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    Pour 2022, ces élus ne parraineront aucun candidat tant que la gauche reste divisée

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 14:56 · 2 minutes

POLITIQUE - Le poing levé, ils ne veulent pas baisser les bras. Alors que la perspective d’une union à gauche en vue de l’élection présidentielle de 2022 paraît très mal embarquée , plusieurs élus se sont donnés rendez-vous ce samedi 16 octobre en Seine-Saint-Denis pour faire pression sur les différents candidats de gauche. Un événement auquel s’est rendu Le HuffPost , comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

Le but de cette réunion d’élus locaux? Signer le serment de Romainville, qui vise à entériner un principe simple: faire la grève des parrainages à l’élection présidentielle tant que la gauche n’aura pas désigné un candidat unique. François Dechy, maire de Romainville et organisateur de l’événement, a détaillé sa démarche au micro du HuffPost .

“Il y a d’énormes convergences. Il faut les mettre en œuvre à l’échelle nationale. Et donc le bal des égos, le bal des appareils politiques, alors que face à nous il y a un risque de cinq ans de plus de Macron, ou pire, de tester l’extrême droite, c’est irresponsable”, explique l’édile.

Certains élus nous font remonter des pressions de leur propre camp. Mathilde Imer, porte-parole de la Primaire populaire.

Les élus qui se sont joints à cette initiative ont par ailleurs signé une tribune pour peser sur les différentes écuries. “Aujourd’hui, près d’une dizaine de candidatures écologistes, de gauche et humanistes sont d’ores et déjà annoncées pour la présidentielle. Nous refusons de jouer un rôle dans cette tragédie. Nous refusons de participer à la mise en scène de notre défaite et de notre impuissance”, écrivent les signataires de ce texte, parmi lesquels figurent l’eurodéputé Raphaël Glucksmann et son collègue de Nouvelle Donne Pierre Larrouturou.

Et de prévenir: “Notre signature en faveur d’un candidat à l’élection présidentielle est un acte qui nous engage, d’abord envers celles et ceux qui nous ont élus et qui sont las de l’émiettement et des oppositions factices. C’est pourquoi aujourd’hui, nous, élus ayant le pouvoir de parrainer les candidats à la présidentielle, faisons le serment de n’accorder nos parrainages que lorsque les conditions du rassemblement auront été réunies”.

Porte-parole de la primaire populaire , Mathilde Imer expliquait sur place que ce mouvement n’est pas sans risque pour ceux qui y prennent part, à rebours des consignes de leurs familles politiques respectives. ″Évidemment, cette initiative ne plaît pas à tout le monde. Certains élus nous font remonter des pressions de leur propre camp”, a-t-elle confié au HuffPost . Un signal qui montre que leur combat s’annonce particulièrement compliqué, pour ne pas dire désespéré.

À voir également sur Le HuffPost: Présidentielle 2022: pourquoi ces militants de la Primaire populaire croient encore à l’union de la gauche

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    17 octobre 1961: Macron dénonce des "crimes inexcusables pour la République"

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 14:26

French President Emmanuel Macron attends a national memorial service for Hubert Germain, the last companion of the Liberation, at the Hotel des Invalides in Paris, France, October 15, 2021. Ludovic Marin/Pool via REUTERS

POLITIQUE - Les termes sont forts et ils étaient attendus. Dans un communiqué ce samedi 16 octobre, Emmanuel Macron a dénoncé des “crimes inexcusables pour la République”, à l’issue d’une cérémonie officielle pour les 60 ans du massacre des Algériens commis lors du 17 octobre 1961.

Le chef de l’Etat “a reconnu les faits: les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon sont inexcusables pour la République”, indique un communiqué de l’Elysée, diffusé juste après une cérémonie sur les berges de la Seine, à la hauteur du pont de Bezons, emprunté il y a 60 ans par les manifestants algériens qui arrivaient du bidonville voisin de Nanterre à l’appel de la branche du FLN installée en France.

