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    Obsèques de Shireen Abu Akleh en Israël: la police ouvre une enquête après son opération critiquée

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 5 days ago - 13:39 · 5 minutes

En Israël, la police ouvre une enquête après son opération aux obsèques de Shireen Abu Akleh (AP Photo/Maya Levin) En Israël, la police ouvre une enquête après son opération aux obsèques de Shireen Abu Akleh (AP Photo/Maya Levin)

ISRAËL - La police israélienne a annoncé ce samedi 14 mai l’ouverture d’une enquête après le tollé international provoqué par l’intervention de ses membres lors des funérailles de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, dont le cercueil a failli tomber après les coups de matraque contre les porteurs.

Des milliers de Palestiniens ont participé aux obsèques de la journaliste américano-palestinienne de la TV Al Jazeera , tuée mercredi d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait un raid militaire israélien dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Elle portait un gilet pare-balles siglé “presse” et un casque de reportage.

À la sortie du cercueil de l’hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville également occupé par Israël, la police a fait irruption dans l’enceinte de l’établissement et chargé une foule brandissant des drapeaux palestiniens.

Le cercueil a failli tomber des mains des porteurs frappés par des policiers armés de matraques avant d’être rattrapé in extremis, selon des images retransmises par les télévisions locales.

Des violences “inacceptables”

“Le commissaire de la police israélienne, en coordination avec le ministre de la Sécurité publique, a ordonné une enquête sur l’incident. Les conclusions seront présentées au commissaire dans les prochains jours”, a indiqué la police dans un communiqué. Elle a répété que les policiers “avaient été exposés à la violence des émeutiers, ce qui les a poussés à recourir à la force”.

Les images de la charge de la police circulant en boucle sur les réseaux sociaux ont provoqué un tollé international.   “Nous avons été profondément troublés par les images de l’intrusion de la police israélienne au sein du cortège funéraire”, a dit le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken.

L’Union européenne a condamné “l’usage disproportionné de la force et le comportement irrespectueux de la police israélienne”.

La représentation française à Jérusalem a jugé “profondément choquantes” les “violences policières”, et l’Espagne a dénoncé comme “inacceptables” le “recours à la force disproportionné”. Le patron de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit “profondément troublé”.

33 blessés et six arrestations

“Les forces d’occupation ne se sont pas contentées de tuer Shireen (...) mais elles ont terrorisé ceux qui l’ont accompagnée vers sa dernière demeure”, a dénoncé le Qatar.

Pour la Fondation Desmond Tutu, les scènes de l’intervention policière “font froid dans le dos, rappelant la brutalité infligée aux personnes endeuillées lors de funérailles de militants contre l’apartheid” en Afrique du Sud.

“Si vous n’arrêtez pas ces chants nationalistes, nous devrons vous disperser en utilisant la force et nous empêcherons les funérailles d’avoir lieu”, a déclaré dans un mégaphone un policier israélien en direction de la foule dans l’enceinte de l’hôpital vendredi, selon une vidéo de la police. Celle-ci a accusé la foule de Palestiniens d’avoir “jeté des bouteilles en verre et d’autres objets” sur les policiers.

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de 33 blessés et la police israélienne de six arrestations. La foule de Palestiniens a pu ensuite accompagner le cercueil vers une église de la Vieille Ville où une messe a été célébrée, puis au cimetière.

“Le meurtre” de la journaliste de 51 ans a été condamnée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a réclamé “une enquête transparente et impartiale”.

Qui a tué Shireen Abu Akleh?

L’Autorité palestinienne, la télévision du Qatar Al Jazeera et le gouvernement du Qatar ont accusé l’armée israélienne d’avoir tué la journaliste. Israël, après avoir affirmé qu’elle avait “probablement” succombé à un tir palestinien, a ensuite dit ne pas écarter que la balle ait été tirée par ses soldats.

