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    Dans les fournitures scolaires, attention aux produits chimiques, alerte l'Anses

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 22:05 · 3 minutes

Les crayons, correcteurs ou encore les colles contiennent des substances nocives si elles sont inhalées ou ingérées. Les crayons, correcteurs ou encore les colles contiennent des substances nocives si elles sont inhalées ou ingérées.

SANTÉ - Des produits toxiques dans nos stylos, colles et cahiers? Dans une expertise publiée ce jeudi 7 juillet, l’Anses (Agence nationale de sécurité Sanitaire) révèle la présence de plusieurs familles de substances chimiques dans les fournitures utilisées à l’école, à la maison ou au bureau. Des substances qui peuvent être néfastes pour la santé, en particulier quand elles sont inhalées, ingérées ou en contact avec la peau.

Ce qui était un secret de polichinelle -oui, on se doutait qu’ingérer du blanco serait dangereux pour la santé- est désormais officiel. Les enfants, qui ont la mauvaise habitude de mettre les objets dans leurs bouches, sont les premiers concernés.

Pour en arriver à cette conclusion, l’agence s’est basée sur la littérature scientifique existante et des études menées par l’agence de protection de l’environnement danoise (EPA), l’Ademe, l’UFC-Que Choisir ou encore 60 Millions de consommateurs. Elle a ensuite échangé avec les associations de consommateurs et les fédérations professionnelles des fabricants et distributeurs pour lister une grosse dizaine de produits nocifs.

Phtalates, bisphénol A, plomb...

Les substances le plus souvent identifiées sont:

  • les phtalates,

  • les composés organiques volatiles (COV) dont le formaldéhyde, le chloroforme, le toluène,

  • des nitrosamines,

  • le benzène,

  • les métaux lourds comme le chrome hexavalent, le cadmium, le nickel ou le plomb,

  • les perfluorés ( PFAS ),

  • les colorants,

  • le bisphénol A ,

  • les isothiazolinones et autres conservateurs,

  • les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

  • les substances parfum

Appliquer aux fournitures la même réglementation qu’aux jouets

Ces découvertes posent de gros problèmes en termes de santé publique. Les colles, cahiers, stylos, crayons et autres correcteurs sont des objets du quotidien. L’agence précise que les peintures, feutres et les crayons de couleurs ne sont pas concernés car ils sont considérés comme des jouets selon les normes européennes. Par conséquent, les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction sont interdites lors de la fabrication.

C’est pourquoi l’Anses appelle à appliquer à l’ensemble des fournitures scolaires la réglementation européenne relative à la sécurité des jouets.

En attendant la mise en place de cette évolution réglementaire, Céline Dubois, coordinatrice de cette expertise à l’Anses, demande aux consommateurs de “privilégier les fournitures ne contenant ni substances parfumantes, ni paillettes ou autre artifice pouvant induire des comportements détournés par les enfants, tels que le ‘machouillage’, voire l’ingestion.”

Quant aux fabricants, l’agence leur demande clairement de prendre les mesures nécessaires afin de retirer les substances toxiques de leurs fournitures indépendamment de toute réglementation. Mais aussi de prendre en compte les comportements et usages prévisibles (encore le fameux “machouillage”) pour s’assurer de l’innocuité de ces produits.

Des tests plus poussés vont être réalisés sur les fournitures les plus fréquemment utilisées afin d’évaluer les risques réels pour la santé. Rendez-vous fin août pour les traditionnels et très plaisants achats de fournitures scolaires .

À voir également sur Le HuffPost: Une machine à écrire en guise en pinceau pour cet artiste londonien

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    Comment le dépistage prénatal de la trisomie 21 peut être une épreuve pour les parents

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 4 days ago - 06:30 · 10 minutes

La confirmation du diagnostic de trisomie 21 est souvent La confirmation du diagnostic de trisomie 21 est souvent "un choc immense" pour les futurs parents, souligne Alice Drisch.

GROSSESSE - Lorsqu’Emilie confie au HuffPost son expérience du dépistage prénatal de la trisomie 21 , cela passe d’abord par des détails, comme ce “point rouge” sur la porte de sa chambre à la maternité. À l’été 2019, Emilie apprend à cinq mois de grossesse que la petite fille qu’elle attend est porteuse de trisomie 21. Face à elle, “un choix qui n’en est pas un”: celui de poursuivre ou d’interrompre sa grossesse.

C’est aussi à ce choix qu’ont été confrontés les influenceurs Shanna Kress et Jonathan Matijas au mois de juin 2022. Sur Youtube , le couple a expliqué avoir appris que l’un des jumeaux qu’ils attendaient était porteur de trisomie 21. Ils ont raconté leur parcours en vidéo, avant d’annoncer avoir choisi de réaliser une interruption médicale de grossesse (IMG). Si leur transparence quant à ce sujet a été décriée, elle a aussi été saluée par plusieurs internautes, dont Emilie.

“J’ai vécu la même chose que vous et tant qu’on n’est pas dans la situation on ne peut pas comprendre [...]. C’est votre histoire, elle vous appartient, personne n’a le droit de juger, je vous soutiens”, a-t-elle écrit en commentaire d’un de leurs posts Instagram. L’association M21, qui accompagne les parents qui font face à ce diagnostic, a quant à elle “souhaité entrer en lien avec eux”, sans recevoir de réponses.

En France, la Haute Autorité de Santé rappelle que la loi prévoit que “toutes les femmes soient informées de la possibilité de réaliser un dépistage de la trisomie 21 au cours de leur grossesse”, bien que celui-ci ne soit pas obligatoire.

Dans un article publié en 2014 et s’appuyant sur les recherches de l’Institut de veille sanitaire (INVS), Libération soulignait qu’il y avait 2370 fœtus porteurs de trisomie par an, mais “seulement 530 nouveau-nés vivants porteurs de ce handicap, cela en raison d’un dépistage prénatal”. Pour autant, les récits de parents confrontés à cette décision et choisissant d’interrompre la grossesse restent rares.

