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    RFI et France 24 définitivement suspendues au Mali

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 28 April - 09:59 · 4 minutes

Le siège de France Medias Monde, la maison-mère de RFI et France 24 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le 9 avril 2019.  Le siège de France Medias Monde, la maison-mère de RFI et France 24 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le 9 avril 2019.

MALI - Le couperet est tombé pour RFI et France 24 au Mali : la diffusion des deux médias audiovisuels français, déjà coupée depuis mi-mars , a été définitivement suspendue mercredi 27 avril, signe d’une escalade des tensions entre Paris et Bamako. Cette décision fait suite à la publication par RFI et France 24 d’informations selon lesquelles l’armée malienne était impliquée dans des exactions contre des civils.

France Médias Monde (FMM), maison-mère de RFI et France 24, a réagi dans un communiqué, contestant “avec force une telle mesure” et promettant d’utiliser “toutes les autres voies de recours possibles”. Le groupe a précisé à l’AFP avoir reçu mercredi la notification de cette décision de la Haute autorité de la communication du Mali.

“Nous continuerons à couvrir l’actualité au Mali qui intéresse l’Afrique toute entière comme le reste du monde. Toutes les solutions techniques seront mises en œuvre pour rendre accessibles nos médias aux Maliennes et aux Maliens qui souhaitent continuer à recevoir une information libre, experte et ouverte sur le monde”, poursuit FMM.

La France, via le ministère des Affaires étrangères, a appelé dans l’après-midi le Mali à “reconsidérer” la suspension définitive de RFI et France 24. “Il s’agit d’une grave atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d’expression, dans un contexte de tentatives répétées de manipulation de l’information au Mali. Ces chaînes diffusent leurs programmes dans le plein respect des principes d’intégrité, d’impartialité et d’indépendance. La France appelle les autorités de transition à reconsidérer leur décision”, a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Un site miroir grâce à RSF

Comme pour la Russie, RSF a débloqué leurs sites “en créant une copie miroir permettant d’échapper à la censure”. Celui de France 24 est accessible depuis ce lien et celui de RFI depuis celui-ci . Un site miroir est une copie conforme à un site original, mais placée sur des serveurs différents, répartis à travers le monde, dans le but d’en optimiser la diffusion ou de déjouer la censure.

La station et la chaîne étaient déjà coupées depuis mi-mars “sur le réseau FM pour RFI et par les opérateurs qui distribuent la télévision sur place pour France 24”, a précisé le groupe à l’AFP. En revanche, RFI restait “accessible par ‘ondes courtes’, un moyen technique très utilisé en Afrique notamment par les populations éloignées des grandes villes”, tout comme France 24 “par réception satellitaire directe”, selon le groupe.

Une action en diffamation engagée

La junte avait ordonné le 17 mars la suspension des deux médias. Une décision qualifiée alors de “grave” par Emmanuel Macron. Le gouvernement malien avait dans la foulée annoncé engager “une procédure (...) pour suspendre jusqu’à nouvel ordre la diffusion” des deux médias publics français.

Depuis lors, France Médias Monde se défend et va engager une “action en diffamation en France et au Mali, à la suite de la publication” d’un communiqué (...) “dans lequel le gouvernement malien compare les agissements supposés de RFI et France 24 aux pratiques et au rôle tristement célèbre de la radio Mille collines”.

“Ces accusations qui font référence à la radio ayant encouragé le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, en plus d’être totalement infondées, sont extrêmement graves et choquantes, portant atteinte à l’intégrité de RFI et France 24 comme à la sécurité des équipes”, dénonce FMM, sans préciser le nombre de ses co-équipiers encore sur place.

FMM a par ailleurs dénoncé un vice de procédure pointant du doigt une coupure “unilatérale” dès le 17 mars, “préalable à toute mise en demeure et/ou toute sanction du HAC”, intervenue le 28 mars. La maison-mère de RFI et France 24 estime nuls “tous les actes et procédures qui y sont postérieures”.

La suspension définitive de RFI et France 24 intervient alors que la junte malienne a accusé mardi soir l’armée française d’“espionnage” et de “subversion” après la diffusion par l’état-major français de vidéos tournées par un drone à proximité d’une base du centre du Mali récemment restituée par la France.

Sur fond de crise diplomatique avec Bamako, Paris a annoncé en février le retrait de ses soldats déployés au Mali , opération devant être achevée cet été.