Selon “les premiers résultats” de l’enquête du procureur palestinien à Ramallah “la seule origine du tir contre Shireen est les forces d’occupation”. Avant lui, l’armée israélienne a indiqué qu’il n’était pas possible de déterminer dans l’immédiat l’origine du tir qui pouvait aussi bien être d’origine palestinienne qu’israélienne.

Israël a réclamé que lui soit remise la balle en vue d’un examen balistique, et proposé que des experts palestiniens et américains soient présents lors de cet examen. Mais le président palestinien Mahmoud Abbas a refusé une enquête conjointe avec Israël. “Les autorités israéliennes ont commis ce crime et nous ne leur faisons pas confiance.”

Samedi, Hussein al-Cheikh, un ténor de l’Autorité palestinienne, a déclaré sur Twitter “accueillir la participation de tous les organismes internationaux à l’enquête sur l’assassinat de Shireen Abu Akleh”.

Ces derniers mois, l’armée israélienne a lancé plusieurs opérations à la recherche de suspects palestiniens dans le camp de réfugiés de Jénine, un bastion des factions armées palestiniennes d’où étaient originaires des auteurs d’attaques meurtrières en Israël.

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    L'une des principales figures de la chaîne Al-Jazeera tuée par l'armée israélienne

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 11 May - 07:13 · 4 minutes

Le corps de Shireen Abu Akleh, tuée ce mercredi 11 mai, transporté à la morgue. Le corps de Shireen Abu Akleh, tuée ce mercredi 11 mai, transporté à la morgue.

CISJORDANIE - La journaliste Shireen Abu Akleh, une des plus connues de la chaîne de télévision panarabe al-Jazeera , a été tuée ce mercredi 11 mai, dans la matinée, par un tir de l’armée israélienne alors qu’elle couvrait des affrontements armés en Cisjordanie occupée, ont affirmé des témoins et des responsables palestiniens.

Le ministère palestinien de la Santé et la chaîne al-Jazeera ont annoncé le décès de cette journaliste par un tir de l’armée israélienne lors de ces affrontements à Jénine, bastion des factions armées palestiniennes dans le nord de la Cisjordanie occupée. Un photographe de l’AFP sur place a aussi fait état des tirs de l’armée israélienne et vu le corps de la reporter qui portait un gilet pare-balles.

Un autre journaliste a été blessé lors de ces affrontements, ont indiqué des sources hospitalières et un photographe de l’AFP sur place.

“Al-Jazeera condamne ce crime odieux”

Palestinienne, chrétienne et âgée d’une cinquantaine d’années, Shireen Abu Akleh avait travaillé à La Voix de la Palestine , Radio Monte-Carlo, avant de rejoindre la chaîne al-Jazeera, où elle s’est fait connaître à travers le Moyen-Orient pour ses reportages sur le conflit israélo-palestinien.

Dans un communiqué, al-Jazeera a affirmé que Shireen Abu Akleh a été tuée “de sang froid” par les forces israéliennes, précisant que la journaliste portait une veste qui l’identifiait comme journaliste.

“Al-Jazeera condamne ce crime odieux, qui a pour objectif d’empêcher les médias de faire leur travail”, indique la chaîne qatarie, appelant la communauté internationale à “tenir pour responsables les forces d’occupation israéliennes pour avoir intentionnellement ciblé et tué Shireen”.

Les autorités qataries ont de leur côté indiqué que la journaliste d’al-Jazeera avait été tuée après avoir reçu une balle “au visage” alors qu’elle portait un gilet “presse”.

Pour sa part, l’armée israélienne a indiqué dans un communiqué avoir mené au cours des dernières heures, des opérations dans le camp palestinien de Jénine, et d’autres secteurs de Cisjordanie, afin “d’appréhender des personnes soupçonnées de terrorisme”.

“Durant ces activités de contreterrorisme dans le camp palestinien de Jénine, des dizaines d’hommes armés palestiniens ont ouvert le feu et lancé des objets explosifs en direction des forces israéliennes, menaçant leur vie, a indiqué l’armée israélienne. Les soldats ont répliqué. Des personnes ont été atteintes.”

