transmis la requête en annulation au ministère pour l’interroger sur sa position et confirmer si une commission d’enquête existe bel et bien. “ S oit oui, une commission existe avec tel et tel membre, soit non – c’est le plus probable –, il n’y a pas de commission d’enquête” explique Fabien Jobard, l’un des requérants, chercheur au CNRS, chercheur en Science politique dont les recherches portent sur les institutions pénales et l’État de droit.

“La ministre de l’Enseignement supérieur dispose désormais de deux mois pour démontrer que sa décision ne constitue pas un détournement des pouvoirs et des attributions qui lui sont confiés”, indiquent les avocats des requérants, Vincent Brengarth et William Bourdon, pour qui “il est essentiel que la ministre assume soit la décision, soit le rétropédalage”.

Menace pour les libertés académiques

Le dimanche 14 février, sur CNews, la ministre et ancienne présidente de l’Université Nice-Sophia-Antipolis avait déclaré contre toute attente : “Je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable, elle fait partie de la société”. Elle avait annoncé de surcroît confier une enquête au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans le but de distinguer, dans la recherche française, “ce qui relève de l’académique et ce qui relève du militantisme, de l’opinion”, en visant en particulier les ”études postcoloniales” .

Cette prise de position avait suscité un tollé au sein même de la majorité et dans le monde académique, y compris chez les présidents d’université qui avaient appelé à élever le débat . Une pétition de chercheurs et d’universitaires avait “demandé avec force la démission de Frédérique Vidal” , dénonçant une menace pour les libertés académiques pourtant protégées par le Code de l’Éducation.

Contre-rapport

Pour Fanny Gallot, maîtresse de conférences en histoire à l’université Paris-Est-Créteil, et qui fait parti des 6 chercheurs à avoir saisi le Conseil d’État, “ce recours marque le fait que les bornes ont été largement dépassées. Aujourd’hui, l’offensive est très forte et elle est autorisée par Frédérique Vidal”.

C’est une intimidation, même s’il n’y a pas eu véritablement de commission d’enquête. Pour pouvoir assumer de parler de certains sujets, il faut être un enseignant en poste, sinon c’est trop risqué” , ajoute Caroline Ibos, maîtresse de conférences en science politique à l’université Rennes-II.

En avril, le sociologue Michel Wieviorka avait remis un rapport à la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur le supposé “islamo-gauchisme” à l’université, après s’être saisi lui-même de la question. Il y pointait un “problème non pas inexistant, mais très, très secondaire”.

Le sociologue pointait cependant des tensions dans le monde universitaire entre “deux univers de recherche, l’un, classique, d’étude des questions de racisme ou d’antisémitisme, et un univers plus neuf des études postcoloniales, décoloniales, de l’intersectionnalité”.

À voir également sur Le HuffPost: Emmanuel Macron annonce la fin de Barkhane au Sahel en tant que “opération extérieure”.

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    Réunions non mixtes: L'Unef répond aux critiques et défend sa "légalité"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 28 March, 2021 - 14:23 · 6 minutes

Le syndicat étudiant Unef dans le cortège de la manifestation contre la précarité étudiante, le 16 mars 2021.

POLITIQUE - Une pente “fasciste”, pour Jean-Michel Blanquer , une “dérive” pour le Parti socialiste, une demande de “dissolution” de la part d’Éric Ciotti chez LR ou encore une demande de suppression de leurs financements publics par Xavier Bertrand ce dimanche 28 mars.

Le syndicat étudiant classé à gauche Unef, déjà sous le feu des critiques dans l’affaire des professeurs de l’IEP de Grenoble affichés pour “islamophobie” , est désormais vilipendé à cause des réunions non mixtes qu’il organise afin, selon ses dirigeants, de “lutter contre les discriminations”.

Ce week-end, Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, les a critiqués après l’intrusion de son conseil régional par l’Action française pendant qu’ Audrey Pulvar , candidate à la région Île-de-France, soutenue par le PS, a défendu sur BFMTV le droit de “demander à des personnes blanches de se taire”, lorsqu’elles participent à ces ateliers. Une polémique qui dure et s’envenime et à laquelle le vice-président du syndicat, Adrien Liénard, répond, ce dimanche 28 mars dans les colonnes du HuffPost .

