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    Face à la crise ukrainienne, l'Allemagne sanctionne le gaz russe

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 22 February - 13:00 · 3 minutes

Le gazoduc géant Nord Stream 2, qui doit relier la Russie à l

CRISE UKRAINIENNE - C’est la première réponse forte envoyée à Vladimir Poutine. Ce mardi 22 février, au lendemain de la reconnaissance unilatérale par la Russie de l’indépendance des territoires séparatistes de l’Est de l’Ukraine , le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé suspendre l’autorisation du gazoduc controversé Nord Stream 2 censé relier la Russie à l’Allemagne. Il a aussi menacé “d’autres sanctions”.

Cette décision est particulièrement marquante au vu de l’importance du gaz russe pour l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle l’Ukraine, par la voix du ministre des Affaires étrangères Dmytro Kuleba, s’en est réjouie. “Moralement, politiquement et d’une manière pratique, c’était la décision à prendre”, a-t-il tweeté. “Diriger un pays implique de prendre des décisions difficiles en période de crise. Et ce que vient de faire l’Allemagne le prouve.”

“Sans la certification, Nord Stream 2 ne peut pas être mis en service”, a déclaré Olaf Scholz lors d’une conférence de presse à Berlin avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin, ajoutant que le dossier allait être “réexaminé” par le gouvernement allemand.

“J’ai demandé au ministère de l’Économie et à l’agence fédérale de certification du projet de suspendre leurs travaux de certification”, a précisé Olaf Scholz. “Nous ne pourrons pas accepter la reconnaissance (des provinces pro-russes), c’est pourquoi il est si important de réagir maintenant et rapidement”, a-t-il fait valoir.

D’autres sanctions à venir?

Tout juste achevé en novembre, mais jamais encore mis en service, Nord Stream 2 est depuis le début du projet au cœur de batailles géopolitique et économique. Il était jusqu’ici en attente d’une certification par le régulateur de l’énergie en Allemagne, en raison de problèmes juridiques, en l’occurrence le non respect de certaines dispositions de la législation allemande et européenne.

Désormais Berlin franchit un pas supplémentaire en suspendant la procédure et en réexaminant le dossier à la lumière des derniers développement en Ukraine. Nord Stream 2 relie les deux pays via un tube de 1.230 kilomètres sous la mer Baltique d’une capacité de 55 milliards de mètres cubes de gaz par an, sur le même parcours que son jumeau Nord Stream 1, opérationnel depuis 2012. Contournant l’Ukraine, le tracé doit augmenter les possibilités de livraison de gaz russe à l’Europe.

Or le gaz russe représente une majorité des importations allemandes, et plus largement, il représente 20% de la consommation des 27 pays de l’Union européenne. Cela fait donc de la décision d’Olaf Scholz un geste particulièrement fort.

D’autant que le chancelier allemand a prévenu que “d’autres sanctions” contre la Russie pourraient suivre, en cas d’aggravation de la situation en Ukraine, et d’ores et déjà averti que l’Union européenne allait adopter des sanctions “massives et robustes”.

Malgré tout, le successeur d’Angela Merkel a appelé à des efforts diplomatiques entre Occidentaux et la Russie “pour éviter une catastrophe”. “C’est l’objectif de tous nos efforts diplomatiques”, a-t-il ajouté soulignant que “80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une guerre menace l’Europe de l’Est”.

À voir également sur le HuffPost : En Ukraine, des blindés entrent à Donetsk après les déclarations de Poutine

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    À quel point l’héritage d’Angela Merkel va-t-il peser sur le gouvernement d’Olaf Scholz ?

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Sunday, 2 January - 04:00 · 7 minutes

Pierre Baudry.
Un article de The Conversation.

Angela Merkel a incontestablement marqué l’histoire moderne de l’ Allemagne . Son arrivée au pouvoir en 2005 et son exceptionnelle longévité – comparable uniquement à celles de Konrad Adenauer (1949-1963) et de Helmut Kohl (1982-1998) – font d’elle une figure centrale de la politique allemande et européenne contemporaine.

Toutefois, après la fin de son dernier mandat en 2021, son parti (CDU-CSU, démocrate-chrétien) et son successeur désigné, Armin Laschet , ont été vaincus dans les urnes.

La nouvelle équipe dirigeante, emmenée par le social-démocrate Olaf Scholz, entend suivre une ligne quelque peu différente de celle des seize dernières années. Mais ce gouvernement , au sein duquel on retrouvera, outre les sociaux-démocrates du SPD, des Verts (Grünen) et des Libéraux (FDP), pourra-t-il totalement prendre ses distances par rapport à l’ère Merkel ?

