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    Entre Mélenchon et Faure, la bromance inattendue de la NUPES

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 3 days ago - 05:15 · 5 minutes

Jean-Luc Melenchon et Olivier Faure à l'Assemblée nationale, le 28 avril 2020 Jean-Luc Melenchon et Olivier Faure à l'Assemblée nationale, le 28 avril 2020

POLITIQUE - Il y avait bien cette photo. La seule disponible à l’AFP, datée du 28 avril 2020. Olivier Faure , assis à son banc, cigarette électronique en main, cette dernière tendue vers Jean-Luc Mélenchon , comme s’il voulait asseoir un argument. L’insoumis, debout, postérieur appuyé au banc de devant, bras croisés. “On s’est profondément ignorés”, reconnaît Jean-Luc Mélenchon, deux ans plus tard, le 21 juin 2022, à la buvette de l’ Assemblée nationale .

Il vient d’accompagner plus de soixante-dix députés insoumis à leur rentrée parlementaire , lui qui a refusé de se représenter. Le vieux loup de la politique peut se détendre, devant une bière d’abbaye. ” J’éprouve une fierté à éclater le cœur. J’ai fait le boulot”, confie l’ancien socialiste. S’il a réussi cet exploit de passer de 17 députés à soixante-quinze, c’est grâce à l’accord scellé quelques semaines plus tôt, au début du mois de mai.

La Nouvelle Union populaire écologique et sociale, née en treize jours et treize nuits comprenait le Parti socialiste. Un fait politique majeur, après tant d’années de haines et d’ignorance entre la formation de Mélenchon, lui-même issu de ses rangs et le parti à la rose, mis de côté par les Insoumis après les années Hollande . Le tout s’est noué à la fin du mois d’avril, dans un “rade” près de la gare de l’Est à Paris.

On n’est pas des perdreaux de l’année. Il y avait de la méfiance réciproque, des intérêts communs et distincts. Olivier Faure, premier secrétaire du PS

Les deux hommes se retrouvent en tête à tête pour déjeuner dans un “boui boui” de la gare de l’Est, selon le terme du premier secrétaire. ” On s’était déployés sur un front qui fait qu’on ne pouvait pas être isolés. Cela n’aurait pas été responsable de ma part de ne pas voir le gars”, explique Mélenchon en refaisant le film.

D’abord, ils s’épient. “On n’est pas des perdreaux de l’année. Il y avait forcément de la méfiance réciproque, des intérêts communs et distincts”, analyse Olivier Faure. “J e l’ai regardé en me disant ‘j’ai toujours été berné, mais là, il est comme moi: il n’a pas le choix. C’était très risqué pour nous deux, mais plus encore pour lui”, condense Mélenchon. “I l me teste, il cherche à comprendre, à savoir où je vais”, relate Faure qui dit l’avoir alors convaincu qu’il y a “un truc à jouer ensemble”. “D e temps en temps il m’a fait des remarques sur ma manière de parler, mais a u cours de cette longue discussion, même si on n’a pas les mêmes codes, il s’est montré extrêmement ouvert sur la méthode”, conclut Mélenchon.

La conversation s’éternise pour durer jusqu’au milieu de l’après-midi. “On a refait ensemble l’histoire de la gauche. Sans remonter jusqu’à Jaurès, on a cherché à comprendre les crises qu’on avait subies, comment il fallait retrouver le peuple français dans sa diversité. C’était passionnant comme échange”, confesse Olivier Faure.

Olivier Faure s'est comporté comme un leader. Il savait où il allait. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise.

L’insoumis voulait s’assurer que le socialiste était “prêt à rompre” avec le PS d’avant et qu’il ’n’allait pas lui “casser les pieds avec des histoires d’équilibres internes”. Faure lui apporte ces garanties. “Il s’est comporté comme un leader”, loue Jean-Luc Mélenchon, “Il savait où il allait”. “C’est difficile à rationaliser, c’est instinctif. Est-ce qu’on sent la sincérité de chacun?”, rapporte le patron du PS. La confiance est restaurée.

Faure est persuadé que Mélenchon voulait “boucler une boucle avec un parti qu’il a aimé”, le PS, dont il a été membre pendant trente ans. “Ce qu’on a en commun c’est qu’on est l’un et l’autre des militants avant d’être aspirants à une fonction. Pour nous, l’idéologie, l’action militante, l’orientation politique a autant d’importance que la conquête du pouvoir”, observe le socialiste dans son bureau de premier secrétaire, le 13 juin.

Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, le 8 juin 2022 à Caen. Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, le 8 juin 2022 à Caen.

