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    Libéralisme : le renard libre dans le poulailler libre ?

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 20 August - 02:45 · 5 minutes

Un article de la rédaction de Contrepoints.

Pour ses opposants, le libéralisme est comparé à une volonté de laisser le « renard libre dans le poulailler libre ».

Cette comparaison simpliste est profondément fausse pour plusieurs raisons qui tiennent à l’incompréhension du sens de libéralisme ou de liberté .

L’un des mythes français les plus tenaces consiste à considérer que la coopération sociale, c’est-à-dire en fait la coopération entre les individus, n’est pas possible si elle n’est pas organisée par le centre, c’est-à-dire par l’État. Seul, dit-on couramment, l’État est capable d’avoir une vision d’ensemble, une vision à long terme, seul il peut concilier des intérêts qui sont opposés et promouvoir par conséquent une vision du bien commun. Sans son intervention la société serait anarchique, elle conduirait à la guerre de tous contre tous, à la domination des forts sur les faibles, à cette étrange liberté du renard libre dans le poulailler libre. Ces vagues idées, indéfiniment ressassées, véhiculées dans l’enseignement français, reproduites par certains journalistes en mal d’imagination, sont en réalité fondées sur une confusion intellectuelle si patente qu’elle ne peut être que malhonnête. Elle consiste à assimiler l’existence d’inégalités entre les individus à l’existence d’effets de domination. » – Pascal Salin –  Libéralisme – 2000

Une illustration typique des antilibéraux

Généalogie de l’expression

Malgré sa fausseté totale, cette expression a été employée par de nombreux auteurs en raison de son efficacité. Elle est attribuée à Henri Lacordaire . Parfois c’est, faussement, à Jean Jaurès, à La Mennais ou à Karl Marx qu’elle est attribuée.

De très nombreux auteurs de droite et de gauche reprennent cette expression à leur compte pour attaquer le libéralisme sous un angle (qu’ils croient) éthique :

La liberté que l’État bourgeois est chargé de garantir, c’est la liberté laissée aux forts d’écraser les faibles, au riche de dire au pauvre : « tu gagneras mon pain à la sueur de ton front ». Un diplomate définissait admirablement ce libéralisme : la morale du renard libre dans le poulailler libre. » – Roger Garaudy – Le communisme et la morale.

Les abus du capitalisme sauvage , les crises économiques, les affrontements sociaux ont suffi pour démontrer que le libéralisme à l’état spontané (le renard libre dans le poulailler libre) est générateur d’exploitation, d’injustice, de désordre et d’ anarchie . » – Louis O’Neill – Initiation à l’éthique sociale – 1925

Une confusion entre libéralisme et loi de la jungle

En tant que système politique, le libéralisme ne s’abstient pas de règles à faire respecter. Ces règles sont le respect de l’ individu et de sa propriété . Un système fonctionnant selon la loi du plus fort , comme celui du renard dévorant les poules, n’est absolument pas libéral. Pour assurer le respect des droits de chacun, le système libéral fonctionne avec un droit et des tribunaux chargés d’appliquer ce droit.

Les antilibéraux confondent volontairement libéralisme et loi de la jungle dans laquelle par exemple, des multinationales, toujours en lien avec des représentants d’un État, spolient des individus de multiples façons (réglementations, protectionnisme , monopoles , etc.). Et cela n’est pas le libéralisme mais un système clientéliste et étatiste, fondé justement sur le dévoiement de l’autorité de l’État.

Le renard, pas plus que le politicien corrompu ne sont donc libéraux. La protection de l’individu et de sa propriété fait partie des fonctions régaliennes dévolues à l’État par les minarchistes et les libéraux classiques .

Ainsi, le philosophe franco-suisse Benjamin Constant d’écrire à propos de ce rôle de l’État qu’il doit non seulement l’assurer mais aussi l’assurer efficacement :

Il ne faut pas d’État hors de sa sphère, mais dans cette sphère, il ne saurait en exister trop.

