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    Covid: malgré la hausse des cas, pourquoi la France ne rétablit pas de restrictions

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 23 March - 10:21 · 5 minutes

Pourquoi la hausse des cas de Covid-19 n

SCIENCE - Mardi 22 mars, la Direction générale a annoncé avoir enregistré 180.777 cas positifs au Covid-19 . Un chiffre journalier qui n’avait pas été atteint depuis le 8 février et une preuve de plus que la sixième vague de coronavirus déferle bien sur la France. Ce mercredi 23, ce sont encore 145.560 cas qui ont été recensés, soit une hausse de 49% en une semaine. Et depuis quelques jours, les entrées à l’hôpital ont suivi le même chemin que les cas et celles en réanimation ont arrêté leur chute.

Pourtant, malgré ces éléments inquiétants, le gouvernement ne semble pas du tout décidé à revenir sur l’allègement des mesures visant à limiter la propagation de l’épidémie de Covid-19. Alors que les cas sont repartis à la hausse depuis le début du mois, l’obligation du port du masque en intérieur et le pass vaccinal ont été levés comme prévu le 14 mars.

Mais ces mesures pourraient-elles être réintroduites? Après tout, c’est ce que l’Autriche vient de faire le 19 mars, en rendant à nouveau obligatoire le port du masque FFP2 en intérieur à la suite d’une importante remontée des contaminations.

La levée des restrictions, notamment le port du masque, avait été critiquée par plusieurs médecins et épidémiologistes. Mardi 22 mars, l’OMS a regretté que plusieurs pays d’Europe, dont la France, aient levé trop “brutalement” leurs restrictions contre le Covid-19.

Le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, se dit “vigilant”, mais “optimiste” sur la situation. S’il est optimiste, c’est à la fois car l’Europe est grandement immunisée, notamment via la vaccination, et parce que le variant Omicron a une virulence moindre que Delta.

Moins de gestes barrière

Olivier Véran était aussi optimiste sur franceinfo le 16 mars quand on le questionnait sur la levée des restrictions. Affirmant avoir pris “la bonne décision”, il rappelait qu’aucun nouveau variant dangereux ne circule et que le rebond qui touche la France frappe également des pays où le masque est encore obligatoire, comme l’Italie.

“Ça va monter jusqu’à la fin mars où l’on risque d’atteindre 150.000 contaminations par jour. Ensuite, on s’attend à une décroissance”, prédisait le ministre de la Santé. Pour imaginer le futur, il s’appuyait sur les scénarios dévoilés par l’Institut Pasteur le 10 mars.

Dans ce modèle épidémiologique, les chercheurs ont tenté de vérifier l’impact du sous-variant d’Omicron, BA.2 (qui devrait être très léger) et celui, plus important, d’un relâchement de notre vigilance. Moins de masques, de gestes barrière, de pass vaccinal, de précautions, cela veut dire plus de contacts à risque et donc un taux de transmission du virus qui augmente.

Une mauvaise nouvelle qui veut dire plus d’hospitalisations, de réanimations, de décès. Mais la bonne, révélaient les chercheurs, c’est que même dans des scénarios où la hausse de la transmission augmente de 130% une semaine avant la fin officielle des restrictions, le pic avait de bonnes chances de ne pas dépasser les 150.000 cas quotidiens.

Et ce pic aurait lieu sans aucune mesure de restriction, simplement car la vaccination et l’immunité acquise après la vague de janvier empêcheront le virus de circuler.

Un modèle qui tient la corde

L’Institut Pasteur a procuré au HuffPost une mise à jour au 22 mars de la situation réelle par rapport aux différents scénarios. Comme on peut le voir ci-dessous, certains scénarios “continuent à bien reproduire ce qui est observé actuellement”, commente le modélisateur Simon Cauchemez.

Les scénarios de l

Vu la situation actuelle (une vaccination avancée et beaucoup d’immunité naturelle acquise via la cinquième vague), il est probable que si la vague des cas ne monte pas très haut, celles des hospitalisations, des réanimations et des décès devraient également être limitées.