Plus d’informations à venir...

À voir également Le HuffPost : Macron rend hommage au résistant Hubert Germain, “gardien du flambeau du général de Gaulle”

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    Alexis Corbière répond à l'avalanche de critiques pour ces propos sur les caricatures à l'école

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 13:47 · 4 minutes

POLITIQUE - Une minute et huit secondes. C’est le temps que dure cette séquence qui enflamme le monde politique ce samedi 16 octobre , jour des commémorations liées à l’assassinat de Samuel Paty . Il s’agit d’un extrait de l’émission Ça vous regarde de LCP, sur laquelle intervenait le député de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière. Aux côtés de l’élu insoumis, se tenaient Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, et Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie et membre du Conseil des sages sur la laïcité.

Dans cette courte séquence correspondant aux toutes dernières secondes de l’émission (dont l’intégralité est à regarder ici ), le parlementaire alerte sur la nécessité d’utiliser des outils adaptés en classe. “J’ai 53 ans. À mon époque, Charlie Hebdo était un journal réservé aux adultes. Est-ce qu’il y a des dessins là-dedans qui ne sont pas faits pour des adolescents? Ce n’est pas pour autant que j’empêche la critique des religions. Un outil pédagogique doit être adapté à un enfant. Vous ne parlez pas de certaines choses à un enfant de 10 ans, comme un collégien ou comme un lycéen”, déclare l’élu LFI, enseignant de profession.

“Le métier d’enseignant, ce n’est pas de choquer en permanence les élèves, mais de le faire progresser”, insiste Alexis Corbière, pour qui ‘l’école doit rester un lieu de transmission”. Des propos qui, comme le montre l’extrait ci-dessous, n’ont soulevé aucune réaction en plateau.

Isolé par LCP, ce passage sorti du contexte général de l’échange a déclenché une avalanche de réactions indignées à l’aune de l’anniversaire de la mort de Samuel Paty. En creux, Alexis Corbière se retrouve accusé de légitimer le passage à l’acte ayant conduit à la décapitation du professeur.

“Honteux”

“Laisser penser que Samuel Paty est responsable de son propre assassinat est juste honteux! Ce qui n’est ‘pas fait pour les adolescents’ c’est l’endoctrinement fanatique ! Les enseignants doivent être soutenus dans leur mission. Ils sont la première ligne républicaine”, s’est indigné le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. “Il s’agit de l’assassinat d’un professeur. La démagogie électorale n’explique ni n’excuse pas tout. Ces propos sont irresponsables. Ils portent en eux la répétition du drame. Ils suscitent pourtant peu de réactions de la part d’un monde qui flétrit volontiers à l’unisson”, renchérit le politologue (ex-candidat UMP aux régionales de 2015) Dominique Reynié.

“Cette suspicion est aussi scandaleuse que mal venue en ce jour d’hommage à Samuel Paty. Certains responsables de la France insoumise sont à la dérive sur ce qui devrait nous rassembler”, ajoute de son côté le maire socialiste de Montpellier (particulièrement engagé sur le thème de la laïcité) Michaël Delafosse. Sur Twitter, la séquence isolée par LCP devient virale, et accumule les retweets et réactions indignées.

Contacté par Le HuffPost , l’élu insoumis exprime sa consternation. “Je ne parlais pas de Samuel Paty”, explique Alexis Corbière, qui dénonce “une polémique manœuvrière indigne” montée en épingle par ses détracteurs. “Tout support pédagogique doit être adapté aux élèves, en fonction de leur âge. La liberté de conscience, et donc celle de critiquer les religions, doit être enseignée à l’école, avec finesse. Les enseignants ne sont pas toujours bien accompagnés”, poursuit le député, qui estime que “Samuel Paty a été irréprochable” dans son approche pédagogique. Pour preuve, “l’élève qui a lancé la polémique n’avait pas participé à son cours”.