“J’ai pris une claque quand on me l’a annoncé”

“Ma première grossesse s’était déroulée parfaitement, alors j’ai pris une claque quand on m’a annoncé qu’elle était porteuse de trisomie 21 et qu’elle avait une cardiomyopathie ”, débute Emilie. “Mais j’ai donné ma décision tout de suite, c’était un sujet sur lequel on était d’accord avec mon mari”, éclaire-t-elle, expliquant avoir choisi de mettre fin à sa grossesse pour diverses raisons.

“Dans la majorité des cas, le couple s’est déjà posé la question et peut demander une IMG lors de l’annonce du diagnostic de trisomie 21”, souligne en ce sens Lucie Guilbaud, gynécologue-obstétricienne spécialisée en diagnostic prénatal, au HuffPost . En 2012, l’Agence de la biomédecine évaluait à 85% le nombre de femmes ayant réalisé le test de dépistage de la trisomie 21.

La gynécologue-obstétricienne détaille le dépistage: “Une prise de sang a lieu au même moment que l’échographie du premier trimestre. On évalue la probabilité que le fœtus soit porteur d’une trisomie 21 à partir de l’âge de la femme, de la mesure de la clarté nucale du fœtus et du taux des marqueurs sériques présents dans le sang”.

Si on propose ces examens, c’est parce qu’on sait qu’il y a un risque de trisomie 21 mais aussi d’autres anomalies Lucie Guilbaud, gynécologue-obstétricienne

Après cette prise de sang, le résultat est rendu sous forme de risque. Si celui-ci est élevé, un prélèvement invasif est proposé pour observer les chromosomes du fœtus (via une amniocentèse ou une choriocentèse). “Si on propose ces examens, c’est parce qu’on sait qu’il y a un risque de trisomie 21 mais aussi d’autres anomalies”, relève Lucie Guilbaud. Si le risque de trisomie 21 est intermédiaire, un test de l’ADN libre circulant est proposé à la patiente. Si celui-ci est en faveur d’une trisomie 21, un prélèvement invasif est aussi proposé.

Comme l’explique Shanna Kress et Jonathan Matijas en vidéo, “le plus dur a été d’être dans l’inconnu” pour le couple, qui a attendu près d’un mois le résultat de l’amniocentèse dans “la peur, l’angoisse”. “C’est triste, mais il y en a un sur deux qui va très bien”, a ensuite rebondi le couple.

Après l’annonce du diagnostic, un temps de réflexion est proposé au couple sans délai, rappelle la gynécologue-obstétricienne, l’IMG étant autorisé jusqu’à terme en France. “Le seul contretemps, c’est que le Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal doit confirmer la recevabilité du diagnostic prénatal avant l’IMG et nos réunions n’ont lieu qu’une fois par semaine”, éclaire Lucie Guilbaud.

Colère, tristesse et culpabilité

Malgré la certitude de son choix, Emilie en a vécu difficilement les conséquences. “C’est un choc immense, traumatique de l’apprendre”, appuie Alice Drisch, fondatrice de l’ association M21 . Elle-même confrontée à cette annonce, mais lors de l’accouchement, elle a en effet créé M21 pour accompagner les parents qui font face à ce diagnostic.

“Notre mission, c’est l’écoute, si la personne souhaite avoir des informations sur la vie avec un enfant porteur de trisomie 21, là on peut parler de notre vécu”, explique-t-elle au HuffPost . En plus d’une psychologue, l’association est en effet composée de plusieurs parents d’enfants porteurs de trisomie 21. “Après cette écoute, il y a environ la moitié des femmes qui ont appelé qui gardent l’enfant, l’autre moitié qui choisissent d’avorter”, précise-t-elle.

“Après l’annonce du diagnostic, il peut être proposé aux couples qui le souhaitent de rencontrer des spécialistes de la trisomie 21, des associations de patients et un psychologue”, met en avant Lucie Guilbaud. “Si le Centre ne le propose pas, les parents peuvent en faire la demande”, complète-t-elle.

Ce qui est difficile aussi c’est la culpabilité, même si on a fait ce choix, on se sent coupable Emilie

“Jusqu’au moment de l’IMG, j’ai eu un espoir que quelqu’un arrive et m’annonce qu’ils s’étaient trompés”, poursuit Emilie, soulignant être passée par des émotions très diverses, de la colère à la tristesse, suite à l’annonce. “J’attendais cette petite fille - Théa - depuis très longtemps”, appuie-t-elle.

“Ce qui a été compliqué, c’est la colère qu’on peut ressentir. Je me rappelle que mes parents étaient peinés et je n’arrivais pas à comprendre leur peine. Pour moi, le plus dur, c’était moi qui le vivais”, illustre Emilie. “Ce qui est difficile aussi c’est la culpabilité, même si on a fait ce choix, on se sent coupable”, ajoute-t-elle.

Ces ressentis, Alice Drisch les constate également: “On a écouté une dizaine de femmes qui ont accouché d’un enfant porteur de trisomie 21 et qui trois, quatre mois après cet événement, ont eu besoin de se confier à nous”. Aujourd’hui encore, Emilie n’a pas réussi à expliquer la raison de son interruption de grossesse à ses enfants. “J’ai peur d’être jugée”, confie-t-elle.

Une interruption médicale de grossesse vécue comme un deuil

Cette interruption médicale de grossesse, Emilie l’a d’ailleurs vécu comme un deuil . “Ce n’est pas la même perte que si j’apprenais la mort d’un de mes enfants, mais je l’ai porté, je l’ai senti”, rappelle-t-elle. “J’ai ressenti une profonde tristesse. Après l’avortement, je ne pouvais pas être sans mon mari, c’était mon pilier”, livre-t-elle.

Son mari, lui, a vécu “un deuil différent”. “Il n’en parle pas”, résume Emilie qui estime que “c’est sa façon de se protéger”. “C’est à la maternité où j’ai avorté que pour la première fois je l’ai vu aussi démuni. Je me rappellerais toujours de cette phrase qu’il m’a dit à propos de la salle d’attente: ‘ je n’avais même pas d’endroit , autour de moi il n’y avait que des futurs papas’”, raconte-t-elle, toujours touchée.