À voir également sur Le HuffPost: En patrouille avec les militaires de Barkhane au Mali

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    Mali: la junte militaire accuse l'armée française d'"espionnage" et de "subversion"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 27 April - 06:44 · 3 minutes

Les images de l Les images de l'armée française, sur lesquels elle s'appuie, pour affirmer avoir filmé des mercenaires russes en train d'enterrer des corps près de la base de Gossi, au Mali.

MALI - La junte militaire au pouvoir à Bamako a accusé ce mardi 26 avril l’armée française d’“espionnage” et de “subversion” après la diffusion par l’état-major français de vidéos tournées par un drone à proximité d’une base du centre du Mali récemment restituée par la France.

Les autorités ont “constaté depuis le début de l’année plus de cinquante cas délibérés de violation de l’espace aérien malien par des aéronefs étrangers , notamment opérés par les forces françaises”, annonce un communiqué du  gouvernement de Bamako.

“Un des cas les plus récents a été la présence illégale d’un drone des forces françaises, le 20 avril 2022, au-dessus de la base de Gossi, dont le contrôle (avait) été transféré aux” Forces armées maliennes (FAMa) la veille, ajoute le texte, signé du colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement mis en place par la junte.

Le 21 avril, deux jours après qu’elle eut restitué aux FAMa sa base de Gossi , l’armée française avait entrepris de contrer ce qu’elle a qualifié d’“attaque informationnelle” et publié une vidéo de ce qu’elle affirme être des mercenaires russes en train d’enterrer des corps près de cette base afin d’accuser la France de crimes de guerre au Mali. Ces images, prises par un drone, montrent des soldats s’affairer autour de cadavres qu’ils recouvrent de sable. Dans une autre séquence, on voit deux de ces militaires filmer les corps à moitié ensevelis.

“Ledit drone était présent (...) pour espionner nos vaillantes FAMa. Outre l’espionnage, les forces françaises se sont rendues coupables de subversion en publiant (de) fausses images montées de toutes pièces afin d’accuser les FAMa d’être les auteurs de tueries de civils, dans le but de ternir (leur) image”, écrit encore le colonel Abdoulaye Maïga.

L’état-major français assure de son côté qu’il s’agit de soldats blancs, laissant entendre que ce sont des membres de la société militaire privée Wagner , qu’il a identifiés sur des vidéos et des photos prises à d’autres endroits.

Ouverture d’une enquête malienne après la découverte du “charnier à Gossi”

Au lendemain de la publication de ces images, l’état-major malien avait annoncé avoir découvert “un charnier , non loin du camp anciennement occupé par la force française Barkhane”, du nom de l’opération française antijihadiste au Sahel.

“L’état de putréfaction avancée des corps indique que ce charnier existait bien avant la rétrocession. Par conséquent, la responsabilité de cet acte ne saurait nullement être imputée aux FAMa”, ajoutait alors l’état-major malien.

Ce mardi, la justice militaire malienne a annoncé l’ouverture d’une enquête “pour faire tout la lumière” après “la découverte d’un charnier à Gossi”. Selon le procureur de la République auprès du tribunal militaire de Bamako, “l’opinion sera tenue régulièrement informée de l’évolution de l’enquête, dont les résultats seront rendus publics”.

Plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces étrangères n’a pas permis de régler, le Mali a connu deux coups d’État militaire depuis août 2020. La junte au pouvoir à Bamako s’est progressivement rapprochée de Moscou en même temps qu’elle se détournait de la France, engagée militairement dans le pays contre les jihadistes depuis 2013 .

Le Mali a ainsi fait appel massivement à ce qu’il présente comme des “instructeurs” venus de Russie alors que les Occidentaux (Paris et Washington notamment) dénoncent la présence dans le pays de “mercenaires” du groupe privé russe Wagner, ce que démentent fermement les colonels maliens.

À voir également sur Le HuffPost: La France annonce quitter le Mali, mais pas le Sahel

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    Mali: l'armée annonce avoir découvert un charnier près d'une ancienne base française

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 22 April - 22:50 · 3 minutes

Un véhicule blindé léger de la force française Barkhane, dans la ville de Gossi au Mali, le 25 mars 2019. Un véhicule blindé léger de la force française Barkhane, dans la ville de Gossi au Mali, le 25 mars 2019.