Il n’empêche, cette sortie ravive les procès en “islamo-gauchisme” régulièrement faits à une partie de la gauche . Un terme qui a rapidement refait surface après cette séquence, utilisé notamment par le Syndicat des Commissaires de la Police Nationale. “Dis papa, c’est quoi l’islamogauchisme? Ben, écoute Alexis Corbière qui essaye de justifier l’injustifiable, alors qu’un professeur, Samuel Paty, a été décapité par un islamiste. Lui et ses amis préfèrent traiter les policiers de barbares d’ailleurs, plutôt que les islamistes”, accuse cette organisation syndicale.

À voir également sur Le HuffPost: Sécurité globale: Ugo Bernalicis a appelé Darmanin Gérald Le Pen

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POLITIQUE - Une campagne présidentielle, ça se joue aussi sur les réseaux sociaux. Et à ce petit jeu, les fans d’ Éric Zemmour sont particulièrement mobilisés ( et parfois pour le pire ). C’est ainsi que ce vendredi 15 octobre, un mystérieux compte Twitter “Les Profs avec Éric Zemmour” a subitement bénéficié d’un énorme coup de projecteur. Et pour cause, il est le prolongement d’une tribune publiée le même jour sur Le Figaro et dans laquelle des enseignants appellent à soutenir le polémiste qui, selon eux, “peut porter le projet d’une école de l’excellence pour tous”.

Face caméra, plusieurs de ces “profs avec Éric Zemmour” (relayés par la galaxie de comptes qu’animent ses soutiens) déplorent en chœur une école en déclin et estiment que l’essayiste est l’homme qui remettra de “l’autorité” dans le système scolaire. Une opération militante opportunément déclenchée le jour où Éric Zemmour avait prévu de parler éducation nationale lors de son déplacement à Nîmes, et dans le contexte des commémorations liées à l’assassinat de Samuel Paty.

Notons que parmi les signataires de la tribune, tous ne sont pas uniquement professeurs. Y figure par exemple Valérie Laupies, ancienne membre du bureau politique du Front national affichant sur Twitter sa proximité avec le président de l’association nationale-catholique Civitas et son goût pour les sites de “réinformation” sur la crise sanitaire. Cette institutrice était par ailleurs candidate aux élections régionales en Paca, à la tête de la liste “Zou” qui n’avait d’autres projets que d’encourager la candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle. Assez rapidement vendredi, le hashtag #LesProfsAvecZemmour s’est hissé en bonne place des tendances sur Twitter.

Ce qui a agacé plus d’un enseignant sur le même réseau social. Pour répliquer à la viralité orchestrée par les fans du polémiste, ces professeurs ont tourné en dérision le discours des enseignants pro-Zemmour. Comment? En appelant à soutenir Cthulhu. Une créature aux airs de pieuvre humanoïde inventée par l’écrivain Howard Phillips Lovecraft, et bien connue des fans de science fiction. Ce qui a donné une série de tweets absurdes et humoristiques qui ont très vite rencontré un certains succès. Quelques exemples ci-dessous:

Résultat, le hashtag #LesProfsAvecCthulhu se retrouvait ce samedi 16 octobre au matin parmi les plus utilisés du réseau social. Selon les chiffres de la plateforme de veille numérique Visibrain , les courbes d’audiences des deux mots-dièse rivalisaient, même si celui utilisé en soutien d’Éric Zemmour comptabilisait plus d’occurrences. Pour autant, #LesProfsAvecCthulhu peut se targuer d’avoir dégonflé l’opération de communication des fans d’Éric Zemmour en rappelant que de nombreux professeurs préféraient encore soutenir une créature loufoque qu’un quasi-candidat d’extrême droite.