On continue à propager de fausses informations sur l'Unef. On ne fait rien d'illégal

Le HuffPost : Comment réagissez-vous à cette polémique qui dure depuis une dizaine de jours autour des réunions non mixtes que vous organisez?

Adrien Liénard : On a déjà expliqué les choses. Ce sont des groupes de parole, pas des cadres décisionnels, l’idée c’est simplement de libérer la parole. On continue à propager de fausses informations sur l’Unef, que ce soit de la part des dirigeants d’extrême droite, de membres du gouvernement ou de responsables du parti socialiste.

Il y a une volonté de ne pas comprendre. Beaucoup de féministes engagées au MLF dans les années 1970 ont expliqué qu’elles faisaient la même chose avec les femmes à l’époque et il n’y a pas eu autant de réactions.

Carole Delga vous a nommément cité après l’intrusion de l’Action française dans son conseil régional. La présidente d’Occitanie vous conseille de “rassembler les Français sur le droit et les valeurs de la République”. Que lui répondez-vous?

Pour une certaine partie de la classe politique, il y aurait les racistes et les antiracistes qui feraient du racisme. Nous sommes en désaccord. La République est une construction collective, à laquelle on participe. La République n’est pas figée dans le temps.

Carole Delga nous compare à un groupe d’extrême droite qui est contre la République et qui souhaite le rétablissement de la monarchie. C’est dangereux. Nous, on considère que l’universalisme est un objectif politique et qu’il faut reconnaître qu’il existe des discriminations. Il faut nommer ces discriminations pour pouvoir les combattre.

L’universalisme, ce n’est pas seulement dire “tout le monde est égaux”, il faut aussi regarder les faits. Ce n’est pas parce que la loi dit qu’on est égaux qu’on l’est: c’est vrai pour l’égalité salariale entre les hommes et les femmes et pour le racisme. Les deux sont interdits par la loi, mais ce n’est pour ça que ça que ça n’existe pas.

L’universalisme, ce n’est pas seulement dire “tout le monde est égaux”, il faut aussi regarder les faits.

Audrey Pulvar a déclaré samedi sur BFMTV qu’“on peut demander à une personne blanche de se taire” au cours d’ateliers de lutte contre les discriminations. Cela vous a-t-il choqué?

Non. Cela ne nous choque pas. Ce qu’on met en place à l’Unef ce sont des groupes de parole pour que les personnes discriminées puissent parler entre elles. Pour les femmes, par exemple, elles ne veulent pas que des hommes viennent relativiser ce qu’elles vivent et souhaitent éviter que leur parole soit remise en question.

C’est la même chose sur le racisme, même si c’est moins bien accepté dans la société. On soutient Audrey Pulvar qui est harcelée sur les réseaux sociaux, comme Mélanie Luce avant elle. Elles n’ont pas à se faire harceler sur ces questions.

Certains vous reprochent de trier les gens en fonction de leur couleur de peau dans ces réunions. Que répondez-vous?

Comment se passent ces groupes de parole: chaque personne qui estime subir une discrimination peut y venir. L’antisémitisme aussi est un racisme. On ne fait pas de tri, ça marche sur le volontariat pour les personnes qui s’estiment discriminées.

Craignez-vous une dissolution?

Non. C’est une question posée par des élus de droite. On ne fait rien d’illégal. C’est un outil militant privé et interne à notre organisation qui sert à combattre les discriminations. On nous instrumentalise pour combattre la liberté syndicale et la liberté d’organisation politique. Nous pointer du doigt permet d’éviter de parler de nos autres combats, la précarité étudiante et le financement de l’enseignement supérieur public qui est sous-financé.

Les combats de la jeunesse ont changé. Les étudiants sont conscients des problèmes de discrimination

Une note ministérielle dévoilée par Europe 1 décrit votre association comme étant proche du mouvement des Étudiants musulmans de France “considéré comme radical”, d’après nos confrères. Qu’en dites-vous?

Il y a quelques mois, à Lyon, une liste commune a été faite avec les Étudiants musulmans de France, mais il n’y a pas d’accord national avec eux. Localement, on travaille ensemble sur les distributions alimentaires. On essaie de nous catégoriser comme “islamistes”. On fait des distributions avec le Secours catholique personne ne nous a jamais rien dit! On a déjà été sur des listes avec l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). On applique la laïcité, mais on ne refuse pas de travailler avec des associations confessionnelles à partir du moment où elles ne font pas de prosélytisme.