Depuis, c’est une véritable bromance -amitié sentimentale entre deux hommes- qui se joue entre eux. Pendant que leurs troupes négocient l’accord de la NUPES, ils échangent par SMS pour commenter et se féliciter des avancées. À chaque tribune commune pendant les meetings de la campagne législative, Mélenchon a un petit mot pour Faure. “Avec lui, ça va être encore pire”, s’amuse l’insoumis sur scène, dès qu’il attaque la politique d’Emmanuel Macron. Il le fait applaudir et le tient par l’épaule à chaque occasion. “Avec moi et Faure, c’est la totale!”, prévient-il à l’égard de la Macronie lors du dernier meeting de Caen, le 8 juillet.

Jusqu’au lendemain soir du premier tour des élections législatives où Mélenchon interrompt une interview du premier secrétaire par un “coucou Olivier!” très remarqué. Il le prend par l’épaule et lui présente ses troupes. Comme un passage de relais...

Au risque de créer des jalousies chez les insoumis? En privé, certains socialistes observent qu’Olivier Faure est parfois gêné par tous ces compliments et s’inquiètent de possibles agacements de la part des fidèles lieutenants insoumis.

Il n'y a pas de chouchous. Olivier Faure est un partenaire loyal. Manuel Bompard, député insoumis

En public, pas du tout. “On l’aime beaucoup, c’est une redécouverte”, assure Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et tête pensante des campagnes mélenchoniennes. “ Je le sens libéré d’un poids. Il a pris une décision courageuse et il se sent à l’aise”, observe encore le trentenaire, le jour de son élection à l’Assemblée. Il l’assure: ” Il n’y a pas de chouchou. C’est un partenaire loyal”.

Pas d’amertume non plus dans les rangs socialistes. Le jour de la rentrée des députés NUPES, Boris Vallaud, futur président du groupe sourit quand on lui pose la question. “C’est comme ça, que voulez-vous, un coup de foudre, ça ne s’explique pas!”.

À voir également sur Le HuffPost : Assemblée nationale: Les trois images historiques d’une première semaine sous tension

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    Gisèle Halami au Panthéon? Pour l'Élysée, des étapes restent à franchir

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 15:29 · 2 minutes

Gisèle Halimi, avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne dans son bureau à l'Assemblée Nationale alors qu'elle préside l'Observatoire de la Parité entre les femmes et les hommes, le 23 septembre 1996, à Paris, France. (Photo by Thierry NECTOUX/Gamma-Rapho via Getty Images) Gisèle Halimi, avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne dans son bureau à l'Assemblée Nationale alors qu'elle préside l'Observatoire de la Parité entre les femmes et les hommes, le 23 septembre 1996, à Paris, France. (Photo by Thierry NECTOUX/Gamma-Rapho via Getty Images)

POLITIQUE - La panthéonisation de Gisèle Halimi, comme un contre signal français en réaction à la décision de la Cour suprême américaine sur l’IVG . C’est le souhait du Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure , exprimé le 27 juin. L’Élysée ne rejette pas l’idée, mais ne fixe aucun calendrier.

“Il est temps de faire entrer Gisèle Halimi au Panthéon. Face au signal envoyé par la Cour suprême américaine, la France doit s’adresser au monde”, plaide le socialiste.

L’entrée au Panthéon de cette figure française est réclamée de longue date. Mais les discussions n’ont jusqu’ici pas abouti, en raison de l’engagement de Gisèle Halimi contre la guerre d’Algérie et pour l’indépendance de ce pays, susceptible de “cliver” la société.

Contacté par Libération , l’Élysée explique que le sujet est en cours de réflexion mais sans être lié directement à la cause féministe. “La proposition formulée par Benjamin Stora vise d’abord le rôle joué par Gisèle Halimi lors de la guerre d’Algérie”, explique un conseiller du Palais. Si les discussions aboutissement favorablement, la panthéonisation doit “déboucher au terme du processus de réconciliation des mémoires ouvert depuis janvier 2021″.

Militante des droits des femmes, Gisèle Halimi s’est engagée dans la lutte pour la dépénalisation de l’IVG en France. En 1971, elle est la seule avocate à signer le Manifeste des 343 Françaises qui réclament un accès libre à la contraception et à l’avortement. Aux côtés de Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, elle co-fonde l’association Choisir la cause des femmes et sera l’avocate de Marie-Claire Chevalier, jugée pour avoir avorté illégalement. La plaidoirie de Gisèle Halimi, restée dans les mémoires, portera ses fruits.

La révocation par la Cour suprême américaine sur l’arrêt Roe v. Wade a provoqué une onde de choc mondiale. En France, la présidente du groupe LREM Aurore Bergé a proposé d’inscrire l’avortement dans la Constitution, tout comme les élues de gauche.