Dans leur couple cependant, chacun a respecté le deuil de l’autre. “Il a été d’un soutien sans faille”, affirme Emilie. Ce qu’ont aussi montré Shanna Kress et Jonathan Matijas sur leurs réseaux sociaux. Mais ce n’est pas toujours le cas, met en avant Alice Drisch: “Il y a des femmes qui nous appellent et qui nous disent ‘Je ne vais pas le garder parce que mon compagnon va partir’”.

“Pour le moment, il y a sept hommes qui nous ont contactés sur les réseaux sociaux, mais aucun n’a osé nous appeler”, éclaire la fondatrice de M21, qui souligne qu’on “ne prépare pas assez les couples” alors que la décision à prendre peut “jouer” sur celui-ci.

Un accompagnement médical parfois questionné

À l’inverse du soutien qu’elle a reçu de ses amies, Emilie ne s’est pas toujours sentie comprise par le corps médical . “Pour la prise de l’anti-progestatif, on a été reçus dans une salle où on stocke les médicaments et l’infirmière s’est étonné qu’on ne nous avait rien expliqué avant de nous dire: ‘je vais vous donner un prospectus’”, se rappelle-t-elle.

“J’avais eu des suspicions à 5 mois de grossesse de trisomie 21 et la relation de la sage-femme a changé avec moi lors de cette échographie, on m’a fait mal, on m’a dit: “on va chercher les anomalies, il est où le truc”, se souvient également Alice Drisch. Néanmoins, toutes deux ont aussi été accueillies par des sages-femmes “superbes”. Le couple d’influenceurs a, lui, remercié son équipe médicale, qui a été “top”.

“Il y a 48 Centres de diagnostic prénatal en France avec des gynécologues-obstétriciens, des pédiatres, des généticiens etc. Ces centres sont spécialisés dans le diagnostic prénatal des anomalies fœtales et notamment dans le diagnostic prénatal de la trisomie 21”, nuance Lucie Guibaud. Reste que pour l’association M21, “quand on annonce la trisomie 21, c’est un drame, c’est compliqué. Sans la désinformation de certains personnels du corps médical, on pourrait éviter le traumatisme de l’annonce”.

“Aujourd’hui, je l’ai accepté”, reprend Emilie, même si elle sait qu’elle en souffrira “toute sa vie”. “Je suis une maman terriblement angoissée à présent”, illustre-t-elle. Un an après cette interruption médicale de grossesse, Emilie a néanmoins donné la vie à nouveau. “Je ne pouvais pas me dire que c’était ma dernière grossesse, que c’était la mise au monde d’un enfant mort”, souligne-t-elle.

De leur côté, Shanna Kress et Jonathan Matijas ont donné le nom de Christopher au fœtus dont la grossesse a été interrompue, soulignant que ”ça fera partie de nous, de notre histoire”. Pour Emilie, il est tout aussi essentiel de pouvoir continuer de parler de Théa. “Elle n’a pas vécu, mais elle a existé”, rappelle-t-elle. Ne pas pouvoir échanger sur cette interruption de grossesse serait, pour elle, faire “comme si ça n’était jamais arrivé”.

À voir également sur Le HuffPost: “Après une fausse couche, comment cette maman s’est réconciliée avec son corps”

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    Changer de nom de famille devient possible, ces témoignages en montrent toute l'importance

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 6 days ago - 05:00 · 7 minutes

À compter du 1er juillet, ce changement devrait être facilité. Porté par le collectif “Porte mon nom” et le député de l’Hérault Patrick Vignal (LREM), une loi permettra à chacun de changer son nom de famille une fois dans sa vie. À compter du 1er juillet, ce changement devrait être facilité. Porté par le collectif “Porte mon nom” et le député de l’Hérault Patrick Vignal (LREM), une loi permettra à chacun de changer son nom de famille une fois dans sa vie.

FAMILLE - Ce changement de nom, cela fait des années que Melody* en rêve. “Depuis la maternelle, je souhaite porter le nom de ma mère et pas celui de mon père, qui ne s’est jamais occupé de moi”, témoigne-t-elle. Comme elle, ils sont nombreux à avoir déjà tenté sans succès une demande de changement de nom . Le HuffPost a recueilli leurs témoignages.

À compter du 1er juillet, ce changement devrait être facilité. Porté par le collectif “Porte mon nom” et le député de l’Hérault Patrick Vignal (LREM), une loi permettra à chacun de changer son nom de famille une fois dans sa vie.

Une personne majeure pourra ainsi choisir de porter le nom de sa mère, de son père ou les deux. Un parent pourra aussi ajouter son nom, à titre d’usage, à celui de son enfant, en informant l’autre parent -auparavant, il fallait son autorisation. Si l’enfant a plus de 13 ans, son accord sera nécessaire.

“Le nom de mon père était lié à l’abandon et à la violence”

Le dossier de Melody, auxiliaire parentale 26 ans qui vit en Île-de-France, est prêt depuis des mois. Depuis qu’elle est toute petite, elle n’écrivait que le nom de sa mère lorsqu’on le lui demandait. “Le nom de mon père était lié à l’abandon et à la violence, confie-t-elle. À l’école, la plupart des gens ne connaissaient pas le nom de mon père.

“C’est en 2018, lorsqu’elle décide de se marier avec son conjoint, qu’elle entame des démarches officielles pour changer de nom. “Je ne me voyais pas dire ‘oui’ à la mairie sous un nom qui pour moi n’était pas le mien, estime-t-elle. Et transmettre ce nom à mes éventuels futurs enfants, qu’il figure dans le livret de famille .

“Elle initie alors une procédure de changement de nom. Les démarches sont longues et coûteuses: constitution du dossier, publication au Journal Officiel , envoi de la demande au garde des Sceaux... Elle réunit tous les documents dont elle dispose. Elle n’aura la réponse que deux ans plus tard.

Celle-ci s’avère négative. Le courrier qu’elle reçoit indique que les documents fournis sont “insuffisants” pour établir que son père aurait “gravement et durablement manqué à ses devoirs parentaux”. Les attestations produites, selon l’administration, “ne permettent pas d’établir un réel préjudice et suffisamment grave en lien avec le port de (son) nom.