Le nouveau gouvernement, héritier de l’ère Merkel ?

Il existe une relative continuité entre le nouveau gouvernement et l’époque d’Angela Merkel. La CDU/CSU a en effet souvent gouverné avec le SPD, les Verts et le FDP : Merkel s’était alliée avec le SPD entre 2005 et 2009 puis à nouveau entre 2013 et 2021.

Cette proximité se manifeste d’abord par une certaine continuité entre le style politique de Merkel et celui d’Olaf Scholz, qui fut, sous la chancelière sortante, vice-chancelier et ministre fédéral des Finances de 2018 à décembre 2021. Tous deux se caractérisent en effet par leur pragmatisme, leur sobriété et le soin porté à la maîtrise des dossiers. Cette « Sachlichkeit », mot qu’on peut traduire par « objectivité » et « sobriété », a marqué les négociations entre le SPD, les Verts et les Libéraux qui ont abouti à la mise en place de l’actuelle coalition.

Si Olaf Scholz a pu être qualifié de chancelier « rassurant » , cela tient aussi au fait qu’il cherche à afficher la même sobriété que Merkel. De plus, sur le fond, les deux grands partis de gauche et de droite ont défendu sensiblement la même politique : réduction des dépenses publiques, amélioration de la compétitivité, soutien à la démographie, ouverture à l’immigration… Merkel a même repris certains thèmes du SPD pour mieux l’affaiblir et pour démobiliser ses électeurs, rompant ainsi avec les tabous de la droite sur plusieurs thèmes : annonce de la sortie du nucléaire en 2011, accueil d’un million de migrants en 2015 , introduction d’un salaire minimum imposé par la loi en 2015 .

Les démocrates-chrétiens allemands ont de cette manière fait leurs certaines des revendications historiques du SPD et des Verts. Au plan européen, Merkel a aussi bénéficié du soutien du SPD et des Verts, alors dans l’opposition, au plus fort de la crise de la monnaie unique en 2010. Sans leur soutien, il n’est pas sûr qu’elle aurait pu faire voter les plans d’aide à la Grèce ou la création du Mécanisme européen de stabilité visant à sauver l’euro.

Des possibilités réelles de changement

Mais le bilan de la chancelière ouvre paradoxalement de nouvelles possibilités pour le nouveau gouvernement.

Les nombreuses mesures défendues par la gauche initiées sous Angela Merkel – sortie de l’atome, ouverture à l’immigration, mais aussi mariage homosexuel – permettent à l’équipe Scholz d’aller encore plus loin : décarbonation prévue pour 2030, augmentation du salaire minimum à 12 euros par heure et investissements dans le numérique, l’éducation et la transition écologique qui pourraient s’élever à 100 milliards d’euros en tout.

Ces nouvelles dépenses sont rendues possibles par la bonne santé financière de l’État allemand, dont l’endettement a considérablement baissé sous Angela Merkel . Néanmoins, Olaf Scholz a prévu de maintenir le « frein à l’endettement » inscrit dans la Constitution allemande en 2009 avec l’appui du SPD et qui empêche l’État allemand de dépenser plus d’argent qu’il n’en récolte par les impôts. Les ambitions du nouveau gouvernement sont grandes, surtout en ce qui concerne les Verts qui veulent une économie décarbonée rapidement et prévoient dans leur programme des investissements bien supérieurs à ceux de leurs partenaires. Mais les contraintes légales héritées de l’ère Merkel risquent alors de poser des problèmes à terme.

Au niveau de la politique européenne, le nouveau gouvernement est héritier de la situation laissée par Merkel à deux niveaux. D’abord, il veut maintenir le pacte de stabilité européen et éviter toute augmentation de l’inflation en zone euro. Selon le contrat de coalition établi entre les trois partis, il s’agit même de renforcer les instruments de contrôle des dépenses publiques en Europe. En outre, Olaf Scholz et ses alliés souhaitent continuer à faire usage des souplesses budgétaires introduites lors de la crise du Covid-19 sous Angela Merkel. Sur ces deux points, le nouveau gouvernement s’inscrit dans la suite de la politique menée par l’ancienne chancelière.

Mais Scholz et ses alliés rompent aussi avec la politique de Merkel qui avait lourdement grevé les relations entre l’Allemagne et ses partenaires durant la crise de l’euro. Ils retrouvent une fibre fédéraliste qu’on n’avait plus entendue en Allemagne depuis les années 1990 et les ambitieux plans de Helmut Kohl et de François Mitterrand pour renforcer l’Europe.

