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    Assemblée nationale: les députés LR peuvent-ils résister à la cour de la majorité?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 12:29 · 4 minutes

Les Républicains de l'Assemblée peuvent-ils résister à la pression? (photo de Christian Jacob prise en juin 2022) Les Républicains de l'Assemblée peuvent-ils résister à la pression? (photo de Christian Jacob prise en juin 2022)

POLITIQUE - C’est l’un des paradoxes de la nouvelle ère politique: Les Républicains n’ont jamais été aussi faibles, en termes de poids électoral, ils n’en demeurent pas moins au centre du jeu et des attentions. Depuis le résultat des législatives , les élus du parti de la rue de Vaugirard sont courtisés par un exécutif en mal de majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Avec 62 députés, contre une centaine lors du quinquennat précédent, leur groupe au Palais Bourbon peut jouer un rôle pivot. Et accessoirement sortir Emmanuel Macron de la panade, à l’heure où Élisabeth Borne cherche à constituer un gouvernement “d’action” , du PCF à LR selon le souhait du chef de l’État.

C’est pourquoi les marcheurs multiplient les appels du pied plus ou moins musclés. Le 29 juin encore, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie exhortait ses anciens collègues ”à faire preuve de sens des responsabilités” pour éviter le blocage des institutions. Plus délicat, la pression se fait également en interne, au moment où Christian Jacob annonce passer la main à la tête du parti.

Des barons poussent à l’alliance pas les députés

La ligne officielle, entre indépendance totale et opposition de construction, ne fait pas l’unanimité. Plusieurs élus locaux montent régulièrement au créneau, depuis le résultat des élections législatives, pour défendre le principe d’une entente durable avec le chef de l’État.

C’est le cas par exemple des présidents de région, Jean Rottner (Grand-Est) ou Christelle Morançais (Pays-de-la-Loire). Les deux, comme plusieurs élus Les Républicains réputés “Macron-compatible” ont “soutenu” une tribune de Christian Estrosi publiée le 28 juin, dans Le Figaro “pour un compromis sans compromission” avec le président de la République. Franck Louvrier, le maire de La Baule, en Loire-Atlantique, signe également ce texte qui appelle à une “coalition” gouvernementale, seule issue au “blocage” parlementaire.

D’autres édiles, Gaël Perdriau, à Saint-Étienne ou Jean-François Copé, l’ancien ministre à Meaux, sont également dans cet esprit. Ce dernier ne manque pas une occasion médiatique de rappeler son souhait d’un “pacte de gouvernement” entre sa formation et les troupes d’Emmanuel Macron. Sans résultat pour l’instant.

Il faut dire que tous ces responsables, en plus de souhaiter une alliance, plus ou moins concrète avec la Macronie, partagent un point commun qui n’est pas pour aider leur entreprise: Aucun n’est député. Leur ligne, déjà minoritaire au sein du parti, semble encore plus marginale chez les Républicains de l’Assemblée, ceux qui peuvent aider le chef de l’État à obtenir une majorité.

Ceux qui restent sont ceux qui défendront l'indépendance des Républicains jusqu'au bout." Un ancien cadre LR passé dans la majorité

Au Palais Bourbon, c’est Olivier Marleix qui tient désormais les rênes. Et le député, qui a remplacé Damien Abad comme président de groupe, appartient bien davantage à une ligne dure, d’opposition ferme à Emmanuel Macron. Comme les instances de son parti, le parlementaire d’Eure-et-Loir, exclut tout contrat avec la Macronie, et toute présence de députés les Républicains dans le futur gouvernement d’Élisabeth Borne.

“On a beaucoup mieux à faire que de se vendre individuellement, c’est d’obtenir des avancées pour les Français”, a-t-il répété le 27 juin sur Europe 1, en se déclarant comme “l’antithèse du macronisme”. Le lendemain, après son entretien avec Élisabeth Borne, il disait “non à une coalition, mais oui à des échanges (...) le plus utile possible pour les Français.” Une vision partagée par l’ensemble de ses ouailles, ou presque, au Palais Bourbon. Seul Philippe Juvin, le député urgentiste, fait entendre une petite musique différente, proche des élus locaux enclins à pactiser.

Le spectre d’une nouvelle fracture

Pas de quoi faire pencher la balance dans l’immédiat. “C’est une droite dure... ceux qui restent sont ceux qui défendront l’indépendance des Républicains jusqu’au bout”, nous confirme un ancien cadre du parti, passé dans le giron de la majorité. Il compte les profils “prêts à basculer” sur le doigt d’une main.