Selon ce communiqué, “l’armée mène une enquête sur ces événements et envisage la possibilité que les journalistes ont été atteints par des hommes armés palestiniens”.

Heurts entre policiers israéliens et des Palestiniens

Le décès de la journaliste Shireen Abu Akleh intervient près d’un an jour pour jour après la destruction de la tour Jalaa, où étaient situés les bureaux de la chaîne qatarie dans la bande de Gaza, lors d’une frappe aérienne israélienne en pleine guerre entre le mouvement islamiste palestinien Hamas et l’Etat hébreu.

Cette guerre de 11 jours avait fait 260 morts côté palestinien parmi lesquels de nombreux combattants et des enfants, et 14 décès en Israël, incluant un soldat et deux mineurs. Un an après la dernière guerre à Gaza, la tension demeure entre l’État hébreu et le Hamas, qui a “salué” les attaques en Israël.

Mercredi, un cadre du Hamas, Ghazi Hamad, a accusé les forces israéliennes d’avoir “intentionnellement tué” la journaliste d’al-Jazeera, ce que l’armée a nié.

Depuis le 22 mars dernier, Israël a été la cible d’une série d’attaques ayant fait au moins 18 morts. Deux de ses attaques ont été perpétrées par des Arabes israéliens, et quatre d’entre elles par des Palestiniens, dont trois jeunes originaires de Jénine, où l’armée israélienne a multiplié les opérations ces dernières semaines.

Dans la foulée de ces attaques anti-israéliennes, trente Palestiniens incluant des assaillants, ont été tués dans des incidents avec l’armée israélienne.

Dans ce contexte, des heurts entre policiers israéliens et des Palestiniens ont fait près de 300 blessés sur l’esplanade des Mosquées, située dans la partie palestinienne de Jérusalem, occupée depuis 1967 par Israël.

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    En Israël, chasse à l'homme après une nouvelle attaque meurtrière

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 6 May - 08:50 · 4 minutes

En Israël, chasse à l'homme après une nouvelle attaque meurtrière REUTERS/Ronen Zvulun En Israël, chasse à l'homme après une nouvelle attaque meurtrière REUTERS/Ronen Zvulun

ISRAËL - La police israélienne mène ce vendredi 6 mai une chasse à l’homme au lendemain d’une attaque fatale à trois personnes dans la grande banlieue de Tel-Aviv, perpétrée le jour de l’anniversaire de la création de l’État hébreu.

Cette attaque - la sixième visant des Israéliens depuis le 22 mars - est survenue à Elad, dont une partie des 50.000 habitants sont des juifs ultra-orthodoxes, dans le centre du pays.

La police a lancé un appel pour obtenir des informations sur la cachette des assaillants, diffusant les photos et les noms de deux Palestiniens soupçonnés d’avoir commis cette attaque qui a aussi fait quatre blessés, dont trois grièvement, selon la Magen David Adom (MDA), l’équivalent israélien de la Croix-Rouge.

“Les terroristes et leurs soutiens paieront le prix”

Les deux hommes recherchés, Assad Youssef Al-Rafai, 19 ans, et Tzabhi Amad Abu Shakir, 20 ans, sont originaires du village de Rummanah, dans le nord de la Cisjordanie occupée, selon un communiqué de la police.

“La scène de l’attaque était complexe”, a expliqué le secouriste israélien Alon Rizkan, de la MDA. Lui-même a vu un homme de 40 ans mort près d’un rond-point, puis un autre homme inconscient dans un parc adjacent, dont le décès a finalement été prononcé, et un autre à ses côtés qui a succombé à ses blessures.

Les trois victimes de l’attaque sont Yonatan Habakuk, 44 ans et Boaz Gol, 49 ans, tous deux habitants de Elad, et Oren Ben Yiftah, 35 ans, habitant de Lod (centre), a annoncé sur Twitter le Premier ministre israélien Naftali Bennett, ajoutant que “les terroristes et leurs soutiens paieront le prix”.

