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    Pap Ndiaye, déjà critiqué, présente aux profs ses 5 priorités à l'Éducation nationale

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 7 days ago - 16:23 · 6 minutes

Pap Ndiaye, déjà critiqué, présente aux profs ses 5 priorités à l'Éducation nationale (Pap Ndiaye le 20 mai 2022 par AP Photo/Christophe Ena) Pap Ndiaye, déjà critiqué, présente aux profs ses 5 priorités à l'Éducation nationale (Pap Ndiaye le 20 mai 2022 par AP Photo/Christophe Ena)

ÉDUCATION NATIONALE - Ses premières déclarations à la presse sont loin d’avoir convaincu, mais le nouveau ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye a écrit aux quelque 900.000 enseignants pour annoncer les grands axes de son ministère, lundi 27 juin au soir et tenter ainsi d’apaiser les tensions. Il a présenté ce qu’il appelle “les grandes directions stratégiques qui seront les nôtres”​.

“Je suis heureux de vous écrire directement, avec la charge d’un ministère qui a structuré non seulement ma carrière mais façonné ma vie. Je le fais comme le professeur des universités que je suis, fils d’une professeure du second degré”, a-t-il écrit dans cette lettre relayée par Le Monde, saluant “l’implication” et “les compétences” des enseignants. Ces grands axes sont au nombre de cinq.

Lutter contre les inégalités sociales

Le premier axe est celui de la lutte contre les inégalités sociales, écrit-il dans sa lettre. “I​l est de ma responsabilité de prendre en charge le drame de l’injustice que nourrit notre système scolaire en ne permettant pas suffisamment aux plus pauvres d’espérer transformer leur condition sociale, plaide-t-il. Cette promesse non tenue fait de l’ombre à nos actes”.

Nous allons renforcer ce qui existe déjà, innover quand il le faut pour que les inégalités de naissance soient mieux combattues par l’École ​, affirme le ministre, sans plus de précisions.

Mettre l’accent sur les savoirs fondamentaux

Le deuxième axe consiste à mettre l’accent mis sur les savoirs fondamentaux , comme ​Jean-Michel Blanquer qui martelait, lui, le savoir lire, écrire, compter . La priorité continuera d’être donnée au français et aux mathématiques ​, écrit Pap Ndiaye.

Le ministre annonce la poursuite des plans français et mathématiques et annonce le lancement l’année prochaine ​d’un plan maternelle. Il confirme par ailleurs le retour des maths en classe de première.

Veiller au bien-être des élèves

Le troisième axe se focalise sur le bien-être des élèves ​. Dans l’enceinte de l’école laïque, chaque enfant doit pouvoir se sentir accueilli, préservé des discours dévalorisants, encouragé ​, affirme Pap Ndiaye. Cet esprit de vigilance, d’écoute doit aussi concerner les actes et les paroles de discriminations, de haine raciste, antisémite, de violence sexiste ou sexuelle ​, précise le ministre.

Pap Ndiaye dit par ailleurs qu’il sera très attentif aux situations de handicap ​. Il promet d’améliorer le statut de nos personnels ​, en l’espèce les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), dont le temps de travail est trop souvent subi ​.

S’engager sur l’environnement

Quatrième axe, enfin, la question écologiste ​. Pap Ndiaye estime que son ministère, comme tous les autres, doit engager, dans toutes les dimensions, une mobilisation forte sur le sujet ​. À commencer par le bâti scolaire, vieillissant et bien souvent très éloigné des normes environnementales. Cela suppose aussi de renforcer, dans les programmes scolaires, l’enseignement sur le sujet ​, écrit le ministre.

Revaloriser le métier d’enseignant

Dernier axe et pas des moindres: “la revalorisation du métier d’enseignant”. “Cette reconnaissance symbolique est primordiale. Elle implique de consacrer un effort particulier et significatif à la hausse des rémunérations si l’on veut créer un choc d’attractivité, attirer et conserver nos jeunes collègues”, prévient Pap Ndiaye, sans donner plus de détails.

