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    Mali: l'armée annonce avoir découvert un charnier près d'une ancienne base française

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 22 April - 22:50 · 3 minutes

Un véhicule blindé léger de la force française Barkhane, dans la ville de Gossi au Mali, le 25 mars 2019. Un véhicule blindé léger de la force française Barkhane, dans la ville de Gossi au Mali, le 25 mars 2019.

MALI - L’armée malienne a affirmé ce vendredi 22 avril avoir découvert un charnier près de la base que lui a restituée il y a quatre jours l’armée française à Gossi, dans le nord du pays.

Cette annonce survient quelques heures après que l’armée française ait accusé les mercenaires russes de Wagner de manipulation de l’information.

L’armée française assure avoir filmé ce qu’elle affirme être des mercenaires russes en train d’enterrer des corps près de la base de Gossi, dans le but selon elle d’accuser les Français d’avoir laissé un charnier derrière eux.

“Des dépouilles en état de putréfaction avancée ont été découvertes dans un charnier, non loin du camp anciennement occupé par la force française Barkhane ”, affirme l’état-major général des armées maliennes dans un communiqué.

Mardi, l’état-major français avait déjà prévenu s’attendre à des “attaques informationnelles” visant à décrédibiliser l’armée française à l’occasion de la rétrocession de la base de Gossi.

“L’état de putréfaction avancée des corps indique que ce charnier existait bien avant la rétrocession. Par conséquent, la responsabilité de cet acte ne saurait nullement être imputée aux Fama”, les forces armées maliennes, selon le communiqué.

Le ministère de la Défense a été “saisi pour l’ouverture d’une enquête en vue d’établir toute la lumière sur ledit charnier”.

300 soldats français ont quitté la base de Gossi

Cette annonce de l’armée malienne survient après le départ des militaires français de la base de Gossi, dans le cadre du désengagement français du Mal i, annoncé en février.

Les clés de cette emprise qui accueillait 300 soldats français ont été remises mardi aux forces armées maliennes.

C’est la première fois que l’armée française diffuse dans un délai si court des images de drone militaire en vue de contrer une attaque informationnelle, alors que la lutte d’influence fait désormais rage sur les réseaux sociaux.

Dans la vidéo prise par drone à laquelle l’AFP a eu accès jeudi soir, on peut voir des soldats s’affairer autour de cadavres qu’ils recouvrent de sable. Dans une autre séquence, on voit deux de ces militaires filmer les corps à moitié ensevelis.

Paris a décidé son retrait militaire du Mali, dans un contexte sécuritaire dégradé et sur fond de tensions entre la France et la junte militaire au pouvoir, accusée par les Occidentaux d’avoir recours aux services du groupe Wagner. Bamako évoque pour sa part de simples conseillers russes.

Quelque 4600 soldats français sont actuellement déployés au Sahel, dont 2500 au Mali.

Paris a depuis plusieurs fois réaffirmé qu’elle n’entendait pas cesser son combat contre les jihadistes qui sévissent dans la région et souhaitait travailler avec les pays voisins du Golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest, où les jihadistes menacent de se disséminer.

À voir également sur Le HuffPost : En patrouille avec les militaires de Barkhane au Mali

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    Le Mali demande à la France de "retirer sans délai" ses soldats

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 18 February - 14:44 · 2 minutes

Des soldats français à Gao au Mali en février 2013. 

MALI - La junte au pouvoir à Bamako a demandé ce vendredi 18 février à la France de “retirer sans délai” ses soldats du Mali , au lendemain de l’annonce par Paris et ses partenaires d’un retrait échelonné sur les prochains mois .

Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le porte-parole du gouvernement installé par les militaires, le colonel Abdoulaye Maïga, qualifie l’annonce du désengagement français de “violation flagrante” des accords entre les deux pays. Il dit aussi que les résultats de neuf ans d’engagement français au Mali “n’ont pas été satisfaisants”.

“Au regard de ces manquements répétés (aux) accords de défense, le gouvernement invite les autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes”, dit le colonel Maïga.