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a annoncé le bouclage jusqu’à dimanche de la bande de Gaza et de la Cisjordanie occupée afin “d’éviter la fuite de terroristes” vers ce territoire palestinien.

Attaque “odieuse” et “ignoble”

Jeudi soir, alors que des hélicoptères survolaient la ville d’Elad, des femmes penchées par-dessus leurs balcons ont observé des responsables des pompes funèbres emporter les corps des victimes.

Les mouvements islamistes armés palestiniens du Hamas et du Jihad islamique ont “célébré” une attaque “héroïque”, sans la revendiquer, dans des communiqués séparés. Il s’agit d’une “réaction” aux tensions récentes à Jérusalem. De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné “le meurtre de civils israéliens” qui “mènent à une détérioration de la situation”, selon l’agence palestinienne Wafa.

L’attaque a aussi été condamnée par le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui l’a qualifiée de “particulièrement odieuse” selon ses services. Ainsi que par Emmanuel Macron qui dénonce une “attaque ignoble”.

Au total, depuis le 22 mars, 18 personnes ont été tuées dans des attentats anti-israéliens, perpétrés par des Arabes israéliens et des Palestiniens.

Dans la foulée des premières attaques, les forces israéliennes ont mené une série d’opérations en Cisjordanie occupée. Au moins 26 Palestiniens, dont des assaillants, ont été tués.

Et des heurts entre policiers israéliens et des Palestiniens ont fait près de 300 blessés ces dernières semaines sur l’esplanade des Mosquées, située dans la partie palestinienne de Jérusalem, occupée depuis 1967 par Israël.

Tensions à Jérusalem

“Cette opération (à Elad) témoigne de la colère de notre peuple face aux attaques de l’occupation contre les lieux saints. La prise d’assaut de la mosquée al-Aqsa ne peut rester impunie”, a prévenu Hazem Qassem, porte-parole du Hamas, mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de 2,3 millions d’habitants.

“La profanation par les forces d’occupation (nom donné à la police et à l’armée israélienne par des Palestiniens) et des gangs de colons à al-Aqsa a franchi toutes les lignes rouges”, a renchéri Muhammad Hamid Abu Al-Hassan, du bureau politique du Jihad islamique.

De nouveaux accrochages ont eu lieu jeudi près de la mosquée al-Aqsa, sur l’esplanade des Mosquées où des fidèles juifs ont voulu à nouveau se rendre en nombre à l’occasion du 74e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël selon le calendrier hébraïque, qui coïncidait avec la fin des célébrations musulmanes de l’Aïd al-Fitr.

En vertu d’un statu quo tacite, les non-musulmans peuvent se rendre sur l’esplanade ―troisième lieu saint de l’islam et lieu le plus sacré du judaïsme sous son nom de “Mont du Temple”― mais sans y prier.

Un nombre croissant de juifs s’y rendent, et le fait que certains d’entre eux y prient subrepticement suscite des craintes d’une remise en cause de ce statu quo chez de nombreux musulmans.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement israélien a répété ne pas vouloir changer le statu quo.

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    Collectif Palestine Vaincra : suspension du décret de dissolution !

    CNT 31 · Tuesday, 3 May - 17:02

Le 29 avril 2022, le Conseil d’État a suspendu le décret de dissolution du Collectif Palestine Vaincra. Il a estimé qu’il n’était ni nécessaire, ni adapté, et portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et à la liberté d’association. Cette décision inflige un véritable camouflet à la politique liberticide du gouvernement et autorise la continuité des activités de soutien du Collectif Palestine Vaincra au peuple palestinien.

Pour en savoir, venez sur notre site web.

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    En Israël, des heurts sur l'Esplanade des Mosquées font une centaine de blessés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Friday, 15 April - 07:01

Des heurts sur l Des heurts sur l'Esplanade des Mosquées en Israël font une centaine de blessés ( REUTERS/Ammar Awad)

ISRAËL - Les heurts entre manifestants palestiniens et policiers israéliens ce vendredi 15 avril au matin sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem ont fait une centaine de blessés, ont indiqué les secouristes.