Le contrat de coalition entre le SPD, le FDP et les Verts parle ainsi d’un « État fédéral européen » . Le texte affirme aussi :

Nous voulons accroître la souveraineté stratégique de l’Europe. Cela signifie en premier lieu mettre sur pied sa propre capacité d’action dans le contexte mondial et être moins dépendant et moins vulnérable dans des domaines stratégiques importants, tels que l’approvisionnement en énergie, la santé, les importations de matières premières et la technologie numérique, sans pour autant isoler l’Europe.

Olaf Scholz chancelier : quelles conséquences en Europe ? TV5 Monde Info, 8 décembre 2021.

Dans le même temps, Scholz et ses partenaires soulignent leur volonté de maintenir de très bonnes relations avec les États-Unis, comme l’avait fait la CDU/CSU sous Merkel. Ils rompent avec la ligne de relative indépendance par rapport à Washington initiée par Gerhard Schröder, qui avait refusé de participer à la guerre en Irak en 2003. Le ton change surtout sous l’influence de la dirigeante des Verts Annalena Baerbock, qui est désormais ministre allemande des Affaires étrangères et se montre déjà ferme face à la Chine .

Titulaire d’un diplôme en droit public international, elle est connue pour son engagement en faveur des droits humains même si elle fait partie des « realos » chez des Verts relativement pragmatiques. Ainsi, même si Pékin est le premier client des entreprises allemandes à l’international, le gouvernement veut désormais dénoncer les exactions commises contre les Ouïghours et les pressions exercées sur Taiwan. C’est là un tournant par rapport aux gouvernements menés par Angela Merkel .

L’échec de Merkel face à l’AfD risque de peser sur le gouvernement d’Olaf Scholz

Les résultats des dernières élections témoignent d’une volonté de changement de l’opinion publique allemande. Il reste que l’héritage de Merkel pèse lourd. Notamment parce que sa politique a involontairement provoqué l’apparition du parti antisystème Alternative für Deutschland (AfD). Scholz cherche à répondre aux causes qui ont provoqué la progression de ce parti, même s’il est passé de 12 % à 10 % des suffrages entre les législatives de 2017 et celles de 2021 , en proposant des mesures de redistribution et un discours fondé sur le « respect » à destination de classes populaires qui se sentent souvent oubliées par les dirigeants politiques.

Mais certaines mesures prévues par Scholz comme la libéralisation des drogues douces , la création de nouvelles voies légales d’immigration ou la volonté que la puissante industrie automobile allemande passe au moteur électrique au risque de détruire des emplois pourraient amener les classes modestes à se braquer. Rien ne dit que Scholz trouvera de meilleures réponses que celles-ci au défi lancé par l’AfD. C’est aussi là que réside le bilan de Merkel… The Conversation

Pierre Baudry , Enseignant et agrégé d’allemand à l’Université de Bourgogne, Université de Bourgogne – UBFC

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’ article original .

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    À la retraite, Angela Merkel va écrire ses mémoires pour expliquer ses choix

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 10 December - 14:50 · 2 minutes

Le 8 décembre, Angela Merkel a été remplacée par Olaf Scholz à la tête de l

ALLEMAGNE - Un nouveau chapitre qui s’ouvre. Angela Merkel, qui a quitté le pouvoir mercredi 8 décembre après 16 années aux commandes de l’Allemagne , va désormais écrire ses mémoires politiques. Une tâche destinée à “expliquer ses principales décisions”, a révélé ce vendredi 10 sa proche conseillère Beate Baumann qui mène ce projet avec l’ex-chancelière.

“La chancelière ne veut pas raconter toute sa vie. Elle veut expliquer ses principales décisions politiques avec ses propres mots et en se référant à son parcours”, explique dans l’hebdomadaire Der Spiegel Beate Baumann , cheffe de bureau d’Angela Merkel entre 2005 et son départ définitif .

Les deux femmes, qui travaillent ensemble depuis près de 30 ans, co-écrivent ce livre qui n’a pas encore d’éditeur. Le projet d’écriture est censé durer deux ou trois ans, selon la conseillère.

Vers un retour à la politique?

Ces mémoires politiques seront bel et bien l’oeuvre d’Angela Merkel et de Beate Baumann. “La chancelière et moi en sommes tout à fait certaines: si nous devions faire ce livre, nous le ferions seules, c’est-à-dire sans ‘ ghostwriter ’ (comprendre prête-plume en français, ndlr ), sans historien, sans journaliste”.

Angela Merkel, 67 ans, a passé le relais mercredi au nouveau chancelier Olaf Scholz . Écartant à ce stade toute nouvelle responsabilité politique, y compris à l’échelle européenne, l’ex-chancelière, dont la popularité reste au zénith, est demeurée mystérieuse sur ses futures activités.