Cette lettre intervient au lendemain de la parution de l’entretien du ministre au Parisien qui a suscité de nombreuses critiques. Il y promettait qu’il y “aura un prof devant chaque classe à la rentrée”, notamment en évoquant les nouvelles façons de pallier les absences de professeurs non remplacés.

“Il faut réfléchir à la meilleure manière de faire que les absences – qui sont légitimes – soient compensées”, a-t-il déclaré en précisant sa pensée: “Nous voulons faire en sorte qu’une absence du professeur d’histoire-géographie, par exemple, soit compensée par son collègue, disons, de français. Mais attention, pas pour que le professeur de français fasse de l’histoire-géographie! Il utilisera ces heures pour faire une double dose de français et, quand le collègue d’histoire-géo reviendra, il compensera en prenant sur les heures de français.”

Une proposition qui a provoqué un tollé chez les profs, qui critiquait déjà le ministre pour avoir placé ses enfants à la très élitiste école alsacienne, établissement privé. Ils dénoncent une véritable dégradation des conditions de travail.

“Un enseignant malade devrait rattraper ses heures à son retour de congé maladie! Comment un Ministre de l’éducation nationale peut-il détester à ce point les enseignants?”, dénonce le collectif d’enseignants et personnels de l’Éducation nationale, “Les Stylos Rouges”. “Pour les absences non remplacées il a trouvé un remède miracle au sous-effectif: demander aux présents de remplacer les absents. Quelle trouvaille”, raille de son côté Lutte Ouvrière.

“On a un ministre qui passe d’absences dites légitimes (et donc justifiées, de droit) à une négation totale du droit du travail puisqu’il explique en toute décontraction que ces absences justifiées seront rattrapées. C’est grave, et alarmant”, dénonce cette professeure d’histoire/géographie.

Nombreux sont ceux à rappeler que, d’une part d’un point de vue organisationnel, cette solution n’est pas viable puisqu’un professeur ne peut prendre la classe d’un autre lorsqu’il a un cours à assurer dans le même temps? Enfin, au regard du droit, un arrêt maladie ne peut être rattrapé.

À voir également sur Le HuffPost: Emmanuel Macron explique pourquoi il a choisi Pap Ndiaye à l’Éducation

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    Pap Ndiaye, son programme et ses "points d'inflexion" pour l'Éducation

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 26 June - 09:58 · 3 minutes

Salaire des profs, Parcoursup, concertation... Pap Ndiaye dévoile son programme et ses Salaire des profs, Parcoursup, concertation... Pap Ndiaye dévoile son programme et ses "points d'inflexion" pour l'Éducation

POLITIQUE - C’est la première fois qu’il s’exprime aussi longuement depuis sa nomination. Pap Ndiaye , le nouveau ministre de l’Éducation nationale dévoile son ambition et ses priorités dans un entretien fleuve publié le samedi 25 juin par Le Parisien.

Le successeur de Jean-Michel Blanquer , couvert de critiques par l’extrême droite lors de son arrivée rue de Grenelle , dit vouloir sortir de cette “alternative simpliste qui serait soit la continuité parfaite, soit le virage à 180° et la rupture” avec le premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

S’il explique qu’il ne touchera pas à certains totems comme le système Parcoursup ou la réforme du bac, l’historien promet malgré tout davantage de concertations et des “points d’inflexion” sur le “bien-être à l’école”, l’écologie dans les programmes ou la lutte contre les inégalités. En somme, explique-t-il, comme point de départ à son action, “l’école française ne réussit pas sur tout (...) elle se débrouille très mal avec les enfants défavorisés. Cette situation n’est pas acceptable.”

Quel salaire pour les profs?

Première confirmation: le salaire des professeurs débutants va être significativement revalorisé, comme Emmanuel Macron l’avait promis au cours de son premier quinquennat, pour passer à 2000 euros net par mois. Une mesure très attendue par le monde de l’éducation pour rendre plus attractif un métier qui peine à recruter, en témoigne l’affaire du recrutement en “speed dating” à l’académie de Versailles.