“Quatre-vingt-dix blessés ont été transférés” dans des hôpitaux de Jérusalem et des “dizaines” ont été traités sur le site, a indiqué à l’AFP un responsable du Croissant-Rouge palestinien. De son côté, la police israélienne a fait état d’au moins trois blessés dans ses rangs.

Des heurts sur l Des heurts sur l'Esplanade des Mosquées en Israël font une centaine de blessés ( REUTERS/Ammar Awad)

>> Plus d’informations à venir...

À voir également sur Le HuffPost: Des centaines de personnes au rassemblement statique pro-Palestine à Paris

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    Israël: trois attaques en une semaine, comment l'expliquer?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 30 March - 16:19 · 5 minutes

En Israël, de nouvelles attaques près de Tel-Aviv font au moins 5 morts mardi 29 mars 2022. (Photo by Mostafa Alkharouf/Anadolu Agency via Getty Images)

ISRAËL - Un calendrier brûlant. Cinq personnes ont été tuées dans des attaques près de la métropole israélienne de Tel-Aviv , mardi 29 mars. En soirée, des résidents de Bnei Brak, ville ultra-orthodoxe en banlieue de Tel-Aviv, puis de la localité voisine de Ramat Gan, ont fait état d’un homme circulant en voiture et ouvrant le feu sur des passants. L’individu, identifié comme Dia Hamarshah, un Palestinien ayant passé quatre ans dans les prisons israéliennes et originaire de Yaabad en Cisjordanie occupée, a été abattu.

C’est le troisième attentat à frapper Israël en une semaine. Le 22 mars, quatre personnes avaient perdu la vie dans une attaque à la voiture-bélier et au couteau dans la ville de Beersheba, dans le Néguev israélien. Dimanche 27 mars, deux militants se revendiquant de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) avaient tué deux policiers, dont une Franco-Israélienne, lors d’une fusillade dans la ville côtière d’Hadera.

Cette vague de violences inquiète les autorités à l’approche des grands rassemblements en marge des fêtes de ramadan qui débutera le 2 avril. Mais pourquoi une telle flambée meurtrière maintenant? Pour Stéphanie Laithier, chargée de recherche à Institut d’étude des religions et de la laïcité (Irel) et spécialiste d’Israël, contacté par Le HuffPost, les événements sont le fruit d’une conjoncture qui met le pays sous tension.

Une date symbolique pour les Palestiniens

“Ce n’est pas anodin si ces attaques arrivent maintenant, on est dans un contexte local, régional et temporel propice à tout cela”, nous explique Stéphanie Laithier.

La date de l’attentat est déjà symboliquement forte puisqu’il a été perpétré à la veille du 30 mars, jour de commémoration pour les Palestiens de la Journée de la terre, en mémoire du mouvement de lutte contre l’expropriation des terres des Palestiniens citoyens d’Israël.

D’ailleurs, à la suite de cette dernière attaque, à Gaza et en Cisjordanie, des célébrations impromptues ont eu lieu pour fêter le “martyr” de Dia Hamarshah, selon Le Monde . Des militants ont marché en procession devant chez lui, tandis que d’autres distribuaient des friandises aux passants dans les rues. Les islamistes du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza, mais comptent aussi des supporters en Israël, à Jérusalem et en Cisjordanie, ont soutenu l’attaque et l’ont qualifiée de “réponse naturelle aux crimes de l’occupation”.

Si dans un premier temps, aucune revendication n’a filtré, l’organisation Jihad islamique a finalement dit être à l’origine de l’attaque. Dans la foulée, la police israélienne a dit se placer en mode “contre-terrorisme”, et l’armée a déployé des renforts en Cisjordanie occupée et multiplié les arrestations mercredi notamment de membres de la famille de l’auteur de l’attaque, Dia Hamarshah.