“Melody vit très mal ce refus. “Je n’avais pas assez de justificatifs pour prouver son absence, le fait qu’il ne payait pas la pension alimentaire, reconnaît-elle. Mais pour moi, c’était un motif légitime: je n’avais pas de père, pourquoi je porterais son nom?”

“Un vrai parcours du combattant”

C’est également l’absence et la violence de son père qui ont conduit Thierry*, 32 ans, à vouloir prendre le nom de sa mère. “Les seuls moments où il a été présent, ça a été pour donner des coups, raconte au HuffPost ce salarié qui vit à Clermont-Ferrant. C’est une personne raciste, homophobe, tout l’opposé de ma mère, en fait.”

“Mes parents étaient mariés, on vivait ensemble, raconte-t-il. Mais pour tout ce qui était devoirs, repas, suivi scolaire, vie quotidienne, c’était ma mère. Il ne s’est jamais occupé de rien. Pour lui, les enfants étaient là quand il fallait mettre des coups de poing, des coups de pied, de bâton ou de martinet. Mais il n’y avait que ça.”

Cela fait une petite dizaine d’années qu’il souhaite prendre le nom de sa mère. Mais après s’être renseigné, il a été découragé par les démarches à effectuer. “C’était impossible, estime-t-il. La réponse, vous pouvez mettre jusqu’à 4 ans pour l’obtenir et dans 90% des cas elle est négative. C’est un vrai parcours du combattant.”

Lorsqu’en 2021, son envie de changement de nom devient une nécessité dans son esprit, il tombe sur le collectif “Porte mon nom”. “Cette loi est arrivée au bon moment”, se réjouit-il. Si son choix ne fait pas l’unanimité dans sa famille, en particulier du côté paternel, il va lui permettre de “passer à autre chose”.

“Celui qui a été un géniteur n’est pas pour moi un père, puisqu’un père c’est quelqu’un à qui on porte de l’amour et surtout pas de la colère”, ajoute-t-il. Sa mère vient tout juste de divorcer de ce dernier, encouragée par ses trois enfants. Elle a également repris son nom de jeune fille.

“Remettre l’Église au milieu du village”

À l’origine du collectif “Porte mon nom”, Marine Gatineau Dupré s’est battue au départ pour ses enfants. Car comme plus de 80% des enfants nés en France (selon les chiffres de l’INSEE pour 2019), ils ont pris uniquement le nom de leur père à la naissance. Auquel elle souhaite ajouter le sien, chose impossible avant la loi sans l’autorisation de l’autre parent.

Alexandra, 45 ans, assistante RH à Epinal, vit une situation similaire. À la naissance de sa fille, il y a 18 ans, la question du nom se pose mais est évacuée rapidement avec son ex-conjoint. “On n’était ni mariés ni pacsés, raconte-t-elle. On s’est dit: ’Bof, on ne va pas mettre les deux noms, à quoi ça sert? On venait de faire un enfant, on ne pensait pas du tout qu’un jour on se séparerait.” Ce qui se produira pourtant finalement 3 ans et demi plus tard.

Le fait qu’elle ne porte pas le même nom que sa fille devient rapidement une source de frustration. ”À l’aéroport, j’étais sans cesse obligée de me justifier, j’étais sans cesse confrontée à des questions de type ‘Mais vous êtes la maman? Vous avez votre livret de famille pour le prouver?’, raconte-t-elle. L’école avait tendance à appeler le parent qui porte le même nom....”

À son désir d’être “reconnue comme maman” s’ajoute un élément qui provoque chez elle un “déclic”: le jour où son ex se marie avec une autre femme, qui décide de prendre le nom de son mari. “Elle s’appelle donc aujourd’hui comme ma fille, résume Alexandra. Elle n’a jamais à justifier qu’elle n’est pas la mère ou non. Elle peut partir avec ma fille sans qu’on lui demande quoi que ce soit. Ça a été vraiment dur.

“Comme sa fille vient d’avoir 18 ans, elle va faire la démarche de changement de nom elle-même. Elle va ajouter le nom de sa mère après celui de son père. ”Ça va remettre l’Église au milieu du village, remettre les choses carrées, souligne sa mère. Elle est née d’un père et d’une mère et elle aura le nom de son père et de sa mère.”

“Je n’arrivais pas à lui dire comment il s’appelait”

Sonia, dans les Hauts-de-France, ne s’est pas non plus posé la question du nom à la naissance de son fils. En cours de divorce, cette assistante maternelle de 42 ans a “vécu un enfer pendant cinq ans” de vie commune avec son futur ex-mari.

“Il m’a fait subir toutes les violences qui puissent exister: physiques, sexuelles, financières, économiques, expose-t-elle. En 2018, un drame déclenche leur séparation. “La reconstruction est très lente et difficile. “Jusqu’à l’âge de 3 ans et son entrée à l’école, je n’arrivais pas à lui dire comment il s’appelait, raconte-t-elle. Je ne l’appelais que par son prénom.”

Alors que son fils vient d’avoir 4 ans, elle souhaite qu’il porte les deux noms, mais le père refuse de donner son accord. “Je veux lui donner l’opportunité de pouvoir adopter mon nom définitivement à sa majorité s’il le souhaite, sauf s’il préfère garder les deux”, explique-t-elle.

Ce 1er juillet, elle va entamer la démarche de changement de nom pour son fils.

*Les prénoms avec des astérisques ont été modifiés à la demande des personnes interviewées.

À voir également sur Le HuffPost: Le double nom de famille à la naissance, le combat du collectif “Porte mon nom”

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    Pour son mariage, ce couple a choisi son nom de famille par hasard, en dépit de la tradition

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 25 June - 06:30 · 5 minutes

Au départ, Dimitri ne s’était jamais posé la question: pour lui, la femme prenait automatiquement le nom de son mari. “Il y avait une part d’ignorance et cette tradition est tellement ancrée que je n’avais pas cherché spécialement à la comprendre”, admet Dimitri. Au départ, Dimitri ne s’était jamais posé la question: pour lui, la femme prenait automatiquement le nom de son mari. “Il y avait une part d’ignorance et cette tradition est tellement ancrée que je n’avais pas cherché spécialement à la comprendre”, admet Dimitri.