À voir également sur Le HuffPost: Droit à l’avortement : les ambiguïtés de Marine Le Pen et du Rassemblement national

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    Contrairement à Mélenchon, Faure et Roussel veulent attendre avant de censurer Borne

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 21 June - 09:34 · 3 minutes

Contrairement à LFI, Faure et Roussel veulent attendre avant de voter une motion de censure Contrairement à LFI, Faure et Roussel veulent attendre avant de voter une motion de censure

POLITIQUE - Un peu trop vite en besogne. Les patrons du PS Olivier Faure et du PCF Fabien Roussel n’excluent pas de faire tomber le gouvernement d’Élisabeth Borne ... mais attendent de voir le discours de politique générale de la Première ministre le 5 juillet, expliquent-ils ce mardi 21 juin. Un nouveau terrain propice aux dissensions avec leurs camarades insoumis ?

“Je n’exclus pas (de voter la motion de censure que compte déposer LFI, NDLR). Je voudrais d’abord quand même qu’on sache ce que va dire Madame Borne, et je voudrais pouvoir en discuter avec nos partenaires Insoumis, communistes, écologistes”, temporise par exemple Olivier Faure sur franceinfo.

Le patron des roses, déjà réticent à la formation d’un groupe commun à la NUPES à l’Assemblée nationale, explique vouloir “discuter” de cette “proposition de LFI” pour voir “comment on peut l’articuler, l’intituler” et pour “comprendre” sa “motivation”.

“Mais ça me paraît assez logique qu’en début de quinquennat nous disions les uns et les autres où nous sommes, et nous sommes dans l’opposition”, souligne encore le député de Seine-et-Marne, réélu dimanche soir, laissant la porte (grande) ouverte.

Roussel espère encore un changement de cap

Côté communiste, le discours est similaire. Pourquoi pas, mais pas tout de suite. Fabien Roussel, qui n’a pas été prévenu au préalable de l’intention de LFI de déposer une motion de censure contre Élisabeth Borne, estime qu’il ne sera pas nécessaire de dégainer cet outil.

Selon lui, une telle motion ne sera pas nécessaire si la Première ministre demande la confiance par un vote à son discours de politique générale, ce qui n’est cependant pas obligatoire selon la Constitution (Michel Rocard ne l’avait pas fait en 1988, faute de disposer d’une majorité absolue).

Sur le fond, Fabien Roussel espère toujours un revirement à gauche avant de se prononcer. “Elle a la possibilité de changer. Il n’y a pas de blocage forcément des institutions. Ils ont quand même deux oreilles, ils peuvent entendre, et de la gauche, et de la droite, ce qui se dit dans le pays”, veut-il croire, sur RTL, ce mardi matin.

Pour le secrétaire national du PCF, “il faut qu’Élisabeth Borne entende que dans la France aujourd’hui, il y a beaucoup de colère et beaucoup d’attente de changement, et si elle reste sur les discours que nous avons entendus pendant l’élection présidentielle, pendant les élections législatives, alors elle sera battue, parce que nous voterons contre les propositions qu’il y aura dans son discours de politique générale”.

“S’il n’y a rien pour le pouvoir d’achat des Français, s’il y a encore la retraite à 65 ans, nous voterons contre ce discours de politique générale”, confirme-t-il, toujours sur RTL. Une affaire en bonne voie?

Pour que la motion de censure fonctionne, et fasse tomber le gouvernement d’Élisabeth Borne, la NUPES est dans l’obligation de la voter à l’unanimité et de trouver des alliés de circonstance chez le Rassemblement national ou chez les Républicains pour atteindre le seuil fatidique de 289 signatures.

À voir également sur Le HuffPost: La dissolution de l’Assemblée nationale, une option pour Macron (mais pas sans risque)

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    Législatives 2022: Olivier Faure appelle les abstentionnistes à voter Nupes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 14 June - 12:43 · 9 minutes

Olivier Faure, premier secrétaire du PS, lors de la campagne des législatives, le 8 juin 2022 Olivier Faure, premier secrétaire du PS, lors de la campagne des législatives, le 8 juin 2022

POLITIQUE - On a connu le premier secrétaire du PS triste et ennuyé. C’était en 2018, quand il prêchait dans le désert pour la “renaissance du PS” et qu’il appelait au rassemblement des forces de gauche , quand personne ne voulait en entendre parler.

Lundi 13 juin, dans son bureau du siège d’Ivry-sur-Seine, c’est un Faure rayonnant et détendu qui nous accueille. Il semble confiant pour sa circonscription de Seine-et-Marne où il est arrivé largement en tête du premier tour, avec près de 47% des voix, loin devant la candidate Ensemble! (22%), mais surtout bien plus haut que ses 27,37% du premier tour des législatives de 2017, il y a cinq ans.

Le chef de file socialiste attaque frontalement la “non-campagne” d’Emmanuel Macron qui mènerait “au chaos”. Il s’en prend à des réformes économiques qu’il juge “cachées”, comme l’augmentation de la TVA, et fustige les professions de fois des candidats “Ensemble!”, qui seraient remplies de “banalités”.