Ces éléments permettent notamment de comprendre pourquoi le gouvernement fait le pari que la levée des restrictions ne va pas entraîner un engorgement des hôpitaux. Pour autant, un tel niveau de contamination entraînera un fardeau non négligeable, à la fois pour l’hôpital et en termes de décès.

Le Conseil scientifique, dans un avis du 11 mars, rappelait ainsi “qu’environ 18.000 décès liés au Covid ont eu lieu en France depuis le 15 décembre 2021 (dont une partie importante est liée aux variants Omicron, variants dits peu sévères), et ce, avec une certaine forme de banalisation et d’indifférence”.

Il faut enfin rappeler que les modèles de l’Institut Pasteur ne sont pas des prédictions. Ils peuvent donc se tromper si les hypothèses prises ne se vérifient pas. L’hypothèse la moins sûre, nous rappelle Simon Cauchemez, c’est celle de la durée de l’immunité après une infection par Omicron. Le modèle part du principe qu’il n’est pas possible d’attraper à nouveau le Covid d’ici au 1er avril si l’on a été infecté par Omicron.

Si ce n’est pas le cas, le pic pourrait être bien plus important et arriver plus tard. D’un autre côté, le modèle ne prend pas en compte le climat qui va aller en s’adoucissant. L’Institut Pasteur travaille justement sur un nouveau modèle plus précis.

Il y a en tout cas fort à parier que tant que nous ne dépassons pas les 200.000 cas quotidiens en moyenne, le gouvernement ne devrait pas être tenté par un retour des restrictions. Surtout avec le premier tour de l’élection présidentielle qui approche.

À voir également sur Le HuffPost : variant Deltacron, mutations multiples... à partir de quand s’inquiéter?

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    Covid: ces endroits où le pass sanitaire restera obligatoire

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 13 March - 15:11 · 2 minutes

Ces endroits où le pass sanitaire restera obligatoire à partir du 14 mars 2022 (Photo d

CORONAVIRUS - À partir de ce lundi 14 mars, la plupart des restrictions contre le Covid-19 seront levées, aussi bien concernant le port du masque en intérieur que l’obligation de présenter un pass vaccinal . Le pass, de retour sous sa forme “sanitaire” (preuve de vaccination, test négatif ou certificat de rétablissement après une contamination au virus) restera indispensable pour accéder à certains endroits.

Cette “phase d’allègement” , qui concernera notamment les restaurants, les bars, les discothèques ou encore les salles de spectacle, avait été annoncée le 3 mars par le Premier ministre Jean Castex en raison de l’amélioration de la situation sanitaire en France.

“Le pass sanitaire restera demandé à l’entrée des hôpitaux, des maisons de retraite et des établissements pour personnes handicapées, afin de protéger les personnes les plus fragiles”, précise le gouvernement, alors que la France fait face à un “rebond” de l’épidémie.

Ouverture de la 4e dose pour les plus de 80 ans

Le ministre de la Santé Olivier Véran a fait état, vendredi, d’ un “rebond” des contaminations au Covid . “C’est-à-dire que le Covid ne baisse plus, il augmente même”, a-t-il expliqué lors d’un déplacement en Isère . La fin du pass était censée intervenir quand le nombre de personnes hospitalisées en réanimation pour cause de Covid passerait sous la barre des 1500. Samedi, on comptait 1857 personnes dans les services de soins critiques, un chiffre en légère baisse.

Dans ce contexte, Jean Castex a dit vouloir “accompagner les personnes les plus vulnérables” et a annoncé l’ouverture “dès à présent [de] la quatrième dose aux plus de 80 ans ayant reçu leur dose de rappel depuis plus de trois mois, qui sont confrontés à une perte progressive de leur immunité”.

En outre, à compter de lundi, le masque ne sera plus obligatoire, à l’exception des transports et des établissements de santé. Cet allègement concerne notamment les écoles , les commerces et les entreprises, qui garderont le choix de l’imposer ou non à leurs employés. Les cinémas, restaurants ou musées n’étaient déjà plus soumis à cette obligation depuis la levée d’une partie des restrictions fin février.

