close
  • Co chevron_right

    Non, le libéralisme n’est pas mort avec la crise sanitaire

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Sunday, 15 August, 2021 - 02:30 · 11 minutes

libéralisme

Par Johan Rivalland.

Nous avons déjà rappelé dans le volet précédent de cette série les origines de la terrible catastrophe qui est survenue et de la crise profonde qui en découle . Nous avons aussi montré en quoi le libéralisme ne pouvait en aucun cas y être lié et que, au contraire, c’est bien la gestion calamiteuse des États qui est plutôt en cause.

Loin de partager ce diagnostic, l’époque semble au contraire se présenter comme une fantastique opportunité, de toutes parts, de rêver le « monde d’après », selon le mode bien connu du « jamais rien ne sera plus comme avant ». S’ensuit alors le procès de la mondialisation, du capitalisme , du libéralisme (qu’il soit néo, ultra, ou tous les préfixes que vous voudrez), des grandes multinationales, de l’Homme responsable de la pollution de la planète, et de tout ce à quoi nous sommes déjà bien habitués.

Encore faudrait-il que notre monde soit effectivement mené par le libéralisme. Ce que nous avons maintes fois eu l’occasion de contester fermement, à travers de très nombreux articles disponibles sur ce site notamment.

En réalité, une fois de plus nous nageons en pleine confusion. Et surtout en pleins fantasmes. Avec tout ce qu’ils comportent comme dangers…

Seizième volet de notre série « Ce que le libéralisme n’est pas ».

Cette grande fiction : le néolibéralisme

Une fois de plus, l’obsession du « néolibéralisme », qui joue le rôle d’un épouvantail bien commode en tant que cause de tous les dysfonctionnements de la société, bat son plein. Et je me trouve quelque peu dépité en découvrant l’interprétation ahurissante d’une Barbara Stiegler, certainement de bonne foi , sur les origines de la crise sanitaire.

L’interprétation de cette « intellectuelle » (j’ajoute des guillemets pour exprimer le fait que je déplore toujours le fait que quelqu’un qui travaille dans le domaine de la recherche ou de la connaissance manque, sur certaines questions, totalement de rigueur dans son approche, ce qui est un comble à un tel niveau) est tellement confuse qu’elle en vient à assimiler le néolibéralisme à « un État très fort, tatillon et bureaucratique […] , qui est dans le contrôle de tout », et à le distinguer de l’ultralibéralisme « trumpien » (un autre épouvantail bien connu), qui serait une force dangereuse qui « abandonne les populations aux forces sauvages du privé ou du marché ».

Elle parle même de « planificateurs » au sujet de ces mystérieux néolibéraux qui n’existent pas (ou auxquels il faudrait qu’elle colle une autre étiquette). Quoi de plus contraire au libéralisme que la planification ?

Bâtir un « nouveau monde »

Mais surtout, tout est prétexte à l’idée de bâtir un nouveau monde. Sur les décombres de celui que nous connaissions (comme si tout y était négatif). Tout jeter, et tout refaire. Même notre Président n’est pas le dernier à s’y mettre .

Avec toutes les inquiétudes que nous pouvons avoir à l’égard de ce que cela suppose. Greta Thunberg et autres militants de l’écologisme (rejointe aussi par un grand nombre de nos politiques, journalistes, syndicalistes ou intellectuels de toutes sortes) tout autant.

Et que dire de ce que toutes ces personnes si bien intentionnées suggèrent ? Rejoints par des Français qui, pêle-mêle, à en juger par ce sondage réalisé pour Libération , rivaliseraient eux aussi de propositions :

Les personnes interrogées se prononcent pour la relocalisation en Europe des filières de production installées en Asie (84 %) ; pour reprendre la construction européenne sur de nouvelles bases (70 %) ; pour réduire l’influence des actionnaires et de la finance sur la vie des entreprises (70 %) ; pour ralentir le productivisme et la course à la rentabilité (69 %) ; pour nationaliser les secteurs stratégiques tels que le transport, l’énergie, l’eau (68 %) ou la pharmacie (60 %) ; pour instaurer un protectionnisme aux frontières de l’Europe (65 %) et même à l’échelle de la France (54 %). Enfin quand on leur demande s’il faut que l’État soutienne les entreprises nationales ou pas, les sondés répondent de manière positive (56 %).

Les relocalisations ? Comme si nous pouvions imaginer tout faire nous-mêmes, que les Français étaient tous prêts à payer plus chers leurs produits, que les charges et réglementations qui pèsent lourdement sur la production n’étaient pas un problème.

Reprendre la construction européenne sur de nouvelles bases ? Très bien. Lesquelles ?

Réduire l’influence des actionnaires et de la finance sur la vie des entreprises ? Qui financerait les entreprises, donc l’économie, donc les emplois ? L’État, certainement… Ah oui, c’est vrai, on a désormais le sentiment qu’il peut tout.

Ralentir le productivisme et la course à la rentabilité ? Vu les pourcentages de réponses pour chacune de ces modalités (et l’incapacité que l’on sait pour un très grand nombre de personnes à pouvoir définir ces termes), on peut s’interroger sur la manière dont ce sondage a été mené.

Nationaliser les secteurs stratégiques tels que le transport, l’énergie, l’eau, la pharmacie ? Encore une fois s’en remettre à l’État, ce merveilleux gestionnaire que l’on connait et qui dispose d’une manne infinie (qui est l’État, déjà ? Ah oui, c’est nous, les contribuables…). Le communisme comme voie d’avenir et comme perspective de nouveau monde ?