Cette demande de retrait immédiat de la part des colonels arrivés au pouvoir par la force en août 2020 est un nouveau défi à l’ancien partenaire français, après des mois de montée des tensions.

Macron ne transigera pas sur la sécurité de ses soldats

Le président français Emmanuel Macron a tout de suite rejeté l’exigence de la junte militaire au pouvoir à Bamako de retirer les soldats français “sans délai” du Mali et a mis en garde contre toute atteinte à leur sécurité, ce vendredi lors d’une conférence de presse à l’issue du 6e sommet entre l’UE et l’Union africaine à Bruxelles .

“Nous avons annoncé la réarticulation du dispositif et il s’appliquera en bon ordre afin d’assurer la sécurité de la mission des Nations unies et de toutes les forces déployées au Mali. Je ne transigerai pas une seconde sur leur sécurité”, a averti le chef de l’Etat.

La veille, Emmanuel Macron et les alliés de la France engagés au Mali avaient annoncé un “retrait coordonné” du pays, après neuf ans d’engagement sur place. “Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies” et les pays ont décidé “le retrait coordonné” du pays, ont-ils estimé dans un communiqué commun.

En outre, la France et ses alliés regrettent particulièrement le non-respect des échéances électorales -présidentielle et législatives- qui devaient se tenir avant le 27 février. Ils ont d’ailleurs exhorté les autorités maliennes à mettre en place une “période de transition et à organiser des élections libres, équitables et crédibles”.

Mais la France et ses alliés ont assuré vouloir “rester engagés dans la région” du Sahel en proie à la contagion jihadiste , selon cette déclaration conjointe. “Afin de contenir la potentielle extension géographique des actions des groupes armés terroristes en direction du Sud et de l’Ouest de la région, les partenaires internationaux indiquent leur volonté d’envisager activement d’étendre leur soutien aux pays voisins du golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest, sur la base de leurs demandes”, est-il également précisé.

À voir également sur Le HuffPost : La France annonce quitter le Mali, mais pas le Sahel

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    Mali: Hollande, qui a lancé Barkhane, aurait retiré les troupes "plus tôt"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 21:00 · 2 minutes

Mali: Hollande, qui a lancé Barkhane, aurait retiré les troupes

MALI- Retirer l’armée française du Mali ? François Hollande approuve, et l’aurait même fait bien plus tôt, s’il avait été à la place d’Emmanuel Macron. Interrogé en direct sur BMTV ce jeudi 17 février, l’ancien président a défendu sa décision d’ envoyer les troupes françaises au Mali en 2013 et salué le retour des troupes, même si, selon lui, il aurait dû avoir lieu plus tôt, dès le coup d’État de 2020.

François Hollande s’est exprimé quelques heures après que la France et ses partenaires européens ont officialisé leur retrait militaire du Mali , poussés vers la sortie par la junte au pouvoir à Bamako , au terme de neuf ans de lutte antidjihadiste menée par Paris.

Évoquant les sacrifices des soldats français , dont 53 sont décédés, François Hollande a salué le travail des équipes sur le terrain, rappelant à ceux qui disent que l’opération a été échec que “si cette opération n’avait pas réussi, le djihadisme se serait installé durablement”. Et d’assurer: “ Le sacrifice des soldats n’aura pas été vain ”.

Il a ensuite rappelé que “l’intervention de la France en janvier 2013 était à la demande des autorités maliennes et des chefs d’États ouest-africains. Sans elle, Bamako aurait été conquis par les jihadistes et l’ensemble des pays de la région aurait été déstabilisé”. Ainsi, il l’assure: “Si c’était à refaire, je prendrais la même décision car elle était conforme à nos valeurs et capable de porter un coup d’arrêt au terrorisme”.

Toutefois, pour ce qui est du retrait des troupes, il a lancé une petite pique à son successeur: “J’aurais sans doute fait un retrait plus précoce, au moins dès le coup d’État de 2020. Je serais parti plus tôt, dès lors qu’il y avait une rupture, dès lors qu’il n’y avait plus d’institutions ni de dialogue politique”, a-t-il affirmé.