Olivier Faure croit encore à l’hypothèse d’un Jean-Luc Mélenchon à Matignon. Il confie que le leader insoumis lui a proposé plusieurs postes de ministres car “il ne faut pas improviser” et affirme que “le suspense est total” avant dimanche, date du second tour. Entretien.

Le HuffPost : Passer de 1.75% à la présidentielle à 25% aux législatives, ça doit faire quelque chose en termes d’ascenseur émotionnel...

Olivier Faure : C’est une immense satisfaction. Avec 70 circonscriptions, on fait 300.000 voix de plus qu’à la présidentielle. Cela valide une stratégie – seule l’union peut conduire à la victoire – et une conviction: le rôle historique du PS est de rassembler la gauche pour gouverner.

Ces tripatouillages ne sont pas glorieux. La Nupes est devant.

Quelle est votre lecture du premier tour du dimanche 12 juin ?

Le rassemblement de la gauche et des écologistes a levé un véritable espoir. Dans ce troisième tour, Marine Le Pen a disparu. Jamais un président élu ou réélu n’était arrivé derrière ses opposants aux législatives suivantes. C’est la gauche qui mène le jeu et impose les thèmes du pouvoir d’achat ou de la transition écologique.

L’abstention reste colossale, mais une large part de l’explication tient au fait que le président a choisi d’anesthésier tout débat pour que la campagne reste sous les radars. Quand les choix ne sont plus éclairés par la confrontation démocratique, les élections ne permettent plus de purger les différends. Et le débat finit dans la rue. Ce mépris pour l’élection, cette volonté d’obtenir un chèque en blanc conduit au chaos.

Diriez-vous, comme Jean-Luc Mélenchon, que le ministre de l’Intérieur “manipule” les résultats ?

Depuis le démarrage de cette campagne, Gérald Darmanin cherche à masquer les résultats d’“Ensemble !” et fait tout pour minorer le score de la NUPES. Soit il compare les scores en métropole pour tout le monde, soit il prend en compte les outre-mer, pour tout le monde. Ces tripatouillages ne sont pas glorieux.

En 2017, si l’on additionne les quatre partis de la Nupes, on obtient 25%, soit le même score qu'en 2022. Comment expliquer que la gauche ne progresse pas en termes de voix?

Elle progresse si vous n’omettez pas les outre-mer. Dans le même temps, la majorité présidentielle passe de 32% à 25%.

Selon les projections, vous aurez, au second tour, à peu près le même nombre de députés socialistes, une trentaine. Est-ce à dire que cet accord a servi simplement à sauver les meubles du PS ?

Non. D’abord, parce que ce ne seront pas exclusivement les mêmes : il y a aura l’émergence d’une nouvelle génération. Il y a deux mois, après notre score à la présidentielle, tout le monde anticipait notre disparition, l’absence de groupe parlementaire et tout au plus la victoire d’une poignée de députés se comptant sur les doigts d’une seule main.

Je lance un appel à la génération climat, celle qui a marché contre les discriminations, le racisme, l’antisémitisme et les violences faites aux femmes. Le 19 juin c’est la dernière station avant le désert!

Vous croyez vraiment à l’hypothèse de Mélenchon à Matignon ?

Absolument.

Avec quelles réserves de voix ? L’abstention est souvent plus importante au second tour…

Nous avons une réserve de voix fantastique dans ce second tour : 69% des 18-24 ans et 71% des 25-34 ans n’ont pas voté au premier tour. C’est abyssal. C’est dans cette génération montante que la Nupes réalise potentiellement ses meilleurs scores. C’est dans leurs mains qu’est la clé du scrutin. Je lance un appel à la génération climat, celle qui a aussi marché contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme, contre les violences faites aux femmes : le 19 juin, c’est la dernière station avant le désert!

Jean-Luc Mélenchon serait en train de composer son gouvernement. Il vous a proposé un poste?

Oui, plusieurs.

Lesquels?

Nous avons commencé à évoquer ce gouvernement qui ne pourrait être que pluriel. C’est normal de se projeter. On ne peut pas improviser ni sur le dispositif humain ni sur la méthode pour engager les grandes réformes. Ce sont des enjeux sérieux. Notre projet n’est ni infaisable ni impossible, il est le résultat d’une longue réflexion à la conjonction de nos projets présidentiels. Mais avant cela, il faut gagner le 19 juin.

Jean-Luc Mélenchon sera responsable devant le Parlement, pourra être renversé par une motion de censure et la président de la République conservera son droit de dissolution. Ceux qui lui imaginent un avenir de dictateur peuvent se rassurer.

Pensez-vous rassembler en vue du second tour, malgré la radicalité de Jean-Luc Mélenchon?