Si l’on reste sur le plan métaphorique, au-delà du fantasme bien ancré dans les cerveaux sur le supposé pouvoir des riches, la comparaison faite par les antilibéraux est tout aussi absurde. Dans un poulailler, qui est le véritable ennemi si ce n’est l’éleveur qui engraisse ses poules pour mieux leur prendre le fruit de leur ponte ou les manger ensuite ? Cet éleveur, c’est l’État, et non autrui.

La liberté [le laissez-faire] s’oppose explicitement et exclusivement à la seule méthode connue du renard dans le poulailler : la coercition, la contrainte physique. Dans le poulailler, le renard serait bien inoffensif, si ses moyens d’action se limitaient à la persuasion, à la publicité ou à « l’esclavage du salariat » . Qui est davantage renard dans le poulailler ? La poule qui devient chef d’entreprise, ou l’État dont la seule méthode propre d’action est justement celle des bêtes sauvages, la force ? Avec la plus méchante des multinationales, vous pouvez choisir de n’avoir aucune relation : vous vous passerez de ses produits et elle n’obtiendra pas un sou de vous. Puis essayez de faire la même chose avec l’État : refusez ses services et cessez de payer l’impôt. Vous verrez qui a le pouvoir dans le poulailler. Pierre Lemieux – Du Libéralisme à l’anarcho-capitalisme

Un article publié initialement en aout 2017.

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    Sur le chemin de l’école (et de la liberté)

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 20 August - 02:30 · 4 minutes

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Par Johan Rivalland.

En cette rentrée, où un certain nombre d’enfants manifestent peut-être des réticences à l’idée de revenir sur les bancs de l’école, voici un documentaire passionnant qui rappellera que l’école peut en un sens être considérée comme un luxe, en tous les cas comme un précieux instrument d’accès potentiel à la liberté.

L’école est une sorte de luxe dont on mésestime trop souvent la valeur, surtout lorsqu’on est un enfant vivant dans un pays aisé, pour qui s’y rendre va de soi, celle-ci étant jusqu’à un certain âge obligatoire. Et ce, quels que soient ses défauts.

Sans elle, difficile pour la plupart d’envisager un accès à l’instruction, à de la connaissance et à une chance de pouvoir améliorer son sort, sa vie, ou tout au moins de pouvoir accéder à des métiers inenvisageables autrement.

Le chemin de la connaissance

Sur le chemin de l À travers ce documentaire, nous suivons ainsi, en parallèle, l’itinéraire de quatre enfants à quatre endroits différents de la planète, en des lieux où l’école est loin d’être accessible à tous et où il faut une sacrée détermination pour souhaiter s’y rendre coûte que coûte.

Ces quatre enfants ont en commun d’être loin de l’école la plus proche, de devoir effectuer un très long parcours semé d’embûches et parfois au péril de leur vie. Avec un souci commun : le désir d’améliorer leur vie, d’accomplir leurs rêves en accédant au métier auquel ils aspirent, mais aussi plus immédiatement répondre à leur soif d’apprendre, à commencer par le plus rudimentaire : lire, écrire et compter.

Voici ce qu’énonce la voix off (que l’on n’entendra plus par la suite, pour laisser place aux images pures, sans commentaires ajoutés), en ouverture :

On oublie trop souvent que l’école est une chance. Dans certaines régions du monde, le chemin de l’école est un parcours du combattant et le savoir une conquête. Chaque matin, parfois au péril de leur vie, des enfants héroïques s’engagent sur le chemin de la connaissance.

Un parcours semé d’embûches

On frémit avec Jackson, 11 ans, qui vit au Kenya et part chaque jour à 5 heures 30 du matin en compagnie de sa petite sœur pour effectuer les 15 kilomètres qui les séparent de l’école, à travers la savane et au milieu de la menace des bêtes sauvages. Deux dangereuses heures de trajet à pied qu’ils effectueront chaque jour dans l’autre sens après leur journée d’école.