Instaurer un protectionnisme aux frontières de l’Europe et même de la France ? Gare au retour de bâton… (et demandez à Kim Jong-un si cela fonctionne). Ceux qui proposent cela sont-ils conscients de l’effondrement des échanges qui en découlerait et ne manquerait pas de se retourner contre l’emploi ?

Le soutien de l’État aux entreprises nationales ? Ne nous plaignons pas ensuite si nous perdons des centaines de milliers d’emplois dans les secteurs où nous exportons, si nos habituels partenaires font la même chose (car, là encore, cela rejoint le protectionnisme).

On voit bien que tout cela n’est pas bien sérieux.

Quel monde voulons-nous vraiment : libéral ou autoritaire ?

La vérité est certainement plus proche de ce que nous décrivait de manière éblouissante Johan Norberg dans son ouvrage Non, ce n’était pas mieux avant . Car la plupart des idées qu’on nous suggère ici ne sont qu’un simple retour au passé. Et ils ne tiennent pas compte des fantastiques progrès que nous avons connus depuis plus de deux siècles maintenant en de très nombreux domaines (et je ne parle pas que d’économie, mais d’espérance de vie, de santé, de maladies, de niveaux de vie, de famines, de pauvreté, de violences et de guerres, de droits humains, etc.).

Alors, faut-il tout jeter ? Faut-il vraiment se lancer dans la construction d’un « monde nouveau » ? (avec le rapprochement que l’on ne peut s’empêcher d’établir avec toutes ces théories qui ont, depuis longtemps, été fondées sur l’idée de créer un homme nouveau ). C’est à un véritable choix entre libertés et autoritarisme que nous sommes en réalité ici confrontés.

Car ce que l’on nomme « libéralisme », n’en déplaise à ses nombreux contempteurs n’est autre que ce sur quoi nos sociétés occidentales se sont fondées petit à petit après de nombreux siècles de maturation : accès aux libertés individuelles, à la liberté de conscience, à la liberté de choisir, de créer, de coopérer, au respect de la dignité de chacun et des droits fondamentaux, pas du tout l’anarchie .

Mais aussi au respect profond de l’individu, impliquant néanmoins le sens des responsabilités, le sens du devoir (et non pas l’égoïsme effréné, comme on voudrait le faire croire), la nécessité du régalien mais le refus de l’autoritarisme.

Et contrairement à ce que beaucoup croient, la volonté d’aider les plus fragiles et non de les laisser tomber. Est-ce là ce à quoi nous serions prêts à renoncer ?

Au lieu de cela, ce qui semble se profiler tout d’un coup en beaucoup d’endroits du monde est l’idée, que l’on essaye d’imprimer dans les esprits, qu’il vaut peut-être mieux abandonner un certain nombre de nos libertés et faire confiance à des régimes autoritaires (qui peuvent tout aussi bien exister dans des régimes démocratiques).

Mais n’y a-t-il pas contradiction ? Est-ce à dire, en effet, que nous serions prêts à reporter notre confiance vers des autorités centrales ? Car c’est bien là vers quoi nous mèneraient toutes les « bonnes idées » recueillies dans le sondage évoqué plus haut. Et ce n’est pas ce que, parmi tant d’autres, la philosophe Barbara Stiegler évoquée en début d’article dit vouloir non plus.

La route de la servitude , en quelque sorte, ou la fameuse servitude volontaire qu’évoquait Étienne de La Boétie en son temps…

Alors, est-ce la fin du libéralisme ?

Non, je ne le crois pas. Si nos sociétés sont bâties sur les principes des démocraties libérales, peu de monde serait en réalité prêt, en France, à y renoncer. Quant au libéralisme économique, il n’était déjà pas de rigueur dans notre société gangrénée par l’État-providence, on voit donc mal comment on pourrait le remettre encore plus en question, sauf à passer du socialisme au communisme (ce qui prend du temps).

Alors, peut-on dire qu’« il faut tout changer », comme l’écrit Jack Dion dans l’article de Marianne porté en lien hypertexte plus haut au sujet du sondage ? Tout ? Vraiment ? J’observe que ce doit être vraiment tout, car le journaliste n’en dit pas plus.

Je pense au contraire que le libre-échange est la clef. C’est le signe de la coopération, de l’harmonie, de ce qui mène aux rapprochements et à la paix. La mondialisation , tant décriée, recèle de nombreuses vertus, et n’est pas ce qu’on en dit trop souvent. Elle est d’ailleurs un processus, et non une construction ou une idéologie ou je ne sais quoi d’autre. Il s’agit d’un simple mouvement spontané, et non organisé, d’échanges entre des entités indépendantes.

Je serais bien curieux, d’ailleurs, de savoir si tous ces donneurs de leçons qui passent leur temps à décrier la mondialisation accepteront réellement de renoncer aux beaux voyages que beaucoup d’entre eux sont certainement très heureux d’effectuer à l’étranger. Envisagent-ils de se replier à vie sur leur territoire national ? Sont-ils prêts à renoncer à tous leurs achats de biens achetés à l’étranger (smartphones, vêtements à moindre prix, etc.) ? Je n’en crois rien.

Et, on a beau dire, le commerce adoucit les mœurs. Le monde n’a jamais été autant en paix que lorsque les échanges internationaux sont développés, les interdépendances fortes. Cela n’empêche évidemment pas la guerre économique. Mais cela ne vaut-il pas bien mieux que les guerres physiques ?