À l’heure actuelle, un enseignant stagiaire, en début de carrière, plafonne en moyenne autour des 1500 euros, un titulaire gagne environ 1800. “La hausse de rémunération sera composée de deux parts. La première sera non conditionnée et s’appliquera à tous les enseignants. Ce qui implique de passer le salaire de départ des jeunes au-dessus des 2000 euros net”, indique ainsi Pap Ndiaye, en fixant cette hausse à l’horizon 2023.

Reste malgré tout plusieurs zones d’ombre sur la question épineuse de la rémunération. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale ne parle pas des enseignants en milieu de carrière, mal payés eux aussi quand on les compare aux standards des pays de l’OCDE. Il ne donne pas davantage de détails quant aux contours de son futur système de bonus pour les professeurs les plus impliqués, un procédé qui irrite les syndicats.

Pap Ndiaye explique au Parisien qu’une “part salariale” sera “conditionnée à des tâches nouvelles”, en plus de l’augmentation annoncée. En clair, “il s’agit de mieux rémunérer les enseignants, et d’ajouter un bonus pour ceux qui voudront aller plus loin”. Comprendre: travailler plus.

Parcoursup, maths au lycée, bien-être à l’école

Dans son entretien, le ministre a promis un enseignant “devant chaque classe à la rentrée”. Tout en faisant vœu de moins de “verticalité” que son prédécesseur et en plaidant pour que l’école réduise davantage les inégalités scolaires, Pap Ndiaye revendique une certaine continuité avec son prédécesseur. Il annonce par exemple qu’il ne reviendra pas sur Parcoursup, la plateforme d’orientation honnie par les bacheliers, et la réforme du lycée.

Sur le retour pour l’instant facultatif d’au moins 1h30 de maths pour tous dans le tronc commun de première, l’historien de formation, devrait rendre ce volume horaire “obligatoire en 2023”. “C’est l’hypothèse la plus probable”, explique-t-il.

Le nouvel homme fort de la rue de Grenelle assure également qu’il veut par exemple verdir l’école, les bâtiments comme les programmes, et insister sur le “bien-être des élèves et des personnels”.

Le ministre lâche également ses coups à l’égard de l’extrême droite, qui l’a largement critiqué dès sa nomination. Pour lui, n’y a “pas de compromis” à avoir avec le parti de Marine Le Pen, telle est sa “boussole politique”: “Le Rassemblement national a une longue histoire qui s’ancre profondément dans l’anti-républicanisme. Ce n’est pas parce que le Front national parle de République, qu’il est républicain”.

À voir également sur Le HuffPost: Emmanuel Macron explique pourquoi il a choisi Pap Ndiaye à l’Éducation

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    "France 2022": Véran ironise sur Ndiaye après une attaque de Bardella

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 9 June - 23:22 · 2 minutes

Olivier Véran, ici quittant l'Élysée à Paris, le 8 juin 2022. Olivier Véran, ici quittant l'Élysée à Paris, le 8 juin 2022.

LÉGISLATIVES - Pouvoir d’achat, retraites, éducation... Olivier Véran, le ministre chargé des Relations avec le Parlement et ex-ministre de la Santé et des Solidarités, a été pris pour cible ce jeudi 9 juin lors d’un débat parfois houleux sur France 2, par les représentants de la gauche comme de la droite et de l’extrême droite, à trois jours du premier tour des législatives .

L’un des échanges les plus virulents a porté sur l’Éducation nationale ( à écouter dans la vidéo plus bas ), lorsque Jordan Bardella , président par interim du Rassemblement national, a accusé le ministre Pap Ndiaye d’avoir “fait des parallèles nauséabonds, immondes, entre la police française dans la banlieue aujourd’hui et la police de Vichy”, de “faire de la comptabilité ethnique” ou d’être “ouvertement un militant d’extrême gauche, woke, décolonialiste”.

Il “va donc avoir en charge l’éducation de nos enfants, ben franchement ça promet”, a encore lancé Jordan Bardella, avant d’avancer: “Je pense là que c’est un renvoi d’ascenseur d’ Emmanuel Macron vers Jean-Luc Mélenchon , qui a appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour, donc c’est peut-être un moyen de le remercier. Je pense que M. Blanquer doit être bien triste ce soir.”