Zahira, 12 ans, réside quant à elle dans les montagnes de l’Atlas marocain. Et ce n’est pas une sinécure que de devoir marcher durant quatre heures chaque lundi matin, en compagnie de ses deux amies qu’elle retrouve en chemin, afin de rejoindre son internat. Vingt-deux kilomètres les séparent de leur école, et pas facile de recueillir l’aide et la bienveillance d’automobilistes pour les convoyer une partie du chemin, celle où de petites routes arpentent le relief escarpé. Le week-end qui précède cette longue pérégrination, Zahira apprend ses leçons auprès de sa grand-mère, qui n’est pas allée à l’école, mais a étudié simplement le Coran à la Mosquée.

  • Carlos, 11 ans, traverse les plaines de Patagonie à cheval, chaque jour et par tous les temps, en emmenant avec lui sa petite sœur, sur plus de 18 kilomètres. Un itinéraire d’environ une heure et demie. Avec une détermination là encore sans faille, bravant eux aussi la fatigue, les douleurs physiques, les dangers du relief.

Enfin, Samuel, 13 ans, enfant handicapé habitant dans le Golfe du Bengale en Inde, se déplace en fauteuil roulant, poussé par l’un de ces deux petits frères, tiré par l’autre, sur des chemins chaotiques, boueux, caillouteux. Un véritable exploit quotidien sur les 4 kilomètres de leur itinéraire, qu’ils parcourront en moyenne en une heure et quart d’efforts particulièrement intensifs, surtout lorsque le fauteuil roulant, rouillé et en mauvais état, connaît des défections en cours de route…

Un documentaire particulièrement émouvant et en forme d’hommage à la fois à tous ces enfants qui, de par le monde, connaissent des situations semblables, mais aussi à l’école en général, dont on mesure mieux le prix et la chance que nous avons de pouvoir y accéder sans trop de peine. Sans oublier tous ceux qui sont contraints, aujourd’hui comme naguère, de travailler très très jeunes, et préféreraient très certainement disposer de cette chance d’aller à l’école, que nous avons trop souvent tendance à oublier ou ignorer ici en des lieux favorisés.

  • Sur le chemin de l’école , un film de Pascal Plisson, Lauréat du César 2014 du meilleur film documentaire, Winds films, 74 minutes, avril 2014.

Un article publié initialement le 2 septembre 2016

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    L’Union européenne réinvente l’Union soviétique

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Sunday, 15 August - 03:15 · 4 minutes

Union européenne

Par Michel Gay.

Il existe de troublantes similitudes entre l’ex Union soviétique des années 1950 et l’Union européenne d’aujourd’hui.

Union européenne et Union soviétique : la nomenklatura

L’Union soviétique était gouvernée par une n omenklatura d’une vingtaine d’individus non élus s’attribuant mutuellement les postes, ne rendant de comptes à personne, et ne pouvant pas être destitués. Son « parlement », le Soviet Suprême, ne faisait qu’estampiller les décisions du politburo.

Même avec un Parlement élu, c’est aussi le cas de l’Union européenne (UE).

Des eurobureaucrates passent simplement d’un poste à un autre avec des salaires élevés, quels que soient leurs résultats, ou leurs échecs… comme sous le régime soviétique.

Certes, l’Union soviétique imposait brutalement sa volonté par une féroce répression physique au sein du Pacte de Varsovie, alors que l’UE utilise la contrainte plus subtile du « harcèlement économique », tout aussi efficace.

Anéantir l’État-nation

L’Union soviétique voulait créer une nouvelle entité historique, le peuple soviétique, qui devait oublier ses nationalités, ses religions, ses traditions ethniques et ses coutumes.

En plus de 70 ans, ce système a engendré de nombreux conflits ethniques. L’un des objectifs était la destruction de l’État-nation, comme aujourd’hui Bruxelles tente de le réaliser en Europe.

L’Union européenne veut également créer une nouvelle espèce historique, les Européens, en supprimant les vilains sentiments nationaux pour vivre dans une communauté multinationale idéalisée.

L’Union européenne résulte de moins en moins d’une union d’États libres coopérant sans abdiquer leur indépendance et leur identité. Ses méthodes accordant des autorisations, et limitant la liberté des États pour agir au bénéfice de leurs propres citoyens, ressemblent de plus en plus au Pacte de Varsovie, le goulag en moins.

Liberté et philosophie

En Union soviétique les libertés de pensée et d’expression étaient niées.