À voir également sur Le HuffPost: Pour Le Drian, ce n’est pas la France qui quitte le Mali, “c’est le Mali qui s’isole”

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    Fin de l'opération Barkhane: Tout comprendre avec notre dossier spécial

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 17:05 · 6 minutes

Fin de l

AFRIQUE - Ce jeudi 17 février, Emmanuel Macron a annoncé le retrait des troupes françaises du Mali et la fermeture des trois bases militaires qui restent dans le pays: Gossi, Menaka et Gao , non loin de la zone dite des “trois frontières”.

En décembre dernier, Le HuffPost s’est rendu sur la “plateforme opérationnelle Désert” de Gao, la plus grosse emprise française au Mali à ce moment-là. Après Kidal et Tessalit, Tombouctou est alors en train d’être rétrocédée aux forces armées maliennes (FAMa). Barkhane est en pleine transition.

Ce retrait, après plus de 9 ans de présence militaire française au Mali, n’est pas une surprise pour les observateurs de la région. Depuis les deux coups d’Etat successifs d’une junte militaire au Mali, en août 2020 puis juin 2021, les tensions n’ont cessé d’augmenter.

La visite annulée de Macron

C’est dans ce contexte électrique que nous nous sommes rendus dans le désert sub-saharien, en atterrissant à Gao le 14 décembre 2021. Nous arrivons à un moment charnière, puisque les clefs de la dernière base du Nord, Tombouctou, sont remises aux forces armées maliennes le jour-même.

Sur place, les militaires s’affairent à ce qu’ils n’appellent pas un retrait mais un “redéploiement” de l’opération Barkhane, qui s’avère être un défi logistique. Mais surtout, des rumeurs - qui seront confirmées - courent sur la visite prochaine du président de la République pour un dîner de Noël avec les soldats français en “Opex” (opération extérieure).

Une visite qui sera finalement annulée deux jours plus tôt ( voir la vidéo ci-dessous ), officiellement en raison du Covid, mais en réalité en raison de désaccords avec la junte malienne. Déception sur place, où l’on s’attendait à des annonces d’Emmanuel Macron sur la suite de la “transformation” de l’opération Barkhane. À Gao, la salle de presse venait d’être installée.

Noël en “opex” à Gao

Sur place, les militaires s’apprêtent à fêter Noël loin de leurs familles ( voir la vidéo ci-dessous ) et installent les décorations, dans un climat estival. Environ 2500 militaires français sont présents au Mali à ce moment-là, sur les 4600 militaires français déployés dans la bande saharo-sahélienne. La transformation prévoit également une réduction des effectifs, qui doivent tomber à entre 2500 et 3000 d’ici 2023.

La majorité des troupes est située à Gao. C’est une mini-ville que l’on découvre, avec son bureau de poste, sa pizzeria - tenue par un local -, ses bâtiments, sa supérette, son aéroport qui est aussi celui de la ville, dont la piste coupe la base en deux, ses deux hôpitaux militaires.

En termes de volumes, c’est aussi 3000m3 de carburant utilisés par mois, l’équivalent de la consommation de l’aéroport de Nantes. Autre exemple: sur 4 mois, à cause du climat et du sable abrasif, c’est l’équivalent de trois hauteurs de la tour Eiffel en pneus qui sont utilisés. En moyenne, les militaires font face à 15 crevaisons par jour.

Côté matériel, des milliers de containers KC20 sont répartis dans le camp, auxquels s’ajoutent ceux venus des bases ayant été fermées. Gao est une base militaire qui sert aussi de hub logistique.

En patrouille avec les militaires français

Il y a des véhicules militaires partout. Des centaines de blindés, dont depuis l’automne dernier le fameux véhicule de transport de troupes nouvelle génération, le Griffon, acheminé jusqu’au Mali pour remplacer le véhicule de l’avant blindé (VAB).