Comparaison des hashtags <a class=#LesProfsAvecCthulhu et #LesProfsAvecZemmour" src="https://img.huffingtonpost.com/asset/616a98a2200000923f8d0729.png?ops=scalefit_630_noupscale" />

À voir également sur Le HuffPost: Les fans de Zemmour reprennent sans filtre son discours anti-islam

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    Présidentielle 2022: ces candidats ont-ils enfin compris la priorité des Français?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 23:16 · 4 minutes

Ces candidats ont-ils (enfin) compris les priorités des Français? (photo d

POLITIQUE - Monnaie courante. À six mois de l’élection présidentielle, les candidats font profusion de propositions pour soutenir le pouvoir d’achat des Français. Une tentative, pour la gauche, de sortir des thèmes identitaires qui étouffent le débat , suivie par la droite dans un contexte de flambée des prix de l’énergie.

D’un côté, les prétendants à l’Élysée prônent hausses de salaires et du Smic, mais aussi, pêle-mêle, primes en tous genres, création d’un revenu de base, baisse des taxes ou de la TVA, voire blocage de certains tarifs. Quitte à rester parfois en surface. De l’autre, la majorité, loue un quinquennat positif pour les ménages les moins aisés et n’hésite pas à afficher Emmanuel Macron comme le président du “pouvoir d’achat.”

Une attention particulière qui tranche avec les propositions les plus discutées depuis le début de la campagne, mais qui répond à une aspiration profonde des Français pour la prochaine échéance électorale.

Le concours Lépine du porte-monnaie

C’est même leur première priorité en cet automne. Comme c’était le cas l’année dernière, en 2019, ou même avant. Selon une enquête OpinionWay publiée début octobre par Les Echos , le pouvoir d’achat est en tête des préoccupations, placée, à cette occasion, “parmi les enjeux qui compteront le plus” par 48% des personnes interrogées (qui pouvaient en citer plusieurs).

Dans le même esprit, une étude Elabe menée à la fin du mois de septembre, pour BFMTV montrait que 41% des Français estiment que la question portant sur le porte-monnaie sera le thème le plus important au moment de choisir leur bulletin au printemps prochain. Et ce, bien loin devant la sécurité (31%) ou la santé (29%).

Alors chacun y va de sa proposition. À gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui prônait déjà une hausse du Smic de plus de 100 euros ou une allocation d’autonomie pour les 18-25 ans a par exemple présenté à la mi-septembre, une “Loi d’urgence sociale” pour bloquer les prix de produits de première nécessité, dont ceux du gaz, de l’électricité et de cinq fruits et légumes. “On sait que la vie imposera ses questions. Elles sont sociales: durée du travail, salaire, alimentation, les choses basiques de notre quotidien. Je fais ce pari que l’élection va se jouer sur ces questions”, martèle-t-il, encore, vendredi 15 octobre dans une interview à L’union-L’Ardennais .

Le candidat écolo, Yannick Jadot, veut, lui, un “revenu citoyen” pour chaque adulte “en précarité” à partir de 18 ans quand, la socialiste Anne Hidalgo suscite les critiques en proposant de doubler “au moins” les salaires de “toutes les personnes au contact avec les élèves”.

Mais, concrètement?

À droite, l’objectif est le même, mais les recettes diffèrent. Force est de constater que tous occupent le terrain, de Michel Barnier à Valérie Pécresse, sans oublier pour autant, les thèmes chers à leur camp que sont la sécurité et l’immigration.

Pas de hausse du smic à proprement parler pour Valérie Pécresse, mais une augmentation du salaire net de 10% en abaissant les charges salariales. Xavier Bertrand veut, lui, une “prime au travail”, en remplacement de la prime d’activité, pour près de la moitié des salariés français et des heures supplémentaires majorées, sans charges ni impôts. Même Marine Le Pen investit le débat en proposant, de son côté, une baisse de la TVA sur l’essence, le gaz et l’électricité à 5,5% au lieu de 20%.

Et après? Aucune de ces -nombreuses- propositions infuse vraiment dans la population. Dans un climat de défiance vis-à-vis de la parole politique, les électeurs semblent se méfier: personne n’apparaît pour l’heure majoritairement crédible à leurs yeux sur ce terrain. “Les Français sont comme Saint Thomas: ils ne croient que ce qu’ils verront, ou pas, à un moment sur leur fiche de paie”, décrypte Bernard Sananès, le président de l’institut Elabe à l’AFP.