MALI - L’armée malienne a affirmé ce vendredi 22 avril avoir découvert un charnier près de la base que lui a restituée il y a quatre jours l’armée française à Gossi, dans le nord du pays.

Cette annonce survient quelques heures après que l’armée française ait accusé les mercenaires russes de Wagner de manipulation de l’information.

L’armée française assure avoir filmé ce qu’elle affirme être des mercenaires russes en train d’enterrer des corps près de la base de Gossi, dans le but selon elle d’accuser les Français d’avoir laissé un charnier derrière eux.

“Des dépouilles en état de putréfaction avancée ont été découvertes dans un charnier, non loin du camp anciennement occupé par la force française Barkhane ”, affirme l’état-major général des armées maliennes dans un communiqué.

Mardi, l’état-major français avait déjà prévenu s’attendre à des “attaques informationnelles” visant à décrédibiliser l’armée française à l’occasion de la rétrocession de la base de Gossi.

“L’état de putréfaction avancée des corps indique que ce charnier existait bien avant la rétrocession. Par conséquent, la responsabilité de cet acte ne saurait nullement être imputée aux Fama”, les forces armées maliennes, selon le communiqué.

Le ministère de la Défense a été “saisi pour l’ouverture d’une enquête en vue d’établir toute la lumière sur ledit charnier”.

300 soldats français ont quitté la base de Gossi

Cette annonce de l’armée malienne survient après le départ des militaires français de la base de Gossi, dans le cadre du désengagement français du Mal i, annoncé en février.

Les clés de cette emprise qui accueillait 300 soldats français ont été remises mardi aux forces armées maliennes.

C’est la première fois que l’armée française diffuse dans un délai si court des images de drone militaire en vue de contrer une attaque informationnelle, alors que la lutte d’influence fait désormais rage sur les réseaux sociaux.

Dans la vidéo prise par drone à laquelle l’AFP a eu accès jeudi soir, on peut voir des soldats s’affairer autour de cadavres qu’ils recouvrent de sable. Dans une autre séquence, on voit deux de ces militaires filmer les corps à moitié ensevelis.

Paris a décidé son retrait militaire du Mali, dans un contexte sécuritaire dégradé et sur fond de tensions entre la France et la junte militaire au pouvoir, accusée par les Occidentaux d’avoir recours aux services du groupe Wagner. Bamako évoque pour sa part de simples conseillers russes.

Quelque 4600 soldats français sont actuellement déployés au Sahel, dont 2500 au Mali.

Paris a depuis plusieurs fois réaffirmé qu’elle n’entendait pas cesser son combat contre les jihadistes qui sévissent dans la région et souhaitait travailler avec les pays voisins du Golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest, où les jihadistes menacent de se disséminer.

À voir également sur Le HuffPost : En patrouille avec les militaires de Barkhane au Mali

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    Au Mali, l'armée française accuse le groupe Wagner de tentative de "décrédibilisation"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 22 April - 05:51 · 4 minutes

L L'armée française accuse le groupe Wagner d'avoir voulu la piéger au Mali via de fausses vidéos (Photo de deux soldats français aux abords de la base de Gossi au Mali par Daphné BENOIT / AFP)

MALI - Elle veut devancer toute tentative de désinformation. L’armée française a filmé ce qu’elle affirme être des mercenaires russes en train d’enterrer des corps près de la base de Gossi, dans le nord du Mali. Une manœuvre qui viserait selon elle à accuser les Français d’avoir laissé un charnier derrière eux, dernière étape d’une vive brouille sur place entre les autorités maliennes et leurs supplétifs russes du groupe Wagner , et la France.

Dans cette vidéo prise à l’aide d’un drone à laquelle l’AFP a eu accès jeudi 21 avril au soir, et que l’état-major français qualifie d’“attaque informationnelle”, on peut voir des soldats de type caucasien s’affairer autour de cadavres qu’ils recouvrent de sable. Une affaire racontée images à l’appui sur France 24 par Wassim Nasr, journaliste spécialiste des mouvements djihadistes et de la situation au Sahel, comme vous pouvez le voir ci-dessous :

Toute cette affaire part d’images diffusées sur le compte Twitter d’un dénommé Dia Diarra, qui se proclame “ancien militaire” et “patriote malien”. Sur ce compte a été publiée une photo de cadavres floutés enterrés dans le sable, avec pour commentaire: “C’est ce que les Français ont laissé derrière eux quand ils ont quitté la base à #Gossi (...) on peut pas garder le silence sur ça!”.