D’autant qu’Olivier Marleix, un des représentants de cette aile conservatrice, qui a parrainé Laurent Wauquiez en 2017 dans la course à la tête du parti, puis Michel Barnier dans la primaire de 2021, pourrait bien voir ce duo revenir sur le devant de la scène.

Il se murmure, rue de Vaugirard, et dans la presse, que l’ancien négociateur pour le Brexit serait tenté de briguer la présidence des Républicains, avec le soutien du patron de la région Auvergne Rhône Alpes. Le but? Mener les troupes dans une opposition “indépendante, libre et responsable”, selon ses mots après les législatives, jusqu’aux prochaines européennes et préparer la candidature présidentielle de Laurent Wauquiez.

Un tandem pas franchement “Macron-compatible”... qui pourrait faire renaître le spectre d’une nouvelle fracture, entre les tenants d’une ligne modérée et ceux d’une droite “dure”. Si personne n’a encore réellement dévoilé ses cartes pour ce scrutin annoncé à l’automne prochain, la lutte pourrait être âpre. Et le résultat, lui, promet d’en dire beaucoup sur l’attitude de la droite gaulliste pour les mois et les années à venir.

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    Coquerel élu à la commission des Finances, LR et RN cherchent un bouc émissaire

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 16:00 · 5 minutes

Marine Le Pen estime que les Républicains sont responsables de l'élection d'Éric Coquerel à la tête de la présidence des Finances. Tandis que LR s'en prend à la majorité. Marine Le Pen estime que les Républicains sont responsables de l'élection d'Éric Coquerel à la tête de la présidence des Finances. Tandis que LR s'en prend à la majorité.

POLITIQUE - Les Républicains et le Rassemblement national sont unanimes pour déplorer l’élection d’ Éric Coquerel à la présidence de la Commission des Finances ce jeudi 30 juin. En revanche, ils ne sont pas d’accord sur le responsable.

Le député LFI de Seine-Saint-Denis a été élu à la majorité relative au bout de trois tours, les deux premiers n’ayant pas permis de trouver de majorité absolue.

Colère à l’extrême droite. Le parti lepéniste revendiquait ce poste prestigieux qui échoit traditionnellement au premier groupe d’opposition. Dans les textes cependant, il est simplement indiqué que la présidence revient à un élu de l’opposition, quel que soit son groupe. Qu’importe. Pour l’extrême droite, LR est responsable de la victoire du député insoumis.

“L’extrême gauche la plus sectaire et la plus radicale a été élue grâce à la droite, qui a une nouvelle fois fait preuve de lâcheté”, tweete Marine Le Pen. Le président par intérim du parti abonde. “Les masques tombent: les députés LR ont préféré Éric Coquerel et l’extrême gauche à un gaulliste du RN pour présider la stratégique Commission des finances”, écrit Jordan Bardella.

Pour Bruno Bilde, député RN du Pas-de-Calais et conseiller spécial de Marine le Pen “en faisant le choix de Coquerel (...), la droite en fin de vie a signé son arrêt de mort.”

Un peu d’arithmétique pour comprendre. La composition de la commission des Finances (70 membres) est calquée sur celle de l’Assemblée nationale. On y trouve donc 11 élus RN, 20 issus de la NUPES, 8 Les Républicains et 2 du groupe LIOT (Liberté, Indépendants, Outre-mer et Territoires).

Sans oublier 32 élus Renaissance mais - et c’est important pour la suite - ceux-ci ne votent pas. Là encore, il s’agit d’une tradition non écrite, à laquelle les députés de cette législature ne se sont pas dérobés.

Sans les députés LREM, MoDem et Horizons, impossible d’atteindre une majorité pour l’un ou l’autre des candidats, sauf à créer des alliances. Selon les confidences de Jean-Philippe Tanguy à Libération , l’idée d’une présidence tournante entre lui, Charles de Courson et Véronique Louwagie a été brièvement évoquée, et catégoriquement refusée par les Républicains.

De quoi nourrir les reproches de Marine Le Pen et de son camp, qui estimaient en plus et de toute façon être les plus légitimes pour ce poste.