“Je trouve ça scandaleux”

“J’ai même lu dans un journal d’extrême droite sans doute qu’il mangeait les enfants d’ailleurs (...) C’est pitoyable Jordan Bardella”, a rétorqué Olivier Véran lors de cette émission spéciale intitulée France 2022 .

“Je trouve ça scandaleux”, a continué le ministre. “Invitez-le, discutez avec lui, débattez avec lui, faites-vous votre propre idée. Vous êtes en train de porter aux nues quelqu’un qui n’a pas commencé une action publique, qui vient de s’engager dans la vie publique, qui va porter la réforme de l’Éducation nationale; vous êtes en train de le porter au pilori et j’ai ma petite idée de la raison pour laquelle vous le faites M. Bardella”.

Après l’annonce du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne le 20 mai , les responsables de l’extrême droite -dont Jordan Bardella ( lire le tweet plus bas )-avaient rivalisé de postures indignées pour dénoncer le successeur de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye .

En cause, notamment: les positions de cet intellectuel reconnu au sujet de divers thèmes qu’exècre l’extrême droite, comme les luttes contre les discriminations ou la visibilité des minorités.

À voir également sur Le HuffPost : Vous ne comprenez rien aux législatives? On vous décrypte le lexique

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    Emmanuel Macron explique pourquoi il a choisi Pap Ndiaye à l'Éducation

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 2 June - 13:24 · 1 minute

POLITIQUE - C’est la première fois qu’on les voyait ensemble. Ce jeudi 2 juin, Emmanuel Macron et son nouveau ministre de l’Éducation Pap Ndiaye étaient en visite à Marseille , afin de mettre à l’honneur les chantiers pédagogiques lancés avec le plan “Marseille en Grand”. L’occasion pour le chef de l’État de s’afficher avec le successeur de Jean-Michel Blanquer , dont la nomination a provoqué une avalanche de réactions, notamment à l’extrême droite . Et d’en dire plus ce choix surprise, comme le montre notre vidéo en tête d’article.

“Quand j’ai choisi de nommer monsieur Pap Ndiaye, j’ai choisi de nommer un homme qui par sa vie et son parcours dit ce à quoi je crois de l’école de la République”, a déclaré Emmanuel Macron, estimant que le ministre “incarne aussi ce que nous avons fait ces cinq dernières années, et ce que nous voulons faire”.

Autre qualité trouvé à Pap Ndiaye, le “destin d’excellence” qu’il a connu au sein de l’appareil éducatif français, représentatif selon de “l’égalité des chances” qu’il souhaite développer. Une trajectoire qui montre que la République “bâtit son unité dans le respect des diversités”. Historien réputé des minorités et cible d’un tir de barrage de l’extrême droite, qui le qualifie de “militant racialiste et antiflics”, depuis sa nomination-surprise dans le gouvernement d’Elisabeth Borne, Pap Ndiaye était pour la première fois sous le feu des projecteurs.

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    Comment Emmanuel Macron a fait de Marseille sa destination fétiche

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 2 June - 04:30 · 4 minutes

Emmanuel Macron lors de son discours Palais du Pharo en septembre 2021 (illustration) Emmanuel Macron lors de son discours Palais du Pharo en septembre 2021 (illustration)

POLITIQUE - Difficile de trouver une ville qui attire autant, et comme un aimant, Emmanuel Macron . Ses toutes premières vacances de chef de l’État? À Marseille . Son club de foot préféré? L’Olympique de Marseille . Une visite de trois jours au format inédit? Pour Marseille . Une entorse aux traditions pour un rendez-vous diplomatique avec Angela Merkel ailleurs qu’à Paris? Encore Marseille . Une visite surprise en pleine crise du Covid? Toujours Marseille .

Le seul meeting de l’entre-deux tours? Bref ... Ce jeudi 2 juin, le chef de l’État reprend la direction du Vieux-Port, pour une visite placée sous le thème (brûlant sur place) des écoles, en compagnie de son nouveau ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye .

Une thématique qui était déjà à l’ordre du jour lors de son déplacement du mois de septembre, et qui répond aux nombreuses alertes émises par le maire socialiste de la cité phocéenne, Benoît Payan. “Le chef de l’État visitera l’école Menpenti et son laboratoire de mathématique, projet pédagogique innovant, mis en place dans le cadre de l’expérimentation ‘école du futur’ lancé en septembre 2021 avec le plan ‘Marseille en Grand’”, fait savoir l’Élysée.

La présidence précise que la séquence se clôturera par un échange avec les équipes éducatives, les parents d’élèves et les associations. L’occasion pour Emmanuel Macron d’écrire un nouveau chapitre de la relation si particulière qu’il entretient avec la plus vieille ville de France.

“Je suis amoureux de Marseille”

L’anecdote est racontée dans le livre Emmanuel Macron, vérités et légende s (éd. Perrin), écrit par Arthur Berdah, journaliste au Figaro . Quand l’intéressé n’était encore que ministre de l’Économie, il s’imaginait conquérir la cité phocéenne: “si je devais me lancer en politique, ce serait pour prendre la mairie de Marseille”. Le destin en a voulu autrement, mais cette attirance est restée intacte.

“Je suis amoureux de Marseille, parce que j’aime les villes tragiques, méditerranéennes. Parce que tout y est à la fois complexe, et possible. Parce qu’il y règne une générosité folle”, justifie le président dans cet ouvrage, affichant l’ambition de faire de la préfecture des Bouches-du-Rhône “la capitale de la Méditerranée”.

D’où cette volonté, affichée de longue date, de faire de Marseille un laboratoire des solutions pour le pays. “Si on arrive à régler les problèmes de Marseille, on réussira dans d’autres territoires qui souffrent”, expliquait au HuffPost Saïd Ahamada, député LREM de Marseille, au sujet de “l’attention particulière” que conserve le chef de l’État à l’égard de cette “ville monde”. Raison pour laquelle l’État mise 3,6 milliards d’euros pour la rénovation de la deuxième ville de France, où les plaies liées à la ( mauvaise ) gestion de l’ère Gaudin sont encore vives, notamment sur le logement .

“On se parle franchement”

Un volontarisme bien aidé par la bonne relation qu’il entretient avec Benoît Payan, âgé comme lui de 44 ans. “On fonctionne un peu de la même manière. On se parle franchement, on cherche l’efficacité. Et puis on a les mêmes envies pour Marseille”, admettait le maire socialiste dans Le Point au mois de novembre.

“Il y a une volonté commune entre Payan et Macron : il ne s’agit pas de gentrifier les quartiers nord, mais de créer une communauté en réduisant la fracture”, notait dans Les Échos , Jean-Marc Borello, qui a la spécificité d’être à la fois proche du chef de l’État et de l’édile marseillais.

Une convergence que les deux ne manqueront pas d’afficher ce jeudi puisque Benoît Payan a justement fait de la rénovation des écoles une priorité pour sa ville. Une cause pour laquelle l’État a engagé 400 millions d’euros et 650 millions d’euros de garanties de prêts de l’État dans le cadre de “Marseille en Grand”.

Si Emmanuel Macron n’est pas avare en preuves d’amour à l’égard de la ville provençale, celle-ci n’est pas pour autant devenue macroniste. Au premier tour de l’élection présidentielle, c’est Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé (largement) en tête dans la cité phocéenne, avec 31,1%, loin devant le président sortant (22,6%). Ce qui n’a pas empêché Emmanuel Macron d’y retourner dans l’entre deux tours pour tenir son meeting.. et de multiplier les allusions à l’Olympique de Marseille .

À voir également sur Le HuffPost: Mort d’un journaliste français en Ukraine : “Ce sujet ne peut pas rester impuni”, affirme Emmanuel Macron

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    Jean-Marc Huart, proche de Jean-Michel Blanquer, nommé aux côtés de Pap Ndiaye

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 24 May - 13:35 · 2 minutes

Un proche de Blanquer nommé aux côtés de Pap Ndiaye à l'Éducation nationale Un proche de Blanquer nommé aux côtés de Pap Ndiaye à l'Éducation nationale

POLITIQUE - La rupture et “en même temps” la continuité. C’est ce qu’incarne le nouveau tandem de l’Éducation nationale. Quatre jours après sa nomination -surprise- rue de Grenelle , le nouveau ministre Pap Ndiaye voit débarquer, dans ses cartons, un proche de Jean-Michel Blanquer: Jean-Marc Huart. L’actuel recteur de l’académie de Nancy-Metz va devenir, selon les informations de plusieurs médias, le directeur de cabinet du tout nouveau ministre.