De multiples attaques informationnelles

Le compte de Dia Diarra, créé en janvier 2022 peut-on noter, “est très probablement un faux compte créé par Wagner”, la société militaire privée russe , estime l’état-major français. “Cette manœuvre de décrédibilisation de la force Barkhane semble coordonnée. Elle est représentative des multiples attaques informationnelles dont les militaires français font l’objet depuis de nombreux mois”.

L’armée française estime aussi que “la comparaison des photos publiées sur Twitter et des images recueillies par le capteur spécialisé permet de faire un lien direct entre ce que font les mercenaires de Wagner et ce qui est faussement attribué aux militaires français”. En effet, comme le montrent les images dévoilées par l’armée française, il est possible de voir des hommes en arme à la peau blanche tourner les images qui ont ensuite été attribuées à ce fameux compte malien. Il s’agirait donc d’une tentative de maquillage de faits commis par les mercenaires russes.

Selon l’armée français, ces “exactions témoignent des modes d’action mis en œuvre par les mercenaires de Wagner, qui sont observés en Centrafrique depuis (son) déploiement et qui ont été dénoncés par de nombreuses organisations internationales et ONG”.

Un état des lieux “documenté” pour se protéger des accusations

Dans le cadre de son désengagement du Mali , annoncé en février, l’armée française a officiellement remis ce mardi aux forces armées maliennes (FAMa) les clés de la base de Gossi, qui accueillait 300 soldats français.

Paris a décidé en février son retrait militaire du Mali, dans un contexte sécuritaire dégradé et sur fond de tensions entre la France et la junte militaire au pouvoir, accusée par les Occidentaux d’avoir recours aux services du groupe Wagner. Bamako évoque pour sa part de simples conseillers russes.

Mardi, l’état-major avait prévenu s’attendre à des attaques informationnelles à l’occasion de la rétrocession de la base de Gossi. Son porte-parole, le colonel Pascal Ianni, avait précisé qu’un état des lieux “documenté” de la base avait été dressé, pour protéger la France d’éventuelles accusations. Une allusion au sentiment antifrançais qui a gagné du terrain dans la région et a valu à la France de faire l’objet de campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux.

“Il y a plusieurs mois, les forces françaises ont été accusées de participer à des trafics (…), d’armer les terroristes voire de commettre des exactions”, avait rappelé le colonel Ianni.

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    Olivier Dubois: Vague de soutien au dernier otage français dans le monde

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 7 April - 18:34 · 2 minutes

Olivier Dubois est retenu depuis un an au Mali, et reste à ce jour le seul otage français retenu dans le monde. Olivier Dubois est retenu depuis un an au Mali, et reste à ce jour le seul otage français retenu dans le monde.

OLIVIER DUBOIS - Un an de captivité le 8 avril. À la veille du triste anniversaire de la première année de captivité d’ Olivier Dubois , la famille du journaliste a pu compter sur le soutien de nombreuses personnalités publiques dès ce jeudi 7 avril.

Elise Lucet , Samuel Etienne, Gilles Bouleau ou encore le groupe IAM , Yvan Attal et Florence Aubenas, tous ont répondu présent pour apporter leur soutien et donner de la voix à la pétition lancée le 6 janvier dernier par plusieurs membres de la famille d’Olivier Dubois.

Une courte vidéo qui rassemble, aux côtés de ces journalistes et d’artistes, plusieurs anonymes qui ont eux aussi signer la pétition , qui compte à ce jour plus de 80.000 signataires, dont Omar Sy ou la footballeuse Wendy Renard.

Une lettre au futur locataire de l’Elysée

Hautement symbolique, cette vidéo n’est pas le seul mouvement de soutien apporté au reporter français, enlevé au Mali le 8 avril 2021 à Gao par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste au Sahel.

Ce jeudi 7 avril, 42 sociétés de journalistes de l’Hexagone adressent une lettre “au futur président de la République” pour demander de mettre fin à sa captivité: “Nous, sociétés de journalistes, vous demandons de faire de la libération d’Olivier Dubois, privé de l’affection de ses proches et collègues, et exposé contre son gré à des périls qui ne cessent de nous inquiéter, une priorité de votre mandat”.