Et dont l’armée de Terre est fière, car ce sont des véhicules ultra-modernes, avec la clim, et qu’ils peuvent servir au combat et/ou au transport. C’est dans l’un de ces Griffons que Le HuffPost est embarqué en patrouille avec le 3e Régiment d’infanterie de Marine (RIMa) de Vannes, le 15 décembre ( voir la vidéo ci-dessous ).

Après un départ à 4h30 du matin, cette seule sortie en dehors de la plateforme militaire dure plus de 9h, durant lesquelles nous visitons plusieurs villages aux alentours de Gao, dans le désert mais aussi au bord du fleuve Niger, à quelques kilomètres de là.

“Le sacrifice ultime”

Sur place, pendant notre séjour, aucune alerte de sécurité ne sera déclenchée. Tout militaire ou civil est équipé d’une Trousse Individuelle du Combattant. Et surtout, porte un garrot “tourniquet” à sa ceinture, ajusté à la taille de sa cuisse, par précaution. Des abris sont disséminés un peu partout dans le camp.

Le 22 janvier, quelques semaines après notre reportage, une attaque au mortier atteint la base de Gao, lors de laquelle un soldat français, le brigadier Alexandre Martin, 24 ans, trouve la mort en succombant à ses blessures. Les mortiers sont tombés juste à côté des bureaux de presse, en plein cœur de la base.

À Gao, nous avions interrogé quelques-uns des soldats rencontrés sur leur rapport à la mort et sur l’éventualité de devoir accomplir le “sacrifice ultime” pour la France ( voir la vidéo ci-dessous ). Au Sahel, 59 soldats français sont morts depuis 2013, dont 53 sont “morts pour la France”, selon les chiffres de l’état-major des armées.

Du côté des djihadistes, impossible d’avoir un décompte. C’est le travail qu’a essayé d’effectuer Médiapart, qui d’après ses calculs estime qu’au moins 2800 “présumés djihadistes” ont été “neutralisés” -selon le terme employé par l’armée française- depuis 2013.

Expulsion de l’ambassadeur de France

Lundi 31 janvier, les autorités maliennes somment l’ambassadeur de France de quitter le territoire dans un délai de 72h. Un épisode de plus dans l’escalade des tensions politiques entre Bamako et Paris, qui ne font que s’accentuer depuis la prise de pouvoir de la junte militaire.

“On ne peut pas rester au Mali à n’importe quel prix. Les conditions de notre intervention sont rendues de plus en plus difficiles”, indique alors la ministre des armées Florence Parly ( voir la vidéo ci-dessous ).

En pleine présidentielle en France

Le sujet tombe en pleine campagne pour la présidentielle 2022 en France. Si Emmanuel Macron n’est pas encore candidat, tous ceux de l’opposition, à droite comme à gauche, s’emparent du sujet pour critiquer la majorité. Et pour réclamer, de manière quasi unanime, un retrait des troupes françaises du Mali ( voir la vidéo ci-dessous ).

Le 17 février, le président de la République acte ce retrait et annonce qu’il interviendrait dans un délai de 4 à 6 mois. Un retrait dont les contours ne sont pas encore définis , mais qui est appelé, une nouvelle fois, “redéploiement”. La France entend rester au Sahel, mais “différemment”.

Cette série de reportages au cœur de l’opération Barkhane sur la base militaire de Gao, au Mali, a été réalisée à l’occasion d’un voyage de presse financé en partie par le Service d’information et de relations publiques de l’armée de terre (SIRPA Terre) et la cellule communication de l’état-major des armées (EMA/COM). Aucun droit de regard n’a été exercé sur les images, aucune relecture des articles avant publication.

À voir également sur Le HuffPost : La France annonce quitter le Mali, mais pas le Sahel

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    Retrait de la France au Mali: ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas encore

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 12:34 · 5 minutes

AFRIQUE - La France va progressivement quitter le Mali. “Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés” a affirmé Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’Élysée, jeudi 17 février.

“La lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier, elle ne doit pas, sous prétexte d’être une priorité absolue, se transformer en exercice de conservation indéfinie du pouvoir”, a-t-il ajouté comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus .

C’est à l’issue d’un dîner à l’Élysée entre le président de la République et les acteurs européens et africains engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, que la décision a été prise. Présentée comme une ”évidence” par Emmanuel Macron, c’est le dernier acte de plusieurs mois de tensions entre Paris et Bamako .

À la table de ce dîner, étaient présents les dirigeants du Niger, du Tchad et de la Mauritanie, ainsi que ceux des pays d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo et Bénin, Sénégal). Le Mali et le Burkina Faso n’étaient pas conviés.

La question qui se pose pour la France, maintenant que le départ est acté, c’est de savoir comment rester présent au Sahel et continuer à combattre les groupes terroristes et djihadistes dans la région?

Fermeture de Gossi, Menaka et Gao

Emmanuel Macron a donc annoncé, “dans un exercice qui va prendre 4 à 6 mois”, la fermeture des bases de Gossi, Menaka et Gao , situées près de la zone dite des “trois frontières”. “Notre emprunte doit se réduire, comme nous l’avons fait à Kidal, Tessalit et Tombouctou”, a indiqué le chef de l’État.

2400 militaires français sont aujourd’hui présents au Mali, sur les 4600 militaires français déployés dans la bande saharo-sahélienne. Au total, 2500 à 3000 soldats français resteront déployés au Sahel au terme de leur retrait du Mali d’ici environ six mois, a indiqué l’Etat-major des armées françaises.

En revanche, quid de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), qui compte 13.000 hommes et de l’opération européenne de formation des soldats maliens (EUTM)? Si leur présence est maintenue, le soutien qui leur est apporté par Barkhane est une question. À l’Elysée, on admet que le départ de la France “peut avoir un impact” sur ces missions.

Coopération avec les forces armées maliennes

L’armée française devrait continuer à coopérer jusqu’à son retrait avec ces missions, ainsi qu’avec les forces armées maliennes (FAMa), qui ont bénéficié de formation et ont conduit des opérations aux côté des forces européennes.

“Les FAMa d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec FAMa de 2013, explique l’Elysée, qui se voulait confiant à la veille des annonces, à l’association des journalistes de défense (AJD). Depuis un an et demi, on a des forces militaires au Mali qui sont capables de répondre et qui réagissent. Et qui tiennent par rapport aux attaques de groupes terroristes.”

Emmanuel Macron a lui par ailleurs rappelé que si “le pire avait été évité” au Mali depuis 2013 grâce à la présence française, le rôle de la France n’était pas de se “substituer à ce qui est le devoir de l’Etat souverain”.  Une réflexion et des conclusions confortées côté français par la présence des mercenaires du groupe privé russe Wagner , selon l’Élysée, qui affirme que sur le terrain, le risque “d’interférence” avec est élevé.

Départ de la task force “Takuba”

La force “Takuba”, groupement de forces spéciales composée principalement d’unités de plusieurs pays de l’Union européenne, quitte aussi le pays. Fin janvier, la junte au pouvoir au Mali avait soudainement exigé le départ des soldats danois tout juste intégrés à Takuba, jugeant que leur présence n’avait pas fait l’objet du “consentement” de Bamako. Le contingent estonien avait annoncé son départ il y a quelques jours.

La France, ses alliés européens et le Canada ont annoncé un “retrait coordonné”, par un communiqué commun publié jeudi 17 février au matin. “Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies”, estiment-ils.

Certains militaires européens participant à cette task force “seront repositionnés aux côtés des forces armées nigériennes dans la région frontalière du Mali”, a affirmé le président Emmanuel Macron, qui tient malgré tout à faire perdurer “l’esprit Takuba” de coopération européenne. Reste à voir quels pays suivront.

Redéploiement dans les pays voisins

La France ne quitte donc pas le Sahel pour autant. Emmanuel Macron a affirmé vouloir “appuyer et impliquer davantage les pays voisins de la bande sahélienne, à savoir les pays du Golfe de Guinée”. La France compte 800 militaires au Niger, quelques centaines au Burkina Faso - qui seront maintenus pour l’instant malgré le coup d’Etat - et 800 au Tchad.