Vous avez été un syndicat proche du PS dont certains dirigeants actuels vous critiquent. Comment l’expliquez-vous?

Quand je vois Jean-Christophe Cambadélis, ancien président de l’Unef qui demande la dissolution de la direction, ça nous fait rire jaune alors qu’il a justement perdu un congrès sur la question de l’indépendance de l’Unef face au parti socialiste, à laquelle il s’opposait. Ceux qui étaient à l’Unef dans les années 1990 ou 2000 disent que ce n’est pas leur combat, mais c’est parce que les combats de la jeunesse et des étudiants ont changé.

Nous sommes une organisation de jeunesse, le renouvellement est très rapide. On est en phase avec notre génération. Les étudiants sont conscients des problèmes de discrimination. On peut comprendre le désaccord sur les groupes de paroles, mais de là à hurler avec les loups ou à adopter des positions caricaturales, ce n’est pas raisonnable.

À voir également sur Le HuffPost : On a suivi HK & Les Saltimbanks, le groupe derrière l’hymne anti-confinement “Danser encore”

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    Après l'intrusion de l'Action française, Delga s'en prend à l'Unef et divise à gauche

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 27 March, 2021 - 15:12 · 4 minutes

Carole Delga, présidente PS d

POLITIQUE - Même face à l’extrême droite, la gauche parvient à se diviser. Ils étaient pourtant nombreux, dans l’ensemble de la classe politique, à dénoncer l’intrusion jeudi 25 mars du conseil régional d’Occitanie par des militants de l’ Action française aux pancartes sans équivoque “islamo-gauchistes, traîtres à la France”.

La présidente de la région, Carole Delga, a immédiatement condamné “fermement” cette opération militante et a annoncé porter plainte le jour même en assurant que “face à l’extrême droite, je ne lâcherai rien et ne céderai à aucune pression”.

On aurait pu s’arrêter là, mais la dirigeante socialiste a ajouté un autre message le lendemain sur Twitter qui est loin d’avoir convaincu les autres partis de gauche. “Il faut cesser de monter les gens les uns contre les autres, au risque de générer une société d’ennemis. Racisme, antisémitisme et discriminations ne reculeront qu’en rassemblant d’abord les Français sur les droits et valeurs de la République. L’Unef gagnerait à suivre ce chemin”, a tweeté Carole Delga le 26 mars.

C’est cette dernière phrase qui a mis le feu aux poudres alors que le syndicat étudiant est mis en cause depuis plusieurs semaines, notamment à cause des réunions non mixtes qu’il organise pour évoquer les problématiques liées au racisme ou aux discriminations.

L’eurodéputé EELV, David Cormand, a immédiatement réagi au message de Carole Delga: “On ne peut pas mettre un signe égal entre les racistes et leur victime”, oppose l’ex-dirigeant du parti. “Ce n’est pas l’Unef qui est responsable de l’attaque fasciste de votre conseil régional. Ce ne sont pas les militants antiracistes qui sont responsables des discriminations subies”, déclare-t-il.

Jean-Luc Mélenchon, qui avait déjà la veille mis dans le même sac “Macron, Darmanin, Schiappa, Olivier Faure et autres chasseurs d’islamogauchistes et d’ambigus” qui auraient selon lui “signé” par leurs discours l’action de l’extrême droite, s’en est pris directement à la présidente de région qu’il accuse d’être “un passe-plat” au lieu d’être “une digue”. “Delga incapable de tenir tête à l’Action française reprend ses slogans. Lamentable”, a-t-il tweeté en prenant la défense de l’Unef.

Carole Delga a réagi à ces propos dans l’ Obs ce samedi 27 mars. “C’est délirant, il perd complètement ses nerfs. Qu’un candidat à la présidence de la République puisse écrire des choses pareilles montre qu’il sort du cadre républicain! Il s’enfonce dans une violence verbale et dangereuse”, a-t-elle déploré.

Mélenchon perd ses nerfs Carole Delga, présidente de la région Occitanie

Au cours de cet entretien, la présidente de la région Occitanie acte également la théorie des “gauches irréconciliables”, chère à Manuel Valls: “Pour moi les choses sont claires, la gauche réformiste et écologiste ne comprend pas Jean-Luc Mélenchon et ses proches”, cingle-t-elle alors qu’un accord d’union de la gauche a été trouvé entre toutes ses composantes dans les Hauts-de-France, en vue des régionales de juin.