Relayée par Libération , journal pour lequel Olivier Dubois est correspondant, cette lettre rappelle que “la détention d’Olivier Dubois n’est pas une fatalité” et invite le gagnant du scrutin présidentiel à “y mettre fin”.

À ce jour, la dernière preuve de vie du reporter français de 47 ans remonte à une vidéo non-authentifiée mise en ligne le 13 mars. On y voit Olivier Dubois, en relative bonne santé, demander au gouvernement français de “continuer à faire son possible” pour sa libération. Il y adresse également des messages à ses proches. Sa petite sœur, Canèle Bernard s’est d’ailleurs longuement confiée au HuffPost à l’occasion de cette date symbolique pour revenir sur cette longue année d’attente.

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    Olivier Dubois otage au Mali depuis un an: sa sœur témoigne

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 7 April - 17:23 · 10 minutes

Canèle Bernard, sœur d Canèle Bernard, sœur d'Olivier Dubois, prend la parole à côté d'une projection sur le monument du Panthéon organisée par Reporters sans frontières pour demander sa libération, le 7 mars 2022 à Paris.

MALI - Malgré une année de captivité, l’espoir reste présent pour la famille d’ Olivier Dubois . Journaliste indépendant et reporter de 47 ans, il vivait et travaillait au Mali depuis 2015, quand il a été kidnappé.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 5 mai 2021, le seul otage français dans le monde annonçait lui-même son enlèvement survenu quelques semaines plus tôt. Il y expliquait avoir été enlevé à Gao, dans le nord du pays le 8 avril, par le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste au Sahel et liée à Al-Qaïda.

Depuis, il peut compter sur le soutien indéfectible de ses proches, notamment sa sœur Canèle Bernard. Elle a accepté de revenir pour Le HuffPost sur cette longue année d’attente et d’espoir.

Une pétition qui change la donne...

Nous sommes le 6 janvier 2022. Voilà neuf mois qu’Olivier Dubois est détenu quelque part au Mali. En France, une pétition voit alors le jour sur le site Change.org , à l’initiative de Canèle Bernard, de son compagnon et de la mère du journaliste réunis dans le collectif baptisé “Famille Olivier Dubois Journaliste”. Une manière d’alerter et de sensibiliser l’opinion publique sur sa situation, pour ne pas qu’elle devienne “celle d’un otage oublié”.

Rapidement, la pétition prend de l’ampleur. Avec plus de 82.000 signatures à ce jour et des soutiens de poids comme l’acteur Omar Sy ou la footballeuse Wendy Renard, Canèle Bernard se félicite des répercussions positives.

“C’est un geste d’engagement qui compte beaucoup pour la mère d’Olivier, confie-t-elle. Signer cette pétition, c’est être acteur de la libération d’Olivier et c’est notre moyen d’informer les gens et de faire connaître sa situation. Une signature de plus c’est un citoyen de plus aux côtés d’Olivier.”

L’impact est suffisant pour faire réagir le président de la République, cinq jours après lors de ses vœux à la presse. “Vous connaissez ma très grande réserve pour donner plus de détails, mais je veux que vous soyez certains que nous sommes pleinement mobilisés pour œuvrer à sa libération. Un travail inlassable est mené par nos équipes diplomatiques, nos militaires et les services compétents”, avait déclaré Emmanuel Macron . Quelques semaines plus tôt, la présidence avait adressé un mot à la famille. “On nous dit alors que l’État restait attentif à l’évolution de la situation, mais personnellement je ne sais toujours pas ce que ça veut dire. C’est le flou après autant de mois sans nouvelles d’Olivier”.

“J’admets que sa prise de parole à permis de faire reconnaître le statut d’Olivier à plus grande échelle, mais c’est encore trop maigre”, reconnaissait alors celle qui est par ailleurs photographe quand elle n’œuvre pas pour faire libérer son grand frère.

... après des mois de vide

Avant cette première date importante, Canèle Bernard et sa famille ont attendu. Une attente silencieuse qui a surtout nourri leur envie de faire bouger les choses et d’investir eux-mêmes le débat public.

“Olivier avait dit à son fixeur: ‘si dans 15 minutes je ne suis pas revenu, tu préviens ma famille, Barkhane et l’ambassade’. Son fixeur a été le premier à lancer l’alerte avant qu’un autre journaliste ne prévienne lui aussi l’ambassade le 11 avril. Quand nous l’avons appris le lendemain, ça a été un choc”, se souvient-elle.