La vérité est que rien n’est jamais statique. Et qu’il est tout à fait naturel de vouloir toujours progresser, améliorer les choses, chercher à se remettre en question. Mais « du passé faisons table rase », non merci. Ce n’est pas sur cette base que nous parviendrons à un monde meilleur, pas du tout. Imaginer que ce serait donc la fin du libéralisme n’a aucun sens.

Il convient, au contraire, de veiller à ne pas s’enfermer dans des utopies dangereuses, qui pourraient bien nous mener à des formes d’enfermement et une société de surveillance que nous serions les premiers à regretter.

Gare à ne pas nous laisser déposséder des libertés chèrement acquises (et bien fragiles, comme nous pouvons nous en rendre compte), auxquelles nous tenons tant, en s’en remettant à des formes de collectivisme sans nom régies par des gouvernants dont pourtant les mêmes qui le réclament semblent se méfier.

Un article initialement publié le 25 avril 2020.

À lire aussi :

Un article publié initialement le 11 mai 2021

  • Co chevron_right

    Fiscalité mondiale : retrait machiavélique de la taxe numérique européenne

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 20 July, 2021 - 03:15 · 3 minutes

intelligence artificielle

Par Pierre-Guy Veer.

Dans le monde politique, la fin justifie souvent les moyens. Ainsi, pour l’œil averti une apparente bonne nouvelle en cache une autre souvent pire.

C’est donc sans surprise que l’Union européenne a temporairement suspendu son projet de taxe numérique, une attaque à peine voilée contre les géants américains comme Amazon et Google.

Évidemment, tout non-vote sur une augmentation d’impôt ou de taxe est la bienvenue. Après tout, la totalité des impôts est payée par les individus. Que ce soit directement par des prix plus élevés sur les « péchés » ou indirectement via une activité économique ralentie – les incitatifs importent toujours – on compte sans doute sur les doigts de la main le nombre de fois où une augmentation d’impôts fut un bien net pour la société.

Pour la taxe numérique, le résultat aurait été des souscriptions plus chères, moins de services premium, voire une absence totale de service. Ce n’est pas surprenant, le but explicite de toute entreprise est d’offrir rentablement un produit ou service.

« Trop d’impôt tue l’impôt » n’est pas juste un slogan libéral vide. Il a trouvé de nombreuses applications pratiques, comme celui de Burger King .

De plus, cette action a évité une sotte guerre de cour de récréation. Lorsque l’UE a lancé son idée de taxe, l’administration Biden a répliqué avec une proposition de tarifs punitifs contre l’Europe.

S’unir pour mieux opprimer

N’allez toutefois pas croire que l’Union européenne a reculé sur la taxe numérique pour montrer sa bonté.

En effet, l’article de 20 minutes mis en lien plus haut révèle le but ultime de cet apparent recul : renforcer les discussions sur l’uniformisation fiscale. N’oubliez pas que les États-Unis et l’Europe veulent combattre l’évasion fiscale avec un impôt minimum aux entreprises, projet chouchou de la secrétaire au Trésor Janet Yellen.

On veut ainsi créer un cartel fiscal pour mieux isoler les récalcitrants. En effet, pensez-vous que les « neuf rebelles » pourront tenir longtemps si les pays développés s’unissent pour faire pression, voire boycotter, les juridictions qui refusent de mettre fin à cette « course vers les bas-fonds »?

J’ose même ajouter que, du même souffle, les deux poids lourds pourraient s’unir de la même façon pour exercer des pressions vertes sur les autres pays.

L’Union européenne est déjà en pleine discussion pour imposer une taxe sur le CO2 (mal nommée carbone) afin de « relever l’ambition climatique mondiale. » Peu importe si même John Kerry , émissaire climatique américain, admet que même un accord avec la Chine ne réglerait rien. IL faut montrer toute la fausse vertu dont on est capable.

Car ce protectionnisme à peine déguisé ne suffit pas. L’Europe discute même d’interdire les voitures à essence d’ici 2035. Il y aura sûrement des frictions avec les États-Unis, mais considérant l’ouverture de Biden pour la folle idée d’un New Deal vert , il lui en faudra peu pour le convaincre. Considérant que la Californie , le plus grand État, a déjà voté une loi semblable, ce n’est qu’une question de temps avant que le gouvernement fédéral ne lui emboîte le pas.

Bref, ne baissez pas la garde. À l’instar du shérif de Robin Dubois, l’Union européenne annonce ne pas créer une nouvelle taxe mais en augmente d’autres par une porte dérobée. Et vous devrez payer le tout, comme si tout n’était pas déjà assez cher…

  • Co chevron_right

    Marx et Bastiat : protectionnisme versus libre-échange

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 20 July, 2021 - 02:30 · 7 minutes

Par Damien Theillier.

L’un des événements qui marqua à tout jamais Frédéric Bastiat , fut sa rencontre avec l’industriel et économiste anglais Richard Cobden (1804-1865), qui défendait le libre-échange et contribua à l’abolition des lois protectionnistes en Grande-Bretagne (1848-1851).

Par ailleurs, on ne le sait pas, mais Karl Marx fut un lecteur de Frédéric Bastiat. Il reprocha à Bastiat son manque de scientificité (postface de la deuxième édition du Capital ). En réalité Bastiat refusait de penser l’économie sur le modèle des sciences positives. Il rejetait également le déterminisme historique . Mais leur désaccord portait avant tout sur le libre-échange.