Il est “très tôt” aussi pour les candidats qui “généralement sortent du bois en janvier/février et précisent alors le financement de leur programme”, rappelle Alain Trannoy, professeur à l’Ecole d’économie d’Aix-Marseille, à l’heure où de nombreuses questions se posent autour des promesses en tous genres. Comment seraient financées les baisses de taxes et les baisses de charges? Quels effets attendre d’une hausse du Smic sur le reste de l’économie? Autant rester évasifs, au moins jusqu’à Noël.

À voir également sur Le HuffPost: Investir dans les ”énergies non renouvelables”? Le lapsus de Macron est mal tombé

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    L’attrait de la tentation décroissante

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 23:07 · 6 minutes

Une manifestante protestant contre la loi climat, jugée insuffisante par les défenseurs de l

La thématique de la décroissance est revenue à l’agenda médiatique à l’occasion de la primaire écologiste. Elle suscite des avis généralement très contrastés et tranchés.

Il est néanmoins difficile de savoir à ce stade quelle est l’influence réelle de ces idées auprès de la population française. On peut estimer que celle-ci est marginale si l’on s’en tient au noyau dur des militants décroissants. La liste “Décroissance 2019” n’a ainsi recueilli qu’un peu plus de 10.000 voix lors des élections européennes de 2019, tandis que les ventes du mensuel La décroissance s’élèvent à quelques dizaines de milliers d’exemplaires.

Mais si l’on élargit la focale aux Français considérés comme décroissants ou bien sensibles aux idées décroissantes, on obtient alors des chiffres bien plus élevés. L’Obsoco a ainsi identifié cinq profils de Français, dont celui des “décroissants”, qui représentaient 9 % de la population en 2019 et 7 % en 2020 . Plusieurs enquêtes tendraient, par ailleurs, à indiquer qu’entre un cinquième et un quart des Français se montrent proches de la vision décroissante. Dans la vague 12 du Baromètre de la confiance politique de février 2021 ( enquête Opinion Way ), 24 % des personnes interrogées estiment que, si on veut préserver l’environnement pour les générations futures, on sera obligé de stopper la croissance économique. Dans une enquête Ifop publiée en avril 2021, 28 % soutiennent que, pour réussir la transition écologique, on est obligé de stopper la croissance économique. Enfin, dans une enquête Opinion Way de septembre 2021, 21 % des Français sondés affirment être prêts à changer leurs habitudes de manière conséquente pour contribuer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Enfin, d’autres enquêtes ont pu laisser croire qu’un nombre encore plus conséquent de Français adhéraient à la décroissance. Dans une enquête Odoxa réalisée en 2019, 54 % des personnes interrogées estimaient qu’“il faut changer fondamentalement notre mode de vie, nos déplacements et réduire drastiquement notre consommation”, tandis que dans une enquête YouGov de 2020, 53 % souhaitaient “complètement revoir notre système économique et sortir du mythe de la croissance infinie”. On peut cependant s’interroger sur ces résultats, car les questions posées étaient moins explicites que dans les études vues précédemment et moins “engageantes”. Il existe sans aucun doute un décalage notable entre le fait de souhaiter un changement de notre mode de vie collectif et le fait d’être prêt à changer soi-même ses propres habitudes.

Le sentiment d’urgence climatique

On peut tout de même supposer que les idées décroissantes vont avoir de plus en plus d’influence sur la société française, en particulier auprès des jeunes, dans les années à venir. Plusieurs facteurs semblent y concourir.