“Ça se passe de commentaire”, a de son côté réagi Olivier Faure, premier secrétaire du PS, en relayant les mots de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de sa camarade du Sud.

Preuve que le sujet des identités, de la laïcité et de la lutte contre le racisme est toujours en train de faire exploser les clivages traditionnels, le député ex-LREM venu du PS Aurélien Taché a déploré une réaction “sidérante” de la part de Carole Delga.

“Arrêtez de vous en prendre à celles et ceux qui tentent de défendre les victimes” de racisme, a-t-il demandé à la présidente de région.

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    Université : le constat d’une faillite

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 20 March, 2021 - 04:35 · 5 minutes

université

Par Adnan Valibhay.

L’Université impériale, puisant ses racines des collèges médiévaux , est créée à l’initiative de Napoléon Bonaparte le 10 mai 1806 .

Jadis formation d’excellence, elle connait un déclin inéluctable et est de plus en plus mise au ban de l’enseignement supérieur au profit des grandes écoles.

Cette dégénérescence s’explique par différents facteurs. On peut notamment penser à la présence en son sein d’éléments nihilistes, refusant tout bonnement le principe de la méritocratie. La lâcheté politique doit également être soulevée tant l’université se trouve être délaissée par l’État , a fortiori en cette période de crise sanitaire.

Partant de ces constatations qui ne prétendent nullement à l’exhaustivité, des solutions doivent être humblement proposées.

Rétablir le prestige

La sélection à l’entrée de l’université doit être davantage renforcée. Il n’est plus acceptable qu’elle soit reléguée au second plan, fréquentée par des étudiants n’ayant aucun projet si ce n’est celui de percevoir leur bourse afin de vaquer à leurs occupations extra-universitaires. L’effort réalisé par la loi ORE doit donc être prolongé de sorte que la sélection des classes préparatoires aux grandes écoles soit généralisée au reste de l’enseignement supérieur.

Les filières d’excellence doivent être multipliées tant il est démontré qu’en plus des efforts individuels, l’émulation est l’une des clés de la réussite académique. Le projet pédagogique de telles formations devra être extrêmement soigné pour que les meilleurs étudiants souhaitent spontanément se tourner vers elles.

Le tournant de la rigueur

Les étudiants obtiennent en majorité leur licence en quatre années. Cette effarante réalité doit amener une réaction extrêmement ferme. Il convient alors d’interdire tout redoublement de complaisance. Cette possibilité doit être réservée uniquement à ceux justifiant de circonstances tangibles.

Les étudiants « ajournés autorisés à continuer » (AJAC) devront aussi être en mesure d’expliquer aux instances professorales la raison de leurs résultats défaillants à l’un des deux semestres constituant l’année académique.

Les sessions de rattrapages sont également vouées à devenir exceptionnelles. Les étudiants qui en bénéficieraient devront alors s’engager contractuellement à ne plus y retourner les années suivantes.

La réussite du plus grand nombre étant la finalité de toutes ces mesures que d’aucuns jugeraient draconiennes, des contrats de réussite offrant un accompagnement accru et personnalisé seront proposés aux étudiants de bonne foi rencontrant des difficultés.

Retour de l’université au premier plan

Les universités françaises sont souvent pointées du doigt pour leur faiblesse dans les classements internationaux.

Ce déclassement s’explique en partie par le corporatisme propre au corps enseignant qui se refuse à toute forme d’alliance avec le secteur privé. Nombreux seraient pourtant les atouts de tels partenariats, notamment en matière d’employabilité des étudiants qui seraient bien plus rapidement professionnalisés par une généralisation de l’alternance.

La recherche, dont la finalité pratique, pour ne pas dire industrielle, est de plus en plus affirmée, gagnerait aussi énormément à ce que les entreprises privées financent directement les travaux qu’elles jugeraient les plus opportuns. En contrepartie du bénéfice qu’elles pourraient en retirer, ces dernières s’engageraient à prendre en charge des travaux plus théoriques ne pouvant immédiatement faire l’objet d’une application pratique.

Les grandes écoles que certains académiciens vengeurs dédaignent rageusement ne doivent plus être considérées comme des rivales mais des alliées dont la finalité diverge de celle des universités. Elles sont le plus souvent des écoles d’application -fussent-elles de haute volée- contrairement aux facultés dont la visée est avant tout celle de la formation fondamentale et de la recherche.