“Nous définirons dans les semaines et mois qui viennent, l’appui que nous apporterons à chacun des pays de la région sur la base des besoins qu’ils auront exprimé”, a indiqué le président français.

La capitale du Niger, Niamey, où se trouve une base aérienne française, deviendra le “coeur” du redéploiement. L’objectif: réarticuler un dispositif “africano-européen”, avec la France comme “nation cadre”, qui ne s’appuiera plus sur de grandes bases fixes mais sur un soutien des forces des États partenaires et des forces spéciales internationales qui pourront effectuer des attaques ciblées.

Un dispositif moins militarisé?

Emmanuel Macron a affirmé la volonté collective de “mettre davantage les populations civiles au coeur” de la stratégie. “Première cible des exactions d’Al-Qaida et de Daesh, elles ne peuvent être réduites à un rôle de victimes”, a-t-il soulevé en exprimant le souhait de renforcer l’Alliance pour le Sahel, créée en 2017.

Dans l’entourage du président, on parle pour la suite d’une “approche globale, préventive” qui s’appuierait sur “la coopération entre les services de renseignement, de la police, de la justice, une situation économique favorable”. Une logique “plus partenariale et co-construite avec les acteurs régionaux” et “pas seulement sécuritaire”, qui sera l’objet du somment UE-Afrique qui commence aujourd’hui.

À voir également sur Le HuffPost : En patrouille avec les militaires de Barkhane au Mali

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    La France annonce quitter le Mali, mais pas le Sahel

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 07:52 · 3 minutes

POLITIQUE - La fin de neuf ans d’engagement. Ce jeudi 17 février, la France a annoncé le retrait des troupes militaires au Mali, où les relations se sont compliquées avec la prise de pouvoir par la junte et le sentiment anti-français croissant.

La France, ses alliés européens dans Takuba et le Canada annoncent un “retrait coordonné”. “Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies” et les pays ont décidé “le retrait coordonné” du pays, estiment-ils dans un communiqué commun. Ils regrettent particulièrement le non-respect des échéances électorales - présidentielle et législatives - qui devaient se tenir avant le 27 février.

“Nous exhortons les autorités maliennes à achever la période de transition et à organiser des élections libres, équitables et crédibles”, soulignent les alliés. “Nous réaffirmons tous notre forte volonté de poursuivre notre partenariat avec et notre engagement pour le peuple malien dans la durée, pour faire face à tous les défis posés par l’activité des groupes armés terroristes au Sahel”, précise le communiqué de l’Élysée.

“Ce retrait se traduira par la fermeture des emprises de Gossi de Ménaka et de Gao, il sera effectuée de manière ordonnée, avec les forces armées maliennes et avec la Mission des Nations unies au Mali” et “durant cette période, nous maintiendrons nos missions de soutien au profit de la Minusma”, a précisé Emmanuel Macron.

Rester au Sahel: Niger et Golfe de Guinée

La France et ses alliés ont assuré de leur “volonté de rester engagés dans la région” du Sahel en proie à la contagion jihadiste, selon une déclaration conjointe.

C’est désormais vers le Niger et le golfe de Guinée que se tournent les regards. “Afin de contenir la potentielle extension géographique des actions des groupes armés terroristes en direction du Sud et de l’Ouest de la région, les partenaires internationaux indiquent leur volonté d’envisager activement d’étendre leur soutien aux pays voisins du golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest, sur la base de leurs demandes”, en appui d’autres initiatives déjà en place. “Des consultations politiques et militaires” ont été entamées avec les acteurs politiques “dans l’objectif d’arrêter les paramètres de cette action commune d’ici juin 2022.”

Un objectif que le chef de l’État a répété en conférence de presse ce jeudi. “Les Etats du golfe de Guinée sont de plus en plus exposés à des tentatives d’implantation des groupes terroristes sur leur territoire”, a-t-il insisté.