Sa priorité, elle l’a répété à plusieurs reprises: faire une pause après 30 ans de carrière politique. Néanmoins, rares sont les prédécesseurs d’Angela Merkel restés longtemps désoeuvrés. Helmut Schmidt, après avoir quitté la chancellerie en 1982, est devenu coéditeur de l’hebdomadaire de référence Die Zeit . Helmut Kohl et Gerhard Schröder ont su faire fructifier leur expérience, le premier en créant une société de conseil, le second à travers des missions de lobbyiste dont une fonction controversée de président du conseil d’administration du géant pétrolier russe Rosneft.

Ailleurs dans le monde, d’anciens dirigeants d’envergure, comme Barack Obama ou Jacques Chirac, ont eux aussi publié leurs mémoires, souvent devenus des best-sellers de l’édition.

À voir également sur le HuffPost : Angela Merkel décorée par Emmanuel Macron de la Grand’Croix de la légion d’honneur

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    Qui est Olaf Scholz, successeur d'Angela Merkel en Allemagne

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 8 December - 10:29 · 3 minutes

ALLEMAGNE - L’ère Merkel , qui aura duré 16 ans, est terminée. Deux mois et demi après les élections en Allemagne, le social-démocrate Olaf Scholz est devenu chancelier ce mercredi 8 décembre, faisant revenir le centre-gauche au pouvoir.

Son élection comme neuvième chancelier de l’Allemagne d’après-guerre était attendue car le Parti social-démocrate (SPD), arrivé en tête aux législatives du 26 septembre , dispose d’une confortable majorité (206 sièges), avec ses deux nouveaux partenaires de coalition, les Verts (118 sièges) et les libéraux du FDP (92). Il lui faut 369 voix pour être élu.

Son nouveau gouvernement allemand comptera par ailleurs pour la première fois autant de femmes que d’hommes et celles-ci occuperont des postes-clés comme l’Intérieur ou la Défense, a déjà annoncé, lundi, le futur chancelier.

Le HuffPost vous donne - dans la vidéo en tête d’article - ci-dessous cinq infos à connaître sur Olaf Scholz.

Olaf Scholz, briscard de la politique

Le ministre des Finances et vice-chancelier sortant est un homme d’expérience. Encarté depuis ses 17 ans au Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), il s’investit très tôt dans l’activité politique dans son fief de Hambourg. Dans le civil, il devient avocat spécialisé dans le droit du Travail et est élu député pour la première fois au niveau fédéral en 1998, à 40 ans.

Olaf Scholz est marié à une femme politique, Britta Ernst, également membre du SPD et native de Hambourg. Elle est ministre de l’Éducation et de la Jeunesse à Brandebourg. Ils n’ont pas d’enfant, un point commun avec Angela Merkel .

Olaf Schultz, “l’automate”

Régulièrement moqué pour son allure austère et ses discours débités d’un ton automatique , les Allemands lui donnent le surnom de “Scholzomat”. Un jeu de mots entre son nom de famille et le mot “automate”.

L’homme de 63 ans s’en est défendu lors d’une interview télévisée: “Tout d’abord, j’ai des émotions. Et la plupart des citoyens ont une idée claire de ce qu’elles sont. Je suis candidat pour être chancelier, pas pour diriger un cirque.”

Dans les pas d’Angela Merkel?

Autre surnom trouvé par les médias, “Vati”, qui veut dire “papa” en allemand, en référence au célèbre sobriquet d’Angela Merkel , “Mutti”, “maman”. Le candidat a joué de ses similitudes avec la chancelière, l’une de ses affiches de campagne avait même pour slogan: “Il peut devenir chancelière”.

Le centriste du SPD était allé jusqu’à imiter la gestuelle d’Angela Merkel, en s’affichant à la une d’un magazine en positionnant ses mains en losange ( voir la photo ci-dessus ).

Les propositions de Scholz

Olaf Scholz a été ministre du Travail et des Affaires sociales entre 2007 et 2009 dans le premier gouvernement de Merkel, où il avait développé le chômage partiel et instauré un salaire minimum par branche salariale.

Durant cette campagne, il a promis une augmentation du salaire minium allemand. Actuellement à 9,60 euros bruts, il propose de l’augmenter à 12 euros. Il envisage également un impôt sur la fortune.

Les casseroles d’Olaf

Celui qui assure “rire plus souvent que les gens ne pensent”, a aussi été rattrapé en fin de campagne par une affaire de blanchiment d’argent . Olaf Scholz a dû s’expliquer devant la commission des finances concernant les négligences de l’unité de lutte contre le blanchiment d’argent, dépendante de son ministère, sans grave conséquence dans les sondages.