À voir également sur Le HuffPost: Olivier Véran déplore une méfiance excessive du vaccin

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    Fin du masque et du pass vaccinal le 14 mars, annonce Jean Castex

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 3 March - 12:31 · 1 minute

Au travail ou pour faire ses courses, le port du masque c

COVID-19 - À certaines exceptions près, le port du masque ne sera plus obligatoire dans la plupart des lieux où il l’était jusqu’à alors. Même chose pour le pass vaccinal , dès la date du lundi 14 mars. Invité du JT de 13H de TF1 ce jeudi 3 mars, le Premier ministre Jean Castex a annoncé une nouvelle série de mesures allégeant encore les restrictions sanitaires liées au Covid-19 .

Décidées hier à l’Elysée, ces mesures ont été fixées en suivant le cadre des critères définis par Oliver Véran qui avait conditionné la fin du port du masque en intérieur au seuil de 1500 malades du Covid-19 en réanimation, comme l’a expliqué Jean Castex. ”La situation s’améliore grâce à nos efforts collectifs, c’est pourquoi j’annonce à partir du lundi 14 mars la suspension du pass vacinal partout où il s’applique”.

Le Premier ministre a également annoncé “la fin du port du masque obligatoire dans les lieux publics, sauf dans les transports collectifs de voyageurs, en raison de la promiscuité”.

Concernant le masque, il sera donc toujours obligatoire dans certains lieux comme les transports en commun, les hôpitaux ou les Ehpad mais va (progressivement) disparaître dans les commerces, les administrations et en entreprise. Le pass sanitaire, lui, restera en vigueur dans les établissements médicaux, tout comme l’obligation vaccinale qui s’applique aux soignants, a précisé le Premier ministre.

Une nouvelle vague d’allègement des restrictions après celle en vigueur depuis le lundi 28 février , qui concernait uniquement le port du masque dans les lieux clos dont l’accès était soumis au pass vaccinal, comme les cinémas, les musées ou les restaurants.

À voir également sur Le HuffPost: Les avantages et inconvénients des FFP2 face aux masques chirurgicaux

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    Les détenteurs d'un faux pass vaccinal peuvent désormais se faire vacciner sans risque de poursuites

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 15 February - 07:13 · 1 minute

Ceux qui ont un faux pass peuvent désormais se faire vacciner sans craindre de poursuites  (Photo d

PASS VACCINAL - Une sorte d’amnistie. Les règles ont quelque peu changé pour les Français détenteurs d’un faux pass vaccinal . Ils pourront désormais se faire vacciner sans risquer de poursuites judiciaires, apprend-on dans une note de la Direction générale de la Santé aux professionnels de santé datant du lundi 14 février.

Une mesure pour renforcer la couverture vaccinale et ouvrir une porte de sortie à ceux qui fraudaient et voudraient rentrer dans le droit chemin. Le fait de régulariser sa situation vaccinale est rendu possible depuis le projet de loi “ renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire ” adopté le 16 janvier.

Pas de contrôle des dates, pas de signalement à la police

“Si, dans un délai de trente jours à compter de la date de l’infraction ou de la promulgation de la loi, la personne concernée justifie s’être fait administrer après cette date une dose de l’un des vaccins contre la Covid-19”, elle ne sera pas attaquée en justice, assure le document officiel. Pour rappel, la loi a été promulguée le 22 janvier.

Dans cette nouvelle note de la DGS, la question du délai est balayée, ainsi que celle de la remontée aux forces de l’ordre. Ainsi toute personne pourra se signaler au responsable d’un centre et demander “l’annulation administrative” du pass frauduleux. Le responsable n’aura pas à contrôler la date en question, qui pourra donc être dépassée et ne sera pas tenu de le signaler.

Jusqu’à présent, utiliser un pass vaccinal frauduleux était puni de 3 ans de prison et de 45.000 euros d’amende. Le 30 décembre, le ministère de l’Intérieur dénombrait au moins 192.000 faux pass. Olivier Véran avait ainsi déclaré sur BFMTV au début du mois que 300.000 d’entre eux allaient être rapidement désactivés .

À voir également sur Le HuffPost: Selon Attal, la levée du pass vaccinal pourrait être envisagée pour “fin mars-début avril”

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    Votre pass vaccinal expire si vous n'avez pas respecté ce nouveau délai

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 15 February - 05:54 · 2 minutes

CORONAVIRUS - Coup d’accélérateur pour la campagne de rappel. Le gouvernement réduit ce mardi 15 février les délais pour conserver son pass vaccinal. Vous n’avez plus sept mais quatre mois après votre dernière injection ou infection au Covid-19 pour recevoir une troisième dose.