Officiellement, c’est lui qui l’a choisi. Dans les faits, l’Élysée ou Matignon s’accordent souvent un droit de regard, voire plus, au moment d’attribuer ces postes-clé. Ici, Jean-Marc Huart, fin connaisseur du système de l’éducation et de ses rouages, coche effectivement de nombreuses cases pour épauler le ministre, néophyte en politique.

Il n’empêche, son arrivée rue de Grenelle soulève plusieurs questions. En tête, la future ligne de l’Éducation nationale. La nomination de Pap Ndiaye tranchait nettement avec les prises de position de son prédécesseur , chef de file de la croisade “anti-woke”... mais le voilà qui semble revenir par la fenêtre.

Numéro 2 sous Blanquer

Jean-Michel Blanquer et Jean-Marc Huart ont longtemps cheminé ensemble. En 2017, quand le premier s’installe au cœur du mammouth, il propulse directement le second, qu’il connaît bien, à la tête de la direction générale de l’enseignement scolaire. Il devient le fameux Dgesco, un rôle crucial au sein de l’administration, souvent considéré comme le numéro 2 de la rue de Grenelle, ou le vice-ministre.

À cette époque, Jean-Michel Blanquer le sait bien puisqu’il a lui-même occupé la fonction sous Nicolas Sarkozy, entre 2009 et 2012. Jean-Marc Huart était alors son sous-directeur, chargé des lycées et de la formation professionnelle. Une aventure commune qui prendra fin avec la victoire de François Hollande en 2012, le socialiste étant alors soutenu par un certain... Pap Ndiaye.

La gauche arrive au pouvoir, le duo Blanquer-Huart quitte la scène, pour y revenir pleinement cinq ans plus tard (un peu plus tôt en ce qui concerne Huart). “Des raisons idéologiques”, confirmait à Libération un ancien cadre de la Dgesco au moment du départ de celui qui va désormais s’installer comme directeur de cabinet rue de Grenelle. Un homme souvent classé à droite, de par son parcours et ses idées.

Les mêmes que Jean-Michel Blanquer? “Ils ont une vraie proximité idéologique et du respect mutuel. C’était rare de les voir en désaccord”, résume un proche de l’ancien ministre dans les colonnes de L’Express . “Jean-Marc Huart fait partie du noyau de fidèles”, ajoute un cadre de la Dgesco à Libé . De quoi augurer de belles discussions entre le nouvel homme fort de l’éducation nationale, historien reconnu, spécialiste des minorités, et son dir-cab.

À voir également sur Le HuffPost: Entre Pap Ndiaye et Jean-Michel Blanquer, le grand écart des idées

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    Pap Ndiaye au collège de Samuel Paty pour sa première visite comme ministre

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 23 May - 18:13 · 2 minutes

Le nouveau ministre de l'Education Pap Ndiaye s'est rendu à Conflans-Sainte-Honorine, dans le collège où enseignant Samuel Paty. Le nouveau ministre de l'Education Pap Ndiaye s'est rendu à Conflans-Sainte-Honorine, dans le collège où enseignant Samuel Paty.

ÉDUCATION - Un geste fort. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye s’est rendu ce lundi 23 mai au collège de Conflans-Sainte-Honorine où enseignait Samuel Paty , professeur assassiné en octobre 2020, faisant passer le message que “c’est la République qui gagne, malgré tout”.

Pap Ndiaye a échangé durant une heure avec la communauté éducative du collège du Bois d’Aulne des Yvelines, marquée par la mort du professeur d’histoire-géographie, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le nouveau ministre, qui avait rendu hommage à Samuel Paty dès vendredi lors de la passation de pouvoir avec Jean-Michel Blanquer, a expliqué à la presse s’être rendu sur place pour délivrer “un message très simple, qui est celui du refus de la barbarie et de la haine”.