“Honte à Emmanuel Macron et à son groupe”

Ces trois tours qui ont conduit à la désignation du député de Seine-Saint-Denis, ont également été émaillés de trois suspensions de séance réclamées par LR, le RN et LIOT. Pendant ces 45 minutes, plusieurs scénarios ont été évoqués. “Il était important (...) qu’on voit véritablement si la majorité tenait son cap de ne pas participer au vote jusqu’au troisième tour”, a notamment confié Véronique Louwagie, candidate malheureuse, sur LCP après les résultats.

Et de fait, la majorité n’a pas voté, privant par la même occasion LR de 32 voix. C’est la raison pour laquelle LR accuse Renaissance d’avoir aidé la victoire d’Éric Coquerel. “La première chose que monsieur Coquerel a faite, c’est remercier la majorité de ne pas avoir participé au vote. Il a donc constaté que son élection résultait du choix qu’a fait la majorité”, a également déploré Véronique Louwagie.

Le président de LR Christian Jacob est sur la même ligne. “Honte à Emmanuel Macron et à son groupe parlementaire qui, en refusant de choisir pour la présidence de la commission des finances, fait une fois de plus le choix des extrêmes”, tweete le Républicain en chef.

Pour Bruno Retailleau, chef des sénateurs LR, l‘absention de la majorité, “même si elle est d’usage, reste un choix politique”. “Ceux qui ont permis l’élection de LFI, c’est la majorité qui n’a pas pris part au vote”, abonde Pierre-Henri Dumont , député et secrétaire général adjoint du parti.

Et la tradition alors? Interrogée sur ce point, Véronique Louwagie évacue: “En 2007, tous les commissaires aux finances avaient participé au vote.” Sauf que cette année là, il n’y avait qu’un seul candidat pour la présidence: le député socialiste Didier Migaud, élu à l’unanimité.

À voir également sur Le HuffPost: Quels sont les enjeux du vote de confiance auquel Elisabeth Borne hésite à se soumettre ?

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    À quoi sert le président de la Commission des Finances?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 05:00 · 5 minutes

Véronique Louwagie, Jean-Philippe Tanguy et Éric Coquerel sont candidats à la présidence de la Commission des finances Véronique Louwagie, Jean-Philippe Tanguy et Éric Coquerel sont candidats à la présidence de la Commission des finances

POLITIQUE - Être à la tête la commission des Finances, c’est l’objectif assumé du Rassemblement national , de La France Insoumise et des Républicains. Le suspense prend fin ce jeudi 30 juin, avec l’élection du président ou de la présidente - deux hommes et une femme sont en lice - de cette prestigieuse instance de l’Assemblée nationale .

Après le Perchoir, acquis à la majorité et obtenu mardi par la députée des Yvelines Yaël Braun-Pivet , le poste de président de la commission des Finances est le plus convoité du Palais Bourbon. Le vote des 70 membres de la commission se déroule à huis clos et à bulletins secrets. Les élus membres de la majorité (LREM, MoDem et Horizons) ont pour coutume de s’abstenir, sans y être obligés pour autant.

Depuis la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy en 2008, la présidence est dévolue à un membre d’un parti déclaré dans l’opposition. La tradition veut qu’il revienne au premier groupe - techniquement le Rassemblement national dans l’hémicycle recomposé après les législatives - mais rien dans le règlement de l’Assemblée ne l’impose.

Cela n’empêche pas Marine Le Pen de réclamer ce qu’elle considère comme un dû: le parti d’extrême droite a choisi Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, pour briguer le poste. À gauche, les partis de la NUPES se sont mis d’accord sur la personne d’ Éric Coquerel , député LFI de Seine-Saint-Denis qui est favori sauf si les Républicains finissent par voter pour le candidat RN. Mais au premier tour, LR sera représenté par Véronique Louwagie, députée de l’Orne.

Dès le lendemain des législatives, une bataille âpre a commencé entre les candidats déclarés. Pourquoi tant de convoitises? Le HuffPost fait le point sur les pouvoirs du président de la Commission des Finances.

  • Définir le calendrier

Le président de la Commission des finances organise les débats et l’ordre du jour de sa commission. Cela lui permet d’imposer dans les débats tout sujet lié aux finances publiques. C’est loin d’être anecdotique, surtout lorsque vient l’examen du budget de l’État chaque automne.

  • Contrôler le budget de l’État

Sans doute la prérogative la plus importante de la commission des Finances, et de son président: examiner tous les projets de budget avant leur discussion et leur vote dans l’hémicycle.

