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    Le recours contre la loi Climat écarté par le Conseil constitutionnel

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 13 August, 2021 - 15:46 · 2 minutes

Le Conseil constitutionnel le 21 juillet 2021

ENVIRONNEMENT - Le Conseil constitutionnel, qui a validé en grande partie l’essentiel du projet de loi contre le séparatisme a en revanche écarté ce vendredi 13 août un recours déposé par des députés concernant la loi climat-résilience, jugée insuffisante contre le changement climatique.

Concernant le premier projet de loi, les Sages, saisis par des parlementaires de gauche et de droite, n’ont censuré que deux mesures : la disposition prévoyant de suspendre les activités d’une association faisant l’objet d’une procédure de dissolution, et les retraits de titres de séjour accordés aux étrangers qui auraient manifesté un rejet des principes de la République.

Des critiques trop générales

Dans le cas du recours déposé sur la loi climat, le Conseil a jugé que les griefs des requérants étaient “excessivement généraux” , mais sans se prononcer sur la conformité de la loi par rapport à la Constitution.

Le recours contestait “la loi prise en son ensemble”, jugeant qu’elle s’inscrit ”’dans la spirale d’inaction” ayant conduit la France au non-respect de la trajectoire “en matière de réduction des gaz à effets de serre’” et ne garantit pas “le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé consacré par l’article 1er de la Charte de l’environnement”, rappelle le Conseil constitutionnel dans un communiqué.

“Les requérants ne développent qu’une critique générale (...) de l’insuffisance de la loi prise en son ensemble et ne critiquent donc, pour en demander la censure, aucune disposition particulière”, relève le communiqué. “Le Conseil constitutionnel en déduit que leur grief ne peut qu’être écarté.”

Une loi issue de la Convention citoyenne

Une fois la loi en vigueur, il restera la possibilité de contester son contenu via la procédure de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

Cette loi, inspirée du travail de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) , associée à d’autres textes et au plan de relance, doit permettre à la France de remplir ses engagements et de “tendre vers l’objectif de -40%” des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990″, assurait le gouvernement lors de son adoption au Parlement le 20 juillet.

Mais pour des députés PCF, LFI, PS qui avaient saisi le Conseil Constitutionnel, et des ONG, le compte n’y est pas. Le Haut Conseil pour le climat (HCC), organisme indépendant chargé d’évaluer la politique climatique de la France, constate aussi que la France n’est pas sur la bonne trajectoire pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et lutter ainsi contre le changement climatique.

Le Conseil d’État a enjoint début juillet le gouvernement à en faire plus pour respecter ses engagements de réduction de gaz à effet de serre. Il lui a donné jusqu’au 31 mars pour revoir sa copie.

À voir également sur Le HuffPost: Pouvait-on prévoir les inondations en Europe? Cet expert du climat rappelle des évidences

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    Loi "séparatisme": mais où est passée la droite républicaine?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 16 April, 2021 - 10:53 · 5 minutes

Une manifestante porte un bonnet phrygien lors d

Il est des textes de loi dont l’examen au Parlement a le mérite de clarifier les ambitions et le logiciel idéologique de celles et ceux que nous avons élus pour nous représenter. Assurément, le projet de loi visant à conforter les principes républicains , anciennement nommé “de lutte contre les séparatismes”, dont l’examen s’est achevé hier soir au Sénat en est: il porte les stigmates infligés par une droite dont chacun est légitime à questionner le caractère républicain, tant les mesures ajoutées sont, à de nombreux égards, dangereuses et contre-productives.

S’il allait de soi, pour beaucoup, qu’un seul texte de loi ne suffirait pas à lutter et à enrayer le phénomène de radicalisation qui peut s’emparer de certains de nos concitoyens, il est en revanche une certitude, aujourd’hui, que par certains raccourcis idéologiques ou par certains biais de pensée, un texte peut renforcer les arguments de ceux qu’il prétend combattre.