Les personnes dont le système immunitaire a déjà été stimulé trois fois par le virus -soit avec deux doses de vaccin et une infection au coronavirus soit une dose et deux infections- sont exemptées de ce rappel. Autre exception: la 3e dose n’est pas obligatoire pour les 16-17 ans.

Le délai du rappel vaccinal est réduit de 7 à 4 mois

Vous n’avez plus que quatre mois après votre dernière injection de vaccin pour recevoir votre rappel. Ce délai s’applique dès ce mardi dans les deux cas suivants:

  • vous avez eu le Covid puis reçu une dose de vaccin
  • vous avez reçu deux doses de vaccin

Les personnes infectées puis vaccinées avec Janssen ont encore moins de temps pour recevoir leur rappel: seulement deux mois après la dernière injection. Passé cette date, votre certificat de vaccination n’est plus valide et votre pass vaccinal expire.

Le délai de validité du certificat de rétablissement passe de 6 à 4 mois

Ce certificat prouve que vous avez été testé positif au Covid-19 avec un test RT-PCR ou antigénique. Un résultat positif avec un autotest ne permet pas d’avoir un certificat de rétablissement. Ce document vous a, jusqu’à présent, permis d’avoir un pass sanitaire valide six mois après votre infection. Ce délai est raccourci à quatre mois et s’applique dès ce mardi dans les deux cas suivants:

  • vous avez reçu une dose de vaccin et avez ensuite eu le Covid
  • vous avez attrapé deux fois le virus

Comme pour le rappel vaccinal, après quatre mois, votre certificat de rétablissement n’est plus valide et votre pass vaccinal expire.

Plus de quatre millions de Français perdent leur pass ce mardi

Beaucoup de Français ont laissé le temps filer et entre 4 et 5 millions vont perdre leur pass ce mardi, selon les estimations des autorités sanitaires. Encore obligatoire pour entrer dans les bars, restaurants ou encore les cinémas, la fin du pass vaccinal n’est qu’une question de temps assure l’exécutif. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a évoqué mercredi 9 février la fin possible du pass “d’ici la fin mars” ou “début avril”.

Avant cet allégement de printemps, rendez-vous ce mercredi 16 février pour la réouverture des boîtes de nuit, le retour des concerts debout ou la consommation du popcorn dans les cinémas.


À voir également sur Le HuffPost: Face au Covid, l’immunité ce n’est pas tout ou rien

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    Foyer du "convoi de la liberté", l'Ontario supprime le pass vaccinal

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Monday, 14 February - 16:56 · 3 minutes

Des manifestants contre les restrictions sanitaires, le 12 février 2022 à Ottawa, au Canada.

CANADA - Le Premier ministre de l’Ontario a annoncé ce lundi 14 février que le passeport vaccinal serait levé dans sa province, épicentre de la contestation anti-mesures sanitaires au Canada depuis fin janvier.

“Nous allons laisser tomber les passeports” le 1er mars, a indiqué le Premier ministre Doug Ford lors d’une conférence de presse expliquant qu’une grande majorité des gens étaient vaccinés et que le pic d’ Omicron était passé.

En Ontario, à partir du 17 février, “nous supprimerons toutes les jauges, sauf dans les salles de concert, les théâtres et les événements sportifs, qui seront plafonnées à 50%”, a ajouté Doug Ford. “Nous sommes en mesure d’accélérer notre plan de réouverture” grâce à la baisse des hospitalisations et du nombre de cas, a-t-il précisé.

La levée des mesures sanitaires est réclamée par des contestataires qui bloquent la capitale fédérale Ottawa, située en Ontario, depuis plus de deux semaines. Dans la province la plus peuplée du Canada, des restrictions sanitaires parmi les plus restrictives au monde avait été imposées fin décembre.