Son administration a également été critiquée pour son absence de vigilance l’an dernier lors de la faillite de la société Wirecard, le plus gros scandale financier de l’après-guerre dans le pays. Olaf Scholz avait là aussi dû répondre aux questions des parlementaires.

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    Angela Merkel quitte le pouvoir en Allemagne avec un bilan qu'elle n'aurait pas imaginé

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 8 December - 08:05 · 7 minutes

Le 10 septembre 2015, Angela Merkel est photographiée avec le réfugié syrien Anas Modamani. Dans une Allemagne en ébullition qui accueille alors des cohortes de Syriens, d

ALLEMAGNE - Clap de fin. Ce mercredi 8 décembre, deux mois après la victoire du SPD aux élections fédérales, Olaf Scholz va devenir le nouveau chancelier allemand en succédant à Angela Merkel . En seize ans au pouvoir, l’emblématique chancelière allemande a été là où l’on ne l’attendait pas forcément, et laisse à terme un bilan surprenant.

En annonçant fin novembre sa première mesure , le gouvernement intronisé ce mercredi a surpris. Les objectifs affichés étaient bien différents de ceux d’Angela Merkel devant le Bundestag à Berlin, lors de son intronisation le 30 novembre 2015: “Nous voulons créer les conditions pour que l’Allemagne soit dans le top 3 en Europe dans 10 ans”, avait déclaré la nouvelle chancelière .

Elle n’aura pas eu dix ans, mais presque seize pour mener à bien ses missions. C’est chose faite, au moins en partie. “Si l’objectif était de faire de l’Allemagne une puissance plus forte, avec un chômage plus bas, oui elle l’a atteint, même si elle a surtout bénéficié des réformes de son prédécesseur”, analyse pour Le HuffPost Paul Maurice, chercheur au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l’Institut français des relations internationales.

En revanche, l’Allemagne l’a attendue en vain sur une grande réforme économique et sociale, jamais arrivée. Mais Angela Merkel a été là où on ne l’attendait pas: parfois par stratégie politique, parfois par pragmatisme, parfois peut-être aussi simplement par humanité.

Merkel la stratège: le nucléaire et le mariage pour tous

Angela Merkel est entrée dans l’arène politique en 1990, en même temps que les premières élections de l’Allemagne réunifiée. Aussi, lorsqu’en 2011 elle doit gérer la panique ambiante après la catastrophe nucléaire de Fukushima , elle a déjà vingt et un ans d’expérience politique derrière elle. Il lui faudra bien ça pour réussir à tirer profit d’une décision à rebours de ses positions antérieures: faire sortir l’Allemagne du nucléaire au 31 décembre 2022.

En 2002, Angela Merkel fait partie de ceux qui critiquent la décision de Gerhard Schröder de renoncer progressivement à cette énergie. En septembre 2010, elle fait prolonger la durée de vie des centrales allemandes, ce qui satisfait son parti la CDU (Union chrétienne-démocrate d’Allemagne), plutôt favorable à l’atome.

Six mois plus tard, le 11 mars 2011, Fukushima. En Allemagne, l’inquiétude est palpable. Merkel rassure pendant trois jours. Avant de nuancer sa position, puis de changer radicalement d’avis. Les manifestations qui se sont enchaînées y sont pour quelque chose, mais pas seulement. Angela Merkel et son camp sont conscients de la montée des Verts et de l’enjeu électoral qui se profile derrière la sortie du nucléaire. La même année, l’arrivée des écologistes dans le gouvernement du Land de Bade-Wurtemberg, conservateur et acquis jusqu’alors sans partage à la CDU, est perçue comme un “camouflet” et alerte la Chancellerie, explique Paul Maurice.

″Angela Merkel se rend compte que si elle ne fait rien pour les questions écologiques et environnementales, elle laisse un espace ouvert pour les Verts qui risquent de monter en puissance.” L’affaire sera rondement menée: le 30 juin, le Bundestag vote la proposition de loi du gouvernement qui acte la fin du nucléaire en Allemagne.

Merkel la stratège est encore plus visible derrière une autre réforme marquante de son mandat: le mariage pour tous . La loi votée en 2017 a pu l’être après la porte ouverte par Angela Merkel... qui a elle-même voté contre.

“C’est une stratégie politique très claire. Elle a mis la loi à l’ordre du Bundestag lors de la dernière session du Parlement en juin 2017, juste avant les élections en septembre. Le SPD et les Verts avaient pour objectif de faire de cette thématique un thème de campagne pour se positionner et se démarquer de la CDU sur ces questions”, explique Paul Maurice. Angela Merkel leur a donc grillé la politesse, tout en ménageant son propre parti conservateur avec son vote contre.