Le russe Alexandre Bukovski, décédé en 2019, a payé sa dissidence au prix fort. Il a passé douze ans de sa vie emprisonné dans son pays. En 1971, il fit parvenir à l’Ouest des preuves de l’existence d’hôpitaux psychiatriques pour dissidents en URSS. Il fut condamné à sept ans de prison, puis libéré et expulsé d’URSS en 1976 sous la pression internationale. Il s’installa en Angleterre d’où il avait déjà mis en garde l’Union européenne dans les années 1980 contre « un goulag intellectuel » baptisé le « politiquement correct ». Si des opinions diffèrent de celles approuvées par la « bonne pensée », généralement de gauche, le dissident est traité de fasciste, mis à l’index par les grands médias, et ostracisé. C’est le début de la perte de liberté.

Selon Alexandre Bukovski, l’Union européenne s’effondrera comme le communisme en ex URSS car elle est incapable de se réformer.

Et quand cela arrivera, « elle laissera derrière elle d’énormes problèmes économiques et ethniques ».

Il exhortait les peuples d’Europe à retrouver leur indépendance : « J’ai vécu votre futur. Et ça n’a pas fonctionné ».

Toutes les étapes qui ont conduit à resserrer le nœud de la corde autour du cou des peuples européens ont toujours été décidées de manière technocratique. Les décisions sont masquées derrière des acronymes et des traités abscons, parfois en prétextant l’urgence pour mieux imposer des lois restrictives des libertés.

L’URSS voulait un État fédéral pour éviter les guerres entre les nations… comme l’Union européenne. La même idéologie soutient les deux systèmes.

Aujourd’hui, quiconque veut soutenir des thèses non politiquement correctes  (immigration, droits des peuples…) est par avance excommunié et accusé de populisme, de souverainisme, de complotisme, ou d’être un dangereux démagogue.

La philosophie des gourous siégeant à la Commission européenne et au Conseil européen peut se comprendre à partir des paroles de Jean Monnet qui disait en 1952 :

Les nations européennes devraient être guidées vers un super-État sans que leurs peuples ne s’en rendent compte. Cet objectif peut être atteint par étapes successives, chacune d’entre elles étant dissimulée sous une forme et dans un but purement économiques.

Ces technocrates veulent créer des monstruosités supranationales aurait dit Charles de Gaulle. Mais le parti technocratique de Monnet a gagné.

Et aujourd’hui, le désastre de l’Europe supranationale est en marche, notamment dans le domaine de l’énergie .

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    La France, une dictature sanitaire? Macron répond à ses opposants

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 5 August - 09:26 · 3 minutes

Macron répond à ceux qui l

POLITIQUE - C’est une petite musique qui remonte, au moins, à la crise des gilets jaunes . Pour certains manifestants ou opposants au pouvoir en place, la France devient une dictature sous la présidence d’ Emmanuel Macron .

Une critique qui redouble depuis les récentes mobilisations anti-pass sanitaire et l’annonce de l’extension de ce sésame aux activités du quotidien par le chef de l’État, le 12 juillet dernier. Plusieurs milliers de personnes se rassemblent, chaque samedi, “pour la liberté” et “contre la dictature sanitaire”, des mots d’ordre que l’on retrouve également sur les pancartes ou dans la bouche des intervenants qui s’expriment dans les micros.

“Enfin, soyons sérieux!”

“Des citoyens en perte de sens”, selon Emmanuel Macron. Interrogé par Paris Match le 24 juillet dernier, alors qu’il venait d’atterrir en Polynésie, le président de la République s’est montré très critique à l’endroit de “ces quelques dizaines de milliers de citoyens en perte de sens telle qu’ils peuvent dire qu’on vit en dictature.”

“Je ne céderai en rien à leur violence radicale”, a-t-il déclaré dans des propos publiés ce jeudi 5 août dans les colonnes de l’hebdomadaire, considérant “qu’il y va de l’existence même des démocraties”. “Leur attitude est une menace pour la démocratie. Ils confondent tout. Je les invite à regarder les mêmes manifestations dans des pays qui ne sont plus des États de droit”, poursuit le chef de l’État.