La part la plus importante de ce travail de contrôle concerne les projets de loi finances (les dépenses et les rentrées d’argent prévues un an à l’avance par le gouvernement) ainsi que les lois rectificatives qui peuvent suivre. L’examen de cette loi diffère de la procédure des autres textes et le président de la Commission des finances peut intervenir à plusieurs niveaux.

Dans un premier temps, c’est lui qui fixe l’audition du ou des ministres chargés des finances et du budget (Bruno Le Maire et Gabriel Attal, dans le gouvernement Borne), première étape obligatoire après l’adoption du projet de loi en Conseil des ministres.

Un autre exemple d’intervention, plus technique: le texte de loi finances est soumis à la validation du Haut Conseil des finances publiques qui doit s’assurer que le projet est cohérent avec les engagements français à l’échelle européenne. Une fois son avis rendu, le président du Haut Conseil (Pierre Moscovici, qui est aussi le Premier président de la Cour des comptes) peut être auditionné par la commission, là encore sur décision du président.

Les budgets des ministères sont aussi passés au crible. À noter qu’au-delà du président, le rapporteur général et les rapporteurs spéciaux peuvent aussi être chargés des contrôles. Mais rien n’est officialisé sans le feu vert du président.

  • Dire oui ou non à certains amendements

Le président de la commission des Finances a le droit de déclarer irrecevables les amendements parlementaires susceptibles d’avoir un impact sur les finances publiques.

  • Un droit de regard au-delà du secret fiscal

Le président de la Commission des finances a la possibilité d’accéder à des documents couverts par le secret fiscal, des entreprises comme des particuliers. Avec quelques réserves toutefois: cela doit se faire dans le cadre de ses missions d’examen des lois et de contrôle, et il n’a pas le droit de “violer” le secret fiscal en révélant les informations auxquelles il aurait eu accès, sous peine de sanctions.

Ce pouvoir en particulier s’est retrouvé au centre des discussions avant le vote: le camp présidentiel - dont le président sortant Éric Woerth - redoutait qu’en cas de victoire du candidat LFI, celui-ci utilise ces accès privilégiés pour dévoiler la situation fiscale de particuliers. Ce qu’a démenti Éric Coquerel.

Le président peut aussi faire des “contrôles sur pièces et sur place” pour réclamer des documents administratifs dans les ministères ou services de l’État, quels qu’ils soient. “Je l’ai fait au moment où la décision a été prise de ne pas construire Notre-Dame-des-Landes, j’ai été à la Direction générale de l’aviation civile, j’ai demandé tous les documents sur la construction, puis j’ai fait un rapport”, raconte à l’AFP Éric Woerth.

À voir également sur Le HuffPost: Qui présidera la commission des finances ? Le suspense est entier

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    L'appel du pied de Gérald Darmanin aux Républicains pour renforcer la majorité

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 28 June - 10:08 · 4 minutes

Gérald Darmanin estime que les élus Les Républicains sont les plus proches de la politique voulue par Emmanuel Macron. Un véritable appel du pied à son ancien parti, pour aider le camp présidentiel à renforcer sa majorité relative à l'Assemblée. Gérald Darmanin estime que les élus Les Républicains sont les plus proches de la politique voulue par Emmanuel Macron. Un véritable appel du pied à son ancien parti, pour aider le camp présidentiel à renforcer sa majorité relative à l'Assemblée.

POLITIQUE - La majorité présidentielle est “d’accord sur l’essentiel” avec les députés Les Républicains , a estimé ce mardi 28 juin le ministre Gérald Darmanin , en soulignant qu’à l’inverse il y a “beaucoup d’incompatibilités” entre Emmanuel Macron et le Rassemblement national de Marine Le Pen, ainsi que La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon .

“Manifestement le groupe le moins éloigné de nous, la majorité même relative, c’est le groupe LR”, a estimé Gérald Darmanin sur RTL alors que les macronistes sont en quête de soutiens à l’Assemblée faute de majorité absolue à l’issue des législatives.

“Sur l’essentiel on est d’accord: on est d’accord sur la sécurité, on est d’accord sur les finances publiques et l’économie, on est d’accord sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens, pour qu’il y ait des baisses d’impôts. Ce n’est déjà pas si mal”, a-t-il listé.