Si demain la Nupes est majoritaire, elle sera composée pour moitié d’insoumis et pour moitié d’écologistes, de socialistes et de communistes. Jean-Luc Mélenchon et son gouvernement arc-en-ciel ne tireront leur légitimité que de l’Assemblée nationale.

Ceux qui lui imaginent un avenir de dictateur peuvent se rassurer ( rires ). Il sera responsable devant le Parlement, pourra être renversé par une motion de censure, devra répondre aux questions des parlementaires, et la président de la République conservera son droit de dissolution de l’Assemblée. Ce sera une reparlementarisation de nos institutions. Un peu de VIème République dans la Vème, en somme…

François Hollande vous a-t-il appelé depuis l’annonce des résultats?

Il ne m’a pas appelé en quatre ans, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va le faire…

Les dissidents socialistes qui se sont présentés contre la Nupes seront-ils exclus du PS?

Un mot sur leur bilan: seuls trois parmi les soixante-dix qui se présentaient ont réussi à se maintenir au second tour. C’est un échec total. Pire, plusieurs d’entre eux ont, par leur présence, interdit l’accession de la gauche au second tour. Nous appliquerons le moment venu nos règles statutaires (qui prévoient leur exclusion, NDLR).

Il y aura un avant et un après-Nupes. Des gens me klaxonnent dans la rue pour me dire merci. C’est sacrément nouveau.

Certains datent de la fin de la Nupes aux Européennes de 2024. Quelle durée de vie à cette alliance, selon vous ?

Il y a un avant et un après-Nupes. Personne ne peut tourner le dos à une aspiration aussi forte. L’aventure de l’union populaire est extraordinaire et nous sommes portés sur le terrain par cet élan. Des gens me klaxonnent dans la rue pour me dire merci. C’est sacrément nouveau! On ne pourra pas dire aux électeurs que cette aventure s’arrête au soir du 19 juin.

Concernant les Européennes, il est déjà arrivé par le passé que la gauche plurielle présente des listes distinctes. C’est un scrutin à la proportionnelle intégrale. Cela n’empêche pas de se rassembler à d’autres élections.

Je rappelle que nous avons voté Macron au second tour pour faire barrage à Le Pen. Se voir traiter aujourd’hui d’extrémistes par Élisabeth Borne, c’est fort de café. C’est même honteux.

Comment percevez-vous la stratégie d’Emmanuel Macron dans cette campagne?

Sur quatre tours, Emmanuel Macron réussit l’exploit de ne jamais dévoiler ses intentions sur le quinquennat qui s’ouvre. En dehors de la retraite à 65 ans, que propose-t-il ? Ses candidats aux législatives doivent se contenter d’aligner les généralités : l’emploi c’est mieux que le chômage, la préservation de notre environnement c’est mieux que la pollution... Bref, les feuilles tombent à l’automne et les fleurs fleurissent au printemps! Derrière ces banalités et cette absence de vision, il y a un projet qui demeure soigneusement caché.

Emmanuel Macron s’est engagé auprès de Bruxelles à ramener le déficit budgétaire à 3%, ce qui signifie une économie de 80 milliards d’euros par an. Comment va-t-il faire puisqu’il nous dit que les impôts directs n’augmenteront pas, qu’il ne touchera pas aux revenus et au patrimoine des plus riches ni aux superprofits des multinationales? Il va augmenter la TVA.

Augmenter la TVA? En pleine crise du pouvoir d’achat, vous êtes sûr?

Il ne veut pas toucher à l’impôt sur le revenu; il ne veut pas rétablir l’ISF ni abroger la flat tax … L’équation n’est pas tenable autrement. C’est l’impôt le plus injuste puisqu’il frappe de la même manière tous les Français, quels que soient leurs revenus.

La majorité actuelle n’est pas à l’unisson pour appeler à faire barrage contre le RN face à la Nupes, comment percevez-vous ces hésitations?

Ils n’ont pas de doctrine, pas de ligne… Cela change en fonction de leurs intérêts et des interlocuteurs. C’est l’incarnation du cynisme en politique. Désormais, tous ceux qui ne sont pas des supporters d’Emmanuel Macron sont transformés en anti-républicains! Quand je vois que même dans la circonscription de Marine Le Pen, la candidate LREM a appelé à voter blanc au second tour. Ils tombent progressivement dans la ligne de LR, “le ni ni”, ne distinguant pas l’extrême droite de la gauche. Je rappelle que nous avons voté Macron au second tour pour faire barrage à Marine Le Pen! À l’époque, la Macronie suppliait la gauche de venir à son secours et se trouvait même des ” valeurs républicaines communes” avec LFI. Se voir traiter aujourd’hui d’extrémistes par Élisabeth Borne, c’est fort de café. C’est même honteux.