La tension monte avant le Ramadan et les fêtes religieuses

Au-delà de cette date, la période est particulièrement délicate à l’approche du Ramadan, Pessah et Pâques. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a explicitement condamné l’attentat, prévenant que “la mort de civils palestiniens et israéliens ne fait qu’aggraver la situation, alors [qu’ils] cherch[ent] à préserver la stabilité à l’approche du mois sacré du Ramadan , et des fêtes chrétiennes et juives”.

L’Autorité palestinienne, en perte de légitimité, peine de plus en plus à contrôler son territoire. Elle s’était entretenue plus tôt cette semaine avec le roi de Jordanie, pays garant des lieux saints musulmans à Jérusalem, dans l’espoir d’éviter des débordements lors des grands rassemblements dans la ville Sainte liés au mois du jeûne de ramadan qui doit débuter ce week-end.

L’an dernier, des heurts à Jérusalem-Est, portion palestinienne de la Ville Sainte occupée par Israël, avaient mené à des affrontements sur l’Esplanade des Mosquées, puis à une guerre de 11 jours entre le Hamas et Israël.

“Le gouvernement israélien est particulièrement sous-tension car il est contesté par une partie de la population à droite qui regrette le départ de Benjamin Netanyahu. Il veut prouver aujourd’hui qu’il est capable d’éviter ce qu’il s’est passé l’an dernier à la même période au sein de son propre pays”, analyse Stéphanie Laithier.

Déstabiliser le rapprochement entre Israël et les pays arabes

Enfin, autre non-hasard du calendrier, cette attaque intervient alors que les chefs de la Diplomatie israéliens, américains, et de quatre pays arabes ont conclu lundi une rencontre inédite sur le sol israélien visant à renforcer leur coopération . La conférence traitait de la sécurité au Moyen-Orient dans le cadre des accords de paix d’Abraham.

Les représentants des Émirats, de l’Egypte, du Bahreïn, du Maroc et des Etats-Unis ont insisté sur l’importance de renforcer la coopération multilatérale et de résoudre le conflit israélo-palestinien .

“Nous écrivons ici l’histoire, bâtissons une nouvelle architecture basée sur le progrès, la technologie, la tolérance religieuse, la sécurité et le renseignement (...) Cela intimide, dissuade nos ennemis communs, en premier lieu l’Iran”, a déclaré le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid.

À son côté, Anthony Blinken a insisté sur les “gains” liés à la normalisation en 2020 entre Israël, les Emirats, Bahreïn et le Maroc, qui selon lui ne doivent pas faire oublier le conflit israélo-palestinien.

“Cette attaque alors que les ministres des Affaires étrangères se sont réunis, ce n’était évidemment pas anodin. Il y a là une volonté d’intervenir et de déstabiliser ce qui est en train de s’organiser du point de vue sécuritaire au Moyen-orient”, note la chargée de recherche à l’Irel. Elle ajoute: “Qui plus est, cette rencontre est également une coalition contre l’Iran chiite, donc il est certain que l’EI a voulu agir pendant que ces représentants se réunissaient”.

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    Israël: les six évadés Palestiniens en cavale arrêtés

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 19 September, 2021 - 07:57 · 4 minutes

Fin de cavale pour les 6 Palestiniens évadés par un tunnel creusé dans une prison en Israël (Photo prise le 12 septembre, près de Jenine où des doladats sont à la recherche des fugitifs évadés de la prison israélienne. Par AP Photo/Ariel Schalit, File)

ISRAËL - Retour à la case prison: près de deux semaines après l’évasion spectaculaire de six prisonniers palestiniens d’un pénitencier israélien de haute sécurité, les deux derniers fugitifs en cavale ont été arrêtés en Cisjordanie occupée lors d’une opération des forces israéliennes, ont-elles annoncé ce dimanche 19 septembre.

Le 6 septembre, à la veille de Rosh Hashana, le nouvel an juif, six détenus palestiniens écroués pour des violences anti-israéliennes s’étaient enfuis de la prison à haute sécurité de Gilboa, dans le nord d’Israël, via un tunnel creusé sous un évier et débouchant sur un trou dans le sol à l’extérieur du pénitencier.