“Mais aussi le message par lequel au fond, la République, par l’école, elle est plus forte. C’est la République qui gagne, finalement, malgré tout”. Il a évoqué “la résilience, les initiatives qui sont prises, par les enseignants, par l’équipe éducative, par les élèves” qui montrent bien ”à quel point la République plonge profond dans la nation”, soulignant que cela est “très émouvant”.

Pap Ndiaye promet de revenir à Conflans-Sainte-Honorine

“J’ai souhaité faire ma première visite après le premier Conseil des ministres ce matin, dans ce collège là, que je ne connaissais pas, mais que je connaissais à beaucoup d’égard parce que la mémoire de Samuel Paty est restée dans mon cœur et dans mon esprit”, a-t-il poursuivi.

Pap Ndiaye a rappelé être “historien de formation”. “J’ai lu son livre (de Samuel Paty), ‘ Mémoire de recherche ’ (...) qui a été publié depuis sa mort et j’ai participé à d’autres hommages y compris à Sciences Po où j’étais professeur (...). Il est bien normal et naturel que je me rende donc ici”, a-t-il insisté.

Le ministre de l’Éducation a expliqué avoir “conversé très librement” avec la communauté éducative. “J’étais là pour les écouter, on était là pour parler de leur situation, des difficultés éprouvées depuis octobre 2020, plus que des questions scolaires stricto sensu, sur lesquelles nous serons amenés à nous pencher”.

“J’ai d’ailleurs promis que je reviendrai au collège pour parler de ces questions là. Des questions plus professionnelles. Donc c’est un au revoir et un à bientôt”, a-t-il ajouté. Pour Laurent Brosse, maire DVD de Conflans-Sainte-Honorine, présent dans l’établissement, “la symbolique (de cette visite) est forte pour les enseignants”, a-t-il déclaré à l’AFP.

À voir également aussi sur le Huffpost: “Islamo-gauchisme”, “blackface”... Entre Pap Ndiaye et Jean-Michel Blanquer, le grand écart des idées

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    Pap Ndiaye au gouvernement: Les messages de Macron derrière cette nomination

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 22 May - 15:02 · 5 minutes

Au-delà des attaques de l'extrême droite, ce que dit la nomination Pap Ndiaye au gouvernement Au-delà des attaques de l'extrême droite, ce que dit la nomination Pap Ndiaye au gouvernement

POLITIQUE - Il est le seul à susciter autant de critiques. Pap Ndiaye , le nouveau ministre de l’Education nationale est visé, depuis sa nomination au gouvernement, vendredi 20 mai, par un tir de barrage abondamment nourri par l’extrême-droite.

Son arrivée rue de Grenelle est la “dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et se son avenir”, a par exemple réagi Marine Le Pen , à l’image des déclarations outrancières des cadres du Rassemblement national ou du parti d’Eric Zemmour, Reconquête, toujours prompts à agiter le spectre – infondé ici – du “racialisme”, du “wokisme” ou de “l’indigénisme”.

A tel point qu’ Elisabeth Borne a dû monter au créneau pour défendre son nouveau ministre, “un républicain très engagé, quelqu’un qui croit aux valeurs de la République”, dès sa première interview comme cheffe du gouvernement , vendredi soir sur TF1. Car au-delà de ces polémiques presque attendues, selon le propre aveu de la Première ministre, Emmanuel Macron a voulu envoyer plusieurs messages politiques en confiant les clés de ce ministère crucial à l’historien reconnu de 56 ans. Une petite révolution.

La ligne Blanquer désavouée

Force est de constater que la nomination rue de Grenelle de cet intellectuel, de mère française et de père sénégalais, incarne – au moins en apparence – une rupture avec son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer, longtemps considéré comme un maillon fort de la Macronie avant que son étoile ne pâlisse ces derniers mois.