À titre d’exemples, Gérald Darmanin a cité sa proposition, prévue dans la future loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi), “d’expulser ou de retirer les titres de séjour de tout étranger coupable d’un crime ou d’un délit” et celle de loi anticasseurs défendue par le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Larcher rappelle “les vraies différences”

Interrogé sur ces propos, Gérard Larcher a, au contraire, fait valoir sur LCI de “vraies différences”: “par exemple notre conception sur la dépense publique” et “la vision de la gouvernance” du pays, en particulier “la décentralisation”. “On a une ligne d’opposition claire”, mais “responsable, qui doit être attentive aux intérêts du pays”, ce qui “n’empêche pas de se rejoindre sur un certain nombre de textes”, a-t-il ajouté, réitérant la position définie par LR au lendemain des législatives.

“Nous ne choisissons pas la voie des blocages, ce qui veut dire que texte par texte, nous devons trouver ensemble une nouvelle méthode pour imaginer les relations entre l’exécutif et le parlement”, a-t-il ajouté.

Dans cette “révolution culturelle”, il a souhaité que le parlement soit informé par l’exécutif de la teneur des textes à venir “en amont même du dépôt au Conseil des ministres”. Mais “ni pacte de gouvernement, ni coalition” et il n’est “pas question” de voir un LR au gouvernement, a-t-il insisté.

LR divisé sur la position à adopter

La position définie par LR face à la majorité est contestée par l’ex-ministre Jean-François Copé, favorable à un “pacte de gouvernement”, ou Catherine Vautrin, qui a dit “pourquoi pas” à l’idée de “grande coalition” proposée par l’ex-Premier ministre Edouard Philippe, dont le parti Horizons est membre de la majorité. Le maire (ex-LR) de Nice Christian Estrosi a par ailleurs appelé avec des élus de droite et du centre dans une tribune au “compromis sans compromission” avec la majorité présidentielle.

Mais le nouveau président du groupe à l’Assemblée Olivier Marleix a martelé sa volonté de rester dans l’opposition.“Nous n’irons pas au-delà de nos convictions. Car sur la sécurité, la dépense publique ou l’immigration, les idées d’Emmanuel Macron ne sont pas les nôtres”, écrit-il dans une tribune co-signée avec son homologue du Sénat, Bruno Retailleau, dans Le Figaro . “Nous ne serons pas la roue de secours d’un macronisme en perte de vitesse, tant il est vrai que le président du dépassement est désormais dépassé”, ajoutent les chefs de groupes parlementaires.

La Première ministre Élisabeth Borne poursuit ce mardi ses tractations avec les présidents de groupes à l’Assemblée. Le premier round des discussions n’avait pas permis de faire émerger une solution, si ce n’est l’exclusion d’un éventuel gouvernement d’union nationale.

À voir également sur Le HuffPost: Les formations climat ont-elles eu autant de succès à gauche qu’à droite ?

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    Borne consulte les oppositions à la recherche d'un "accord de gouvernement"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 27 June - 07:50 · 5 minutes

Borne consulte les oppositions à la recherche d'un Borne consulte les oppositions à la recherche d'un "accord de gouvernement" (photo d'illustration prise le 23 juin 2022)

POLITIQUE - Sonder si un “accord de gouvernement” est possible: la nouvelle mission confiée par Emmanuel Macron à Élisabeth Borne pour la semaine s’annonce ardue, certains dans la majorité n’y croyant pas et les oppositions ayant déjà refusé de servir de “béquille”.

Le chef de l’État a confirmé samedi 25 juin sa “confiance” en la Première ministre “dans la durée”, malgré le risque de blocage post-législatives .

Au retour du président français jeudi des sommets du G7 en Allemagne et de l’Otan en Espagne, Élisabeth Borne devra faire des propositions “pour une feuille de route” et “pour la composition d’un nouveau gouvernement d’action” qui sera mis en place “dans les premiers jours du mois de juillet”, a indiqué Emmanuel Macron dans un entretien accordé samedi à l’AFP .

D’ici là, elle consultera de nouveau les groupes parlementaires à partir de lundi, notamment sur un possible “accord de gouvernement” - voire leur participation à un gouvernement - ainsi que sur le vote des prochains textes de loi.

À gauche et à droite, peu d’ouverture

Mais chez Les Républicains, principale formation vers laquelle semble se tourner le président , le nouveau patron des députés Olivier Marleix refuse “de servir de béquille au pouvoir”. “Nous voulons être utiles aux Français” et “c’est ce qui nous animera lors de l’examen de chacun des textes”, a-t-il répété au Journal du dimanche .