Merkel la pragmatique: la mutualisation de la dette

La politique budgétaire d’Angela Merkel aurait pu se résumer en un mot: la rigueur, la rigueur et encore la rigueur, au point de sanctionner les mauvais élèves de la zone euro. La Grèce en a fait les frais en 2012. Mais la pandémie de coronavirus aura eu raison de cette doctrine économique. Angela Merkel est contrainte de revoir sa position et de soutenir l’idée d’une dette commune.

“C’est vraiment un revirement de la part de l’Allemagne, certes sous pression française et européenne et avec la médiation de Von der Leyen. Merkel l’accepte par pragmatisme”, selon le spécialiste de l’Allemagne Paul Maurice.

Pour la chancelière, il y a plusieurs enjeux: il faut bien sûr limiter la casse économique post-pandémie, mais il s’agit également de ne pas fracturer un peu plus l’UE, surtout pas au détriment du couple franco-allemand. La France est un ardent défenseur du projet, l’Allemagne finit par rejoindre le bateau . “C’était aussi une manière de montrer que l’Allemagne avait un peu tiré les leçons de la crise de 2012, et qu’elle ne pensait pas seulement à ses intérêts, mais à ceux de l’Europe”, ajoute Paul Maurice.

Merkel l’humaine: la crise des réfugiés

“Si on regarde d’une manière générale, je pense que ce qu’on retiendra d’elle, la chose peut-être la plus marquante, c’est l’accueil des réfugiés” en 2015, estime Paul Maurice.

En août de cette année-là, Angela Merkel se dit prête à accueillir une grande partie des milliers de personnes qui errent sur les routes de l’Europe, après avoir fui la Syrie pour une grande partie d’entre eux. “Wir schaffen das!” (“On y arrivera!”), martèle la chancelière.

Le choix est risqué pour son électorat conservateur de la CDU et plus encore celui de la CSU bavaroise, plus à droite. Mais Angela Merkel y va. “Elle a fait le pari que l’opinion allait se mobiliser, ce qui s’est en grande partie réalisé”. Il y a également la nécessité de respecter la ligne de conduite européenne dont l’Allemagne est (veut être) le fer de lance, sans oublier un aspect très “pragmatique”: “l’Allemagne est un pays vieillissant et donc a aussi besoin d’une main-d’œuvre importante”, rappelle Paul Maurice. Mais la décision de la chancelière a aussi pu lui être dictée par humanité. Elle-même a employé le terme , alors qu’elle était interrogée quelques années plus tard pour savoir si elle regrettait son choix.

“On dit souvent que c’est sa décision la plus sincère, la plus réfléchie et la plus humaniste. Cela s’explique peut-être par sa formation, le fait qu’elle vienne de l’Est de l’Allemagne et qu’elle comprend peut-être plus que d’autres responsables politiques le fait de fuir son pays pour des raisons politiques,  sociales et/ou économiques. Peut-être aussi que cela s’explique en partie par son humanisme chrétien, son éducation protestante, dans l’accueil des autres… Tout cela a pu aussi jouer”, analyse Paul Maurice.

Après seize ans aux commandes de l’Allemagne, Angela Merkel peut donc se réjouir de laisser un pays en meilleure santé économique, et avec des progrès notables sur les questions sociétales. Son bilan n’est cependant pas sans tâche et pêche particulièrement sur les questions environnementales . Les Verts, membres du nouveau gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD et les libéraux du FDP, auront sans doute à cœur d’y remédier. L’une de leurs premières mesures concerne d’ailleurs la sortie du charbon anticipée à l’horizon 2030, huit ans avant la date butoir.

À voir également sur Le HuffPost: Angela Merkel assiste depuis les tribunes à la nouvelle séance du Bundestag

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    En Allemagne, le gouvernement de Olaf Scholz sera paritaire, une première

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 6 December - 13:30 · 2 minutes

Le futur chancellier Olaf Scholz, entouré ce lundi 6 décembre de ses futurs ministres: du Travail Hubertus Heil, de l

INTERNATIONAL - Le nouveau gouvernement allemand qui doit entrer en fonction mercredi 8 comptera pour la première fois autant de femmes que d’hommes et celles-ci occuperont des postes-clés comme l’Intérieur ou la Défense, a indiqué le prochain chancelier Olaf Scholz ce lundi 6 décembre.