Sans grande surprise tout d’abord, la majorité sénatoriale a fait du voile un objet politique et polémique. Se drapant de la vertu de protection de la dignité des femmes, ce avec quoi personne ne peut être en désaccord, les sénateurs ont porté un coup dur à la jurisprudence du juge administratif et accrédité, à défaut, le discours des fondamentalistes. Le Conseil d’État a, en effet, toujours considéré que les collaborateurs occasionnels du service public que sont les accompagnateurs des sorties scolaires n’étaient pas soumis à l’obligation de neutralité: en revenant sur cet état de fait et de droit, ce qu’il a la faculté de faire comme législateur, le Sénat assène un coup fatal à la promesse républicaine. En interdisant à certaines femmes d’accompagner leurs enfants parce qu’elles portent un signe ostensible, le législateur les exclut, de fait, de la vie de la société et de l’école, lieu par excellence de l’inclusion sociale. Ce faisant, il renforce le ressenti de certains dans le pays, selon lequel ils ne seraient pas les bienvenus en notre République.

Parce qu’il confond la justice qui punit puis réhabilite, et la solidarité qui protège, ce dispositif est une gifle à la République, que le texte prétend pourtant renforcer.

Outre ce débat, qui a par ailleurs conduit la Chambre haute à interdire aux enfants le droit d’arborer des signes ostensibles –ce que permet la convention dite “de New-York” relative aux droits de l’enfant– le Sénat a adopté un amendement permettant que soit réglementé “ le fait d’arborer des drapeaux autres que ceux de la République française ou de l’Union européenne” lors d’un mariage. Dans une confusion totale entre nationalité, citoyenneté, foi et culture, par cet amendement adopté, la majorité sénatoriale témoigne de ce qu’elle n’a rien compris des réalités dans notre pays. Soufflant sur les braises des mémoires de notre Histoire, cet amendement véhicule l’idée, mortifère pour la République, selon laquelle on ne pourrait être citoyen français qu’à la condition de taire, d’enfouir, de cacher ses origines. Reprenant là le logiciel de la droite dure et de l’extrême droite quand elles font de “l’assimilation” l’un de leurs dogmes de pensée, cette droite piétine et balaie d’un revers de main toute tentative de réconciliation dans la société, pourtant appelée de leurs vœux par les travaux de nombreux historiens et chercheurs, tels Benjamin Stora ou Pascal Blanchard .

En outre, sous prétexte de réaffirmer la République, la version sortie du Sénat, avec laquelle le Gouvernement a même indiqué être en désaccord , pourrait faire dans le pays beaucoup plus de dommages qu’il n’y paraît. Symptôme d’une perte totale de repères sur ce qui fonde la solidarité nationale, le Sénat a voté la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire. S’il est certain que le sujet mérite toute l’attention du législateur, la méthode employée est en tous points l’illustration de ce que cette droite méconnaît les fondements élémentaires de notre Constitution et de nos institutions: la protection sociale universelle en France n’est pas un outil de chantage ni de soumission des citoyens. Parce qu’il confond la justice qui punit puis réhabilite, et la solidarité qui protège, ce dispositif est une gifle à la République, que le texte prétend pourtant renforcer.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, sans aucun doute le mal le plus cinglant qu’infligera ce texte de loi au pays vient du fait qu’une très large partie ne sera pas appliquée, et c’est tant mieux. D’une part parce qu’il faut espérer que la nouvelle lecture à l’Assemblée nationale effacera les dérives du Sénat, d’autre part parce que même si elles étaient confirmées, un nombre important des dispositions du texte, dont certaines ont été précitées, seront très certainement censurées par le Conseil constitutionnel. Quelle image donnerait de lui un législateur qui, prétendant par sa dureté, sa résolution, son empressement et par sa sécession au galopant attrait de l’émotion, verrait son travail annulé parce qu’il a méconnu les principes qu’il prétend renforcer? La crise de confiance démocratique que traverse notre pays est trop grave pour que l’encre de la loi soit maniée avec tant de légèreté: au mieux elle ridiculise le législateur, au pire elle achève d’enraciner le non-consentement des Français à des politiques qu’ils jugent incapables. La droite sénatoriale leur donnera-t-elle tort? À suivre… ou pas.