Le premier est bien évidemment le sentiment croissant d’urgence climatique. Dans une enquête Harris Interactive réalisée en juillet 2021 auprès de 10.000 personnes, le dérèglement climatique arrive en tête des sujets qui inquiètent le plus les Français (pour 84 % d’entre eux) et correspond à la situation qui s’est le plus dégradée au cours des dernières années (75 %). Dans une enquête Opinion Way déjà mentionnée, 85 % des Français sondés se disent prêts à changer certaines de leurs habitudes pour contribuer à la baisse des émissions de GES. On peut estimer que, plus les effets du dérèglement climatique se feront tangibles, plus les idées décroissantes seront susceptibles de trouver un écho favorable au sein de la société française.

Le second facteur est l’important renouvellement générationnel qui est en train de s’opérer avec la montée en puissance des générations Y et Z. Or, les enquêtes indiquent que les jeunes sont très préoccupés par les enjeux climatiques et qu’ils se montrent sensibles aux idées décroissantes. Les sondeurs Frédéric Dabi et Stewart Chau expliquent dans La fracture (Les arènes), en parlant de la génération de moins de 30 ans, que “la prise de conscience écologique constitue bel et bien une partie centrale de son identité”, prise de conscience qu’ils associent d’abord au changement climatique. D’ailleurs, “1 jeune sur 5 déclare être prêt à risquer sa vie pour sauver la planète” (et même 29 % des moins de 20 ans). Ils observent également que “la jeunesse forme dans son engagement écologique un réel bloc monolithique, rarement observé dans les études d’opinion”.

Cela se traduit chez une partie des jeunes par un attrait pour les idées décroissantes. Dans l’enquête Ifop vue plus haut, 40 % des moins de 35 ans sondés soutenaient que, pour réussir la transition écologique, on est obligé de stopper la croissance économique (contre 28 % pour la moyenne des Français). On peut le voir également sur des sujets plus précis comme celui de l’agriculture, du nucléaire ou de l’automobile. Dans une enquête BVA publiée en mai 2021, 47% des 18-24 ans interrogés font le choix d’une agriculture majoritairement bio quitte à réduire notre production et devoir importer. De même, 41% d’entre eux préfèrent renoncer à certaines cultures (fruits et légumes, maïs…) du fait du réchauffement climatique et du manque d’eau plutôt que permettre le développement de retenues d’eau de pluie pour pouvoir irriguer l’été. Dans un sondage Ifop d’octobre 2021, 58 % des moins de 35 ans se montrent favorables à la sortie du nucléaire (et même 64 % des 18-24 ans), contre 40 % des 35 ans et plus ; et 44 % des moins de 35 ans (53 % des 18-24 ans) sont pour l’interdiction de la vente de voitures diesel et thermiques à partir de 2030, contre 30 % des 35 ans et plus.

La tentation d’une slow life

Or, il est évident que la vision de ces jeunes, qui est en particulier celle de nombre d’étudiants de grandes écoles et de jeunes cadres, devrait avoir un impact de plus en plus important sur la société française. Frédéric Dabi et Stewart Chau parlent à ce propos d’une “jeunesse diffusionniste: celle qui influence le cours des choses et la construction de l’opinion, bouscule la mise à l’agenda des enjeux de société et impacte les générations suivantes”.

Enfin, le troisième facteur est la tentation semble-t-il croissante de vouloir ralentir, de la sobriété heureuse ou d’une slow life . L’accélération des vies professionnelles et personnelles suite à la diffusion des technologies numériques, mais aussi la quête de sens des jeunes, notamment dans leur activité professionnelle , et le peu d’attrait à leurs yeux des valeurs dominantes ont conduit nombre d’individus à décider de faire un pas de côté en privilégiant le recours à l’économie collaborative ou une reconversion professionnelle vers le néo-artisanat ou des activités à “impact positif” pour les plus modérés, la déconsommation, l’exode urbain ou l’insertion dans une éco-communauté pour les plus radicaux.

On peut ainsi estimer que, plus les dirigeants politiques et économiques vont vouloir accélérer et parler d’adaptation, plus une partie de la société, notamment des jeunes, va aspirer, au contraire, à ralentir et à sortir de la “grande compétition”. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, lorsqu’on demande aux jeunes ce qui est le plus important pour avoir une vie réussie, arrive en seconde position “avoir du temps libre pour pouvoir profiter de la vie”, très loin devant “faire une belle carrière professionnelle” ( La fracture ).