Exposons leurs arguments.

La critique du libre-échange par Karl Marx

Marx a formulé une critique, reprise à droite comme à gauche, des effets néfastes de l’économie de marché sur l’ensemble de la vie sociale. Malheureusement, il est victime de qu’on appelle aujourd’hui le biais de négativité : il n’a vu que les effets négatifs du capitalisme sans voir que ses effets positifs les surpassent largement.

Il a cru aussi découvrir, scientifiquement, la loi d’évolution des sociétés humaines, le sens de l’histoire. Sa théorie du matérialisme scientifique , donne, selon lui, la garantie scientifique du succès du socialisme comme nouvelle organisation économique capable de remplacer le capitalisme.

Marx fait valoir deux arguments contre le libre-échange :

Le libre-échange exacerbe la lutte des classes

C’est-à-dire la domination de la classe industrielle sur la classe ouvrière et donc l’exploitation.

Selon Marx :

Ce ne sont pas les individus qui sont posés comme libres dans la libre concurrence, seul le capital est posé comme libre. Aussi longtemps que la production procédant du capital est la forme nécessaire et par suite la plus appropriée au développement de la force productive sociale, le mouvement des individus à l’intérieur des pures conditions du capital apparaît comme leur liberté, une liberté affirmée dogmatiquement comme telle par une réflexion constante sur les barrières renversées par la libre concurrence. La libre concurrence est le développement réel du capital. […] D’où l’absurdité de considérer la libre concurrence comme l’ultime développement de la liberté humaine, et la négation de la libre concurrence comme la négation de la liberté individuelle et de la production sociale fondée sur la liberté individuelle. Ce n’est là que le libre développement d’un fondement borné – la domination du capital. Ce type de liberté individuelle est par conséquent en même temps l’abolition la plus complète de toute liberté individuelle et le complet assujettissement de l’individualité aux conditions sociales, qui prennent la forme de puissances chosiques, et même de choses toutes puissantes – de choses indépendantes des individus eux-mêmes. Karl Marx – Fondements d’une critique des politiques économiques (1857-1858)

Si on laisse les marchandises s’échanger librement, cela ne peut que profiter à la classe dominante. Donc libérer le capital, c’est libérer l’exploitation, la marchandisation du prolétariat.

Le libre-échange est destructeur

De l’emploi, des traditions, mais aussi du capitalisme lui-même car il réduit tout le monde à la pauvreté.

Ce pourquoi, ironiquement, Marx prendra la défense du libre-échange :

En général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l’extrême l’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C’est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange.

Par la suite et logiquement, Marx avance deux arguments en faveur du protectionnisme :

Il entrave l’exploitation capitaliste

De ce fait, mettre en place des mesures protectionnistes, qu’il s’agisse de droit de douanes, de quotas, ou de normes écologiques, revient à prélever les profits et à entraver l’exploitation capitaliste, voire à hâter sa fin !

Il protège l’emploi national

Un gouvernement doit aider ses industries naissantes en les protégeant de la concurrence internationale ainsi qu’en favorisant la production et l’emploi local.

La critique du protectionnisme par Frédéric Bastiat

La réponse de Bastiat au protectionnisme se fait en deux temps :

L’emploi n’est pas un but en soi, c’est un simple moyen

Le véritable but de l’économie c’est la production de biens et de services dont les gens ont besoin pour sortir de la pauvreté.

La liberté des échanges favorise le consommateur

Le meilleur exemple c’est le fait que partout où le libre-échange s’est installé, les habitants de ces pays sont sortis de la pauvreté.

Qu’en est-il alors de la lutte des classes et de l’exploitation ? La lutte des classes est moins économique que politique explique Bastiat. Cette conception des rapports sociaux apparaît très clairement dans son pamphlet le plus connu, La Loi .

Bastiat développe ainsi l’idée que la lutte des classes nait lorsque la loi sort de son rôle. Dans les cas où elle se contente de faire respecter les droits de chacun et de garantir « l’organisation collective du droit individuel de légitime défense » , personne n’est dans la possibilité de l’instrumentaliser à son profit au détriment de tous, à tel point que la forme même du gouvernement devient une question secondaire.

Ce n’est que lorsque la loi sort de ses justes bornes que le législateur devient corruptible. Il s’ensuit alors une lutte acharnée entre divers intérêts catégoriels, tous soucieux de capturer l’appareil législatif en vue d’obtenir des privilèges par définition spoliateurs.

Or c’est précisément ce que Bastiat nomme le socialisme :

La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres ; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières ; de là une multitude infinie de plans d’organisation : tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc.

Et c’est l’ensemble de tous ces plans,  en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. Frédéric Bastiat – La Loi

Selon Bastiat, la lutte des classes est donc le résultat d’une crise institutionnelle qui survient lorsque le pouvoir politique échoue à sa mission de garantir les libertés individuelles en participant lui-même à l’exploitation des uns par les autres.

Or l’intervention de l’État est toujours plus visible que les bienfaits de la liberté. Telle est l’une des grandes contributions de Frédéric Bastiat à la philosophie politique.

On croit souvent que les hommes au pouvoir agissent dans l’intérêt général. Ils seraient au service du peuple, tandis que l’entrepreneur serait au service de son intérêt égoïste.