Côté PS, la députée Valérie Rabault a estimé ce lundi 27 juin qu’il était “impossible” de négocier une coalition en deux jours, comme le demande selon elle Emmanuel Macron, et a assuré que son parti ne participerait pas au gouvernement mais regarderait les textes “de manière pragmatique”. “Nous avons une position très claire, nous avons toujours dit que nous étions dans l’opposition et que nous ne participerions pas à un gouvernement”, a-t-elle insisté.

Même son de cloche chez les écologistes. Évoquant une conversation de “20 minutes” avec Élisabeth Borne vendredi, Julien Bayou a estimé sur LCI ce lundi qu’“il n’y a rien, dans ce que nous nous sommes, qui peut laisser supposer qu’on puisse participer à une coalition”. Tout en se disant prêt à discuter de nouveau, le patron d’EELV juge que les consultations de la Première ministre relèvent “du théâtre”. “Si le gouvernement affiche une ambition sur le climat, on avancera, mais j’en doute”, ajoute-t-il. Sophie Taillé-Polian, vice-présidente des députés écologistes, assure aussi que ”évidemment non”, son groupe ne rejoindra pas la majorité présidentielle.

Même au sein du camp présidentiel, certains sont sceptiques. Le patron du MoDem François Bayrou ne pense pas que des “accords d’appareil” ou une “coalition” soient possibles avec des oppositions. “Peut-être le sens de la persuasion va faire bouger les choses...” Mais le dirigeant centriste croit plutôt ”à un gouvernement des bonnes volontés et aux majorités d’idées”.

Borne a “une marge de manoeuvre assez étroite”

“Confiant mais pas optimiste”, le député LREM Gilles Le Gendre constate aussi que “manifestement les forces politiques de gouvernement ne sont pas prêtes à la grande coalition telle que nous pourrions la rêver sur un modèle à l’allemande”. Cependant, “il y a des personnalités qui ont exprimé le désir de travailler” avec la majorité.

Élisabeth Borne a “une marge de manœuvre assez étroite”, note également sur FranceInfo Marc Lazar, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po. Car “ce n’est pas l’intérêt des partis qui viennent d’être élus” de passer un accord, cela risque “de les diviser profondément”. Le chercheur souligne aussi le laps de temps très restreint accordé à la cheffe de gouvernement, alors que “dans tous les autres pays européens, quand on s’engage dans des contrats de gouvernement, ça peut durer des mois”.

Du côté de l’Élysée, on espère cette semaine des “clarifications” puisqu’au sein des oppositions il y a “des voix dissonantes”, certains étant “fermés” quand d’autres montrent “une disponibilité”.

Ni NUPES ni RN

Avec 245 députés, Emmanuel Macron a obtenu la majorité relative la plus basse de l’histoire de la Ve République. Mais des parlementaires sont décrochés un à un, et Élisabeth Borne comptait jeudi 252 députés, à 37 voix de la majorité absolue.

Pour l’insoumis Éric Coquerel, le président “fait mine de maîtriser la situation”. “Jupiter patauge”, renchérit François Ruffin. Leur formation, tout comme le Rassemblement national, est exclue par le chef de l’État de tout projet de coalition car ils “ne s’inscrivent pas comme des partis de gouvernement”. Le numéro 2 de LFI Adrien Quatennens a confirmé dimanche qu’il n’y avait “pas d’arrangement possible” avec un gouvernement d’Emmanuel Macron. Et “pas de risque” à ses yeux d’un éclatement de l’alliance de gauche Nupes sur la question.

Néanmoins Fabien Roussel, patron des communistes, fait planer le doute: “Nous soutiendrons tout ce qui va dans le sens de la défense du pouvoir d’achat des Français” mais, a-t-il prévenu sur LCI, “nous ne pourrons pas participer à un gouvernement qui prévoit d’allonger l’âge de départ à la retraite”. Ceux de l’alliance qui rejoindraient le gouvernement seraient dans une “mésaventure individuelle”, selon l’insoumise Clémentine Autain.

La Nupes s’apprête à déposer “une grande loi d’urgence sociale” et les députés LR vont également mettre sur la table des propositions sur le pouvoir d’achat. Le texte gouvernemental en préparation propose la hausse de 4% d’une série de prestations sociales.