FAMILLE - Céline et Dimitri ont laissé “le destin” décider pour eux. Ils se sont marié ce samedi 25 juin en Vendée et Dimitri a pris le nom de famille de Céline. Une démarche encore rare aujourd’hui en France , où dans la majorité des cas, c’est la femme qui prend le nom de son mari .

À 28 et 30 ans, ils se sont rencontrés il y a 7 ans et viennent de passer trois ans en camping-car, à enchaîner les saisons agricoles en maraîchage. Ils se sont installés depuis peu dans une maison en Vendée pour aller vers “d’autres projets”. Dont un mariage qui approche. Et qui dit mariage dit choix du nom de famille.

Au départ, Dimitri ne s’était jamais posé la question: pour lui, la femme prenait automatiquement le nom de son mari. “Il y avait une part d’ignorance et cette tradition est tellement ancrée que je n’avais pas cherché spécialement à la comprendre”, admet Dimitri.

On est en 2022, la femme n’a plus ce besoin de s’associer au nom de son mari pour pouvoir jouir de la société. Dimitri, 30 ans

Le début de leur réflexion est venu “un peu par hasard”, en évoquant le futur mariage avec le père de Dimitri. “On parlait des noms de famille et pour rigoler, je lui ai dit que Dimitri prendrait mon nom et pas l’inverse, raconte-t-elle. Et ça nous faisait rire, parce que le papa de Dimitri n’est pas très ancré dans les traditions.”

C’est à la suite de cette blague que le couple commence à faire des recherches et à s’interroger sur cette coutume . “On s’est rendu compte qu’il n’y a encore pas si longtemps, la femme tant qu’elle n’était pas mariée n’avait pas de droits et que pour accéder à certains droits, elle devait posséder le nom de son mari”, souligne-t-elle. Des considérations plus vraiment d’actualité. “On est en 2022, la femme n’a plus ce besoin de s’associer au nom de son mari pour pouvoir jouir de la société”, ajoute Dimitri.

La possibilité de garder chacun leur nom ne leur convenait pas. “On aime quand même cette idée que dans le mariage il devrait y avoir une sorte de ‘sacrifice’, un dévouement à cet amour et le fait que l’un de nous substitue son nom pour celui de l’autre”, explique Dimitri. L’un ou l’autre, sans préférence.

L’option du double nom a également été écartée. “Je trouvais cela imposant comme nom de famille et puis si on a des enfants, je ne voulais pas que, si un jour ils se marient, cela devienne un casse-tête pas possible”, ajoute Céline.

Leur nom de famille au tirage au sort

“On a fait un tirage au sort et il s’avère -et c’est une bonne chose- que c’est le nom de Céline qui est sorti!” se réjouit Dimitri. Une manière de laisser “le destin” trancher, qui permettait aussi au couple de moins “brusquer la famille”. “Même si j’ai une famille ouverte d’esprit, ça a été dur pour certains à entendre, souligne-t-il. Le poids des traditions est très lourd.”

Leurs proches ont eu plusieurs types de réactions. “Mon beau-frère était aux anges, heureux, il voulait répandre la nouvelle au niveau national, s’amuse Dimitri. Beaucoup de femmes autour de nous étaient ravies.” Mais d’autres ont été plus hostiles. “Je pense que cela a fait peur à certains, interprète-t-il. Pour eux, la pilule a eu du mal à passer et elle n’est toujours pas passée.”

L’un des arguments avancés par ceux qui s’y opposent, souvent plus âgés, est celui de la transmission. “Dans l’optique où nous aurions des enfants, le fait que le nom de Dimitri ne perdurerait pas à la génération suivante les dérangeait”, développe Céline.

Un certain “anticonformisme”

Pour autant, le couple estime que son choix n’est “pas politique”. “On voulait simplement construire notre union sur des valeurs communes, comme la parité, expose Céline. Et on commence notre mariage de la meilleure des façons en se laissant chacun la même chance de prendre le nom de l’autre.”

À la question de savoir si cet acte, qu’ils ne revendiquent pas, est “féministe”, Céline admet: “Pour moi, oui, mais plus dans l’idée que ce n’est pas le genre qui doit déterminer qui prend le nom de l’autre.” Dimitri, s’il ne sait pas vraiment ce que signifie le féminisme pour lui, se dit tout de même “anticonformiste”.

“Mais c’est un choix très personnel et qui n’avait pas du tout pour but de blesser qui que ce soit, insiste-t-il. On sait qu’on est dans une société où les traditions sont très ancrées, depuis des millénaires, et ce n’est pas évident de changer le monde du jour au lendemain.”

Pour autant, Céline et Dimitri espèrent que les générations futures n’auront pas besoin de tirer au sort et pourront “assumer leur choix librement”, quel qu’il soit. “Si ça peut permettre aux gens de savoir que c’est possible, on sera contents”, concluent-ils. Aujourd’hui, il est musicien, elle est illustratrice. Le couple avait prévu un mariage “très intime et familial, simple et champêtre, dans la belle campagne vendéenne”.

À voir également sur Le HuffPost : Le mariage pour tous adopté au Chili, ce couple gay est le premier à s’unir

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    Une poussette jusqu'à quel âge? Kate Hudson lance le débat sans le vouloir

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 22 June - 10:35 · 2 minutes

L'actrice américaine Kate Hudson lors de la traditionnelle soirée L'actrice américaine Kate Hudson lors de la traditionnelle soirée "Oscar Party", organisée par Vanity Fair, en mars 2022.

ENFANTS - “Il y en a une qui devient une petite citadine.” En légende de sa dernière photographie Instagram , Kate Hudson se réjouit d’une récente balade à New York avec sa fille, Rani Rose. Celle-ci apparaît avec un grand sourire, les yeux plissés par le soleil.

Pourtant, sous le cliché, les commentaires négatifs fusent. La raison? À 3 ans, la fille de l’actrice américaine de Presque Célèbre est installée dans une poussette. “N’est-elle pas trop grande pour être dans une poussette?”, interroge ainsi un internaute.