À voir également sur Le HuffPost : Face à la NUPES, le péril rouge agité par la Macronie vire à l’écarlate

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    La justice donne raison au PS et valide l'accord avec la Nupes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 10 June - 15:47 · 3 minutes

Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure photographiés ensemble à Caen (illustration) Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure photographiés ensemble à Caen (illustration)

POLITIQUE - Bonne nouvelle pour la gauche unie. La justice a validé ce vendredi 10 juin en appel l’accord conclu entre le PS et la Nouvelle alliance de la gauche ( Nupes ), infirmant la décision du juge des référés de Créteil qui avait jugé que le PS n’avait pas respecté les statuts du parti pour conclure cet accord.

Saisi par quatre adhérents, le juge des référés avait considéré que l’accord de la Nupes, conclu par le PS le 6 mai avec LFI, EELV et le PCF, aurait “dû faire l’objet d’une convention nationale”, et avait enjoint au PS d’en organiser une sous trente jours. Il lui interdisait dans cette attente de “se prévaloir de l’accord”. Après cette décision, tombée mardi soir, le PS avait fait appel, passé en procédure d’urgence jeudi.

“Polémiques inutiles”

Dans la décision rendue ce vendredi après-midi, dont l’AFP a eu copie, la cour d’appel a jugé que “la violation manifeste des statuts n’est pas établie”, ni “le trouble manifestement illicite”, et “infirme” l’ordonnance du juge des référés.

“La consultation des fédérations et la ratification par une convention nationale ne constituent pas une condition de validité de l’accord en cause”, considère la cour, qui relève aussi que “s’agissant d’élections législatives, l’échelon de désignation est soit la convention nationale soit le bureau national”.

“C’est une bonne nouvelle que les choses soient clarifiées”, s’est félicitée la numéro 2 du PS Corinne Narassiguin auprès de l’AFP, regrettant que la procédure intentée ait “jeté le trouble sur l’accord Nupes”, à quelques jours des élections législatives des 12 et 19 juin.

L’objectif des requérants était “bien de délégitimer l’accord et de protéger les candidats dissidents” opposés à l’union avec LFI et les autres partis pour les législatives, a-t-elle souligné. “Mais l’accord est pleinement légitime et ça permet de mettre fin à des polémiques inutiles”, a ajouté Corinne Narassiguin.

“La cour a reconnu ce qui était pour nous une évidence: le Parti socialiste a respecté ses statuts et l’accord Nupes est bien valide aux yeux de la justice”, a confirmé Me Cosima Ouhioun, avocate du PS.

La direction du PS avait notamment argumenté en première instance qu’il était difficile de mettre en place une convention nationale pour valider l’accord, si peu de temps avant les législatives, en raison du temps nécessaire pour voter préalablement dans les sections, puis les fédérations, pour désigner les délégués de la convention nationale. De même, si la cour d’appel avait confirmé le jugement de première instance, cette convention n’aurait pu avoir lieu qu’après les législatives.

Pour les requérants, il s’agissait de pouvoir faire valider la stratégie de la direction par les militants. Mais la direction rappelle qu’il y a de toute façon un Congrès du PS prévu en fin d’année. Les requérants, quatre adhérents non candidats aux législatives et qui n’ont pas de responsabilités dans les instances du PS, avaient aussi demandé l’interdiction de se prévaloir de la Nupes pour empêcher l’exclusion de membres du PS se présentant hors investiture Nupes. Une soixantaine de personnes se trouvent dans cette situation, comme le montre la carte ci-dessous.

À voir également sur Le HuffPost: Législatives: La Nupes a présenté son programme, on vous raconte

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    La démission de Damien Abad réclamée par ces cadres de la gauche

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 23 May - 09:49 · 2 minutes

Damien Abad photographié ce 23 mai à son arrivée au Conseil des ministres.   Damien Abad photographié ce 23 mai à son arrivée au Conseil des ministres.

POLITIQUE - Le temps est maussade en ce lundi 23 mai, jour du premier conseil des ministres du nouveau gouvernement . Non seulement en raison de la mauvaise météo parisienne, mais des nuages qui s’accumulent sur la nouvelle équipe dirigée par Élisabeth Borne .

En cause, les accusations visant le ministre en charge des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées: Damien Abad . Ancien chef du groupe LR à l’Assemblée nationale, cette recrue venue de la droite est visée par des accusations de viols, rapportés par Mediapart . De son côté, le député de l’Ain conteste “avec la plus grande force” ces accusations.

Quoi qu’il en soit: une première crise politique à gérer pour la Première ministre, quelques heures seulement après la nomination de son gouvernement. D’autant que ses adversaires politiques la somment de sévir, sans attendre les conclusions d’une éventuelle procédure judiciaire, qui à ce stade n’est pas ouverte. Candidate pour la Nupes aux élections législatives, l’écoféministe Sandrine Rousseau estime sur RTL que la cheffe du gouvernement n’a pas pris ces accusations “suffisamment au sérieux”.