Macron “récuse totalement” un échec

Emmanuel Macron a aussi salué la “décision courageuse du président François Hollande d’intervenir au Mali”, en 2013, en rappelant que cette initiative avait été enclenchée ”à la demande des autorités maliennes et régionales”.

Appelant à un “sursaut civil” pour contrer l’influences des groupes jihadistes, Emmanuel Macron a annoncé vouloir ”“mettre davantage les populations civiles au cœur de notre stratégie de lutte”. Condition sine qua non d’une action militaire “efficace” sur le terrain.

Interrogé sur le sentiment d’échec qui accompagne cette issue, Emmanuel Macron “récuse totalement” ce constat. “Que ce serait-il passé en 2013 si la France n’avait pas fait le choix d’intervenir? Vous auriez eu, à coup sûr, un effondrement de l’État malien”, a répondu le chef de l’État.

“Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés. C’est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui au Mali. La lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier, elle ne doit pas, sous prétexte d’être une priorité absolue, se transformer en exercice de conservation indéfinie du pouvoir”, a-t-il poursuivi.

À voir également sur Le HuffPost: Quitter le Mali? Les oppositions sont pour, sauf Hidalgo

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    Quitter le Mali? Les oppositions sont pour, sauf Hidalgo

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 17 February - 05:47 · 1 minute

AFRIQUE - Les annonces concernant un éventuel retrait de la France au Mali sont imminentes. Emmanuel Macron a dîné mercredi 16 février avec les acteurs européens et africains engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Une conférence de presse est prévue à l’Élysée ce jeudi 17 février à 9h sur “l’engagement de la France et de ses partenaires au Sahel”.

Du côté des principaux candidats à l’élection présidentielle , de droite à gauche, les oppositions sont quasi unanimes : la France doit se désengager progressivement de ce pays d’Afrique de l’Ouest où elle s’est positionnée en 2013 à l’initiative de François Hollande. Plusieurs candidats ont d’ailleurs dénoncé une “humiliation” lors du récent renvoi de l’ambassadeur de France au Mali.

Extrême tension entre Paris et Bamako

Un épisode de plus qui a eu lieu dans un contexte d’extrême tension entre Paris et Bamako, depuis un premier putsch en août 2020 puis en mai 2021, sur fond de déploiement de mercenaires russes dans ce pays du Sahel et après le renvoi du contingent danois de l’opération internationale antijihadiste Takuba.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus , tous les principaux candidats à la présidentielle, de Marine Le Pen à Yannick Jadot, sont pour un retrait du Mali. Tous, sauf Anne Hidalgo, qui prône un “maintien” de la présence française au Mali, pour “notre sécurité” et parce qu’on “ne peut pas donner cette victoire aux terroristes”, même si elle n’a pas nié “qu’il faille adapter” cette présence.

À voir également sur Le HuffPost : Pourquoi le Mali a-t-il expulsé l’ambassadeur de France?

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    Quitter le Mali? Les oppositions sont pour, sans oublier de critiquer (parfois à tort) Macron

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 2 February - 19:53 · 4 minutes

DIPLOMATIE - Après l’annonce lundi de l’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali par la junte au pouvoir, l’opposition est quasi unanime en faveur d’un désengagement progressif de ce pays d’Afrique de l’Ouest, un débat qui s’immisce dans la campagne.

À 67 jours du premier tour de la présidentielle , plusieurs candidats ont dénoncé une “humiliation” qui a lieu dans un contexte d’extrême tension entre Paris et Bamako depuis un premier putsch en août 2020 puis en mai 2021, sur fond de déploiement de mercenaires russes dans ce pays du Sahel et après le renvoi du contingent danois de l’opération internationale antijihadiste Takuba.

Engagée militairement contre le terrorisme au Mali et au Sahel depuis 2013, notamment avec les forces Barkhane , “la France a perdu une influence folle en Afrique”, estime Marine Le Pen, pour qui le comportement du Mali doit susciter “une réponse extrêmement ferme” de la part de Paris.