À voir également sur Le HuffPost: Le droit à l’avortement dans la Constitution? LREM rattrapée par ses anciens votes


Un an après leur élection à l’Assemblée, plusieurs députés UDI-Agir, accompagnés par ceux de la France insoumise (LFI), avaient en effet repris les propositions du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes pour faire de la Constitution un texte garant “de l’égalité femmes-hommes”. La majorité avait, alors, refusé.">
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    USA: La révocation du droit constitutionnel à l'avortement dénoncé par les politiques français

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 24 June - 16:14 · 3 minutes

Des défenseurs de l'avortement devant la Cour suprême des États-Unis Des défenseurs de l'avortement devant la Cour suprême des États-Unis

POLITIQUE - L’onde de choc atteint la classe politique française. Après que la très conservatrice Cour suprême des États-Unis a enterré ce vendredi 24 juin un arrêt qui, depuis près d’un demi-siècle, garantissait le droit des Américaines à avorter , plusieurs responsables politiques, de droite comme de gauche, ont exprimé leur indignation.

“Une régression terrible. Une honte. Telle est la leçon: en matière de droits des femmes, rien n’est acquis. Ne rien lâcher, jamais, sur le droit des femmes à disposer de leur corps”, a tweeté Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale.

Déplorant une “terrible nouvelle”, l’eurodéputée insoumise Manon Aubry a quant à elle cité Simone de Beauvoir: “N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.”

“Honte à la Cour suprême”

Député LREM de la Vienne, Sacha Houlié a également réagi. “Les juges réactionnaires de la Cour suprême viennent d’ôter un droit fondamental aux Américaines et aux Américains. Ce recul doit sonner comme un avertissement. Les droits acquis sont précieux et il nous appartient chaque jour de les protéger”, a-t-il écrit sur le même réseau social . “Un terrible recul. La France et l’Union européenne doivent plus que jamais être à l’avant-garde de ce combat, pour ancrer et faire avancer le droit à l’avortement”, a réagi, pour le gouvernement, le ministre en charge des affaires européennes, Clément Beaune.

“Indigne retour en arrière! Une Cour suprême a le devoir de garantir les droits fondamentaux, pas de les altérer. Le droit à l’avortement et la liberté des femmes restent un combat permanent même en Occident!”, a renchéri l’eurodéputé LR Geoffroy Didier.

Chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes durant le quinquennat précédent, l’ancienne ministre Marlène Schiappa a également exprimé son dégoût. “Révoquer le droit à l’avortement implique que les femmes riches iront dans d’autres États et les femmes pauvres pratiqueront des IVG clandestines au péril de leur vie. Comme au siècle dernier. Honte à la Cour Suprême”, a-t-elle tweeté .

Dans la foulée de cette décision, le Missouri a annoncé être le “premier” État à interdire l’avortement, le procureur général de cet État saluant “un jour monumental pour le caractère sacré de la vie”.

La plus haute juridiction du pays avait été renouvelé d’un tiers par Donald Trump, qui a nommé trois représentants de la droite conservatrice et religieuse, rendant ce courant politique majoritaire dans cette instance. Un tournant réactionnaire qui a rendu possible cette régression pour le droit des femmes, et qui pourrait désormais avoir un impact sur le droit à la contraception, les relations homosexuelles ou le mariage pour tous.

À voir également sur Le HuffPost: L’anti-IVG Roberta Metsola élue présidente du Parlement européen

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    Législatives 2022: Jérôme Lavrilleux revient en politique

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 21 June - 13:27 · 1 minute

Jérôme Lavrilleux revient en politique Jérôme Lavrilleux revient en politique

POLITIQUE - Retour inattendu. Considéré comme un paria à droite depuis l’“affaire Bygmalion ”, Jérôme Lavrilleux va revenir en politique au poste de conseiller parlementaire du nouveau député Les Républicains du Rhône Alexandre Vincendet, a affirmé ce dernier mardi à l’AFP, confirmant une information du Journal du Dimanche .

“Il sera bien mon conseiller politique”, a affirmé l’élu, expliquant avoir “une immense amitié” et beaucoup de “respect mutuel” pour Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy , et qui avait révélé en 2014 la fraude des comptes de cette campagne, prémices de la retentissante affaire dite “Bygmalion”.

Condamné à deux ans de prison ferme en 2021

En septembre 2021, Nicolas Sarkozy avait été condamné à un an de prison ferme dans ce dossier. Jérôme Lavrilleux, condamné à trois ans dont un avec sursis, avait rapidement annoncé son intention de faire appel.