“Elle sait ce qu’elle fait”

Sans le vouloir, l’actrice américaine a lancé un débat sur l’âge limite d’utilisation des poussettes pour les enfants . Plusieurs internautes n’hésitent pas à questionner son choix, avec ou sans humour . “Tu deviens un peu grande pour la poussette”, écrit un de ses abonnés, en ajoutant des émojis qui rigolent.

Des internautes portent néanmoins des jugements bien moins tolérants à l’image de ce dernier qui affirme: “Ses jambes ne sont pas cassées. Marche, petite fille”. Un autre interroge sur le même ton: “Les enfants de cette taille se promènent-ils vraiment encore en poussette?”.

A l’inverse, des internautes ont tenu à défendre le choix de Kate Hudson. “Les poussettes sont précieuses en ville, surtout si c’est une journée chaude. Faites ce qui vous rend la vie plus facile. C’est une mère aimante de trois enfants, elle sait ce qu’elle fait”, souligne un commentaire. “Eh, la police des poussettes. Ce n’est pas votre enfant, ce n’est pas votre jour de sortie”, écrit un autre internaute.

Dans un article paru sur le site Doctissimo en 2016 , la pédiatre Edwige Antier soulignait qu’il était possible de “mettre un enfant dans sa poussette très longtemps, jusqu’à 5 ans même”. “Les poussettes sont précieuses pour les grandes promenades. Il suffit d’aller à Disneyland pour voir que les enfants apprécient”, soulignait-elle.

A voir également sur Le HuffPost: “En Suède, une anecdote sur une vieille “tradition” enflamme le pays”

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    Comment réagir si un enfant s'étouffe? Voici les gestes à adopter rapidement

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 20 June - 08:44 · 4 minutes

Il faut réagir vite, et le mieux est de commencer par des “claques dans le dos”, entre les omoplates. Il faut réagir vite, et le mieux est de commencer par des “claques dans le dos”, entre les omoplates.

SANTÉ - Ce lundi 20 juin, une nouvelle audience s’ouvre dans le procès opposant Florence et Vincent Lerbey, les parents de Lilian, et le groupe alimentaire Herta . Les premiers réclament des mises en garde plus claires sur les emballages de Knacki, l’un des produits phares de la société.

Après le décès de leur enfant de 2 ans et 11 mois, étouffé par une saucisse coupée en rondelles, les parents de Lilian souhaitent en effet une prise de conscience de la dangerosité de certains aliments.

“Chez les moins de 8 ans, l’ asphyxie est la première cause d’ arrêt cardiaque ”, déclare le docteur Emmanuelle Seris. Porte-parole de l’Association des Médecins Urgentistes de France ( AMUF ), elle nous répond quant aux réflexes à avoir et aux gestes à réaliser lorsqu’un enfant s’asphyxie.

En premier, des claques dans le dos

Pour un adulte comme pour un enfant de plus d’un an, la technique s’avère être la même. Il faut préciser qu’une personne qui s’étouffe ne peut produire aucun son.

Il faut réagir vite, et le mieux est de commencer par des “claques dans le dos”, entre les omoplates. “Il faut, bien sûr, d’abord prévenir et ne pas laisser d’objets trop petits avec des enfants sans surveillance pour qu’ils ne puissent pas en inhaler”, prévient-elle. Pour savoir ce qui pourrait asphyxier un enfant, il faut prendre en considération le fait que le diamètre de la trachée d’un enfant est le même que celui de son petit doigt. Ainsi, tout ce qui peut être plus gros que leur petit doigt peut entraîner un étouffement.

Comme le précise le site de La Croix Rouge , il faut se tenir sur le côté et un peu en arrière de la personne qui s’étouffe en position debout. Avec une main, penchez la victime vers l’avant en soutenant sa poitrine. L’inclinaison permettra à l’objet qui bloque de ne pas s’enfoncer encore plus dans la trachée. L’étouffement est, en effet, provoqué, par l’obstruction de l’orifice d’entrée de la trachée. Il faut donner un “maximum de 5 claques”. Entre chacune d’entre elles, il faut regarder si l’objet est sorti ou non.

Alterner claques et manœuvre de Heimlich

Si l’objet n’est pas sorti de l’œsophage, il faut, après 5 claques, passer à la technique des compressions abdominales, la manœuvre de Heimlich. Ici, il faut se tenir complètement derrière la personne. Ensuite il faut passer ses bras autour de la partie supérieure de l’abdomen et toujours pencher la victime vers l’avant. Avec une main, il faudra former un poing entre le bas du sternum et le nombril, et maintenir ce poing en place avec l’autre main. Il faut ensuite l’enfoncer vers vous et vers le haut. “Cette manœuvre permet de refouler le diaphragme, ce qui exerce une surpression au niveau des poumons”, explique le médecin urgentiste. Comme les claques dans le dos, il faut le faire 5 fois maximum et alterner avec ces dernières.

“Si la personne devient inconsciente et qu’elle ne respire pas, c’est un arrêt cardiaque. Il faut l’allonger au sol et il faut commencer une ranimation cardiopulmonaire avec 30 compressions thoraciques et appeler le 15 rapidement”, déclare Emmanuelle Seris.

Ces bons gestes, les parents du petit Lilian les avaient tous effectués: taper dans le dos, pratiquer la manœuvre de Heimlich. Le papa l’avait même pris par les pieds, la tête en bas. Mais rien de tout ça n’a empêché l’arrêt cardiaque de l’enfant. C’est pourquoi il ne faut surtout pas hésiter à appeler le Samu au plus vite.

Enfin, il ne faut cependant pas confondre asphyxie et fausse route. Dans le cas de la fausse route, l’enfant ou l’adulte tousse et s’il tousse, il respire. Il n’y a donc pas danger vital, comme l’explique le site lesprosdelapetitenfance.fr . Pour le médecin urgentiste, il ne faut pas toucher la victime et la laisser tousser. “La fausse route peut quand même mener à l’asphyxie. Si la personne finit par ne plus parler ou tousser, il ne faut, là aussi, pas hésiter à appeler le 15”.