Elles ne sauraient être que complémentaires les unes des autres. Les doubles diplômes doivent alors être développés de sorte que les jeunes esprits puissent pleinement s’imprégner de ces deux cultures qui font la richesse de l’enseignement supérieur français.

L’argent étant le nerf de la guerre, les moyens alloués aux facultés par le gouvernement doivent être démultipliés . La confiance mutuelle entre ces deux institutions sera ainsi rétablie lorsque l’une se sentira pleinement soutenue par l’autre, tant il semble que le dialogue ait été rompu entre l’administration centrale et l’université.

Lutter contre les idéologies à l’université

Le rétablissement de l’excellence à l’université ne saurait advenir que par une lutte effrénée contre les dérives idéologiques que connaissent certaines Unités de formation et de recherche (UFR).

La science doit être une formalisation des phénomènes sensibles, conformément à la définition d’ Auguste Comte . Il est éminemment problématique que de prétendus chercheurs la pervertissent en commençant leurs travaux par la conclusion qu’ils souhaitent voir aboutir.

La polémique récente face à la demande de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de lancer une enquête sur l’islamo-gauchisme dans les universités tend à démontrer l’existence d’une importante frange militante au sein du corps enseignant tant la levée de boucliers fut immédiate, ainsi que les traditionnelles allusions aux « heures les plus sombres de notre histoire ».

Ces idéologies dangereuses qui détruisent l’enseignement supérieur proviennent des campus d’outre-Atlantique . Cette colonisation américaine doit immédiatement cesser. S’il est souhaitable que des alliances internationales soient nouées, il est inacceptable que l’université devienne une filiale de l’impérialisme américain dans ce qu’il a de plus nihiliste, à savoir sa fièvre déconstructionniste et abolitionniste.

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    Affichage de professeurs à Sciences Po Grenoble: l'Unef retire la photo mais dénonce "l'islamophobie"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 7 March, 2021 - 12:50 · 2 minutes

Un affichage polémique à l

POLITIQUE - Le mot-clé “ DissolutionUnef ” était très partagé sur les réseaux sociaux ce week-end. En cause: la diffusion par le syndicat étudiant de la photo d’un collage controversé qui citait nommément des professeurs de l’IEP de Grenoble, accusés d’“ islamophobie ”.

″À Sciences Po Grenoble, des propos que nous considérons comme islamophobes, racistes et réactionnaires ont été tenus par des enseignants. Il est de notre devoir de les dénoncer”, s’est défendu ce dimanche l’Unef Grenoble dans un communiqué, en réponse aux attaques venant notamment de l’extrême droite et appelant à la dissolution du syndicat étudiant.

Le syndicat se défend en revanche d’avoir “participé au collage”. “Nous n’y avons pas participé”, écrit-il, tout en reconnaissant l’avoir partagé sur le réseau social Facebook afin de dénoncer “les violences de genre” et une “campagne islamophobe et sécuritaire”.

Depuis, l’Unef a supprimé la photo de ce post, au motif que les noms des professeurs y étaient mentionnés. La crainte d’un emballement sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas avec l’enseignant assassiné Samuel Paty, était vivement pointée du doigt et l’Unef a dit comprendre “l’émoi suscité”.

“Moins de 48 heures après publication, nous avons retiré les images qui visaient nommément les enseignants. Nous avons entendu l’émoi suscité chez eux et au-delà”, précise le communiqué. “Nous avons donc retiré cette photo, mais nous ne retirons pas notre condamnation aux propos islamophobes et à la discrimination face aux études pour appartenance syndicale”.

En appui de ces accusations, l’Unef dévoile dans son communiqué des extraits de mails échangés à l’occasion de l’organisation d’une semaine “contre les inégalités”. Un des professeurs aurait notamment écrit selon eux: “Je n’aime pas beaucoup cette religion qui me fait parfois franchement peur”, à propos de l’Islam. Le syndicat indique également avoir reçu un mail refusant la présence des élèves qui en sont membres et qui ont dénoncé les professeurs à cet atelier.