“Je suis contre la double peine”, assure le nouveau député du Rhône, qui connaît “depuis plus de 15 ans” Jérôme Lavrielleux, ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé au moment où le nouveau député y était lui-même stagiaire. “Je connais ses qualités, c’est l’un des meilleurs, sinon le meilleur”, a-t-il ajouté.

Avant de rejoindre Jean-François Copé puis Nicolas Sarkozy, Jérôme Lavrilleux avait été neuf ans directeur de cabinet à la mairie de Saint-Quentin et conseiller général. Élu au parlement européen en 2014, il avait siégé cinq ans comme membre du PPE (Parti populaire européen), bien qu’ayant démissionné dès 2014 de l’UMP. Retiré dans le Périgord vert où il gérait deux gîtes, il avait créé en 2020 une petite entreprise en “conseils de communication citoyenne”.

A voir également sur Le HuffPost: La dissolution de l’Assemblée nationale, une option pour Macron (mais pas sans risque)

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    Les LR "faiseurs de roi" après les résultats des législatives

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 20 June - 16:14 · 3 minutes

Christian Jacob, chef des Républicains, ne veut pas de coalition avec la majorité présidentielle. Christian Jacob, chef des Républicains, ne veut pas de coalition avec la majorité présidentielle.

POLITIQUE - Une renaissance pour les Républicains ? Malgré son échec cuisant à l’élection présidentielle, le parti de droite a réussi à envoyer 64 députés à l’Assemblée nationale . Suffisant pour se poser en faiseurs de roi entre la coalition présidentielle qui a perdu sa majorité absolue et l’opposition de la Nupes qui entend déposer une motion de censure le 5 juillet, date de la déclaration de politique générale prévue pour Elisabeth Borne.

Le patron du parti Christian Jacob l’a redit clairement ce lundi 20 juin: “nous sommes dans l’opposition au gouvernement et à Emmanuel Macron”. “Il n’est pas question ni de pacte, ni d’une coalition, ni d’un accord de quelque nature que ce soit” car selon lui, Emmanuel Macron “a fracturé le pays comme jamais, il a instrumentalisé les extrêmes et a mis la France dans la situation que l’on connaît aujourd’hui”. C’est pourquoi “aucun député LR ne votera la confiance au gouvernement” si elle était demandée.

Un sujet pour le futur gouvernement remanié, qui, comme le veut la tradition, pourrait demander la confiance des députés via l’article 49-1. Pour se maintenir, il doit obtenir les voix de la moitié des députés de l’hémicycle. Dans le cas contraire, il doit démissionner. Avec ses 246 élus, il manque aujourd’hui une quarantaine de députés à la majorité présidentielle pour passer l’épreuve sans encombre. Christian Jacob estime d’ailleurs que l’exécutif ne demandera pas la confiance des députés.

LR veut une “opposition responsable”

Si la droite ne veut pas tomber dans les bras de l’exécutif, elle ne semble pas non plus vouloir s’associer aux autres partis de l’opposition, surtout ceux qui prévoient au contraire une opposition plus frontale ou systématique. Aurélien Pradié , secrétaire général des Républicains sur Franceinfo, a déjà déclaré son opposition à la motion de censure que veulent déposer les Insoumis début juillet: “Qu’est-ce que c’est cette idée de la chasse à l’homme ou la chasse à la femme? Je n’ai aucune sympathie politique pour Élisabeth Borne, mais ce n’est pas pour autant que je vais aller fricoter avec les Insoumis, avec lesquels je ne me sens rien de commun.”

Or là encore, les voix LR pourraient être fondamentales puisqu’il faut recueillir la majorité absolue afin de renverser le gouvernement. Sans LR, le bon compte sera bien plus difficile à atteindre. Une situation dont a bien conscience Antoine Vermorel, député LR tout juste élu dans la Loire et interrogé par le Huffpost : “On est faiseurs de rois dans les deux sens: pour le vote des lois et pour le vote des motions de censure. Cela nous oblige à une grande responsabilité dont nous saurons être à la hauteur.”

Pour l’instant, la règle semble être celle du cas par cas. Christian Jacob a reconnu que des points de rapprochements pouvaient être trouvés avec la majorité présentielle et veut incarner une “opposition responsable”, “force de proposition”. Tout comme Antoine Vermorel, qui souligne: “Nous n’avons pas d’intérêt à bloquer le pays.”

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