Mais selon Bastiat, l’intérêt personnel qui motive l’action humaine dans le secteur privé peut s’appliquer aussi bien à la prise de décision dans le secteur public. Les clients de ce marché politique sont les électeurs. Ils recherchent des faveurs et des privilèges du gouvernement. De leur côté les politiciens sont les fournisseurs de ces faveurs et de ces privilèges, dans le but de satisfaire les intérêts de la majorité et de se faire réélire.

En réalité l’ homo politicus et l’ homo economicus ne sont pas si différents qu’on veut bien le dire. En revanche, là où ils diffèrent, fait remarquer Bastiat, c’est en matière de responsabilité. L’homme politique joue avec l’argent des autres. Il ne paie pas les conséquences des choix publics.

  • Co chevron_right

    Ayn Rand : défendre le capitalisme sur des bases morales

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Saturday, 19 June, 2021 - 02:30 · 5 minutes

Par Jasmin Guénette.
Un article de l’Institut économique de Montréal

Peu de penseurs de la tradition libérale classique suscitent autant de réactions qu’ Ayn Rand . Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, la romancière américaine née en Russie polarise comme nul autre.

Née à Saint-Pétersbourg en 1905, Ayn Rand – ou Alisa Rosenbaum comme elle s’appelait alors – a vécu la révolution russe, à la suite de laquelle la pharmacie de son père fut confisquée et sa famille, comme beaucoup d’autres, dut traverser des moments difficiles. En 1926, elle parvint à obtenir l’autorisation de quitter la Russie pour rendre visite à des parents aux États-Unis, et elle ne revint jamais.

Son expérience personnelle de la vie sous le très répressif régime communiste lui inspira son premier roman, We the Living , publié en 1936 alors que de nombreux intellectuels chantaient les louanges de la « noble expérience soviétique ». Ce n’était pas la dernière fois que Rand allait défier la sagesse du jour.

L’égoïsme comme vertu

En plus de s’opposer à la tendance intellectuelle, Rand a également cherché à choquer avec des titres comme The Virtue of Selfishness , un recueil d’essais publié après We the Living . Comment, en effet, l’égoïsme pouvait-il être une vertu ?

Manifestement, le but était d’attirer l’attention. Rand ne prônait pas un égoïsme mesquin et à courte vue. Elle faisait plutôt la promotion d’un intérêt personnel rationnel, ou éclairé. Votre vie est la vôtre et vous avez le droit de la vivre comme bon vous semble. Vous avez le droit de rechercher votre propre bonheur, tant que vous le faites de manière pacifique.

Cet article pourrait vous interesser

La Grève, d’Ayn Rand : genèse d’une traduction

Cette notion selon laquelle l’intérêt personnel est une vertu et que votre vie vous appartient est très attrayante, en particulier pour les jeunes qui aspirent à la liberté. C’est encore plus vrai lorsque cette notion est illustrée dans des romans captivants tels que The Fountainhead et Atlas Shrugged , qui présentent des personnages fascinants aspirant à s’épanouir et à vivre selon leurs valeurs.

C’est dans Atlas Shrugged , et dans ses écrits ultérieurs non romanesques, que Rand a explicitement affirmé sa conviction que le principe moral de l’intérêt personnel rationnel avait des implications politiques et économiques évidentes. Plus précisément, si ma vie est la mienne et que votre vie est la vôtre, la société humaine devrait alors être organisée à travers un système de gouvernement limité dont la responsabilité première serait de protéger les personnes et leurs biens.

Le capitalisme est moral

Rand comprenait et appréciait les arguments pragmatiques avancés par des économistes classiques comme Adam Smith . Elle réalisait que la main invisible du marché amenait les gens à défendre leurs intérêts pacifiques d’une manière qui profite aux autres. Indéniablement, le commerce a de nombreux avantages et la liberté économique peut et doit être défendue sur ces fondements pratiques.

Mais Rand pensait en outre qu’en plus d’être bénéfique, le capitalisme est moral et qu’une défense plus fondamentale de la liberté économique devait être fondée sur des raisons morales. En bref, si votre vie vous appartient, personne n’a le droit d’utiliser la force contre vous, ce qui signifie que toutes les interactions humaines doivent être volontaires.

En conséquence, lorsque nous interagissons avec les autres, en particulier avec des personnes que nous connaissons peu, nous devons le faire en tant que commerçants. Nous ne devons pas nous poser comme des maîtres ou des esclaves, mais comme des égaux indépendants qui agissent les uns avec les autres « par le moyen d’échanges libres, volontaires, non forcés et sans contrainte – échanges qui profitent aux deux parties selon leur propre jugement indépendant ».

Un processus de marché démocratique

Dans un marché libre, souligne-t-elle encore, la richesse ne peut être obtenue que par une sorte de processus « démocratique », à travers lequel les consommateurs de biens et de services « votent » avec leurs dollars. Et lorsque les gens votent avec leurs dollars, ils ne votent que sur des sujets pour lesquels ils ont les compétences nécessaires pour juger : leurs propres préférences, intérêts et besoins. Comme elle l’écrivait, dans un marché libre, « personne n’a le pouvoir de décider pour autrui ou de substituer son jugement au leur ; personne n’a le pouvoir de se désigner lui-même ‟la voix du public” et de laisser ensuite le public sans voix et sans droits ».