À voir également sur Le HuffPost : Quand l’identité de genre s’invite dans les débats sur la loi séparatisme

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    Un "amendement Unef" contre les réunions non-mixtes adopté au Sénat

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 2 April, 2021 - 10:09 · 3 minutes

Le syndicat étudiant est sous le feu des critiques depuis le 17 mars dernier, date à laquelle sa présidente, Mélanie Luce, a confirmé la tenue de groupes de parole en non mixité, au sein de l

POLITIQUE - Ce n’est pas encore le coup de grâce pour le syndicat étudiant, mais symboliquement, celui-ci est fort. L’ Unef a désormais un amendement à son nom. Initié par Les Républicains, le texte adopté ce jeudi 1er avril par le Sénat, vise à permettre la dissolution d’associations interdisant la participation d’une personne à une réunion en raison de sa couleur ou son origine. Il s’inscrit dans le projet de loi confortant le respect des principes de la République, communément appelé “loi séparatisme” .

Initialement, l’amendement était plus large puisqu’il s’adressait à toutes associations organisant “des réunions syndicales ou publiques contraires aux principes républicains”, avant d’être modifié.

Tout est parti du passage de Mélanie Luce, la présidente du syndicat étudiant, au micro d’Europe 1 le 17 mars dernier où elle défend l’organisation de groupes de parole en non-mixité par l’UNEF. Depuis, le débat public ne cesse de s’enflammer autour de cette thématique entre attaques de Jean-Michel Blanquer et Marine Le Pen ou défense d’ Audrey Pulvar .

Unef et Génération identitaire, même combat?

C’est donc pour rebondir sur cette polémique que l’amendement a été proposé. Il a pour but de dissoudre toutes les  associations “qui interdisent à une personne ou un groupe de personnes à raison de leur couleur, leur origine ou leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée de participer à une réunion.”

Le sénateur Stéphane Le Rudulier (LR) qui a déposé cet amendement le justifiait en faisant un rapprochement entre le syndicat étudiant et un groupuscule d’extrême droite récemment dissout. “Leurs positions (celles de l’Unef, ndlr) sont de plus en plus extrémistes, et je pèse mes mots. [...] Il faut prendre des mesures fermes, comme celles prises pour Génération identitaire . L’objet est différent, mais la cause reste identique. On promeut le communautarisme et on fait des groupes racialisés interdits aux blancs”, pointait-il du doigt.

C’est en adoptant cet angle que l’élu de droite a présenté cet amendement, rebaptisant les groupes de paroles en non-mixité par “les journées non mixtes interdites aux blancs”. L’exposé des motifs de l’amendement cible les  “associations racistes et dangereuses pour l’intérêt général” et les réunions “interdites aux blancs organisées par l’Unef” rapporte Le Monde .

Stéphane Le Rudulier, justifie la présentation de cet amendement comme un texte permettant de “combler [un] vide juridique” puisque, selon lui, cette actualité “a mis en exergue que les conditions de dissolution d’une organisation syndicale dans notre droit sont complexes.”

Si elle a jugé “l’amendement Unef” inconstitutionnel, la ministre chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa ne s’est pas opposée à son adoption, d’après Le Monde .

“Comment on fait en sorte que ces réunions n’aient plus besoin d’exister?”

Un discours qui passe mal pour certains élus de gauche. La communiste Laurence Cohen a pris la défense de l’Unef, en expliquant que ce qu’avait voulu organiser le syndicat, ”ça s’appelle des groupes de parole”. Elle a notamment rappelé les groupes de paroles féministes où “des femmes ont dit des choses qu’elles n’auraient pas pu dire ailleurs. Je peux comprendre qu’à un moment donné il y ait besoin, pour exprimer ce que l’on vit, d’avoir des groupes de parole.”

Une position appuyée par Sophie Taillé-Polian (groupe écologiste), qui a soulevé une autre interrogation. “La question qu’on devrait se poser, c’est comment on fait en sorte que ces réunions n’aient plus besoin d’exister.” Sur ce point, l’amendement ne dit rien.

A voir également sur Le Huffpost: L’utilité des réunions non-mixtes expliquée par des féministes

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    Polygamie et réserve héréditaire: Que va changer le projet de loi séparatisme?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 16 February, 2021 - 15:45 · 7 minutes

Marlène Schiappa, ici en décembre 2020, met en avant deux articles de la loi séparatismes.