Pour mettre un terme à la contestation, le Premier ministre canadien Justin Trudeau serait par ailleurs sur le point d’utiliser la loi sur les mesures d’urgence, indique la chaîne canadienne CBC. Celle-ci peut être invoquée en cas de “crise nationale” et donne au gouvernement fédéral davantage de pouvoir pour y mettre fin. Elle n’a été utilisée qu’une seule fois en temps de paix (à l’époque elle s’appelait la loi sur les mesures de guerre) par le père de Justin Trudeau, lors de la crise d’octobre 1970.

Le pont Ambassador entre le Canada et les États-Unis a rouvert

Justin Trudeau doit discuter dans la matinée avec tous les Premier ministre provinciaux. Il va aussi s’exprimer ce lundi après-midi au sujet de la contestation anti-mesures sanitaires, a indiqué sa porte-parole à l’AFP. Sous pression, le Premier ministre avait déclaré vendredi que “toutes les options étaient sur la table” pour mettre un terme à ces occupations “illégales” qui portent préjudice au pays et à son économie.

Par ailleurs, le pont Ambassador, axe stratégique entre les États-Unis et le Canada, a rouvert après sept jours de blocage. Il “est maintenant entièrement ouvert, permettant à nouveau la libre circulation du commerce entre les économies canadienne et américaine”, a indiqué la société exploitante du pont dimanche 13 février au soir.

Il a fallu deux journées à la police canadienne pour parvenir à évacuer ce pont, qui relie Windsor en Ontario à la ville américaine de Detroit, bloqué depuis lundi dernier par des manifestants. La police a indiqué qu’entre 25 et 30 protestataires avaient été arrêtés.

Les États-Unis avaient fait pression sur le gouvernement canadien en lui demandant il y a quelques jours d’employer “les pouvoirs fédéraux” pour mettre fin à un blocage ayant des “conséquences sérieuses” sur l’économie américaine.

La fermeture du pont a en effet entraîné des perturbations pour l’industrie automobile des deux côtés de la frontière.

Plus de 25% des marchandises exportées entre les États-Unis et le Canada transitent par ce pont. Plus de 40.000 personnes l’empruntent chaque jour, notamment des infirmières canadiennes qui travaillent dans les hôpitaux de Detroit.

À voir également sur Le HuffPost: Au Canada, Ottawa paralysée par le “convoi de la liberté” déclare l’état d’urgence

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    Au sein du "convoi de la liberté", les journalistes pas toujours bien accueillis

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 10 February - 16:49 · 7 minutes

Au sein de la mobilisation citoyenne du convoi dit

MOUVEMENTS SOCIAUX - “Ne me faites pas passer (à la télévision) parce que vous ne comprenez rien!” Quelques semaines après une séquence très commentée dans laquelle il se faisait traiter, entre autres, de “perroquet” répétant les “mensonges” du gouvernement sur le Covid , le journaliste de LCI Paul Larrouturou a de nouveau expérimenté la défiance envers les médias à l’occasion du départ du “ convoi de la liberté ” à Nice, mercredi 9 février.

“Ne me parlez pas, vous êtes des corrompus!”, lui a lancé un autre participant au rassemblement, quand un troisième répondait “peut-être, oui” quant à savoir si la pandémie était un complot. Et une dernière d’ajouter: “Vous voyez les chiffres (du Covid)... Ils mentent, tout est faux, il n’y a pas le nombre de morts que vous croyez, c’est une aberration mentale!” Ambiance.

Ce jour-là, à Nice comme à plusieurs autres extrémités de l’Hexagone , des convois se sont élancés avec l’objectif de rallier Paris vendredi 11 février en fin de journée, puis Bruxelles trois jours plus tard. À chaque fois, des motos et des véhicules particuliers, quelques fourgonnettes, mais pas vraiment de camions comme au Canada, d’où est partie l’idée de ce mouvement d’opposition . Un peu partout, des drapeaux français, de rares canadiens, et des gilets jaunes .

Portés par la complosphère

Et si une partie des manifestants acceptent de témoigner de bon cœur aux journalistes venant les interroger, l’un d’entre eux offrant même une chaleureuse accolade au reporter de LCI, tous ne sont pas franchement ravis du traitement médiatique reçu.