Samedi 6 mars, la justice s’est saisie de cette affaire de collages. Le procureur de Grenoble , Éric Vaillant, a ouvert une enquête pour “injure publique envers un particulier par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique” et “dégradation ou détérioration légère de bien destiné à l’utilité ou la décoration publique par inscription, signe ou dessin”. Deux délits qui peuvent être respectivement punis de 12.000 et 15.000 euros d’amende.

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    "Islamo-gauchisme": Frédérique Vidal encore visée par des appels à la démission

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 5 March, 2021 - 13:43 · 2 minutes

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l

POLITIQUE - Les syndicats CGT, FSU et Sud de la recherche et de l’enseignement supérieur ont condamné “sans appel” les propos de la ministre Frédérique Vidal sur l’“islamo-gauchisme ” à l’université, et demandent son départ, ce vendredi 5 mars, dans un communiqué.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a selon eux “franchi la ligne rouge” en demandant, en février dernier, au CNRS d’enquêter sur le militantisme lié à “l’islamo-gauchisme” dans la recherche académique.

“Non seulement la ministre stigmatise des collègues et leurs travaux de recherche en les désignant à la vindicte publique à l’aide d’un vocabulaire emprunté à l’extrême droite, mais, dans le même élan, elle porte un coup sévère aux libertés académiques en demandant au CNRS de procéder à une enquête comme s’il s’agissait d’une affaire de basse police”, écrit cette intersyndicale regroupant notamment le SNTRS-CGT, le SNEP-FSU, Sud Éducation, Sud Recherche et la Confédération des jeunes chercheurs.

Frédérique Vidal “doit partir”

Selon eux, Frédérique Vidal “doit partir, car elle a perdu toute crédibilité auprès de la communauté”. “Nous avons besoin d’une ministre qui respecte le principe fondamental de l’indépendance de la recherche scientifique et qui s’attaque aux conséquences dramatiques de la crise sanitaire”, ajoutent-ils, s’associant à l’appel de syndicats d’étudiants pour une journée de mobilisation contre la précarité le 16 mars.

Le 14 février sur CNews, Frédérique Vidal avait pointé l’“islamo-gauchisme”, qui à ses yeux “gangrène la société dans son ensemble, et l’université n’est pas imperméable”, puis demandé au CNRS un “bilan” afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et du militantisme.

Ses propos ont déclenché de vives protestations au sein de la communauté scientifique - plus de 600 universitaires ont demandé la démission de la ministre - et de la classe politique.

Il y a quelques jours, Le Monde a publié une tribune dans laquelle six ministres sortent de leur silence pour dénoncer une “irrationalité” autour de ce “concept” qui, selon eux, est “emblématique de la dérive du débat politique”. Un texte appuyé par la signature de plusieurs poids lourds de la Macronie, du chef du parti présidentiel Stanislas Guérini au président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée Roland Lescure en passant par un très proche d’Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné.

À voir aussi sur Le Huffpost: “Islamo-gauchisme”: cette chercheuse porte plainte contre un député

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    Médine, un "rappeur islamiste" à Normal Sup? Ce qu'il y a dit

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 26 February, 2021 - 09:04 · 9 minutes

POLITIQUE - Le débat lancé tambour battant par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, sur “l’islamo-gauchisme” qui “gangrène” l’université se déplace de la sphère politique vers le terrain judiciaire. Deux plaintes ont été annoncées ces derniers jours, l’une par une universitaire et l’autre par un rappeur.

La chercheuse Christelle Rabier, maîtresse de conférence à l’EHESS, a porté plainte contre Julien Aubert pour “injure publique” en raison d’un tweet où le député LR du Vaucluse la désignerait comme “islamo-gauchiste” aux côtés de sept autres chercheurs. Déposée le 23 février et consultée par Le HuffPost , la requête fait état d’un délit d’“injure publique envers un fonctionnaire public”.

De son côté, le rappeur Médine a annoncé à Mediapart avoir déposé plainte pour “diffamation” contre la députée LREM des Yvelines Aurore Bergé qui a qualifié l’artiste de “rappeur islamiste”. Alors que la présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée apportait son soutien à la ministre de l’Enseignement supérieur, elle a cité en exemple une conférence donnée par le rappeur à l’École normale supérieure pour illustrer “ce qui se passe dans les universités françaises”. Voici ce qu’elle a répondu à Jean-Michel Aphatie qui lui demandait, sur LCI le 18 février , de préciser ses accusations : “Vous avez par exemple ce rappeur islamiste Médine. Vous savez, celui qui disait qu’il fallait tuer les laïcards. Est-ce légitime qu’une école aussi prestigieuse que l’ENS donne la parole à celui qui appelle au meurtre?”, s’est-elle interrogée.