“Pendant deux à trois mois, nous n’avons rien dit, sur les conseils de la cellule de crise. Nous voulions prendre la parole. Mais comment s’exprimer? Comment dire les choses alors que nous savions que ses ravisseurs étaient des gens très connectés. Un mot mal prononcé pouvait-il porter préjudice à Olivier?” Voici le genre de questions que se sont posé les proches du journaliste aux premières heures de son enlèvement. “Nous étions sans ressource et complètement perdus face à toutes ces questions”, ajoute-t-elle.

Fin mai 2021, la famille se rapproche de Reporters sans frontières, organisée plus armée pour gérer la communication autour de ces situations. Un premier rassemblement a finalement lieu le 8 juin, place de la République à Paris.

Malheureusement, ensuite et durant plusieurs mois, Canèle “ne note pas d’actions d’utilité publique notables”. Elle comprend alors qu’il faut faire quelque chose et reprendre la barre du navire: “Après cette période de doute, d’incompréhension et de démotivation”, le choix est fait d’élaborer cette pétition pour faire connaître le sort de son frère “que les Français ne connaissaient pas”.

Le silence pesant du Quai d’Orsay

Pour avoir un premier retour officiel du ministère des Affaires étrangères, Canèle Bernard aura attendu plus de 10 mois. Le 25 février 2022, elle confie que sa famille a rencontré le cabinet de Jean-Yves Le Drian pour la toute première fois depuis l’enlèvement du journaliste.

“Jusqu’alors, nous n’avions pu échanger qu’avec la cellule de crise (un service affilié au ministère des Affaires étrangères, NDLR ) que nous n’avons rencontrée qu’une seule fois, le 8 juin 2021. D’ailleurs, c’est toujours nous qui allions vers eux”, déplorait-elle avant la réunion avec le cabinet ministériel.

De Paris à Marseille, les villes de France affichent leur soutien au journaliste français. De Paris à Marseille, les villes de France affichent leur soutien au journaliste français.

De cette réunion, rien de concret ne ressort finalement. “Au cours de ce rendez-vous, que nous attendions énormément, beaucoup de mots ont été prononcés, mais au final c’était une heure de rien”, décrit alors avec une colère froide Canèle Bernard, quelques jours après la rencontre officielle.

“Voilà tout ce qu’on nous a dit: ‘l’État réaffirme son engagement et sa détermination pour Olivier Dubois’, en clair nous n’avons toujours rien appris après pratiquement un an de captivité”, lâche-t-elle.

Un silence pesant et insoutenable pour Canèle et le reste de la famille. La seule véritable information fournie par le directeur du cabinet de Jean-Yves Le Drian, Nicolas Roche réside en ces quelques mots: “Aucune nouvelle preuve de vie d’Olivier Dubois n’a été constatée jusqu’à ce jour”.

Regains d’espoir venus du Mali

Sans nouvelle encourageante, Canèle Bernard s’en remet alors aux messages qu’elle et sa famille transmettent via RFI dans l’espoir qu’Olivier Dubois entende l’un d’eux, depuis l’endroit où il est toujours retenu captif.

C’est d’ailleurs la situation géopolitique au Mali qui va finalement offrir un nouvel espoir pour les proches du reporter. L’annonce, par le gouvernement, du retrait des troupes françaises au Mali le 17 février, change la donne. Sur le moment, Canèle Bernard, qui ne veut pas “suranalyser car ce n’est pas [son] rôle” reconnaît tout de même que “tout a un impact, et que cela devrait en avoir un pour la situation de [s]on frère”, sans savoir si cela serait positif ou négatif.

“L’information est maintenant connue des ravisseurs d’Olivier, donc on espère son retour en même temps que les troupes”, indique-t-elle avant de se corriger: “Enfin, on espère que ce retrait entraînera sa libération, c’est un nouveau motif d’espoir”. Dans ce dossier, “on espère que chaque État fera ce qu’il faut. D’ailleurs, pourquoi Olivier resterait otage si la France quitte le Mali, ne serait-ce pas le moment opportun pour le libérer”, finissait-elle par conclure.

Dans une vidéo mise en ligne le 13 mars, Olivier Dubois demandait à l Dans une vidéo mise en ligne le 13 mars, Olivier Dubois demandait à l'État français de continuer à faire son possible” pour sa libération.