“Grand reset”, “bientôt tous pucés”, “il va y avoir un génocide à cause des vaccins”, “révolution”... les termes employés appartiennent souvent à un champ lexical bien connu. En effet, dans une note du Renseignement à laquelle ont eu accès plusieurs de nos confrères, dont franceinfo , il est précisé que le mouvement canadien luttant contre les mesures sanitaires “rencontre un fort écho, notamment au sein de la mouvance des anti-pass, complotistes et gilets jaunes”.

Une adhésion venue d’abord sur Facebook, puis via des groupes de discussion et des “médias citoyens” nés durant la mobilisation des gilets jaunes. Des relais qui se positionnent en opposition aux médias traditionnels, comme “ Vécu ”, ou comme le journaliste Richard Boutry , ex-présentateur de France Télévisions passé chez le désormais problématique France Soir avant de monter sa propre webtélé, rapidement devenue une référence au sein de la “complosphère”.

Résultat, à deux mois de la présidentielle, les participants clament haut et fort leurs revendications: une opposition pacifique à Emmanuel Macron et aux mesures sanitaires, et une envie de retrouver leurs “libertés” disparues selon eux du fait des dispositifs en place face au Covid, en tête desquels le pass vaccinal. “On est 4,7 millions de non-vaccinés. Macron veut nous emmerder, mais c’est nous qui allons l’emmerder”, explique par exemple un manifestant au Parisien . Une mobilisation qui se fonde ainsi sur un rejet de la classe politique, du discours majoritaire et de nombreux médias.

Des manifestants partagés

Et cela, Jean-Wilfrid Forquès, correspondant de BFMTV dans le sud-ouest du pays a pu s’en rendre compte ce mercredi. Prévoyant un direct depuis le départ du convoi de Perpignan, il en a été empêché par “un groupe d’hommes” menaçants et une femme “qui s’est mise devant la caméra avec un carton”. Ses interlocuteurs lui faisant notamment des reproches quant à la subjectivité supposée de la chaîne sur la crise du Covid: “on nous a dit que ça allait très très mal se passer pour nous si on passions en direct”, a-t-il raconté.

Au point qu’avec la journaliste reporter d’images qui l’accompagnait, ils ont préféré partir. Et cela alors qu’ils s’étaient accordés avec plusieurs manifestants, une retraitée et un gilet jaune qui, eux, voulaient bien témoigner.

Et cette ambivalence envers les journalistes se retrouve d’ailleurs dans les rangs des convoyeurs se dirigeant vers Paris. Sur un groupe de discussion Telegram regroupant des centaines de soutiens franciliens au “convoi des libertés”, Le HuffPost a pu lire tant des incitations à parler qu’à se méfier de la presse.

Les membres y sont aussi incités à remettre leurs communiqués de presse et à confier leurs revendications à certains représentants identifiés au sein du cortège, afin que ceux-ci les transmettent à la presse et aux politiques. Toujours dans ce groupe, un appel a été lancé pour refuser de s’adresser aux médias, “qui ne délivrent pas une information plurielle, objective, qui ont abandonné le travail d’investigation, ne respectent pas la charte de Munich et ont oublié qu’ils sont le 4ème contre-pouvoir indispensable à toute démocratie”.

Sur le principal groupe Facebook de la mouvance, fort de plus de 340.000 membres, les publications évoquant des sollicitations médiatiques visant certains membres ou des reportages sur leur lutte divisent aussi. Quand certains se réjouissent de commencer à peser dans l’opinion, d’autres multiplient les attaques contre les médias traditionnels.

À l’image d’une demande d’interview d’un journaliste de France Info reproduit dans le groupe et qui résulte en une opposition entre deux membres. D’un côté, une femme invite les membres à accepter les demandes presse, puisqu’il “vaut mieux parler par vous-même qu’avoir les médias qui interprètent d’eux-mêmes le mouvement”; et de l’autre un homme commentant quant à lui: “Il ne faut surtout pas parler à France Info qui est une tribune bobo dégénérée à la solde du pouvoir en place!”

Les gilets jaunes toujours présents

Ces deux attitudes sont rapportées par la plupart de nos confrères présents dans les cortèges ayant déjà pris la route vers la capitale, évoquant des refus assez récurrents de leur parler, quand ils ne sont pas accusés de mentir ou de porter la parole du gouvernement par une partie des manifestants. Le résultat sans doute d’un agrégat de profils très hétéroclites , qui donnent au mouvement un fonctionnement encore très nébuleux.