“Médine cite Victor Hugo [notamment dans ses chansons, NDLR]. Cela nous a bien servis pour défendre l’invitation auprès du département”, racontaient les étudiants à l’origine de l’intervention du rappeur à l’ENS, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article . Sollicité par Le HuffPost , l’un des organisateurs a répondu: “il me semble qu’à partir du moment où on a fait l’effort de s’intéresser à notre travail, la réponse au bien-fondé des accusations prononcées à l’encontre de notre travail et celui de l’artiste invité ne nécessite pas d’autres commentaires de notre part.”

“J’ai envie d’être français comme Hugo, Brassens”

“Elle me colle une idéologie qui n’est, bien sûr, pas la mienne”, s’insurge le rappeur qui avance une tout autre explication de texte au morceau “Don’t Laïk” auquel Aurore Bergé se réfère. “La citation précise est ‘Crucifions les laïcards comme à Golgotha’. C’est une phrase à ne pas sortir de son contexte. Si on le fait, elle change de sens. Le morceau est une succession d’absurdités, d’oxymores (...) La finalité étant d’exorciser la laïcité et lui redonner ses lettres de noblesse”, se justifie-t-il.

S’estimant mal compris, l’artiste reproche à ses détracteurs de ne pas avoir suffisamment écouté ses morceaux “en profondeur” et les invite surtout à visionner son intervention à École Normale Supérieure (ENS) en mars 2017 lors d’un séminaire sur culture rap organisé par des élèves, pointé du doigt par Aurore Bergé sur LCI. Une vidéo d’une heure et 40 minutes, encore consultable sur le site de Normal-Sup, dans laquelle Médine est interrogé en longueur notamment sur son parcours, ses sources d’inspiration, son style et sa méthode d’écriture, ses références documentaires et ses “provocations”.

Sur la forme, il est amusant d’observer que le rappeur utilisait en mars 2017 un champ lexical propre à... Emmanuel Macron, alors en campagne électorale. On entend ainsi Médine exprimer à plusieurs reprises sa volonté de quitter sa “zone de confort” et dire son envie de “prendre des risques”. Tel le candidat d’En Marche! à la présidentielle, il revendique lui aussi une “vision progressiste”. Et en l’écoutant parler de Victor Hugo, inventeur du drame romantique qui “a cassé les codes du théâtre classique”, il paraît envisageable que le politique partagerait volontiers cette description disruptrice d’un genre littéraire.

Sur le fond, Médine donne l’impression de répondre par anticipation aux accusations formulées récemment par Aurore Bergé. D’abord en détaillant son rapport très littéraire à la nation française. “De PNL à Victor Hugo, c’est la même lignée (...) Je me revendique de ce courant littéraire là. C’est comme ça que je me sens français. J’ai envie d’être français comme Victor Hugo, Brassens. Je ne me ressens pas français à travers un hymne national, ni un drapeau. C’est abstrait pour moi. Trop réapproprié, dévoyé. Je n’arrive pas à m’enraciner à travers [ces symboles]. Par contre, le bon mot, le bon verbe, c’est ce qui m’émancipe. C’est à travers la décharge émotive que je me sens vraiment français”, avance-t-il devant les normaliens.

À propos de la polémique provoquée en 2015 par son titre Don’t Laïk qui lui vaut encore aujourd’hui les foudres de la présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée, le rappeur renvoie les critiques à l’expéditeur. “C’est excitant, du point de vue l’auteur, de reprendre des sémantiques qui sont utilisées pour te vilipender, de se les réapproprier, de réutiliser ces mots pour les renvoyer aux visages de ceux qui les ont produits” fanfaronne Médine. Mais dans une tribune publiée par Le HuffPost en 2015, Vincent Cespedes, philosophe et amateur de rap, expliquait alors, citations des paroles de Don’t Laïk à l’appui, que Médine trempait sa plume “dans tous les encriers de l’intolérance: celui de la propagande djihadiste et des appels au meurtre de l’État islamiste et celui, insidieux, des doctrinaires qui donnent mine de rien des éléments d’explication-justification aux crimes fanatiques”.