“Nous n’avons jamais suspendu la vie parlementaire, et toutes les mesures restrictives ont été votées par la loi. Nous sommes le seul pays qui a eu autant de contrôles parlementaires pendant la crise. Nous sommes le seul pays d’Europe dont les ministres sont convoqués devant le juge en temps de crise”, tente même de convaincre Emmanuel Macron, pour appuyer son propos.

Et d’ajouter, dans une nouvelle tirade: “Le gouvernement répond à des commissions d’enquête parlementaire, à la Cour de justice de la République, à des magistrats. Les données épidémiologiques sont publiques et quotidiennes. Enfin, soyons sérieux!”

Des dérives?

Il n’empêche, malgré ces garde-fous et au-delà des accusations ou slogans parfois outranciers des manifestants, nombreux sont les spécialistes et juristes à pointer du doigt l’isolement du président de la République dans cette gestion de crise, notamment à travers l’omniprésence du Conseil de défense . En plus d’une certaine “vision monarchique” du pouvoir, chez Emmanuel Macron, selon les mots de Chloé Morin.

Dans une tribune publiée par Le Figaro , en octobre dernier, l’analyste politique pointait “les derniers événements” comme “le révélateur d’une crise démocratique majeure, le fruit d’un dysfonctionnement d’une rare intensité des institutions”, au premier rang desquelles, le Parlement.

“Elles avaient été prévues pour organiser le partage du pouvoir, faire contrepoids aux excès de la IVe République, mais organisent maintenant la captation inédite du pouvoir par le seul président de la République suivi par une majorité caporalisée”, écrivait-elle, entre autres inquiétudes autour de l’état “d’apathie démocratique” dans lequel se trouve le pays.

Mais pour Bruno Cautrès, le chercheur au Cévipof interrogé par 20 Minutes en avril dernier, “cette gestion de la crise est dans la logique de la Ve République.” C’est pourquoi, selon lui, “il sera assez inéluctable qu’il y ait des réflexions et des propositions pendant la présidentielle de 2022 sur la question des institutions.”

À voir également sur Le HuffPost: Macron sur TikTok, ultime étape d’un gouvernement d’“influenceurs”

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    La trilogie de la liberté : doute, pragmatisme, morale

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 27 July - 02:30 · 3 minutes

la liberté

Par Michel Faure.

Les libéraux n’ont jamais été vraiment écoutés en France. Aujourd’hui, avec la crise de la Covid-19, ils sont inaudibles et certains s’en réjouissent.

Nous sommes entrés, nous dit-on avec délice, dans « un moment keynésien », comme s’il s’agissait d’une nouveauté alors que ce moment dure depuis six décennies. On fête aussi déjà la fin du libéralisme, comme si nous laissions derrière nous une longue et calamiteuse période d’ un État modeste et régalien .

Mais c’est l’étatisme qui règne en France, pas le libéralisme. Et son bilan n’est pas brillant. Parmi les pays de l’OCDE, le nôtre est celui où les impôts sont les plus lourds et le chômage l’un des plus élevés.

Pour plaider la sauvegarde de nos libertés, appuyons-nous sur trois qualités libérales : le doute, le pragmatisme et la morale.

La liberté et le doute

Dans Délire et défaites , Claude Fouquet écrit que le libéralisme « est une opinion, un aveu d’ignorance, donc un programme de tolérance » .

Dans Un cœur intelligent , Alain Finkielkraut nous rappelle que l’incertitude fait partie de la nature humaine.

Frédéric Bastiat conclut : « L’ignorance entoure le berceau de l’humanité » .

Bref, pour un libéral, le doute est raisonnable et tant mieux s’il s’agit d’un péché mortel pour tout commissaire au Plan . Il nous conduit à l’observation attentive des réalités.