Rand était régulièrement accusée d’être pro-entreprise. Mais s’il est certes vrai qu’elle a célébré sans vergogne les hommes d’affaires productifs qui contribuent autant à la société, il est également vrai que bon nombre des méchants d’ Atlas Shrugged sont des hommes d’affaires. Cependant, contrairement aux entrepreneurs héroïques du roman, ces « capitalistes de copinage » s’enrichissent en s’attirant les faveurs de politiciens malhonnêtes et en influençant la réglementation à leur avantage et au détriment de leurs concurrents nationaux et étrangers.

Si elle vivait aujourd’hui , Rand s’opposerait aux tarifs et aux quotas qui continuent de limiter le libre-échange au nom d’un protectionnisme visant à favoriser certaines industries, ainsi qu’aux subventions et autres privilèges accordés à des intérêts particuliers qui ont l’oreille des gouvernements.

Dans un marché véritablement libre, le gouvernement serait impuissant à distribuer de telles faveurs, et le seul moyen de devenir riche serait de servir son prochain, homme ou femme. Il y aurait, pour utiliser les mots de Rand, une séparation de l’État et de l’économie, et tant les conseils d’administration que la législature s’en trouveraient améliorés.

Sur le web

Un article publié initialement le 29 novembre 2018.

  • Co chevron_right

    Biden-Trump : bonnet blanc et blanc bonnet sur le commerce

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Monday, 24 May, 2021 - 03:30 · 3 minutes

Joe Biden

Par Pierre-Guy Veer.

L’un des faits saillants de la présidence de Donald Trump fut sa signature sans vergogne de la pétition de marchands de chandelles . Résultat : sa baisse d’impôts massive fut presque annulée si on considère ce que les Américains ont dû payer en plus pour divers produits.

Et à observer les politiques de Joe Biden depuis son élection, ce dernier trouve ces inepties économiques satisfaisantes.

C’était entièrement prévisible ; sa plateforme électorale avançait une politique Buy American pour favoriser l’achat local, peu importe son prix.

Plaire à ses partisans

Et comme avec toute politique gouvernementale tentant de contourner les lois économiques, des groupes d’intérêts en profitent et tentent de défendre leur avantage indu coûte que coûte.

En outre, le lobby de l’acier affirme que les tarifs ont permis de redémarrer des usines et d’embaucher plus de travailleurs. Bien que l’on voie ces chiffres clairement, on ne verra pas les emplois qui se perdent ailleurs à cause d’une hausse des prix de l’acier – jusqu’à 40 % de plus qu’ailleurs sur la planète. Résultat : le prix de base de l’alliage est le triple que ce qu’il était l’an dernier.

Une représentante commerciale de l’administration Biden ose qualifier ces tarifs d’efficaces et dit qu’ils ont pu sauver des emplois.

Ces tarifs auraient pourtant causé la perte de quelque 300 000 emplois et de 0,3 % de PIB. Le foyer typique doit payer entre 600 et 800 dollars de plus par année, selon les études.

Faire fi des alliés

« Mais c’est contre la Chine, un pays qui triche constamment ! » diront les défenseurs des tarifs. Certes, la Chine n’est pas reconnue comme un joueur honnête. Mais le fait demeure que les tarifs sont payés par les consommateurs et les producteurs et qu’ils sont un fardeau.

La preuve : les distilleurs de whisky paient très cher les tarifs de l’acier contre l’Union européenne, qui menace de contre-tarifs d’ici juin .

L’Europe deviendra d’ailleurs le prochain champ de bataille tarifaire. L’administration Biden menace maintenant de Royaume-Uni de tarifs punitifs de 25 % à cause d’une taxe « temporaire » sur les géants de l’informatique, qu’il juge comme s’attaquant injustement à des compagnies américaines. D’autres pays veulent imposer de telles taxes.

L’indignation hypocrite de Joe Biden

Si Biden trouve ces taxes injustes, il y aurait une solution toute simple : diminuer l’impôt des sociétés.

Mais cette solution est effectivement trop simple. Depuis son élection, Biden travaille d’arrache-pied pour augmenter l’impôt des sociétés de 21 % à 28 % parce que, comme le citait le Royaume-Uni précédemment, chacun doit payer sa « juste » part. Et pour éviter que ces méchantes compagnies n’aillent vers des cieux plus cléments, sa secrétaire au Trésor travaille avec des pays de l’OCDE pour imposer un impôt minimal mondial.

Bref, comme c’est trop souvent le cas aux États-Unis, démocrates et républicains s’entendent sur tous les points qui, au final, nuisent à la majorité de la population. Le chant des sirènes protectionnistes est particulièrement séduisant, et les coffres électoraux des partis en profitent grandement.

Malheureusement, Monsieur et Madame-tout-le-monde s’en trouvent lésés. Mais comme ils n’ont ni le temps, ni l’argent pour protester, ils devront se serrer la ceinture pendant que les pachas favoris du gouvernement profitent d’une prospérité illusoire.

  • Co chevron_right

    Comment le marché a libéré les femmes

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Thursday, 20 May, 2021 - 02:30 · 5 minutes

Par Chelsea Follett.
Un article traduit par Libre Afrique

Les droits de douane de plus en plus élevés, imposés par les États-Unis sur les importations, et la guerre commerciale naissante avec la Chine (éventuellement d’autres pays), lèsent particulièrement les femmes . Récemment, une autre série de droits de douane sur les importations est entrée en vigueur, augmentant les prix de centaines de produits particulièrement importants pour les elles, notamment les produits alimentaires et les appareils ménagers.