DROIT - Alors que le vote solennel du texte doit avoir lieu ce mardi 16 février, Le HuffPost a choisi de se pencher sur deux articles du projet de loi confortant les principes de la République : l’article 14 sur la polygamie et l’article 13, sur la réserve héréditaire.

Très médiatisés et présentés par la ministre chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa comme renforçant l’égalité femme-homme, que vont réellement changer ces deux articles par rapport au droit existant?

Polygamie et article 14

L’article 14 du projet de loi contre le séparatisme concerne la polygamie. Le 5 octobre 2020, Marlène Schiappa affirme au micro de Jean-Jacques Bourdin : “Gérald Darmanin et moi, nous inscrirons dans la loi cette mesure qui veut que désormais, nous ne donnerons plus de titre de séjour à une personne qui arrive d’un pays étranger et est en situation de polygamie (...) Nous devons mettre fin à la polygamie de fait.”

Pour Julia Courvoisier, avocate pénaliste au Barreau de Paris, il n’y a rien de nouveau. “Il y a des choses plus importantes à faire que de légiférer sur quelque chose qui est déjà proscrit depuis 30 ans”, estime-t-elle.

“La polygamie est interdite en France depuis très longtemps, c’est un délit pénal, puni d’un an d’emprisonnement et 45.000€ d’amende, rappelle-t-elle. Le Code civil prévoit également qu’on ne peut contracter un second mariage sans avoir dissout le premier.”

De fait, la loi du 24 août 1993, “loi Pasqua” indique que “la carte de résident ne peut être délivrée à un ressortissant étranger qui vit en état de polygamie ni aux conjoints d’un tel ressortissant. Une carte de résident délivrée en méconnaissance de ces dispositions doit être retirée”. L’article 30 de cette loi interdit le regroupement familial polygamique en France.

“Entre 16 et 20.000 familles en France”

Alors, pourquoi cet article 14 dans le projet de loi confortant le respect des principes de la République?

Concernant la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour, même constat. “Quand j’ai des clients qui sont en situation irrégulière ou avec des titres de séjour, s’ils commettent des infractions, on ne leur renouvelle pas! témoigne-t-elle.

“On sous-entend que la polygamie serait désormais interdite (donc qu’elle ne l’était pas avant) et que les polygames ne pourraient plus obtenir de titre de séjour, c’est de la communication”, estime-t-elle.

Contacté par Le HuffPost , le cabinet de Marlène Schiappa soutient de son côté: “Il existait des cas particuliers pour lesquels les titres de séjour pouvaient être délivrés même en cas de polygamie, comme les titres de séjour étudiants ou titres professionnels. Cet article y met fin.”

Et d’ajouter: “On nous rétorque que la polygamie est déjà interdite en France, soit, mais entre 16 et 20.000 familles sont concernées en France, selon l’ONG Gams. Ce à quoi cette mesure mettra fin.”

Une réponse qui ne satisfait pas l’avocate: “Les autorisations de titre de séjour en cas de polygamie avérée sont vraiment exceptionnelles... De plus, le Procureur de la République poursuit très rarement pour ‘polygamie’”, ajoute-t-elle.

“En général, soit on a un problème au niveau des titres de séjour, soit au niveau de la CAF. Dans ces cas-là, le Parquet poursuit pour escroquerie à la CAF et pas pour polygamie, soutient-elle. Je ne suis pas persuadée que cette nouvelle loi règle le problème des quelques polygames qu’on a aujourd’hui en France.”

Réserve héréditaire et article 13

L’article 13 traite de la réserve héréditaire. “Les filles ne doivent pas être déshéritées parce qu’elles sont des filles!” a tweeté la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté le 8 février, jour de l’adoption de l’article lors de son examen à l’Assemblée.

La mesure permettrait “la création d’une réserve héréditaire” qui garantirait “l’égalité filles-garçons devant l’héritage quand la loi étrangère s’applique et est inégalitaire”. Or, “la réserve héréditaire existe déjà et elle est propre au droit français”, rappelle Élodie Mulon, avocate spécialisée en droit patrimonial et extra-patrimonial de la famille.

En France, lorsqu’une personne meurt, une partie de la succession revient aux “héritiers réservataires”, qui sont en général les enfants. “Elle correspond à 1/4 du patrimoine quand il y a un enfant, 2/3 quand il y a deux enfants et 3/4 quand il y en a trois ou plus”, explique Élodie Mulon.