À voir également sur Le HuffPost: Les propositions de Castex pour “la croissance écologique, pas la décroissance verte”

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    Pfizer will fully vaccinate everyone in a Brazilian city over the age of 12 to study the safety and efficacy of their vaccine.

    eyome · Yesterday - 21:14

  • The New York Times (@nytimes)

    Pfizer will fully vaccinate everyone in a Brazilian city over the age of 12 to study the safety and efficacy of their vaccine. The study will follow participants for up to one year to chart how long protection lasts against Covid-19 and the new variants. https://nyti.ms/3iKNNyA

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    La maison individuelle un "non-sens"? Emmanuelle Wargon s'explique après ses propos critiqués

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Yesterday - 19:55 · 3 minutes

Emmanuelle Wargon s

LOGEMENT - Déminer les terrains habitables. Dans la soirée de ce vendredi 15 octobre, la ministre déléguée au logement Emmanuelle Wargon a tenu à faire une “mise au point” face aux critiques virulentes des professionnels du secteur à qui elle a déclaré que la maison individuelle était un “non-sens écologique , économique et social”.

Jeudi 14 octobre, Emmanuelle Wargon a présenté devant les professionnels du logement les conclusions de l’enquête “Habiter la France de demain”, “une démarche ambitieuse initiée en février 2021 visant à dessiner un habitat de demain écologique et désirable” vante le site du ministère. À cette occasion, la ministre s’est montrée critique face au “modèle du pavillon avec jardin (qui) n’est pas soutenable et nous mène à une impasse”, selon des propos rapportés par plusieurs médias.

Pour Emmanuelle Wargon, “ce modèle d’urbanisation qui dépend de la voiture pour les relier” n’est plus en phase avec la réalité: un “non-sens écologique, économique et social” a-t-elle déclaré, attirant les foudres des fédérations.

Dans une tribune dans la presse spécialisée , le président de la Fédération française des Constructeurs de Maisons individuelles (FFC) David Hereng s’est dit “révolté” par des propos “tenus par une élite parisienne dite écologique et pourtant très loin des territoires, des habitants et de leurs préoccupations.” Il a défendu une “culture du logement (...) ancestrale” et “totalement compatible avec un respect de l’environnement et une préservation de la biodiversité.”

Le pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB) a lui “déploré la stigmatisation persistante de l’habitat individuel, à contresens des aspirations des Français” sur Twitter.

Wargon dénonce la “caricature” de ses propos

Face à ce tollé, la ministre a tenu à expliciter ses déclarations, déplorant la “caricature” qui en était faite. “Je le répète très clairement: il n’est pas question d’en finir avec la maison individuelle. Oui, les Français rêvent de la maison individuelle car c’est une promesse de confort, d’espace et de tranquillité. Personne ne veut les en empêcher ni les en dissuader”, a-t-elle assuré sur Twitter.

Elle a cependant insisté sur la nécessité de “repenser nos modèles d’urbanisme” pour répondre aux besoins du quotidien, en matière de proximité avec les services publics, les transports ou les commerces.

L’opération “Habiter la France de demain” visait à “mettre en valeur d’autres modèles d’habitat, plus durables et plus agréables à vivre, qui pour beaucoup existent déjà en France et ont vocation à se développer en complément de l’offre existante, qui bien sûr demeure”, selon un communiqué du ministère publié vendredi soir.

Il affirme que “les maisons individuelles ont toutes leur place dans ces nouveaux modèles”, et que la ministre “continuera pour sa part de défendre tous les modèles d’habitat durables qui, sans s’opposer à la maison individuelle, donnent des perspectives d’avenir pour réconcilier l’impératif écologique et celui de loger les Français là où ils en ont besoin”.

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