Il peut sembler étrange d’associer ces biens à la consommation des seules femmes. Pourtant l’histoire économique montre clairement que ces produits ont libéré les femmes en leur faisant gagner du temps et en leur permettant de se consacrer davantage à leurs études, d’avoir un emploi et d’exercer d’autres activités.

Le marché libère le temps des femmes

Prenons un seul appareil que les frais douaniers ont particulièrement affecté : le lave-linge.

Il y a tout juste un siècle, les femmes passaient au moins une journée complète de leur semaine déjà surchargée à tremper, bouillir, frotter, essorer, suspendre, désodoriser, amidonner, puis plier et repasser leur linge de maison. Aujourd’hui, la machine à laver réduit la quantité de travail hebdomadaire consacré au linge à environ une heure. Comme l’a noté l’économiste de l’Université de Cambridge, Ha-Joon Chang : « Sans la machine à laver, le changement dans le rôle des femmes dans la société et dans la dynamique familiale n’aurait pas été aussi spectaculaire. » Pourtant, les États-Unis ont récemment mis en place  un droit de douane de 25% sur les lave-linge Samsung et LG en provenance de la Corée du Sud, et a également imposé des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium étrangers utilisés dans les laveuses de fabrication américaine. En conséquence, le prix de ces machines a déjà augmenté de 17 %.

Les nouveaux tarifs augmenteront le coût d’innombrables biens qui ont libéré le temps des femmes et considérablement réduit le gap entre les deux sexes, contribuant ainsi à rendre possibles les ménages à deux revenus. Les consommateurs verront des étiquettes avec des prix plus élevés sur les aspirateurs, les machines à coudre, les réfrigérateurs, les lave-vaisselle, les broyeurs d’évier, les mixeurs, les robots culinaires, les grille-pain, les fours à micro-ondes, les cuisinières et les fours à cuisson lente, et pratiquement tous les autres appareils (la liste complète des produits visés par les derniers tarifs compte 194 pages.) L’augmentation des coûts représentera un changement brutal après la libéralisation du commerce mondial qui avait auparavant réduit le prix de nombreux produits identiques au cours des dernières décennies.

Le marché a réduit le fardeau des tâches ménagères

Les tarifs vont donc cibler et augmenter le coût des appareils qui ont toujours été la clé de l’émancipation des femmes. À l’époque où le beurre et le pain étaient conçus entièrement à la maison, cette préparation prenait un temps de travail très important. En 2008, l’Américain moyen consacrait environ une heure par jour à la préparation des repas. Entre le milieu des années 1960 et 2008, les femmes ont plus que réduit de moitié le temps consacré à la préparation des aliments. Pourtant, aux États-Unis, elles cuisinent toujours plus que les hommes et toute augmentation du coût des appareils de cuisine est donc une taxe sur les articles les plus consommés par les femmes.

La concurrence sur le marché mondialisé rendant les appareils ménagers de plus en plus abordables a allégé le fardeau des tâches ménagères, permettant à davantage de femmes d’obtenir leur indépendance économique en travaillant. En 1900, la femme américaine moyenne consacrait près de 47 heures par semaine aux tâches ménagères ; en 2011, elle n’a plus besoin que de 26 heures par semaine.

Une partie de ce changement peut s’expliquer par des divisions plus équitables des tâches ménagères, mais le nombre d’heures de ménage qu’elles effectuent a diminué plus rapidement que celui des hommes. En d’autres termes, une grande partie du crédit pour libérer le temps des femmes est à attribuer aux technologies permettant d’économiser du travail, et en fin de compte, à l’innovation induite par le marché et à la concurrence mondiale. C’est l’une des raisons pour lesquelles les marchés ont amélioré la vie des femmes encore plus que celle des hommes.

Le protectionnisme mine le progrès des femmes

Bien sûr, les femmes sont loin d’être les seules victimes des droits de douane. Les guerres commerciales alourdissent les coûts pour tous les Américains et la dernière vague de tarifs douaniers ralentira probablement la croissance de l’ensemble de l’économie américaine cette année de 0,1 point de pourcentage. Cela signifie moins d’emplois et des salaires plus bas en plus des prix plus élevés.

Néanmoins, les femmes ont une revendication particulièrement forte en matière d’infraction aux politiques commerciales actuelles des États-Unis. L’administration Trump devrait immédiatement désamorcer la guerre commerciale et revenir aux objectifs de libre échange adoptés par le président cet été.

À l’époque il avait déclaré :

Pas de tarifs douaniers, pas de barrières, c’est comme ça que ça devrait être.

Une telle politique serait en effet de loin avantageuse non seulement à la croissance économique et aux portefeuilles des consommateurs mais également aux femmes du pays. Alors que la femme africaine amorce une forte émancipation, l’exemple des États-Unis devrait les inspirer. Le marché peut les libérer comme en son temps il avait libéré les Américaines !

Article initialement publié en novembre 2018.

Sur le web

  • So chevron_right

    Faut-il de la régulation douaniere ?

    eyome · news.movim.eu / souverains · Sunday, 21 February, 2021 - 12:49

Une excellente conférence expliquant ce qu'il s'est passé depuis 1974 dans le Monde et en France plus précisément, en reprenant les analyses de Maurice Allais.

Prenez un peu de temps pour regarder ça, c'est vraiment passionnant.