Le reste correspond à la “quotité disponible”, dont le défunt peut disposer librement par testament. Quand il n’y a pas d’enfants, le conjoint peut être héritier réservataire. “La difficulté, c’est que certains pays ne reconnaissent pas la réserve et permettent de donner son patrimoine à qui on veut, y compris aux États-Unis à un chat ou un chien par exemple”, poursuit l’avocate.

“Ce n’est pas une mesure féministe”

Or, la succession est de la compétence de la juridiction dans laquelle le défunt a sa résidence habituelle. Que se passe-t-il alors quand la personne vit à l’étranger?

″Ça a été tout le sujet dans l’affaire Hallyday, et cette mesure en est la conséquence directe. Si dans le pays où était installé le défunt, la réserve héréditaire n’est pas reconnue, les héritiers qui sont en France se voient lésés de ce qu’ils auraient dû recevoir si la succession avait été ouverte en France”, rappelle Élodie Mulon.

C’est là qu’intervient l’article 13 du projet de loi séparatisme. “Avec ce texte, si une partie des biens est en France, les héritiers vont pouvoir se servir sur ce qu’il y a en France, à hauteur de leurs droits dans la réserve”, explique Élodie Mulon.

Les femmes sont le plus souvent discriminées par des règles coutumières en matière d’héritage, ce sont elles qui seront les principales bénéficiaires de la mesure Cabinet de Marlène Schiappa

Pour l’avocate, cette réserve “ne fait aucune distinction entre les hommes et les femmes”. “L’idée est de dire que dans certains pays, on exclut les femmes de la réserve et que là, elles peuvent récupérer. Mais il n’y a pas que les femmes! Ça concerne tous les héritiers réservataires. Ce n’est pas une mesure féministe”, estime-t-elle.

Pour elle, si cet article “simplifie les successions” et “permet de protéger les héritiers qui vivent en France ou qui sont ressortissants français”, la manière dont elle il est présenté est là aussi “un effet de communication”.

Réponse du cabinet de Marlène Schiappa: “La réserve garantit l’égalité entre héritiers, mais comme de facto ce sont les femmes (à 95%), qui sont le plus souvent discriminées par des règles coutumières en matière d’héritage, ce sont elles qui seront les principales bénéficiaires de la mesure.”

Plus largement, l’avocate Élodie Mulon regrette que cette question ait été traitée dans ce cadre. “Un groupe de travail avait été saisi sur le droit des successions et la réserve, et l’on aurait pu espérer que cette disposition s’inscrive dans une réforme des droits de succession un peu plus ambitieuse que l’ajout de cet alinéa-là. On ne voit pas ce que ça vient faire ici”, conclut-elle.

À voir également sur Le HuffPost : Questionné sur les accusations de viol, Darmanin rejoue “l’indignité” de Sarkozy

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    L'identité de genre s'invite dans les débats sur la loi séparatisme

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 8 February, 2021 - 18:15 · 2 minutes

GENRE - Ce n’était pourtant pas le coeur du débat. Lors de l’examen du projet de loi sur “le respect des principes de la République”, des députés Républicains ont tenté, en vain, de faire supprimer le terme “ identité de genre ”.

C’est à l’occasion de l’étude de l’article 8, qui révise les motifs de dissolution des associations, que le terme qui fâche est apparu dans les débats ce lundi 8 février. Objectif: prendre en compte de nouvelles formes d’agissements comme la provocation ”à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personne à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre”.

Le mot “ genre ” n’a pas manqué de faire réagir à droite, puisque 6 amendements, dont quatre provenant de députés Républicains et deux du Rassemblement national, ont été présentés pour rayer la mention “ou de leur identité de genre” du texte.

“De la confusion dans le droit”

Les arguments contre “le concept d’identité de genre” portaient principalement sur le risque d’apporter de la “confusion dans le droit”. L’identité de genre n’étant “pas définie ni même reconnue en droit français” ou “une idéologie qui nie la réalité sexuée biologique des personnes au profit d’une construction sociale”, selon les détracteurs de cette formulation.