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    Neuf mois de congé paternité ont fait de moi un féministe radical - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 19 June - 06:00 · 5 minutes

Si je décidais de continuer à m’occuper de mon enfant après mon congé parental, je deviendrais un “inactif”. Rarement un substantif a été plus violent – et plus faux.(photo d'illustration) Si je décidais de continuer à m’occuper de mon enfant après mon congé parental, je deviendrais un “inactif”. Rarement un substantif a été plus violent – et plus faux.
(photo d'illustration)

PATERNITÉ - Quand j’annonce à un mec que j’ai pris neuf mois de congé parental , il me répond souvent “passe de bonnes vacances”. Mais vois-tu, cher ami, ce ne sont pas des vacances. C’est pourtant facile de s’en apercevoir: personne n’est jamais parti en vacances dans une crèche. S’occuper à temps plein d’un gosse , c’est un travail.

C’est même le travail le plus prenant que j’ai jamais eu. Non seulement il n’y a pas de pause-café, il n’y a pas non plus de pause-pipi, ni de week-ends. On doit être concentré en permanence comme un pilote de Formule 1, car c’est toujours au moment où on jette un œil aux notifications de son téléphone que bébé décide de mettre dans sa bouche le truc le plus crade à portée de main.

Quand le highlight de ta journée c’est d’avoir fait les courses chez Aldi parce qu’il fallait faire deux machines avant et que la couche a débordé trois fois, on a pas vraiment le sentiment d’être un travailleur privilégié.

En plus, toutes les tâches sont en permanence nouvelles sans qu’on ait reçu une quelconque formation. Aucun ministre de l’Éducation n’a jugé bon de nous coller un stage obligatoires en puériculture .

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide !

Bien sûr, c’est un boulot plus gratifiant que de mettre des boîtes dans des cartons pour enrichir un milliardaire chauve. Mais quand le highlight de ta journée c’est d’avoir fait les courses chez Aldi parce qu’il fallait faire deux machines avant et que la couche a débordé trois fois, on a pas vraiment le sentiment d’être un travailleur privilégié.

Des débuts difficiles

Mon congé pat’ n’a pas commencé sous de bons auspices. Quand je l’ai annoncé à mon chef, patron d’une petite association qui clame haut et fort qu’il est “family friendly”, il m’a dit qu’il n’était vraiment pas content et que c’était très dommage pour la boîte. Et quand je lui ai dit que j’étais en galère de crèche et que je devrais peut-être prolonger mon congé, il m’a dit qu’il considérerait ça comme une démission (ce qui est totalement illégal, soit dit en passant).

Depuis, cette logique du “les enfants, c’est oui, mais à condition de ne pas déranger le petit train-train des messieurs” s’applique implacablement.

Mon bébé et moi sommes les bienvenus partout, à condition de rester dans les cages prévues à notre endroit. Jouer dans les aires de jeux, c’est oui. Ailleurs dans l’espace public, c’est non. Il ne faudrait pas que bébé abîme le pare-choc du SUV d’un de ces messieurs. Aller au restaurant, c’est oui. À condition que bébé ne quitte pas sa chaise haute et qu’il ne fasse pas trop de bruit. Un rendez-vous dans un cabinet qui n’est pas celui d’un pédiatre, c’est non. Voyager, c’est oui, à condition que personne ne se sente dérangé.

Spéciale dédicace au passage à ce contrôleur SNCF qui voulait me mettre une amende parce que mon bébé était posé sur la table du wagon bar. Monsieur ce n’est pas hygiénique il est obligatoire de s’asseoir sur les tabourets. Mais il ne sait pas s’asseoir ! Il est interdit de voyager sur les tables monsieur.

Le problème de la masculinité

Alors oui, il y a des exceptions, des restaurants avec aires de jeu et des trains avec des compartiments pour bébés. Mais les enfants et les personnes qui s’en occupent restent toujours relégués aux marges que les hommes daignent leur concéder.

Mon bébé et moi sommes les bienvenus partout, à condition de rester dans les cages prévues à notre endroit.

Si je décidais de continuer à m’occuper de mon enfant après mon congé parental, je deviendrais un “inactif”. Rarement un substantif a été plus violent – et plus faux. Inactif aux yeux de ces hommes qui veulent faire des enfants pour montrer aux autres hommes qu’ils ont une bite et qu’ils ne sont pas pédés, mais qui ne veulent surtout pas passer du temps avec eux.

Je ne sais pas encore si mon congé paternité m’a mis au ban de la masculinité. Par la force des choses, je ne socialise quasiment plus qu’avec d’autres mamans. Mais il m’a fait comprendre que si la société est impraticable pour les enfants et les personnes qui s’en occupent, ce n’est pas une question de matériel ou de moyens.

Le problème, c’est la masculinité en elle-même. Ce n’est évidemment pas nouveau. Isabelle de Parme, archiduchesse d’Autriche et lesbienne célèbre, écrivait déjà au 18e siècle que “les hommes, privés de sentiments, ne savent aimer qu’eux”.

Avant, je n’était pas particulièrement intéressé par le féminisme. J’essayais juste d’être un allié lambda. Aujourd’hui, je n’attends qu’une chose: de pouvoir faire rayer la mention “homme” de mon état civil.

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    Pour Benjamin Muller des "Maternelles", "un père moderne, c'est un père qui prend sa part"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 19 June - 06:00 · 7 minutes

Benjamin Muller signe un Benjamin Muller signe un "Devenir papa pour les nuls" (éditions First)

PARENTS - “La société doit reconnaître le rôle que les pères ont à jouer auprès de leurs enfants”, écrit Benjamin Muller. C’est sous la direction du journaliste de l’émission La Maison des maternelles , sur France 2, qu’un manuel pour les futurs pères est paru le 25 mai, Devenir papa pour les nuls aux éditions First.

Rédigé en collaboration avec une sage-femme, un médecin et deux psychologues, le livre qui se veut exhaustif se présente comme une bible destinée aux pères en devenir . Peau à peau, étapes du développement du nourrisson, sommeil et pleurs, fatigue, découvertes des recherches scientifiques en parentalité... Tout ce qui concerne la grossesse et l’accueil d’un enfant y est abordé.

Mais surtout, le journaliste l’a pensé aussi comme un outil de lutte contre la charge mentale qui pèse sur les femmes. Pour que chaque parent prenne sa part, de manière équilibrée. On lui a posé quelques questions à l’occasion de la fête des pères, ce dimanche 19 juin.