La liberté et le pragmatisme

Dans La grande parade , Jean-François Revel nous rappelait que le libéralisme n’est pas « une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations portant sur des faits qui se sont déjà produits. »

Ce pragmatisme nous permet d’introduire l’expérience de réalités nouvelles dans nos réflexions et mesurer celles-ci à l’aune des libertés. Ainsi la pandémie renforce la critique libérale d’ une bureaucratie tentaculaire et sans efficacité . Elle conforte notre rejet de l’étatisme et de la corruption qui souvent l’accompagnent, nos critiques d’une dépense publique sans contrôle et la menace d’une dette hors normes.

La morale

II nous faudrait enfin rappeler les dimensions morales et sociales du libéralisme. Notre devise, Liberté, Égalité, Fraternité, est l’invention des libéraux qui ont réclamé, face aux monarchistes et aux conservateurs, l’ égalité devant la loi et la fin des privilèges. Ils ont défendu les échanges et les contrats qui exigent équité et empathie. L’une des plus grandes figure du libéralisme, Adam Smith , a d’abord écrit sa Théorie des sentiments moraux qui chante les plaisirs de la sympathie et de l’aide aux plus pauvres, avant de publier La richesse des nations .

Cette trilogie devrait nous permettre d’offrir une image du libéralisme éloignée de la caricature habituelle . Nous aimons le libre commerce, la liberté chérie de La Marseillaise , l’égalité de tous devant la loi, et la fraternité, la vraie, celle qui engage les sentiments et suscite des actions pour sauver la famille humaine des calamités des dictatures, des conflits et de la pauvreté.

Un article publié initialement le 6 janvier 2021.

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    Êtes vous déjà fichés par Google avec FLoC et comment l’empêcher ?

    news.movim.eu / Korben · Tuesday, 13 April, 2021 - 07:00 · 5 minutes

Vous le savez, les cookies n’ont pas le vent en poupe. Ils sont bloquables avec certains plugins de navigateur, voire carrément par le navigateur lui-même sans oublier le RGPD qui force les sites à proposer un bouton « Refuser les cookies ». Pour rappel, un cookie, c’est quoi ? C’est un petit fichier texte qu’une société ou un site dépose sur votre ordinateur, ce qui lui permet de vous reconnaître lors d’une connexion ultérieure ou de vous suivre de sites en sites.

Autant dire que les cookies sont très malmenés en ce moment, ce qui pose un gros problème aux vendeurs de publicité en ligne qui les utilisent pour vous profiler et vous proposer de la publicité ciblée. Et quel est selon vous le plus gros acteur de la pub en ligne ? Et bien c’est Google !

Mais vous connaissez Google, ils ont noyauté l’ensemble d’Internet avec leur moteur de recherche, leur navigateur Chrome, leur Adsense, leurs players Youtube, leurs Analytics, Android, leur Google Sign-in, Gmail, Maps et même leurs DNS 8.8.8.8… Impossible de leur échapper, même si on est dégoogeulisé.

C’est donc mal les connaître que de croire qu’ils vont se laisser perturber par le blocage des cookies. Car oui, il existe d’autres façons de déterminer votre profil en ligne et de vous traquer, sans « vraiment » vous traquer. Cette façon, je l’ai déjà expliqué dans cet article au sujet du panopticlick .

Avec votre historique, les plugins installés, la config matérielle et une blinde d’autres paramètres, il est possible de générer une empreinte plus ou moins unique de votre ordinateur. Et Google va encore plus loin puisqu’il ne vous individualise plus, mais vous range dans des groupes d’intérêt en fonction de votre historique du mois en cours. Si vous êtes un geek en surpoids localisé en France qui vote à gauche et aime les chatons mignons ainsi que la cuisine asiatique, vous serez dans le même groupe que tous vos frères d’armes. Et Google sera alors capable de vous proposer de la publicité ciblée pour la catégorie à laquelle vous appartenez. Il n’y a donc plus de suivi individuel, mais plutôt un profilage réalisé en fonction de votre historique.

Cover your tracks

Cette techno mise au point par Google s’appelle la Federated Learning of Cohorts a.k.a. FLoC. Chaque groupe est désigné par son FLoC ID et caractérisé par ses habitudes et centres d’intérêt. Cela permet donc de se passer d’un tracker comme le cookie. Il n’y a plus de fichier stocké sur votre ordinateur ou blocable par un plugin.