“Prince de précautions”

Selon elle, Damien Abad n’a plus sa place au sein de l’équipe gouvernementale. “La question n’est pas sa démission à lui, mais le fait qu’il soit démis de ses fonctions sur le principe de précaution”, a-t-elle justifié. Même son de cloche du côté du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.

“Si j’étais Premier ministre, je dirais à Damien Abad que je n’ai pas de raison particulière de penser que les femmes mentent”, a expliqué le socialiste sur France inter, évoquant également un “principe de caution”. Selon lui, “on ne peut pas revivre ce qu’on a vécu sur l’affaire Hulot, où pendant des mois et des mois le gouvernement a protégé l’un de siens, au péril du musèlement de la parole des femmes”.

Pour l’heure, l’exécutif veut se donner du temps avant de statuer sur le cas du député de l’Ain, qui avait bénéficié d’un non lieu à la suite d’une plainte déposée en 2017. “Je peux vous assurer que s’il y a de nouveaux éléments, si la justice est à nouveau saisie, on tirera toutes les conséquences de cette décision”, a prévenu Élisabeth Borne en marge d’un déplacement dans le Calvados , affirmant qu’il ne pouvait y avoir “aucune impunité” concernant les violences sexuelles.

À voir également sur Le HuffPost: L’annonce du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne

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    Jean-Luc Mélenchon s'emporte sur le débat autour du burkini

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 19 May - 12:58 · 2 minutes

POLITIQUE - Un débat balayé d’un revers de la main. Ce jeudi 19 mai, lors d’une conférence de presse pour présenter le programme commun de la NUPES pour les législatives, Jean-Luc Mélenchon s’est positionné de manière claire sur la polémique du burkini .

Au détour d’une réponse sur le sujet du communautarisme, le leader de la France Insoumise s’est montré ferme sur la question du burkini dans les piscines municipales: “Je dis comme Olivier (Faure), il y a un instant, il y a mieux à faire que de discuter les 6000 règlements intérieurs des piscines de ce pays. En tout cas, moi je ne suis pas candidat à être Premier ministre des piscines”, a-t-il lâché.

Regrettant le manque de débat lors de l’élection présidentielle 2022, Jean-Luc Mélenchon demande “un peu de raison” sur ce sujet. “Maintenant nous voulons pouvoir discuter du contenu”, a-t-il ajouté, visiblement agacé par la place prise par ce sujet dans le débat publique ces derniers jours.

Recentrer le débat des législatives sur “les vrais sujets”

Quelques minutes plus tôt, c’est Olivier Faure , pour le Parti socialiste, qui avait déjà exprimé sa colère sur l’ampleur du débat suscité par la décision du Conseil municipal de la ville de Grenoble sur le burkini: ”J’aimerais que l’on ne passe pas cette élection législative comme on a passé l’élection présidentielle”.

“La réalité c’est qu’il faudrait maintenant s’intéresser aux vrais sujets: ceux qui sont sur la table pour cette élection législative, a-t-il surenchéri, que veut-on faire de ce pays pour les cinq prochaines années? Veut-on uniquement s’intéresser à la tenue que l’on met dans les piscines ou est-ce qu’on va aussi s’occuper de questions essentielles comme savoir comment on va continuer à les remplir les piscines”.

Le débat sur le burkini a été relancé le lundi 16 mai suite à la décision favorable de la municipalité de Grenoble d’autoriser le port du burkini dans les piscines municipales de la ville d’Isère à partir du 1er juin. Une décision vivement critiquée, de Laurent Wauquiez, Président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, en passant par Fabien Roussel du PCF.

Le Secrétaire national du Parti communiste français reprochait mercredi au maire écologiste de Grenoble Eric Piolle “d’ instrumentaliser cette affaire pour des raisons de politique interne” et regrettait que “le maire de Grenoble en fasse une affaire nationale”.

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    Dans son programme, la NUPES a trouvé des solutions pour solder ses désaccords

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 19 May - 12:50 · 5 minutes

Les solutions trouvées par la NUPES pour solder ses désaccords Les solutions trouvées par la NUPES pour solder ses désaccords

POLITIQUE - Ne parlez plus de désaccords, mais désormais de “nuances”. Jean-Luc Mélenchon , Julien Bayou, Olivier Faure, Ian Brossat, Clémence Guetté et plusieurs cadres de la NUPES, la nouvelle alliance des partis de gauche, ont présenté ce jeudi 19 mai leur programme commun pour les élections législatives du mois de juin.

Une feuille de route forte de 650 mesures -et huit axes- qui se veut comme un “contre-projet” aux propositions déjà portées par Emmanuel Macron et les responsables de la majorité. On y retrouve, par exemple le SMIC à 1500 euros, la retraite à 60 ans, ou le référendum d’initiative citoyenne. Tous les marqueurs (ou presque) de l’Avenir en commun, le projet défendu par la France insoumise à la présidentielle sont présents.