Ainsi, sur la chaîne d’État russe RT , une femme se présentant comme membre de l’organisation de la manifestation, Régine Briquez, assure que le mouvement n’a aucune obédience politique et qu’il se veut avant tout pacifique. “On ne va pas pouvoir empêcher les banderoles et les revendications, notamment des gilets jaunes, mais l’essence du mouvement, c’est le retour des libertés”, avant d’assurer que toute façon, “les médias mentent et essaient de discréditer” l’initiative.

Une affirmation à laquelle se joint Jérôme Rodrigues , figure du mouvement des gilets jaunes. Au micro de LCI, celui-ci a, au contraire de Régine Briquez, directement lié le mouvement social de ce début 2022 à celui de la fin d’année 2018. “Ce n’est pas du tout une résurgence des gilets jaunes”, affirme-t-il. ”Ça fait trois ans que les médias font passer pour morts les gilets jaunes. Ils ne sont jamais morts, n’en déplaise au gouvernement et aux médias.” Et d’ajouter que les gilets jaunes font d’ailleurs partie de l’organisation de tous les convois.

Et de la même manière que la presse avait subi de vifs assaut au cœur de la mobilisation populaire des gilets jaunes, contraignant parfois les équipes de télévision à accompagner leurs journalistes d’agents de sécurité, la grogne contre les médias est déjà bien présente.

Avec encore une fois Jérôme Rodrigues, sur Sud Radio ce coup-ci: “J’avertis les médias parce qu’à peine le convoi parti, on nous dit déjà que c’est des complotistes. Les médias sont déjà en train de diffamer, de diaboliser, de dégueulasser... Mais aujourd’hui, on ne va pas se laisser avoir.” Ambiance, encore.

À voir également sur le HuffPost : Selon Attal, la levée du pass vaccinal pourrait être envisagée pour “fin mars-début avril”

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    Le "Convoi de la liberté" en France embarrasse les responsables politiques

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 10 February - 12:25 · 6 minutes

Photo prise le 9 février au départ d

POLITIQUE - Attendre et observer. À deux mois de l’élection présidentielle, c’est un peu l’état d’esprit de la classe politique face aux “Convois de la liberté” français, dont l’arrivée à Paris prévue vendredi 11 fait désormais l’objet d’une interdiction de la préfecture de police.

Parti du Canada, le mouvement des “Convois de la liberté” a trouvé son public français sur les réseaux sociaux. Sur les routes, c’est encore la grande inconnue. Les convois partis mercredi du Sud se rapprochent de la capitale. Ce n’est qu’une fois à Paris, et en fonction de la capacité de nuisance - même pacifique - que l’on pourra véritablement juger du succès de l’opération et de l’ampleur de la mobilisation. En attendant, une partie de la classe politique marche sur des œufs.

Il faut dire que le souvenir des Gilets jaunes n’est pas loin. Ces derniers ont échoué à se remobiliser fin octobre , mais certaines figures connues ont déjà affiché leurs soutiens aux Convois, voire les ont rejoints. Et alors que les prix à la pompe n’ont pas baissé, que le pass vaccinal controversé est entré en vigueur, et que les questions de pouvoir d’achat s’imposent dans la campagne , tous les éléments semblent réunis pour de nouveau allumer l’étincelle.

Dans un contexte électoral, il s’agit de bien se positionner pour les différents candidats et partis. Soutenir le mouvement permet de montrer sa proximité (et de promouvoir ses solutions) face aux inquiétudes des électeurs. À l’inverse, d’autres préfèrent jouer la carte de la fermeté, en défenseur de l’ordre public.

Soutien affiché au nom d’autres revendications

Une partie de l’opposition ne s’y est pas trompée et affirme son soutien, en se gardant bien de réduire le mouvement aux seuls “anti-pass”. “Évidemment que je le comprends. C’est une autre forme de Gilets jaunes”, a déclaré Marine Le Pen, candidate du RN sur Europe 1 le 9 février.