À titre perso, et je ne dois pas être le seul, je m’intéresse à tellement de sujets différents à la fois qu’il est FORT PROBABLE que Google me range dans un groupe de 1 où je serai seul. Et il y a fort à parier qu’on sera nombreux dans des groupes de 1 personne avec le temps et l’affinage des critères, ce qui va permettre à Google d’ultra-cibler la publicité. Après c’est vrai que les humains sont facilement classables dans des groupes et suivent pour la plupart les mêmes schémas de pensée. Un peu comme des clichés qu’on retrouve partout et on en a tous fait l’expérience. Il y a certaines personnes qui se ressemblent aussi bien dans leurs centres d’intérêt que dans leurs habitudes.

Mais une chose est sûre, c’est que ça va marcher. Et là pour bloquer ça ensuite, bonjour !

Google a d’ailleurs commencé à déployer FLoC chez certains utilisateurs de Chrome 89 ou supérieure dans divers pays (pas encore la France, mais en Australie, Brésil, Canada, Inde, Indonésie, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Philippines et aux États-Unis bien sûr !).

Un suivi mis en place chez des millions d’utilisateurs pour être précis et à leur insu. Bon le savez, Chrome est une saloperie. Si c’est pas encore fait, désinstallez cette merde. Mais avant, je vous invite à faire le test pour savoir si Google vous a déjà classé dans un de ces groupes. Pour cela, l’EFF a mis en ligne un site baptisé AmIFLoced.org qui vous indiquera si votre navigateur fait partie du bêta test de FLoC.

EFF Am I Floced

Si un FLoC ID vous a été attribué, cela veut que votre navigateur a utilisé votre historique internet sur les 7 derniers jours pour calculer un « simhash » qui vous permettra de rejoindre un ou plusieurs des actuels 33 000 groupes comportementaux mis en place par Google dans le cadre de ses tests et contenant chacun quelques centaines de personnes. Tout ceci est encore expérimental donc vous pouvez facilement imaginer que ces chiffres vont rapidement gonfler au fur et à mesure des semaines.

Si c’est le cas, pas de panique. Vous pouvez en sortir, mais à condition de désactiver les cookies tiers dans les paramètres de Chrome (oui, je sais, c’est pas forcement logique). Maintenant en tant que webmaster, votre site est déjà intégré comme facteur dans les algos FLoC de Google. Si vous avez un site sur le jardinage, vos visiteurs (via leur historique) seront alors flaggés comme fan de jardinage. Si vous ne voulez pas participer à cette mascarade, vous pouvez sortir votre site de l’algo en balançant ce header dans les réponses HTTP :

 Permissions-Policy: interest-cohort=() 

Si vous utilisez un AUTRE navigateur que Chrome >= 89, vous ne serez pas concerné par ce tracking pour le moment. À voir maintenant ce que va faire Google. Comment est-ce qu’ils vont imposer ça dans Chromium ou d’autres navigateurs utilisant le moteur de Chrome… Firefox sera-t-il de la partie. J’en doute, mais on verra bien…

Merci à Letsar pour l’info !


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    Delanoë s'engage pour le droit à mourir dans la dignité et à vivre "digne jusqu'au dernier souffle"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 16 March, 2021 - 10:09 · 3 minutes

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POLITIQUE - “Nous voulons vivre libres et dignes.” Invité sur France Inter ce mardi 16 mars, l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë s’est engagé en faveur du droit à mourir dans la dignité, invoquant “un enjeu de liberté”.

Un premier pas dans ce sens avait été pris avec la loi Claeys-Léonetti, autorisant le fait d’“endormir plutôt que faire mourir” en provoquant “une sédation profonde et continue” chez les patients atteints d’affections incurables et en situation de grande souffrance.

Aujourd’hui, l’ancien édile estime que cette loi qui constituait “un progrès” a démontré “ses insuffisances”. “Il faut que nous soyons libres et dignes jusqu’à notre dernier souffle. J’ai connu beaucoup de cas de personnes dont la fin de vie a été très douloureuse du fait de souffrances physiques et morales parce qu’on ne les autorisait pas à prendre la décision elles-mêmes en toute liberté”, plaide Bertrand Delanoë.