Moins d’un mois plus tard, une première preuve de vie survient après 339 jours sans nouvelle. Le 13 mars, une vidéo non-authentifiée d’un peu plus d’une minute montre alors Olivier Dubois, “moralement et physiquement affaibli”, mais en relative bonne santé selon sa propre sœur.

“C’était extrêmement surprenant, mais c’était surtout une grande émotion et une joie immense”, se remémore la sœur du journaliste au lendemain de la sortie de la vidéo. Olivier Dubois demande dans cet enregistrement au gouvernement français de “continuer à faire son possible” pour sa libération, mais reste lucide quant à sa condition: “Je suis conscient que mon cas est une petite chose face aux défis et aux événements auxquels il [le gouvernement français] doit faire face, mais hier comme aujourd’hui je continue à garder espoir”.

Comme Canèle Bernard le confie, cette vidéo a été découverte en même temps par la famille d’Olivier que par le Quai d’Orsay, qui a simplement “réaffirmé son engagement total pour Olivier”, une fois de plus.

La dernière “douche froide”

Mais ce regain d’espoir est vite balayé par un coup dur. Le 17 mars, les autorités maliennes annoncent la suspension de RFI et France 24 au Mali , après la diffusion de témoignages relatant les exactions de l’armée malienne dans le centre du pays.

C’était pourtant l’un des seuls moyens à disposition de la famille d’Olivier Dubois pour lui faire passer des messages. ”À ma famille, merci pour tous vos messages radio. Tous les mois, ils sont une bouffée d’air frais et d’espoir”, indiquait d’ailleurs Olivier Dubois dans la seule vidéo publiée durant sa captivité. Selon sa sœur, “les éléments de langage” utilisés “correspondent aux messages RFI”, une preuve de vie qui rassurait et qui attestait du fait qu’il a “conscience de ce qui se passe dans le monde”.

Aujourd’hui, Canèle Bernard ne peut cacher son impuissance. ”Ça a été une douche froide. Pendant plusieurs mois, RFI nous proposait tous les 8 du mois de faire un message audio à Olivier pour cette date anniversaire. Nous avions l’impression de parler dans le vide, mais avec l’espoir qu’il entende”, nous dit-elle. “Dans ces messages, nous ne faisions pas que lui dire qu’on l’aime. On lui expliquait la situation et comme Olivier est quelqu’un de très réceptif et très intelligent, on essayait de tourner les mots de manière à ce que lui les comprenne, mais pas forcément ses ravisseurs, et ça on ne peut plus le faire aujourd’hui.”

Ne plus avoir cette option ne signifie pas rester inactif, bien au contraire. La famille s’apprête ainsi à publier une vidéo marquante ce vendredi 8 avril. Vidéo réunissant journalistes et artistes de renom affichant tous leur soutien à Olivier Dubois, dans le but de demander sa libération immédiate en signant la pétition toujours en ligne. Elise Lucet, Samuel Etienne, Gilles Bouleau, Florence Aubenas ou encore le groupe IAM, Yvan Attal ou Philippe Rebbot, tous signataires de la pétition, ont choisi de s’engager auprès de la famille du journaliste pour faire résonner sa voix, rendue muette par ses ravisseurs depuis un an maintenant.

Les entretiens avec Canèle Bernard ont été réalisés en plusieurs fois, entre février et avril 2022.

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    France 24 et RFI bloquées au Mali après des révélations contrariant la junte

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 March - 10:10 · 3 minutes

Après des révélations embarrassantes pour la junte malienne, les médias français RFI et France 24 ont été interdits de diffusion au Mali (photo prise en avril 2019 au siège parisien des médias publics français).

SAHEL - Une preuve supplémentaire des relations toujours plus distendues entre le pouvoir malien et la France. Dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 mars, la junte malienne a ordonné la suspension de la diffusion de RFI et France 24 dans le pays en raison, selon elle, de “fausses allégations” d’exactions commises par l’armée malienne et rapportées par les deux médias français, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Le gouvernement malien “rejette catégoriquement ces fausses allégations” et “engage une procédure (...) pour suspendre jusqu’à nouvel ordre la diffusion de RFI (...) et France 24″, précise le communiqué signé du colonel Abdoulaye Maiga, porte-parole du gouvernement, et transmis à l’AFP.

L’audiovisuel public ne va pas se laisser faire

Les émissions des deux médias se poursuivaient jeudi matin, a constaté l’AFP.