Toujours très à droite, les soutiens d’Éric Zemmour sont sur la même ligne et ont sauté sur l’interdiction de la préfecture pour ressortir les accusations de violences policières, aussi emblématiques de la crise des gilets jaunes. Tandis que Florian Philippot, toujours surfant sur la gestion de la crise sanitaire, récupère aussi le mouvement.

À gauche toute aussi, la France Insoumise affiche ”évidemment” son soutien aux convois. Le député du Nord, Adrien Quatennens, a défendu le mouvement comme une lutte contre “toutes ces mesures liberticides” mises en place pour réguler “sans efficacité” l’épidémie, tout en mettant lui aussi en avant les autres revendications, notamment celle du pouvoir d’achat. “J’ai vu certains qui ont l’intention d’utiliser ces convois pour en quelque sorte revenir avec des revendications pas satisfaites avec les Gilets jaunes. Évidemment, nous les soutenons toujours”, a affirmé le coordinateur des Insoumis.

Quid des écologistes? Si Yannick Jadot est pour l’instant resté silencieux sur le sujet, Sandrine Rousseau, membre de son équipe de campagne, a pris position en faveur du convoi. “C’est un mouvement qu’il faut entendre” afin de changer la réponse politique - trop “autoritaire” - aux crises sanitaires, estime l’écologiste.

“On l’a vu avec les Gilets jaunes, il suffit d’une forme d’étincelle dans la société telle qu’elle l’est à présent pour que ça s’enflamme. (...) Cette question du pouvoir d’achat, d’un pouvoir de vivre, d’un droit d’accès aux choses essentielles, ça, c’est indispensable et oui il nous faut le porter”, a assumé la présidente du conseil politique de Yannick Jadot. Mais au vu de ses relations compliquées entre les deux, rien ne permet d’affirmer que le candidat reprendra à son compte cette position.

Fermeté face à des “anti-vax”

Exception dans l’opposition: la droite de Valérie Pécresse. Éric Ciotti, son conseiller sécurité, a exprimé une désapprobation très nette. Lui ne voit dans les convois de la liberté que des antivax et juge “criminel”, les “politiques qui portent ces messages pour des raisons électorales”. “J’appelle à une grande fermeté pour éviter les blocages, la paralysie”, tranche le député LR.

Son discours est presque aussi sévère que celui d’un membre du gouvernement. Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, a durement condamné le “convoi de la honte et de l’égoïsme”, mené par des “irresponsables”. “C’est le énième épisode des antivax, qui sont pour certains complotistes au plus haut point”, a-t-il taclé sur LCI.

“Je crois qu’il faut répondre avec modération, responsabilité (...) mais ne pas accorder non plus une confiance excessive à un convoi qui se nomme à l’exact opposé de ce qu’il est”, ajoute-t-il.

Ne pas surestimer ni sous-estimer

En clair, le gouvernement ne veut surtout donner trop d’importance au mouvement. “On sait qu’il y a une fatigue et une lassitude des Français vis-à-vis du virus et des mesures que nous avons dû prendre” et “il y a plus que quelques centaines de milliers de personnes qui en ont marre de cette épidémie et de vivre avec ce virus”, avait déclaré Gabriel Attal en sortie de Conseil des ministres mercredi.

Pour l’instant, l’heure est plutôt à la sérénité en Macronie: “Il n’y a pas un vent de révolution en France”, confie un conseiller à franceinfo. On compte d’ailleurs sur la présence “d’ultras, de complotistes” dans le mouvement pour le décrédibiliser, assure aussi un proche du président.

Le locataire de Beauvau lui-même a montré la même image. Mardi, Gérald Darmanin a déclaré ne pas disposer “de renseignements démontrant que cela s’organise de manière importante”. Toutefois, l’exécutif n’hésitera pas à hausser le ton si besoin: “Les policiers et les gendarmes sont très mobilisés et nous prendrons nos responsabilités pour ne jamais laisser entraver la liberté de circulation”, a fait savoir le ministre mardi. Un avant-goût a été donné ce jeudi avec l’interdiction du préfet de police de Paris.

À voir également sur Le HuffPost: À Bayonne et Nice, des “convois de la liberté” s’élancent vers Paris