“Rapatrier” les soldats français

La candidate RN a suggéré mardi à Brest de “rapatrier” les soldats français “au Tchad” et de “mettre fin à l’aide internationale à destination du Mali”. Elle considère que “si le gouvernement malien souhaite faire appel à d’autres États (comme la Russie, ndlr ) pour assurer sa défense il en va de sa souveraineté”.

“Nos soldats meurent pour un pays qui nous humilie”, dénonçait lundi son grand rival d’extrême droite Éric Zemmour dans un tweet, après la mort samedi d’un soldat français au Mali dans une attaque au mortier, première victime de l’année 2022 et 53e militaire tué au combat au Sahel depuis 2013. “Toute la politique africaine de la France est à repenser”, a recommandé le candidat du parti Reconquête!.

De son côté, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon a dit le “chagrin” que lui inspire la situation. “Nous avons perdu plus de 50 personnes là-bas, nous finissons dans un imbroglio qui n’est pas digne”, a-t-il regretté mardi lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes de défense (AJD).

Depuis longtemps hostile à la présence de troupes françaises au Mali, le candidat LFI, pour qui “le bilan du président Macron est un désastre absolu”, considère que “tout cela est très mal engagé et qu’il faut se retirer de là”. Le candidat PCF Fabien Roussel a également plaidé pour “sortir” du Mali “de manière progressive”.

Redimensionner l’opération au Sahel

Pour le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, il faut “redimensionner notre opération au Sahel”, en s’appuyant “sur des États qui veulent bien de nous”, car “on ne peut pas accepter de sacrifier nos soldats et d’être insulté par le Mali”, a-t-il déclaré dans une vidéo sur son compte Twitter lundi.

Yannick Jadot, le candidat écologiste, a aussi préconisé sur RTL mercredi matin le “repli de nos soldats sur d’autres pays” et que ceux au Mali soient maintenu “dans les camps, les casernes”. “Il n’est plus question qu’ils sortent”, a-t-il dit.

À droite, la candidate LR Valérie Pécresse a critiqué un manque d’anticipation de l’exécutif. “Il ne faut pas quitter le Sahel mais la question de notre maintien au Mali est clairement posée”, a-t-elle déclaré mercredi matin sur CNews, martelant qu’on “n’a pas vocation à rester dans un pays qui ne veut pas de nous”.

Hidalgo pour un “maintien”

Anne Hidalgo a toutefois mis en avant lundi sur RTL la nécessité de “maintenir” une présence française au Mali, pour “notre sécurité” et parce qu’on “ne peut pas donner cette victoire aux terroristes”, même si elle n’a pas nié “qu’il faille adapter” cette présence.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait rappelé que la France avait “progressivement réduit la voilure” et qu’elle allait “continuer à le faire” puisque les forces Barkhane passeront de 5.000 hommes à l’été 2021 à 3.500-4.000 à l’été 2022.

À l’issue du Conseil des ministres, il a fustigé “des propos d’estrade” sur des “sujets graves” de candidats, citant ensuite Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Eric Zemmour, qui “probablement se disent que, pour construire une stature présidentielle il faut avoir des propos forts sur la situation internationale”.

Gabriel Attal a notamment ironisé après avoir vu “une candidate se scandaliser que nous ne renvoyions pas l’ambassadeur du Mali en France alors qu’il n’y a plus d’ambassadeur du Mali en France depuis deux ans”, en allusion à Marine Le Pen et Valérie Pécresse.

“D’ici la mi-février on va travailler avec nos partenaires pour voir quelle est l’évolution de notre présence sur place” et “prévoir une adaptation”, a précisé Gabriel Attal, tandis que Berlin a aussi affirmé mercredi que l’engagement militaire des Européens au Mali devait être réévalué.

Jean Castex a annoncé ce mercredi devant le Sénat qu’un débat sera organisé au Parlement afin d’évoquer l’engagement militaire de la France au Mali. “Le Parlement évidemment mérite d’être parfaitement informé” et “le gouvernement organisera un débat sur la base de l’article 50-1 sur ce sujet extrêmement important”, a déclaré le Premier ministre, répondant sur ce point à la demande du président du groupe socialiste Patrick Kanner.

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