Ces amendements, tous refusés, ont donné lieu à une petite passe d’armes entre Xavier Breton, député LR de l’Ain, et Laetitia Avia , députée LREM et rapporteure du texte, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article . Le premier s’est notamment emporté contre la théorie du genre “qui cherche à remettre en cause l’organisation de la société”. les identités de genre, “tout ça c’est bien, mais c’est de la poésie, pas du droit”, a-t-il argué.

″N’allez pas dire que c’est un concept juridique qui n’existerait pas, a-t-elle rétorqué. Il existe à la fois dans la loi de 1981 et il existe de manière multiple dans notre code pénal!”, lui a répondu Laetitia Avia.

“Que vous n’acceptiez pas qu’il y ait un certain nombre de personnes qui ont une identité de genre qui se différencie de leur sexe d’attribution, grand bien vous fasse, mais de grâce, n’allez pas nier à ces personnes la possibilité de contester les discriminations dont elles font part, c’est une double violence vis-à-vis de ces personnes”, a conclu la députée sous les applaudissements.

À voir également sur Le HuffPost : Pour cette députée LREM, l’examen de la loi séparatisme tourne “au tribunal contre l’islam”

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    Mélenchon, contre la loi séparatisme, fait un long réquisitoire à l'Assemblée

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 1 February, 2021 - 19:46 · 2 minutes

Loi

SEPARATISME - “Une bouillie d’amalgames”: le député LFI Jean-Luc Mélenchon a dressé un long réquisitoire contre le projet de loi “séparatisme” dont l’examen a débuté ce lundi 1er février à l’Assemblée nationale, s’attirant lazzis et colère de la majorité et du gouvernement.

En préambule de la discussion sur le projet de loi “confortant le respect des principes républicains” , le chef de file des députés LFI a défendu sans succès une motion de rejet préalable largement repoussée par 4 voix pour et 149 voix contre (10 abstentions) dans un hémicycle où les députés de la majorité ont choisi d’être présents en nombre.

“C’est une loi inutile et pour le reste dangereuse car elle menace les libertés ”, a tancé Jean-Luc Mélenchon. Elle “ouvre la porte à un déferlement que nous ne connaissons que trop” visant les musulmans.

Il y a “autre chose à faire” pour Mélenchon

Fustigeant l’une des dispositions du texte , le contrat d’engagement républicain à l’adresse des associations, il a dénoncé un “absurde serment d’allégeance” ou s’est amusé des critiques de la conférence des évêques de France (CEF) visant le projet de loi.

“Nous avons autre chose à faire”, a-t-il fait valoir citant l’épidémie de Covid-19, le dérèglement climatique ou les plans sociaux, plutôt que des débats attendus sur le foulard, la polygamie ou les certificats de virginité.

Quid du séparatisme social? s’est-il encore interrogé dans un long discours fourmillant de références historiques, mais suscitant souvent des interpellations furieuses dans les rangs de la majorité.

Mélenchon “porte-parole du cléricalisme” selon Darmanin

Le leader “insoumis” a notamment provoqué la colère des députés de LREM ou de la droite lorsqu’il a dit sa “fierté” d’avoir participé à la marche controversée contre l’islamophobie du 10 novembre 2019.

“C’est la plus grande honte sur vous”, a crié le LREM François Cormier-Bouligeon.  “Où avez-vous vu les démons que vous dénoncez si ce n’est dans votre propre tête?”, a fait mine de s’interroger le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin qui pilote ce texte, côté gouvernement. Celui-ci a ironisé sur la posture de Jean-Luc Mélenchon devenu selon lui, “le porte-parole du cléricalisme”.

Dans une ambiance houleuse, Christophe Castaner, président du groupe LREM, a estimé que Jean-Luc Mélenchon refusait le texte et le constat du séparatisme islamiste “par idéologie ou par faiblesse”.

“C’est vous qui amalgamez et renforcez le discours populiste de l’extrême droite”, a-t-il taclé alors que le chef de file des députés LFI boudait ostensiblement la réponse de l’ex-ministre de l’Intérieur en quittant les travées du Palais Bourbon.

À voir également sur Le HuffPost: Macron et Castex n’ont pas la même approche sur les causes du “séparatisme”