Bertrand Delanoë rappelle que les Français souhaitant aujourd’hui recourir au suicide assisté sont contraints de se tourner vers des pays voisins comme la Belgique, les Pays-Bas ou la Suisse. Le socialiste est notamment revenu sur le décès de Paulette Guinchard , ancienne secrétaire d’État, “qui a dû se rendre en Suisse pour pouvoir terminer sa vie dignement.”

Bertrand Delanoë milite donc pour une nouvelle loi qui ne serait “pas un permis de tuer” mais qui donnerait “le pouvoir au patient de décider, lui, quand trop, c’est trop”.

L’affaire Vincent Lambert , avait déjà suscité le même questionnement autour de de la pratique de l’euthanasie en France. En janvier 2018, près de 90% des Français se disaient favorable au suicide assisté, selon La Croix .

Le retour d’un débat délicat

Cette prise de position intervient après que le gouvernement a récemment annoncé un nouveau plan national de développement des soins palliatifs, en réponse à la relance au Parlement du douloureux débat sur la fin de vie et l’euthanasie.

Le Sénat, dominé par l’opposition de droite, avait examiné une proposition de loi visant ”à établir le droit à mourir dans la dignité”, portée par Marie-Pierre de La Gontrie, dans le cadre d’une “niche” parlementaire du groupe PS. Elle posait le droit à bénéficier, sous conditions, de l’aide active à mourir, selon deux modalités qui ne sont pas autorisées aujourd’hui en France: l’assistance médicale au suicide et l’euthanasie.

Les sénateurs n’étaient pas allés au bout de son examen, la sénatrice de Paris ayant demandé son retrait après le vote d’un amendement la “vidant de sa substance”.

La majorité divisée

Le texte, qui avait reçu le “soutien” de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, avait recueilli un avis “défavorable” du ministre de la Santé Olivier Véran, pour qui “aujourd’hui, cinq ans après la loi Claeys-Leonetti (qui autorise la sédation profonde et continue, NDLR) le principal enjeu n’est pas tant de la faire évoluer que de la faire connaître”.

L’exécutif n’en a pas pour autant terminé avec le sujet. Le 8 avril, une proposition de loi “donnant le droit à une fin de vie libre et choisie” doit être examinée à l’Assemblée nationale cette fois, dans le cadre de l’espace réservé au groupe Libertés et Territoires.

Au sein même de la majorité présidentielle, Jean-Louis Touraine (ex-député PS) a déposé un texte en faveur d’une “aide médicalisée active à mourir” pour les personnes gravement malades et en fin de vie, qui a engrangé le soutien de plus de la moitié des députés LREM et au-delà, soit 164 élus de la majorité.

Mais elle n’est pas inscrite à l’ordre du jour à ce stade. “Philosophiquement proche de cette proposition de loi”, le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a jugé mercredi sur BFMTV le contexte de la crise sanitaire pas “très opportun”. Cette question “nécessite le temps d’un débat, parlementaire évidemment”, mais aussi d’“un débat national impliquant les Français, les associations et les corps intermédiaires”, a renchéri Olivier Véran.

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https://upload.movim.eu/files/7b4a27eed4cd52381dd25ae94920402e838b41d3/ue4mcLTAjsCF/SNU.jpg
4 pages #antimilitariste de la #CNT #Éducation

http://www.cnt-f.org/cnt31/spip.php?article1256

Non au #SNU ! #Armée hors de nos #école.

“L’armée représente l’antithèse de ce que nous souhaitons comme éducation. En réclamant l’obéissance inconditionnelle des ses soldats (avant celle de l’ensemble des citoyens avec la notion de défense globale), elle est une vaste entreprise de soumission à l’autorité et de décervelage. Elle est donc un obstacle majeur à l’ #émancipation que nous souhaitons développer en tant qu’éducatrices et éducateurs.”

#antimilitarisme #police #guerre #pédagogie #émancipation #lutte #enfant #enfance #adolescence #liberté #entraide #lutte #social #société #capitalisme #État #syndicalisme #Toulouse