A la tribune, ce jeudi, les orateurs, qu’ils soient socialistes, écologistes, insoumis ou communistes, ont loué un travail “collectif”, “historique”, pour aboutir à “cette plateforme d’idées”. Sont-ils d’accord sur tout, pour autant? Pas tout à fait. Malgré cela -et les efforts sémantiques déployés par chacun pour ne froisser personne- plusieurs points sensibles restent à éclaircir. Ou à trancher.

33 mesures débattues

Au total, 33 mesures sont encore en discussion, soit 5% du programme final. Ce sont les “nuances”, a ainsi expliqué Jean-Luc Mélenchon dans son propos introductif, lequel “ne veut pas laisser croire que certains sujets resteraient sous le tapis”.

Alors, pour ne pas remettre en cause “l’essentiel”, ce sur quoi ils sont tombés d’accord, la NUPES promet ainsi une certaine autonomie à toutes ses entités. En cas de victoire, les différentes formations politiques qui forment cette alliance pourront défendre des positions, ou des subtilités, propres.

“Ces 5% (les mesures encore en débat) seront arbitrés par le Parlement”, a ainsi expliqué le leader de la France insoumise, toujours prompt à s’imaginer à Matignon. “En toutes hypothèses, le mandat impératif n’existe pas en France, en toutes hypothèses, tous les parlementaires conservent leur liberté de vote. C’est comme ça, nous n’allons pas en changer”, a-t-il ainsi résumé, avant de marteler: “L’idée n’a pas été d’aboutir dans une fusion idéologique (...) nous ne demandons à personne de renier ses convictions.”

Le nucléaire, sujet toujours radioactif?

En clair: Si la NUPES s’impose en juin prochain et installe une majorité de députés à l’Assemblée nationale, les communistes, par exemple, pourront continuer à défendre le nucléaire dans le mix énergétique. Et ce, même si la majorité des partis de la nouvelle union, les Insoumis en tête, y sont farouchement opposés.

C’est sans doute l’un des dossiers les plus épineux. “Nous sommes d’accord sur l’essentiel, néanmoins il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous avons des nuances, la question du nucléaire, évidemment en fait partie”, a confirmé pudiquement Ian Brossat à la tribune, le porte-parole du PCF qui remplaçait Fabien Roussel, retenu dans sa circonscription. “Nous continuerons à défendre nos convictions”.

Pour tenter de déminer ces dossiers au maximum, Jean-Luc Mélenchon a tenté, à plusieurs reprises, de ramener les questions idéologiques à des enjeux plus concrets. “Le mot anti-nucléaire est mal choisi, on essaie de répondre à une situation”, a-t-il par exemple déclaré à la tribune, “que voulons-nous? Produire de l’électricité, c’est ça le sujet.” Conscient des divisions qui parcourent les différentes chapelles politiques, à droite comme à gauche, l’Insoumis se dit prêt à organiser un référendum sur le sujet. Comme il l’avait déjà indiqué dans la campagne présidentielle.

“Suivant le contexte, il peut apparaître que c’est important, parce que ça se dispute beaucoup, de demander son avis au peuple Français. Et de faire un référendum”, a-t-il ainsi lancé, en insistant, malgré tout, sur le fait que “tout le monde est d’accord sur la montée en gamme des énergies renouvelables.”

Et les relations internationales?

Enfin, les différents partenaires de la NUPES ont également trouvé un terrain d’entente sur le chapitre européen, point de discorde fréquent. Comme dans leur accord scellé au début du mois de mai, certains parlent de “désobéir” aux règles quand d’autres préfèrent y “déroger de manière transitoire”, mais tous partagent les mêmes objectifs: “mettre fin au cours libéral et productiviste” de l’Union européenne et appliquer quoiqu’il en coûte leurs 650 mesures.

Le tout, et c’est un ajout significatif, sans prendre part à une logique de “déconstruction” de l’Union. C’est Corinne Narassiguin, la numéro deux du PS qui s’est chargée de faire ce rappel. “La France étant un pays fondateur de l’UE, elle ne peut pas avoir pour politique la sortie de l’Union, ni sa désagrégation ou la sortie de la monnaie unique”, a-t-elle lancé à la tribune.

Ceci dit, reste encore la question ô combien sensible de l’OTAN, dont Jean-Luc Mélenchon -et les Insoumis- sont les premiers pourfendeurs. La sortie de l’alliance n’est pas dans le programme.

“Je vois bien que mon point de vue n’est pas partagé aujourd’hui”, admet désormais l’intéressé... mais “c’est une dissertation hors du réel: aucune décision concernant la sortie de l’Otan ne serait ratifiée par le Président, par conséquent, la question est nulle et non avenue donc je ne vois pas pourquoi je m’en torturerai.” Pratique.

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