Le HuffPost : Pour vous, y a-t-il besoin d’un manuel pour apprendre à être père?

Benjamin Muller: Comme je travaille pour La Maison des Maternelles , je reçois énormément de livres qui s’adressent aux futurs parents, pères et mères, il y en a plein. Mais souvent, les livres pour les futurs ou jeunes pères sont traités un peu par le biais humoristique et léger -j’en ai moi-même écrit un. Mais si on compare, ceux pour les futures mères sont souvent précis, sérieux, journalistiques, scientifiques et graves.

Et souvent, c’est plus léger pour les pères, du style: “ah vous allez voir, c’est marrant d’avoir un enfant”, “ah c’est dur on dort mal la nuit”, “vous ferez un peu moins l’amour”... Et je trouve que si on veut l’égalité entre les hommes et les femmes sur la question de la parentalité, il faut commencer par parler aux pères normalement.

D’ailleurs, dans le livre, il y a de nombreux chapitres qui pourraient être copiés-collés et qui s’adressent aussi bien aux pères qu’aux mères. C’est important par exemple que les hommes soient aussi informés de ce qui se passe dans le corps des femmes lors de la grossesse et de l’accouchement: ce qu’est une épisiotomie, en quoi consiste la rééducation périnéale...

Je voulais offrir aux pères un outil documenté et dense, qui aborde aussi des sujets plus durs, les violences sexuelles, la lutte contre l’inceste, ce qu’est le deuil périnatal...

Alors pourquoi ne pas avoir écrit à l’attention de tout futur parent, quel qu’il soit?

Je pense que ça vaut le coup, sur certains points, de s’adresser encore différemment aux pères qu’aux mères. Bien sûr que l’objectif serait que dans 15 ou 20 ans, on puisse écrire “Devenir parent pour les nuls”. Mais aujourd’hui, il y a encore un décalage important sur de nombreux sujets et ça vaut la peine de s’adresser différemment aux pères qu’aux mères.

Sur les sujets qui concernent la répartition des tâches ménagères et la charge mentale, l’éducation non genrée ou antisexiste, il y a encore un décalage. Pour prendre l’exemple de la charge mentale, il y a énormément de jeunes pères qui, parce qu’ils ont eu l’éducation qu’ils ont eue, ne se posent pas la question. Mais il y a un déséquilibre et c’est la femme qui porte toute la charge mentale.

Donc je voulais parler aux pères, qui souvent sont plein de bonne volonté -surtout ceux qui vont acheter ce type de livre-, spécifiquement de ces sujets auxquels moi-même je me suis intéressé tardivement. En devenant père, justement.

Est-ce que ce livre s’adresse à tous les types de familles?

Oui, après c’est vrai que le modèle souvent cité dans le livre est un modèle où il y a deux parents, peu importe leur genre. Notamment parce que j’essaye de mettre beaucoup en avant la question de l’équilibre entre les deux. Mais le livre n’est pas destiné uniquement aux couples hétéros.

Que pensez-vous de l’idée encore répandue selon laquelle les femmes, parce qu’elles portent l’enfant, ont plus de facilités à se projeter dans la parentalité?

C’est du bullshit (rires). Je ne vois pas du tout ce qui pourrait aller dans ce sens-là. Ce n’est pas parce qu’une femme porte un bébé qu’elle est plus apte à prendre rendez-vous chez le dentiste. Il n’y a aucun lien.

Il y des gens qui continuent de maintenir que l’instinct maternel existe et que la mère est une louve qui défend son bébé... La seule manière de combattre ces idées fausses, pour le père, c’est de s’investir avec son enfant. Et en plus, ce qu’il faut rappeler, c’est que c’est aussi du bonheur.

Non seulement il faut le faire, pour la maman, le bébé, mais aussi pour son bonheur personnel. Et ça peut paraître titanesque, surtout quand on n’a pas été éduqué comme cela. Mais ça vaut le coup.

Même s’il reste du travail, je trouve que l’on progresse quand même à grande vitesse, sur l’échelle de la parentalité. Si l’on regarde les générations de nos parents, de nos grands-parents... Ça évolue.

Est-ce que le sujet du congé paternité reste majeur, malgré son allongement à 28 jours?

Quand on regarde ce qui se fait dans les fameux pays du Nord, qu’on prend tout le temps comme modèles -je n’aime pas les prendre en modèle pour tout, parce que ce n’est pas forcément comparable-, le fait qu’il y ait un congé aussi long pour le père et pour la mère, ça change tout.

Nous, on a un mois. C’est très bien, mais c’est du temps passé avec la mère. Donc la tentation, c’est de rester “l’assistant” de la mère. Tous les parents savent que c’est en se retrouvant seul avec son bébé, une journée, une nuit, lui donner seul le bain, c’est là qu’on se rend compte de ce que c’est de s’occuper d’un enfant.

Et la deuxième chose, c’est le monde du travail. Tant que les hommes seront mieux payés que les femmes, les choses évolueront difficilement. Car quand l’un des deux membres du couple doit s’arrêter de travailler pour un congé parental ou parce que l’enfant est malade ou autre, c’est en général la femme qui le fait, puisqu’elle gagne moins. Et c’est normal, le couple est pragmatique.

Il faut aussi changer les mentalités: que la crèche n’appelle pas toujours la mère en premier lorsqu’il faut aller chercher l’enfant, que les pédiatres ne s’adressent pas qu’aux mères lors des consultations...

C’est à nous, la nouvelle génération de parents, de se saisir de ce sujet et d’opérer cette révolution. Les pères doivent oser, en entreprise, refuser une mission tard le soir ou de partir une semaine parce qu’ils ont un enfant en bas âge. Il faut l’assumer, même si on ne peut pas le faire partout, mais quand on peut, c’est l’un des combats que l’on doit mener.

C’est quoi, un père moderne?

C’est un père qui n’aide pas sa femme à élever les enfants, c’est un père qui avec sa femme, élève ses enfants. Ce n’est pas un père qui est l’assistant de la mère, c’est un père qui comme la mère, prend sa part.

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