Le désormais ex-ministre s’est notamment posé en fer de lance contre le “wokisme” et “l’islamo-gauchisme”. Un combat très médiatique – pour lequel il s’est attiré des louanges (pas seulement à droite) mais aussi l’exaspération d’une partie des enseignants – qui tranche avec les prises de position de son successeur. L’idéologie “woke” est un ”épouvantail plus qu’une réalité sociale ou idéologique”, affirmait par exemple Pap Ndiaye au Monde , en janvier 2022. Un an plus tôt, il disait “partager la plupart des causes” des militants qui défendent “le féminisme, la lutte pour la protection de l’environnement ou l’antiracisme”. “Plus cool que woke.”

Quant à “l’islamo-gauchisme”, une autre des batailles menées par Jean-Michel Blanquer pour endiguer les “dégâts” que ce courant “commet sur les esprits” notamment à la fac, cela “ne désigne aucune réalité dans l’université”, répondait Pap Ndiaye en 2021, comme vous pouvez le voir ci-dessus.

Plus globalement, c’est toute une partie de la ligne incarnée par l’ancien ministre, chantre d’une laïcité stricte, qui semble désavouée au sommet de l’Etat. C’est également ce que montre le peu de circonscriptions (une seule) accordées par la majorité au mouvement Printemps républicain pour les élections législatives.

Un message à la gauche?

Loin de ces croisades et des polémiques a répétitions, Pap Ndiaye est réputé partisan du consensus, ceux qui ont travaillé avec lui louent sa capacité à pacifier et dénouer les crispations. Un atout certain après des mois d’affrontement entre les enseignants et son prédécesseur.

L’historien, qui avait soutenu François Hollande en 2012, fait également figure de “pointure” sur les questions liées aux minorités. “Dans le domaine de l’Histoire, c’est quelqu’un qui a été innovant”, dit de lui l’historien Pascal Blanchard, spécialiste de la colonisation, pour qui “ses travaux sur la présence noire en France sont fondateurs”. De quoi envoyer un message aux électeurs de gauche, ou à ceux sensibles à ces questions?

La gêne des responsables de La France insoumise en dit long sur l’effet produit par cette nomination. Pap Ndiaye est le seul ministre à avoir trouvé grâce aux yeux de Jean-Luc Mélenchon . C’est une “audace”, a-t-il estimé, que de nommer ce “grand intellectuel”.

“Ce qui est sûr, c’est qu’il fallait ‘déblanquériser’ l’Education nationale”, a pour sa part réagi Alexis Corbière, le député LFI, professeur d’histoire de formation, sans trop savoir par quel bout s’en prendre au nouveau ministre. Mais “ce coup médiatique ne désamorcera pas la profonde colère dans l’Education nationale”.

Attention au claquage

Coup politique ou véritable changement de ligne, la Macronie doit désormais faire attention au claquage, tant le grand écart est large entre Jean-Michel Blanquer et Pap Ndiaye. “Nous passons quand même d’une culture politique exigeante en matière de laïcité à une culture politique très différente”, résumait le député du MoDem Jean-Louis Bourlanges sur Franceinfo vendredi, tout saluant “une personnalité extrêmement respectée, un très grand universitaire”. “Passer d’un système à l’autre sans crier gare, ça nous interpelle”, ajoutait cet élu de la majorité, le premier à émettre ces – petites – réserves publiques sur la nomination de l’historien.

“Même si je crois qu’il faut accueillir les cultures nouvelles, je ne voudrais pas que les valeurs fondamentales de laïcité et la liberté de l’esprit ne soient pas défendues avec la même énergie”, expliquait le parlementaire de 75 ans, “très sensible” pour sa part “au danger du wokisme et de la ‘cancel culture’”. Et il est loin d’être le seul en Macronie. Un avant-goût des inquiétudes auxquelles le nouveau ministre va devoir rapidement répondre... et le symbole des limites de l’agilité idéologique du chef de l’Etat.

Pap Ndiaye, lui, ne s’est pas encore exprimé depuis son entrée au gouvernement, en dehors de son bref discours lors de la passation de pouvoir. Il aura fort à faire dans un ministère-clé pour le deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron. “L’éducation nationale ne se gouverne pas uniquement à coups de symboles”, n’a pas manqué de rappeler le syndicat d’enseignants SNES-FSU juste après la nouvelle, dans une forme d’avertissement, tant les sujets sont brûlants rue de Grenelle.

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