Les six évadés, qualifiés aussitôt de “héros” côté palestinien et au-delà dans le monde arabe, étaient devenus les hommes les plus recherchés d’Israël qui avait déployé des renforts militaires et des drones pour tenter de les retrouver.

La “Grande évasion”

Le week-end après cette évasion, qui rappelle dans son mode opératoire le film américain Shawshank Redemption ( Les évadés ou À l’ombre de Shawshank en français) et est qualifiée de “Grande évasion” par la presse palestinienne, les forces israéliennes avaient arrêté quatre des fugitifs dans le secteur de Nazareth, ville arabe du nord israélien.

Les autorités avaient notamment interpellé, puis commencé à interroger, Mahmoud Ardah, un membre du Jihad islamique écroué depuis 1996 et considéré comme le cerveau de l’opération, et Zakaria al-Zoubeidi, un ancien chef de la branche armée du parti Fatah pour le camp palestinien de Jénine, bastion de la rébellion armée.

Tôt dimanche, l’armée a annoncé l’arrestation à Jénine, en Cisjordanie, des deux derniers fugitifs, Ayham Kamamji et Munadel Infeiat, membres du Jihad islamique, un mouvement islamiste armé palestinien, lors d’une opération conjointe avec des unités spéciales antiterroristes.

Une opération de police “impressionnante, intelligente et rapide”

Originaire de Kafr Dan, près de Jénine, Ayman Kamamji, avait été arrêté en 2006 et condamné à perpétuité pour le kidnapping et l’assassinat d’Eliahou Ashéri, un jeune colon israélien. Munadel Infeiat attendait sa condamnation après avoir été emprisonné par le passé pour ses activités au sein du Jihad islamique.

Les deux hommes “sont actuellement interrogés”, a souligné l’armée israélienne dans un message à la presse.

“Les forces de sécurité ont encerclé le bâtiment qui abritait les terroristes qui se sont rendus sans opposition et sans armes”, a ajouté l’armée dans un communiqué. “Deux hommes qui les avaient aidé ont également été interpellés”, a précisé l’armée.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a félicité les forces de sécurité sur Tweeter, pour “cette opération impressionnante, intelligente et rapide”.

Un tunnel en préparation depuis décembre 2020

Les prisonniers palestiniens avaient commencé en décembre 2020 à creuser leur tunnel dans la prison de Gilboa, avaient indiqué à l’AFP les avocats de deux des évadés arrêtés.

“Mahmoud (Ardah) m’a dit avoir commencé à creuser (le tunnel) en décembre. C’est ce qu’il a d’ailleurs aussi dit aux enquêteurs israéliens”, a déclaré à l’AFP son avocat, Raslan Mahajana, après lui avoir rendu visite en détention mercredi dernier.

Les prisonniers avaient utilisé des cuillères, des assiettes et même le manche d’une bouilloire pour creuser leur tunnel, avait ajouté Me Mahajana en présentant Mahmoud Ardah, au coeur de la campagne de communication du Jihad islamique en soutien aux “héros” qui se sont évadés, comme l’architecte de cette opération.

La “cuillère de la liberté”

Sur les réseaux sociaux, la cuillère s’est imposée comme le nouveau symbole de la “libération” pour les Palestiniens, qui se prennent en photo avec l’ustensile en main devant des drapeaux palestiniens.

Ce phénomène s’est répandu à l’extérieur des territoires palestiniens, où l’objet est brandi dans les manifestations en soutien aux nombreux prisonniers incarcérés en Israël. Au Koweït, l’artiste Maitham Abdal a sculpté un poing qui se referme sur l’ustensile, une oeuvre qu’il a intitulée “Cuillère de la liberté”.

Les médias israéliens suivaient aussi les rebondissements du feuilleton des évadés palestiniens, craignant que l’un d’eux commette une attaque anti-israélienne en cavale, et questionnant la sécurité à la prison de Gilboa qui fait l’objet d’une enquête interne.

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