“La parité est pour moi importante, c’est pourquoi parmi les 16 ministres, il y aura huit hommes et huit femmes”, a assuré le futur chef de gouvernement qui, de longue date, s’affirme féministe. “Je suis particulièrement fier que des femmes soient désormais à la tête de ministères pour lesquels il n’est pas traditionnel” qu’ils soient occupés par des femmes, a-t-il ajouté deux jours avant l’entrée en fonction prévue de son gouvernement.

Au cours de l’ère Merkel, les femmes avaient été plus présentes au sein des gouvernements successifs, sans que la parité soit atteinte.

Le Parti social-démocrate (SPD), qui va diriger une coalition gouvernementale avec les Verts et les Libéraux du FDP , a décidé de confier les portefeuilles de l’Intérieur (Nancy Faeser), de la Défense (Christine Lambrecht), du Développement (Svenja Schulze), et de la Construction (Klara Geywitz) à des femmes.

L’écologiste Annalena Baerbock, 40 ans, doit également devenir ministre des Affaires étrangères tandis que deux autres femmes, elles aussi issues des Verts, prendront les ministères de l’Environnement et de la Famille. Les Libéraux du FDP ont confié un seul de leurs quatre postes ministériels à une femme, celui de l’Éducation.

Un médecin plébiscité à la Santé

En pleine flambée épidémique, le social-démocrate Karl Lauterbach, l’un des experts scientifiques les plus écoutés depuis l’apparition du Covid-19, va par ailleurs prendre le portefeuille de la Santé, a ajouté Olaf Scholz en présentant les futurs ministres sociaux-démocrates.

Olaf Scholz s’est par ailleurs dit convaincu que la désignation du social-démocrate Karl Lauterbach à la Santé correspondait au voeu de “la plupart des Allemands”. Ce médecin de formation, invité très régulier des talk-shows télévisés, est devenu une figure incontournable depuis l’apparition de la pandémie, partisan de mesures restrictives strictes pour endiguer la flambée des contaminations.

À l’issue de leurs négociations pour former un gouvernement, les trois partis de cette inédite coalition dite “feu tricolore” se sont réparti les portefeuilles ministériels afin de respecter un savant équilibre entre eux trois.

Olaf Scholz doit être élu mercredi chancelier par les députés du Bundestag. Il sera dans la foulée officiellement investi, ainsi que son gouvernement, par le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier.

À voir également sur Le HuffPost: Angela Merkel assiste depuis les tribunes à la nouvelle séance du Bundestag

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    Légaliser le cannabis en Allemagne, première mesure du gouvernement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 24 November - 15:39 · 3 minutes

Le 1 août 2009, une manifestation pour la légalisation du cannabis à Berlin

ALLEMAGNE - Une entrée en matière stupéfiante. Ce mercredi 24 novembre, l’Allemagne s’est dotée d’un gouvernement près de deux mois après les élections législatives. Au pouvoir, une coalition “feu tricolore” avec les Verts, les libéraux (jaune) et les sociaux-démocrates (rouge) sous la houlette d’Olaf Scholz. Leur première annonce? La légalisation du cannabis.

Après des élections législatives marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur d’ Angela Merkel , le social-démocrate Olaf Scholz va devenir le prochain chancelier de la première économie européenne, dans une alliance inédite avec les Verts et le parti libéral du FDP.

Trois ministères clés ont été accordés à ces deux formations. Pour les Verts, les Affaires étrangères et un vaste ministère de la Protection du Climat et de l’Économie, tandis que le FDP sera aux manettes des Finances. Les noms des titulaires n’ont pas encore été annoncés, mais certains sont déjà pressentis: Annalena Baerbock, candidate malheureuse des Verts à la chancellerie, à la diplomatie; Christian Lindner, dirigeant du FBP, sur la bourse et le co-président écologiste Robert Habeck, diplômé en philosophie et écrivain à succès, pour l’environnement.

Les trois formations ont conclu un “contrat” de coalition intitulé “Oser plus de progrès. Alliance pour la liberté, la justice et la durabilité” et qui fait la part belle à la protection de l’environnement, avec notamment une sortie du charbon anticipée à 2030, contre 2038 auparavant. Autre mesure annoncée dans la foulée: leur volonté de légaliser le cannabis.

Un pas de plus après le cannabis thérapeutique

L’Allemagne avait déjà donné son feu vert en 2017 au cannabis à usage thérapeutique. La légalisation s’inscrit donc comme un pas supplémentaire.

“Nous introduisons la distribution contrôlée de cannabis aux adultes à des fins de consommation dans des magasins agréés”, annonce le contrat de gouvernement présenté par les trois partis de la coalition.