“A-t-on le droit d’être Charlie à notre façon?”

“Quand je dis “islamo-caillera” dans le morceau Don’t Laïkk, on pense que je crée une secte ou parti ‘islamo-racaille’. Les médias spécialisés ne s’en offusquent pas car ils comprennent qu’il y a un jeu de provocation propre au rap. Mais les médias mainstream sont débusqués avec ce terme-là. J’ai réussi ma mission en débusquant des personnes qui sont offusquées par des termes qu’ils ont eux-mêmes inventés. Car c’était quoi l’objectif d’appeler des gens “islamo-racaille”? Simplifier les choses, encore une fois. Caricaturer, réduire toute une frange de la population à des événements. En réalité, si tu t’offusques de comment j’ai utilisé ton propre mot, finalement tu es tombé dans ton propre piège. C’est jouissif mais très périlleux”, assure l’artiste.

“Périlleux”, le mot revient d’ailleurs très souvent dans la bouche de Médine qui considère avoir été injustement ostracisé. “Je me revendique de l’esprit Charlie, cet esprit très caricatural, irrévérencieux, mais on ne me donne pas le droit d’en user. Je l’ai bien vu avec “Don’t Laïk”, on pensait que je faisais l’apologie de ‘islamo-cailleraïsme’. La question est : a-t-on le droit d’être Charlie à notre façon? A-t-on le droit à cette liberté d’expression autant qu’on veut ? Peut-on transgresser ? Avec le morceau Don’t Laïk, ce droit m’a été enlevé”, juge celui qui prit conscience tardivement des limites mais surtout des conséquences contre-productives de ses “provocations”.

“La sensation d’avoir été trop loin”

L’artiste dit prendre sa “part de risque” hors de sa “zone de confort”, c’est-à-dire faire “peau neuve” à chaque album afin de ne pas être “le rappeur qui parle aux musulmans, aux gens issus de l’immigration, aux gens de la gauche qui ont le poing levé, aux altermondialistes (...) La création passe par des prises de risques, par des erreurs”.

Pour autant, “la provocation n’a d’utilité que si cela provoque un débat. Mais lorsqu’elle met un rideau de fer sur la possibilité de dialogue, la provocation ne sert plus. J’ai eu la sensation d’avoir provoqué un débat sur la laïcité avec des voix différentes que celles qu’on a l’habitude d’entendre sur les plateaux télé. Mais c’était inaudible. J’ai eu la sensation d’avoir été trop loin dans la provocation (...) Il faut qu’on continue d’avoir un dialogue dans la société civile avec les gens. Cela passe par une atténuation de la provocation”, analyse le repenti.

Mais le débat qu’il appelle de ses vœux s’annonce incertain, voire impossible. “Quand on m’accuse d’être le ‘marketeur du djihad’, je suis inaudible auprès d’un public, alors que le sous-titre de l’album ‘Djihad’ était ‘le plus grand combat est contre soi-même’. C’était pour désaxer ceux qui seraient tentés de partir au djihad. Je pressentais déjà une forme de radicalisation dans les quartiers et les prisons. Le rap a peut-être évité une grande part de radicalisation mais aujourd’hui on nous désigne comme des apologistes. C’est très frustrant et cela ne nous incite pas à être dans une logique de dialogue. Tu as envie de te renfermer et de dire ‘Niquez-vous!’”, conclut-il.

Aurore Bergé ne “présentera pas d’excuse”

Interrogée par CNews ce jeudi 25 février à propos de la plainte pour “diffamation” déposée contre elle par le rappeur Médine, Aurore Bergé maintient son propos. “Non, je ne présenterai pas d’excuse”, balaie la présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée nationale, alors que l’artiste demande, entre autres, des “excuses publiques”. Et d’expliquer que “Moi la seule chose que j’ai dite, c’est quoi? C’est qu’on ne devait pas accepter cet entrisme [de l’islamisme, NDLR] à l’université ou dans nos grandes écoles, puisqu’il avait été invité à faire une conférence alors qu’il avait appelé dans ses paroles de chanson, je cite, ‘crucifier les laïcards’”. Des propos qu’elle assimile à “un appel au meurtre”, en dépit des nombreux démentis faits par le rappeur. “La justice n’est pas un bâillon”, poursuit-elle, mettant en avant sa liberté d’expression pour ainsi qualifier les paroles de Médine.

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