France Médias Monde, la structure qui chapeaute a réagi dans un communiqué à la décision de la junte malienne. Le groupe la “déplore et proteste vivement contre les accusations infondées mettant gravement en cause le professionnalisme de ses antennes”, peut-on y lire. FMM s’engage d’ailleurs à engager toutes les poursuites nécessaires pour empêcher la mesure de s’appliquer, alors que les deux médias sont suivis “chaque semaine par plus d’un tiers de la population” du Mali, précise encore le groupe.

Une telle suspension de deux grands médias d’information étrangers n’a pas de précédent récent au Mali. RFI et France 24 qui couvrent de près l’actualité africaine, sont très suivies au Mali.

D’ailleurs, Paris s’est positionné au soutien des deux médias. La France a ainsi dénoncé ce jeudi à la mi-journée des “atteintes graves à la liberté de la presse” au Mali et pointé de “graves allégations d’exactions” dans le centre du pays.

Un parallèle plus que douteux avec le génocide rwandais

Par la voix de la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, la France a exprimé “son inquiétude face aux graves allégations d’exactions qui auraient été commises dans le centre du pays, qui ont été documentées de manière indépendante, et qui ne sauraient être passées sous silence”. Une référence direct au rapport de Human Rights Watch qui a déclenché les révélations de France 24 et RFI.

Le gouvernement malien estime que “ces fausses allégations” ont été rapportées notamment dans un reportage des 14 et 15 mars, dans lequel RFI a donné la parole à des victimes présumées d’exactions qui auraient été commises par l’armée malienne et le groupe privé russe Wagner . Ces révélations ont été étayées par d’autres médias français, et notamment le journal La Croix , qui publie une enquête ce jeudi 17 mars.

La junte “rejette catégoriquement ces allégations contre les vaillantes Fama” (Forces armées maliennes), précise le communiqué du colonel Maiga qui “interdit à toutes les radios et télévisions nationales, ainsi qu’aux sites d’information et journaux maliens, la rediffusion et/ou la publication des émissions et articles de presse de RFI et de France 24″.

Le colonel Maiga estime en outre que “les agissements de RFI et France 24 ressemblent, dans un passé récent, aux pratiques et au rôle tristement célèbre de la radio ‘Mille Collines’”, qui avait encouragé le génocide au Rwanda en 1994.

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    L'otage français au Mali, Olivier Dubois, apparaît vivant dans une vidéo non-authentifiée

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 14 March - 06:53 · 2 minutes

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OTAGE - Près d’un an après l’enlèvement d’ Olivier Dubois au Mali, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux , ce dimanche 13 mars, montre un homme qui semble être le journaliste français. La provenance de cette vidéo non-authentifiée d’un peu plus d’une minute, et la date à laquelle elle a été tournée sont inconnues. Pour le journal Libération , l’un de ses employeurs, il s’agit bien d’“une preuve de vie”.

″À ma famille, merci pour tous vos messages radio. Tous les mois, ils sont une bouffée d’air frais et d’espoir.” L’homme, qui apparaît en bonne santé, s’adresse à ses parents et à sa compagne, dont il dit recevoir les messages, à ses soutiens et au gouvernement français, auquel il demande de “continuer à faire son possible” pour sa libération.

Olivier Dubois, journaliste indépendant de 47 ans vivant et travaillant au Mali depuis 2015, avait lui-même annoncé son enlèvement dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 5 mai 2021.

Seul otage français dans le monde

Il y expliquait avoir été enlevé le 8 avril précédent à Gao (nord) par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), principale alliance jihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda et dirigée par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly.

En janvier, la famille du journaliste a lancé une pétition pour “alerter les citoyens français de la situation et d’interpeller les chefs d’États français et maliens sur son cas et demander sa libération”.

Le président français avait assuré en janvier que la France n’oubliait pas Olivier Dubois. “Un travail inlassable est mené par nos équipes diplomatiques, nos militaires et les services compétents” pour obtenir sa libération, avait-il dit.

Olivier Dubois est le seul otage français dans le monde depuis la libération en octobre 2020 de Sophie Pétronin , qui avait également été enlevée au Mali. Il a couvert la tourmente sécuritaire traversée par le pays sahélien pour différents médias, comme le magazine français Le Point Afrique et le quotidien français Libération .

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