Cette mini-révolution dans le pays “permettra de contrôler la qualité, d’empêcher la transmission de substances contaminées et de garantir la protection de la jeunesse”, précise le document, ajoutant que “l’impact social de la loi” serait évalué après quatre ans.

La nouvelle coalition entre sociaux-démocrates, Verts et libéraux veut aussi développer les opérations de “drug-checking”, destinées à vérifier que les drogues ne sont pas coupées avec d’autres substances.

Parmi les autres mesures phares, que le nouvel attelage inédit au pouvoir en Allemagne, veut mettre en oeuvre figurent notamment le retour à la rigueur budgétaire dès 2023.

La fin de 16 ans de Merkel

Olaf Scholz, 63 ans, qui doit être investi chancelier début décembre par les députés du Bundestag, doit maintenant présenter cet accord devant la presse. L’Allemagne tournera alors la page des années Merkel, celle-ci n’assurant plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois.

Fruit d’un compromis, le “contrat de coalition” entre les trois partis définit toutes les réformes économiques, environnementales, sociétales que le prochain gouvernement, à la composition bientôt connue, mettra en oeuvre.

Il a été mis au point en un temps record: après des discussions exploratoires, sociaux-démocrates, Verts et libéraux étaient entrés dans le vif du sujet le 21 octobre avec la constitution de plus d’une vingtaine de groupes de travail.

Le soir même des élections, tous avaient manifesté leur volonté d’aller vite pour ne pas répéter le scénario de 2017 quand Angela Merkel avait mis plus de cinq mois à constituer son gouvernement, paralysant l’Europe.

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    Covid: L'Allemagne bat son record d'infections quotidiennes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 11 November, 2021 - 09:33 · 3 minutes

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CORONAVIRUS - Un signe clair d’emballement de la pandémie. L’Allemagne a enregistré ce jeudi 11 novembre un nombre record de nouvelles infections au covid-19 avec 50.196 cas supplémentaires en 24 heures, selon l’institut de veille sanitaire Robert Koch, une barre encore jamais atteinte .

C’est effectivement la première fois que le seuil de 50.000 nouveaux cas quotidiens est franchi depuis le début de l’épidémie, et ce alors que l’Allemagne a enchaîné les nombres record d’infections ces derniers jours. Et que le nombre de cinq millions de contaminations depuis le début de la pandémie risque d’être atteint dans les prochaines semaines.

Le nombre de décès en 24 heures s’est élevé jeudi à 235. Une flambée qui est notamment attribuée par les spécialistes au taux de vaccination relativement faible de la population dans le pays (un peu plus de 67%) et qui pèse lourdement sur les hôpitaux, très sollicités ces jours-ci.

Le futur chancelier veut “de très nombreuses mesures”

La chancelière sortante Angela Merkel avait jugé mercredi “dramatique” la reprise des infections dans le pays, particulièrement notable depuis le mois d’octobre. “La pandémie se propage à nouveau de façon spectaculaire”, avait déploré son porte-parole, appelant les autorités régionales, compétentes en matière sanitaire, à prendre de nouvelles mesures pour endiguer la situation.

Ce jeudi, son probable successeur et actuel ministre des Finances Olaf Scholz a appuyé cet appel en demandant aux Länder de prendre des dispositions “très nombreuses” et rapidement afin de “passer l’hiver”. Dans une série de tweets, le ponte du SPD, grand vainqueur des dernières législatives , demande notamment à ce que tous les soignants travaillant en maison de retraite se fassent dépister pour éviter de contaminer les personnes âgées.

Olaf Scholz réclame en outre la réouverture des centres de vaccination, en engageant pour cela des fonds fédéraux. “Je voudrais dire à tous les citoyens qui ne l’ont pas encore fait: faites-vous vacciner. C’est important pour votre santé et c’est important pour votre pays”, a-t-il ajouté.

Plusieurs États particulièrement touchés, comme la Saxe, la Bavière, et très récemment Berlin, ont d’ores et déjà introduit de nouvelles restrictions visant les personnes non vaccinées qui sont les premières touchées par ce rebond de la pandémie.

Ainsi, à compter de lundi, Berlin va interdire aux personnes non vaccinées l’accès notamment aux restaurants sans terrasse, aux bars, aux salles de sport et aux salons de coiffure. Un test négatif ne permettra plus d’avoir accès à ces lieux publics si les usagers ne sont pas vaccinés ou ne peuvent prouver qu’ils sont guéris de la maladie. Dans le programme de la coalition entre le SPD, les Verts et les libéraux, appelée à prendre la suite d’Angela Merkel, il est prévu que des restrictions fortes contre les non-vaccinés entrent en vigueur.

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