#France, #politique, #fr, #douanes, #libreéchange, #Protectionnisme, #Allais, #Souverains, #Souverainisme

  • Co chevron_right

    Sondage Contrepoints : 4 Français sur 10 pour le libre-échange… mais pas ceux que vous croyez

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 12 February, 2021 - 04:40 · 4 minutes

sondage contrepoints

Par Guillaume Périgois.

La mondialisation divise les Français en trois, avec un avantage pour les partisans du libre-échange commercial.

Selon un sondage OpinionWay pour Contrepoints commandité pour la publication du livre Économie mondiale, prospérité locale – Comment les régions françaises réussissent dans la mondialisation (Librairal, février 2021, offert), 37 % des Français estiment que les barrières commerciales devraient être baissées au moins si les autres pays le font (et 13 % de manière unilatérale), 31 % pensent qu’il faudrait les maintenir ou les augmenter et 29 % sont sans opinion.

Ainsi, 3 Français sur 10 pensent que le pays « devrait maintenir ou augmenter ses barrières commerciales, car cela protégerait les entreprises françaises contre l’importation de produits de concurrents étrangers, même si cela a un effet négatif sur les consommateurs français et les producteurs français des secteurs d’exportation. »

Presque 4 Français sur dix estiment au contraire que la France devrait baisser ses barrières commerciales.

Parmi eux, ils sont 24 % à répondre que « la France ne devrait abaisser ses barrières commerciales que si d’autres pays le font, car c’est la seule façon de les inciter à ouvrir leurs marchés » et 13 % à préférer que la pays baisse « ses barrières commerciales même si les autres pays ne le font pas, car les consommateurs pourraient acheter des produits importés moins chers et la concurrence étrangère inciterait les entreprises françaises à améliorer la qualité et les prix de leurs produits. »

Contrairement aux idées reçues, ce sondage révèle donc que les Français sont plus enclins au libre-échange qu’au protectionnisme .

Décortiquons ces résultats.

Qui sont les partisans du libre-échange unilatéral ?

Le portrait-robot du Français favorable au libre-échange unilatéral est une femme ou un homme, de 18 à 49 ans mais plutôt de 35 à 49 ans (19 %), employé ou ouvrier (16 %), et habitant le Nord-Est, le Sud-Est mais surtout la région parisienne (19 %).

Plus surprenant, ce partisan d’une ouverture unilatérale des frontières commerciales est plutôt politiquement proche… de la France Insoumise (22 %) ou du Rassemblement national (18 %) et a voté Marine Le Pen (20 %) ou Benoît Hamon (19 %) aux élections présidentielles de 2017.

Les plus défavorables au libre-échange unilatéral sont les plus de 65 ans (6 %), du Nord-Ouest de la France (9 %), proches de Europe écologie – Les Verts (8 %) ou de La République en Marche (9%), ayant voté Emmanuel Macron (8 %) ou François Fillon (8 %) en 2017.

Qui sont les partisans du libre-échange bilatéral ?

Changement de décor chez ceux pour qui la France ne devrait abaisser ses barrières commerciales que si d’autres pays le font.

On trouve du côté du libre-échange bilatéral les hommes (29 %), de 65 ans et plus (34 %), de catégories socioprofessionnelles supérieures (28 %) ou inactifs (27 %), d’Île-de-France ou du Sud-Ouest (28 %), habitant dans des villes de plus de 20 000 habitants.

Ils sont proches de la République en Marche (45 %) et ont voté Emmanuel Macron (41 %) ou François Fillon (34 %) en 2017.

Qui sont les protectionnistes ?

La proposition selon laquelle le pays « devrait maintenir ou augmenter ses barrières commerciales » obtient plutôt les suffrages des 50-64 ans (34%) et des plus de 65 ans (34%), du Nord-Est (35%) et habitant une commune rurale (37%).

Politiquement, les protectionnistes sont proches du Rassemblement National (48 %), des Républicains (38 %) ou d’Europe écologie – Les Verts (36 %) et ont voté Marine Le Pen (46 %) ou François Fillon (38 %) en 2017.

Des mythes qui volent en éclats

Une intuition sort renforcée de cette enquête : oui, les habitants des communes rurales sont plus favorables au protectionnisme et les habitants de la région parisienne sont plus favorables au libre-échange.

Mais ce sondage brise aussi certains préjugés.

On dit que les plus modestes seraient opposés au libre-échange ? C’est faux : les employés et ouvriers sont les plus susceptibles de vouloir un libre-échange unilatéral.

Les partis centristes seraient-ils vraiment pour l’ouverture des frontières et les partis extrêmes pour leur fermeture ? Faux : on trouve du côté du libre-échange les proches de la République en Marche et la France Insoumise et du côté du protectionnisme les proches du Rassemblement National, des Républicains et d’Europe écologie – Les Verts.

Les attitudes des Français sur le commerce international et la mondialisation dessinent donc un clivage parfois contre-intuitif : le centre, l’extrême gauche et les urbains pour l’ouverture, l’extrême droite, la droite, les écologistes et les ruraux pour le repli.

Mais surtout, malgré un contexte sanitaire et économique catastrophique, et contrairement aux opinions fréquemment véhiculées par ceux qui prétendent parler pour eux, il y a davantage de Français pour le libre-échange que pour le protectionnisme.

Ce sondage a été commandé pour la publication de l’essai librement téléchargeable en cliquant ici .

Sondage OpinionWay pour Contrepoints réalisé sur un échantillon de 1003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée selon la méthode des quotas. Interrogation réalisée en ligne en décembre 2020.